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Texte intégral, Asie-Pacifique, Août 1942
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Jan 31, 2013 10:01    Sujet du message: Répondre en citant

31 août
Bataille de Singapour – IV

Alors qu’un affrontement naval majeur se déroule dans le Pacifique Sud-Ouest, à Singapour, le général Yamashita a le sourire. Les troupes du Commonwealth sont encore solidement retranchées, mais il a l’occasion d’en éliminer une fraction importante, le détroit de Johore est sécurisé, cinq des douze principales batteries de Singapour sont tombées et il a pu se rendre compte qu’en effectuant des poussées coordonnées convenablement appuyées par l’aviation, les défenseurs ne peuvent que reculer, d’autant plus que leurs feux sont nettement moins intenses que lors des combats du Premier Siège – il est évident que les munitions manquent. Fidèle à sa ligne de conduite, il a décidé de s’accorder une pause dans les opérations en se concentrant sur la destruction de la 21e D.I. Western.
Pendant toute la journée, tandis que les deux camps se réorganisent autour de la ville de Singapour, les 27e et 18e D.I. resserrent leur étreinte. En revanche, la 56e D.I. est incapable d’exercer une pression sur l’adversaire, en raison des lourdes pertes subies lors des combats des deux jours précédents. Du coup, la Western, bien qu’isolée, réussit à tenir le coup ! Plusieurs petites unités réussissent même à échapper à l’encerclement et à rejoindre les lignes alliées.

Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Deuxième bataille de Savo
Le bombardement
00h00
– Les navires de Scott atteignent l’extrémité de leur zone de patrouille, viennent au 315 et montent à 20 nœuds pendant 15 minutes, puis au 215 en ralentissant à 15 nœuds.
Au même moment, les navires de Tanaka, qui répète sans cesse à ses hommes qu’il sent la présence de l’ennemi, se sont disposés au centre de la Baie, 7 nautiques au nord de Pointe Cruz, pendant que la force de bombardement continue sa route.
00h20 – A 30 nautiques de la flotte alliée vers l’est-sud-est, les cuirassés et les croiseurs lourds d’Abe ouvrent le feu sur les positions américaines. Les Marines bombardés surnommeront “The Big Night” la nuit de ce bombardement. Les obus de 16, 8 et 5 pouces causent de graves dommages au terrain d’aviation, aux avions et aux matériels, dépôts et réserves de toutes sortes dans la zone de Henderson Field. Le lendemain, on constatera qu’il ne reste plus un seul avion intact – trois Dauntless et quatre Wildcat sont réparables, mais ils ne pourront décoller avant que la piste aient été remise en état, ce qui prendra plusieurs jours. Une partie du ravitaillement de la 1ère Division de Marines est détruite ainsi que, sur les plages, de petites embarcations.
00h40 – Scott reçoit enfin l’appel à l’aide des Marines. Ce retard dans les transmissions est dû à la fois aux perturbations météo et au fait que les antennes radio ont été endommagées par les premiers obus.
Effaré de découvrir que l’ennemi est dans la Baie alors qu’il le croyait encore dans le Slot, Scott ordonne à ses navires de pénétrer immédiatement dans la Baie et ce virage brutal leur fait quelque peu perdre leur cohésion tactique. La flottille de destroyers accélère à 30 nœuds pour prendre la tête, comme prévu, mais les petits bâtiments ne ralentissent pas une fois lancés. Crace n’a pas d’autre choix que de tenter de les suivre, mais le Shropshire a du mal à y parvenir et l’escadre de l’ABDAF perd peu à peu le contact avec la flottille. Les cuirassés montent à 25 nœuds, mais perdent rapidement du terrain. Le zèle excessif des destroyers va leur permettre de préserver le reste de la flotte en attirant sur eux les premiers feux de l’ennemi, mais il va leur coûter cher.

Le martyre des destroyers américains
01h10
– Le premier sang va être tiré entre la flottille de destroyers américains et l’inévitable capitaine Iishi. Les deux canonnières, de garde au milieu du passage entre Savo et Guadalcanal, aperçoivent les destroyers arrivant droit sur elles et lancent leurs moteurs principaux. Avertis par le bruit et observant leurs sillages, le Farragut et le Worden ouvrent le feu de leurs armes anti-aériennes. La H-12 est touchée et prend feu, l’autre canonnière s’enfuit. Les équipages novices des vedettes G-5 et G-7 lancent eux aussi leurs moteurs principaux pour une attaque classique à grande vitesse. Les deux vedettes deviennent ainsi visibles, et leurs cibles sont aussitôt remplacées par des cônes de traçantes qui convergent vers elles. La G-7, gravement touchée, lance ses torpilles à l’aveuglette et manque son but, puis explose. La G-5 zigzague, lance ses torpilles sans résultat, a la chance d’être épargnée et se rend (involontairement) utile en attirant l’attention des Américains.
C’est suffisant pour Iishi, sur la G-1 accompagnée de la G-3, qui observe avec mécontentement ces manifestations d’incompétence. Ses bateaux avancent toujours à faible vitesse sur leurs moteurs auxiliaires silencieux, demeurant à peu près invisibles. Ils finissent par lancer leurs quatre torpilles à moins de 900 mètres contre l’arrière de la ligne américaine. Deux torpilles touchent le sixième destroyer, le malchanceux Stack, qui sort brutalement de la ligne, sombrant rapidement. Derrière lui, les Sterret et Selfridge manœuvrent violemment pour l’éviter, et perdent immédiatement le contact avec les cinq premiers de la file. Iishi a lancé un message d’alerte destiné à Tanaka et Abe, mais ce message se perdra dans les perturbations orageuses.
01h15 – Les CA Maya, Myoko et Takao se dirigent vers l’est pour bombarder la zone de Tetere, laisssant le Yura et les trois destroyers de la 9e division avec le Nagato.
01h20 – Les vigies de Tanaka observent des éclairs lumineux à travers les ténèbres, au loin, entre Savo et Guadalcanal. Sachant qu’Iishi se trouve là, Tanaka en déduit immédiatement que des navires ennemis arrivent de cette direction et avertit Abe par radio. Aucun des navires d’Abe ne recevra ce message, sauf le Yayoi, qui se trouve à ce moment à couple du HMAHS Wanganella, dont il inspecte les papiers. L’inspection brutalement interrompue, le destroyer quitte le navire-hôpital, lui laissant une masse de paperasses en japonais parfaitement inutiles. Ses partenaires, les Mutsuki et Uzuki, qui inspectent le nord de la Baie, n’ont rien entendu.
01h22 – Les croiseurs lourds arrivent devant Tetere et commencent à bombarder.
01h32 – Les vigies du Yubari aperçoivent à près de 10 000 mètres une colonne de destroyers américains – une performance exceptionnelle, même pour les hommes surentraînés de Tanaka. Ce sont les Farragut, Worden, MacDonough et Dale (2e Division de DD), suivis du Lang (14e Division). A ce moment, les Selfridge et Sterett sont à deux nautiques en arrière de leurs compagnons, et sur un cap un peu divergent.
Tanaka ordonne au Kitakami de se mettre à l’écart, sous la protection du Tatsuta. Il reste avec le Yubari et ses quatre destroyers (Kuroshio, Oyashio, Hatsukaze et Hayashio) et ralentit à 12 nœuds.
01h35 – La distance est tombée à 7 000 mètres, et Tanaka ordonne à ses destroyers de lancer une salve complète. Bien entendu, ses canons restent silencieux tandis que les 32 torpilles Longues Lances filent vers leurs cibles.
01h38 – Les destroyers américains aperçoivent les cinq navires de Tanaka et ouvrent le feu – mais une minute plus tard, les torpilles frappent.Les résultats sont dévastateurs. Les Farragut et MacDonough sont touchés deux fois, le Dale trois fois, et tous trois sombrent en très peu de temps. Le Worden abat brutalement pour éviter le Farragut, ce qui le sauve des torpilles, mais il se jette ainsi sur le Yubari et sa suite. Accablé d’obus de 5 et 5,5 pouces, il parvient à toucher quatre fois le croiseur léger avant d’être incendié et de décrocher à faible vitesse vers Tulagi, à l’abri d’un grain miséricordieux. Cinquième de la file, le Lang a abattu en sens opposé au Worden, et s’est retrouvé seul dans l’obscurité, devançant son équipier en direction de Tulagi.
01h40 – Quelques nautiques plus au sud, les deux destroyers américains égarés, Selfridge et Sterett, tombent sur le Tatsuta, couvrant le Kitakami. Les quatre 140 mm du Tatsuta ont affaire aux quatre 127 mm du Sterett et aux huit du Selfridge. Le vieux croiseur léger est vite débordé, tandis que la portée tombe à 2 000 mètres, mais le Kitakami doit se mettre à l’abri – ses vingt-quatre torpilles le rendent trop vunérables, et il n’est pas question qu’il les gaspille contre deux destroyers. Le Tatsuta lance ses trois torpilles, qui manquent leurs cibles car les deux Américains manœuvrent à grande vitesse ; lui-même évite les torpilles du Sterett, mais il reçoit 20 à 25 obus qui allument de violents incendies.
01h45 – C’est alors que surviennent le Yubari et ses destroyers. Le Sterett, atteint de façon répétée, est stoppé par trois impacts qui détruisent sa machinerie, et le Selfridge est obligé de décrocher vers l’ouest. Le Yubari achève le malheureux Sterett et s’apprête à porter secours au Tatsuta, en très mauvaise posture, quand le tonnerre se déchaîne à environ 6 000 mètres au sud-ouest.

L’ABDF attaque
Au large de la Pointe Lunga s’étend une large bande de pluie, l’une des très nombreuses précipitations semées par le passage de la tempête tropicale sur la région. Ce très gros grain masque complètement aux vigies du Nagato (toujours fort occupé à bombarder Red Beach) le combat de l’escadre de Tanaka contre les destroyers américains. Cependant, Takama, sur le Yura, plus éloigné de la côte, se rend compte que Tanaka est engagé, et se dirige vers lui avec les DD Minegumo, Natsugumo et Harusame. Mais quand le Yura émerge à la limite nord du grain et perd de vue le Nagato, il est immédiatement pris pour cible par de nouveaux arrivants.
01h44 – Le Shropshire, suivi du Duquesne, est en train d’abattre vers le nord-est, en direction du combat entre les destroyers américains et l’escadre de Tanaka, quand il voit surgir du rideau de pluie les navires de Takama. Heureusement pour le Yura, les premières salves des 8 pouces de l’Anglais et des 203 mm du Français sont mal ajustées et ces canons tirent assez lentement. Le croiseur léger peut lancer un appel radio, mais les communications japonaises se montrent à nouveau gravement déficientes (en partie du fait de la météo) : ni le Nagato ni les croiseurs lourds ne le captent, et aucun d’eux ne peut observer ce qui se passe, car la pluie qui barre la Baie se fait de plus en plus dense, tandis que les éclairs de départ des canons alliés se confondent avec les éclairs qui zèbrent les nuages bas.
Courageux et agressif, Takama décide d’attaquer à la torpille avec le Yura et ses trois destroyers. Dans sa situation, c’est une erreur, mais une erreur “conforme au manuel” – le seul autre choix serait de tenter de se cacher à l’abri de la pluie, et ce n’est certes pas un comportement recommandé dans la Marine Impériale. Crace, devant ce qui est visiblement une attaque à la torpille, donne l’ordre à ses navires de manœuvrer individuellement. Son escadre perd sa cohésion tactique, mais cette décision ruine tout espoir de trouver une solution de tir efficace pour les torpilles japonaises – et, au canon, les navires de Crace sont bien plus puissants que ceux de Takama. Toutes les torpilles japonaises ratent leur but, sauf une, qui frappe le Shropshire en avant de la passerelle. L’impact met hors service les tourelles A et B (la tourelle A sera réparée en quatre minutes, la B ne pourra plus tirer) et fait tomber la vitesse du croiseur anglais à 12 nœuds, mais il est loin d’être hors de combat. Dans la mêlée qui suit, le Yura est brutalement pilonné par les Shropshire et Duquesne, pendant que les 6 pouces du Brisbane écrasent le Natsugumo (qui ne va pas tarder à sombrer) et que le Tromp incendie le Harusame.
01h48 – Le Brisbane lance de ses tubes bâbord contre le Yura en flammes. Deux torpilles vont au but et le croiseur léger japonais se casse en deux.
01h51 – De leur côté, l’Arunta et les quatre DD hollandais mitraillent le Minegumo et le Harusame, qui brûle déjà. Tous deux se défendent de leur mieux, mais n’ont pas d’autre choix que de tenter de décrocher. Ils foncent vers l’est à 30 nœuds, poursuivis par le Tromp, bien dans son rôle originel de destroyer leader, qui emmène les Van Ghent, Van Nes, Witte de With, Isaac Sweers et Arunta.

La colère du Nagato
01h56
– Neuf minutes avant l’heure prévue pour la fin du bombardement, les deux destroyers japonais en fuite émergent du grain à 3 500 mètres du Nagato. Le Minegumo émet immédiatement un appel au secours au projecteur à éclats, qui sème la consternation sur la passerelle du cuirassé.
Quelques minutes plus tard, le Tromp et ses cinq destroyers débouchent à leur tour des nappes de pluie pour être accueillis par la vue effrayante d’un cuirassé ennemi en colère à environ 3 000 mètres. Alors que d’énormes gerbes apparaissent au milieu d’eux, ils abattent immédiatement pour lancer leurs torpilles (3 000 mètres, c’est bien assez près !) et tentent de se réfugier dans l’épaisseur du grain. L’Arunta et le Van Nes sont engagés (sans résultat autre que de perturber le lancer de leurs torpilles) par le Minegumo et par le Harusame, mais la grande taille du Tromp attire le feu de l’artillerie principale du Nagato. Le croiseur hollandais est frappé par au moins trois (et peut être quatre ou cinq) obus de 16 pouces ; il parvient de justesse à s’enfuir sous la pluie, mais ses machines endommagées tombent alors en panne. Il stoppe, dissimulé à la vue de tous malgré les flammes qui l’enveloppent. Dans le même temps, l’artillerie secondaire du Nagato a pris pour cible les destroyers ; l’Isaac Sweers est à peine égratigné, mais le Witte de With est durement touché dans les hauts – cependant, sa machine est intacte et lui permet de s’enfuir. La riposte des destroyers n’a qu’un effet limité. Une torpille de l’Arunta frappe le Nagato à l’étrave. La voie d’eau n’affecte pas les capacités combatives du cuirassé, dont la proue penche simplement un peu. L’une des torpilles hollandaises touche en plein milieu, mais le bulbe anti-torpilles absorbe la plus grande partie de l’explosion. Une chaufferie signale une sérieuse voie d’eau, mais elle reste en service et la vitesse du Nagato n’est pas modifiée.
02h07 – Sachant qu’il y a des croiseurs ennemis de l’autre côté du grain, le cuirassé, suivi de ses deux destroyers, se lance à la poursuite des destroyers alliés.
Ce n’est qu’à ce moment que les trois croiseurs lourds japonais sont enfin alertés. Les Myoko, Maya et Takao mettent le cap à l’ouest-nord-ouest, afin de longer les principaux grains, tout en rappelant les trois destroyers de la 30e Division.
02h12 – Le Nagato émerge des rideaux de pluie et découvre les croiseurs alliés, qui l’accueillent chaudement. Le Japonais dirige son artillerie principale sur le Duquesne pendant que son artillerie secondaire engage le Brisbane, lequel couvre ses destroyers, qui peuvent décrocher.
02h14 – Sur l’ordre de Crace, à bord du Shropshire, l’Australien et le Français décrochent à leur tour, laissant seul le croiseur britannique, qui ne peut donner plus de 12 nœuds mais arrose les superstructures du Nagato d’obus de 8 pouces. Le duel entre le cuirassé et le croiseur se prolonge huit minutes, mais son issue est écrite dès le premier obus.
02h22 – Le Shropshire n’est plus qu’un bûcher qui sombre. Cependant, plus de la moitié de son équipage sera recueillie par les petits navires de Phipps, dont Crace lui-même, qui n’est que légèrement blessé.
« Il avait été prévu que le Shropshire serait transféré à la marine australienne par un prêt dès la fin de 1942, et son équipage britannique était en cours de remplacement par de jeunes recrues australiennes et des officiers sortant de l’école navale. Ces Australiens constituaient au moment du naufrage environ la moitié de l’équipage et beaucoup occupaient des postes exposés (équipes de contrôle des dommages et équipes de pont supérieur). Leur âge moyen dépassait à peine 19 ans. L’Amirauté britannique décida qu’il fallait faire un geste pour saluer la perte de ces jeunes gens, qui laissait en Australie une amertume similaire à celle provoquée au Canada en 1914 par la mort des jeunes recrues embarquées sur le HMS Good Hope et tuées à la bataille de Coronel par les obus allemands. En dépit de sa destruction, le Shropshire fut officiellement versé à la Royal Australian Navy un jour avant d’être rayé des rôles de la Royal Navy. » (Jack Bailey, op. cit.)
02h25 – Le reste de la flotte de l’ABDF se dirige vers Tulagi.
Le Duquesne a été durement touché. Il a reçu quatre obus de 16 pouces. L’un a explosé à l’arrière et a détruit sa tourelle X. Le deuxième (sans doute un APC) a tout simplement traversé le croiseur de part en part un peu au-dessus de la flottaison, détruisant deux chaudières et explosant en dehors du navire, dont la minceur du blindage réjouit pour la première fois son équipage. Le troisième obus a explosé contre le pied arrière bâbord du mât principal, ravageant de façon spectaculaire le pont supérieur et la superstructure. Le quatrième, un shrapnel incendiaire, a déchiqueté la cheminée arrière et provoqué des incendies sérieux sur le pont supérieur. Le Brisbane n’a pas été épargné, mais les huit obus de 6 pouces qu’il a reçus n’ont pas diminué ses capacités. Sachant que Scott arrive, les deux navires se replient vers Tulagi pour ne pas gêner sa télémétrie et éteindre leurs incendies. Les cinq destroyers se replient avec eux, mais trois n’ont plus de torpilles ou sont endommagés. Après avoir fait le point, le Brisbane ordonne à ces derniers d’accompagner le Duquesne à l’écart et se prépare à retourner au combat, avec l’Arunta et l’Isaac Sweers, à qui il reste respectivement deux et trois torpilles.
Pendant ce temps, près de Tulagi, l’Achilles, qui a réparé sa pompe à mazout, a entendu le vacarme du combat, mais n’a rien pu y comprendre. Son commandant sait parfaitement que se rapprocher de l’action à l’aveuglette pourrait être désastreux, mais il n’en ordonne pas moins de se diriger vers le sud à vitesse prudente, attiré comme tout officier de la Royal Navy par le son du canon.
A ce moment, le champ de bataille appartient aux Japonais, qui ont défait les deux formations alliées pour un coût limité. Mais la lutte ne fait que commencer.

Le choc des géants
C’est alors que Scott fait son apparition, à la tête d’une longue ligne de bataille : dans l’ordre, CA San Francisco (amiral), BB Washington, BB North Carolina, CA Salt Lake City, CL Honolulu, CLAA Atlanta et DD Farenholt, Aaron Ward et Phelps. De ce qu’il a pu observer et des messages qu’il a pu recevoir alors qu’il se dirigeait vers l’est, l’amiral américain a déduit qu’une force légère ennemie se trouvait vers le milieu de la Baie, et qu’une force comprenant un cuirassé était située droit devant.
02h18 – Les vigies de Tanaka n’ont pas été longues à apercevoir la force de Scott. Elles le suivent depuis quatre minutes quand Tanaka décide de lancer la plupart de ses torpilles sur cette cible idéale : neuf navires ennemis dont deux cuirassés. Au total, ses navires lancent quarante-quatre torpilles : les 32 des quatre destroyers (qui ont rechargé) et les 12 d’une bordée du Kitakami.
02h20 – Apercevant des navires en flammes devant lui, Scott suppose (avec raison) qu’ils appartiennent à l’escadre de l’ABDF et que le cuirassé ennemi est proche. Il ordonne donc d’abattre de 90° sur bâbord pour ouvrir l’arc de tir de ses navires et détruire le cuirassé en question, dont il entend maintenant les obus écraser le malheureux Shropshire, 9 000 mètres plus loin. Les destroyers doivent cependant continuer pour attaquer à la torpille.
02h21 – Cette abattée est observée avec désespoir par Tanaka. Elle permet en effet aux grands bâtiments américains d’éviter le flot de torpilles qui foncent vers eux. Il ordonne immédiatement de tirer des obus éclairants pour illuminer la formation ennemie : c’est la façon la plus rapide et la plus efficace d’avertir le Nagato, car l’éclat des flammes de l’épave du Shropshire empêche le cuirassé de voir les navires de Scott. Les obus explosent au-dessus de la ligne américaine, silhouettant les grands bâtiments sous les yeux sidérés des officiers du Nagato. Quelques instants plus tard, le Japonais et le Washington ouvrent le feu l’un sur l’autre, pendant que Tanaka observe avec fureur les navires ennemis virer l’un après l’autre avant de parvenir à la zone visée par les torpilles. Il ne s’aperçoit pas à cet instant que l’Atlanta continue tout droit, menant les trois destroyers attaquer le Nagato à la torpille, ce qui les fait rester dans les “eaux des torpilles” alors qu’ils dépassent l’Honolulu, qui entame son virage dans le sillage du Salt Lake City. Chacun de son côté, l’Atlanta et l’Honolulu aperçoivent le Minegumo, qui se fait presque désintégrer avant de pouvoir lancer ses torpilles par ce que les rares survivants décriront comme « un déluge d’obus de 5 et 6 pouces. »
Les éclairs de départ des canons des navires qui engagent le Nagato empêchent Tanaka de distinguer la suite, mais il aperçoit plusieurs détonations qui lui font penser qu’il a quand même obtenu quelques coups au but. En fait, il peut inscrire trois navires américains de plus à un tableau de chasse déjà bien fourni.
L’Honolulu a viré trop tard et reçoit deux torpilles : l’une ouvre un énorme trou dans la coque au niveau de la tourelle B, faisant taire d’un coup toute l’artillerie ; la seconde frappe entre les cheminées et met les machines hors d’usage. Le croiseur léger continue à virer sur bâbord et commence à sombrer.
Peu après, l’Atlanta reçoit deux torpilles, une à l’arrière et une au milieu, et commence à couler par la poupe. Le Phelps est foudroyé par une autre et coule rapidement. Les deux autres destroyers sont épargnés mais, ne sachant d’où viennent les coups, ils interrompent leur attaque et se replient derrière le Salt Lake City.
Pendant ce temps, le Nagato touche à plusieurs reprises le Washington (huit fois en tout, dont au moins quatre obus de 16 pouces), provoquant de gros dégâts – l’un des obus touche la passerelle, tuant le contre-amiral Wilcox. Mais le Japonais reçoit cette fois bien plus que la monnaie de sa pièce, car les deux cuirassés américains concentrent leur tir sur lui. Une pluie d’obus, dont bien trop de 16 pouces, en font très vite une épave – et un enfer. L’explosion des projectiles qui le frappent produit un grondement continuel et l’air lui-même semble en permanence chargé de fragments de métal brûlant. En neuf minutes, le Nagato n’est plus qu’un énorme brûlot qui progresse encore à 12 nœuds vers la ligne américaine, dont il est à 5 000 ou 6 000 mètres. Les marins américains le décrivent alors comme « un amas sauvage d’acier tordu en flammes. » A ce moment, la plus grande partie des hommes d’équipage sont morts ou en train de mourir.
Le dernier destroyer japonais, le Harusame, déjà en flammes, est engagé et touché par le Salt Lake City ; il s’enfuit vers le nord-ouest, mais ne tardera pas à être victime d’incendies incontrôlables.
02h25 – Alors que flambe le bûcher funéraire du Nagato, aux environs de Tulagi, les navires de l’ABDF se réorganisent et accueillent un invité : c’est l’USS Lang. Le Brisbane lui souhaite la bienvenue par ces mots typiques de la Royal Navy, “Australian” ou pas : « Ravis que vous puissiez vous joindre à nous, nous retournons justement à la fête pour nous amuser encore un peu ! » (So glad you could join us, we are going back to the party for another round of fun).
02h30 – Les vigies du Brisbane aperçoivent un navire non identifié qui avance à faible vitesse. Après quelques secondes tendues, elles réalisent que ce croiseur qui clignote « Vous ne pensiez quand même pas être débarrassés de nous ! » n’est autre que l’Achilles, qui a résolu ses ennuis de machines. C’est donc cinq bâtiments de quatre nationalités (RNZN Achilles, RAN Brisbane, RAN Arunta, USS Lang et HrMs Isaac Sweers) qui remettent le cap vers les combats.

L’intervention des croiseurs lourds japonais
Sur le Myoko, pendant ce temps, Abe a été retardé par la pluie. Il ne voulait pas s’engager au milieu des grains sans être précédé par un solide écran de destroyers – or, il n’en a que trois avec lui. Observant que les grains dérivaient vers le nord-ouest, il s’est rapproché de la terre pour chercher un trou dans le rideau de pluie.
02h35 – Les croiseurs japonais arrivent enfin sur la scène, au milieu d’averses dont l’intensité diminue, cap au 260. A ce moment, Scott se dirige au 035 ; il est à 8 000 mètres environ du Japonais. Les radars américains, brouillés par les torrents de pluie, signalent les Japonais quelques secondes avant son apparition en visuel, mais la lueur des incendies du Nagato mourant et les éclairs de départ de leurs propres canons empêchent les vigies américaines de voir de quoi il s’agit.
Abe ordonne immédiatement à ses navires de lancer leurs torpilles sur les cuirassés ennemis – en fait, seul le Washington, en tête, est visible, le Nagato masquant le North Carolina. Il semble que les vigies du cuirassé américain aient cru voir un cuirassé de classe Kongo (les trois destroyers passant inaperçus) et que nul n’ait redouté une attaque à la torpille. Quoi qu’il en soit, le Washington encaisse au moins cinq ou six torpilles qui le touchent grièvement – le cuirassé prend très vite une forte gîte, quitte la ligne de bataille et stoppera quelques minutes plus tard.
Au moment où les torpilles frappent, le combat au canon a commencé. Le Myoko, en tête, engage le San Francisco. A l’arrière, le Takao engage le Salt Lake City, pendant que les Yayoi, Mutsuki et Uzuki, qui sont venus se placer derrière leurs croiseurs pour recharger leurs tubes, s’opposent à une tentative d’attaque à la torpille des Farenholt et Aaron Ward. Le moins bien loti est le Maya, au centre de la ligne japonaise, touché par au moins deux obus du Washington avant que ce dernier ne soit victime des torpilles, et qui se fait à présent matraquer par le North Carolina. Celui-ci a utilisé beaucoup d'obus perforants contre le Nagato et ce sont des obus explosifs qui ravagent à présent les superstructures du Maya, provoquant de violents incendies.
02h46 – C’est alors que survient un nouveau coup de théâtre – Tanaka, avec ses six navires (le Tatsuta est en train de couler) se retrouve en effet séparé des croiseurs lourds d’Abe par la ligne de bataille américaine. Il a encore douze Longues Lances : une bordée du Kitakami, mais il craint, en les lançant, de toucher les navires d’Abe. Néanmoins, voyant ces derniers en situation difficile face à un cuirassé ennemi, il ordonne de lancer – bien sûr contre le North Carolina, où personne ne s’y attend. Le cuirassé encaisse cinq torpilles : une le frappe à l’arrière, tordant les arbres de transmission bâbord, une autre provoque une énorme voie d’eau dans une chaudière bâbord, une troisième frappe au niveau des tourelles principales avant, une autre encore touche quelques mètre en arrière de l’étrave. Enfin, une dernière torpille frappe le cuirassé à peu près au milieu, mais les protections anti-torpilles bâbord jouent leur rôle, quoique le malheureux navire embarque encore des centaines de tonnes d’eau. Les dégâts sont énormes ; le North Carolina quitte immédiatement la ligne de bataille et se dirige vers le nord ; apparemment hors de contrôle, secoué par des explosions internes, il ne tarde pas à disparaître au milieu des grains.
Quelques instants plus tard arrive ce que craignait Tanaka : le Maya reçoit l’une des torpilles destinées au North Carolina, qui ajoute ses dégâts à ceux causés par les obus des cuirassés américains ; le grand croiseur voit sa vitesse tomber à 10 nœuds et quitte la ligne. Pendant ce temps, le San Francisco et le Myoko font jeu égal alors que le Takao domine de plus en plus nettement son adversaire, le Salt Lake City, le plus faible des croiseurs lourds engagés. Ce dernier finit par quitter lui aussi la ligne. Il est gravement endommagé, perd rapidement sa stabilité (un problème congénital de sa classe) en raison d’une forte voie d’eau, et deux incendies sérieux brûlent sur son pont. Débarrassé du Salt Lake City, le Takao commence à aider le Myoko contre le San Francisco, mais ce dernier reçoit soudain une aide inespérée.

Dernier acte ?
Le Brisbane, suivi des Achilles, Arunta, Isaac Sweers et Lang, débouche sur la scène du drame. Les nouveaux arrivants arrosent l’ennemi d’obus de 5 et 6 pouces et lancent leurs torpilles à peu près au moment où les deux croiseurs lourds et les trois destroyers japonais lancent leur seconde salve.
Tout le monde manœuvrant à toute vitesse, il semble qu’une seule torpille, sans doute de l’Isaac Sweers, touche sa cible : elle atteint le Maya en avant de la tourelle B. Cependant, une torpille japonaise a sans doute elle aussi fait une victime : c’est à peu près à ce moment qu’une violente explosion secoue le Tromp, toujours immobilisé ; le croiseur hollandais coule alors rapidement.
L’action s’apaise enfin. Scott, sur le San Francisco, qui a vu disparaître ses deux cuirassés, ordonne à tout son monde de décrocher vers le nord. Abe rassemble ses navires et met le cap sur Rabaul, passant au nord de Savo, après avoir achevé à la torpille le Washington, stoppé en plein milieu de la Baie. L’épave du Nagato flotte encore, mais les survivants sont assez peu nombreux. Le Takao tire sur le vaisseau condamné les dernières torpilles de la nuit, de ses tubes tribord, qui n’ont pas servi en combat.
Puis vient l’heure de l’armada lilliputienne de Phipps, qui commence à parcourir la Baie pour recueillir les survivants oubliés.

Le fantôme du North Carolina
Sous l’orage, près de Tulagi, le fantôme d’un géant erre encore.
Le North Carolina, qui n’a plus que ses hélices tribord et dont le gouvernail est endommagé, a embarqué plus de mille tonnes d’eau à bâbord par les plaies infligées par les torpilles, et a été forcé de laisser entrer presque autant d’eau à tribord pour éviter de chavirer. L’avant à fleur d’eau ou presque, il a été s’échouer au fond de la baie de Tulagi. Au matin, Scott commence par être heureux que le mauvais temps persiste. La pluie continuelle met la flotte à l’abri de la curiosité (et des bombes) des avions japonais.
Mais que faire du North Carolina, qui ne semble pouvoir rester à flot que par miracle ? Il est hors de question qu’il tente de rejoindre Nouméa : la houle poussée par l’orage viendrait directement frapper la coque de côté, et un chavirage serait inéluctable. Ce fantôme de cuirassé pourrait peut-être, en revanche, aller jusqu’aux Fidji, où quelques réparations pourront être effectuées dans les eaux calmes de Suva Harbour : en effet, le voyage vers les Fidji placerait la houle presque directement en poupe, mais Scott ne s’attend pas à ce que le cuirassé survive au voyage.
Le Salt Lake City doit l’accompagner (ainsi que le Duquesne et quelques destroyers), mais le croiseur lourd américain a lui aussi beaucoup souffert. En dépit de mesures drastiques de réduction du poids dans les hauts, ses problèmes de stabilité sont si graves qu’il est décidé de ne lui laisser qu’un équipage réduit au strict minimum et composé de volontaires.
Comme Scott l’explique à Ghormley, il est impossible d’échouer convenablement les deux navires près de Tulagi, ils n’ont aucune chance de survivre jusqu’à Nouméa et la seule possibilité en dehors d’une évacuation vers les Fidji, pour terriblement aléatoire qu’elle soit, serait le sabordage pur et simple.

La mer cruelle
La fin de la bataille ne signifie pas la fin du mauvais temps. Toute la journée du 31, le temps va même se dégrader encore.
Alors qu’Abe se dirige vers Rabaul, lui aussi commence par accueillir avec plaisir les nuages et la pluie, car il y est à l’abri de l’aviation alliée (et singulièrement des avions du Hornet). Mais bien vite, se manifeste un aspect moins agréable de cette météo. Le croiseur lourd Maya est dans un état désespéré. Sur le chemin de Rabaul, dès qu’il émerge du Slot, il est exposé à la forte houle provoquée par la tempête alors qu’il tente de gagner l’abri de la côte est de Bougainville, escorté par les destroyers de Tanaka. Il commence à embarquer de grandes quantités d’eau par les brèches faites par les obus et les éclats dont il a été criblé ; son équipage, dont le tiers est mort ou gravement blessé et le reste est épuisé, est incapable de lutter. Alarmé, Abe lui ordonne de chercher l’abri de la côte, mais il est alors au sud-est de Bougainville. Il parvient à gagner les abords de la plus au sud des îles Shortland, mais ce n’est que pour y sombrer par 70 mètres de fond, à moins de deux nautiques d’eaux plus calmes. Presque tous les survivants sont récupérés grâce à des prodiges d’habileté des destroyers de l’escorte. Sur l’île voisine, un coastwatcher assiste au spectacle avec grand intérêt ; il signale à Nouméa qu’il a vu sombrer « un croiseur de bataille de classe Kongo ».
Pendant ce temps, une scène identique se déroule au sud-est des Salomon.
Le Salt Lake City a la malchance de subir une panne de machine complète. Il commence aussitôt à se mettre en travers, présentant le flanc à la houle ; son commandant comprend immédiatement que tout est perdu et ordonne d’abandonner le navire. Deux minutes après l’arrêt des machines, le Salt Lake City roule fortement sur bâbord. Quelques minutes plus tard, il chavire. La rapidité de décision de son commandant permet à tout l’équipage resté à bord de se sauver grâce à l’aide des destroyers hollandais et du Duquesne, qui réussissent à récupérer tout le monde malgré la force de la mer.
Ironiquement, le North Carolina, pourtant le plus terriblement touché des trois, survivra au voyage jusqu’à Suva.
« Le North Carolina fut examiné avec précision à Suva. Il apparut que la coque avait besoin d’être sérieusement renforcée si le navire voulait un jour quitter l’abri de Suva Harbour, pour rallier Pearl Harbour et se mettre en cale sèche. Deux mois étaient nécessaires, avec l’aide d’un navire atelier. Une fois à Pearl, il faudrait deux mois en cale sèche pour pouvoir faire le voyage jusqu’à la Côte Ouest afin d’y être à moitié reconstruit.
Informée de l’importance des dommages, l’Amirauté britannique observa avec fair-play que les navires américains semblaient remarquablement bien construits et que leurs équipes de contrôle des dommages pouvaient donner des leçons même à celles de la Royal Navy. Néanmoins, elle constata aussi que, selon les standards britanniques, le coût économique de la réparation du cuirassé et le temps nécessaire pour l’achever (24 à 30 mois) imposaient d’y renoncer. Mais ces arguments ne parurent pas toucher les Américains. »
(Jack Bailey, op.cit.)
Pendant que l’on ausculte le North Carolina, le Duquesne se dirige vers Brisbane, en Australie. Là, il subira des travaux qui lui permettront de rallier la côte ouest des Etats-Unis en toute sécurité.

Défaite ou victoire ?
« L’état-major allié fut douloureusement surpris par les résultats de la bataille. Le cuirassé Washington était coulé et la survie du North Carolina était plus qu’incertaine. Deux croiseurs lourds (Salt Lake City et Shropshire), deux légers (Honolulu et Tromp) et un anti-aérien (Atlanta), plus six destroyers (Dale, Farragut, MacDonough, Phelps, Stack et Sterett) avaient été coulés. Deux croiseurs lourds, deux légers et sept destroyers avaient été plus ou moins endommagés, les plus atteints étant le CA Duquesne et le DD Worden.
A ce moment, seuls les plus calmes des officiers purent considérer que, dans le cadre d’une guerre d’usure, la Deuxième Bataille de Savo était une victoire – une victoire stratégique et coûteuse, mais une victoire. Au bout du compte, l’US Navy et la Marine Impériale avaient “échangé” deux grands cuirassés, comme on échange deux pièces semblables aux échecs. De plus, si le North Carolina était hors de combat sine die, il semblait qu’un cuirassé rapide de classe Kongo avait été coulé (c’était en réalité le CA Maya).
Si, dans l’immédiat, le limogeage de Norman Scott fut envisagé, cette mesure fut assez vite écartée. Scott avait affronté de nuit une escadre japonaise de première importance et n’avait pas subi une défaite catastrophique. Ses tactiques avaient fonctionné.
Mais la vulnérabilité des grands bâtiments aux redoutables torpilles japonaises était apparue au grand jour et cette constatation déclencha un débat intense à l’amirauté américaine. On sait que l’issue de ce débat fut le lancement immédiat de la construction de deux cuirassés lourds de la classe Montana, aux dépens des deux derniers des six navires prévus de la classe New Jersey. Ceux-ci étaient dépeints comme des sortes de croiseurs de bataille, tout juste bons à escorter les porte-avions. Pour combattre les navires de ligne ennemis, avec la disparition (supposée) d’un deuxième classe Kongo et l’arrivée prochaine de navires rapides français (plus le retour en ligne du Renown), ce genre de bâtiments ne s’imposait plus. Seuls les Iowa, New Jersey, Missouri et Wisconsin entrèrent donc en service, en janvier, avril, septembre et octobre 1943 respectivement. Les super-cuirassés Montana et Ohio, eux, entrèrent en service en avril-mai 1944. (1)
Néanmoins, la construction de porte-avions lourds fut poursuivie et intensifiée, afin d’éviter de s’exposer aux aléas d’une bataille nocturne en surface. Et ces porte-avions se virent adjoindre les navires de la classe Alaska, baptisés “Croiseurs de Commandement” et dotés d’un équipement radio, radar et anti-aérien considérable. »
(Jack Bailey, op. cit.)

Victoire ou défaite ?
« Dans la Marine Impériale, si certains chantèrent victoire, les têtes les plus froides de l’état-major conclurent très vite que ce n’était pas le genre de victoire que le Japon pouvait se permettre. « Je savais parfaitement, explique l’amiral Yamamoto dans ses Mémoires, que toute bataille où le rapport des pertes était de moins de trois pour un en notre faveur nous rapprochait en réalité de la défaite ; or le résultat de celle-ci était de deux pour un. » Le cuirassé Nagato, qui n’avait qu’un sister-ship (le Mutsu) et n’était surpassé que par le Yamato et le Musashi dans la flotte japonaise, était coulé. Le croiseur lourd Maya et les croiseurs légers Yura et Tatsuta avaient été détruits, ainsi que les destroyers Harusame, Minegumo et Natsugumo. Le croiseur lourd Myoko était gravement touché, le croiseur lourd Takao, le léger Yubari et quatre destroyers étaient plus ou moins endommagés.
Enfin, il était évident que le plan de bataille d’Abe avait permis à l’ennemi d’affronter la flotte en détails, ce qui aurait pu lui permettre de l’anéantir. C’est pourquoi l’amiral fut démis de son poste quelques semaines plus tard.
Comme l’US Navy, la Marine Impériale réexamina son programme de constructions à la lumière du résultat de la bataille, mais elle n’avait pas les moyens de son ennemie. L’achèvement du Shinano comme cuirassé était hors de question, ce qui n’empêcha pas certains de le réclamer à cor et à cris. En revanche, il fut plus facile de s’accorder sur l’achèvement des croiseurs lourds Ibuki et Kurama (ce dernier avec un armement à base de quinze canons de 6,1 pouces, dont douze devaient être enlevés au Yamato et au Musashi pour être remplacés par des batteries anti-aériennes). L’achèvement de ces deux croiseurs devint une priorité. »
(Jack Bailey, op. cit.)

Après la bataille
Les Marines s’appliquent à réparer les dégâts causés des obus japonais, pendant que la flottille néo-zélandaise recueille les survivants des navires coulés. Près de deux cents blessés doivent être évacués par hydravion, quand ceux-ci seront capables d’opérer normalement. En effet, la région est balayée par des vents forts et des pluies diluviennes.
Dans la nuit, la houle s’étant un peu apaisée, le CC Iishi conduit dans la baie deux de ses vedettes lance-torpilles, les G-1 et G-2, ainsi que deux canonnières, les H-11 et H-13. Il sait que de nombreuses embarcations alliées font la navette entre Tulagi et Tetere et il veut savoir ce que peuvent faire ses canonnières. Au même moment, les PT-38, 46 et 48 patrouillent le long de la côte de Guadalcanal, mais les PT-boats n’aperçoivent pas les Japonais.
A 23h30, Iishi rencontre plusieurs LVT-I et en incendie un, ce qui pousse les patrons des autres petits bateaux, affolés, à lancer toutes les fusées qui leur tombent sous la main. Devant ce feu d’artifice, les trois vedettes américaines d’approchent à plus de 30 nœuds et tombent nez à nez avec les bateaux japonais, à la grande surprise de tous les équipages.
Dans le doute, Iishi décroche avec ses vedettes, pour tomber sur deux autres bateaux, et se lance à l’attaque. Mais les nouveaux venus ripostent : ce sont le HMNZS Humphrey et la vedette NAB Kingfish, alertés par le bruit et les flammes. Un combat tournoyant s’engage, sans qu’Iishi puisse obtenir une solution de tir pour ses torpilles contre le Humphrey, qu’il prend pour un bâtiment nettement plus gros. Il y a de chaque côté plusieurs morts et blessés. Au bout de dix minutes de ce manège, les Japonais rompent le combat.
Cette action confirme la présence de vedettes rapides de la Marine Impériale dans la zone de Guadalcanal, et l’état-major allié, informé, demande l’envoi immédiat d’autres bâtiments du même type. Les seuls disponibles dans l’immédiat sont quatre vedettes hollandaises de classe TM-4, rescapées des Indes Néerlandaises. Des dispositions sont prises pour les acheminer au plus tôt jusqu’à Tulagi, où elles doivent renforcer la petite flotte de Phipps.

Note 1 - Rappelons que ces navires s’ajouteraient aux quatre cuirassés de la classe South Dakota : les South Dakota, Indiana, Massachusetts et Alabama (qui arriveraient tous dans le Pacifique avant la fin de l’année, en dehors de l’Alabama, retardé jusqu’à février 1943 par le torpillage subi au port). Sans parler des vieux cuirassés qui avaient survécu à l’attaque de Pearl Harbor, notamment le Maryland et le Colorado…
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mescal



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MessagePosté le: Jeu Jan 31, 2013 13:49    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Le bombardement
Le lendemain, on constatera qu’il ne reste plus un seul avion intact – trois Dauntless et quatre Wildcat sont réparables, mais ils ne pourront décoller avant que la piste aient été remise en état, ce qui prendra plusieurs jours.


Les résultats semblent supérieurs à ceux des Kongo et Haruna OTL.
Je me demande avec quoi tirent les japonais pour avoir a la fois des effets de fragmentation détruisant les avions et des dommages à la piste nécessitant plusieurs jours de réparation.
OTL les incendiaires des Kongo et Haruna n'ont pas fait grand mal à la piste.

Citation:
La colère du Nagato
01h56 – Neuf minutes avant l’heure prévue pour la fin du bombardement [...] Alors que d’énormes gerbes apparaissent au milieu d’eux,


La formulation peut laisser penser que leNagato se retourne instantanément. L'artillerie secondaire peut réagir assez vite (pour les pièces battantes, parce que les 5.5" du Nagato sont en casemates), mais l'artillerie principale ne peut en faire autant. Le temps de réorienter les tourelles, et surtout le temps que le contrôle de tir obtienne une solution sur les nouvelles cibles - je pense qu'il faut bien 5 min au Nagato pour commencer à réagir efficacement.
Surtout que si les lancements de torpilles alliées sont observés ou devinés, le commandant va vouloir d'abord accelerer et changer de cap - ce qui va foutre en l'air toute solution de tir pour les 16".
Vu que l'entrée suivante est à 02h07, il faut peut-être ajouter une entrée vers 02h00 ou 02h01 donnant le moment ou le Nagato ouvre le feu.

Citation:
le Washington encaisse au moins cinq ou six torpilles qui le touchent grièvement

Le pourcentage de coups au buts me semble une peu haut (13% avec 5, 16.6% avec 6 coups au but - la bordée des Japonais fait 36 torps. si je ne me trompe pas) pour une salve qui a logiquement du être tirée un peu à la 'va-vite'.
De plus, si j'ai bien suivi, les destroyers avec les croiseurs sont les Mutsuki, Yayoi et Uzuki, de la classe Mutsuki. Or il me semble que ceux-ci portent des torpilles qui, si elles sont de 24" ne sont pas des Longues Lances mais des "8th Year Type". Le problème du coup est qu'on a un écart de 10 noeuds entres les torpilles des croiseurs et celles des destroyers. Et donc dès les premiers coups au but, des manoeuvres d'évasion risquent d'empêcher les torps des destroyers de toucher.
Si on veut garder le résultat (Washington désemparé / coulé), il vaut peut-etre mieux considérer deux attaques séparées : les croiseurs mettent moins de coups au but initialement, mais les destroyers font une passe de torpillage pendant l'échange d'artillerie subséquent.

Citation:
Il a encore douze Longues Lances : une bordée du Kitakami[...]. Le cuirassé encaisse cinq torpilles :

Même remarque. Surtout que la pratique est de lancer les torpilles sur des gisements légèrement décalés. En supposant 2° de décalage régulier, pour avoir la moitié des torpilles dans la longueur du cuirassé US (222m), il faudrait que la salve soit lancée à à peine 1000m.
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MessagePosté le: Jeu Jan 31, 2013 15:03    Sujet du message: Répondre en citant

Plusieurs remarques :
Citation:
les cuirassés et les croiseurs lourds d’Abe
=> il vaudrait mieux écrire aussi "le cuirassé et les croiseurs".

Citation:
le Japonais et le Washington ouvrent le feu l’un sur l’autre
=> le Nagato et le Washington

Citation:
Sur le Myoko, pendant ce temps, Abe a été retardé par la pluie.
=> pour moi, Abe est censé être à bord du Nagato et finir donc avec lui ou bien être évacué (de nuit, ça va être sportif). Historiquement il est à bord du Hiei en nov 42.

Citation:
il est à 8 000 mètres environ du Japonais.
=> des navires japonais

Citation:
Au bout du compte, l’US Navy et la Marine Impériale avaient “échangé” deux grands cuirassés, comme on échange deux pièces semblables aux échecs.
=> à reformuler en l'absence du Yamato

Citation:
vedette NAB Kingfish
=> expliquer NAB

Et maintenant quelques questions de fond :
Citation:
On sait que l’issue de ce débat fut le lancement immédiat de la construction de deux cuirassés lourds de la classe Montana, aux dépens des deux derniers des six navires prévus de la classe New Jersey.

=> à l'époque où cet épisode impliquait le Yamato, cette phrase avait du sens car (contrairement à l'OTL où le super-cuirassé n'affronta que tardivement les Américains, la fin du conflit étant proche et la supériorité aéronavale acquise) il y avait en 1942 l'opportunité de produire des cuirassés capables de l'affronter. Dans cette nouvelle version, l'argument tombe, car les Américains n'ont toujours pas connaissance des capacités du Yamato.

Citation:
Néanmoins, la construction de porte-avions lourds fut poursuivie et intensifiée, afin d’éviter de s’exposer aux aléas d’une bataille nocturne en surface.
=> phrase pas claire, je ne vois pas en quoi les PA de classe Essex résolvent en quoique ce soit le combat de nuit.

Le contre-amiral John W. Wilcox : comme dit mescal, OTL il est mort noyé en tombant par-dessus bord du Washington le 27 mars 42 dans l'Atlantique. Il me semblait qu'on en avait discuté sur le forum, mais je ne retrouve pas. Wilcox commandait la BatDiv 6 dans l'Atlantique et lorsque celle-ci passera dans le Pacifique (en août 42), c'est le contre-amiral Willis A. "Ching" Lee qui prendra le commandement, toujours sur le Washington (l'autre cuirassé étant le South Dakota).

Quant à savoir si Wilcox subit le même sort qu'OTL ...

À noter que ce groupe US (Washington, Wasp, Wichita, Tuscaloosa + 6 DD) avait été renvoyé pour renforcer les Britanniques suite au départ dans l'Océan Indien des navires destinés à s'emparer de Madagascar. Comme ça n'a pas lieu en FTL et que la situation est largement plus favorable aux Alliés dans l'Atlantique début 42, les navires anglais suffisent largement pour le Tirpitz et il n'y a pas de convois arctiques.
Le Wasp étant de retour en FTL dans le Pacifique dès janvier 42, que fait donc le Washington entre mars (fin de ses essais, en particulier les hélices qui posent problème) et juin 1942 où l'on acte son affectation à la flotte du Pacifique ???

Le commandement des navires :
BatDiv 6 : Wilcox ou Lee (à bord d'un des cuirassés)
BB Washington : Capt. Howard H. J. Benson
BB North Carolina : Captain George H. Fort

BB Nagato : CV Hideo Yano

Merci aux volontaires de compléter pour les autres (japonais comme alliés).
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MessagePosté le: Jeu Jan 31, 2013 15:22    Sujet du message: Répondre en citant

il me semblait que les cuirassés japonais étaint commandés par des amiraux
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MessagePosté le: Jeu Jan 31, 2013 15:36    Sujet du message: Répondre en citant

pcfd a écrit:
il me semblait que les cuirassés japonais étaint commandés par des amiraux

Les navires en eux-mêmes, non. Les divisions de cuirassés oui.
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MessagePosté le: Jeu Jan 31, 2013 16:00    Sujet du message: Répondre en citant

loic a écrit:
pcfd a écrit:
il me semblait que les cuirassés japonais étaint commandés par des amiraux

Les navires en eux-mêmes, non. Les divisions de cuirassés oui.


A la fin de la guerre, ce sera le cas - mais pas en 42. En fait les Japonais OTL se retrouvent vers 44 avec un 'grand écart' : les commandants du début de guerre des gros batiments ont survécu et ont été promus amiraux, tandis que les capitaines des plus petits batiments (Destroyers & croiseurs) se sont fait tués. D'ou un 'trou générationnel' qu'ils comblent en sous-classant des amiraux.
FTL, avec un peu moins d'emphase sur le code voulant qu'un commandant meure avec son navire, cet effet devrait etre tres atténué.

loic a écrit:
Le Wasp étant de retour en FTL dans le Pacifique dès janvier 42, que fait donc le Washington entre mars (fin de ses essais, en particulier les hélices qui posent problème) et juin 1942 où l'on acte son affectation à la flotte du Pacifique ???


Pour le passer dans le Pacifique sans faire une modification majeure, le mieux est peut-être de lui ordonner début avril de partir pour le Pacifique, et le faire arriver à Nouméa juste après la Mer de Corail (il faut environ 35j pour faire Norfolk-Nouméa via Pearl... on peut toujours ajouter 2-3j de + à Pearl pour recompléter ses effectifs/munitions/visser des 20mm AA ...).
Dans ce cas, faut juste lui trouver 1 ou 2 destroyer d'escorte.

Je ne sais pas si ca a été abordé, mais un autre effet du Torch FTL au lieu de OTL va être de libérer des transport d'assaut (AP/APA) et des pétroliers d'escadre (AO), qui pourront être utilisé pour Watchtower. (on les remplace dans l'Atlantique par des transports & pétrolier "standard") puisqu'il y a des facilités portuaires dispo en AFN.)
A la limite, on peut penser à un groupe Washington + 1 ou 2 AO + 3 à 5 AP qui prend le chemin du Pacifique en avril 42.
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MessagePosté le: Jeu Jan 31, 2013 17:05    Sujet du message: Répondre en citant

mescal a écrit:
Citation:
Le bombardement.


Les résultats semblent supérieurs à ceux des Kongo et Haruna OTL.
Je me demande avec quoi tirent les japonais pour avoir a la fois des effets de fragmentation détruisant les avions et des dommages à la piste nécessitant plusieurs jours de réparation.
OTL les incendiaires des Kongo et Haruna n'ont pas fait grand mal à la piste.


Ce sont les 16 pouces qui abîment la piste, les autres font du dégât aux avions etc. Je précise.

mescal a écrit:

Citation:
La colère du Nagato
01h56 – Neuf minutes avant l’heure prévue pour la fin du bombardement [...] Alors que d’énormes gerbes apparaissent au milieu d’eux,


La formulation peut laisser penser que leNagato se retourne instantanément. (snip)
Vu que l'entrée suivante est à 02h07, il faut peut-être ajouter une entrée vers 02h00 ou 02h01 donnant le moment ou le Nagato ouvre le feu.


Il est bien indiqué que cela arrive "quelques minutes plus tard". Je précise l'heure.

mescal a écrit:
Citation:
le Washington encaisse au moins cinq ou six torpilles qui le touchent grièvement

Le pourcentage de coups au buts me semble une peu haut (13% avec 5, 16.6% avec 6 coups au but - la bordée des Japonais fait 36 torps. si je ne me trompe pas) pour une salve qui a logiquement du être tirée un peu à la 'va-vite'.
De plus, si j'ai bien suivi, les destroyers avec les croiseurs sont les Mutsuki, Yayoi et Uzuki, de la classe Mutsuki. Or il me semble que ceux-ci portent des torpilles qui, si elles sont de 24" ne sont pas des Longues Lances mais des "8th Year Type". Le problème du coup est qu'on a un écart de 10 noeuds entres les torpilles des croiseurs et celles des destroyers. Et donc dès les premiers coups au but, des manoeuvres d'évasion risquent d'empêcher les torps des destroyers de toucher.
Si on veut garder le résultat (Washington désemparé / coulé), il vaut peut-etre mieux considérer deux attaques séparées : les croiseurs mettent moins de coups au but initialement, mais les destroyers font une passe de torpillage pendant l'échange d'artillerie subséquent.


Premiers arrivés, les DD lancent les premiers. Je précise.
Et je raye "ou six" (torpilles).

mescal a écrit:
Citation:
Il a encore douze Longues Lances : une bordée du Kitakami[...]. Le cuirassé encaisse cinq torpilles :

Même remarque. Surtout que la pratique est de lancer les torpilles sur des gisements légèrement décalés. En supposant 2° de décalage régulier, pour avoir la moitié des torpilles dans la longueur du cuirassé US (222m), il faudrait que la salve soit lancée à à peine 1000m.


Là, je limite à 4, en enlevant al torpille d'étrave, ce qui ne réduit pas beaucoup les dégâts.
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MessagePosté le: Jeu Jan 31, 2013 17:23    Sujet du message: Répondre en citant

loic a écrit:
Plusieurs remarques :
Citation:
les cuirassés et les croiseurs lourds d’Abe
=> il vaudrait mieux écrire aussi "le cuirassé et les croiseurs".

Citation:
le Japonais et le Washington ouvrent le feu l’un sur l’autre
=> le Nagato et le Washington

Citation:
Sur le Myoko, pendant ce temps, Abe a été retardé par la pluie.
=> pour moi, Abe est censé être à bord du Nagato et finir donc avec lui ou bien être évacué (de nuit, ça va être sportif). Historiquement il est à bord du Hiei en nov 42.

Citation:
il est à 8 000 mètres environ du Japonais.
=> des navires japonais

Citation:
Au bout du compte, l’US Navy et la Marine Impériale avaient “échangé” deux grands cuirassés, comme on échange deux pièces semblables aux échecs.
=> à reformuler en l'absence du Yamato

Citation:
vedette NAB Kingfish
=> expliquer NAB


1 et 2, OK.

3 : Depuis le tout début de la rédaction, Abe est sur un croiseur lourd, pratique qui n'est pas invraisemblable.
Sinon, il faut un contre-amiral pour commander les croiseurs, puisqu'ils se séparent du Nagato. Un candidat ? Le contre-amiral Mitsuharu Matsuyama ?
Si OK, Abe va connaître une mort glorieuse sur le Nagato (et éviter la disgrâce).


4 : OK.

5 : Non, à ce stade, seul le Washington est coulé. En échange du Nagato, les deux camps ont échangé 2 cuirassés (non deux chacun, deux total). Aux échecs, on dit "échange des dames", au pluriel, alors que chaque joueur n'en a qu'une.

6 : Ah, colle ! Je ne sais plus ! Quelqu'un a-t-il une idée ?

loic a écrit:
Et maintenant quelques questions de fond :
Citation:
On sait que l’issue de ce débat fut le lancement immédiat de la construction de deux cuirassés lourds de la classe Montana, aux dépens des deux derniers des six navires prévus de la classe New Jersey.

=> à l'époque où cet épisode impliquait le Yamato, cette phrase avait du sens car (contrairement à l'OTL où le super-cuirassé n'affronta que tardivement les Américains, la fin du conflit étant proche et la supériorité aéronavale acquise) il y avait en 1942 l'opportunité de produire des cuirassés capables de l'affronter. Dans cette nouvelle version, l'argument tombe, car les Américains n'ont toujours pas connaissance des capacités du Yamato.

Citation:
Néanmoins, la construction de porte-avions lourds fut poursuivie et intensifiée, afin d’éviter de s’exposer aux aléas d’une bataille nocturne en surface.
=> phrase pas claire, je ne vois pas en quoi les PA de classe Essex résolvent en quoique ce soit le combat de nuit.


1) La phrase dit bien qu'il s'agit de la vulnérabilité des cuirassés aux torpilles. Les Montana sont censés avoir une meilleure encaisse. Dans la réalité, les Américains n'ont jamais eu directement connaissance des capacités du Yamato. Ni des capacités des torpilles LL contre les cuirassés !

2) Disons : "afin de remporter la bataille de jour, grâce à l'aéronavale, évitant ainsi de s’exposer aux aléas d’un combat nocturne en surface."
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MessagePosté le: Jeu Jan 31, 2013 17:26    Sujet du message: Répondre en citant

loic a écrit:
Le contre-amiral John W. Wilcox : comme dit mescal, OTL il est mort noyé en tombant par-dessus bord du Washington le 27 mars 42 dans l'Atlantique. Il me semblait qu'on en avait discuté sur le forum, mais je ne retrouve pas. Wilcox commandait la BatDiv 6 dans l'Atlantique et lorsque celle-ci passera dans le Pacifique (en août 42), c'est le contre-amiral Willis A. "Ching" Lee qui prendra le commandement, toujours sur le Washington (l'autre cuirassé étant le South Dakota).

Quant à savoir si Wilcox subit le même sort qu'OTL ...

À noter que ce groupe US (Washington, Wasp, Wichita, Tuscaloosa + 6 DD) avait été renvoyé pour renforcer les Britanniques suite au départ dans l'Océan Indien des navires destinés à s'emparer de Madagascar. Comme ça n'a pas lieu en FTL et que la situation est largement plus favorable aux Alliés dans l'Atlantique début 42, les navires anglais suffisent largement pour le Tirpitz et il n'y a pas de convois arctiques.
Le Wasp étant de retour en FTL dans le Pacifique dès janvier 42, que fait donc le Washington entre mars (fin de ses essais, en particulier les hélices qui posent problème) et juin 1942 où l'on acte son affectation à la flotte du Pacifique ??? (snip)


Il me semble qu'on avait décidé que Wilcox échappait à la noyade parce que, justement, l'itinéraire du Washngton était différent. Celui proposé par Mescal me semble correct; est-il vraiment nécessaire de le préciser dans la Chrono ?
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MessagePosté le: Jeu Jan 31, 2013 19:10    Sujet du message: Répondre en citant

mescal a écrit:
Pour le passer dans le Pacifique sans faire une modification majeure, le mieux est peut-être de lui ordonner début avril de partir pour le Pacifique, et le faire arriver à Nouméa juste après la Mer de Corail (il faut environ 35j pour faire Norfolk-Nouméa via Pearl... on peut toujours ajouter 2-3j de + à Pearl pour recompléter ses effectifs/munitions/visser des 20mm AA ...).
Dans ce cas, faut juste lui trouver 1 ou 2 destroyer d'escorte.

Je ne sais pas si ca a été abordé, mais un autre effet du Torch FTL au lieu de OTL va être de libérer des transport d'assaut (AP/APA) et des pétroliers d'escadre (AO), qui pourront être utilisé pour Watchtower. (on les remplace dans l'Atlantique par des transports & pétrolier "standard") puisqu'il y a des facilités portuaires dispo en AFN.)
A la limite, on peut penser à un groupe Washington + 1 ou 2 AO + 3 à 5 AP qui prend le chemin du Pacifique en avril 42.

Je vais y réfléchir.

Quant à l'absence de conquête du Maroc, n'oublions pas qu'elle eut lieu en novembre, cela nous laisse un peu de temps (tous les navires ne sont pas forcément prêts à l'été). Ceux qui sont là peuvent faire du transport classique.
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MessagePosté le: Jeu Jan 31, 2013 22:35    Sujet du message: Répondre en citant

Il y a un problème dans la description de la bataille.

(1) Si les japonais veulent utiliser les BB pour bombarder Tenaru, il leur faut des obus HE ou HE-Frag. Ce sont donc ces obus qui seront utilisés dans le combat naval (il est probables qu'il y aura une petite réserve d'obus APC). Si des navires peu blindés sont touchés par un 406-mm HE ou HE-Frag les effets sont dévastateurs (contrairement à ce qui se passerait avec de sobus APC).

(2) Les seuls canons pour lesquels les japonais ont développés en 1942 des obus HE-Frag sont les 356-mm.

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MessagePosté le: Jeu Jan 31, 2013 23:25    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
3 : Depuis le tout début de la rédaction, Abe est sur un croiseur lourd, pratique qui n'est pas invraisemblable.
Sinon, il faut un contre-amiral pour commander les croiseurs, puisqu'ils se séparent du Nagato. Un candidat ? Le contre-amiral Mitsuharu Matsuyama ?
Si OK, Abe va connaître une mort glorieuse sur le Nagato (et éviter la disgrâce).

Mitsuharu Matsuyama est simple observateur à Savo, il n'a pas l'expérience de la conduite de croiseurs.
On peut placer le contre-amiral Chuichi Hara, qui a successivement commandé les CV japonais en Mer de Corail puis les Tone et Chikuma lors de la bataille des Salomon orientale (ces deux croiseurs sont au repos et le Chikuma est endommagé).

En fait, je me rends compte que pas mal d'OdB ne sont pas complets au niveau des officiers (chez les Japonais surtout, le mouvement est quasi-permanent), cela vaut-il vraiment le coup de se prendre la tête mis à part pour les plus haut placés ?
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Dernière édition par loic le Jeu Jan 31, 2013 23:34; édité 2 fois
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MessagePosté le: Jeu Jan 31, 2013 23:32    Sujet du message: Répondre en citant

Fantasque a écrit:
Il y a un problème dans la description de la bataille.
(1) Si les japonais veulent utiliser les BB pour bombarder Tenaru, il leur faut des obus HE ou HE-Frag. Ce sont donc ces obus qui seront utilisés dans le combat naval (il est probables qu'il y aura une petite réserve d'obus APC). Si des navires peu blindés sont touchés par un 406-mm HE ou HE-Frag les effets sont dévastateurs (contrairement à ce qui se passerait avec de sobus APC).
(2) Les seuls canons pour lesquels les japonais ont développés en 1942 des obus HE-Frag sont les 356-mm.
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Il me semble que tu avais déjà évoqué cette question avec Mark, non ?
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MessagePosté le: Ven Fév 01, 2013 00:04    Sujet du message: Répondre en citant

Fantasque a écrit:
Il y a un problème dans la description de la bataille.

(1) Si les japonais veulent utiliser les BB pour bombarder Tenaru, il leur faut des obus HE ou HE-Frag. Ce sont donc ces obus qui seront utilisés dans le combat naval (il est probables qu'il y aura une petite réserve d'obus APC). Si des navires peu blindés sont touchés par un 406-mm HE ou HE-Frag les effets sont dévastateurs (contrairement à ce qui se passerait avec de sobus APC).

(2) Les seuls canons pour lesquels les japonais ont développés en 1942 des obus HE-Frag sont les 356-mm.

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D'après cette page, les deux types d'obus sont dispo pour les canons du Nagato.
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MessagePosté le: Ven Fév 01, 2013 01:18    Sujet du message: Répondre en citant

Je crois aussi que c'était la conclusion du débat de jadis Wink

Je corrige le récit - Abe est sur le Nagato, tant mieux pour lui (du point de vue japonais), il en meurt honorablement, il ne sera pas en disgrâce !
Hara est sur le Myoko, à la tête des croiseurs.
Le Nagato commence par tirer sur le Tromp avec des HE (et le ravage en effet), puis il tire sur le Duquesne avec un mélange HE-APC (c'est déjà précisé), avant d'utiliser des APC contre les cuirassés US (pas longtemps !).
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