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Intégrale "France et Europe Occupées" Septembre 42
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Mar 21, 2013 18:35    Sujet du message: Intégrale "France et Europe Occupées" Septembre 42 Répondre en citant

Septembre 1942
8 – En France et en Europe occupées
La Résistance unifiée

1er septembre
NEF contre PSF : les masques tombent
Paris, 10h00
– Radio Nouvelle France, pour commenter l’arrestation du colonel de la Rocque, donne la parole à Jacques Doriot, ministre de l’Intérieur et de la Reconstruction Nationale. Ce dernier justifie l’arrestation du colonel et d’une dizaine d’autres « ennemis de la patrie » (Juifs, communistes et même quelques prêtres) interpellés aux petites heures de la nuit en région parisienne. Il joue à merveille l’homme d’état calme et responsable jusqu’à une question du journaliste de radio Nouvelle France sur Lucien Lacombe, membre des SSLAAN, entre la vie et la mort : « J’espère une issue heureuse à ce tragique incident, mais mes pensées vont à la famille de ce vrai Français qu’est le jeune Lacombe, tombé sous les coups de la racaille à la botte des francs-maçons et des youpins ! » Il débite alors une foule d’insultes plus ou moins ordurières, ciblant tous les (nombreux) ennemis du Nouvel État Français avant de revenir aux amis du colonel et de conclure : « Je peux vous assurer que les “froides queues” (1) vont payer très cher leurs saloperies ! »
12h30 – Jean Borotra, ministre des Sports du gouvernement Laval (et ancien membre du PSF de La Rocque) remet sa démission à Laval en guise de protestation. Jacques Ybarnegaray, ministre des Anciens Combattants, autre ancien sympathisant du PSF, qui avait promis d’accompagner Borotra dans son geste, se donne finalement « le temps de la réflexion » et part en villégiature dans son Pays Basque natal.
………
Lyon, 21h30 – Le local du SONEF à Lyon est saccagé et incendié. Cet incendie, qui ne fera aucune victime, est l’épisode le plus spectaculaire d’une nuit de violences, bagarres et actes de « vandalisme » (dira le gouvernement Laval, dont plusieurs dizaines de voitures officielles ont eu leurs pneus crevés).
………
Clermont-Ferrand, 22h00 – Plusieurs cadres du PSF se réunissent en secret pour réagir à l’arrestation du colonel de la Rocque : autour de Noël Ottavi, Georges Riché, Jean Legendre (2) et Pierre de Léotard, tous également membres du Réseau Klan. Ils entament la rédaction d’un numéro spécial du Petit Journal clandestin, exigeant la libération du colonel, « le Sauveur du 6 février », et dénonçant la politique collaborationniste et répressive de Laval, qualifié de « nouveau Foutriquet », et de son gouvernement. Ce pamphlet est signé de leurs vrais noms par les quatre hommes, qui ont décidé d’entrer dans la clandestinité.
Le texte est transmis à l’imprimerie clandestine du Petit Journal. Dans le mois qui suit, elle sortira environ 300 000 exemplaires de ce numéro exceptionnel, soit le double du tirage habituel du journal… avant-guerre !

La Garde française recrute
Berlin
– Georges Scapini, cornaqué de près par Otto Abetz, arrive dans la capitale du Reich par l’express quotidien Paris-Berlin pour le lancement d’une vaste campagne de recrutement pour la Garde du NEF dans les oflags et stalags. Il est accompagné par René Bousquet, grand maître des polices du NEF, qui entretient de bons rapports (de travail et personnels) avec le RSHA. Il s’agit, pour le NEF comme pour les autorités d’Occupation, de faire face aux conséquences de la situation qui s’est créée progressivement en France métropolitaine depuis que les effectifs allemands ont été considérablement réduits pour l’opération Barbarossa. En dehors des côtes et des secteurs clés (miniers par exemple), les forces d’occupation – si l’on excepte les délégations de la Gestapo, les KdS et les postes de la Feld-Gendarmerie – ne sont plus guère présentes que dans les chefs-lieux de département, et encore.
Sans tenir compte des divisions cadres et de celles qui sont en train de se refaire une santé après les premiers combats à l’est, le dispositif de l’Occupant ne repose que sur quinze divisions opérationnelles. Encore certaines ne sont-elles que des Divisions dites de Sécurité, formées d’hommes relativement âgés, médiocrement équipées et hippomobiles à 95%. Quatre grandes unités seulement sont mécanisées (sans tenir compte des bataillons de soutien des formations d’infanterie, en général équipés de matériel français de prise millésimé 1940) : la 23.Panzer Division (qui vient d’intervenir à Dieppe), la 1.SS-Panzer Division Hohenstaufen et la 17.SS-Panzergrenadier Division (toutes deux de création récente), ainsi que le Panzer Lehr Regiment (3).
Mais il est vrai que l’OKW, passé maître dans la manœuvre ferroviaire sur lignes intérieures, se juge en mesure de renforcer rapidement les Armeekorps déployés à l’ouest et d’y déployer en moins d’un mois trente divisions opérationnelles en cas de nécessité.
L’allègement des garnisons allemandes s’est traduit dès février 1942 par une recrudescence des actes « terroristes » de toute nature. « Absolut gibt es keine Ordnung mehr » a déploré le général Von Stulpnagel, il n’y a absolument plus d’ordre ! Il en a profité pour exiger de Pierre Laval un durcissement de la répression des « menées antinationales » et pour demander à l’OKW et au RSHA le retour en France de six régiments de police au moins, « quels que soient les besoins des armées de l’Est. » De son côté, la propagande du NEF attribuait les actions en question « aux communistes et aux juifs » tandis que les services du Dr Goebbels mettaient en cause dans "Signal" « des étrangers assistés par une tourbe négrifiée et enjuivée recrutée par les apaches de la soi-disant Résistance dans les bas quartiers des villes. »
Après des négociations ardues entre Pierre Laval et Otto Abetz (surveillé par Heinrich Himmler, qui a mis sur la touche, quoi qu’il en ait, Joachim Von Ribbentrop), le Führer lui-même a donné son accord à des mesures permettant au NEF d’amplifier son action de police contre le « terrorisme ».
Certes, il a refusé, il va de soi, tout renforcement de l’armée du NEF, officiellement dénommée “Force de Sécurité du Territoire” et toujours limitée à 80 000 hommes par les clauses de l’armistice (4). Il est vrai qu’à Berlin, où l’on garde en mémoire l’exemple de la Reichswehr, on craint que la FST, soupçonnée d’être inféodée à Alger, ne bascule dans le camp adverse en cas de débarquement allié en Europe continentale. C’est d’ailleurs ce que prévoient certaines plumes de la Presse collaborationniste : ainsi, Lucien Rebatet écrit dans Je suis partout, dans la veine de ses Décombres, avec sa violence coutumière mais non sans talent : « Les vainqueurs de la défaite ont trahi la République par veulerie et sottise. Ils trahiront l’État nouveau si les juifs et les francs-macs d’Alger leur garantissent des étoiles, des galons, des places et de l’argent. La caque sent toujours le hareng. »
Cependant, Hitler a concédé à Laval un accroissement de sa Garde, qui pourra passer de 28 000 à 35 000 hommes. Mais, très marquée politiquement et particulièrement haïe par les patriotes, la Garde peine à déjà à recruter. Le voyage de Georges Scapini en Allemagne – il devrait visiter une huitaine d’oflags et de stalags en quinze jours – vise justement à encourager les officiers et sous-officiers prisonniers, en particulier les anciens de la gendarmerie mobile, à rejoindre la mieux équipée (et la plus efficace, aux yeux des Allemands) des forces de l’ordre de l’État nouveau. S’ils s’y décidaient, ils seraient libérés dans les vingt-quatre heures. Outre une prime d’engagement fixée à quatre mois de solde, ils bénéficieraient d’une permission de détente d’un mois, à dater de leur retour dans leurs foyers, avant de rejoindre leur affectation.
Par ailleurs, Scapini a appris avec agacement l’arrestation du colonel de la Rocque. Il craint (sans doute avec raison) que cela le prive d’un certain nombre de recrues…


2 septembre
Nouveau remaniement de l’équipe Laval
Paris
– Réunis autour de Pierre Laval malgré les nouvelles surprenantes qui leur parviennent de Normandie (où a lieu l’opération Rutter), Darnand, Doriot et Bousquet mettent en place dans la matinée un plan d’action coordonnée contre environ 600 anciens membres du Parti Social Français (plan préparé depuis déjà plusieurs mois). Cette action de « nettoyage » doit commencer le soir même.
À la demande de Doriot, le Secrétaire général à la Jeunesse, Georges Lamirand, est également arrêté dans la soirée, pour infraction à la législation sur les Juifs (5) ! Il sera aussitôt remplacé par Georges Pelorson, son adjoint depuis fin 1940. Pelorson est un ancien directeur de l’école franco-britannique de Neuilly, mais surtout un partisan d’une unification des mouvements de jeunesse du NEF (le printemps 1943 verra d'ailleurs la création des Equipes Nationales, mouvement de jeunesse lorgnant fortement du côté des Jeunesses Hitlériennes).
Dans le même temps, Laval décide le remplacement de Jean Borotra, démissionnaire de son poste de ministre des Sports, par son prédécesseur, le colonel Joseph Pascot.
………
Le gouvernement du Nouvel Etat Français au 2 septembre 1942
– Chef de l’Etat, ministre de la Défense : Pierre Laval
– Ministre de l’Intérieur et de la Reconstruction nationale : Jacques Doriot
– Ministre de l’Économie et du Travail : Marcel Déat
– Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité de l’Etat : Joseph Darnand
– Ministre de la Justice : Fernand de Brinon
– Ministre des Affaires Étrangères : Gaston Bergery
– Ministre de l’Instruction Publique : Abel Bonnard
– Ministre de l’Agriculture : Jean-Pierre Mourer
– Ministre du Ravitaillement : Pierre Pucheu
– Ministre de la Famille et de la Santé : Raymond Grasset
– Ministre des Sports : Joseph Pascot
– Ministre des Anciens Combattants : Jacques Ybarnegaray
– Ministre de l’Air : Max Knipping
– Secrétaire d’État aux Prisonniers : Georges Scapini
– Secrétaire d’État à la Marine et aux Colonies : Charles Platon
– Secrétaire d’État aux Communications : Robert Gibrat
– Secrétaire d’État à l’Information et à la Propagande : Paul Marion (6)
– Secrétaire Général aux Finances publiques et aux questions économiques : Paul Creyssel (7)
– Secrétaire Général aux Beaux-Arts : Jean Boissel
– Secrétaire Général à la Jeunesse : Georges Pelorson
– Secrétaire d’État aux Travaux Publics et aux Transports : Maurice Schwartz


Le PSF ne se laisse pas faire !
France occupée
– Dès 20h00, partout en France, le SONEF de Darnand, les SSLAAN de Doriot et ce qui reste des forces de l’ordre traditionnelles se lancent dans une série d’arrestations. Cependant, sur les 604 noms de la liste noire, le bilan le lendemain matin sera assez décevant pour les organisateurs : 241 arrestations et 53 « morts lors de tentatives d’évasion ». Compensation ? Une centaine de personnes ne figurant pas sur la liste seront portées disparues les jours suivants…
En revanche, dans de nombreux cas, les cibles se sont défendues, allant jusqu’à mettre en fuite ceux qui tentaient de les arrêter. Du côté des forces dites de l’ordre, les pertes sont les suivantes :
– SONEF : 19 morts, 35 blessés ;
– SSLAAN : 25 morts, 86 blessés ;
– police et gendarmerie : 4 morts, 15 blessés.
Que les arrestations soient ou non réussies, elles déclenchent souvent de véritables petites émeutes. Il faudra parfois jusqu’au lendemain midi pour que celles-ci soient matées par les forces d’occupation, qui devront par endroits freiner certains débordements d’agents du SONEF et des SSLAAN un peu trop consciencieux.
À Reims, l’arrestation d’Henri Choisnel est particulièrement mouvementée. En effet, elle a lieu lors d’une réunion exceptionnelle du Conseil Municipal, auquel appartient Choisnel, réunion organisée en présence du commandant de la garnison allemande de la ville pour débattre des problèmes logistiques liés à la présence de cette garnison. Tout d’abord, croyant à une attaque de “terroristes”, le commandant sort son Lüger et blesse légèrement l’un des hommes de Doriot avant que ces derniers réussissent à lui faire comprendre les raisons de leur présence. Mais ils ne sont pas au bout de leurs peines.


3 septembre
NEF contre PSF, suite…
Reims
– Malgré la nuit, la nouvelle de l’arrestation de Choisnel a fait rapidement le tour de la ville. Devant les protestations du Conseil Municipal, les “Reconstructeurs Nationaux” ont renoncé à leur projet de transférer immédiatement leur prisonnier à Paris. Ils décident de passer la nuit à la gendarmerie. Mais c’est là qu’au petit matin, une centaine de personnes manifestent spontanément pour demander la libération de Choisnel. Le transfert de ce dernier est impossible, le commandant de la garnison allemande (vexé peut-être de n’avoir pas été informé plus tôt la veille) ne répondant pas aux appels à l’aide des SSLAAN. Quelques manifestants réussissent même à entrer dans la gendarmerie, sous le regard passif des quelques gendarmes présents.
A midi, les membres des SSLAAN vont chercher Choisnel en cellule et constatent que celle-ci est vide ! Les gendarmes répondront aux récriminations de leurs hôtes de la nuit qu’ils se plaignent depuis longtemps de la vétusté de leurs cellules… Furieux et penauds, les hommes de Doriot tentent d’organiser une battue avec les gendarmes et quelques “bons Français”, mais sans le moindre effet.
………
Paris – On apprend dans la soirée la mort « naturelle » du général Audibert, éminent membre du PSF arrêté la veille. Quelques incidents reprennent, surtout en région parisienne, aggravant encore un peu plus le bilan général. Les journaux de la Collaboration parleront pourtant des événements sur le mode triomphaliste, Je suis partout comparant la nuit au 13 mars 1392 et à l’arrestation des Templiers ordonnée par Philippe le Bel dans toute la France !


4 septembre
Filliol éliminé
Versailles (puis Paris et toute la France occupée), 10h00
– Laval, Darnand et Doriot reçoivent dans la Galerie des Glaces une cinquantaine de membres du SONEF et des SSLAAN triés sur le volet, afin de les honorer pour « services rendus à la Nouvelle France » ces trois derniers jours. Alors que Doriot achève son discours faisant l’apologie de ses Sections Spéciales, Jean Filliol, numéro 2 du SONEF, quitte la Galerie pour vérifier que les unités des deux milices alignées dans la cour du château sont bien en place. A ce moment, l’un des side-cars des miliciens garés sur le côté démarre en trombe et le passager lance trois grenades, puis couvre la fuite de l’engin en tirant au fusil-mitrailleur. L’attentat fait 13 morts (Cool et 21 blessés, Jean Filliol est tué – il semble que, le voyant sortir, les “terroristes” aient cru que Laval, Darnand et Doriot arrivaient.
On ne retrouvera jamais les deux auteurs de “l’attentat de Versailles”, qui ont fui en laissant derrière eux, outre les grenades et les balles, des tracts affichant « Social d’abord ! » (le slogan des Croix-de-Feu quelques années plus tôt). On estime qu’environ 5 000 personnes se targueront après la guerre d’être l’un des deux responsables… Les circonstances de l’attentat restent encore des plus troubles, certains historiens penchant pour un complot mûrement préparé, d’autre pour un acte individuel, d’autres pour une opération montée en réalité par Déat !
11h00 – Radio Nouvelle-France (Radio-Paris) annonce maladroitement « un attentat [ayant] visé le chef du gouvernement et les patriotes réunis à Versailles » – on peut croire que l’attentat a touché Laval et/ou Darnand et Doriot. La nouvelle se répand aux quatre coins du pays, des miliciens se livrent à des violences sur tout ce qui, à leurs yeux, ressemble à un Juif ou à un communiste, mais ils sont parfois eux-mêmes pris à partie ; les troupes d’occupation sont mises en alerte.
12h40 – Radio Paris annonce « l’heureuse issue des événements tragiques qui viennent de se produire à Versailles » : Laval fera un discours à 14 heures. Les violences continuent mais connaissent un net fléchissement.
Le chef du Nouvel Etat Français sait qu’il doit réagir rapidement. Il comprend qu’il a sous-estimé le soutien dont le PSF, même interdit, bénéficie encore dans la population, de la part des nombreux Français qui n’ont pas approuvé l’exil en Afrique mais refusent aussi la Collaboration. La solution trouvée par le “Person of the year 1931” (Time) est simple : convaincre plusieurs personnalités du PSF d’entrer dans son gouvernement pour atténuer autant que possible le mécontentement de la base.
14h00 – Sur Radio-Paris, Pierre Laval, incapable de désavouer Doriot, justifie les événements des jours précédents par la nécessité de « débarrasser le sol de la Vraie France des ennemis de l’intérieur, complices des Anglo-Saxons, des communistes et des traîtres réfugiés en Afrique. » Il annonce la prochaine rénovation du PSF sous la houlette de Paul Creyssel. Ce dernier est nommé par la même occasion secrétaire d’Etat à la Propagande, au dépens des attributions de Paul Marion, qui se trouvent réduites à l’Information – mais personne n’est capable, au sein du NEF, de faire la différence…
Creyssel est remplacé au Secrétariat général aux Finances publiques et aux Questions économiques par Hubert Lagardelle, ancien conseiller à l’ambassade de France à Rome et proche de Mussolini.
Enfin, Laval rend un hommage appuyé à Jean Filliol et indique que Paul Touvier le remplacera comme adjoint de Darnand.
15h00 – A Biarritz, Jacques Ybarnegaray publie un communiqué où il « déplore les graves événements de ces derniers jours » mais par lequel il « assure tous les Français de son entier et indéfectible attachement à la cause nationale. » Pour conclure, il se dit « victime d’une mauvaise grippe qui l’oblige à garder la chambre pour quelques jours encore. »
Pendant ce temps, un autre Basque, Jean Borotra, est discrètement placé en résidence surveillée.
19h00 – Le nouveau Secrétaire d’état à la Propagande, Paul Creyssel, annonce la libération d’une vingtaine de membres du PSF que l’on décharge des accusations de “traîtres à la Patrie”, « regrette » les nombreuses bavures qui ont émaillé la nuit du 2 au 3 septembre et affirme que la mort du général Audibert – « grand patriote s’il en fut » – est due à une crise cardiaque. Deux membres du PSF sont libérés et aussitôt nommés à des postes symboliques : Claude Delvincourt devient directeur du Conservatoire de Paris et… Pierre Lépine directeur de l’Institut Pasteur de Paris ! Jamais les hommes de Laval ne découvriront que Lépine, membre fondateur du Réseau Klan, est toujours fidèle à La Rocque ; il se servira de son poste pour collecter une masse étonnante d’informations et les transmettre à Alger.

Magouilles en Yougoslavie
Herzégovine (Yougoslavie)
– Dobroslav Jevdjevic, commandant des Tchetniks dans la région de Nevesinje, conclut un accord avec le général italien Roatta. En échange d’armes et de nourriture (la récolte a été très mauvaise), il s’engage à couvrir l’Herzégovine orientale contre les Partisans.


5 septembre
Appel à la vengeance
Alger
– Vallin, Polignac et Vannay (tous membres du PSF) publient un communiqué vengeur dénonçant les violences de ces derniers jours et assurant que « tôt ou tard, la justice rendra son verdict. Les assassins du 2 septembre paieront ! Pour certains, c’est déjà fait, on l’a bien vu ! »


6 septembre
La Résistance unifiée
Quelque part en banlieue parisienne, vers 16h00
– Réuni pour la première fois en séance “plénière” sous la présidence de Jean Moulin, le Comité National de la Résistance décide que les FFI, son bras armé, seront directement rattachées au ministère de la Guerre. Le général de Gaulle en fera très vite une sorte de subdivision de l’Armée de Terre, vouée à la disparition dès la Libération, provoquant ainsi la suspicion des chefs communistes. Cependant, cette décision du CNR confirme l’unification des mouvements de la Résistance française.
………
Avant même que l’occupation complète du territoire métropolitain soit accomplie, des mouvements de Résistance ont commencé à naître. La création du gouvernement Laval a encouragé leur foisonnement plutôt qu’elle ne l’a ralenti.
Un moment, chaque organisation politique a semblé vouloir le sien, conduisant à des excès de zèle et à des imprudences que beaucoup d’enthousiastes payeront de leur vie dans les camps allemands. Les mieux structurés de ces mouvements sont éclos dans les administrations, légitimistes par nature, et qui ont toutes accueilli avec la plus grande froideur les ministres de Laval qui prétendaient les diriger. Il n’est pas exagéré de dire que chaque ministère – à commencer bien sûr par celui de l’Intérieur ! – est devenu un nid de Résistants. Sans doute cette Résistance n’est-elle pas toujours très “active”, mais qui dira ce que peut faire un fonctionnaire en se contentant de placer un dossier sous une pile… puis de l’y replacer lorsqu’il est enfin remonté au sommet.
De Gaulle a dès le début souhaité l’unification de ces mouvements de Résistance, mais certains membres du gouvernement ont longtemps affirmé ne pas en voir la nécessité, peut-être parce qu’ils craignaient déjà qu’une telle unification ne soit par la suite, pour celui qu’on appelle maintenant “le Général” tout court, un outil politique très puissant – en quoi ils auront en grande partie raison. Mais l’opération Barbarossa a fait voler en éclats ces oppositions, en précipitant d’un coup les puissantes organisations communistes clandestines dans le camp de la Résistance active. Beaucoup de communistes qui, par patriotisme, avaient déjà pris les armes malgré de pénibles tensions entre eux et le Parti, risquent fort de retourner au bercail idéologique (ce sera parfois le cas, mais pas toujours). Du coup, le PC, fort de ses structures (OS et GSD (9)) et de son habitude de la clandestinité (puisqu’il est interdit depuis la signature du Pacte germano-soviétique), pourrait apparaître du jour au lendemain comme le constituant principal de la Résistance ! Même pour les ministres qui trouvent excessif le poids pris par De Gaulle dans le gouvernement, il n’est pas question de laisser « les Rouges » faire cavalier seul !
C’est donc avec l’accord de l’ensemble du gouvernement que dès juillet 1942, l’envoyé spécial de De Gaulle, l’ancien préfet Jean Moulin, a jeté les bases du Conseil National de la Résistance, dont il est devenu le premier président.
………
La situation des Forces Françaises de l’Intérieur après deux ans d’occupation, au moment d’une unification tournée vers l’offensive, n’est cependant pas facile à préciser. L’ouvrage collectif “••• – , La Résistance française au combat” (s. d. Jean Lerouge, Paris, 1955) révèle bien ces incertitudes (les extraits qui suivent sont tirés d’un chapitre particulièrement consacré à la Région Parisienne).
« Sur quels effectifs les FFI allaient-elles pouvoir compter après l’unification par le CNR des mouvements de résistance ? La question était de première importance pour le moment où s’engageraient des combats décisifs.
Le 1er Bureau de l’état-major de la région P1, dite “Condé”, vaste ensemble qui s’étendait sur une douzaine de départements du centre et du sud du Bassin Parisien, rassembla à plusieurs reprises des informations sur l’état des forces des différents mouvements de résistance. Le tableau du 15 avril (cf. annexe 91) faisait ainsi suite à un tableau du 9 mars, qui lui-même rectifiait un état des effectifs en date du 1er février, déclaré erroné. Précisons bien la nature de ces documents : il s’agissait de synthèses de renseignements fournis à l’état-major par les différents mouvements de résistances, sous leur responsabilité et selon leur bonne volonté (on constate par exemple que le mouvement CDLL ne fournissait presque jamais de chiffres). L’état-major n’avait aucun moyen de vérifier l’exactitude des données reçues. Il se contentait de faire la synthèse et l’addition des renseignements collectés : d’où des chiffres à l’unité près, alors qu’il s’agissait en fait d’approximations.
Par exemple, si l’on en croit le tableau du 15 avril, les FFI comptaient dans le département de la Seine 40 000 hommes dont 10 000 entraînés et armés, 13 000 entraînés mais non armés et 17 000 “en réserve”. En Seine-et-Oise, on annonçait environ 10 000 hommes, dans l’Oise environ 6 200 et en Seine-et-Marne 13 000 à 14 000 hommes.
Mais chaque mouvement avait sa façon d’évaluer ses effectifs, leur qualité, leur armement. De plus, les préoccupations du moment influaient sur la comptabilité des hommes. Chacun avait tendance à sous-estimer ses effectifs armés par rapport à ses effectifs totaux, car c’était un moyen de faire pression auprès des instances coordinatrices pour obtenir des armes, en insistant sur le dénuement présent. Il est ainsi probable que les effectifs armés étaient supérieurs à ceux affichés (cf. annexe 156) dans les rapports de 1941. (…)
En 1942, l’arsenal de la Résistance en Région Parisienne était, comme ailleurs, issu pour l’essentiel des armes dissimulées par des unités isolées de l’armée régulière en 1940 et des prises effectuées sur l’ennemi. Devant cet état de fait et pour standardiser un minimum l’équipement des FFI, le gouvernement d’Alger décida de leur envoyer, via l’Armée de l’Air et la RAF, des armes provenant des anciens arsenaux de l’Armée et démodées par l’arrivée du matériel américain, mais aussi des armes prises sur l’ennemi. Les maquis des régions occupées par l’Armée italienne reçurent ainsi des armes italiennes capturées pendant les campagnes de Libye, de Sardaigne et du Péloponnèse – mais les Résistants français durent disputer ces dernières à de rudes concurrents : les armées chinoises ! Ces armes étaient bien souvent accompagnées d’instructeurs, professeurs ès-sabotage ou ès-guérilla. Ces instructeurs étaient français mais aussi britanniques. On estime ainsi que, de janvier à août 1942, des agents de Sa Majesté effectuèrent près de 1 200 missions de ce genre sur le sol français, tandis qu’Alger organisa plus de 3 000 missions similaires. (…)
Que faut-il entendre par effectifs “entraînés non armés” ? Il s’agissait là d’une rubrique définie par l’officier rédacteur de la synthèse, qui recensait les hommes qui, sans faire partie de groupes armés, étaient supposés avoir participé à des actions de divers ordres, notamment des sabotages, plus ou moins simples (arrachage de panneaux de signalisation) ou complexes (sabotages d’usines ou de voies ferrées). Pour la même raison qui les poussait à minimiser leur effectifs armés – obtenir des armes – les mouvements avaient intérêt à surévaluer ces effectifs afin de montrer que leur efficacité pourrait être multipliée s’ils avaient les moyens nécessaires. Il faut avoir présente à l’esprit cette véritable obsession des armes pour interpréter ces chiffres. (…)
Enfin, la “réserve” annoncée constituait une indication de la capacité de mobilisation des mouvements. (…) »

………
Quoi qu’il en soit, les FFI représentent, dès le milieu de 1942, une réelle capacité de nuisance pour les troupes d’occupation.
« Comme en témoigne par exemple un rapport d’août 1942 pour la Région parisienne, la Résistance française était capable de perturber de manière efficace les voies de communication, donc les déplacements de l’ennemi. Sur l’ensemble du mois de juillet, une trentaine d’attaques de la part d’éléments armés, non compris ceux des maquis, s’ajoutant à plus de deux cents sabotages du réseau ferré (sabotage de locomotive, sabotage d’aiguillage provoquant des déraillements…) avait réduit de 25 % le fonctionnement de l’ensemble des moyens de transport de la région parisienne. Mais c’est dès février 1941 que les FFI avaient reçu la consigne de s’attaquer au parc automobile de l’ennemi pour limiter sa mobilité et ses capacités de redéploiement. Lors des phases les plus dures de la campagne de Grèce, par exemple, les FFI avaient multiplié les actions de toutes sortes, détruisant en moyenne huit camions par jour et faisant dérailler, en un mois, 68 trains de vivres, de munitions et de matériel à destination de la Grèce.
Les télécommunications n’étaient pas oubliées. Selon le même rapport parisien d’août 1942, pas moins de quatre cents sabotages (coupures de câbles, destruction d’antennes radio…) avaient frappé les transmissions de la Wehrmacht en juillet. (…)
Les FFI se montrent même capables d’attaquer des détachements ennemis lors de combats frontaux tels ceux des 7 et 8 juillet 1942, qui voient une centaine de FFI de la Seine et des éléments d’un maquis de Seine-et-Marne s’attaquer à un convoi appartenant à la 78e Division d’Infanterie allemande, lui causant de lourdes pertes et parvenant à détruire une trentaine de camions. (…)
Les actions de la Résistance pouvaient prendre bien d’autres formes : exécutions sommaires de collaborateurs (les assassinats d’officiers allemands étaient évités par certains mouvements afin de préserver la population des représailles aveugles qui s’ensuivaient, mais souvent pratiqués par les mouvements communistes), destruction de dossiers administratifs, vols de vivres, de munitions et même de blindés légers (lors d’une opération à 3 km de la gare de Crépy-en-Valois). Toutes ces actions forcent les Allemands à doubler la garde des convois et surtout à immobiliser de nombreux contingents dans des opérations de contre-guérilla ou simplement dans la protection des dépôts. (…) »

Les documents d’époque illustrant ces propos (voir appendice 1) révèlent, dans leur sèche énumération au jour le jour des actions de la Résistance, combien les FFI pouvaient perturber les activités des troupes d’occupation.


10 septembre
Albanais rebelles (pléonasme ?)
Albanie
– Alertés par radio ou par des lâchers de tracts, des groupes armés albanais, royalistes au nord, républicains du Balli Kombëtar (Front National) au sud, s’emparent de plusieurs petits postes et entrepôts italiens et les vident de leur matériel. La gendarmerie et la milice du Parti fasciste albanais, noyautées par les insurgés, restent passives quand elles ne prêtent pas main-forte. L’armée italienne et la Guardia alla Frontiera n’arriveront à récupérer qu’une petite partie du matériel.


14 septembre
Férocité balkanique
Herzégovine
– Une offensive des Partisans yougoslaves, commandés par Koča Popović et Arso Jovanović, ancien capitaine de l’armée royale, reprend aux Italiens la ville de Prozor. Le capitaine français Laurent Ravix apprécie en connaisseur le judicieux usage que font les Partisans de leurs quelques pièces d’artillerie (deux mortiers Brixia de 45 mm, un mortier Stokes-Brandt de 81 et un canon léger Böhler de 47). Les Yougoslaves, eux, complimentent le Français pour ses bonnes jambes de montagnard : il est vrai qu’il est fils de paysans du Vercors.
L’épilogue plaît moins à Ravix – après la prise de la ville, les officiers du régiment italien (de la 154e Division d’Infanterie Territoriale Murge) sont tous passés par les armes, en réponse aux exécutions massives effectuées par les Italiens les mois précédents, lors d’autres insurrections. Les titistes tiennent à montrer à leurs compatriotes et à leurs alliés que, contrairement aux Tchetniks, ils sont intraitables avec l’ennemi. Néanmoins, afin de calmer les scrupules de l’envoyé français, ils ont renoncé à massacrer la totalité de leurs prisonniers pour n’exécuter que les officiers.

Résistance grecque
Limnos
– Deux hommes arpentent la plage encore criblée de cratères d’obus. Le plus jeune observe, en grec, mais avec une pointe d’accent français : « Vous ne trouvez pas que nous ressemblons au chevalier de la Manche et à son biographe, mon colonel ? »
– Merci pour la comparaison !
répond son compagnon en souriant. Mais vous avez raison, puisque voici qu’arrive un géant.
En effet, le colonel Stefanos Sarafis, âgé, maigre et sec, évoque un Don Quichotte grec, et le commandant Henri Van Effenterre, Français, archéologue et chef scout dans le civil, est manchot comme Cervantès : il a perdu un bras et gagné une croix de guerre dans les combats de 1940. Et la silhouette massive qui vient à leur rencontre est celle du colonel Christodoulos Tsigantes, ou Gigantes – ce qui veut effectivement dire « géant ».
– Les casse-pieds de l’état-major ont enfin donné le feu vert. Les Saints Isidore seront prêts à lever l’ancre cette nuit. A vous de jouer !
L’officier français a soudain la gorge sèche. Ça y est, enfin !
– Mon colonel, je ne sais comment vous remercier…
– Inspectez vos gars et vérifiez qu’il ne leur manque rien. Je vous ai donné deux ou trois des miens, veillez à ce qu’ils ne fainéantent pas. Nous avons contacté par radio le groupe de Volos. D’après les renseignements envoyés par mon frère, ce sont des gens tout à fait fiables. Ils devraient vous convoyer vers l’intérieur dans de bonnes conditions.

Tsigantes regarde la tête vers la mer et reprend, d’une voix plus basse : « J’aurais voulu partir avec vous, mais on me trouve plus utile ici. Croyez-moi, j’aurais bien sacrifié un bras, moi aussi, pour aller me venger des salopards de l’OVRA (10) qui ont eu Jean. Mais l’Italie est en train de se dégonfler comme une baudruche, et l’ennemi qui compte, c’est le Fritz. Bien, à cette nuit."
Le chef du Bataillon Sacré part sans se retourner. Van Effenterre se sent gêné d’avoir vu ce rude guerrier au bord des larmes.

Le “nouveau” PSF est arrivé
Paris
– Le Nouveau Parti Social Français est porté sur les fonts baptismaux par le Secrétaire d’état à la Propagande Paul Creyssel, secondé par Marcel Deschaseaux, naguère député PSF des Vosges. Jacques Ybarnegaray, pressenti, a fini par décliner l’invitation à rejoindre ce nouveau parti. Celui-ci ne comptera jamais plus de 4 000 membres, malgré l’exploitation systématique des fichiers de l’ancien PSF. Bien que la majorité de la population voie d’un mauvais œil ce nouvel instrument de la machine lavaliste, les historiens estiment qu’il s’agit d’un des facteurs expliquant que la situation politique en France occupée ait fini, bon gré mal gré, par se stabiliser.
Par ailleurs, les effectifs de la Résistance vont être gonflés par un “effet La Rocque” : on estime qu’entre 2 000 et 8 000 partisans du Colonel rejoindront la Résistance dans le courant du seul mois de septembre 1942.

Notes
1 Surnom donné aux Croix-de-Feu par les monarchistes de l’Action Française depuis que, le 6 février 1934, le colonel de la Rocque a refusé de lancer ses partisans sur l’Assemblée Nationale.
2 Legendre, prisonnier de guerre, avait été libéré à la demande de Laval, qui espérait l’utiliser contre La Rocque !
3 À la fois force opérationnelle et unité d’instruction, le Panzer Lehr Regiment a la taille d’une brigade.
4 Jamais les effectifs de la FST n’atteindront ce volume, faute d’engagements en nombre suffisant pour former les trente régiments interarmes de 2 000 hommes chacun et les éléments d’appui et de soutien permettant de constituer dix divisions complètes.
5 Accusation fondée, qui lui vaudra près de deux ans de prison… et une grande clémence (une condamnation avec sursis !) à la Libération.
6 Dès le 4 septembre, Marion perdra la Propagande (mais non l’Information !) au profit de Paul Creyssel, nouveau patron du PSF.
7 Nommé le 4 à la Propagande, Creyssel sera remplacé par Hubert Lagardelle aux Finances publiques.
8 Dont les deux miliciens, véritable équipage du side-car, dont les corps seront retrouvés par la suite.
9 L’Organisation Spéciale (OS) était une structure du Parti communiste français créée dès 1940 et chargée d’assurer la protection des cadres importants du Parti, à commencer par Jacques Duclos.
Le Groupe de Sabotage et de Destruction (GSD) était une autre structure du PCF créée en 1940 pour mener des actions de sabotage des infrastructures du pays, mais sans attaque directe contre l’Occupant. Son rôle fut aussi d’infiltrer les syndicats et autres organisations de masse créées par les ministères lavalistes.
10 OVRA : Office de répression de l’antifascisme – l’équivalent mussolinien de la Gestapo.
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MessagePosté le: Jeu Mar 21, 2013 18:38    Sujet du message: Répondre en citant

15 septembre
Cadeaux grecs
Thessalie (Grèce)
– Dans la soirée, un caïque lourdement chargé entre dans le port de Volos. Les transports terrestres en Grèce fonctionnent si mal que personne ne s’étonne qu’un banal caboteur, chargé de couffins, fasse la navette entre Le Pirée et Volos avec du fret et quelques passagers. Il entre dans la baie à la voile et n’allume son moteur que pour la manœuvre d’accostage. Heureusement d’ailleurs, car l’engin tousse et bringuebale à faire pitié, au point qu’on s’attend à le voir tomber en panne avant le quai. Il s’appelle Les Saints Isidore, car chacun sait qu’il y en a deux [Et même bien davantage. Isidore de Séville, Isidore le Laboureur… Mais les deux plus connus en Grèce sont Isidore de Chios, patron des marins, et Isidore de Péluse, patron des vignerons.], et le nom est bien connu dans ces eaux. Ce qui est moins connu, c’est que deux caïques circulent sous ce nom en mer Egée, en échangeant leurs cargaisons et leurs papiers si besoin est. Celui qui vient d’entrer à Volos a un moteur excellent, capable de donner ses neuf nœuds, mais un judicieux réglage et quelques ferrailles suspendues au bon endroit le font paraître à l’agonie.
Sur les quais de Volos veillent les militaires italiens de la 29e Division Piemonte. Encore que le mot « veillent » soit excessif : comme le nom de leur unité ne l’indique pas, ils sont pour la plupart Siciliens et connus pour leur manque de zèle. Au demeurant, même la Guardia di Finanzia a renoncé à mettre de l’ordre dans les trafics du port, et on dit que l’officier de service, à force de fermer les yeux, a accumulé une petite fortune dans des monnaies plus solides que la “drachme méditerranéenne” d’occupation. Aussi le contrôle de la cargaison et des passagers est-il de pure forme. Les Grecs ne cachent pas leur mépris pour les Italiens, qu’ils considèrent comme des occupants de second ordre. Et les Italiens, en retour, savent qu’ils n’obtiendraient que des ennuis en manquant de respect à un mutilé grec, sans doute un vétéran de la guerre récente où les Hellènes ont mis en déroute les soldats du Duce. Après un rapide coup d’œil, le maresciallo laisse passer le jeune manchot et son compagnon plus âgé, tous deux en brassard de deuil, respectivement cousin et parrain de feu Jean Tornakis, décédé et en instance d’enterrement à Trikala.
Les parents du défunt passent la nuit dans une maison d’un quartier ouvrier. Deux jeunes gens, en qui un œil attentif reconnaîtrait des matelots des Saints Isidore, montent la garde dans l’entrée. Vers 23h00, ils laissent passer un homme bien mis, discret et courtois, muni d’une trousse de médecin qui lui permet de circuler après le couvre-feu. Le temps de boire un café, de fumer une cigarette et d’échanger les dernières nouvelles, les endeuillés et le médecin s’entendent sur le sort de la cargaison des Saints Isidore – des primeurs, paraît-il. « Alors, c’est entendu, moitié pour vous, moitié pour nous. Votre camion sera prêt demain. » Le manchot et son compagnon n’apprendront que bien plus tard le nom de leur visiteur : Kostas Karagiorgis, bel et bien médecin mais surtout chef de maquis de l’ELAS, la résistance communiste.


20 septembre
Les mains sales de la Collaboration
Saint-Jean de Luz
– Le sergent Lahcen et le capitaine André Cavailhé, qui ont appris à se connaître au cours de l’été, entrent discrètement en territoire espagnol. Ils y sont accueillis, poliment quoique sans chaleur excessive, par des hommes des services les plus secrets de l’armée du Caudillo. Ceux-ci vont les conduire, après les avoir dotés de vrais-faux papiers espagnols, jusqu’au petit port de Melilla, au Maroc espagnol, non loin de la frontière avec le protectorat français. Ils ont avec eux un poste émetteur d’une fort bonne marque – allemande évidemment.


24 septembre
Imprudence et coup de filet
Pézenas
– La Gestapo de Marseille et le KdS de Montpellier, assistés par des éléments du SONEF du Languedoc, interviennent en force, peu après 23 heures, au lieu-dit la Coulombière, à sept kilomètres plein est de Pézenas. Après un rapide échange de coups de feu, ils arrêtent dix personnes : trois membres du groupe Choucas de la DGPI (dont son nouveau patron, le chef d’escadrons de Montagny, ancien capitaine au 1er RSM, observateur breveté, évadé de l’Oflag VI-D de Münster en Westphalie en novembre 1941), quatre résistants du maquis du Minervois, un syndicaliste d’obédience SFIO, Christian Pineau, un officier de chars, le capitaine Maurice Suire, échappé le 1er septembre de l’Oflag X-B, et un jeune journaliste d’Havas-OFI, André Winter, qui appartient au NAP. Presque tous sont blessés, souvent grièvement.
Dans la matinée, des employés de la mairie de Pézenas relèvent sur le terrain, auprès de l’épave carbonisée d’un Lysander, les corps de sept résistants et d’un aviateur français qui seront (provisoirement) inhumés à Pézenas. Les Allemands et le SONEF ont eu des pertes, mais ils ont emporté leurs morts, dont on ignore encore aujourd’hui le nombre. On saura bientôt que le pilote était le lieutenant-colonel Costes, premier vainqueur de l’Atlantique dans le sens est-ouest avec Maurice Bellonte en 1930. Avant de succomber, il est parvenu à mettre le feu à son Lysander en tirant dans le moteur avec son pistolet lance-fusée mod. 18 (non pour l’intérêt que pouvait avoir le petit avion, mais pour les cartes, les papiers et les codes radio qu’il contenait). Dieudonné Costes, refusant après le Sursaut de végéter dans un état-major ou une école, avait repris le manche à la 642e ECGRE en oubliant ses galons. Près de lui reposent le capitaine André Bonnand (sous-lieutenant au corps franc du RICM en 39-40), trois autres membres du groupe Choucas et trois maquisards.
Le Lysander de Costes, mettant à profit la pleine lune, avait amené en Métropole le capitaine Bonnand, chargé de participer au noyautage de l’armée du NEF sous les ordres du lieutenant-colonel Pierre Dejussieu-Pontcarral. Le groupe Choucas espérait le voir embarquer au retour, à titre exceptionnel, trois passagers : Pineau, Suire et Winter, attendus impatiemment à Alger. Pineau, militant proche de Léon Jouhaux, est réclamé à la direction provisoire de la CGT, l’état-major général voudrait atteler Suire à la mise au point des plans de reconquête de la Métropole, et Pierre Brossolette estime qu’Havas Libre doit s’attaquer de manière plus précise à la désinformation propagée par l’OFI et que Winter pourrait l’y aider.
« Costes, fort mécontent, nous donnait une leçon de grand raid aérien, racontera Suire après la guerre. Il expliquait que deux passagers, c’était déjà beaucoup et que les trois touques d’essence d’aviation volées par des complices du groupe Choucas sur l’aérodrome de Nîmes-Garons (où stationnait une escadrille de la Luftwaffe) n’y feraient rien. Les Choucas avaient pourtant prévu une pompe Japy électrique montée sur une camionnette Matford alimentée au gaz de ville, mais Costes était inflexible : avant de voler, il fallait décoller, et la petite bande d’herbe à sa disposition, tout à fait adaptée pour décoller avec un passager, n’était certes pas la piste du Bourget ! C’est alors que la Gestapo nous est tombée dessus. »
Les détails de l’échec de l’opération et son coût en vies humaines ne seront confirmés à Alger que dans les premiers jours d’octobre. Mais, dès l’aube du 25, toutes les opérations de l’express ont été suspendues puisque Costes et son avion ne sont pas rentrés et que le groupe Choucas n’a pas envoyé de message indiquant que tout s’était bien passé.


25 septembre
Un martyr de la Résistance
Montpellier
– Le chef d’escadrons de Montagny, qu’un médecin de la SS tentait de retaper au mieux, et plutôt mal que bien, afin qu’il puisse être interrogé, décède de ses blessures en fin de la matinée. Il n’était pas sorti du coma malgré la multiplication des piqûres d’adrénaline et d’huile camphrée.


27 septembre
Un attentat contre Laval
Près de Constantine, au mess des sous-officiers d’un régiment d’infanterie
– L’écoute de Radio-Paris n’est pas recommandée, bien sûr, mais elle n’est pas strictement interdite. Elle permet de conserver un certain contact avec le pays et les nombreuses évocations des autorités mises en place par l’Occupant donnent aux auditeurs l’occasion de se défouler.
Ce jour-là, les huées sont particulièrement violentes. Il est vrai que l’événement est particulièrement déplaisant : « A Versailles, nasille le speaker collabo, le Président Pierre Laval et Monsieur Marcel Déat, ministre de l’Economie et du Travail, ont passé aujourd’hui en revue une unité de la Légion des Volontaires Français contre le Bolchevisme. Ces courageux représentants de la Vraie France, celle qui ne se trompe pas de combat, s’apprêtent à partir se battre contre l’Union Soviétique pour défendre l’Europe contre le Péril Communiste aux côtés de leurs camarades allemands. »
– Et sous l’uniforme allemand, les salauds ! J’espère que les Rouges vont tous les flinguer, ça nous épargnera d’avoir à les fusiller après la guerre ! crie un adjudant.
« Dans un discours émouvant, continue Radio-Paris, le Président Laval a honoré la mémoire des braves tombés le 4 septembre dernier dans l’odieux et lâche attentat qui… »
La voix nasillarde est couverte par quatre détonations. C’est un sergent, un grand jeune homme roux, qui vient de tirer au pistolet sur le lourd poste de TSF, en hurlant : « Sale traître ! »
Ses camarades s’empressent de le calmer. L’homme est furieux : « J’aurais voulu être là-bas ! J’en aurais débarrassé la France ! » Un autre est plus calme : « Pas en tirant comme ça, toujours… » En effet, la grosse TSF n’est que “blessée” : son épaisse carrosserie est endommagée, mais elle marche encore. Chacun s’esclaffe. Ce soir, le sergent Paul Collette paiera une tournée générale.


29 septembre
Divergences albanaises
Albanie
– Les Italiens cherchent à reprendre en main le pays. Exécutions et incendies de fermes punissent les actes de résistance. Le « Bataillon Bleu » de la 11e DI Brennero commence à y gagner sa sinistre réputation.
La tâche des occupants est facilitée par les déchirements de la résistance albanaise. Dans le sud du pays, le petit groupe communiste de Mehmet Shehu et Enver Hoxha voudrait engager le combat immédiatement contre les Allemands : « Un obus qui tombe sur nous, c’est un obus de moins sur la Russie ». Le commandant Moisiu et la direction du Balli Kombëtar (Front National) sont peu sensibles à cet argument. Les Italiens sont sur le point de s’écrouler, disent-ils, il suffit de patienter. Les communistes (moins de 200 personnes) partent alors vers le nord du pays pour se joindre aux… royalistes du colonel Kupi, qui semblent plus disposés à se battre.


30 septembre
La Rocque au secret !
Paris
– Laval, ulcéré par la férocité des attaques contre lui contenues dans le numéro du Petit Journal consacré à l’arrestation du colonel de la Rocque, décide de faire mettre le colonel au secret. Le Secrétaire Général de la Police, René Bousquet, vient de décider le transfert d’un choix de personnes arrêtées ou condamnées par le Nouvel Etat Français pour « menées subversives, communistes, anarchistes, terroristes » etc. à la maison centrale d’Eysses, réputée bien gardée dans un environnement rural tranquille (près de Villeneuve-sur-Lot, dans le Lot-et-Garonne). Cela tombe bien : La Rocque et “Morland”, ainsi que quelques-uns de leurs camarades du PSF, vont faire partie de la première sélection.
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MessagePosté le: Jeu Mar 21, 2013 18:40    Sujet du message: Répondre en citant

Appendice 1
Un mois de Résistance active en Région Parisienne


FFI - Région P1
Etat-Major – 3e Bureau
n° 132/3
Communiqué Régional pour le mois d’août 1942
1) Voies ferrées

Nuit du 24/25 juillet : Ligne de Beauvais à Gournay, coupée par déraillement de train de munitions. 50 m de rails arrachés, arrêt du trafic 48 h. Entre La Ferté-Gaucher et Meilleray, ligne coupée par déraillement d’un train allemand : 9 Allemands tués, arrêt du trafic 6 jours.
25 juillet : Sabotage en gare d’Argenteuil : locomotive lancée sur le dépôt de machines, 6 locomotives détruites.
29 juillet : Ligne Beauvais-Clermont, coupée par destruction de pont à la traversée de la rivière Thenain.
Nuit du 3/4 août : Ligne Compiègne-Roye, coupée en deux endroits. Ligne Longueil-Ste-Marie-Estrées-St-Denis, coupée à Moyvilliers. Ligne Longueil-Ste-Marie-Crépy-en-Valois, coupée à Duvy par déraillement : locomotive sur le ballast, arrêt du trafic 3 jours. Ligne Compiègne-Estrées-St-Denis, coupée à Remy. Ligne Senlis-Crépy-en-Valois, coupée au N. de Rully, arrêt du trafic 3 jours.
5 août : Ligne Beauvais-Gisors, coupée par déraillement train de matériel allemand au tunnel de la Houssaye, arrêt du trafic 3 jours.
6 août : Ligne Paris-Dieppe, coupée sous le tunnel de Chars, arrêt du trafic 2 jours.
7 août : Ligne Beauvais-Le Tréport, coupée par déraillement entre St-Omer-en-Chaussée et Achy : 2 machines et 3 wagons de DCA déraillés, arrêt du trafic 2 jours. Sabotage de l’appareil de levage des machines au dépôt de Compiègne : immobilisation 2 jours, fonctionnement ensuite seulement à bras.
10 août : En gare La Ferté-Gaucher, déraillement de deux trains de matériel : 3 locomotives détruites, nombreux wagons hors d’usage, arrêt du trafic 3 jours. Immobilisation et grand retard dans les transports en cours.
14 août : Ligne Creil-Clermont, coupée à Laigneville, arrêt du trafic 18 heures. Ligne Paris-Dieppe, coupée à Chars par déraillement, 4 wagons de matériel détruits, interruption du trafic 24 heures. Deux locomotives sabotées en gare de Thourotte.
15 août : Ligne Longueil-Ste-Marie-Estrées-St-Denis, coupée par déraillement de la locomotive et de 15 wagons d’un train de troupes.
18 août : Ligne Mareuil-s/Ourcq-Crépy-en-Valois, coupée entre Levignen et Betz, arrêt du trafic 30 heures. Ligne Compiègne-Roye, coupée par déraillement d’une locomotive à Coudun, arrêt du trafic 4 jours. Ligne Paris-Dieppe, coupée par déraillement : 2 wagons détruits, arrêt du trafic 24 heures. Sabotage des tuyaux de freins sur une centaine de wagons en gare de Crépy-en-Valois.
19 août : Coupure par explosif de la ligne Paris-Hirson entre Vaumoise et Boursonne, arrêt du trafic 40 heures. Sur la même ligne, déraillement d’une locomotive à Crépy-en-Valois.
21 août : Ligne Paris-Hirson, coupée par déraillement à 2km/N de Nanteuil-le-Baudoin, arrêt du trafic 10 heures.
25 août : Ligne Paris-Hirson, coupée par déraillement près de Villers-Cotterêts, arrêt du trafic 20 heures.
26 août : Ligne Paris-Dreux, coupée entre les Clayes et le Pont de St-Germain, arrêt du trafic 60 heures.
27 août : Ligne Paris-Mantes, coupée à Archères, arrêt du trafic 2 jours.
30 août : Ligne Compiègne-Soissons, coupée au lieu dit « Les Buissonnets » par déraillement d’un train transportant des torpilles : 2 wagons plates-formes détruits. Locomotive déraillée et hors d’usage, arrêt du trafic 24 heures.

2) Canaux
Canal latéral de l’Oise à Impigny.
Nuit du 3/4 août : Sabotage par explosif de l’écluse de Champagne-s/Seine : 15 jours d’immobilisation.
31 août : Sabotage par explosif de l’écluse de Champagne-s/Seine, déjà attaquée et à peine réparée.

3) Routes et matériel auto (ne sont pas comptabilisés les destructions de panneaux de signalisation)
20 juillet : Camion citerne allemand capoté par coupe-pneus et détruit entre Brétigny et Fleury (S. et O.).
3 août : Route minée entre Nangis et St-Germain-l’Avresy, 1 camion saute, 7 Allemands tués.
8 août : Attaque par coupe-pneus de la route N32 près de Béthancourt (Oise), 5 camions allemands et une voiture de tourisme immobilisés.
9 août : Attaque par coupe-pneus de la route N31 près de Nointel (Oise), 1 camion ennemi immobilisé et incendié, 2 Allemands tués.
13 août : Attaque par coupe-pneus de la route N1 près de Nointel (Oise), 2 camions avec remorque transportant des munitions immobilisés à Warlins.
14 août : Attaque par coupe-pneus des routes N31, D36 et D80, une voiture de tourisme, une camionnette et 8 camions immobilisés.
En divers points de Paris, attaques de camions à l’explosif et à la mitrailleuse : 11 camions sauté ou incendiés ; 2 Allemands tués, 4 Allemands blessés. Pas de pertes de notre côté.
15 août : Attaque par coupe-pneus des routes N34 et N35. 2 camions immobilisés, 4 Allemands tués, armes récupérées.
Attaque d’un garage à Vincennes, 20 camions ennemis incendiés. Repli sans incident.
17 août : Attaque par coupe-pneus des routes environnant Poissy (S.O.) Immobilisation et incendie de plusieurs camions.
18 août : Attaque par coupe-pneus de la route entre Choisy et Versailles. 15 camions immobilisés, arrêt du trafic par embouteillage pendant plusieurs heures.
Attaque par coupe-pneus de la route N40 (St Germain-Mantes), 47 camions immobilisés, arrêt du trafic par embouteillage pendant plusieurs heures.
Dans Paris, 6 camions citernes pleins d’essence sont neutralisés avec 100 kg de sucre.
19 août : camion allemand chargé d’alcool stoppé sur la route N30 à 1 km S.E. de Bresles (Oise) ; 1 Allemand tué, 1 blessé.

4) Lignes téléphoniques et transmissions
22 juillet : Coupure de lignes téléphoniques entre Vitry et Choisy (Seine).
24 juillet : Coupure du câble souterrain Paris-Lille.
28 juillet : Coupure du câble souterrain entre Melun et Fontainebleau. Coupure de lignes aériennes ennemies sur la route d’Orléans.
3 août : Coupure du câble souterrain Paris-Lille.
6 août : Dans la région de Poissy (S.O.), coupure de 122 lignes téléphoniques, dont la ligne principale (souterraine) St-Germain-Mantes-Normandie.
10 août : Central téléphonique gare de Creil détruit par explosif.
12 août : Coupure du câble souterrain Paris-Lille, entre Ribécourt et Cléry-Ourscamp (Oise), et entre Senlis et Verboire.
13 août : Coupure du câble souterrain Paris-Calais au nord de Nogent.
14 août : Coupure de lignes téléphoniques allemandes (24 fils) entre Beauvais et Roye (Oise), à 800 m au sud-ouest de Faverolles. Arrêt du trafic, 3 jours. Coupure du câble Paris-Lille au Pont-Royal (Oise). Arrêt du trafic, 8 jours. Coupure de lignes téléphoniques aériennes allemandes (24 fils et 3 poteaux) entre Cinqueux et Monceau (Oise).
16 août : Coupure des lignes téléphoniques ennemies entre Morangis et Chilly, et entre Paray et le camp d’Orly (Seine).
Du 12 au 18 août : 10 coupures de lignes téléphoniques dans la région de Chevreuse.
18 août : Ligne aérienne Compiègne-Amy coupée le long de la N35. Coupure du câble souterrain Paris-Calais au sud de Chantilly et au sud de Gauffry (Oise). Coupure du câble souterrain Paris-Lille, au sud d’Ag (Oise). Coupure ligne téléphonique reliant le PC allemand de Sandricourt à Nouy (S.O.).
20 août : Câble souterrain Paris-Soissons-Laon coupé le long de la N2.
21 août : Coupure du câble souterrain Paris-Lille près de Senlis.
22 août : Coupure du câble souterrain Paris-Lille près de Verberie (Oise).
24 août : Coupure du câble souterrain Paris-Calais, près de Nogent (Oise)
26 août : Coupure du câble souterrain Beauvais-Laon entre Compiègne et Clermont (Oise), arrêt du trafic 4 jours. Coupure de lignes aériennes allemandes en forêt de Compiègne (12 fils).
27 août : Coupure de ligne téléphonique Compiègne-Beauvais au bois de Favières (Oise).
28 août : Coupures de lignes téléphoniques ennemies : sur la route N181 Beauvais-Amiens. 2 coupures, près de Tillé (12 fils) et au château de Guignecourt (28 fils). Sur la route N38 Beauvais-St-Just-en-Chaussée (3 fils). Le long du chemin de fer entre Domelieu et Domfront (Oise), entre Godewilliers et Micot (Oise), entre Ferrières et Maignelay (Oise), entre Faverolles et Roye (Oise).

5) Coups de main et attaque de détachements ennemis
25 juillet : Destruction de 300 000 lampes en instance de départ pour l’Allemagne, à la Sté des Lampes, à Ivry.
26 juillet : Exécution d’un agent de la Gestapo, près de Clermont (Oise).
28 juillet : Près de Compiègne, engagement entre le maquis et l’ennemi : 5 Allemands et 2 FFI tués ; les gendarmes français, requis par les Allemands, ont refusé d’intervenir.
30 juillet : récupération de 105 litres d’essence à Neuilly (Seine).
5 août : 1 officier allemand abattu aux Tuileries, à Paris.
6 août : 1 soldat allemand tué près de St-Philippe-du-Roule, à Paris.
7 août : Deux agents de la Gestapo attaqués quai de Bercy, à Paris, l’un est tué, l’autre blessé grièvement. Pas de pertes chez les FFI.
8 août : En Seine-et-Marne, récupération de 2 2kg de dynamite, 35 détonateurs, 2 grenades, 12 fusées et 200 cartouches. 1 officier allemand tué près de la Madeleine et un sous-officier au Jardin des Plantes, à Paris.
9 août : Une opération d’épuration en Seine-et-Marne nettoie la région de 4 gangsters qui pillaient les paysans.
11 août : Deux officiers allemands tués, l’un à Versailles, l’autre rue d’Alésia à Paris. 4 agents de la Gestapo abattu à Clermont (Oise). Enlèvement à Paris de deux camions allemands : récupération de 5 tonnes d’équipement allemand. Le traître Barthélémy est abattu en Seine-et-Oise, ainsi que 3 agents de la Gestapo.
12 août : Un soldat allemand tué à Drancy (Seine).
13 août : La gare du quai d’Orsay est occupée pendant deux heures, le poste de garde neutralisé, deux camions de cinq tonnes de vivres récupérés.
14 août : Sabotage par explosion de la centrale électrique allemande d’un camp de Beaumont (Oise). Atterrissages de nuit interrompus pendant un mois. A Paris, rue de Tolbiac, un soldat allemand est abattu, 1 FFI blessé. Délivrance de vive force, dans un hôpital parisien, du responsable F.N. de la police. 4 Allemands tués, 7 blessés. 4 FFI blessés.
15 août : Un officier allemand tué, boulevard Haussmann, à Paris. Un soldat allemand tué à Athis-Mons (S.O.). Sabotage de 30 canons de 155 à Nogent, Le Perreux (Seine), par enlèvement de culasses.
17 août : Incendie de deux citernes d’essence à Paris.
18 août : Récupération de 5 kg de dynamite sur l’ennemi à Poissy (S.O.).
19 août : 3 soldats allemands tués, 1 à Levallois et 2 à Paris.
22 août : Un officier tué aux Buttes-Chaumont, à Paris.
23 août : Sabotage de l’usine de pneumatique Englebert à Claireux (Oise). Le stock de pneus est complètement détruit. Centrale électrique partiellement détruite. 80% du stock de gomme synthétique détruit. Stock de benzine détruit. Usine immobilisée jusqu’à la fin des hostilités.
24 août : Sabotage de l’usine Thomas et Essentier à Compiègne (chaudronnerie, mécanique générale). Usine immobilisée jusqu’à la fin des hostilités.
29 août : Exécution d’un milicien agent provocateur à St-Mammès (S.M.) et d’un agent de la Gestapo à Thomery (S.M.).
Six wagons citernes d’essence neutralisés en gare d’Aubervilliers (Seine) par 150 kg de sucre.
Dans le courant du mois, indépendamment des Allemands abattus comme exposé ci-dessus et dont les armes ont été récupérées, 13 soldats allemands et 23 agents ont rendu leurs armes sans résistance. Les armes récupérées s’élèvent au total à 6 mitraillettes, 57 pistolets et de nombreuses cartouches.

P.O. Le s/Chef d’État-Major – “Canon”

Destinataires : C.D.L., E.M.N, C.N.R., pour compte rendu .
Départements : Seine, Seine-et-Oise Nord, Seine-et-Oise Sud, Seine-et-Marne, Oise, pour information.
3e Bureau (archives).
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MessagePosté le: Jeu Mar 21, 2013 19:43    Sujet du message: Répondre en citant

Toutes les observations et corrections seront savamment discutées ! Wink

Patrikev, je ne sais plus si tu avais relu la partie sur les effectifs de la Heer en France occupée, peut-être faut-il les recadrer ?

Globalement, vous pouvez observer là un mélange de plumes très variées, je trouve le résultat plutôt sympa !
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Tyler



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MessagePosté le: Jeu Mar 21, 2013 20:00    Sujet du message: Répondre en citant

Si Bousquet est avec Scapini, Abetz et compagnie en visite à Berlin le 1er septembre, cela risque d'etre un peu juste pour qu'il soit à Paris le 2 septembre pour planifier la "destruction en bonne et due forme" du PSF avec Laval, Doriot et Darnand. On peut le remplacer pour la réunion à Paris par son "numéro 2" : Jean Leguay.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Leguay
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Mar 21, 2013 20:49    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Tyler, noté et intégré.
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loic
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MessagePosté le: Jeu Mar 21, 2013 22:28    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Les FFI se montrent même capables d’attaquer des détachements ennemis lors de combats frontaux tels ceux des 7 et 8 juillet 1942, qui voient une centaine de FFI de la Seine et des éléments d’un maquis de Seine-et-Marne s’attaquer à un convoi appartenant à la 78e Division d’Infanterie allemande, lui causant de lourdes pertes et parvenant à détruire une trentaine de camions. (…)

Patrikev, peux-tu vérifier, si ce n'est déjà fait, la présence de cette division ?
Par ailleurs, un combat d'une telle ampleur semble prématuré, Alger a fait passer des consignes de modération.

Citation:
Ce soir, le sergent Paul Collette paiera une tournée générale.

D'après Wikipedia :
Citation:
Le 20 mai, lors de la Bataille de Dunkerque, il tente l'embarquement en Angleterre mais son navire est bombardé puis coulé. Rapatrié en France, démobilisé, [...]

Donc : a-t-il été capturé et libéré par la suite ou bien est-il passé par l'Angleterre ?
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MessagePosté le: Jeu Mar 21, 2013 23:56    Sujet du message: Répondre en citant

1) Consignes de modération pas forcément suivies (et même pas suivies du tout) par les groupes d'obédience communiste !
D'autres avis ?

2) Collette : les seuls éléments disponibles sur le net manquent de détail sur la façon dont, OTL, il s'est fait démobiliser. Il semble en tout cas ne pas avoir été fait prisonnier ! Zut, je ne retrouve plus les sources sur sa bio utilisées lors de l'écriture de ce passage - en pratique, n'étant pas fait prisonnier, en FTL, il réussit à Déménager.
(Correction : je pense que c'était dans un article de L'Histoire, qui ne parlait évidemment pas de capture)
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MessagePosté le: Ven Mar 22, 2013 14:19    Sujet du message: Répondre en citant

lebobouba a écrit:
J'ai repéré un truc qui cloche sur le 1er septembre au paragraphe"la Garde recrute".

"la 1.SS-Panzer Division Hohenstaufen et la 17.SS-Panzergrenadier Division (toutes deux de création récente)".
La 1.SS c'est la "Leibstandarte Adolf Hitler" et la"Hohenstaufen" est la 9.SS.

Par contre la 17.SS "Götz von Berlichingen"ne peut pas avoir été crée en même temps, puisque chronologiquement c'est la 10.SS"Frundsberg"qui suit la "Hohenstaufen" (et qui ont été crées ensemble OTL).

OTL, Les SS-Division (mot.) deviennent SS-Panzergrenadier Division à compter de l'automne 42 puis évoluent en SS.Panzer-Division vers l'été-automne 43.
A moins qu'Adolf ait décidé d'une occasion pour donner un coup de pouce à ses "petits bons aryens"? Laughing


loic a écrit:
Aucune raison qu'en FTL la mécanisation des divisions motorisées soit accélérée, j'ai déjà soulevé ce point.


Casus Frankie a écrit:
Merci pour ces corrections de textes déjà bien anciens !
Sauf autres avis, les 2 divisions en question doivent donc être les 9. et 10. SS-divisions, avec leurs noms corrects, dans leur état "mot." (quelque temps avant de passer Pzr-gren.)

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patrikev



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MessagePosté le: Ven Mar 22, 2013 22:32    Sujet du message: Répondre en citant

Rappel: le général von Stülpnagel (tréma) que nous voyons prématurément démoralisé en février est encore Otto. Les commandements FTL de l'autorité militaire d'occupation (distincte de l'autorité militaire stratégique) sont:

Citation:
Militärbefehlshaber Frankreich :
– 1940 – 13 février 1942 : Gen. Otto von Stülpnagel
– 13 fév.1942 – 1er février 1943: Gen. Eberhard von Mackensen
– 1er février 1943 – … ? : Gen. Carl-Heinrich von Stülpnagel

Militärbefehlshaber Südfrankreich (à Lyon, subordonné à son collègue de Paris) :
– Février 1941 – Novembre 1942 : Gen. Lothar Rendulic
– Novembre 1942 – Printemps 1943 : Gen. Heinrich Niehoff
– Mars 1943 à la fin de l’occupation : Gen. Fritz Brodowski


L'effectif de la police d'occupation (PolizeiRegiment et SS-PolizeiRegiment, ce qui n'est pas tout à fait la même chose) devait en effet augmenter assez rapidement en 1942. Compte tenu du retard de Barbarossa, puis de la moindre superficie de territoire soviétique occupé, le recrutement de réservistes allemands dans les classes âgées ne devrait pas poser de problèmes insurmontables. Il faudra fixer une date pour l'inscription de la France comme "Bandenbekämpfungsgebiet" (territoire de lutte contre les bandes), c'est-à-dire de terreur SS sans restrictions ni états d'âme.

Les divisions SS, c'est à voir. FTL, si Hitler n'a pas profité du report de Barbarossa pour créer des divisions SS supplémentaires (à vérifier), la Waffen SS aura un gros problème d'effectifs à la fin de 1942, sachant que celles du front Est sont déjà très éprouvées et qu'il faudra en réserver pour l'Italie.

edit - Un bout de discussion ici:

http://www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=765&postdays=0&postorder=asc&start=15

FTL comme OTL, Hitler s'attend à écraser le gros des forces soviétiques dès la première année de campagne, et la transformation accélérée de divisions motorisées en blindées ne s'imposera vraiment qu'à la fin de l'année, quand il faudra se résoudre à une seconde année de guerre blindée à l'Est. Avec une mobilisation industrielle trop tardive et une industrie française beaucoup moins serviable qu'OTL, le matériel aura du mal à suivre.

La numérotation des divisions SS, en effet, ce sera à vérifier dès que je trouverai le temps.
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MessagePosté le: Sam Mar 23, 2013 09:52    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour. Il y a quelque points qui me chagrinent: en OTL les effectifs allemands en France dépassent les 50 divisions en 1944 (période où ils sont dans la panade sur le front soviétique). A cela deux raisons: tout d'abord la menace d'un débarquement, et le manque de confiance dans les autorités françaises à tous les niveaux, et surtout pour le maintient de l'ordre. La seule unité en qui ils ont totalement confiance est la milice de Darnand. Je ne vois pas de raison qu'il en soit différent en FTL, ils trouveront toujours ce qu'il leur faut en effectifs. Seront présentes en plus grand nombre peut-être les divisions SS pour semer la terreur. Certains axes de circulation sont indispensables: est-ouest dans la partie au nord du 45° paralléle en gros, nord-sud dans la vallée du Rhone, et est-ouest dans la vallée de la Garonne pour le sud-ouest. Dans ces domaines, tout est bon pour entrenir la liberté de circulation. En outre, l'action des maquis renforce la violence de la réaction. La mise en place de la Das Reich dans le sud-ouest au printemps 1944 est symptomatique à cet égard: ils sont installés en raison de l'insécurité qui commence à règner dans la région, à des points clé pour pouvoir intervenir efficacement partout. A noter que la politique de terreur conduit à des destructions et des massacres à distance respectable des points d'accrochages avec les maquis (courageux mais pas téméraires les "seigneurs de la guerre" Very Happy )
Pour la collaboration, tous les industriels restés en métropole y plongeront allègrement: en effet leur entente avec les allemands a commencé bien avant la guerre, quitte, comme certains l'ont fait OTL, à entretenir deux fers au feu (un papa collabo et un fiston "résistant", ce qui n'empèche pas les repas du dimanche midi en famille!!!). En outre, une grande partie de la police poursuivra, là aussi, une collaboration fructueuse débutée avant guerre (comme le préfet Langeron par exemple). Par contre j'ai l'impression que le 5° bureau du colonel Rivet a toujours fait son travail correctement, même s'ils ont eu un bureau des menées antinationales (commandant d'Alès)qui a pas mal travaillé contre la Résistance. (par contre le général Gauché du 2° bureau, était totalement immergé dans la cagoule militaire). Bon, il faut que j'aille aux commissions, je reviendrai dans un moment. Amitiés. Bernard
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Mar 23, 2013 10:15    Sujet du message: Répondre en citant

Attention : nous sommes ici en 1942.
Cela dit, si vous voyez des points qui vous chagrinent, n'hésitez pas à préciser exactement les corrections qui vous paraissent nécessaires !

Merci à tous. Very Happy
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MessagePosté le: Sam Mar 23, 2013 12:02    Sujet du message: Répondre en citant

Je m'aperçois d'un nouveau trou dans la chrono. Le maréchal von Witzleben, commandant en chef West (distinct du commandant d'occupation) quitte son poste en France le 15 mars 42, officiellement pour raisons de santé. Il est remplacé par Maximilian von Weichs. Mais celui-ci est envoyé à l'Est, le 18 août, pour remplacer Bock à la tête du Groupe d'armées Centre (Bock paie les pots cassés après Smolensk). Du coup, il y a un siège vacant entre le départ de von Weichs et le retour de von Rundstedt à la tête du secteur West (après Typhon, probablement début 43). L'intérim devrait être assuré par le maréchal Hugo Sperrle, chef de la Luftwaffe pour le secteur France-Belgique (Luftflotte 3 s'il n'y a pas eu de changement FTL).

OTL, Sperrle a assuré l'intérim de Rundstedt pendant une absence au début de 1944, et Rundstedt s'est arrangé pour laisser à Sperrle la tâche peu reluisante de signer les consignes en vue d'exécutions massives d'otages (l'aspect le plus visible de la "Bandenbekämpfung"). FTL, Sperrle ne devrait pas y échapper, mais sans doute dès l'automne 1942. J'enverrai le texte exact dès que je retrouve le livre.

Pour préciser la hiérarchie, c'est le Militärbefehlshaber Frankreich (Otto von Stülpnagel et ses successeurs) qui assure le contact avec les Français occupés, mais un certain nombre d'ordres majeurs, dont celui-là, doivent être signés par l'Oberbefehlshaber West (ici, Sperrle). Les missions de police remontant par la hiérarchie SS jusqu'à Himmler. Je sais, c'est compliqué.
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MessagePosté le: Sam Mar 23, 2013 19:09    Sujet du message: Répondre en citant

patrikev a écrit:
Je m'aperçois d'un nouveau trou dans la chrono. (coupe)
OTL, Sperrle a assuré l'intérim de Rundstedt pendant une absence au début de 1944, et Rundstedt s'est arrangé pour laisser à Sperrle la tâche peu reluisante de signer les consignes en vue d'exécutions massives d'otages (l'aspect le plus visible de la "Bandenbekämpfung"). FTL, Sperrle ne devrait pas y échapper, mais sans doute dès l'automne 1942. J'enverrai le texte exact dès que je retrouve le livre. (coupe)


Merci d'avance !
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MessagePosté le: Sam Mar 23, 2013 20:44    Sujet du message: Répondre en citant

Haut de page, dans: La Garde française recrute

Citation:
vise justement à encourager les officiers et sous-officiers prisonniers, en particulier les anciens de la gendarmerie mobile


remplacer "gendarmerie" par "garde républicaine"
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