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Intérale "Préparer l'avenir" Juillet 1942

 
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Auteur Message
Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Nov 29, 2012 12:03    Sujet du message: Intérale "Préparer l'avenir" Juillet 1942 Répondre en citant

Juillet 1942
9 – Préparer l’avenir
Futurs chars et futurs avions

2 juillet
Lancement du CERS
Hammaguir
– Du fait de l’augmentation régulière de l’activité sur le site, les recherches menées par Jean-Jacques Barré et René Leduc sont désormais coiffées par une nouvelle structure : le CERS, ou Centre d’Essais et de Recherche du Sahara. Le CERS est placé sous l’autorité directe du ministre de la Défense. Ce rattachement apparaît logique, l’activité du centre étant officiellement le développement d’un missile à longue portée combinant fusée, statoréacteur et système de guidage avancé. Dans la réalité, personne (et surtout pas le ministre lui-même) n’est dupe du fait que le missile est trop ambitieux pour être opérationnel de sitôt. Comme il l’admettra dans ses Mémoires de Guerre (tome 3, Le Salut), De Gaulle place déjà « les pions de la France » pour l’après-guerre...


4 juillet
Ecole de téléguidage
Hammaguir
– Un Caudron Luciole décolle de la piste du centre d’essais. Ce biplan, humble et vaillant serviteur de l’Armée de l’Air, a servi sous bien des cieux pendant de longues années. Cette solidité et sa stabilité naturelle l’ont fait choisir pour le programme en cours.
En tant qu’avion d’entraînement, le Luciole est biplace et, comme sur beaucoup d’avions de ce type, le pilote est assis derrière l’élève pour des raisons de centrage. Mais ce matin, il n’y a pas d’élève en place avant, où est installé un lourd empilement de coffrets contenant un dispositif pour le moins complexe. Une série de gyroscopes assure la stabilité de route sur les trois axes. Mais la partie la plus intéressante est un appareillage mécanique destiné à assurer un vol automatique. Le plan de vol prévu a été codé sous forme de cartes perforées similaires à celles des pianos mécaniques, qui actionnent un dispositif électromécanique qui transmet les ordres aux gouvernes. A terme, l’ensemble doit permettre un vol autonome sur de longues distances en remplacement du guidage radio, trop vulnérable au brouillage.
Lors de ce premier vol, un “instructeur” restera en place arrière, veillant sur la double commande, au cas où l’engin ferait des siennes… L’objectif à moyen terme est de monter le système sur un chasseur, afin de tester le système de guidage complexe aux grandes vitesses que doit atteindre l’obus propulsé par la fusée Barré.
Les essais menés sur le Luciole vont buter sur le même problème que ceux sur le Voisin dans les années 20, à savoir (entre autres) une incapacité à faire face aux rafales de vent, notamment dans la tenue de cap. Le jeune René Hirsch, à l’aube d’une brillante carrière d’ingénieur, essaiera une série de dispositifs inspirés du Leo-48, ailes oscillantes et “cornes” (surfaces verticales supplémentaires), qui doivent permettre au “pilote de fer” de résister aux rafales. Ils auront cependant un succès mitigé.
Pendant ce temps, les essais du Leduc se poursuivent. Le Bloch 175 a effectué plusieurs dizaines de largages du modèle à l’échelle ¼. Les essais du modèle à l’échelle 1/2 se poursuivent sur le dos du MB-161 et le jour de son premier largage approche.


7 juillet
Comment remédier aux déficiences de la Panzerwaffe
Rastenburg (la “Tanière du Loup”)
– La direction de la Heereswaffenamt se réunit pour discuter les résultats de la mission envoyée évaluer les déficiences de l’arme blindée allemande sur le front russe.
« A la grande consternation de tous les officiers généraux présents, il est vite évident, selon tous les rapports recueillis, que les véhicules blindés de la Wehrmacht sont sérieusement surclassés par les T-34 et les KV-1 russes (comme la bataille de Pskov va encore le montrer le même jour de façon dramatique).
Des engins tels que le Pz-II ou même le Pz-38(t) sont devenus pratiquement inutiles. Le Pz-III, cheville ouvrière des Panzer Divisions, est totalement dépassé en puissance de feu comme en blindage par les nouveaux chars moyens et lourds des Russes. Le nouveau char de percée, le Pz-V, manque gravement de puissance de feu. Il sera relativement facile de lui donner un armement plus puissant, mais on ne pourra rien faire pour modifier le blindage vertical de ses flancs. Le Pz-IV est plus facile à construire en grand nombre que le Pz-V, mais sa protection est encore moins satisfaisante. La seule solution est de développer de nouveaux blindés. Un Comité spécial Blindés (PanzerStaß) est alors organisé sur l’ordre de Speer pour rédiger des programmes concernant un char moyen et un char lourd. Il est cependant évident qu’aucun de ces véhicules ne pourra équiper les unités de première ligne avant fin 1943.
Pour remédier provisoirement à cette situation très préoccupante, il est décidé d’utiliser les châssis très fiables des Pz-II et des Pz-38(t) pour développer des chasseurs de chars dotés du canon de 50 mm/L60, puis du 75 mm/L48 dès qu’il sera disponible en quantité. Les StuG-III vont aussi voir leur armement renforcé, avec un canon de 75 mm/L43 (puis L/4Cool ou avec un obusier de 105 mm pouvant tirer de puissants obus HEAT.
Quant aux chars, il est impossible d’arrêter la production du Pz-III, quelles que soient ses limitations, car en l’absence d’un remplaçant performant, l’existence même des forces blindées allemandes serait menacée. La seule solution est de réarmer le char avec le 50 mm/L60 ou avec le 75 mm/L24 utilisé jusqu’alors sur le Pz-IV (la taille de la tourelle du Pz-III interdit d’installer un plus gros canon). Mais cette amélioration entre en concurrence avec le programme des chasseurs de chars pour les canons de 50 mm/L60 AT.
En revanche, le Pz-IV et le Pz-V Leopard peuvent être nettement améliorés. Une nouvelle tourelle permettra d’équiper le Pz-IV du 75 mm/L48 (Pz-IVf2). Les ingénieurs estiment à cinq mois le délai nécessaire pour que les premiers chars de série commencent à sortir. La tourelle actuelle du Pz-V peut immédiatement être équipée du 75 mm/L48 ; avec quelques modifications, la tourelle pourra recevoir le nouveau 75 mm/L70, dont les essais sont terminés. Il est alors décidé d’équiper tous les nouveaux Pz-V du 75 mm/L48 (Pz-Vd) jusqu’à ce que le Pz-IVf2 soit prêt, début décembre 1942. Pendant ce temps, Henschel va développer une nouvelle tourelle pour équiper son Pz-V du 75 mm/L70 et porter le blindage frontal à 100 mm. Le résultat, baptisé Pz-Vf, sera disponible début janvier 1943 et pourra honorablement se mesurer au T-34. Cependant, ces améliorations porteront finalement le poids du char à 46 tonnes (contre 36 pour les premiers modèles), sans que le blindage puisse être incliné. Décidément, le Pz-V ne sera qu’un bouche-trou.
Priorité absolue est donnée aux nouveaux projets.
MAN et Daimler-Benz sont prêts à concourir pour le futur char moyen, qui doit avoir un blindage incliné, un large empattement, une vitesse maximum de 55 km/h et (à ce moment) un canon de 75 mm/L70. Le résultat sera le fameux Panzer VI Panther.
Porsche et Henschel, de leur côté, décident de concourir pour le programme d’un char lourd armé du 88 mm/L71, qui doit être développé par Krupp (voir ci-après) et utiliser la même munition que le Rheinmetall Flak 41 de 88 mm. Ce gros engin sera le monstrueux Panzer VII Tiger, dont la célébrité dépassera de beaucoup le rôle effectif.
Les deux programmes doivent être mis au point de toute urgence et la Waffenprüfamt-6 (section de développement des véhicules blindés de la Heereswaffenamt) demande que le projet du Pz-VI lui soit soumis avant le 20 décembre 1942 et celui du Pz-VII avant le 20 mars 1943. Le premier exemplaire de série du nouveau char moyen devra sortir le 1er août 1943, et le premier char lourd de série au début de 1944.
Ces décisions prises, Hitler propose de monter des canons Flak-36 ou 37 de 88 mm sur des châssis ouverts, permettant d’obtenir rapidement des véhicules antichars très puissants (de fait, le Führer avait noté dès 1938 le potentiel antichar du 88 mm antiaérien). Les officiers de la Heereswaffenamt passent alors un moment difficile. Ils doivent en effet expliquer à Hitler que son armée manque de canons de 88 parce qu’au milieu des années 30, “on” leur a laissé prévoir une guerre violente mais de courte durée. Tous les canons de 88 mm ont reçu le tube R.A.9, qui comprend une chemise, un manchon et un tube interne, tous trois découpés en trois éléments, la section centrale comportant la première partie des rayures et le cône de forçage. Il est de la sorte possible, au bout de 900 coups (la durée de vie prévue du tube), de démonter le canon pour ne changer que la section centrale. Le tube R.A.9 permet donc de ne mettre en réserve que des sections centrales, et non des tubes complets, ce qui est très économique en temps de paix. Cependant, les tolérances industrielles dans la fabrication du tube sont très réduites, en particulier pour la section centrale, et le nombre d’heures de travail nécessaires pour produire un tube complet dépasse de beaucoup le nombre d’heures nécessaires à la production d’un tube classique du même calibre. Cela n’aurait pas posé de problème si la guerre avait été courte. Mais à présent, la Wehrmacht, qui possède une solide réserve de sections centrales de 88 mm (ce qui lui permet de réparer les tubes abîmés), manque de canons, et l’astuce technologique de leur fabrication représente un sérieux goulot d’étranglement interdisant d’accélérer leur production, qu’il s’agisse des vieux Flak-36 ou 37 ou du nouveau Rheinmetall Flak-41. Les chaînes d’assemblage ne peuvent être rapidement réorganisées, car presque toutes les machines-outils ont été conçues pour produire des tubes de canon en trois sections et sont trop petites pour produire des tubes d’une seule pièce.
Il n’y a guère de solution disponible.
Il existe bien quelques canons navals de 88 mm, sur des unités légères, mais la Kriegsmarine ne veut pas s’en défaire.
La production du 90 mm Mod.26/39 français peut être relancée – quelques canons capturés ont déjà été mis en service sous l’appellation “9 cm Flak M.39(f)”. Ce canon peut être modifié pour accepter les munitions allemandes de 88 mm/L56. Cependant, l’usine Schneider, à peine réparée, ne pourra sans doute pas produire plus de 20 canons par mois (en réalité, le chiffre obtenu sera bien inférieur, en raison de constants sabotages).
Le canon italien Ansaldo 90/53 est excellent… mais les Italiens n’en ont pas un de trop.
On pourrait proposer à Skoda de se joindre au programme du 88 mm et de fabriquer un tube de canon d’une seule pièce, mais au détriment de sa production d’obusiers et de canons de campagne. D’ailleurs, si Skoda devait mettre au point un tel canon, il faudrait prévoir des délais significatifs.
Krupp fait alors une proposition qui paraît prometteuse : développer un canon antichar/canon de char spécialement adapté à partir du Flak-41 de Rheinmetall. Krupp a encore sur l’estomac le mépris du RLM, en 1939, qui n’a envoyé les caractéristiques souhaitées pour le nouveau 88 mm AA qu’à Rheinmetall. Mais si Krupp est alors accueilli comme un sauveur, ses canons ne pourront être disponibles avant la fin de 1943. »
[D’après l’ouvrage de Maurice Héninger « L’épreuve du feu – L’évolution des outils militaires durant la Deuxième Guerre Mondiale » (Plon Ed., Paris, 1985)]


Les balbutiements du premier chasseur à réaction
Augsbourg
– Le Fl.Kptn Fritz Wendel commence les essais de roulage du Me 262 V3, le premier prototype uniquement propulsé par deux turboréacteurs Jumo 004. Après deux longueurs de piste sur le terrain privé de Messerschmitt, le test doit être interrompu en raison d’une panne de compresseur sur la turbine gauche.


12 juillet
Un 190 pour la haute altitude
Usines Focke-Wulf de Dessau (Allemagne)
– Premier essai du Fw 190 V13, propulsé par un moteur DB-603. Cet avion, le premier d’une série de cellules de “développement” (d’où la lettre “V”), fait partie du programme d’amélioration du Fw 190, destiné à accroître les performances de l’appareil à haute altitude. Ce programme comprend des avions à moteur DB-603, à moteur BMW-801 et à moteur Jumo-213. Le BMW-801 TJ à turbocompresseur commençant à être très en retard, les espoirs reposent dans l’immédiat sur les moteurs DB-603 et Jumo-213.


14 juillet
Téléguidage
Hammaguir
– Au cœur du Sahara aussi, on veut célébrer la Fête Nationale.
Le MB-161 Bordeaux, superbe dans sa livrée rouge et blanche haute visibilité, vole 4 000 m au-dessus du désert. A ses côtés, un Potez 63-11 rescapés des combats de 40-41 emporte un caméraman dans son nez vitré. Au sol, théodolites, enregistreurs Hussenot, équipes de récupération, tout est en place.
Dans ce qui aurait dû être la cabine passagers du quadrimoteur si la guerre n’était pas passée par là, les ingénieurs surveillent leurs instruments de mesures. Sur le dos du Bordeaux, le Leduc 005 (ainsi baptisé car « il s’agissait d’un demi-010 ») est fin prêt. Le pilote Jean Gonord met le grand composite en léger piqué, à 300 km/h. La manœuvre est délicate : si la radio flanche, si le modèle n’effectue pas sa séparation correctement…
Au top donné par le navigateur du Potez, le modèle est libéré. Il se sépare immédiatement du quadrimoteur qui accentue alors sa descente, « au cas où… » comme le racontera Gonord. Le guidage radio commence alors sans problème, éprouvé qu’il a été sur le MB-175 pendant plusieurs mois. Quelques minutes d’évolution plus tard, le modèle se pose sagement sous son parachute. Vive la France !


18 juillet
Les progrès de la réaction
Ulm (Allemagne)
– En fin de matinée, sur l’aérodrome de Lepheim, choisi pour la longueur de sa piste, Fritz Wendel, pilote d’essai de Messerschmitt, fait décoller le Me 262V3 (code PC + UC), premier prototype du Me 262 propulsé par des turboréacteurs (les prototypes V9 et V10 du Jumo 004). Le décollage est laborieux, car l’appareil, à train classique, est très difficile à contrôler au manche à l’approche du point de rotation (quand il faut lever la queue pour passer en ligne de vol). Cependant, une fois dans les airs, les performances sont sidérantes ; Wendel atteint 720 km/h à 3 500 m.


22 juillet
Un échec retentissant
Peenemünde
– Le premier test du missile A-4 est un échec. La fusée explose 11 secondes après son lancement.
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