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Texte intégral Asie-Pacifique Septembre 42
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Mai 24, 2013 15:08    Sujet du message: Répondre en citant

Anaxagore a écrit:
Hendryk a écrit:

Au fait, quelle proportion de la population civile a pu être évacuée au cours des mois précédents?

Je ne pourrais donner de chiffre, mais moins de 1%. On évacue pas une métropole comme Singapour, surtout par voie de mer... mer dominée par l'ennemie.


Tout à fait exact.
Au début, (janvier-février), quelques bateaux, puis plus grand chose jusqu'à l'évacuation d'après la fin du Premier Siège, puis plus grand chose.
Cependant, si le chiffre global est faible, il s'agit de personnages importants de leurs communautés ethniques (chinoise, malaise...) et/ou religieuses, ou responsables économiques etc.
De la même façon, les Britanniques ont évacué des cadres de leurs unités. Tout ceci favorise la reconstruction des forces et favorisera celle de la cité.
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Casus Frankie

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Wil the Coyote



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MessagePosté le: Ven Mai 24, 2013 15:26    Sujet du message: Répondre en citant

Un grand moment de gloire de l'Empire Britannique....

Petite parenthèse (pas frapper grand GO), dans un futur proche, ont peut supposer qu'un PA Britannique portera le nom de HMS Singapor et un Big Gun (HMS Lord Gort).....

God Save the Britain.....

Un grand bravo aux auteurs
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Mai 24, 2013 15:48    Sujet du message: Répondre en citant

Wil the Coyote a écrit:
Petite parenthèse (pas frapper grand GO), dans un futur proche, ont peut supposer qu'un PA Britannique portera le nom de HMS Singapor et un Big Gun (HMS Lord Gort).....


Etudie mieux les textes sacrés, Petit Scarabée (marrant comme l'expression a fait fortune, elle est utilisée même par des gamins qui ignorent tout de la série télé où elle est née)

Extrait de l'Annexe C Y3 "L'aube de la guerre navale tridimensionnelle - La mutation technologique de la Royal Navy pendant la Seconde Guerre Mondiale", chapitre "Porte-avions". (VLC = Very Large Carrier)

– Les deux “Audacious”, derniers bâtiments inspirés des concepts d’avant-guerre, commandés au début de 1942, furent donc annulés pour faire de la place à deux VLC, qui obtinrent en juin 1942 la priorité la plus élevée. Sir Stanley Goodall voulait un porte-avions de 900 pieds de long doté de deux hangars (projet “B-i”). En fait, le FBC se décida pour le concept “B-ii” à un seul hangar. Les “B-ii” avaient un hangar fermé, un pont d’envol blindé qui assurait la rigidité du navire, deux ascenseurs et des machines entraînant cinq arbres d’hélice. Les Singapore et Lord Gort furent mis en chantier en juin 1942 et achevés fin 1944/ début 1945 (trente mois plus tard). Dès leur lancement, deux autres furent mis en chantier sur leurs berceaux, ils devaient être baptisés Ark Royal et Eagle.

Satisfait, Petit Scarabée ? Wink (et merci pour tes compliments Very Happy )
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Casus Frankie

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Wil the Coyote



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MessagePosté le: Ven Mai 24, 2013 17:52    Sujet du message: Répondre en citant

Mes plus humble excuses senseï.

Il me semblait bien que dans une des annexes ont parlait bien d'un futur HMS Singapore. Pour le Lord Gort, j'avais oublié Chef.....

Singapoure et dans une moindre mesure (quoique) Manille, seront là pour galvaniser les troupes......

J'imagine bien un retour de Percival pour la libération de la Perle de l'Empire
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mikey1983



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MessagePosté le: Sam Mai 25, 2013 01:17    Sujet du message: Répondre en citant

And thus Singapore has fallen... though not before bleeding the IJA white.

Thanks to everyone involved, this made riveting reading. Very Happy

Citation:
En effet, tous les Chinois et beaucoup des Malais pris en armes, ou même seulement en uniforme, sont massacrés immédiatement. Mais cela ne suffit pas aux Japonais. Le soir même de la chute de Singapour, le général Tomoyuki Yamashita ordonne, en dehors de l'établissement de camps de prisonniers de guerre normaux, la création de centres de rassemblement où les Chinois du sexe masculins âgés de 18 à 50 ans devront se rendre pour y être évalués. Ceux identifiés comme « anti-japonais » (en fonction de la définition choisie par l'officier d'évaluation de service) seront emmenés dans un coin discret et abattus sans phrases. Dans les premiers jours de l'occupation, au moins dix mille Chinois seront ainsi assassinés, sans préjudice des exactions commises de façon inorganisée contre l'ensemble de la population civile, quelle que soit son origine ethnique, son sexe et son âge. Il est probable que le chiffre total des victimes civiles est compris entre 50 et 100 000 morts.


...Aaand I think Yamashita just signed his death warrant, here. Presuming he survives the war, and even if further atrocities do not take place under his watch (very unlikely), these things alone would be enough to get him the death penalty, I would think. Hendryk defining this alternate Battle of Singapore as a tropical Stalingrad combined with Nanking is very apt. The events of late September 1942 may very well be referred to as "The Rape of Singapore". Does the civilian death toll of 50-100,000 include those killed during the siege as well? In any case it is a large amount, as much as over 1/7 of Singapore's population in 1941.

Lord Gort's death and disappearance reminds me of what happened to Constantine XI Palaiologos, the last Eastern Roman Emperor, when Constantinople fell in 1453, as his body was also never identified since he had ripped off his imperial ornaments so that nothing could distinguish him from a common soldier. It seems that Gort did something similar, going into battle looking like a common soldier without anything to distinguish him as a Field Marshal. The most likely explanation is that he was buried in a mass grave along with the other dead, like what probably also happened with Emperor Constantine.

What were the Allied and IJA death tolls here? How many British and Imperial troops survived to be taken captive? I ask this because the Japanese obviously need as many as they can get for forced labour, but I predict they will be suffering from a labour shortage... Likewise, with the losses they have sustained, in addition to the monsoon season, it is impossible for the Japanese to contemplate an invasion of Burma before the spring, giving the British ample time to fortify and prepare for a counter-attack.

Seeing as how brutal the first siege of Singapore was, I shudder to imagine what the re-taking of Singapore will entail, if the Japanese decide to fight as fanatically as they did OTL in Manila. Indeed, Singapore in FTL may go down alongside Manila as the sight of the most brutal fighting in the Pacific War, though some Chinese cities may also be sites of bitter fighting. I think it is safe to say that in the post-war decades Singapore will be just as anti-Japanese as China and Korea.

Citation:
Les exactions japonaises ne sont sûrement pas exagérés. Quand on pense qu'au Japon, des groupes politiques puissants continuent à glorifier cette époque Sad

Le premier ministre japonais s'est même fait photographier dans un jet portant le n°731, ce que Coréens et Chinois ont interprété comme une provocation rappelant l'unité du même nom.

On n'imagine pas Angela Merkel faire de même dans un avion immatriculé SS.


Japan has never owned up to their past the same way as Germany has. It seems that with every prime minister who apologizes for Japan's wartime behaviour and basically says "never again", you have his successor who basically rewrites history, never mind other nationalist politicians who spew rubbish about the comfort women or some other nonsense, say "We was nuked! Terrible!!!" or go to Yasukuni (personally, the Americans should have burned the damn place to the ground, but that's just me). As it is, so long as attitudes like that are prevalent there, I am all for Japan's pacifist constitution staying as it is. I do not believe they can be trusted with an official army on par with Germany's Bundeswehr. In any case, Japan already has a powerful military as it is.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Mai 25, 2013 18:47    Sujet du message: Répondre en citant

Thanks Mikey, very interesting as usual - it seems you have a good translator french to english (or french to finnish ?) !
Some information about Yamashita follows...




23 septembre
Bataille de Singapour – IV

En l’absence de Lord Gort, le général Yamashita a fait rassembler tous les hauts gradés britanniques capturés (généraux et colonels) pour officialiser la reddition de la forteresse de Singapour aux troupes de l’Empire du Japon. Mais rien ne peut faire oublier qu’il ne s’agit pas d’une véritable reddition de la ville, tous ces officiers s’étant rendus avec de petites unités. D’ailleurs, quelques isolés se battent encore avec rage dans des immeubles à moitié détruits. L’ultime défenseur de Singapour sera un Chinois ! Franc-tireur dont l’Histoire n’a pu retenir le nom, il ne sera abattu que le 1er octobre, affamé et ivre de fatigue. Son dernier succès sera de tomber sous les balles japonaises en pleine rue, devant de nombreux témoins. Encore aujourd’hui, Kuo-Min-Tang et communistes se disputent l’honneur d’avoir compté ce héros dans leurs rangs.
………
« Singapour fut occupée par deux divisions, la Garde et la 5e, même si l’effectif réel de la garnison était plus proche de celui d’une seule division.
D’une part, la Garde Impériale, réduite à 678 hommes valides (!) au 23 septembre, reçut le renfort du 2e Régiment, stationné à Tokyo – mais pas davantage. Les 3e, 4e et 5e Régiments, écrasés à deux reprises durant la campagne, furent cependant reconstitués – mais sans que l’état-major ait officiellement admis leur destruction – à partir notamment de fils de “bonnes familles” de l’entourage impérial qui avaient eu la “chance” de se trouver “détachés” de leur unité au moment des plus durs combats.
D’autre part, la 5e D.I., réduite à deux régiments (11e et 42e), ne put reconstituer que symboliquement ses deux régiments détruits depuis le début de 1942 (21e et 41e).
La Malaisie fut occupée par les 9e, 18e et 27e D.I. (aux effectifs quelque peu amoindris), tandis que les 12e et 71e D.I. (après avoir reçu quelques renforts) furent envoyées sur le front de Birmanie, où la 55e D.I. n’avait pas suffi pour prendre Rangoon et avait même subi une sévère défaite.
Enfin, les 33e et 56e D.I. furent renvoyées en Chine en passant par l’Indochine. En juillet 1943, après l’échec catastrophique de l’opération Typhon, c’est naturellement à ces deux divisions que l’on fit appel pour raffermir le contrôle du Japon sur l’Indochine.
(…)
Yamashita reçut de la presse japonaise le surnom d’Ours Malais – l’ours est un symbole de virilité en Asie, mais ce surnom était à double tranchant, l’ours malais étant connu pour ses longues périodes de sommeil (au reste, il est principalement herbivore). Une victoire plus rapide lui aurait sûrement valu un surnom plus prestigieux, mais force était de constater que la prise de Singapour avait été à la fois laborieuse et coûteuse.
Néanmoins, Tojo jalousait le prestige acquis par Yamashita, devenu gouverneur militaire de Malaisie et de Singapour. Aussi, en février 1943, quand le général commit une bévue diplomatique (s’adressant à des notables singapouriens, il en avait parlé comme de citoyens de l’Empire du Japon, alors que le gouvernement japonais ne souhaitait pas que ce titre soit étendu aux habitants des territoires occupés), Tojo n’hésita pas à le muter. Yamashita se retrouva en Mandchourie, où il allait avoir affaire, deux ans plus tard, à un ours d’une autre espèce, pas du tout herbivore celui-ci.
Enfin, la responsabilité de Tomoyuki Yamashita dans la sinistre conclusion de la bataille de Singapour reste très discutée. Il faut reconnaître que les nombreuses atrocités commises par l’Armée japonaise après la prise de la ville n’ont pas été directement ordonnées par le commandant en chef. Celui-ci devait d’ailleurs exprimer ses regrets officiels pour certaines exactions – regret hypocrites, ont affirmé certains, qui estiment qu’il a bel et bien couvert la plupart des massacreurs. Néanmoins, Yamashita – pour se faire pardonner ? – fut ensuite à l’origine de la décision de libérer les quelques civils occidentaux faits prisonniers. Fidèle aux instructions reçues de Tokyo, il prit aussi grand soin des troupes indiennes (en dehors de quelques exécutions sommaires dans les premiers jours) afin de favoriser la création de la Légion Indienne – mais sans grand succès : certaines images de prisonniers torturés restaient dans tous les esprits indiens.
Selon les rares témoins de ses derniers instants, il aurait eu à l’esprit les conditions dramatiques de la chute de Singapour lorsqu’il conduisit personnellement, en 1945, une contre-attaque désespérée contre une colonne de chars soviétiques. Sa mort sous les chenilles d’un IS-2 lui a peut-être épargné une ignominieuse pendaison. » (P. N’Guyen-Minh, Guerre et Paix en Asie du Sud-Est)


Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal – Xxx. Cracou très pris par la Vraie Vie, y a-t-il un volontaire pour la narration plus ou moins détaillée des combats de Guadalcanal ?

………
Ironbottom Sound – Dans la nuit, les vedettes d’Iishi repèrent et coulent à la torpille l’USN YP-284, un yacht converti.

Nouméa – Le HMS Engadine débarque 40 hydravions en caisses. Il s’agit de 18 “Floatfire” Mk V, 16 Blackburn Shark (ce sera le seul service au front durant la guerre pour ces biplans construits au Canada) et 6 Walrus. L’assemblage et les essais de ces machines commencent immédiatement, au grand amusement des personnels américains, qui ne pensaient plus voir autant de biplans (les Shark et les Walrus) en même temps.

Campagne de Nouvelle-Guinée
Piste de Kokoda
– La lutte se poursuit autour de Waju. Les Japonais font des efforts répétés pour percer et quelques-uns y parviennent durant la nuit, au fil des attaques et des contre-attaques, après des combats souvent au corps à corps. A l’aube, les Japonais sont épuisés. Les Australiens lancent alors pendant une série d’attaques qui vont se succéder durant 24 heures et anéantir les défendeurs restants.

Milne Bay – Le Brigadier Fields rapporte au général Clowes qu’il a stabilisé la situation sur le front. Par ailleurs, il est bien informé des mouvements ennemis dans les marais et les basses terres grâce à ses patrouilles et les habitants lui signalent les faits et gestes des Japonais près de Milne Bay proprement dit.


24 septembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest

Guadalcanal –
Xxxx.

Campagne de Nouvelle-Guinée
Piste de Kokoda
– Les Japonais battent en retraite en désordre et Wootten pousse ses troupes épuisées à leur poursuite. Cependant, la brigade ne peut faire plus qu’avancer jusqu’à Andede, à deux km d’Unjiki, où un cours d’eau coulant vers le nord-est permet aux Australiens d’assurer leurs propres positions. Le 144e Rgt japonais a été durement touché, mais il réussit à se replier derrière la Kumusi sans autre accident. Wootten et Vasey doivent reconnaître que la 18e Brigade ne pourra faire mieux jusqu’à ce qu’elle soit renforcée par la 21e.


25 septembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest

Guadalcanal
– Xxx.
………
Ironbottom Sound – Plus heureux que l’Astoria amputé de sa poupe, le Minneapolis, ce qui lui reste de proue consolidé avec des troncs de cocotier (!), parvient à se glisser hors de la Baie. Il va réussir à regagner Efate, aux Nouvelles-Hébrides, puis à rentrer à Pearl Harbor, et reprendra sa place au combat en juillet 1943.

Campagne de Nouvelle-Guinée
Piste de Kokoda
– La 7e Division AIF se réorganise. La 18e Brigade s’installe le long de la Kumusi, où les troupes de la 21e Brigade (2/14e, 2/16e et 2/27e bataillons, suivis par le bataillon du génie de la division) la rejoignent peu à peu. Loin en arrière, la 25e Brigade a commencé sa marche à travers la montagne.
En Australie, deux divisions de l’AMF se préparent à relever la 7e Division, mais elles doivent être rééquipées et acclimatées. Ce sont la 2e Division (Eastern Command), dont la préparation est la plus avancée, et la 4e Division (Southern Command) ; celle-ci doit d’abord se redéployer dans le nord du continent pour entraînement et première phase d’acclimatation.

La guerre sino-japonaise
Harcèlement
Shanxi (Chine du Nord)
– Les B-25 de la CATF basés dans la région de Yan’an poursuivent leurs opérations de harcèlement. Ce sont des coups d’épingle visant surtout la Mandchourie. Les pertes américaines sont relativement fortes, non tant du fait des combats mais surtout en raison du taux d’attrition très élevé par accidents.


26 septembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest

Guadalcanal
– xxx.

Campagne de Nouvelle-Guinée
Piste de Kokoda
– Wootten et Potts décident de passer les deux prochaines semaines à regonfler un peu leurs 18e et 21e Brigades, campées le long de la Kumusi. Pendant ce temps, les Lodestar hollandais et les avions de transport de la RAAF accomplissent des efforts frénétiques pour déposer des approvisionnements essentiels sur le terrain de Kokoda. Intensivement utilisé, le terrain se détériore petit à petit, mais des outils sont apportés (par avion, bien sûr !) pour l’élargir, l’allonger et le réparer. Les Australiens n’ont pas le choix : aucune des deux brigades ne peut même envisager de reprendre l’offensive à travers la rivière tant qu’elles n’auront pas reçu du ravitaillement en nourriture et en munitions. De plus, la 18e a tout simplement un besoin de repos vital !
Néanmoins, aussi épuisée qu’elle soit (pertes en combat et maladies l’ont réduite à la moitié à peine de sa force théorique), la 18e Brigade est en meilleur état que la 30e. En fait, l’unité ainsi désignée rassemble les débris des 39e et 49e. L’hôpital de Port Moresby n’a dénombré que 80 survivants de la 39e (sur 550 hommes trois mois plus tôt à Buna) et 250 de la 49e (là aussi, sur 550). Sur ces 330 hommes, aucun n’est jugé apte au combat.
Pourtant, 250 de ces soldats sont envoyés par avion à Kokoda. Ils n’y vont pas pour combattre, mais ils en savent plus sur les tactiques et habitudes japonaises que n’importe qui d’autre en Nouvelle-Guinée (en dehors des Japonais eux-mêmes, et ce n’est pas sûr). Ils vont donc jouer le rôle d’entraîneurs pour les hommes de la 21e tandis que celle-ci vient occuper ses positions sur la Kumusi. Cette diffusion des leçons tactiques apprises à la plus impitoyable des écoles sauvera bien des vies australiennes durant les mois suivants. Les hommes de l’AIF, qui ont tous traversé les lieux où ceux des 39e et 49e ont combattus et sont tombés, sont en effet immédiatement convaincus de la valeur de leur enseignement.

Mullins Harbour (près de Milne Bay), 00h30 – Le convoi parti de Port Moresby le 22 arrive sans avoir été détecté par l’aviation japonaise. Les quatre bateaux sont conduits dans les cours d’eau qui sillonnent la mangrove et camouflés avec des filets et des végétaux. Leur déchargement est lent, mais c’était prévu. Les petits navires doivent rester sur place et jouer le rôle d’entrepôts flottants.


27 septembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest

Guadalcanal
– Xxx.

Campagne de Nouvelle-Guinée
Port Moresby
– Deux mois plus tôt, les autorités de Canberra et d’Alger sont arrivées à un accord pour que l’Armée de l’Air envoie en Australie la nouvelle 52e Escadre d’Appui au Sol. Les Groupes I/52 et II/52 totalisent 45 Vultee V-72 Vengeance I – lequel s’est révélé être un bombardier en piqué de fort bonne qualité, mais très vulnérable face aux chasseurs allemands. Aujourd’hui, le vieux porte-avions HMS Argus débarque à Port Moresby la 52e EAS. Les Français vont pouvoir découvrir les effroyables conditions de vol que les envoyés de la RAAF leur ont décrites.
Seuls bombardiers en piqué alliés disponibles dans la région, les Vengeance devront collaborer étroitement avec les Wirraway et les Boomerang des squadrons australiens. Les jours suivants montreront que ces trois types d’appareils opèrent au mieux en formations mixtes. Les Wirraway sont d’excellentes machines d’observation et de marquage d’objectif, les Vengeance peuvent frapper une cible avec précision et les Boomerang sont parfaits pour nettoyer les nids de résistance ennemis grâce à leurs canons de 20 mm. S’entraîner à opérer ensemble prendra quelque temps, mais le général Vasey, commandant en chef du théâtre, est déjà ravi de l’arrivée de ces nouveaux avions. Il n’est pas moins content de l’arrivée prochaine de nouveaux Hurricane (et de Defiant chasseurs de nuit).
La maîtrise du ciel est en effet bien difficile à arracher aux Japonais, qui dominent l’espace aérien au-dessus des crêtes montagneuses. Leur base principale, à Lae, est grande et les bombardiers de la Marine comme de l’Armée Impériale lancent régulièrement des raids destructeurs diurnes sur Port Moresby. Et la nuit, les incursions des Ki-48 (Lily) sont un problème majeur pour les terrains d’aviation et pour le port.


28 septembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest

Guadalcanal
– Xxx.

Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Milne Bay
– Les sapeurs américains achèvent une véritable route menant de Mullins Harbour aux positions de la 7e Brigade australienne dans les collines. L’état du terrain dans cette zone apparaît meilleur qu’à Milne, car il est mieux drainé en de nombreux points ; de ce fait, la moitié seulement de la route a dû être garnie de revêtements ou consolidée avec des troncs d’arbre. C’est d’ailleurs heureux : les Japonais repèrent assez facilement les sections garnies d’un revêtement métallique, car elles scintillent au soleil, et leurs Ki-51 les attaquent continuellement. Pourtant, si les dommages sont importants, les avions nippons ne parviendront jamais à couper la route.
Sur le front, une violente escarmouche a lieu dans les marais. Une patrouille japonaise forte de 120 hommes tombe dans une embuscade tendue par des éléments de la 7e Brigade. Clouée sur place puis taillée en pièces par l’artillerie, elle est mise en fuite par l’infanterie. Durant plusieurs semaines, il n’y aura plus de tentative de poussée japonaise dans la région.


29 septembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest

Guadalcanal
– Xxx.

Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Milne Bay
– Le HrMs Valk et ses quatre vedettes lance-torpilles arrivent dans les eaux de Mullins Harbour. Ce sont les premières vedettes lance-torpilles alliées sur ce théâtre. Pour éviter la dangereuse zone de débarquement, les Hollandais établissent une base camouflée sur l’île de Bona Bona, au large de l’entrée ouest de la baie. Leur petite force est accompagnée de quatre vedettes de servitude et de deux praos et la RAN a confié au Valk deux amphibies Walrus. Ceux-ci ont reçu des équipements leur permettant d’opérer de nuit, en fonction de l’expérience acquise à Penang dans le courant de l’année. La tâche principale des deux appareils d’allure antédiluvienne est de reconnaître les eaux côtières. Cependant, ils emportent aussi 350 kg de bombes pour attaquer les petits navires japonais opérant dans Milne Bay.


30 septembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest

Guadalcanal
– Xxxx.
Dans la journée, le temps s’améliore et les aviations des deux camps poursuivent leur activité. Sur l’eau, la Baie est vide en dehors des deux navires-hôpitaux.

Campagne de Nouvelle-Guinée – Opération Havelock
Port Moresby
– Un nouveau convoi pour Mullins Harbour appareille. Il se compose de six transports : trois australiens, les Westralia, Kanimbla et Manoora, le Norvégien Moshill (2 959 GRT, 15,5 nœuds), l’Anglais Coptic (Shaw Savill & Albion Lines, 8 533 GRT, 15 nœuds) et le Français Edea (3 747 GRT, 15 nœuds). Le convoi transporte une grande quantité de matériel et de ravitaillement pour les hommes des 7e et 15e Brigades, ainsi que les huit mille hommes des 4e et 10e Brigades : le reste de la 3e Division de l’AMF.
L’escorte rapprochée est constituée de plusieurs petits bâtiments et de quatre destroyers de l’US Navy, dont la DCA a été spécialement renforcée : les DD-356 Porter, 415 O’Brien, 416 Walke (un vétéran de la Mer de Corail) et 487 Lardner.
L’escadre de l’amiral Crace, autour du Renown, venue spécialement de Nouméa, assurera la couverture à distance. Elle est accompagnée par le vieux porte-avions Argus, dont le minuscule groupe aérien est composé de six Fulmar (pour la reconnaissance et la lutte contre les avions de reconnaissance japonais) et de six Swordfish ASM. L’Argus, arrivé d’Angleterre quelques jours plus tôt, vient de livrer à Port Moresby les 45 bombardiers en piqué Vultee V-72 Vengeance I de la 52e Escadre d’Appui au Sol (GCA I et II/52), avec leurs équipages.
Les six transports amènent aussi des officiers de la 32e Division d’Infanterie américaine du général Eichelberger. Cette unité est essentiellement constituée d’hommes de la Garde Nationale du Wisconsin et du Michigan, qui ont commencé à arriver dans des camps de la région d’Adélaïde au mois d’avril. En juillet, la division a fait mouvement jusqu’à Brisbane pour s’acclimater. Le commandement allié a décidé de former à Milne Bay le 1er Corps allié avec la 3e Division AMF et la 32e Division d'Infanterie de l'US Army. Ce corps sera commandé par Eichelberger, en principe au bénéfice de l’âge (né en 1886, Eichelberger est plus vieux que tous les généraux australiens en dehors de Blamey, Laverack et Mackay). En réalité, cette nomination a pour but de pousser les Etats-Unis à s’engager davantage sur ce théâtre. Pour faire mieux passer du côté australien la nomination d’un Américain comme chef de corps, le général Clowes, commandant la 3e Division AMF, est rappelé en Australie.
Egalement embarqués sur le convoi, quelques officiers et sous-officiers de la 1ère Division AMF, évacués de Guadalcanal pour maladie, sont chargés de convaincre les Victoriens de la nécessité absolue de la discipline anti-malarique. Le Lt-Gen. Sir Stanley Savige (qui vient remplacer Clowes à la tête de la 3e Division AMF) est convaincu et donne des ordres très stricts. Une amende immédiate d’une livre (une somme notable, à l’époque) punit les hommes surpris à porter des shorts, à ne pas porter de chemises ou à relever leurs manches. Ces décisions porteront leurs fruits par la suite, quand ces deux brigades n’auront à déplorer qu’un très faible taux de soldats souffrant de paludisme.

Sydney – Un important convoi venu de Grande-Bretagne débarque 300 chars Valentine et 100 Matilda I et II, des Hurricane, des Defiant ainsi qu’un abondant matériel allant d’obus de 15 pouces pour le BC HMS Renown à des portes pour la nouvelle cale sèche de Sydney.
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Tyler



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MessagePosté le: Sam Mai 25, 2013 22:51    Sujet du message: Répondre en citant

@ Casus: L'épisode du 25 septembre sur les débuts de l'Armée Nationale Indienne (pro-japonaise) n'est pas inclu ?
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Mai 25, 2013 23:19    Sujet du message: Répondre en citant

Tyler a écrit:
@ Casus: L'épisode du 25 septembre sur les débuts de l'Armée Nationale Indienne (pro-japonaise) n'est pas inclu ?


Je ne l'ai pas du tout laissé de côté, mais il me semble préférable de le ranger dans la catégorie "Diplomatie", catégorie un peu fourre-tout qui comprend aussi bien les pressions sur les neutres que les accords économiques, les manigances d'espionnage...
L'alternative est la rubrique "guerre en Asie-Pacifique", qui, au stade où se trouve l'Armée Nationale Indienne, ne me paraît pas adaptée.

Mais je suis prêt à entendre tout avis divergent !
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Casus Frankie

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Fantasque



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MessagePosté le: Dim Mai 26, 2013 23:06    Sujet du message: Répondre en citant

Superbe et dramatique fin de Singapour!
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MessagePosté le: Dim Mai 26, 2013 23:19    Sujet du message: Répondre en citant

à propos de diplomatie,je trouve qu'il y a bien longtemps qu'on n'entend plus parler du NEF
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patrikev



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MessagePosté le: Lun Mai 27, 2013 20:01    Sujet du message: Répondre en citant

Une mention que je n'ai peut-être pas placé dans le bon fil...

patrikev a écrit:

Un autre officier de la Force 136 pourrait avoir une biographie un peu différente FTL et peut-être survivre à la guerre: un Chinois, Lim Bo Seng. http://fr.wikipedia.org/wiki/Lim_Bo_Seng Ce sera à voir selon le jeu britannique en Extrême-Orient.


Je m'incline devant votre grandeur
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- Votre plan comporte un inconvénient majeur.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Juil 11, 2013 13:18    Sujet du message: Répondre en citant

Bonne nouvelle : Cracou a pu de nouveau travailler à la FTL.

Voici donc la fin septembre dans le Pacifique Sud-Ouest (etla suite commence à m'arriver !).


21 septembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Sur le front de la Matanikau, le colonel Kuma constate que ses hommes supportent très mal le climat de Guadalcanal – ce n’est pas parce qu’une île est tropicale, verdoyante et baignée par un océan aux eaux toujours tièdes que l’environnement est paradisiaque. Le manque de moustiquaires et de médicaments a un effet catastrophique sur les capacités combatives de son unité. Bien qu’ils soient à présent relativement reposés, les soldats japonais peuvent au mieux tenir une position. Il est hors de question de les envoyer de nouveau à l’attaque. Il ordonne à tous de se retrancher sur plusieurs lignes renforcées de bunkers soigneusement camouflés, afin de protéger sa base de ravitaillement, située près du cap Espérance.
Côté américain, au QG de la 1ère Division de Marines, l’idée de la charge blindée par la côte apparaît de plus en plus séduisante, mais le même argument revient toujours et encore : et si les Japonais en profitaient pour se rabattre sur le flanc découvert des blindés, côté jungle, pour les couper de leurs bases ? Toute la journée se passe en discussion pour comparer les mérites relatifs d’une attaque sur un large front et celle d’une poussée fulgurante.

22 septembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Les Japonais ont commencé à reconstituer leurs forces sur l’île.
Les débris des forces qui ont livré les premiers combats ont été à peu près regroupés, à force de navettes nocturnes effectuées par de petits bâtiments. Pour la 7e D.I. : 500 hommes du 28e R.I., 700 hommes du 7e Génie et le 1er bataillon du 7e Rgt d’Artillerie (12 x 75 mm de montagne) ; pour la 35e Brigade, 2 000 hommes du 124e R.I. ; pour la 2e D.I. enfin, 1 400 hommes du 4e R.I.
De nouveaux renforts commencent à arriver, de nuit, par petits paquets. Plus ou moins régulièrement, 500 à 800 hommes débarquent de petits convois de destroyers surchargés ou de chalands protégés par quelques vedettes – c’est le début de ce qui sera plus tard baptisé l’Express de Tokyo. Ce trafic n’est pas immédiatement remarqué par les Américains, qui guettent un convoi de navires importants lourdement protégé.
Ces renforts sont les hommes des 16e et 29e Régiments de la 2e Division d’Infanterie. Début octobre, les Japonais auront sur Guadalcanal l’effectif d’une petite division, mais ils ne pourront guère contester la position américaine : ces éléments manquent totalement de moyens de transport (ce sont normalement des unités hippomobiles) et surtout d’armes lourdes, en dehors d’un peu d’artillerie de montagne.
Par ailleurs, si le commandement des forces terrestres sur Guadalcanal est toujours assuré par le général Kawagushi, le commandement des unités de l’Armée Impériale engagées dans les Salomon est confié au général Maruyama. Celui-ci, un des rares généraux japonais connus en Occident, a servi comme attaché militaire à Londres puis en Inde, avant de devenir chef du service de renseignement Royaume Uni-USA à l’état-major de l’Armée Impériale. Il est très lucide sur la situation, mais il hésite encore à approuver la tactique choisie par Kawagushi : lui pardonnerait-on de ne pas lancer une offensive à outrance ?
………
Ironbottom Sound – Dans la nuit, trois DDT américains exécutent une mission de ravitaillement. Chacun transporte 20 tonnes de munitions d’artillerie, mais aussi des P-40 en caisses. Ils détectent au radar l’approche de trois des destroyers de Tanaka, qui couvrent la mission du jour de l’Express de Tokyo, mais ceux-ci font demi-tour sans les avoir aperçus. Les trois transports rapides ont cependant serré la côte au plus près pour éviter d’être repérés et l’un d’eux, l’USS Conner (classe Caldwell) heurte un récif au large de l’île Surakiki. Victime d’une voie d’eau incontrôlable, il doit s’échouer sur Guadalcanal, près du village de Ghavighanimumu. La cargaison est récupérée, mais le bâtiment ne pourra être sauvé.
Pendant ce temps, le HMNZS Moa harcèle les positions japonaises. Les vedettes d’Iishi tentent de le trouver, mais sont repoussées par de petits navires néo-zélandais.



23 septembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Soumis à une amicale pression de la Marine, Vandegrift se décide pour une reconnaissance en force dont l’objectif premier est de détruire les approvisionnements ennemis. Son état-major, supposant à raison que le manque de moyens de transport pousse les Japonais à installer les dépôts près du rivage, propose une attaque brusquée le long de la plage avec deux compagnies de blindés du 1st Tank Battalion, deux compagnies d’infanterie du 7th Marines récemment débarqué et une compagnie du génie.
La modestie de ces effectifs s’explique par la deuxième étape de l’opération : rembarquer tout le monde à l’aide des quelques LCVP et surtout des LVP-1 du 1st Amphibian Tractor Battalion. On échappera ainsi au risque d’un contre coupant les attaquants de leurs arrières. Les engins du 1st ATB semblent tout à fait adaptés à la tâche, malgré les nombreux défauts qui handicapent les LVP-1 : manque de fiabilité du moteur, rouille du train de roulement, fréquents déchenillages sur les coraux et surtout manque total de blindage.
Malheureusement, l’acclimatation du 7th Marines et la concentration des forces demande encore quelques jours. Pendant ce temps, les Japonais renforcent leurs défenses.
………
Ironbottom Sound – Dans la nuit, les vedettes d’Iishi repèrent et coulent à la torpille l’USN YP-284, un yacht converti.

Nouméa – Le HMS Engadine débarque 40 hydravions en caisses. Il s’agit de 18 “Floatfire” Mk V, 16 Blackburn Shark (ce sera le seul service au front durant la guerre pour ces biplans construits au Canada) et 6 Walrus. L’assemblage et les essais de ces machines commencent immédiatement, au grand amusement des personnels américains, qui ne pensaient plus voir autant de biplans (les Shark et les Walrus) en même temps.



24 septembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Totalement noyé par une pluie diluvienne matinale, le front reste calme toute la journée – une fois n’est pas coutume… Pour les hommes, la journée se réduit à une lutte perdue d’avance contre la boue et les moustiques. Même les opérations aériennes s’arrêtent après le débordement des conduites de drainage de la piste. Les mécaniciens de ce que l’on commence à appeler Cactus Air Force en profitent pour réparer quelque peu leurs avions et terminer l’assemblage des P-40 apportés en caisses dans la nuit du 22 au 23.
Au chapitre des bonnes nouvelles, pour les Alliés : en fin de journée, le 6th Naval Construction Battalion achève la construction d’une nouvelle piste. Destinée aux chasseurs, elle mesure 1 400 mètres sur 90. L’assise est composée d’un mélange compacté de sable, de coraux pulvérisés et de tout ce qui traînait et semblait acceptable.


25 septembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Avec les pluies diluviennes arrivent les maladies. La question n’est plus de savoir qui est malade (tout le monde l’est), mais combien de maladies un soldat peut contracter en même temps : paludisme, dengue, dysenterie et toute une série d’infections fongiques. Les deux camps constatent que, sous ce riant climat, l’efficacité d’une unité diminue de près de 10 % par semaine. Du côté japonais, la maladie la plus invalidante est le paludisme, qui touche presque toute la 2e Division et limite sa mobilité. Du côté américain, la proportion de cas de paludisme est semblable, mais les cachets d’atabrine limitent le nombre de malades alités – sans toutefois le réduire à zéro, puisque de nombreux soldats font semblant de les prendre. Il faut avouer que leur réticence est facilement compréhensible devant les multiples effets secondaires du médicament : nausées, vomissements, ictère (jaunissement du teint – ironique, contre les Japonais !). Plus grave, la rumeur veut que ces comprimés rendent impuissants !
La piste des chasseurs, à peine ouverte, commence déjà à se détériorer. Après plusieurs semaines de déconvenues, la solution sera trouvée en octobre : faire venir directement du corail de bonne qualité des îles voisines.
A la mi-journée, une trentaine de G4M Betty escortés par une douzaine d’A6M2 Zéro bombardent Tulagi à 20 000 pieds, évitant la chasse alliée qui s’attendait à un raid sur Henderson Field. Ce raid illustre le renforcement de l’aviation japonaise à Kavieng : une cinquantaine de bombardiers de la 24e Flotille et du 6e Groupe d’attaque et une vingtaine de Zéro du 6e Groupe aérien.
Dans la nuit, plusieurs petits transports japonais débarquent environ 800 hommes de la 2e Division. Ces forces s’ajoutent aux hommes débarqués dans la nuit du 19 au 20, en profitant du bombardement naval.
………
Ironbottom Sound – Plus heureux que l’Astoria amputé de sa poupe, le Minneapolis, ce qui lui reste de proue consolidé avec des troncs de cocotier (!), parvient à se glisser hors de la Baie. Il va réussir à regagner Efate, aux Nouvelles-Hébrides, puis à rentrer à Pearl Harbor, et reprendra sa place au combat en juillet 1943.


26 septembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Le regroupement des forces américaines destiné au raid est terminé. Il ne reste plus qu’à attendre un convoi de ravitaillement japonais. En face des positions américaines, les Japonais ont creusé de multiples bunkers d’infanterie renforcés de troncs de cocotiers, mais près du rivage, le nombre de ces positions est plus faible : le terrain marécageux et la nappe phréatique font qu’il est impossible de creuser. Les quelques points d’appui ressemblent plus aux sangars rencontrés en Afrique du Nord. L’artillerie, elle, reste le plus souvent à l’air libre pour élargir les angles de tir.
Le temps très couvert au dessus des îles Bismark réduit les raids japonais à deux passages de Betty « lessiveuse » pendant la nuit et une reconnaissance en fin de matinée.


27 septembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Le temps couvert limite encore une fois les opérations aériennes, mais les deux camps se renforcent : les Japonais disposent de 120 appareils à Rabaul et Kavieng, tandis que la Cactus Air Force regroupe près de 90 appareils, dont environ 70 disponibles. Dans les deux cas, il s’agit d’un salmigondis d’unités à moitié anéanties, de groupes de marche, de renforts divers et variés et globalement de tout ce qui peut voler dans la région. Le travail des mécaniciens est rendu très difficile par le manque d’équipement lourd et la diversité des appareils.
Au sol, les combats sont encore limités à de prudentes patrouilles. Le savoir-faire des Japonais lors des combats de nuit impressionne les Américains. En revanche, ces derniers bénéficient de l’aide de la population indigène.


28 septembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Bonne nouvelle pour les Japonais : après la 2e Division, la 28e (10 000 hommes) arrive à Rabaul. Kawagushi voudrait l’acheminer sur Guadalcanal en un seul bloc si possible et la lancer immédiatement dans la bataille, avant que son potentiel s’étiole dans le détestable climat du Matanikau. En attendant, la prochaine opération de ravitaillement et de renfort, concernant encore la 2e Division, est prévue le 30 septembre. Le succès de ces ravitaillements réguliers est à double tranchant : il permet aux hommes d’être relativement bien nourris, mais les destroyers utilisés pour couvrir l’opération ou transporter les troupes gaspillent leur potentiel et ne peuvent, pendant ce temps, perturber les convois alliés.
Côté américain, de nombreux officiers sont remplacés sous prétexte de maladie. En réalité, Vandegrift se débarrasse de ceux qui ne se sont pas montrés asses efficaces. Le colonel Edson prend le commandement du 5e Régiment.
La date du raid est finalement fixée au 1er octobre, après une opération préparatoire les deux jours précédents.


29 septembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Début des opérations préparatoires le long de la Matanikau. Après une courte préparation d’artillerie conduite par toute l’artillerie de la division, deux bataillons de Marines tentent de franchir le cours d’eau en évitant délibérément l’embouchure. Après une avance assez rapide, uniquement retardée par quelques tireurs isolés, les deux bataillons sont bloqués net par une ligne de bunkers remarquablement camouflés. Malgré cet échec relatif, les Américains sont plutôt satisfaits : le but n’était pas de percer les lignes, mais d’attirer l’attention des Japonais vers le sud et de leur faire craindre un débordement par les collines. Du côté japonais, le général Kawagushi est très content de la tenue du groupement du colonel Oka.
Les pertes sont limitées, d’un côté comme de l’autre : l’attaque n’a pas été poussée à fond et l’effet des pièces de 75 mm sur de l’infanterie retranchée dans la jungle est très réduit. En revanche, les 105 et 155 mm sont très efficaces – un coup direct suffit à éliminer un abri. Mais quel que soit le calibre, le nombre de ratés est extrêmement élevé lorsque la zone est marécageuse.
Couverts par le fracas de l’artillerie, les chars et les half-tracks de la force de raid s’installent le long du rivage et le régiment du génie dispose des pistes en rondin pour faciliter la mise en place sur la ligne de départ. L’heure de l’attaque prévue, 04h00 du matin, coïncide avec les premières lueurs de l’aube et surtout avec la marée basse.
………
Dans les airs, Yvon Lagadec est aujourd’hui un expert écouté : « Au bout de plusieurs semaines de combat, avec le major Carpenter, de la VFM-223, nous avons réussi à généraliser parmi nos chasseurs l’utilisation de la manœuvre du Lt-Cdr Thach, que j’avais bien connu sur le Lexington. La tactique usuelle demandait à l’ailier de suivre le leader et chaque paire était autonome, ce qui était totalement inefficace contre des Zéros en combat tournoyant. L’idée de Thach était de travailler en deux paires volant en parallèle : si une paire est poursuivie, elle tourne vers l’autre et descend, ce qui lui redonne de l’air puisque les appareils américains, plus lourds, piquent mieux. La deuxième équipe tourne vers la première en restant dans le même plan. Des Zéros poursuivant la première équipe se retrouvent dans la ligne de mire de la seconde. La tactique est aussi utilisable au sein d’une paire, mais plus on est de fous…
Nous avons aussi décidé de procéder d’une façon qui ne maximisait pas notre score de victoires, mais qui nous permettait de mieux protéger les pauvres US Marines au sol. Plutôt que de chercher le combat avec l’escorte, nous avons commencé à l’éviter de notre mieux pour nous ruer directement sur les formations de Betty, qui éclataient et se dispersaient du coup. Les pertes ont diminué des deux côtés, mais aussi la précision des bombardements. »



30 septembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Dans la journée, le temps s’améliore et les aviations des deux camps reprennent leur activité. Sur l’eau, la Baie est vide en dehors des deux navires-hôpitaux.
Pendant la nuit, arrive un nouveau convoi de ravitaillement japonais : quatre destroyers chargés de nourriture, de munitions et surtout de nouveaux éléments de la 2e Division. Le déchargement est comme toujours difficile, puisque les destroyers doivent littéralement faire passer par-dessus bord le matériel pour repartir le plus vite possible et être hors de portée de l’aviation à l’aube. Les petits Daihatsu acheminés par le Kitakami se montrent très utiles pour les assister. Les tonnages transportés restent anecdotiques : les barges, lentes et lourdes, sont bien plus efficaces en termes de tonnes transportées par tonne de navire transporteur, mais elles ont besoin de près d’une semaine pour faire le voyage de nuit.
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Jubilé



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MessagePosté le: Jeu Juil 11, 2013 13:44    Sujet du message: Répondre en citant

Le ratio mort par maladies / combats doit évoquer celui des armées napoléoniennes.
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marc le bayon



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MessagePosté le: Jeu Juil 11, 2013 14:22    Sujet du message: Répondre en citant

Et puis ce sont des LVT-1 et non des LVP...
T pour tractor.

M
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MessagePosté le: Jeu Juil 11, 2013 14:59    Sujet du message: Répondre en citant

Quelques corrections :
- 28 sept : ceux qui ne se sont pas montrés asses efficaces. => assez

- 29 sept : une répétition : Début des opérations préparatoires / Après une courte préparation d’artillerie

- 30 sept : puisque les destroyers doivent littéralement faire passer par-dessus bord le matériel => les marins doivent
+ Kitakami en italique
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En principe (moi) ...
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