Fantasque Time Line Index du Forum Fantasque Time Line
1940 - La France continue la guerre
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   Liste des MembresListe des Membres   Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs   S'enregistrerS'enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Texte intégral, Asie-Pacifique, Août 1942
Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8  Suivante
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1942 - Le Pacifique
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
delta force



Inscrit le: 07 Juin 2009
Messages: 530
Localisation: france Gironde

MessagePosté le: Mer Jan 23, 2013 19:01    Sujet du message: Répondre en citant

pour Guadalcanal, je retiens à ce stade que cette nouvelle chrono semble donner le contrôle de l'aérodrome de Lunga aux marines dès le début de l'opération comme OTL (avec plus de pertes cependant) . Correct ? ou j'anticipe ?

cela me semble en tout cas plus crédible que dans la première version où je trouvais un peu limite que l'IJN et l'IJA trouvent des ressources nombreuses en troupes à déployer rapidement, alors que le niveau des pertes humaines jap semble très élevé FTL à ce stade la guerre (Chine+Malaisie+ Philippines+ Indochine) pour l'IJA , sans compter les insolubles (OTL comme FTL) problèmes de capacité de transport maritime.....


Dernière édition par delta force le Mer Jan 23, 2013 20:06; édité 1 fois
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 10301
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mer Jan 23, 2013 20:00    Sujet du message: Répondre en citant

Correct. Cool
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 10301
Localisation: Paris

MessagePosté le: Jeu Jan 24, 2013 09:54    Sujet du message: Répondre en citant

Ci-après, vous verrez les préliminaires du second assaut japonais contre Singapour.
Nous nous sommes mis à QUATRE - Tyler, Crixos, Fregaton et votre serviteur - pour boucler le tout, sur un mois FTL environ. Ceci s'ajoutant aux éléments que Geoff avait rédigés il y a maintenant fort longtemps et que nous avons tenu à respecter. (et puis bien sûr, le texte est ouvert aux observations constructives !)
Le jeu consiste à deviner quel élément est de quel auteur
Wink

18 août
Bataille de Singapour – IV
De notre envoyé spécial à Singapour
Toute l’île est dans l’expectative. Chacun, homme ou femme, soldat ou civil, Anglais, Ecossais, Anzac, Malais ou Chinois, chacun attend. Attend le prochain assaut des japonais contre la ville. Sans illusions ni espérance. Aucun renfort n’est attendu ou espéré. Aucun renfort ne sera envoyé. Le Commonwealth n’en a pas les moyens. Singapour est perdu.
Lord Gort a publié aujourd’hui un nouvel ordre du jour. Il y explique clairement qu’aucune offre de reddition ne sera soumise ou reçue. La garnison a pour mission de se battre à outrance, sans esprit de recul, pour ralentir la progression japonaise le plus longtemps possible. La forteresse a déjà repoussé un assaut. Cette victoire n’a pas été suffisante, mais cela ne change rien au fond. Gort achève par les mots fameux : « l’Angleterre attend de chacun qu’il fasse son devoir ».
Je me promène chaque jour dans Singapour, malgré les multiples alertes aériennes. Ce qui reste de la population civile cohabite avec les soldats de la garnison. Les différencier en devient difficile. Ils vivent tous la même vie. Terrés comme des taupes au fond de leurs caves ou de leurs tranchées. Ils portent presque tous des casques sur la tête ou à la ceinture. Occidentaux ou Asiatiques, ils ont acquis à force de souffrances et de privations le même teint terreux et jaunâtre, celui des Indiens est juste un peu plus sombre. Les rations alimentaires sont de plus en plus faibles. Un peu de riz, du thé et des biscuits. Deux fois par semaine de la viande séchée. La police militaire fait régner l’ordre pour éviter toute prévarication ou pillage. Elle frappe sans pitié les contrevenants. Cette rigueur est appréciée par les civils et les militaires. Oh, il y a encore des riches – mais leurs rations sont aussi maigres, simplement additionnées d’alcools coûteux et de cigares de luxe.
J’ai longuement discuté avec M. Song, commerçant chinois spécialisé dans l’import-export de toutes sortes de marchandises. Au début du siège, l’armée a réquisitionné tout le contenu de ses entrepôts, qu’elle lui a payé fort honnêtement. Il me dit que la population chinoise craint l’arrivée des Japonais. Elle connaît les exactions perpétrées par l’armée du Mikado en Chine. Dès que possible, au début de la guerre, M. Song a envoyé ses enfants chez un parent aux Etats-Unis, il espère qu’ils y sont arrivés sans mal. Lui est resté avec sa femme et ses beaux-parents. Il appartient à la Défense passive et a déjà risqué la mort cent fois dans la lutte contre les incendies, ou pour chercher des survivants sous les décombres d’un bâtiment. Quand je lui demande ce qui lui fait risquer sa vie, il répond que c’est une question de « face ». Il s’explique : « Comment pourrais-je assurer la prospérité de ma société après notre victoire (il dit « notre victoire » car il possède un passeport britannique) si je restais à l’abri pendant la bataille ? » Son honorable voisin et concurrent, Mr McRory, est également membre de la Défense passive. Il y a ainsi une sorte de compétition entre les différentes catégories de la société de la ville. Entre eux ils sont Ecossais, Malais, Anglais ou Chinois. Mais si je leur fait une remarque à ce sujet ils me répondent de ne pas tenter de juger car je ne suis pas de Singapour.
Je me suis rendu ensuite au mess des officiers du 1st Prince of Wales’ Own Staffordshire Regiment. Je trouve les officiers en train de lire le dernier ordre du jour de Lord Gort, que certains appellent, avec un immense respect, General No Surrender. Apprenant ma qualité de journaliste, ils me proposent d’abord une tasse de thé (le thé est à peu près le seul produit alimentaire à ne pas être rationné) puis mille et un témoignages de leurs combats contre les Japonais. Les hommes qui m’entourent sont du Yorkshire, de l’Essex, du Pays de Galles, d’Ulster ou d’Ecosse. Mais ils ne ressemblent plus guère à des soldats de Sa Gracieuse Majesté. Hâves, habillés d’uniformes vingt fois reprisés, le teint cireux et l’œil jaune, ils regardent de haut ceux qui n’appartiennent pas à leur régiment. Il y a au sein de l’armée la même mentalité que chez les Singapouriens. Ce sont eux contre le reste du monde. Ils font flèche de tout bois et emploient toutes les ressources possibles pour fortifier leur secteur de défense. Quand je leur ai demandé ce qu’ils pensaient de l’ordre du jour, l’un d’eux, un robuste Gallois, m’a répondu qu’il était trop fatigué pour lever les bras plus haut que la tête. Ce à quoi tous les autres ont acquiescé.
J’ai demandé à leur chef, un vétéran de 14-18, en Europe, ce qu’il pensait de la situation et de la différence entre les deux conflits. Voici sa réponse : « Pendant l’Autre Guerre, les ANZAC nous marchaient dessus. Maintenant, ceux qu’on a ici, les gars des chars, principalement, passent à côté de mes gars sans faire attention. Je pense qu’à la prochaine, ils nous saluerons réglementairement. Je serais curieux de voir ça ».
Ray O’Brady, pour le Times de Londres


Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Truk, 06h25
– La Flotte Combinée rentre au port. Elle a été devancée par certaines de ses unités, le Soryû notamment, en piteux état, et l’Akagi, qui arrive, n’est pas au mieux. Sans parlers des cuirassés Mutsu et Kirishima et du croiseur lourd Haguro… De longs travaux en perspective pour les chantiers navals japonais, déjà débordés.

Rabaul – Arrivée du Hakusa, ravitailleur de vedettes rapides, avec les G-4, G-5, G-6 et G-7. Le Hakusa, ancien navire porteur de vedettes de douanes pris aux Chinois, peut en effet transporter quatre vedettes rapides accrochées à des grues à portique à l’avant de la passerelle. A bord du navire lui-même se trouvent trois vedettes de classe H-2 (des MGB, ou canonnières rapides), les H-11, H-12 et H-13. Cette classe est devenue nécessaire aux opérations japonaises aux alentours de la péninsule malaise, où plusieurs servent à cette date, avec les premières canonnières rapides de classe H51. Comme la classe T51, la classe H51 est cependant victime de nombreuses “maladies infantiles”.
Le Hakusa est escorté par quatre chasseurs de sous-marin de classe Cha et huit péniches de débarquement de 17 mètres. Ces petits bateaux doivent créer un système de transport local.
Pendant ce temps, le Saigon Maru et le Ka Maru ont repris la mer, à nouveau escortés par les destroyers d’escorte Nire, Take et Yûnagi.

Guadalcanal – Les chasseurs de sous-marin japonais Cha-3 et Cha-4 débarquent 20 tonnes de ravitaillement et 12 torpilles pour l’équipe du capitaine Iishi, revenu de Rabaul.
Sur le front, les activités de patrouilles se poursuivent, avec des résultats équilibrés.

Campagne de Nouvelle-Guinée
Piste de Kokoda
– Le message de Wootten met en rage l’état-major (d’autant plus qu’il y va y avoir une fuite, comme on pouvait s’y attendre, et que la presse en aura connaissance), mais cela n’aide guère les hommes épuisés qui tentent de chasser les Japonais du Bowl. Ils savent qu’ils ne peuvent pas être relevés et s’accrochent comme des sangsues aux pentes qu’ils ont durement conquises. A court de rations, ils ne peuvent pas allumer de feu pour se faire un repas chaud ou même du thé – à moins de 40 mètres de l’ennemi, la fumée d’un feu le jour, sa lueur la nuit, ferait une trop belle cible pour les mortiers japonais. Dans la journée, ils sont coincés dans leurs trous, à deux ou trois. La nuit ne fait que réduire un peu les risques, quand on leur apporte des munitions et de quoi manger.
Mais ils avancent peu à peu et concentrent sur eux l’attention des Japonais.

Milne Bay – Clowes ordonne à ses troupes de décrocher jusqu’à Halfway Creek et Flying Fox Creek (les deux ruisseaux qui barrent la route de Waigani).
Un bataillon improvisé de 600 hommes, composé essentiellement de personnel au sol de la RAAF, reçoit l’ordre de tenir le point de passage sur la rivière Kalobi, « aussi longtemps que vous le pourrez » précise Clowes. Le choix de ces hommes ne vient pas du désir d’épargner ceux de l’infanterie régulière – bien qu’ils ne soient plus très frais, ce sont tout simplement les seuls qui ne soient pas au bord de l’épuisement. Ils reçoivent un renfort inattendu sous la forme de 120 hommes commandés par le capitaine Maitland. Ce sont des hommes du 53e Bataillon, qui avait craqué lors du débarquement japonais. « On a souvent dit qu’il s’agissait des seuls qui aient tenu leurs positions sur les plages, mais il est probable que ceux qui avaient tenu sur les plages y étaient morts. Les 120 hommes (et Maitland lui-même, sans doute) avaient probablement fui… » (B. Marcus, op. cit.).

Une aide française
Alger
– A la suite de la réunion du CDN de la veille et après de nouvelles conversations avec les représentants de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande à Alger (l’ANZAC Committee), le ministère de la Guerre décide d’envoyer par le paquebot Normandie, qui doit emporter les cent chasseurs Hawk-87 offerts à la Nouvelle-Zélande, dix instructeurs de l’école de chasse de Meknès pour aider les trois squadrons néo-zélandais à l’entraînement à devenir opérationnels aussi vite que possible.

La guerre sino-japonaise
Par tous les moyens
Shanxi (Chine)
– La base Y-8 est bombardée par 16 Ki-49 Donryu (Helen) escortés par 35 Ki-43 Hayabusa (Oscar).
Pendant ce temps, onze B-25 et neuf P-38 partis d’autres bases attaquent des installations de chargement de charbon au confluent du Grand Canal et du fleuve Jaune, provoquant de graves dommages et coulant plusieurs péniches. Les P-38 se montrent très efficaces contre les bateaux sur le fleuve. Cependant, sur le chemin du retour, les Américains sont interceptés au nord d’Ahyang par une douzaine de Ki-44 Shoki (Tojo), arrivés depuis très peu de temps du Japon. Pendant que les B-25 s’échappent, les P-38 affrontent les Ki-44, mais ils sont désavantagés en combat tournoyant et perdent quatre des leurs contre un seul Ki-44. Malheureusement pour eux, deux pilotes sont capturés. Torturés, ils révèlent l’emplacement de trois des bases avancées (les Y-5, Y-7 et Y-9), mais il semble qu’ils aient volontairement induit leurs tortionnaires en erreur en leur parlant de nombreuses autres bases en construction et de plans américains pour stationner au Shanxi une force de cinq ou six cents avions.


19 août
Campagne du Pacifique Sud-Ouesy
Rabaul
– Trois des navires de l’escadre Tanaka (DD Kuroshio, Hayashio et Oyashio) et la 30e Division de Destroyers (DD Mutsuki, Uzuki et Yayoi) quittent Rabaul à l’aube pour Guadalcanal. Les destroyers ont embarqué les 1 200 hommes du II/28e.

Guadalcanal – Les chasseurs de sous-marin japonais Cha-3 et Cha-4, sur le point de repartir pour Rabaul, sont attaqués par deux Swordfish et un Floatfire, 2 nautiques à l’ouest de Savo. Le Cha-3, gravement endommagé par une bombe qui explose à toucher sa coque, tente de s’échouer près de Tassafaronga, mais se brise en deux sur un récif corallien et sombre.

Campagne de Nouvelle-Guinée
Milne Bay – Bataille de la Kalobi

Il pleut – enfin, il pleut encore plus fortement et plus continuellement que d’habitude. Un groupe de Japonais déborde les forces de la RAAF et du 53e en traversant plus au sud, près du confluent de la Kalobi et de la Maiwara. Mais les hommes qui tiennent le gué d’Hagita refusent de bouger – en effet, sans ce gué, les Japonais ne peuvent avancer en nombre vers l’ouest, ni faire passer de ravitaillement.

Une aide française
Alger
– Conseil de cabinet. Le ministre de l’Armement, Raoul Dautry, indique avoir reçu une note des Finances qui « s’interroge sur le caractère opportun de l’envoi, sans contrepartie apparente, d’un grand nombre d’avions de chasse en bon état à la Nouvelle-Zélande. » Cette note provoque une réponse immédiate du ministre de la Guerre, Charles de Gaulle, prononcée sur le ton poli qui convient, mais non sans raideur : « Transmettez aux Finances, Monsieur le ministre, que cet envoi n’est qu’un mince investissement pour l’établissement de liens politiques à long terme, qui sont nécessaires pour conserver à la France son statut de grande puissance. La France Combattante se doit d’aider tous ceux qui luttent contre nos ennemis communs. Sa place dans le Pacifique Sud vaut bien une centaine d’avions ! Au reste, la politique de la France ne se fait pas à la comptabilité. »


20 août
Bataille de Singapour – IV
Singapour, 18h00
– La nuit vient de tomber mais, malgré quelques passages pluvieux dus à la mousson de sud, il fait encore chaud et humide.
Devant l’hôtel Raffles, un majordome indien aux cordons dorés ouvre la porte d’une Austin Seven à deux officiers de marine et les abrite d’un parapluie jusqu’au vaste hall. A l’intérieur, les rumeurs se font murmures et les odeurs de bois ciré le disputent aux effluves des ultimes cigares de quelques joueurs de bridge, riches Chinois ou Malais qui ont décidé de rester jusqu’au bout dans l’île – malgré la guerre, les affaires sont les affaires – et tentent d’échapper à la torpeur du crépuscule. Les pales des ventilateurs brassent l’air épais.
Les deux hommes se dirigent vers le long bar pour y commander deux des derniers “Singapore Sling” encore disponibles. Ce cocktail qui fait la réputation de l’établissement depuis 1915 sera bientôt remplacé à la carte du bar par du simple gin tonic car la Bénédictine, ingrédient majeur de cette douceur alcoolisée, fait désormais défaut.
Accoudés au bar, les deux compères jettent les écorces de leurs cacahuètes par terre, une tradition so british pour amplifier un peu plus les craquements du parquet verni sous les pas des clients.
– Au moins, le parquet rappelle le pont d’un navire ! lance, désabusé, le Lieutenant-Commander Hastings à son camarade Gready.
– Un navire ! Old chap, c’est une chose probablement étrangère à la majorité de cette noble assemblée, répond Gready en toisant les autres convives, parmi lesquels domine la bush-jacket kaki typique des troupes coloniales de Sa Gracieuse Majesté. La présence de la Navy sur l’île est en effet réduite à une poignée de vedettes Fairmile et les tenues blanches, naguère dominantes, sont devenues l’exception dans les lieux fréquentables de la ville.
Les deux hommes se connaissent depuis le Royal Naval College de Dartmouth. Tous deux sont spécialisés “canonnier” et ont été affectés comme officiers de liaison de la Navy auprès des 7th et 9th Coast Regiment, Royal Artillery, qui arment les batteries côtières de l’ile. La Navy se méfiant des artilleurs de l’Armée, nos deux capitaines de corvette ont reçu pour mission, peu avant l’opération Pedestal, d’aider à l’identification des silhouettes de bâtiments sur l’horizon dans le but de limiter les risques de tirs fratricides. La question ne s’est pas posée, mais les artilleurs, pensant qu’ils pourraient être très utiles dans l’éventualité d’une confrontation avec la flotte de l’Empereur du Japon, ont décidé de les garder. L’idée est idiote, estiment les deux marins : Horatio Nelson lui-même n’a-t-il pas tranché que « Tout marin qui s’attaque à un fort est un fou » !
D’ailleurs, depuis trois jours, c’est bien une offensive terrestre qui a été déclenchée contre le dernier point d’appui allié en Johore, le fort de Pengerang et ses canons de 6’’. Ces derniers ont brisé plusieurs attaques, mais ils ont utilisé toutes leurs munitions explosives (50 par pièce) – le fort ne tiendra plus bien longtemps.

Mer de Chine du sud – 2e Flotte de la Marine Impériale japonaise, 19h30 – Le vice-amiral Nobutake Kondo a invité à dîner ses principaux adjoints, le contre-amiral Sentaro Omori et le contre-amiral Kakuji Kakuta (4e Division de Porte-avions), dans le carré du croiseur amiral Atago. Il s’agit en fait d’organiser la seconde opération de bombardement naval de Singapour.
Kondo a appareillé de Kuching quelque temps plus tôt après avoir ravitaillé. La première opération contre Singapour, effectuée le mois précédent en utilisant essentiellement les bombardiers en piqué des porte-avions Junyo et Ryujo, s’est soldée à ses yeux par un maigre bilan : une douzaine de ses appareils ont été abattus par une DCA particulièrement mordante, et une fois le stock de bombes épuisé contre les postes de commandement et les batteries côtières, les reconnaissances aériennes n’ont pas montré de résultats décisifs. Comme il est hors de question que la Marine se montre incapable d’aider le général Yamashita à enlever aux Britanniques le joyau de leur couronne, Singapour, il va falloir faire donner les cuirassés et les croiseurs lourds.
La mission prioritaire de Kondo – en dehors de l’interdiction navale – est de neutraliser les plus grosses pièces de la défense ennemie, en particulier les cinq canons de 15” (381 mm) répartis entre les batteries Johore (trois) et Buona Vista (deux) (1). Ces armes modernes et puissantes, dont le champ de tir (après quelques travaux effectués au début de l’année) s’étend sur 360°, sont en effet un cauchemar potentiel pour les troupes au sol qui, venant de la presqu’île malaise, vont se lancer à l’assaut de Singapour. Elles ont causé des pertes sévères aux assaillants lors du premier siège de l’île. Mais Kondo ignore que ces canons ne disposent plus que de quelques obus explosifs (HE) pour traiter des objectifs au sol. Avant le début des hostilités, ils n’avaient pas été approvisionnés, les planificateurs n’ayant pas envisagé que l’ennemi puisse s’enfoncer jusqu’à l’extrémité de la péninsule malaise. Les stocks laissés par le Malaya et le Ramilllies ont été presque épuisés lors des combats du mois d’avril. Seuls des obus perforants (AP), adaptés à l’attaque des navires cuirassés modernes, sont disponibles en nombre dans les casemates souterraines des batteries.
Kondo décide d’affecter la 2e Division de Cuirassés (Yamashiro et Hyuga) à la destruction des batteries les plus puissantes. D’abord, ils attaqueront la batterie Johore, avec le soutien de la 4e Division de Croiseurs (Atago et Chokai), qui bombardera de son côté les 9.2” de Tekong et les autres batteries à proximité, toutes susceptibles de gêner l’assaut programmé le lendemain. Les destroyers Akebono et Nenohi iront soutenir l’attaque en cours de la batterie de Pengerang. Les avions de la 4e Division de Porte-avions (Junyo et Ryujo) fourniront un appui tactique à l’offensive principale.

Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Dans la nuit, les navires japonais partis la veille et l’avant-veille de Rabaul débarquent à Tassafaronga le II/28e et l’artillerie du régiment. Ils repartent à l’aube, couverts par des patrouilles de Zéro venus de Rabaul. Le général Kawagushi est à bord du Yayoi. Il a décidé de rentrer à Rabaul pour y mettre sur pied une nouvelle attaque, laissant le commandement sur Guadalcanal au colonel Oka.
Des patrouilles de Marines très agressives forcent les Japonais à être plus prudents pour éviter de nouvelles pertes, qu’ils auraient, malgré les renforts, beaucoup de mal à remplacer.
………
Pendant ce temps, le capitaine Iishi met l’équipage du Cha-3 au travail pour creuser dans les rives de la rivière Mbonehe deux abris de 1,40 m de profondeur, où pourront se loger les G-351 et G-352 à leur arrivée. Chacune de ses autres vedettes dispose déjà d’un nid douillet ombragé (et masqué) par des arbres en surplomb. Ces petits engins n’ayant qu’un tirant d’eau de 0,75 m, le travail a été facile et la petite escadre est maintenant presque invisible d’avion.
………
Mais l’événement capital a eu lieu dans l’après-midi. Le porte-avions d’escorte Long Island s’est aventuré aux environs de Guadalcanal, à distance respectueuse pour éviter d’être surpris par des bombardiers venus de Rabaul, mais assez près pour lancer douze Dauntless et dix-neuf Wildcat qui viennent se poser sur le terrain de Tenaru, tout juste remis en état (l’un des bombardiers fauche même son train en posant sur un trou d’obus mal rebouché). Sous les acclamations de ses Marines, le général Vandegrift annonce que le terrain portera désormais le nom de Henderson Field, pour honorer la mémoire du Major Lofton Henderson, mort lors de la bataille des Salomon Orientales.
………
Dans la soirée, Iishi fait une nouvelle reconnaissance de la zone de Tulagi. Il est encore aperçu, cette fois par des Australiens, mais ses petits bateaux sont pris pour des chaloupes alliées, dont Iishi constate qu’elles font la navette entre la baie de Tetere et Tulagi. Il observe aussi ce qui reste de l’USS Astoria et les diverses dispositions alliées. Cependant, il est déjà reparti lorsqu’à l’approche du lever du soleil, les ravitailleurs d’hydravions HMAS Zealandia et Nairana quittent la Baie. En raison de l’arrivée des avions basés à terre, qui rend moins important le maintien permanent en état de vol des quelques hydravions de combat basés à l’hydrobase de Tulagi, l’état-major allié a en effet jugé que les deux navires pouvaient abandonner leur position dangereusement exposée aux raids aériens japonais.

Une aide française
Casablanca
– En début d’après-midi, le grand paquebot Normandie quitte Casablanca pour Dakar, Capetown, Freemantle, Sydney et Auckland, parcours qu’il doit accomplir à grande vitesse, avec des pointes à 30 nœuds. De fait, il arrivera le 19 septembre. Il est chargé de 88 Hawk-87 en caisses (12 autres appareils, qui n’ont pu être conditionnés à temps, suivront par un autre bateau). Ces avions sont accompagnés par six instructeurs, auxquels s’ajoutent six anciens pilotes de la 7e EC, tous blessés au-dessus du Péloponnèse au printemps 1942 et qui doivent transmettre aux Néo-Zélandais leur expérience du combat.

Campagne de Nouvelle-Guinée
Piste de Bulldog
– En arrivant au col du Chinois Mort (Dead Chinaman), ce qui reste du groupe du capitaine Minchin rencontre les premiers renforts de l’AIF à atteindre la région : des éléments d’une compagnie de la 6e Division. Ceux-ci sont des soldats professionnels qui ont l’habitude de prendre de haut les volontaires et autres “amateurs” de l’AMF, mais ils changent brutalement d’avis en voyant arriver les “Squelettes Combattants de Minchin” (Minchin’s Fighting Skeletons), comme les 70 survivants se sont baptisés.
Minchin lui-même jette un coup d’œil aux positions occupées par les hommes de l’AIF et comprend immédiatement qu’ils ignorent tout des tactiques de l’infanterie japonaise. Sous les yeux du major commandant l’AIF, il se met à leur donner des ordres afin de redéployer les défenseurs de façon à faire face à une attaque japonaise standard “engagement de face et prise de flanc”. Quand il a terminé : « Voilà, dit-il au major sidéré, comme nous sommes sur une crête, nous devrions tenir 24 à 36 heures. Ont-ils du ravitaillement, à Bulldog ? » Informé qu’en effet, Bulldog a reçu une bonne quantité de ravitaillement, Minchin y envoie un coureur avec l’ordre de transporter vivres et munitions jusqu’à une position située à une heure de marche du terrain d’aviation de Bulldog et se retourne vers le major, carrément médusé : « Nous devrions pouvoir les arrêter là-bas. Vous comprenez, nous sommes maintenant tout proches d’un point de ravitaillement, tandis que celui des Japonais est à 20 heures de marche d’ici. Or, ils sont dans un état de forme qui n’est pas très différent du nôtre… »

Piste de Kokoda – Les hommes des compagnies A des 2/9e et 2/10e bataillons, soutenues par leurs compagnies B, occupent finalement toute la dépression connue sous le nom de Bowl.
Pendant qu’ils grignotent les défenses ennemies, le 2/12e, renforcé par les compagnies C des deux autres bataillons, qui ont pu se reposer un peu, s’est glissé le long du flanc droit japonais par la piste du jardin, à l’extrême gauche des positions australiennes. Les hommes pestent contre le sort injuste qui les retient encore, alors que les positions ennemies avancées ont été encerclées et anéanties. Mais les Japonais refusent de décrocher et ils ne se rendront pas. Alors les Australiens avancent lentement, nettoyant sans pitié chaque pouce de terrain du moindre Japonais, tuant tous ceux sur lesquels ils mettent la main. Enfin, au soir du 20, la principale position ennemie est devant eux.

Milne Bay – Bataille de la Kalobi
« Sur les 720 hommes qui avaient pris position au gué d’Hagita, il n’y eut que trente et un survivants. Tous étaient des hommes de la RAAF, tous avaient été blessés, tous avaient reçu l’ordre formel écrit d’évacuer et aucun ne jugea utile de témoigner de ce qui s’était passé exactement. Il fallut aux Japonais deux jours complets d’une lutte acharnée, presque constamment au corps à corps, pour se frayer un passage. Ce combat donna à Clowes le temps qui lui était nécessaire.
Aucun des cent vingt hommes du 53e Bataillon ne survécut. Cette action leur valut la grâce de rester dans les mémoires non comme « des hommes du 53e, qu’ils aillent au diable », mais comme des hommes de ce qui fut par la suite immortalisé comme le “Bataillon Perdu”. Bien des années plus tard, les mots « Il était avec le Bataillon Perdu » suffiraient pour que des hommes se taisent un instant et lèvent leurs verres en silence. »
(B. Marcus, op. cit.)

La guerre sino-japonaise
Coup pour coup
Shanxi (Chine) et Corée
– L’aviation de l’Armée Impériale bombarde six aérodromes alliés, dont deux servent effectivement de bases à des avions de l’USAAF. Une seule formation est interceptée, par huit P-40 – malheureusement pour eux, ils tombent sur neuf Ki-44 qui en abattent deux et repoussent les autres.
De leur côté, les Américains lancent onze B-25 contre le QG japonais de Pyongyang à travers la Mer Jaune. Les avions attaquent au crépuscule avec une charge de bombes limitée (500 kg chacun), mais le bombardement, très précis, fait plus de cinq cents morts et un millier de blessés.


Note (importante) - 1 - A l’emplacement de la batterie Buona Vista se trouve aujourd’hui le Mowbray Police Training Camp.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
JPBWEB



Inscrit le: 26 Mar 2010
Messages: 1971
Localisation: Thailande

MessagePosté le: Jeu Jan 24, 2013 10:22    Sujet du message: Répondre en citant

Je crois que The North Staffordshire Regiment (The Prince of Wales's) est la dénomination correcte pour l'époque.. Dans le contexte de la bataille de Singapour, il n'est pas obligatoire de préciser qu'il s'agit du 1er bataillon, puisque je suppose qu'il n'y a que celui là dans les parages. On pourrait de même éviter d'évoquer le Prince de Galles, et parler familièrement du 1st Staffordshire Rgt. Le correspondant de guerre pourrait même écrire qu'il est passé au mess des officiers du 1st Stafford, ou au mess des Staffords.
_________________
"L'histoire est le total des choses qui auraient pu être évitées"
Konrad Adenauer
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
JPBWEB



Inscrit le: 26 Mar 2010
Messages: 1971
Localisation: Thailande

MessagePosté le: Jeu Jan 24, 2013 10:24    Sujet du message: Répondre en citant

Je pense qu’à la prochaine, ils nous salueront réglementairement.
_________________
"L'histoire est le total des choses qui auraient pu être évitées"
Konrad Adenauer
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 10301
Localisation: Paris

MessagePosté le: Jeu Jan 24, 2013 10:43    Sujet du message: Répondre en citant

JPBWEB a écrit:
Je crois que The North Staffordshire Regiment (The Prince of Wales's) est la dénomination correcte pour l'époque.. Dans le contexte de la bataille de Singapour, il n'est pas obligatoire de préciser qu'il s'agit du 1er bataillon, puisque je suppose qu'il n'y a que celui là dans les parages. On pourrait de même éviter d'évoquer le Prince de Galles, et parler familièrement du 1st Staffordshire Rgt. Le correspondant de guerre pourrait même écrire qu'il est passé au mess des officiers du 1st Stafford, ou au mess des Staffords.


Nous avons utilisé la dénomination indiquée dans les OdB de Geoff. Par ailleurs, le journaliste tient évidemment à évoquer le Prince de Galles (ambiance). Pas de familiarité !
Je vais un peu retoucher.
Par ailleurs, désolé pour la coquille à la fin, je corrige sur mes fichiers.

Et, en passant, de qui est le passage en question ? Wink
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
JPBWEB



Inscrit le: 26 Mar 2010
Messages: 1971
Localisation: Thailande

MessagePosté le: Jeu Jan 24, 2013 13:17    Sujet du message: Répondre en citant

Pour ce qui est de la dénomination du régiment, le titre officiel entre 1921 et 1959 est bien The North Staffordshire Regiment (The Prince of Wales's)

Auparavant (entre 1881 et 1921), c'était The Prince of Wales's (North Staffordshire) Regiment, et après (1959-2007), c'était The Staffordshire Regiment (The Prince of Wales's), par amalgame avec The South Staffordshire Regiment. Depuis 2007, à la suite d'un nouvel amalgame avec deux autres unités, l'ancien régiment fait partie du Mercian Regiment. Nuances toutes britanniques, j'en conviens.

Je comprends l'attrait de mentionner le Prince de Galles, mais ça fait quand même un peu lourd de le faire dans la dénomination de l'unité. Peut-être une allusion plus discrète, par exemple en évoquant ledit prince à travers le badge régimentaire qui comporte les célèbres plumes d'autruche.

_________________
"L'histoire est le total des choses qui auraient pu être évitées"
Konrad Adenauer
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
loic
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 4850
Localisation: Toulouse (à peu près)

MessagePosté le: Jeu Jan 24, 2013 14:15    Sujet du message: Répondre en citant

Je plussoie concernant le North Staffordshire Regiment, l'appellation de Geoff date du grand remaniement de 1959.

Une coquille :
Citation:
Mais si je leur fais une remarque à ce sujet, ils me répondent de ne pas tenter de juger car je ne suis pas de Singapour.


Concernant les batteries de 15", je rappelle la discussion dans le sujet La bataille "Navalo-terrestre" de Singapour, à savoir que les canons (sauf un de ceux de la batterie Johore qui est dans un bâtiment) ne tirer à 360° qu'au prix d'une cadence lente (à cause de la déconnexion des câbles électriques et hydrauliques). Par contre, l'augmentation de portée à été acté.
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 10301
Localisation: Paris

MessagePosté le: Ven Jan 25, 2013 10:08    Sujet du message: Répondre en citant

loic a écrit:
Concernant les batteries de 15", je rappelle la discussion dans le sujet La bataille "Navalo-terrestre" de Singapour, à savoir que les canons (sauf un de ceux de la batterie Johore qui est dans un bâtiment) ne tirer à 360° qu'au prix d'une cadence lente (à cause de la déconnexion des câbles électriques et hydrauliques). Par contre, l'augmentation de portée à été acté.


Le pivot à 360° n'est nécessaire que pour tirer contre la terre, contre les bateaux, on va pouvoir rebrancher les câbles...
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 10301
Localisation: Paris

MessagePosté le: Ven Jan 25, 2013 10:14    Sujet du message: Répondre en citant

21 août
Bataille de Singapour – IV
Les Japonais repartent à l’attaque de Singapour !
04h00
– Les troupes de la division de la Garde Impériale (qui, malgré les renforts reçus, ne dépassent pas l’effectif d’une maigre brigade) débarquent sur les plages de l’île d’Ubin (Pulau Ubin), entre la côte nord-est de Singapour et la côte du Johore. Elle se heurte à une forte résistance, mais celle-ci ne pourra durer longtemps, les défenseurs sont trop peu nombreux. L’assaut final contre Singapour est lancé.
Quelques minutes après, cinq divisions japonaises débarquent sur les côtes nord, nord-ouest et ouest de l’île de Singapour elle-même. Le débarquement simultané des Japonais sur un front aussi large disperse les tirs de l’artillerie des défenseurs et limite leur aptitude à concentrer leurs réserves sur les points menacés. De plus, l’avance des attaquants sur plusieurs axes crée une certaine confusion et quelques unités risquent d’être prises de flanc.
A l’extrême est du front, à l’est de la Jetée, les troupes de la 27e DI sont repoussées. Suivant les ordres de Yamashita, elles n’insistent pas et se regroupent pour préparer une nouvelle tentative. Mais sur le reste du front, les 5e, 9e, 18e et 33e Divisions installent de solides têtes de pont.
Pour faire face plus efficacement et contrebalancer l’effet du contrôle total de l’espace aérien par les Japonais, ainsi que des tirs d’artillerie venant de l’arc des positions japonaises sur les collines bordant la rive sud du Johore, le Commandement de Malaisie décide de replier ses unités vers leurs sources de ravitaillement, d’abord au nord-ouest, puis à l’ouest. Cette stratégie est préférée à toute tentative d’envoyer des renforts en première ligne, car le Premier Siège a démontré l’extrême difficulté de déplacer renforts et ravitaillement vers l’avant sous les bombardements ennemis. De plus, les troupes s’installent ainsi sur un terrain ferme, n’ayant pas été ravagé par les combats d’avril et mai, et où les troupes disposent d’une couverture végétale. Enfin, la contraction du front permet à l’artillerie de mieux concentrer ses tirs défensifs, car les Alliés ont l’avantage de lignes intérieures de communication.
Selon les rapports de l’état-major du IIIe Corps Indien, « Dans la région nord, les Japonais ont utilisé pour la préparation d’artillerie des obusiers de 11 pouces et de 9 pouces, installés dans des positions creusées à contre-pente, ce qui rendait le tir de contre-batterie difficile. Obtenir le bon angle de chute pour les obus, dans la bonne direction et à la bonne portée, posait de gros problèmes. Peu de ces énormes obusiers ont donc été touchés par nos tirs, mais quelques résultats spectaculaires ont été observés sur ce qui devait être leurs dépôts de munitions avancés. Cependant, les obus de 9 et 11 pouces ont si gravement endommagé les fortifications et retranchements de la partie ouest du secteur de la Jetée qu’une défense efficace et économique dans cette zone est devenue impraticable.
A l’est de la Jetée, les troupes débarquées par l’ennemi ont subi de lourdes pertes et ont été repoussées.
A l’ouest, en revanche, l’aile gauche de la 9e Division Indienne s’est retirée sous la pression ennemie de la “ligne côtière” et de la “ligne des collines” des batailles d’avril sur les positions construites dans les collines couvertes de plantations d’hévéas, juste en arrière. Cette zone n’a pas été gravement touchée lors des combats d’avril-mai et permet aux défenseurs d’être à couvert des observations ennemies, tout en leur offrant de bons postes d’observation. Les plantations permettant à nos réserves de se dissimuler et d’intervenir sans être gênées par l’aviation, les Japonais tentant d’exploiter leur succès contre les défenses côtières pour progresser vers l’intérieur de l’île se sont heurtés à de violentes contre-attaques menées par l’infanterie de la 17e Division Indienne et par les blindés australiens. » (…)
« Dans la région ouest, la 11e Division Indienne s’est repliée en combattant, selon les plans, sur la ligne Krangi-Jurong. Malheureusement, une grande partie de l’artillerie de défense des plages (de vieux canons britanniques ou des canons japonais capturés) a dû être abandonnée après avoir très vite consommé toutes ses munitions en tirant sur les bateaux japonais et sur les cibles repérées en Johore. En dépit de tous les efforts et du soin pris en disposant les canons pour faciliter leur retraite, les artilleurs et leur infanterie d’appui ont constaté que, dans les conditions tactiques présentes et après les violents orages qui ont rendu la plupart des pistes impraticables, ils n’avaient pas d’autre choix que de détruire les canons. »
(…)
………
07h00 – Dans son PC de la batterie Johore, le major Higgins observe l’horizon, où il s’attend à découvrir bientôt les premières matures de la flotte japonaise. Pengerang est sur le point de tomber et des bombardiers provenant vraisemblablement de porte-avions ont entamé des raids de soutien sur le nord-ouest de l’ile.
07h30 – Hasting, casquette blanche rivée sur la tête, barbe aux reflets roux taillée à la Georges V et pipe à la main, entre dans la salle de télémétrie et flatte avec précaution le flanc des deux dobermans du major, Apollon et Zeus, tranquillement couchés au fond de la pièce. Higgins, casque en acier “plat à barbe” légèrement incliné sur le côté droit, fine moustache travaillée à la manière de l’Armée des Indes et stick en bambou sous le bras, le salue cordialement, offrant aux quelques supplétifs chinois présents une scène caricaturale à la gloire de l’Empire.
09h00 – La microscopique aviation de Singapour entre en action ! Un Fairey Fulmar, qui a décollé de Sembawang un peu plus tôt escorté par deux Hurricane, identifie deux cuirassés anciens (classe Fuso ou Ise), accompagnés de deux croiseurs et deux destroyers. Ils sont à environ 35 000 yards de la pointe sud-est de l’ile et font route à l’ouest à travers les Singapore Straits.
10h00 – Au PC de la batterie Johore, les grains de la mousson de sud gênent l’observation, mais les cuirassés japonais devraient être bientôt visibles, si l’observateur du Fulmar a bien fait son travail.
10h15 – Sur le cuirassé Yamashiro, qui fait route au sud-ouest à 8 nœuds, les tourelles de 14” (356 mm), pointant à l’élévation maximum par le travers tribord, engagent la terre à une distance d’environ 25 000 yards.
10h17 – Huit colonnes de poussières et de fumée s’élèvent dans un bruit assourdissant autour de la route de Changi. La première bordée du Yamashiro vient de frapper.
10h30 – Les DD Akebono et Nenohi, qui se sont imprudemment engagés dans la passe est entre Johore et Singapour, sont pris à partie par les deux 6” de Pengerang qui jettent leurs derniers feux avant que les troupes japonaises ne prennent d’assaut la batterie. Vite encadrés, les destroyers s’éloignent vers le large.
11h00 – Au PC de Johore, les coups des obus de 356 mm sont durement ressentis, mais les dégâts immédiats ne concernent que la végétation et les voies d’accès, peu à peu parsemés de cratères imposants. La visibilité s’est améliorée et les télémètres ont maintenant dans leurs réticules deux silhouettes bien identifiables. Les mâts-tours dignes d’un temple bouddhiste des Yamashiro et Hyuga sont parfaitement visibles sur l’horizon. Higgins et Hastings n’ont pas été formés à la même école, mais ils ont depuis peu mis en commun leurs expériences pour mettre au point une règle de visée tenant compte de leurs tables de tir respectives. La mesure par dépression chère aux artilleurs est ainsi agrémentée de la prise en compte de la hauteur de mâture du but chère aux marins. Les superstructures si typiques des cuirassés japonais vont faciliter l’application de cette technique.
11h30 – Premier tir simultané des trois pièces de la batterie Johore sur le Yamashiro. Les gerbes encadrent le cuirassé, mais seuls les coups trop courts sont observables. La vitesse des deux cuirassés ennemis est par contre bien prise en compte par la direction de tir, grâce au râteau mis en œuvre par Hastings.
13h00 – Les 9.2” (280 mm) de Tekong gênent la progression des troupes au sol sur Pulau Ubin. Les croiseurs Atago et Chokai attaquent alors la batterie en profitant de l’abri de la pointe de Pengerang, dont les 6’’ se sont tus.
Les duels se poursuivent plusieurs heures, les adversaires tirant à faible cadence et sans parvenir à régler leur tir. Le seul résultat tangible est un near-miss de Tekong sur l’Atago, qui occasionne quelques pertes humaines et des déchirures dans la cheminée avant.
16h00 – Les quatre derniers Swordfish de Sembawang décollent pour une attaque à la torpille de l’Atago et du Chokai au large de Pengerang. Aucune torpille ne fait but et un Swordfish est abattu, mais l’amiral Kondo lui-même, furieux, appelle Kakuta pour lui expliquer que l’aviation ennemie, qui était en théorie totalement anéantie, existe encore ! Si, par malheur, l’inattention scandaleuse des chasseurs de ses porte-avions permettait à un avion torpilleur anglais de toucher un bâtiment de Sa Majesté Impériale, il faudrait que quelqu’un en paye le prix !
17h00 – Les grains de mousson revenant, le manque de visibilité met fin aux échanges de tir.
………
Toute la nuit, les Royal Engineers réparent les voies ferrées étroites d’approvisionnement en munitions des batteries, comblent les cratères les plus gênants et dégagent un peu les arbres abattus pour libérer le champ de battage des canons. Les câbles électriques et hydrauliques qui avaient été déconnectés pour permettre aux batteries de tirer à 360° sont rebranchés, puisqu’elles vont se battre contre des navires, donc dans les conditions prévues lors de leur construction.

Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Rabaul
– L’opération Wart est une nouvelle tentative pour reconnaître Rabaul. Cette fois, trois B-17 de l’USAAF doivent survoler le port à haute altitude pour distraire les chasseurs, pendant que deux Beaufort de la RAAF survolent la côte, surgissent au dessus de l’île et photographient le port à basse altitude. Mais de gros nuages gênent l’exécution du plan. Les B-17 attirent bien les chasseurs (un B-17 est endommagé), mais les Beaufort doivent affronter une épaisse nébulosité. Après avoir suivi la côte sous la base des nuages, entre 900 et 1 500 pieds, ils sont obligés de longer tout Simpsonhafen très bas, bien trop bas. Un Beaufort, touché par la DCA, heurte le relief à Vunapopo (tout l’équipage est tué). L’autre accomplit la mission. Les images chèrement payées montrent dans le port le cuirassé Nagato, deux croiseurs lourds, des transports et des embarcations légères. Le cuirassé semble endommagé, son hangar à hydravions a brûlé (reste de l’impact de bombe du 14 août) et de nombreuses péniches et un bateau de réparations sont à couple avec lui.
………
Dans le Slot – Avertis par les hydravions australiens qu’un petit convoi japonais a quitté Tassafaronga la veille à l’aube, les Américains lancent trois Dauntless en reconnaissance. Ceux-ci ne tardent pas à repérer le convoi, qui approche de la limite du rayon d’action des bombardiers. Les neuf appareils disponibles décollent aussitôt. Encore novices, les pilotes se lancent à l’attaque sans grande coordination. Le gros Saigon Maru est le plus visé, mais dans la confusion qui règne sur mer comme dans les airs, c’est le petit Ka Maru qui est touché. Il reçoit une bombe de 500 livres qui suffit à l’envoyer par le fond. Un Dauntless est endommagé par la DCA.
Cette première et modeste victoire va enchanter les Américains et inquiéter fortement la Marine Impériale, qui décide immédiatement des mesures de rétorsion massives pour permettre à l’Armée d’en finir une bonne fois pour toutes.
………
Guadalcanal – Un peloton de Marines lance un raid contre la ligne d’avant-postes japonais. Il est repoussé, mais cette attaque marque une étape en relançant les combats pour la première fois depuis la défaite de la force commandée par le colonel Ichiki.
………
Tulagi – Arrivée des premiers bateaux de la “Midget Fleet” (Flotte Miniature), dénommée officiellement “New Zealand Support Flotilla”. C’est la contribution de la Nouvelle-Zélande à la campagne navale. Ce sont 40 petits bateaux de guerre et embarcations de servitude qui vont fournir aux escadres alliées un appoint vital mais souvent négligé : patrouilles, poses de bouées, dragage de mines, appui dans la chasse des sous-marins, etc. – des besognes banales. Leur destin sera tout sauf banal.
Le cœur de cette force est la 25e Minesweeping Flotilla, commandée dès le début par le Lieutenant-Commander P. Phipps (RNZN), sur le MS Moa (classe Bird, 825 t., 14 nœuds, 1 x 4 pouces, 1 x 20 mm). Ce petit dragueur, qui sera bientôt connu comme “le cuirassé de Phipps”, est accompagné des bateaux suivants : Manuka (612 t., 10 nœuds, 1 x 12 livres, 2 x Lewis), Humphrey (207 GRT, 10 nœuds, 1 x 4 pouces, 2 x Lewis), Kaiwaka (169 GRT, 8 nœuds, 2 Lewis) et huit vedettes de plaisance de la Naval Auxiliary Patrol (NAP). Ces vedettes ont été remorquées de Nouméa, où elles étaient arrivées sur le pont de différents transports. A l’ébahissement des marins de l’US Navy présents, chacune a son équipage particulier, qui comprend en général le véritable propriétaire du bateau ! Ces embarcations ont été ré-étiquetées “Royal New Zealandese Navy Volunteer Squadron” (RNZNVS), mais il est impossible d’imaginer un plus étrange ramassis de petits bateaux. Ces derniers seront très vite connus comme les bateaux “Otez vos pieds de mon bordage” (Get your boots off my woodwork), mais les Marines apprendront tout aussi vite qu’ils peuvent faire appel à eux n’importe où, n’importe quand, quel que soit le danger – à condition bien sûr de ne pas abîmer le vernis de leur bordage.
Les Néo-Zélandais commencent immédiatement à échanger des produits alimentaires (en particulier des “jambons de Nouvelle-Zélande” – en fait, des bonbonnes d’un gallon de rhum de la Royal Navy) contre des armes automatiques de toutes sortes. Le skipper d’une vedette de la NAP essayera même de se procurer ainsi un LVT complet auprès de son équipage, mais Phipps l’obligera à le rendre une fois que tout le monde aura un peu dessoûlé.

Campagne de Nouvelle-Guinée
Piste de Bulldog
– La “bataille de Dead Chinaman” se déroule peu après l’arrivée des Japonais et se passe comme Minchin l’a prévu. Ses hommes tiennent le centre et rejettent deux attaques japonaises, mais les soldats de l’AIF couvrant les flancs ne s’en sortent pas aussi bien : les Japonais ont bien plus d’expérience du combat dans la jungle et les repoussent aisément, avec de lourdes pertes. Les survivants du groupe de Minchin – à présent moins de 50 – se fraient un chemin vers l’arrière. La performance des hommes de l’AIF consterne l’état-major, mais peut-être moins que la publication par la presse, un peu plus tard, d’un reportage illustré de photos, rapportées par deux journalistes qui avaient suivi les troupes.

Piste de Kokoda – Le 2/12e forme trois colonnes espacées de 300 mètres. Elles doivent avancer de mille mètres avant de s’arrêter et de constituer un front continu.
Toute la journée, les combats font rage. Les Japonais résistent farouchement sur la piste du jardin et les colonnes des capitaines Brocker et Harrison sont arrêtées. Ils décident de déclencher à l’aube du 22 une attaque convergente.

Milne Bay – A leur tour épuisés, les Japonais arrivent devant Halfway Creek, et s’arrêtent. Field, sachant que cette position sera intenable une fois les forces ennemies regroupées, est déjà en train de disposer ses hommes ailleurs. Il a trouvé une nouvelle position de défense dont les flancs sont bien assurés : il s’agit d’un col de montagne, aujourd’hui indiqué sur les cartes sous le nom de Bloody Saddle – le Col Sanglant.

Opération Oni, ou le “siège” de l’Australie
Côte Orientale de l’Australi
e (opération Oni, Phase 3d) – Les DE Haraden et Ringgold (deux vieux four-pipers américains envoyés avec leurs semblables Abbot et Cowell participer à la lutte ASM sur la côte australienne) accompagnent le navire-atelier USS Alcor vers Sydney. A 09h00, l’Alcor heurte une mine (sans doute posée par l’I-122) et stoppe. Croyant à un torpillage, les DE commencent à rechercher un sous-marin, mais à 09h20, le Ringgold saute à son tour sur une mine. La proue brisée, il reste à flot grâce au travail de ses équipes de secours, mais menace de sombrer à tout instant. Les marins américains comprennent alors ce qui se passe, mais à 10h15, l’Alcor, à la dérive, heurte une nouvelle mine et coule.
Les deux DE réussissent finalement à s’extraire du champ de mines, non sans d’immenses difficultés. L’équipage du Ringgold accomplit un véritable exploit en le ramenant à Sydney et en l’échouant à Watson’s Bay avec l’aide d’un remorqueur du port. Le vieux DE sera par la suite renfloué, mais il ne servira plus que de source de pièces détachées.
A Sydney, Port Jackson est fermé, le temps d’établir un chenal libre de mines.
D’après Research for Australian Official Histories, 1949, notes de Mr Norman.


22 août
Bataille de Singapour – IV
Extrait des rapports de l’état-major du IIIe Corps Indien (région ouest)
« Après quelques combats menés avec une belle énergie, la 11e Division Indienne s’est retirée de ses positions avancées sur la ligne principale Krangi-Jurong, dotée d’excellents postes d’observation sur les crêtes et les collines. De ces postes, ils peuvent diriger des tirs plongeants sur l’infanterie japonaise qui tente de se mettre à couvert dans les positions abandonnées par les unités indiennes, comme sur celle qui cherche à poursuivre son attaque contre notre deuxième ligne défensive, bien plus forte. Mieux encore, l’ennemi a progressé si loin qu’il est maintenant hors de portée du soutien de son artillerie positionnée sur la rive nord du détroit de Johore. »
………
De leur côté, les artilleurs des batteries lourdes n’ont pas été inactifs, même si ce n’est pas là, en réalité, que se joue le sort de l’île.
06h30 – Le jour à peine levé sur un horizon dégagé, la batterie Johore ouvre le feu à 44 000 yards sur les cuirassés Yamashiro et Hyuga bien avant que ces derniers ne rejoignent leurs positions de tir dans les Singapore Straits. Higgins et Hastings ont décidé d’utiliser la portée maximum des 15” pour éprouver l’adversaire. A cette distance, le tir est forcément imprécis et Kondo ne modifie pas ses ordres pour la journée.
07h00 – Le Fulmar et ses Hurricane d’escorte survolent les Straits. Le premier transmet de précieux renseignements sur la position des gerbes qui entourent les cuirassés nippons avant d’être pris en chasse par une patrouille de Zéro. Un Hurricane est abattu, les deux autres appareils sont sauvés par les consignes strictes des chasseurs : pas question de s’éloigner des navires escortés !
09h07 – Les deux cuirassés sont à bonne portée, le duel recommence vraiment. Les 356 mm labourent le sol autour de la batterie Johore, mais les casemates résistent bien.
11h00 – Les éléments de tir sont transmis à la batterie Buona Vista, où Gready officie auprès du major chef de batterie. Les deux 15” entrent dans la danse, avec l’avantage d’être hors de portée d’une réplique des cuirassés.
12h05 – Johore cesse le tir pour mettre ses servants à l’abri dans les casemates, tant le feu de l’ennemi se fait intense et plus précis. Mais Buona Vista continue et place au moins deux near-miss sur le Hyuga.
13h00 – Kongo pense en avoir fini avec Johore, qui reste silencieuse. Les croiseurs Atago et Chokai se rapprochent de la pointe est de l’île pour tirer avec plus de précision, tandis que les cuirassés se positionnent plus à l’ouest, pour attaquer Buona Vista.
13h33 – Higgins et Hastings profitent de l’éloignement des cuirassés pour reprendre le tir avec Johore, visant cette fois les croiseurs. Pendant ce temps, Gready occupe les cuirassés.
14h02 – Après quelques tirs de réglages, Johore place trois coups au but sur le Chokai. L’un défonce le bunker, un autre détruit la cheminée avant et le troisième allume un incendie dans la descente de la chaufferie avant. Durement touché (et les conséquences auraient pu être bien pires), le bâtiment se retire vers l’est à 18 nœuds. L’Atago quant à lui rallie les deux cuirassés.
15h00 – Le Yamashiro, le Hyuga et l’Atago bombardent Buona Vista, mais se trouvent en position d’être la cible des deux batteries de 15”. Un coup au but sur le Hyuga met hors service sa tourelle A – profitant de l’arrivée d’un grain, Kondo se replie vers l’est au-delà des Straits et hors de portée des batteries britanniques.
17h30 – Au PC de la batterie Johore, l’ordonnance chinoise du major Higgins, le private Tchang, pénètre triomphalement dans la salle de télémétrie, une bouteille de Bénédictine à la main : « C’est la dernière, Sir ! Tchang la gardait pour grande occasion ! »
– Excellente idée, Tchang ! Nous allons la partager avec nos amis marins !

18h00 – Au long bar du Raffles, deux majors de la Royal Artillery et deux capitaines de corvette de la Navy offrent une tournée de Singapore Sling jusqu’à épuisement de la bouteille de Bénédictine. A la santé de Sa Majesté George VI !
………
Dans la nuit, à Johore comme à Buona Vista, les équipes des Royal Engineers s’affairent à des terrassements de grande ampleur pour recréer comme ils peuvent les accès aux pièces de 15” au milieu de terrains rendus lunaires par le labourage des obus nippons. Quelques casemates sont endommagées et les bâtiments de servitude sont pratiquement tous détruits. La Royal Artillery déplore sept morts et une vingtaine de blessés. Mais les bunkers de direction de tir, les redoutes à munitions et les pièces sont intacts.
………
En Mer de Chine du Sud, le croiseur Chokai regagne Kuching à 18 nœuds sur deux lignes d’arbre au lieu de quatre, escorté par deux destroyers. Sa direction de tir principale est détruite, ainsi que deux chaudières. Il est en pratique hors de combat – nouvel exemple qu’un bateau est plus fragile qu’un fort…

De notre envoyé spécial à Singapour Le port est un vaste champ de ruines sur lequel plane l’ombre de la défaite. Des sapeurs parachèvent l’œuvre de destruction japonaise. Les rares installations épargnées par les bombes et les obus sont détruites à coups de mines. Les réservoirs de la Shell, crevés, déversent les restes de leur contenu que des hommes incendient avec des grenades au phosphore. « Les Japs n’auront pas de quoi remplir un briquet » me dit un sapeur avec un grand sourire. Il y a tellement de bateaux coulés dans la base navale qu’on peut presque la traverser à pied sec. Si les Japonais veulent y baser des unités navales, elles devront avoir le tirant d’eau d’un pédalo. Il ne m’offre pas de thé, mais du whisky récupéré dans un entrepôt (l’une des rares bouteilles à avoir échappé au pillage par les Japonais, lors du Premier Siège). J’accepte avec plaisir et nous trinquons, sec, à nos santés respectives, à celle du roi et de sa famille, et à la victoire prochaine.
Je me rends compte que depuis deux jours je n’ai plus vu le ciel. L’atmosphère de la ville est saturée par les fumées d’incendies et la poussière soulevée par les explosions. Tout cela forme une espèce de cloche de nuages sombres mais d’où ne goutte nulle pluie. Ici au bord de l’eau, quelques coups de vent dispersent un peu la fumée et je peux de nouveau distinguer de brèves écharpes de vrai ciel bleu. Mons sapeur est parti couler un ferry déjà à moitié détruit. Il m’a laissé en cadeau une bouteille cachetée de Loch Lomond.
Je la partage un peu plus loin avec une équipe d’artilleurs australiens, les servants d’une batterie de DCA. Nous la buvons pendant qu’ils chantent Waltzing Matilda avec ardeur. Cette chanson est vraiment l’hymne national de leur cœur, surtout depuis que le char Matilda est devenu la terreur des Japonais. Dommage qu’on n’en ait pas eu quelques douzaines de plus par ici, regrette un chef de pièce. Il est de Sydney. Les autres viennent du Queensland. Ils portent par coquetterie leur chapeau en coton piqué, jamais de casque. Ils sont tous torse nu et en short. Ils ont l’air un peu plus en forme que mes soldats britanniques de l’autre jour. Peut-être sont-ils plus rustiques ou disposent-ils de ressources insoupçonnées.
L’un d’eux a vraiment une tête de bagnard – un digne héritier des premiers colons. Il ne fume pas, il chique. En Australie, il travaille comme gardien de troupeau dans une exploitation du Queensland. Il me raconte des anecdotes sur la vie là-bas. Il n’aspire, à la fin de la guerre, qu’à retourner dans cette solitude sauvage, loin de tout. Quelques-uns qui, comme lui, travaillent dans le bush, abondent dans son sens. Ils parlent de leur vie de broussard et racontent les personnages qu’ils ont rencontrés. Chercheurs d’or, chasseurs de kangourous ou de lapins, prêtres ambulants et gendarmes. S’ils ne professent pas un respect énorme pour les autorités, deux personnages échappent à leurs moqueries.
Le premier est un prêtre catholique irlandais. Quand un broussard vient dans sa ville faire la fête, il le taxe d’une certaine somme, selon les moyens du broussard. Un propriétaire de troupeau payera facilement cinq fois plus qu’un simple gardien. Quand le broussard a bu le reste de son argent, le père Patrick le désintoxique avec de la soupe chaude et quelques gouttes de whisky. Ensuite, il paye au broussard des habits et un équipement et l’homme repart chercher du travail. Ils se reverront, peut-être, dans un an. Tous ont pour le père Patrick la plus profonde affection et le plus grand respect.
Le second personnage est un inspecteur de la police du Queensland, un métis anglo-aborigène. L’un des soldats présents a été arrêté par lui il y a de cela plusieurs années pour un petit vol. S’il a moins d’amitié pour lui que pour le père Patrick, il lui reconnaît une personnalité exceptionnelle. L’homme porte le nom improbable de Napoléon Bonaparte. Ceux qui le connaissent lui attribuent des facultés d’analyse et de déduction quasi magiques.
Le désastre qui frappe Singapour met tout à nu. Les hommes comme les choses. Certains ont montré des ressources insoupçonnées pour faire face aux événements. Rarement a-t-on l’occasion d’observer une telle collection de caractères mis à nu. Tel qu’on croyait fort s’est écroulé sous les bombes et tel qui semblait insignifiant s’est révélé un magnifique combattant et même un chef. Mais au total, les défenseurs de l’île s’en tirent bien, très bien. Si la noblesse doit être un éperon pour la vertu – Noblesse oblige, n’est-ce pas – Singapour compte plus de nobles que toute la Grande-Bretagne.
Ray O’Brady, pour le Times de Londres


Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Ironbottom Sound
– Iishi repart en reconnaissance vers Tulagi, car il aimerait bien couler la “batterie flottante” Astoria. Mais il constate avec ennui que la baie de Tulagi est coupée par un “barrage de patrouille” – il s’agit du HMNZS Humphrey et de deux vedettes de la NAP.
………
Guadalcanal – La Marine Impériale lance contre Henderson Field quinze G4M escortés par dix-huit Zéro. L’approche du raid est détectée par les coastwatchers juste à temps pour permettre le décollage d’une dizaine de Wildcat qui s’ajoutent à la patrouille de quatre appareils entretenue systématiquement. Après une brève mêlée, trois Wilcat, deux Zéro et quatre Betty sont abattus. Le bombardement fait quelques dégâts à la piste (vite réparée par les Marines) et détruit trois Dauntless au sol (après cannibalisation, il reste neuf bombardiers opérationnels).
………
Tulagi – En fin de journée arrive un renfort fort attendu : le Motor Torpedo Boat Squadron 3, plus connu sous le nom de MTB-ron 3 . Cet escadron de vedettes lance-torpilles, le premier à arriver dans le Pacifique Sud, remplace les vedettes rapides hollandaises, qui sont envoyées en Nouvelle-Guinée. Il est commandé par le Lt-Cmdr Alan R. Montgomery, qui espère bien montrer aux huiles que les abords de l’île de Savo sont un terrain de jeu rêvé pour ses coquilles de noix. A la tombée de la nuit, les PT-38, 46, 48 et 60 se balancent doucement au bout de leurs ancres devant Tulagi. Elles sont appuyées par un navire-atelier, le yacht converti USS Niagara (1 923 tonnes), mais celui-ci est resté à Nouméa. Il est prévu de les renforcer mi-octobre par les PT-37, 39, 45 et 61.

Campagne de Nouvelle-Guinée
Piste de Bulldog
– Les défenseurs du col du Chinois Mort se replient vers Bulldog. Là, grâce au terrain d’aviation, se trouve ce qui est (selon les critères de la jungle) une abondante réserve de ravitaillement, surveillée par une compagnie de l’AMF et une escouade de l’AIF, entre lesquelles règne la plus cordiale inimitié. Cependant, les ordres de Minchin ont été suivis, et des positions de défenses ont été préparées le long d’un torrent, à 3 km du terrain.

Piste de Kokoda – En fin de nuit, avant que le 2/12e ne lance son attaque, les Japonais les devancent. Une compagnie passe à l’attaque dans le Bowl. Les hommes épuisés qui tiennent la zone s’accrochent désespérément et des corps à corps sanglants se déroulent dans l’épaisse végétation du Bowl.
L’attaque du 2/12e est retardée, puis démarre vers midi après une forte préparation au mortier. Cependant, les Japonais lancent immédiatement une autre compagnie en contre-attaque. C’est une charge à la baïonnette d’hommes hurlant avec frénésie ; il faut une heure de corps à corps furieux pour en venir à bout – et les pertes sont lourdes. Sous une grêles de grenades à fusil, les colonnes du 2/12e se jettent alors sur deux points du périmètre défensif japonais et l’aile droite ennemie est prise dans un étau. Malgré l’intensité des tirs défensifs, les Australiens progressent avec acharnement. « Nous leur avons foncé dessus, tirant l’arme à la hanche, sous une pluie de grenades de toutes sortes. Les hommes de tête se sont fait tuer en traversant un ruisseau, mais d’autres ont continué à avancer, progressant continuellement de tronc d’arbre en tronc d’arbre, et nous nous sommes enfoncés en plein milieu de leurs positions. Tout d’un coup, les Japs ont commencé à s’enfuir. Ils ont lâché leurs armes et sont partis en trébuchant dans les épaisses broussailles. C’était une sorte de colin-maillard meurtrier. Ils couraient plus ou moins au hasard, couinant comme des cochons qu’on égorge, pendant que nous les pourchassions, que nous leur tirions dans le dos et que nous les achevions à la baïonnette… » (Journal du caporal Archibald Pettigrew)

Milne Bay – Les deux camps consolident leurs positions avancées à Halfway Creek et se déploient pour sécuriser leurs flancs et leurs arrières. Sur les arrières australiens se trouve Dahuni Bay, où des travaux sont entrepris d’urgence pour construire des dépôts et des installations portuaires de base : ce sera Mullins Harbour. Un gros problème de ravitaillement a été résolu par l’arrivée de quarante lougres de pêcheurs de perles venant de l’huîtrière de Broome. Ces embarcations sont immédiatement mises au service de l’armée, ainsi qu’un certain nombre de petits bateaux réfugiés (praos à voile et à moteur, petits caboteurs) recueillis dans les ports de la côte nord de l’Australie.
La position d’Halfway Creek est intenable à terme : elle peut être tournée par le sud, en traversant la rivière Maiwara. Field fait ce qu’il peut, établissant un écran de patrouilles et une solide position au village de Dagama, trois km à l’ouest-sud-ouest du confluent entre Halfway Creek et la Maiwara, couverte par trois ou quatre points d’appui plus petits vers l’est. Mais cette solution ne peut être que temporaire. Le problème de Field est que la position du Col, au-dessus d’Halfway Creek, peut aussi être tournée, si les Japonais passent par le terrain plat au sud, entre mer et montagnes. Sa riposte est de lancer des patrouilles agressives de ce côté. Par bonheur, le sol de ce secteur est mou, parfois marécageux, planté de palmiers sago, le tout gênant beaucoup les mouvements de troupes en dehors des pistes qui descendent des hauteurs.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
loic
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 4850
Localisation: Toulouse (à peu près)

MessagePosté le: Ven Jan 25, 2013 13:35    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Mons sapeur est parti couler un ferry déjà à moitié détruit. Il m’a laissé en cadeau une bouteille cachetée de Loch Lomond.

=> Mon sapeur
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
mescal



Inscrit le: 06 Jan 2010
Messages: 71
Localisation: Paris

MessagePosté le: Ven Jan 25, 2013 14:26    Sujet du message: Répondre en citant

Intéressant, ce mois d'aout au bout du monde. Smile
On a moins l'impression d'avoir les super "Japanese on steroids" de la version FFO, et je pense que c'est mieux ainsi.

Quelques petites remarques sur les derniers événements :
Citation:
[21 Aout]10h15 – Sur le cuirassé Yamashiro, qui fait route au sud-ouest à 8 nœuds, les tourelles de 14” (356 mm), pointant à l’élévation maximum par le travers tribord, engagent la terre à une distance d’environ 25 000 yards.
10h17 – Huit colonnes de poussières et de fumée s’élèvent dans un bruit assourdissant autour de la route de Changi. La première bordée du Yamashiro vient de frapper.

La hausse max. des tourelles du Yamashiro est de 43°, ce qui leur donne une portée théorique de ~30000 metres. Les quatre tourelles avant et centrales du Hyuga sont dans le meme cas, les deux tourelles arrières montent seulement à 33°, et ne peuvent donc pas engager si les autres sont à hausse maximale.
Petite question au passage : le Hyga subit-il son explosion de tourelle n°5 (5 mai 42 OTL) après laquelle cette tourelle est débarquée ?
Pourquoi "huit colonnes de poussières" ? Une bordée complete du Yamashiro fait 12 impacts.


Pour remonter plus en arrière :
Citation:

[15 aout]Guadalcanal – Vandegrift, informé que les Japonais ont reçu des renforts (les I et III/28e), envisage de prendre l’initiative et d’attaquer. Mais l’état-major allié lui recommande la prudence.

OTL, c'est Vandegrift qui insiste pour le maintien du périmètre au prix du sacrifice de l'offensive. Et il se fait critiquer pour cela par les états-major "loin du front"

Citation:

[6 aout]Un peu avant 16h00, les cuirassés North Carolina et Washington, escortés par les destroyers Aaron Ward, Farenholt et Grayson, se détachent de l’écran des porte-avions et filent à 25 nœuds vers Guadalcanal.[...]22h20 – L’escadre de bombardement américaine a pénétré dans la baie. S’orientant sur les reliefs des côtes que laisse entrevoir un mince croissant de lune, les deux cuirassés ne tardent pas à commencer leur bombardement.

Si je ne me trompe pas, cela met les cuirassés et donc les P-A au Nord de Rennell à 16h, et donc devant le convoi (" 50 nautiques à l’ouest de Rennell"). Est-ce normal (j'aurais plutot vu l'inverse).
De plus, je ne suis vraiment pas convaincu que l'US Navy engage ses cuirassé dans des eaux si restreintes. D'autant plus que c'est encore Ghormley qui est aux manettes. OTL, Halsey ne se décide à engager ses cuirassés dans Ironbottom Sound que parce qu'il n'a vraiment plus rien d'autre et qu'un péril grave et imminent menace toute la position US (et il aurait sans doute fini pendu à la grand-vergue la plus proche si il avait perdu ses batiments).
Je pense qu'un détachement de croiseurs aurait été jugé plus approprié.

Pour ce qui est de l'usage du radar par les japonais pour la direction de la chasse : ce ne peut être qu'un usage limité du fait de l'absence de fiabilité (ou de l'absence tout court) de radios a bord des Zeros.

Enfin, concernant l'expérience des pilotes USN par rapport aux japonais ("l'heure des comptes" le 15/0Cool: l'histoire des 2000+ heures de vol et de l'expérience du combat en Chine est assez largement un mythe. Elle ne concerne que les chefs de chutai et quelques leaders de shotai.
La différence d'expérience entre les américains et les japonais vient en bonne partie d'une façon différente de comptabiliser les heures de formation.
De plus, le noyau des aviateurs embarqués US au début de la guerre est très expérimenté. OTL, Nimitz n'anticipe pas de grands combats immédiats après Midway et renvoie aux US de nombreux pilotes pour qu'ils servent d'instructeurs. Ici les choses peuvent changer.
Sur ce sujet, voir en particulier Lundstrom (les 2 bouquins "First Team") et Zimm ("Pearl Harbor ...")


Et sinon :
Citation:
En même temps, risquer des bombardiers à basse altitude pour peut-être flinguer un destroyer, espèce dont la marine japonaise dispose en grandes quantités ...

Non, justement : le nombre de destroyers japonais est faible par rapport à l'ampleur des missions qui leur sont confiées. La marine impériale sera toujours à court de destroyer, et obligée de sacrifier le temps de maintenance pour en avoir le plus grand nombre possible "opérationnels" (avec tous les effets délétère que cela implique).
_________________
Olivier
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 10301
Localisation: Paris

MessagePosté le: Ven Jan 25, 2013 15:26    Sujet du message: Répondre en citant

1) Yamashiro : la réponse est dans la question. Les 4 canons arrière ne sont pas encore à portée. D'où, 8 impacts seulement. Mais il faut préciser ce point, je vais le faire.

2) Vandegrift a plus de forces à sa disposition qu'OTL. Il est plus hardi.

3) Les BB sont engagés parce que, contrairement à OTL, il y a un terrain d'aviation fonctionnel à Guadalcanal et qu'il faut s'en débarrasser ! Or, aucune opposition navale n'est à prévoir. Donc les BB se lancent dans un raid éclair (une heure de bombardement).

4) Ici, des pilotes US expérimentés sont renvoyés aux USA après la Mer de Corail.

5) Radios et Zéros : ? A discuter, c'était un point que j'ignorais.

6) Bombardiers et destroyers japonais : oui, en effet, les bombardiers alliés ont souvent été engagés contre des convois et des destroyers. L'échange était favorable aux Alliés !
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
loic
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 4850
Localisation: Toulouse (à peu près)

MessagePosté le: Ven Jan 25, 2013 15:48    Sujet du message: Répondre en citant

mescal a écrit:
Petite question au passage : le Hyga subit-il son explosion de tourelle n°5 (5 mai 42 OTL) après laquelle cette tourelle est débarquée ?

Voir dans la chrono du 5 mai FTL Cool
Citation:
Iyo Nada – Les cuirassés Hyuga et Yamashiro quittent Hashirajima pour l’Iyo Nada (ou mer intérieure de Seto) pour un entraînement au tir.
Pendant cet entraînement, un obus de 14” fait exploser la culasse du canon gauche de la tourelle n°5 du Hyuga, tuant une cinquantaine de marins. Les deux soutes à munitions arrière doivent être noyées en urgence pour éviter la destruction du cuirassé. Le navire doit se rendre au chantier naval de Kure pour une remise en état qui va durer jusqu'au mois de juin.


Ce qui me fait penser qu'il faudrait qu'on s'occupe un peu de ce fil.
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 10301
Localisation: Paris

MessagePosté le: Dim Jan 27, 2013 10:55    Sujet du message: Répondre en citant

23 août
Panama attaqué par les Japonais !
Canal de Panama
– Six grands sous-marins japonais déposent 180 commandos qui vont attaquer les écluses Miraflores (les plus proches du Pacifique) du canal de Panama (voir appendice 4). C’est l’opération Oni 3. Malgré la hardiesse des commandos et l’effet de surprise, les précautions prises par les Américains empêchent les destructions d’être aussi étendues que les Japonais l’espéraient. En fait, si, au lendemain de l’opération, le canal est fermé, six semaines plus tard à peine, il sera remis en service à 50% de sa capacité. Et en février 1943, sa remise en état sera complète !
Cependant, l’attaque provoque une intense émotion aux Etats-Unis, d’autant plus que l’on constate immédiatement un certain laxisme dans les procédures de sécurité. Celles-ci sont considérablement renforcées dans tous les ports et sur les côtes américaines.

Bataille de Singapour – IV
Singapour
– Sur le front, suivant les ordres de Yamashita, les quatre divisions japonaises qui ont pris pied sur l’île se retranchent, se renforcent, et s’efforcent d’acheminer un peu d’artillerie à travers le détroit.
En mer, la journée est plus animée.
06h30 – Kondo précise ses ordres pour la journée : le Yamashiro et le Hyuga, ce dernier privé de sa tourelle A, renouvellent l’attaque sur Johore. L’Atago ira faire diversion à l’ouest pour occuper Buona Vista.
07h00 – Malgré un camouflage méticuleux, un Fulmar, les trois derniers Swordfish et quatre Hurricane sont détruits au sol par un raid de la 4e division de porte-avions. Trois D3A1 et un A6M2 sont abattus par la DCA lors de cette attaque.
08h32 – Le Fulmar survivant, accompagné par les derniers Hurricane, repère et positionne le Yamashiro et le Hyuga dans les Straits. L’Atago n’est pas repéré.
08h46 – Johore ouvre le feu sur les cuirassés qui manœuvrent. Buona Vista l’imite quelques minutes après.
09h02 – Les cuirassés répliquent alors qu’ils ne sont pas encore en position de tir. Les gerbes d’eau des impacts sont visibles à proximité de la plage de Changi.
09h32 – Un near-miss au niveau de la cheminée arrière du Yamashiro arrache une embarcation et fait cinq blessés.
09h58 – La pièce 2 de Johore cesse le feu pour mettre le personnel à l’abri. Un coup de 356 mm est tombé à proximité du bouclier, qui est en partie arraché. Il y à un mort et trois blessé parmi l’équipe de pièce.
10h08 - L’Atago a traversé les Straits d’est en ouest à vitesse maximum sans que Buona Vista puisse le prendre pour cible. Il se positionne face à la batterie Fort Siloso qu’il commence à bombarder à courte portée (pour ses canons de 8”), faisant jaillir des éclats de béton des blockhaus et détruisant d’un coup heureux un canon de 6” en encuvement. Les pourvoyeurs ont cinq morts et de nombreux blessés. La riposte de la batterie est inefficace
11h02 – Profitant d’une accalmie lors du changement de cap des cuirassés sur leur hippodrome de tir, Johore effectue une visée efficace qui permet de loger deux coups de 15” sur les superstructures du Yamashiro. L’imposante pagode du mât-tour est à moitié arrachée, la direction de tir déplore de nombreux morts et blessés et le commandant doit ordonner la poursuite du feu en mode décentralisé, tourelle par tourelle.
………
Jusqu’à 16h00, les bâtiments nippons continuent leurs tirs à un rythme plus ou moins régulier, labourant la terre, détruisant la végétation, écrasant toute construction non protégée, rendant les routes et voies ferrées impraticables, mais ne faisant que des dégâts mineurs aux abris souterrain et aux bouches à feu. C’est finalement Fort Siloso qui souffre le plus.
En fin de journée, une reconnaissance aérienne ordonnée par Kondo montre que les bombardements n’ont produit qu’une apparence de destruction. La noix est terriblement dure à briser ! A chaque bordée, les tirs furieux des navires semblent faire disparaitre les ouvrages fortifiés sous une avalanche de fer, de feu et de fumée. Pendant deux jours, du matin au soir, ses bâtiments ont cogné, pilonné, écrasé les batteries pour les faire taire. Mais, dès que l’on croit avoir définitivement réduit au silence un poste de tir et que l’on passe à un autre, le premier recommence à tirer. Il ne se taisait que pour mettre ses artilleurs à l’abri. Et ces damnés Anglais, dans la nuit, remettent en état le système d’approvisionnement de leurs canons…
23h00 – Le cuirassé Yamashiro, blessé, fait route vers Kuching, d’où il mettra le cap sur le Japon pour de longues semaines de réparations.

Johore – La batterie de Pengerang, dont les canons de 6” étaient à courts de munitions depuis plusieurs dizaines d’heures, aura résisté jusqu’au bout. A l’aube, le plus haut gradé encore vivant, un capitaine, finit par hisser le drapeau blanc. Les troupes de la 56e DI japonaise sont enfin venues à bout du dernier point d’appui allié en Johore. Mais en inspectant les installations, le colonel qui commande le 146e Régiment se rend compte que les effectifs alliés sont très faibles et qu’il n’y a presque pas d’hommes indemnes. Interrogé, le capitaine britannique, souriant, n’en fait pas mystère : la nuit précédente, plusieurs dizaines d’hommes se sont enfuis. Furieux, le colonel n’a même pas besoin de lui demander où ils peuvent bien être : il suffit de lever la tête pour apercevoir, non loin, l’ile de Tekong…
Ayant déjà pris du retard sur les prévisions du général Yamashita et très déçu de ne pas faire partie des divisions ayant eu l’honneur de débarquer en premier sur l’île de Singapour, le général Masao Watanabe (56e DI) ordonne à ses hommes de se préparer au plus vite à s’emparer des îles de Tekong et Tekong Kechil (petite Tekong). Il faut en effet neutraliser les batteries Tekong et Sphynx qui harcèlent la Division de la Garde sur Pulau Ubin. Mais il va devoir à nouveau avaler une couleuvre : la distance entre Kampong Jemang (le point du continent le plus proche de l’île) et Tekong a beau être courte, il faut des embarcations, et celles-ci manquent, malgré tous les efforts accomplis durant la préparation de l’offensive. Il faudra plus de vingt-quatre heures pour réunir une flottille convenable.
………
Ile de Tekong – La garnison, composée (comme celle de Pengerang) d’éléments de la 1st Singapore Brigade, se prépare à défendre les batteries Tekong et Sphynx. Les consignes sont simples : gagner du temps et profiter de la jungle luxuriante pour infliger le plus possible de pertes aux Japonais. Et, parce que peu se font d’illusions et que le gros de la bataille aura lieu ailleurs, des embarcations ont été prévues pour rejoindre Changi, sur l’ile de Singapour, quand la position sera devenue intenable et qu’il faudra saboter les deux batteries…

Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Un nouveau raid, plus réduit, s’en prend à Henderson Field. Une demi-douzaine de G4M escortés par une huitaine de Zéro s’efforcent d’arriver discrètement. Ils n’échappent pas à la vigilance de la patrouille de Wildcat, qui réussit à abattre deux Betty et un Zéro contre la perte d’un seul F4F, mais un autre Wildcat est détruit au sol. Jusqu’à la fin du mois, l’aviation de la Marine Impériale se contentera de raids nocturnes, peu précis mais désagréables.
………
Ironbottom Sound – Iishi reçoit en renfort les vedettes G-4, G-5, H-11, H-12 et H-13, ainsi que de nouveaux ordres. Toutes les vedettes sont soigneusement camouflées et installées dans des “logements” à leur taille. Cependant, les T51 ne sont pas prêtes. La G-352 n’a plus besoin que d’un jour ou deux pour être opérationnelle, mais les dommages subis par la G-351 sont plus sérieux qu’on ne l’avait cru.

Campagne de Nouvelle-Guinée
Piste de Bulldog
– Tous les réfugiés de Lae et Wau (du moins, tous ceux qui ont survécu à la marche jusqu’à Bulldog) ont été évacués les jours précédents en canoë vers la côte sud. Les blessés, les enfants et les femmes ont même pu être évacués par air, grâce aux inestimables Lodestar hollandais.
Les Japonais approchent, mais Minchin leur prépare une surprise. Il détache ses douze hommes les moins épuisés et huit des soldats de l’AIF les plus expérimentés sur une piste en direction de Yagi. Ces hommes doivent contourner les positions japonaises en passant à travers la partie la plus sauvage de la jungle pour aller attaquer le dépôt de ravitaillement installé par les Japonais à Middle Camp, situé à quatre heures de marche du Dead Chinaman en direction de Kudjeri.

Piste de Kokoda « Au matin, nous en avons enterré 150. Beaucoup d’entre eux portaient des montres australiennes. Avant ce combat, nous avions cru qu’ils ne craqueraient jamais, mais ils s’étaient bel et bien enfuis… C’était important. » (Journal du caporal Archibald Pettigrew)
L’examen de la position montrera qu’elle était très solide. Au centre se trouve une sorte de redoute de 300 mètres sur 100, entourée de plus petites positions. Les Japonais s’étaient installés sur la seule source du secteur, mais cette eau ne leur a pas servi à grand-chose. La position principale n’était pas au point le plus élevé de la crête et le 2/12e renforcé a réussi, en détruisant patiemment les positions voisines, à parvenir au dessus. Cet enveloppement signifiait la fin la seconde bataille d’Eora.


24 août
Bataille de Singapour – IV
09h00
– A bord du croiseur Atago, le vice-amiral Kondo annonce à son état-major la « suspension » des opérations de bombardement au canon des batteries anglaises. Les nouvelles du front terrestre sont bonnes : les divisions de l’Armée sont solidement installées sur l’île. Le général Yamashita, comme il l’a annoncé, va prendre tout son temps pour réduire la résistance ennemie, en évitant les attaques frénétiques qui ont coûté tant de monde pendant le premier siège.
Comme il semble fort peu probable que les batteries lourdes puissent changer le cours de la bataille (et qu’il ne dispose plus que d’un croiseur et d’un cuirassé), Kondo décide que son objectif est atteint ! Le soutien naval aux forces terrestres se limitera désormais aux avions de ses porte-avions, dont la précision des bombardements est unanimement louée.
La décision de l’amiral est sage, observe un vieux capitaine de frégate à l’avenir incertain, car elle tient compte de l’histoire qui nous montre, comme le disait Horatio Nelson, qu’il est vain pour des navires de vouloir soumettre des forts à terre. Les Anglais eux-mêmes, ayant oublié ce principe, ont lourdement souffert aux Dardanelles lors de la guerre précédente. Je l’ai vu de mes yeux en février-mars 1915 : j’étais jeune enseigne et j’effectuais une formation dans la Royal Navy, à bord du Queen Elisabeth, face au fort de Tchanak.
Cependant, les batteries lourdes anglaises, faute d’obus explosifs, n’interviendront plus guère dans les combats terrestres – ce qui permettra à la Marine d’affirmer avoir rempli son contrat.
.………
Après la chute de Singapour, les capitaines de corvette Hastings et Gready seront internés avec le major Higgins et d’autres officiers au fort Siloso, transformé en camp de prisonniers par les Japonais. A leur libération, leur premier soin sera de mettre la main sur une bouteille de Bénédictine pour se rendre au long bar du Raffles et y déguster un Singapore Sling.

Pulau Ubin – Depuis quatre jours, la Division de la Garde reçoit régulièrement des obus venant de Tekong, qui aggravent un peu plus les pertes qu’elle a subies lors de son débarquement sur l’île. Malgré tout, les Gardes ont occupé la petite ile de Ketam, à moins de deux cents mètres de Pulau Ubin. Les défenseurs – des éléments de la 1ère Singapore Brigade comme ceux qui tenaient Pulau Ubin – ont été éliminés un à un. Mais à présent, il faut attendre que la 56e Division occupe Tekong, car il n’est pas envisageable de tenter de débarquer à Changi sous le feu croisé des batteries de Johore et de Tekong.
………
Singapour, à l’est de la Jetée – Quatre jours après sa première tentative, la 27e Division japonaise débarque à nouveau sur Singapour. Cette fois, les éléments de la 64e Brigade britannique (25e Division britannique Western), manquant de munitions pour leurs armes lourdes, reculent après de sévères combats. Les Japonais finissent par établir une tête de pont pendant que la 64e Brigade se replie derrière la ligne de défense tenue par les 137e et 138e Brigades – mais toutes sont en sous-effectifs.
………
Singapour, front ouest – Curieusement, les 9e et 17e Divisions Indiennes sont opposées aux 9e et 18e DI japonaises, tandis qu’à l’aile gauche alliée, la 11e Division Indienne fait face à la 33e DI japonaise. Jusqu’à présent, chaque attaque a été contrée efficacement, mais suivant les ordres de Yamashita, les Japonais n’ont pas insisté, limitant leurs pertes, se contentant d’appeler l’aviation pour bombarder les secteurs où les défenseurs se sont concentrés. Yamashita sait très bien que chaque blindé détruit ou même endommagé manquera douloureusement par la suite aux défenseurs et que chaque obus tiré par ses adversaires rapproche les troupes du Commonwealth de la pénurie de munitions.
De fait, la 11e Division Indienne, dans le secteur de Kranji, estime qu’il lui faudra dans deux ou trois jours se replier jusqu’à la route de Mandai.
………
Singapour, QG du Commonwealth – Lord Gort dispose encore de deux unités en réserve, dans le secteur de l’Island Golf Club : la 21e Division britannique Scottish ainsi que la 2e Singapore Brigade. Et il s’inquiète pour l’est de l’île, où il a déployé les deux Brigades de Volontaires Chinois. Il sait que la 1ère Singapore Brigade ne pourra indéfiniment retarder les Japonais dans les îles au nord-est de Singapour.

Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Ironbottom Sound
– Le HMNZS Kiwi (jumeau du Moa) rejoint les forces de Phipps.
Vers 02h00, les G-4 et G-5, couvertes par la H-11, déposent une équipe d’observateurs des SNLF à l’est de Tetere. Ces observateurs espèrent pouvoir passer inaperçus, car la plupart des habitants de l’île ont fui la zone côtière. Malheureusement pour eux, les observateurs vont vite constater que les habitants de l’île ont gardé un très mauvais souvenir de la brève période d’occupation japonaise.

Campagne de Nouvelle-Guinée
Piste de Kokoda
– Les hommes du Bowl peuvent tranquillement traverser les positions qui les ont retenus si longtemps. Les Japonais sont partis. Leur retraite s’est fait en hâte : une grande quantité de matériel a été abandonnée, ainsi que 35 soldats blessés, trop gravement touchés même pour se suicider. Mais les Australiens retrouvent très peu de nourriture.

Opération Oni, ou le “siège” de l’Australie
Au large de Sydney
(opération Oni, phase 3d) – Port Jackson est rendu à la navigation après ouverture et vérification d’un chenal libre de mines. L’opération a coûté à la RAN le dragueur auxiliaire HMAS Uki, coulé la veille par une mine magnétique (sans doute de l’I-121). Le nettoyage complet des approches de Sydney commence.
La RAN a demandé de l’aide pour lutter contre les mines devant l’ensemble des ports australiens. L’US Navy a promis des unités de dragueurs dès que possible. La Royal Navy envoie quatre dragueurs d’un modèle ancien qui opèrent en Méditerranée Orientale, où ils ont du mal à trouver du charbon (abondant en Nouvelles-Galles du Sud) et où ils sont remplacés par des bateaux plus modernes et mieux équipés en DCA.
D’après Research for Australian Official Histories, 1949, notes de Mr Norman.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1942 - Le Pacifique Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8  Suivante
Page 5 sur 8

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com