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Texte intégral Asie-Pacifique Septembre 42
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Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1942 - Le Pacifique
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Mai 22, 2013 12:14    Sujet du message: Répondre en citant

@ Chasseur de Vincennes : merci, j'ai essayé d'introduire des obusiers de 70 un peu partout.
Quant au Bataillon du Pacifique, nous y avons pensé, mais personne ne s'est jusqu'ici consacré à les introduire dans la Chrono.

Ci-après, des données stratégiques fort utiles pour les volontaires qui seraient inspirés par Guadalcanal.



17 septembre
Bataille de Singapour – IV

Front est
– La bataille dite du Saint Patrick’s College (ou de Katong, tout dépend des historiens) se poursuit. La 21e D.I. Scottish doit encore reculer, laissant les Japonais pénétrer dans l’agglomération de Singapour… Des combats de rue s’engagent dans ce secteur, avec l’aide d’une demi-douzaine de blindés australiens qui vont infliger de nouvelles pertes aux japonais.
Front centre – Sous la pression des 9e et 18e D.I. japonaise, la 9e Division Indienne doit se replier sur une ligne allant de Tanglin Barracks (à l’ouest) jusqu’au nord de Government House (à l’est).
Front ouest – Au sud de Bukit Timah, la 33e D.I. japonaise repousse la 11e Division Indienne jusqu’à Tanglin Barracks.

Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Tokyo
– Conférence d’état-major au palais impérial, en présence de Sa Majesté l’Empereur.
Ce compte-rendu, dont l’original a été retrouvé le 15 juillet 1946, a été publié dans l’ouvrage Lire entre les lignes, du major D. Weber (US Army College). Les parties en italique sont des annotations du major Weber.
« Pour la Marine, le but final de la stratégie de l’Empire doit être de provoquer une défaite américaine majeure lors de sa progression vers les Philippines. Cette défaite, conjuguée aux troubles qu’elle provoquera certainement aux Etats-Unis, ne manquera pas de pousser les Américains à la table des négociations [Remarquez la constance de cette croyance]. Les terres capturées jusqu’à présent constituent des gages suffisants. Il est inutile d’affaiblir inconsidérément les positions acquises en diluant les garnisons et en gaspillant un carburant toujours rare.
La Marine recommande donc, étant donné le succès presque total des opérations dans le Pacifique Sud, de limiter volontairement l’extension des forces japonaises et de commencer à fortifier les îles, en privilégiant les secteurs de Rabaul et des Mariannes [Cette limitation volontaire est des plus suspectes, mais il est plus acceptable de présenter un arrêt prévisible de l’expansion comme le fruit d’une décision délibérée]. La Marine fait remarquer que cet arrêt consenti permettra un ravitaillement plus facile des forces armées et libèrera un tonnage significatif de carburant pour de futures opérations dans le Pacifique Central ou en Birmanie [Il s’agit d’un message clair à l’intention de l’Armée, qui semble peiner et n’a pas atteint tous ses objectifs en Birmanie]. La Marine recommande aussi la capture de plusieurs îles de la chaîne des Aléoutiennes pour interdire toute infiltration américaine le long de cet axe. Elle affirme donc qu’il faut conserver intacte la Flotte combinée et n’utiliser dans le secteur de Guadalcanal que des forces secondaires, qui sont visiblement suffisantes étant donné les nombreuses et retentissantes victoires remportées jusqu’à présent, et la veille au soir encore [Il est vrai que les premières rencontres plaident en faveur de cette tactique, la perte du Nagato et du Kaga allant même dans ce sens – mais la bataille de Tetere, la veille, a été en réalité un succès pour les Américains, qui ont mis à terre leurs renforts, bien qu’ils aient subi de lourdes pertes navales].
L’Armée approuve la position de la Marine mais demande à celle-ci un soutien plus actif, en particulier dans le secteur de Guadalcanal, car la reconquête de l’île s’avère plus lente que prévu [Réponse prévisible puisque, dans ce secteur, c’est l’Armée qui est venue au secours de la Marine, laquelle a construit une piste à l’insu de l’Armée, avant de réussir à la perdre]. Il est donc recommandé de consacrer des forces significatives à la reconquête de l’île [Sans même qu’il soit besoin de le préciser, il est inacceptable de ne pas reprendre l’île bien qu’elle soit censée être de peu d’importance. Il faut tenir compte de la dimension psychologique pour comprendre les longues semaines d’acharnement à venir : le plus important n’est pas de prendre l’île mais de ne pas perdre la face et d’imposer sa décision à l’ennemi].
L’état-major recommande donc de :
– tenir l’île de Guadalcanal pour sécuriser le flanc sud, ou tout au moins empêcher l’ennemi de s’en servir comme point d’appui. Pour ce faire, il est décidé d’envoyer dans les Salomon toutes les unités disponibles, c’est à dire les 2e et 38e Divisions [Ce qui mettra fin aux efforts offensifs en Nouvelle-Guinée].
– accepter le fait que l’invasion de Port Moresby ne pourra pas avoir lieu pour l’instant, étant donné l’utilisation imprévue des forces destinées à cette mission. Les positions de Buna seront fortifiées.
– commencer à fortifier les positions dans le Pacifique Central.
– consacrer plusieurs grandes unités à la conquête de la Birmanie. »

………
A ce moment, il ne reste à Guadalcanal que de maigres forces japonaises.
Marine (commandant Onaka)
Restes de la 5e SNLF de Yokosuka (200 hommes repliés à Kukum, avec quelques centaines de travailleurs coréens) et une centaine d’hommes de la 3e SNLF (en appui du détachement de vedettes rapides).
Armée (général Kiyôtaki Kawagushi)
(i) Sur la Matanikau :
– Détachement Kuma (ex Ichiki) : restes du 28e RI (7e Division), soit 500 hommes hors de combat.
– Soutenus par le 1er bataillon du 7e Rgt d’Artillerie (12 x 75 mm de montagne).
(ii) A l’est des positions américaines, entre Henderson Field et Taivu :
– Détachement Oka : restes du 124e RI (35e Brigade), soit 2 000 hommes, épuisés.
– Détachement Aoba : restes du 4e RI (2e Division), soit 1 400 hommes, épuisés.
– 7e Régiment du Génie, soit 700 hommes, épuisés.
– Soutenus par les restes d’un bataillon d’artillerie de montagne (3 x 75 mm) et d’une compagnie de mortiers (4 x 81 mm, manquant de munitions).
………
Les forces alliées sur Guadalcanal et Tulagi sont très supérieures.
1st division USMC, renforcée : 1st Marine Regiment, 2nd Marine Regiment, 5th Marine Regiment, 7th Marine Regiment (arrivé le 16 septembre), appuyés par les 1st Amphibian Tractor Battalion, 1st Aviation Engineer Battalion, 1st Parachute Battalion, 1st Pioneer Battalion, 1st Raider Battalion, 1st Special Weapons Battalion, 1st Tank Battalion, 6th Naval Construction Battalion (CB).
28e Brigade Australienne AMF (17e et 18e bataillons, plus le 13e, emprunté à la 1ère Brigade), appuyée par le 9e Bataillon d’Artillerie, RAA (25 pdr), une compagnie du génie (1ère Field Company, RAE) et une Compagnie Blindée Mixte (15 blindés).

Campagne de Nouvelle-Guinée
Piste de Kokoda
– Dans la nuit, à Rabaul, le général Hyakutake ordonne un raid pour débarrasser ses troupes de la menace que représentent les forces aériennes alliées à Port Moresby. De Buna partent avant l’aube 22 Ki-48 escortés par 16 Ki-43 et de Milne Bay, 18 Ki-48 et 8 Ki-43. Mais le radar de la RAAF détecte très vite le raid venant de Milne Bay et fait décoller tous les chasseurs disponibles. Le raid de Buna est repéré plus tard et surprend quelque peu la défense parce qu’il arrive d’une autre direction, mais le fait de voir arriver des agresseurs de Buna n’est pas étonnant, et les défenseurs se répartissent entre les deux attaques. Il y a en altitude 19 Hurricane, 8 Boomerang et 7 P-40 (hollandais). Les Hurricane attaquent l’escorte pendant que P-40 et Boomerang plongent sur les Ki-48. Le résultat est un massacre. N’ayant pas à se soucier des escorteurs, les P-40 et les Boomerang détruisent 24 Ki-48 sans aucune perte : l’armement lourd des chasseurs alliés, le manque de protection et d’armes défensives des bombardiers font de la bataille un véritable tir au pigeon. Les Hurricane font moins bien, puisqu’ils ne détruisent “que” neuf Ki-43 en perdant cinq des leurs (trois pilotes sont sauvés). Les pistes de Moresby ne reçoivent pas une seule bombe. De plus, le combat aérien est observé par des milliers de soldats et le résultat gonfle encore un moral déjà très bon.
L’Armée japonaise est douloureusement choquée par ses terribles pertes – d’un coup, elle vient de perdre la moitié de ses bombardiers en Nouvelle-Guinée. Le Ki-43 est incapable de conquérir la maîtrise de l’air lorsque ses adversaires n’acceptent pas le combat tournoyant et l’infériorité face aux chasseurs alliés du Ki-48, trop lent, trop mal protégé, est criante. Le seul Ki-48 qui ait survécu après avoir été sérieusement touché est même envoyé à Rabaul pour y être examiné ; il apparaît qu’il s’agit d’un modèle II doté de réservoirs auto-obturants, ce qui souligne la nécessité d’une meilleure protection. Ce désastre fait réclamer l’accélération du remplacement de ces appareils dépassés par des bombardiers moyens efficaces comme le Ki-67 et par des chasseurs-bombardiers comme les Ki-96/Ki-102/Ki-108. Encore faut-il achever la mise au point de ceux-ci et les construire en grande série…
Sur le front, Wootten veut saisir l’occasion qui s’offre à lui et pousse vers Sisarita et Gorari, pour tenter de couper les forces ennemies à Paintembare, au sud d’Oivi. Cependant, les Japonais ont vu le danger et ont retiré dans la nuit les troupes menacées jusqu’à Leaney’s Corner (près de Waju, au sud de Gorari).


18 septembre
Bataille de Singapour – IV

Front est
– Les combats de rue continuent dans Kallang, Katong et le Saint Patrick’s College. Dans l’après-midi, l’intervention des blindés japonais va être décisive. La demi-douzaine de blindés australiens encore présents dans cette zone contre-attaque, s’adjugeant au moins le double de blindés nippons, mais ils sont assaillis et détruits un à un par des équipes-suicides japonaises qui couvrent leurs chars. La 21e D.I. Scottish est repoussée dans ce qui sera nommé la poche de Kallang. Cependant, les restes de la Brigade Western peuvent se replier vers l’intérieur de Singapour.
C’est dans ces combats que tombe le major Hu Tie Jun, commandant de la section nationaliste de la Dalforce (et plus haut gradé de cette unité depuis la mort de Dalley quelques jours plus tôt). Ironie du sort, ce nationaliste fervent meurt à la tête d’un petit groupe de ses ennemis intimes, des Chinois communistes, les deux factions ayant été réunies par l’adversité.
Fronts centre et ouest – Les 9e et 11e Divisions Indiennes cèdent sous l’assaut des 18e, 9e, 5e et 33e D.I. japonaises. Après un très violent combat, elles doivent abandonner Tanglin Barracks et se replier jusqu’à une ligne Government House-Mont Fabet.

Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Les combats aériens dans le ciel de l’île se poursuivent toute la journée, pendant que les avions et hydravions de reconnaissance japonais fouillent les eaux entourant Guadalcanal. En l’absence de tout navire allié à portée de l’île, Yamamoto autorise le BC Haruna à se rendre dans la Baie, couvert par l’escadre du contre-amiral Tanaka (CL Yubari, DD Hatsukaze, Hayashio, Kuroshio et Yukikaze, CLTT Kitakami). Une opération de bombardement naval a en effet été décidée, à la condition que le cuirassé ne soit pas exposé au risque de rencontrer un cuirassé américain moderne.
Pendant ce temps, le commandement japonais tente de transformer en décisions pratiques les orientations décidées la veille à Tokyo, tandis que le commandement américain s’interroge sur ce qu’il doit faire après sa victoire.
En effet, avec l’échec de l’offensive japonaise contre Bloody Ridge, les deux commandements se retrouvent dans l’expectative. D’un côté les Japonais souhaitent toujours chasser les Américains de l’île, mais manquent gravement de moyens, de l’autre les Marines veulent étendre le périmètre de sécurité de l’aérodrome, mais sans pour autant affaiblir leurs positions. Paradoxalement, les deux camps se trompent lourdement quant aux forces en présence : si les Japonais sous-estiment les effectifs de leur ennemi (ils n’ont en effet identifié que l’équivalent de six mille hommes), les Américains, trompés par le salmigondis d’unités rencontré, pensent devoir affronter près de vingt mille Japonais. La conséquence directe de l’incapacité japonaise et des craintes américaines sera un ralentissement des opérations les jours suivants, pendant lesquels les deux camps vont demander des renforts.
Les historiens remarqueront d’ailleurs – avec l’avantage du recul temporel – que les deux camps avaient raté des victoires faciles. Les Japonais manquaient de munitions et ils commençaient même à manquer de rations, ce qui aurait pu permettre aux Américains de nettoyer l’île avant l’arrivée de nouveaux renforts. Réciproquement, avant l’attaque de Bloody Ridge, les Japonais ne s’étaient pas rendu compte de la porosité des lignes américaines au pied du mont Austin, ce qui aurait pu leur permettre de s’enfoncer jusqu’à Henderson Field et de saccager l’aérodrome.
Les jours suivants, les activités de patrouille n’avantageront ni l’un ni l’autre camp.
………
« Côté américain, le choix de Vandegrift – logique compte tenu des informations dont il dispose – est de renforcer ses positions avant toute attaque. Ce choix peut sembler contredire la réputation de fonceur du général, mais il s’explique mieux si l’on pense aux ordres secrets reçus avant le départ de la force expéditionnaire : il n’est pas question de reperdre la première île que les Alliés aient pu reconquérir depuis le début de la guerre du Pacifique. En substance, Vandegrift peut tout demander, voire exiger, tout sera fait pour lui donner satisfaction, mais il ne lui est pas permis d’abandonner un aérodrome déjà transformé en lieu mythique par les publicitaires de New York.
De fait, Vandegrift ne va pas hésiter à réclamer des renforts ! Echaudé par le débarquement japonais à l’est de ses positions et redoutant une opération amphibie directement sur Red Beach, il se fait envoyer deux bataillons de défense côtière (des Marines, bien sûr). Ces unités sont très fortement dotées en armes lourdes : une centaine de mitrailleuses, trois batteries de pièces de 6 pouces, trois batteries de DCA… Dépourvues d’infanterie, elles n’ont aucune capacité offensive, mais leur déploiement progressif (qui sera achevé fin octobre) rendra toute idée d’un contre-débarquement suicidaire.
Côté japonais, Kawagushi hésite. Sans doute, abandonner Guadalcanal priverait l’aviation nippone de la possibilité de harceler les navires alliés allant des Etats-Unis en Australie, et donnerait aux Américains un point d’appui pour, à terme, menacer Rabaul (même si le général pense que l’aviation alliée aurait affaire à forte partie si elle s’y risquait). S’accrocher à l’île ou, plus encore, tenter d’en expulser les Alliés exigerait des moyens logistiques considérables (sans même parler des hommes) en raison des distances en cause, qui rendent très difficile le ravitaillement des forces terrestres. Et le Japon manque précisément de moyens logistiques – transports, pétrole…
Comme les minutes des messages envoyés à la 14e Armée le laissent entendre, Kawagushi a le choix entre trois possibilités.
1) Tenter de reconquérir l’île en y envoyant le plus possible de renforts et en attaquant à outrance. A terme, l’attrition pourrait forcer à se retirer les Américains, censés manquer de courage et de ténacité, mais les pertes humaines seraient élevées. Surtout, il serait presque impossible de faire en sorte que les unités restent opérationnelles de façon prolongée après leur arrivée pour se donner le temps de constituer une puissante force offensive. En effet, assurer leur ravitaillement de façon régulière exigerait de nombreux convois maritimes, qui ne pourraient qu’aller au suicide tant que l’aérodrome de Tenaru ne serait pas neutralisé. Or, cette neutralisation demanderait l’aide répétée (hebdomadaire, voire quotidienne) de la Marine, sur laquelle il serait difficile de compter avec certitude. Très cyniquement, les messages de Kawagushi laissent entendre que, plutôt que de chercher à ravitailler les unités débarquées, il vaudrait mieux les « utiliser » rapidement, au fur et à mesure de leur arrivée, pour ne pas leur laisser le temps de perdre leur potentiel et pour limiter les besoins subséquents.
2) Se contenter de tenir les positions actuelles et envoyer sur l’île une artillerie assez puissante pour interdire la piste par des tirs de harcèlement. Il faudrait pour cela réussir à déployer sur place des pièces de 150 mm avec leurs munitions, ce qui serait plus facile à dire qu’à faire ! Les besoins en hommes seraient plus limités, mais les exigences logistiques seraient tout aussi importantes et une attaque américaine risquerait de mettre en danger tout le dispositif.
3) Enfin, préférer l’évacuation immédiate des forces pour préserver les hommes et les moyens matériels, tout en préparant d’autres positions défensives, plus avantageuses. Le principal problème serait évidemment la perte immense de prestige associée à cette reculade. Ce choix, dans les documents, n’apparaît qu’en filigrane, puisqu’aucun responsable ne semble avoir évoqué ouvertement cette possibilité.
La stratégie finalement choisie par Kawagushi est un mélange des trois, et c’est probablement la meilleure envisageable pour les Japonais étant donné la disparité des forces. L’Armée Impériale va rester à Guadalcanal (choix 1), mais avec des forces suffisamment réduites pour être ravitaillées correctement. Ces forces n’auront pour mission que de limiter autant que possible l’expansion du périmètre américain (choix 2), malgré le manque de matériel lourd et un soutien seulement épisodique de la part de la Marine. Les hommes, les moyens et le temps gagnés seront mis à profit pour développer des positions imprenables dans d’autres îles de l’archipel des Salomon (choix 3) afin de juguler par la suite toute offensive en direction de Rabaul.
On peut estimer que cette décision relativement raisonnable est en partie la conséquence des lourdes pertes et parfois des échecs subis par l’Armée Impériale dans plusieurs de ses campagnes – en Malaisie et à Singapour, en Birmanie, en Nouvelle-Guinée, voire en Indochine et aux Philippines. » (D. Weber, op. cit.)


Campagne de Nouvelle-Guinée
Piste de Kokoda
– La 18e Brigade commence à sonder les premières lignes japonaises à Sisarita-Gorari et entre Leaney’s Corner et Waju. Ces reconnaissances provoquent des chocs furieux typiques de la lutte dans la jungle, pendant qu’une compagnie australienne essaye de contourner les retranchements japonais pour couper la piste sur leurs arrières. Les deux positions sont bien situées. Les Japonais occupent de petites hauteurs, sur un front très large. Les approches ouest, en terrain découvert (jardins et zones dégagées), sont couvertes par des feux croisés de mitrailleuses légères et les tirs de nombreux mortiers légers, bien fournis en munitions, ainsi que par quelques-uns des habituels obusiers de 70 mm.
Les groupes de reconnaissance subissant des pertes sans gagner de terrain, les deux bataillons se mettent à rechercher les flancs des positions japonaises. Dans l’épaisse jungle secondaire qui a remplacé les jardins laissés à l’abandon, la visibilité est d’environ trois mètres et se prête à une foule de petites mais sanglantes escarmouches. Les Australiens prennent le meilleur sur les patrouilles japonaises, mais perdent un bon nombre d’hommes lorsqu’ils se heurtent à des retranchements installés en bordure de terrains découverts.

Milne Bay – Le village de Dagama est à moitié encerclé par l’est et de petits groupes de Japonais se sont infiltrés le long de la piste menant vers Waigani. Field décide de se replier sur ses positions principales. Il estime en effet que les semaines précédentes lui ont permis de construire ce qu’il appelle une défense en hérisson sur le terrain plat au sud de la crête où se trouve sa position principale. Il a créé sur les pistes qui traversent le terrain marécageux une série de positions défensives à 360°, à portée de 25 livres de la position principale. Son idée est que les Japonais pourront circuler comme ils voudront autour de ces points d’appui, dans les marais, mais que chaque position pourra faire appel à une puissante couverture d’artillerie au cas où elle serait sérieusement attaquée, tout en contrôlant le réseau de pistes qui seul pourrait permettre une progression significative vers l’ouest.
Ce plan repose sur l’arrivée d’une quantité importante de munitions de 25 livres, à 180 miles de Port Moresby, grâce à une flottille de petits navires (un prao de 50 tonnes peut débarquer 12 tonnes de munitions sur les appontements improvisés de Mullins Harbour). Les sapeurs américains ont fait des merveilles, élargissant les pistes entre Mullins Harbour et les premières lignes pour ouvrir le passage aux Bren carriers. Toute l’artillerie a pu être positionnée aux points choisis et convenablement approvisionnée en munitions. Son ravitaillement, au départ inexistant, s’est peu à peu amélioré et il en arrive à présent plus qu’il n’en est consommé, quoique les pertes infligées à la petite flottille alliée par les avions japonais préoccupent Field.
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MessagePosté le: Mer Mai 22, 2013 13:17    Sujet du message: Répondre en citant

CL Yubari => en italique.
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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MessagePosté le: Mer Mai 22, 2013 13:50    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:

Comme les minutes des messages envoyés à la 14e Armée le laissent entendre, Kawagushi a le choix entre trois possibilités.
1) Tenter de reconquérir l’île en y envoyant le plus possible de renforts et en attaquant à outrance. A terme, l’attrition pourrait forcer à se retirer les Américains, censés manquer de courage et de ténacité, mais les pertes humaines seraient élevées. Surtout, il serait presque impossible de faire en sorte que les unités restent opérationnelles de façon prolongée après leur arrivée pour se donner le temps de constituer une puissante force offensive. En effet, assurer leur ravitaillement de façon régulière exigerait de nombreux convois maritimes, qui ne pourraient qu’aller au suicide tant que l’aérodrome de Tenaru ne serait pas neutralisé. Or, cette neutralisation demanderait l’aide répétée (hebdomadaire, voire quotidienne) de la Marine, sur laquelle il serait difficile de compter avec certitude. Très cyniquement, les messages de Kawagushi laissent entendre que, plutôt que de chercher à ravitailler les unités débarquées, il vaudrait mieux les « utiliser » rapidement, au fur et à mesure de leur arrivée, pour ne pas leur laisser le temps de perdre leur potentiel et pour limiter les besoins subséquents.
2) Se contenter de tenir les positions actuelles et envoyer sur l’île une artillerie assez puissante pour interdire la piste par des tirs de harcèlement. Il faudrait pour cela réussir à déployer sur place des pièces de 150 mm avec leurs munitions, ce qui serait plus facile à dire qu’à faire ! Les besoins en hommes seraient plus limités, mais les exigences logistiques seraient tout aussi importantes et une attaque américaine risquerait de mettre en danger tout le dispositif.
3) Enfin, préférer l’évacuation immédiate des forces pour préserver les hommes et les moyens matériels, tout en préparant d’autres positions défensives, plus avantageuses. Le principal problème serait évidemment la perte immense de prestige associée à cette reculade. Ce choix, dans les documents, n’apparaît qu’en filigrane, puisqu’aucun responsable ne semble avoir évoqué ouvertement cette possibilité.
La stratégie finalement choisie par Kawagushi est un mélange des trois, et c’est probablement la meilleure envisageable pour les Japonais étant donné la disparité des forces. L’Armée Impériale va rester à Guadalcanal (choix 1), mais avec des forces suffisamment réduites pour être ravitaillées correctement. Ces forces n’auront pour mission que de limiter autant que possible l’expansion du périmètre américain (choix 2), malgré le manque de matériel lourd et un soutien seulement épisodique de la part de la Marine. Les hommes, les moyens et le temps gagnés seront mis à profit pour développer des positions imprenables dans d’autres îles de l’archipel des Salomon (choix 3) afin de juguler par la suite toute offensive en direction de Rabaul.
On peut estimer que cette décision relativement raisonnable est en partie la conséquence des lourdes pertes et parfois des échecs subis par l’Armée Impériale dans plusieurs de ses campagnes – en Malaisie et à Singapour, en Birmanie, en Nouvelle-Guinée, voire en Indochine et aux Philippines. »


Je trouve ce passage confus et difficile à comprendre, il faudrait le réécrire en utilisant des phrases plus courtes, chacune consacrée à une explication (et n'en mélangeant pas deux ou plus). Il faudrait aussi être plus clair sur les "il" qui parsème le texte on ne sait pas toujours à qui cela fait référence.

Voilà ma proposition (écrite rapidement par quelqu'un qui n'a pas vraiment compris le texte, elle est facilement améliorable par quelqu'un qui l'a compris. Mais c'est justement parce que j'ai du mal à comprendre que je pense que le texte doit être réécris.)

Code:
La lecture des messages envoyés par Kawagushi à la 14e Armée laissent entendre qu'il avait envisagé trois possibilités.
1) Tenter de reconquérir l’île en y envoyant le plus possible de renforts et en attaquant à outrance. Cela devait conduire les Américains, censés manquer de courage et de ténacité, au replis. Toutefois, les pertes humaines seraient élevées. Surtout, il faudrait engager les unités dès leur arrivée, sans leur donner le temps de constituer une puissante force offensive. Il serait alors presque impossible de faire en sorte que les unités restent opérationnelles de façon prolongée. En effet, assurer leur ravitaillement de façon régulière exigerait de nombreux convois maritimes. Et, tant que l’aérodrome de Tenaru ne serait pas neutralisé, cela reviendrait à les conduire au massacre. Or, cette neutralisation demanderait l’aide répétée (hebdomadaire, voire quotidienne) de la Marine. Force sur laquelle il serait difficile de compter avec certitude. Très cyniquement, les messages de Kawagushi laissent entendre qu'il vaudrait mieux  « utiliser » rapidement les unités débarquées, au fur et à mesure de leur arrivée. Cela éviterait d'avoir à les ravitailler et éviterait de les voir perdre leur potentiel.
2) On pourrait se contenter de tenir les positions actuelles. Grâce à une artillerie puissante, convoyée sur l’île, il serait possible d'interdire la piste par des tirs de harcèlement. Il faudrait pour cela réussir à déployer sur place des pièces de 150 mm avec leurs munitions. Les besoins en hommes seraient plus limités. Mais les exigences logistiques seraient tout aussi importantes. D'autant plus qu'une attaque américaine risquerait de mettre en danger tout le dispositif.
3) Enfin, préférer l’évacuation immédiate des forces vers d’autres positions défensives, plus avantageuses. Le principal problème serait, évidemment, la perte immense de prestige associée à cette retraite. Ce dernier choix n’apparaît qu’en filigrane dans les documents. En effet, aucun responsable ne semble avoir évoqué ouvertement cette possibilité.
La stratégie finalement choisie par Kawagushi est un mélange des trois. Elle est probablement le meilleur parti à prendre pour les Japonais, étant donné la disparité des forces. L’Armée Impériale va rester à Guadalcanal (choix 1), mais avec des forces suffisamment réduites pour être ravitaillées correctement. Leur mission sera de contenir autant que possible l’expansion du périmètre américain (choix 2). Et ce, bien sûr, malgré le manque de matériel lourd et un soutien épisodique de la Marine. Les hommes, les moyens et le temps gagnés seront mis à profit pour développer des positions imprenables dans d’autres îles de l’archipel des Salomon (choix 3). On espère ainsi juguler par la suite toute offensive en direction de Rabaul.
On peut estimer que cette décision relativement raisonnable est la conséquence des lourdes pertes subies par l'Armée Impériale. Les campagnes en Malaisie et à Singapour, en Birmanie, en Nouvelle-Guinée, voire en Indochine et aux Philippines ont été difficiles, et bien qu'on ne l'admette pas, certaines sont même des échecs.

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MessagePosté le: Mer Mai 22, 2013 14:55    Sujet du message: Répondre en citant

Il me semble que le texte a été fort bien compris...
Je vais tout de même le réétudier pour en raccourcir quelques phrases et alléger certaines tournures.
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MessagePosté le: Mer Mai 22, 2013 15:48    Sujet du message: Répondre en citant

la décision du GQG japonais est assez logique par rapport notamment aux buts de guerre fixés initialement fin 1941 :
- mainmise sur les ressources naturelles du sud est asiatique (pétrole des indes néerlandaises notamment) ,
- mise en place d'un périmètre défensif lointain pour épuiser l'adversaire
- mettre fin "l'incident chinois" en coupant la route de Birmanie.

Problèmes pour le Japon FTL
- l'IJA et lIJN me semblent plus usés fin 1942 FTL qu'OTL (notamment en ce qui concerne les cuirassés pour l'IJN)
- le front chinois et dans une moindre mesure indochinois restent actifs et consommateurs de ressources en homme et matériels,
- même si les pertes de l'USN ont été lourdes , ne pas oublier que la RN est toujours présente en force dans l'océan indien (pas de retraite vers le Kenya comme OTL) et donc oblige le Japon à se garder à l'ouest de Singapour; l'arrivée prochaine de l'escadre de renforts franco américaine (que l'on peut difficilement masquer) est sans doute être une importante source d'inquiétudes pour le GQG nippon,
- enfin la Birmanie est sans doute fin 1942 FTL en état de défense , ce qui est sans doute une "noix" trop dure à casser pour une IJA déjà usée.

J'ajouterai un facteur invariant OTL comme FTL : le Japon n'a pas la ressource en tonnage marchand pour à la fois valoriser ses conquêtes (je pense particulièrement en pétroliers) et soutenir des des actions offensives majeures lointaines ( et ceci sans même attendre une campagne active des alliés contre ses son commerce maritime).
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MessagePosté le: Mer Mai 22, 2013 18:27    Sujet du message: Répondre en citant

19 septembre
Bataille de Singapour – IV

Front est
– Dans la poche de Kallang, la 21e D.I. Scottish mène toute la journée des combats retardateurs qui permettent au gros de la Brigade Highlands de se replier dans la ville. Mais le général Archibald Paris, qui commande la 21e D.I., choisit de rester et de partager le sort des moins heureux de ses hommes. Au crépuscule, il tombe les armes à la main près de Katong avec les survivants de la 1ère Brigade de Malaisie, qui ont tenu à couvrir la retraite, c’est à dire à se sacrifier.
Singapour-ouest – La victoire est à portée de main, mais il faut punir Singapour. Pendant que les divisions japonaises se redéploient en bon ordre pour l’assaut final, l’artillerie bombarde à volonté la ville, sans cibler d’objectif particulier. Les nombreux incendies et destructions causées par ces salves feront un grand nombre de morts dans la population civile.

Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Pendant que le Kitakami envoie ses deux bateaux de débarquement Daihatsu, chargés de ravitaillement, renforcer la flottille de transports légers de Tassafaronga, le Haruna bombarde Tetere entre 00h30 et 01h30. Mais le résultat de cette attaque est bien moindre que celui du bombardement du Nagato et des trois croiseurs lourds dans la nuit du 30 au 31 août. Les dépôts ont été dispersés, les retranchements ont été renforcés et les Marines qui ont subi le bombardement du 31 août commentent celui-ci avec mépris à l’intention des Australiens et des Marines fraîchement débarqués, qui n’en mènent pas large.
………
Tulagi – De l’autre côté de la baie, Iishi exécute enfin l’attaque qu’il médite depuis longtemps contre le mouillage de Tulagi. La G-1 étant en panne de moteur, il a avec lui quatre vedettes, qui pénètrent en ligne de file, moteurs au ralenti, entre Florida et Tulagi, venant de l’ouest, en espérant que les Australiens seront distraits par le bruit du bombardement de Guadalcanal. Iishi est en tête sur la G-352, suivie par les G-2, G-3 et H-11.
La ruse marche quelques minutes, avec l’aide d’un grain opportun, et Iishi se dirige droit vers les coques amputées de l’Astoria et du Crescent City. Les Japonais sont aperçus au moment où ils lancent leurs torpilles, et le mouillage entre en éruption. Les vedettes se précipitent vers la sortie est du mouillage, mais la G-2 n’y parvient pas. Elle est touchée par le tir d’un canon de 5 pouces de l’Astoria et disparaît dans une forte explosion. Les trois autres vedettes sont criblées de coups, la H-11 notamment, balayée par une rafale de 20 mm de l’Astoria et frappée par un obus de 37 mm du Moa (les marins néo-zélandais ont “emprunté” un canon antichar de 2 livres à l’armée australienne). Une fois dans la Baie, la H-11 signale qu’elle est en train de couler. Sa coque est trouée en plusieurs endroits et les voies d’eau sont impossibles à contrôler. La G-352 et la G-3 l’accostent et embarquent les hommes et tout le matériel qu’il leur est possible de démonter, puis incendient l’épave, qui coule un moment plus tard.
L’attaque a été réussie, même s’il n’est pas sûr que le résultat en ait valu le coût. Sur six torpilles tirées, trois ont touché. L’une a frappé le Crescent City, lui causant de graves dommages structuraux, mais sans tout à fait couler ce qui n’est plus qu’un entrepôt (à peine) flottant. Les deux autres ont frappé l’Astoria sous la passerelle. Déjà fragilisé par de nombreux coups, ce qui reste du croiseur lourd martyr ne peut supporter ces dommages supplémentaires. Après trois heures de lutte, “Asto” est abandonné et se couche sur tribord avant de sombrer dans quelques mètres d’eau. L’équipage (cet ultime épisode n’a fait que quatre morts) sera très vite renvoyé aux Etats-Unis, avec les remerciements des unités australiennes de Tulagi. Ces hommes ne resteront pas au chômage : dans un chantier naval de Bethesda, un croiseur lourd moderne prend forme et les attend.
En face, il ne reste plus à Iishi que trois vedettes lance-torpilles plus ou moins endommagées (les G-1, G-3 et G-352). Il accueille donc avec joie en rentrant à sa base la nouvelle de l’arrivée de la G-353.
………
Guadalcanal – Le jour se lève et, l’escadre japonaise repartie, les activités de patrouille reprennent de part et d’autre. Certains Marines découvrent avec étonnement la présence de civils sur l’île, ce qui, la paranoïa du combattant aidant, conduit parfois à des confusions qui resteront fameuses. En témoigne, entre autres, ce compte rendu d’échanges radio entre le QG du 7e Régiment de Marines, son 1er Bataillon et la compagnie C du même.
Compagnie C : Inconnus en vue, grands et barbus. Semblent avoir des lances. Demande instructions.
1er Bataillon (à Coy C) : Répétez ?
1er Bataillon (à QG 7e Rgt) : Inconnus repérés, probablement Japonais. Armés de lances. Supposons épuisement de leurs munitions. Craignons charge Banzai.
QG 7e à 1er Bat. : Suspension immédiate de la progression, alignez vos positions sur les deux autres bataillons.
Coy C à 1er Bat. : Entendons chants comme cantiques, accompagnés de danses.
1er Bat. à QG 7e : Cris divers sur la ligne de front.
QG 7e à 1er Bat. : Soutien d’artillerie disponible. Deux batteries de 75 sur demande. Observateur et radio en route. Arrivée prévue à 17.00.
Coy C à 1er Bat. : Message non compris – [Cris entendus en arrière-fond] – [Communication interrompue].
1er Bat. à QG 7e : Position de la compagnie C submergée.
QG 7e à 1er Bat. : Rétablissez la situation, compagnie de réserve en route.
Coy C à 1er Bat. : Inconnus identifiés comme indigènes, cérémonie de remerciement en cours.
1er Bat. à QG 7e : Annulez tout renfort et tout tir d’artillerie, lances et chants indigènes.
QG 7e à 1er Bat. : Major Devert invité à se présenter au rapport au plus vite.


Campagne de Nouvelle-Guinée
Piste de Kokoda
– La 18e Brigade continue à tâtonner pour découvrir les flancs des positions japonaises, qui semblent se dérober sans cesse. La brigade a perdu 500 hommes depuis qu’elle a quitté Kokoda. L’adversaire est très bien déployé et met en ligne des troupes fraîches.

Milne Bay – Les Australiens occupant Dagama commencent à décrocher au crépuscule, après un soigneux bombardement au mortier des positions japonaises connues et quelques attaques de couverture. Celles-ci sont inspirées des raids de tranchées de 14-18 : de petites équipes pénètrent silencieusement dans les lignes ennemies pour des frappes inattendues. Pendant ce temps, les forces concernées lèvent le camp, après avoir consommé tout leur ravitaillement, en dehors de quelques boîtes de conserve que l’on ne manque pas de percer discrètement, pour que l’éventuel consommateur japonais s’intoxique…
………
Port Moresby – Les quatre vedettes rapides hollandaises de classe TM-1, que l’on avait un moment envisagé d’envoyer à Guadalcanal, arrivent dans les eaux de Nouvelle-Guinée. Ces petits navires armés de 2 x 20 mm et de 2 torpilles de 21 pouces chacun sont accompagnés du HrMs Valk, leur navire-atelier, un ancien ravitailleur d’hydravions construit en 1929 (748 tonnes, 2 x 75 mm). Il a été modifié à Brisbane pour son nouveau rôle pendant que les vedettes y étaient révisées et rééquipées.


20 septembre
Bataille de Singapour – IV

Ile de Blakang Mati
– Dans la matinée, des éléments de la 9e D.I. japonaise débarquent sur l’ile, où se trouvent les dernières batteries de Singapour. Ecrasés sous le nombre, les quelques défenseurs se rendent après avoir saboté leurs canons.
Singapour – Tout le reste de l’infanterie japonaise est au repos. L’état-major a fait distribuer du saké. Demain sera le jour de la prise de Singapour, que l’armée va offrir à l’Empereur.
En attendant, l’artillerie et l’aviation continuent de frapper aveuglément la ville.
De son côté, Lord Gort envoie un dernier message à toutes les unités qui défendent encore la cité. Il autorise les chefs de bataillon ou de compagnie à se rendre à l’ennemi « s’il est devenu impossible de lui infliger des dommages significatifs ». Quant à lui : « Je tiendrai la promesse que je vous ai faite et que j’ai faite à Sa Majesté : je ne me rendrai jamais ! »
………
De notre envoyé spécial à Singapour Sur le secteur du front tenu par les gars de la 63e Brigade Highlands, des cornemuses résonnent dès que les Japonais font mine d’attaquer. Scotland the Brave, McCrimon’s Lament et d’autres morceaux plus joyeux. À travers la fumée, on en guette les accents. Il est probable que lorsque leurs plaintes cesseront de retentir, ce sera la fin.
Au quartier général, on brûle tous les papiers. Officiels ou privés. Secrétaires et officiers alimentent le brasier, quand tout le papier y sera passé, ils y jetteront les meubles survivants et finalement, pour faire bonne mesure, ils mettront carrément le feu au bâtiment. Les drapeaux des régiments présents dans la place ont pour la plupart pu être évacués, ceux qui ne l’ont pas été ont droit à une incinération dans les règles, avec garde d’honneur présentant les armes. Les porteurs de drapeaux s’approchent lentement et projettent leur bannière dans les flammes. Les Japonais n’auront rien.
C’est la fin. La dernière proclamation de Lord Gort libère ses hommes de toute fidélité à son égard. Il les remercie pour leur dévouement et leur courage. Les chefs d’unité d’un grade égal ou inférieur à celui de commandant peuvent décider de se rendre quand la situation leur paraîtra sans espoir – sans espoir d’infliger des pertes à l’ennemi, bien sûr. Le Vieux No Surrender ne se rendra pas. Il nous a salué – nous, c’est à dire moi-même et les deux seuls autres journalistes encore présents à Singapour, un New Yorkais nommé Meyrson, du NY Times, et un Français nommé Marec, de l’Agence Havas.
Lord Gort a quitté son QG en uniforme de commandant – il nous a expliqué qu’il aurait préféré des galons de lieutenant, mais qu’il n’avait plus l’air assez jeune. Il nous a dit aussi qu’il comprenait que les Français, malgré leur défaite à Waterloo, considèrent le comportement des grognards de la Garde Impériale le 18 juin 1815 comme un moment de gloire militaire. Comme eux, à aucun moment la volonté de combattre n’a abandonné les défenseurs de Singapour. A aucun moment l’idée de reddition ne les a effleurés. Et comme eux, leur ennemi a dû les détruire de loin, au canon, par crainte d’affronter ces irréductibles phalanges. Et finalement, comme les Grognards, ils sont défaits mais non vaincus.
Ce crépuscule des dieux de Singapour ne manque pas de grandeur. Chaque homme ici est devenu un titan héroïque. Et les survivants pourront dire avec fierté : « J’y étais ». S’il y a des survivants, bien sûr.
Ray O’Brady, pour le Times de Londres


Penang – Alors que tous les yeux japonais sont tournés vers Singapour, les 53e et 54e Brigades britanniques sont évacuées en catimini de l’île forteresse, qui perd tout intérêt avec la chute de la grande cité. En fait, cette évacuation a commencé depuis déjà plusieurs nuits. Un peu avant l’aube, d’énormes explosions marqueront la destruction de ce qui aurait pu être utile aux Japonais, pendant que les éléments du Génie responsables évacueront en hydravion. Les deux brigades évacuées vont retrouver en Inde la 55e, reconstituée autour de ses cadres, et à la fin de l’année, c’est une 17e D.I. britannique remise à neuf et assoiffée de revanche qui sera envoyée sur le front birman.

Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Vandegrift remplace sur le front ouest le 5e Régiment, très éprouvé, par le 7e Régiment. Ce front est maintenant bien défendu par une unité fraîche.
Les premières attaques de paludisme se déclarent. En effet, les hommes préfèrent le plus souvent ne pas prendre leur cachet quotidien d’atabrine. Celle-ci a la détestable (et imméritée) réputation de rendre impuissant – en plus d’avoir un goût infect.
Les officiers du 1st Tank Battalion, impatients d’en découdre, font remarquer au QG de la division que leur disposition actuelle en petits paquets les prive de tout punch et rend très difficile le contrôle effectif des sections. Ils proposent un regroupement de leur bataillon et une contre-attaque par la bande littorale.
Le Construction Battalion de la division termine la réfection du système de drainage de la piste principale d’Henderson Field et commence l’extension du terrain. Les bulldozers dégagent notamment un nouveau dispersal et des alvéoles individuelles.

Campagne de Nouvelle-Guinée
Piste de Kokoda
– Devant la solidité des défenses, la RAAF est à nouveau appelée. Toute la journée, des Wirraway et des Boomerang, en un défilé continuel, mitraillent et bombardent les positions japonaises, lâchant de nombreuses bombes anti-personnel de 20 livres. L’utilisation de ces projectiles est davantage due à un manque d’autres munitions à Port Moresby qu’à autre chose, mais ces petites bombes se montrent efficaces pour balayer la végétation et empêcher les Japonais de lever le nez.
A l’arrière, les premiers éléments de la 21e Brigade arrivent à Myola pour une journée de repos. L’énergique Brigadier Potts, arrivé avec un peu d’avance, est effaré en constatant que personne ne sait que sa force est dans la région. Cependant, les hommes du train de la 30e Brigade, qui s’occupent des dépôts de ravitaillement de Myola, vont « faire des miracles » selon le mot de Potts. Quand ses hommes arrivent, un millier de rations les attendent. Cependant, ils n’auront pas de couvertures, malgré l’humidité pénétrante. Potts, observant qu’il y en a en réserve une bonne quantité, s’étonne. Le lieutenant Kienzle et le major Elliot-Smith, qui ont recruté et organisé les porteurs sur place, doivent lui expliquer rapidement les réalités de la situation locale. Les porteurs indigènes représentent un élément essentiel sur la Piste : il faut tout simplement prendre soin d’eux. Or, ils souffrent terriblement du froid à haute altitude ; ils ont donc priorité pour la distribution des couvertures. Les hommes de la 21e Brigade, comme les autres Australiens, vont se voir remettre les nattes en herbes tissées que les porteurs ont échangées contre des couvertures, c’est tout ce qui est disponible pour eux. Déconcerté, Potts a le bon goût de se souvenir des exploits des “Fuzzy Wuzzy Angels” secourant les blessés et donne raison à ses interlocuteurs. Ses hommes sont un peu déçus, mais au moins ils ont des nattes pour s’étendre et tout ce qu’il faut de nourriture chaude et de thé brûlant.

Milne Bay – A l’aube, les Japonais sont surpris de voir les lignes australiennes si calmes. Mais ce n’est pas avant d’avoir constaté l’évacuation de Dagama qu’ils envoient des reconnaissances de l’autre côté d’Halfway Creek et s’aperçoivent que ces positions aussi ont été désertées. Les Japonais, qui ne s’y attendaient pas, avancent avec lenteur sur les traces des Australiens, ce qui ne les empêche pas de tomber dans de nombreuses petites embuscades.
De son côté, le Brigadier Fields considère son repli comme très réussi. Ses forces ont pu décrocher et reculent en bon ordre vers des positions bien situées et soigneusement préparées, d’où elles vont dominer les basses terres marécageuses. Son intention est d’obliger l’armée japonaise à monter ses attaques contre lui à partir d’un marais détrempé où ne poussent que des sagoutiers, tandis que ses hommes seront bien installés dans des positions dominantes, sur un terrain sec, avec le bénéfice d’une supériorité d’artillerie et d’excellents champs de tir. Sans doute n’a-t-il pas assez de forces pour tenir l’ensemble de l’arc des collines, mais si les Japonais amincissent assez leur dispositif pour se lancer dans un mouvement tournant de vingt-cinq km, Fields pourrait contre-attaquer leur centre, d’autant plus facilement que les forces japonaises tentant l’enveloppement devraient traverser un véritable marécage avant d’atteindre les collines.
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Wil the Coyote



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MessagePosté le: Mer Mai 22, 2013 20:22    Sujet du message: Répondre en citant

Sur le secteur du front tenu par les gars de la 63e Brigade Highlands, des cornemuses résonnent dès que les Japonais font mine d’attaquer. Scotland the Brave, McCrimon’s Lament et d’autres morceaux plus joyeux. Applause

J'en frémis, rien qu'a imaginer la scène..... Lord Gort rentre au Panthéon Britannique comme Wellington et Nelson (désolé amis Français, je sais qu'ils vous ont défait à une certaine époque...)
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ladc51



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MessagePosté le: Mer Mai 22, 2013 20:25    Sujet du message: Répondre en citant

La série est trop dense pour que je puisse suivre de près la totalité autant que je le voudrais...

Mais la chute de Singapour est un régal, épique à souhait : bravo aux auteurs !
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Laurent
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patzekiller



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MessagePosté le: Mer Mai 22, 2013 21:26    Sujet du message: Répondre en citant

quelqu'un a t'il les dates de pedestal ftl en tete ? merci
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MessagePosté le: Mer Mai 22, 2013 22:06    Sujet du message: Répondre en citant

Utilise le moteur de recherche, sinon à quoi ça sert que Ducros y se décarcasse ? Laughing
=> Mai-juillet 42.
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patzekiller



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MessagePosté le: Jeu Mai 23, 2013 06:39    Sujet du message: Répondre en citant

j'ai fait, Very Happy il m'a sorti 19 sujets qu'il fallait lire entierement pour retrouver le machin...
...je me suis dit qu'il valait mieux passer par ducros pour avoir une info rapide Razz
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MessagePosté le: Jeu Mai 23, 2013 07:47    Sujet du message: Répondre en citant

Le moteur de recherche du site, pas celui du forum Cool
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mescal



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MessagePosté le: Jeu Mai 23, 2013 12:34    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
dans un chantier naval de Bethesda, un croiseur lourd moderne prend forme et les attend.


Sans doute un typo : les 4 premiers CA de classe Baltimore ont été construite par Bethlehem Steel Corporation au chantier naval de Fore River
(Bethesda c'est, je crois, un hopital de l'US Navy)
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Olivier
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MessagePosté le: Jeu Mai 23, 2013 13:52    Sujet du message: Répondre en citant

delta force a écrit:
la décision du GQG japonais est assez logique par rapport notamment aux buts de guerre fixés initialement fin 1941 :
- mainmise sur les ressources naturelles du sud est asiatique (pétrole des indes néerlandaises notamment) ,
- mise en place d'un périmètre défensif lointain pour épuiser l'adversaire
- mettre fin "l'incident chinois" en coupant la route de Birmanie.

Problèmes pour le Japon FTL
- l'IJA et lIJN me semblent plus usés fin 1942 FTL qu'OTL (notamment en ce qui concerne les cuirassés pour l'IJN)
- le front chinois et dans une moindre mesure indochinois restent actifs et consommateurs de ressources en homme et matériels,
- même si les pertes de l'USN ont été lourdes , ne pas oublier que la RN est toujours présente en force dans l'océan indien (pas de retraite vers le Kenya comme OTL) et donc oblige le Japon à se garder à l'ouest de Singapour; l'arrivée prochaine de l'escadre de renforts franco américaine (que l'on peut difficilement masquer) est sans doute être une importante source d'inquiétudes pour le GQG nippon,
- enfin la Birmanie est sans doute fin 1942 FTL en état de défense , ce qui est sans doute une "noix" trop dure à casser pour une IJA déjà usée.

J'ajouterai un facteur invariant OTL comme FTL : le Japon n'a pas la ressource en tonnage marchand pour à la fois valoriser ses conquêtes (je pense particulièrement en pétroliers) et soutenir des des actions offensives majeures lointaines ( et ceci sans même attendre une campagne active des alliés contre ses son commerce maritime).


Très intéressant.

Malgré l'absence d'un équivalent à Midway, les Japonais sont en fait en bien plus mauvaise posture qu'OTL.

Vu l'importance stratégique de Guadalcanal, je trouve curieux qu'ils décident de ne pas y engager leur flotte de combat principale.
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loic
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MessagePosté le: Jeu Mai 23, 2013 14:02    Sujet du message: Répondre en citant

Ben disons que
1) cela dégarnirait un peu le Japon
2) ça faut quand même pas mal de pétrole dépensé
3) le Slot n'est pas l'endroit idéal pour manœuvrer des cuirassés sans risque
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