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1943: la guerre continue pour les nageurs de combat italiens
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patzekiller



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MessagePosté le: Mer Nov 21, 2012 10:14    Sujet du message: Répondre en citant

ladc51 a écrit:
patzekiller a écrit:
une question : quelle est la reaction des français lorsqu'ils vont apprendre vers la mi 43 l'arrivée d'un detachement italien dans le pac-sud.



A voir... Il n'est pas certain qu'ils l'apprennent aussi tôt Wink


ma reflexion se basait sur le fait que le sm italien (et leurs personnels) arrivent dans le secteur australien et non americain... entre le rep, la commandement de guerre des mines, le cuirassé ancien avec ses stock de torpilles, les sm et les differents navires qui operent dans le secteur (D&S ont du arriver), ça fait beaucoup de monde qui peut remarquer ces marins "inhabituels", sauf à leur faire porter un autre uniforme et parler une autre langue dans les troquets
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ladc51



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MessagePosté le: Mer Nov 21, 2012 13:36    Sujet du message: Répondre en citant

patzekiller a écrit:

ma reflexion se basait sur le fait que le sm italien (et leurs personnels) arrivent dans le secteur australien et non americain... entre le rep, la commandement de guerre des mines, le cuirassé ancien avec ses stock de torpilles, les sm et les differents navires qui operent dans le secteur (D&S ont du arriver), ça fait beaucoup de monde qui peut remarquer ces marins "inhabituels", sauf à leur faire porter un autre uniforme et parler une autre langue dans les troquets


Attention, la présence italienne en Australie est discrète ! Il y a un cargo et un sm, qui arrivent à Darwin et restent (camouflés) à Darwin (on peut imaginer que le Volframio ira s'entrainer avec les sm australiens et américains - au large de Brisbane ? c'est tout). Les équipages en question ne sortent pas de la base de Darwin ; quand Ginnochio se rend à Brisbane, c'est en uniforme de la RAN... Donc tant que les Français ne sont pas en Asutralie, et a fortiori à Darwin, il y a peu de chances qu'ils en entendent parler entre juin et septembre 43... Plus tard, des rumeurs auront eu le temps de se propager et d'arriver à leurs oreilles...
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ladc51



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MessagePosté le: Mer Nov 21, 2012 13:44    Sujet du message: Répondre en citant

Ca se précise...

5 septembre 1943
Opération Crocodile
Iles de l’Amirauté –
La baie de Balscott, sur la côte nord de l’île Manus (une des îles de l’amirauté, au nord de la Nouvelle-Guinée), a le double avantage d’être déserte (l’ancienne mission Bundralis a été dispersée par les Japonais) et bien abritée. Dans l’après-midi de ce 5 septembre, comme la veille, le sous-marin italien Volframio navigue à très faible vitesse et en plongée périscopique au large de cette crique, à la limite des eaux côtières. Rien de suspect…
Dès la tombée de la nuit, l’Italien fait surface et émet vers le large un signal lumineux. Cette fois, contrairement à la veille, un kiosque surgit de l’eau et le nouveau venu répond de la même façon. L’échange des codes de reconnaissance a lieu et bientôt, sur le pont des deux navires, des hommes s’agitent, passant des tuyaux de l’un vers l’autre. Pendant une partie de la nuit, l’USS Tuna (SS-203) va transférer du carburant au Volframio, complétant ses réservoirs avant la seconde partie de son trajet.


8 septembre 1943
Opération Crocodile
Carolines –
Le MV Krait navigue au large des îles Pulusuk, en direction du nord. Après avoir traversé la mer des Célèbes puis navigué plusieurs jours en haute mer, le petit navire entre dans la partie la plus dangereuse de son trajet, celle qui le fait croiser les routes marchandes (et militaires) japonaises dans les Carolines.
Vers midi, Falls donne l’alerte : « Commandant, navire ennemi à bâbord ! »
Effectivement, un bateau vient d’apparaitre sur l’horizon nord-ouest. Le capitaine Lyon se saisit de ses jumelles : il s’agit de toute évidence d’un navire de guerre, sans doute un destroyer, qui vient de sortir d’un grain et fait route à l’est.
Procédure de camouflage !
En quelques secondes, l’équipage du Krait s’est organisé, appliquant mécaniquement les mesures prévues au cours de leur long entraînement. Les jumelles et autres instruments militaires sont rangés, et seuls quatre hommes vaquent à de paisibles occupations sur le pont : habillés à l’indonésienne, avec leur peau hâlée et leurs cheveux teints en noir, ils ressemblent à de simples pêcheurs. Mais la tension est palpable : s’ils espèrent donner le change de loin, les hommes de l’unité spéciale Z savent que leur camouflage ne tiendra pas si les militaires japonais montent à bord du Krait : les deux maiale embarqués sont invisibles de l’extérieur, mais leur cache ne résisterait pas à une inspection rapprochée de l’intérieur ! Aussi, les deux derniers commandos et les quatre nageurs italiens veillent à l’intérieur du navire, les armes à la main…
Tandis que le Krait poursuit paisiblement vers le nord sans changer de cap ni de vitesse, le Japonais se rapproche : il vire de bord et prend un cap de collision. Ses canons sont bien visibles, mais il n’en a nul besoin – il lui suffirait d’une embardée pour éperonner le fragile bateau de pêche. Malgré la tension, “Happy” Huston continue imperturbablement à réparer des filets sur la plage arrière. Arrivé à moins de 300 m du Krait, le destroyer remet cap à l’est sans ralentir ; des reflets trahissent les jumelles qui scrutent le petit bateau de pêche, mais aucun signal lumineux ne lui est adressé. Huston relève la tête, et salue vaguement de la main le destroyer qui s’éloigne déjà…


9 septembre 1943
Opération Crocodile
Archipel des Carolines –
Le MV Krait fait route à l’est, sur une mer calme et par un temps mitigé, à travers des grains réguliers et très localisés. Après avoir traversé les routes japonaises habituelles, le petit navire entame la dernière partie normalement calme de son voyage, avant d’aborder l’archipel de Truk par le nord-ouest. Au début de la nuit, le capitaine Ivan Lyon et le lieutenant Durand de la Penne sont de quart tous les deux, seuls sur le pont. En cette heure propice aux confidences, les deux hommes discutent pour la première fois de leurs situations personnelles. Lyon s’étonne de voir un Italien venir dans le Pacifique Sud pour mener une guerre qui ne paraît pas le concerner vraiment et s’engager dans une mission des plus risquées.
C’est vrai, lâche Durand de la Penne dans un soupir. Mais je suis un soldat avant tout. J’ai servi loyalement et honnêtement dans la marine de mon pays, avant d’être fait prisonnier. Pendant ma détention, j’ai pu méditer sur la subtile différence entre mon attachement à mon pays et l’obéissance au régime corrompu qui a entraîné l’Italie dans cette guerre inutile. Lors de ma libération, je n’ai pas hésité à me rallier au gouvernement légal de l’Italie, en partie par loyauté et attachement au Roi, mais surtout par souci de participer au nécessaire redressement du pays. Ma participation à ce redressement, c’est de faire ce que je sais faire le mieux, me battre sous l’eau, cette fois au côté des Alliés, en espérant faire un peu oublier Mussolini et offrir ainsi à l’Italie un sort aussi honorable que possible après le conflit. Et quitte à me battre, autant le faire ici contre les Japonais plutôt qu’en Europe, contre les Allemands, qui sont malgré tout d’anciens frères d’armes, ou, pire encore, contre des Italiens… Quant à notre mission, elle n’est pas beaucoup plus dangereuse que celles auxquelles j’ai participé en Méditerranée !
Mais vous, capitaine, pourquoi vous êtes-vous porté volontaire pour cette mission et prendre le risque d’être traité comme un espion par l’ennemi ?

Ivan Lyon grimace, mais l’heure est aux confidences.
Je pourrais vous dire que je suis un soldat et que je fais de mon mieux la guerre qui a été imposée à mon pays par l’ennemi… mais ce serait incomplet. C’est une histoire personnelle entre les Japonais et moi. Ils ont tué ma femme et mon fils.
En 1939, à mon arrivée à Singapour, j’avais entendu parler au mess d’une Française dont on disait qu’elle était la plus belle femme d’Asie. C’était la fille du gouverneur du bagne de Poulo Condor, installé par les Français sur une île au large de l’Indochine. J’ai décidé de la séduire ! Je me suis rendu sur l’île avec mon yacht – oui, ma famille n’est pas dans le besoin – et, prétendant que mon bateau devait être réparé, j’y ai fait une escale prolongée. J’ai constaté que la beauté de Mademoiselle Gabrielle Bouvier dépassait encore sa réputation. Je lui ai fait une cour assidue, et je l’ai bel et bien séduite – mais ce fut réciproque. Nous nous sommes mariés à Singapour, et notre fils Clive est né en 1940.
Lors de l’attaque japonaise, nous étions tous à Singapour. Au début de 1942, j’ai réussi à leur faire quitter l’île dans un des derniers bateaux évacuant des civils vers les Indes. Quelque temps plus part, j’ai été moi aussi évacué de Singapour, mais vers l’Australie. L’ayant appris, ma femme a décidé de me rejoindre. Hélas, le navire sur lequel elle avait pris place avec mon fils n’est jamais arrivé, sans doute coulé par un sous-marin ou un bombardier japonais. Depuis, je fais la guerre en espérant porter le plus de coups possible à l’Empire Japonais pour les venger.
– Vos raisons de vous battre sont plus personnelles que les miennes, et peut-être encore plus puissantes, mon ami. Je vous aiderai de mon mieux.


(à suivre)
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loic
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MessagePosté le: Mer Nov 21, 2012 14:42    Sujet du message: Répondre en citant

ladc51 a écrit:
Donc tant que les Français ne sont pas en Asutralie, et a fortiori à Darwin

Laurent, la présence de marins français en Australie date de la fin 1942 sauf erreur de ma part ?
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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ladc51



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MessagePosté le: Mer Nov 21, 2012 15:50    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour Loic,

loic a écrit:
Laurent, la présence de marins français en Australie date de la fin 1942 sauf erreur de ma part ?


Honnêtement, je n'ai pas eu le temps de vérifier, je ne sais pas.
Je dis seulement que la présence italienne étant censée être secrête, les mesures adéquates sont prises par les Italiens et les Australiens... à la fois pour éviter que l'information tombe entre les oreilles de l'ennemi, mais aussi si nécessaire des Français. Si les Français sont en Australie mais pas à Darwin, les Italiens seront confinés à Darwin (sauf Ginnochio, une fois, en uniforme de la RAN) ; si les Français sont aussi à Darwin, les Italiens seront confinés dans un recoin discret de la baie et de la base de Darwin... et sinon les Italiens auraient été hébergés ailleurs ! etc... Nous avons déjà souligné plus en amont dans le texte la volonté consciente et explicite des Britanniques de cacher cette action aux Français... J'avais en son temps imaginé envoyer Ginnochio à Nouméa pour rencontrer des aviateurs et j'y avais renoncé justement en raison de cette volonté de discrétion. Donc, pour moi, il n'y a pas de raison que les Français apprenent la présence italienne avant fin aôut 43.

Ensuite, avec le temps, des petites fuites peuvent intervenir, et la rumeur peut s'installer... mais après août.
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patzekiller



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MessagePosté le: Mer Nov 21, 2012 21:12    Sujet du message: Répondre en citant

je me permets donc de reposer la question : quelle va etre la reaction des français, lorsqu'il vont l'apprendre, apres tout, il sont censé avoir une dent contre les ritals et surtout, en matiere d'ops spé, ils sont dans le coup depuis le debut (tokyo to tarakan)
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MessagePosté le: Mer Nov 21, 2012 22:11    Sujet du message: Répondre en citant

patzekiller a écrit:
je me permets donc de reposer la question : quelle va etre la reaction des français, lorsqu'il vont l'apprendre, apres tout, il sont censé avoir une dent contre les ritals et surtout, en matiere d'ops spé, ils sont dans le coup depuis le debut (tokyo to tarakan)


Début de réponse dans la suite du texte... et je compte bien sur toi pour m'aider à la compléter ! le moment venu, patience Cool
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ladc51



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MessagePosté le: Jeu Nov 22, 2012 08:38    Sujet du message: Répondre en citant

Dans la gueule du loup...

11 septembre 1943
Opération Crocodile
Lagon de Truk, archipel des Carolines –
En fin de journée, le MV Krait approche du lagon de Chuuk (Truk) par le nord-ouest, à l’issue d’un parcours finalement sans histoires. Un message codé capté la veille a confirmé à la fois l’objectif de la mission (trois cuirassés et deux porte-avions confirmés à l’ancre entre les îles Moen et Dublon) et la route à emprunter : la passe prévue ne semble pas surveillée. L’opération Crocodile entre désormais dans sa phase finale, celle qui comprend le plus d’inconnu et de danger.
19h05 – La passe a été facile à repérer, dans un repli vers l’est du récif corallien. Alors que le soleil est déjà couché, le MV Krait s’y engage à faible vitesse, sous une pluie de mousson bienvenue. L’ensemble de l’équipage est aux postes de combat : en cas de mauvaise rencontre, aucun subterfuge ne servira plus à rien…
19h15 – Le MV Krait est engagé dans la passe. Heureusement, les renseignements étaient exacts et cette partie du récif ne bénéficie pas de constructions défensives (canons ou nids de mitrailleuses sous blockhaus, comme cela semble être le cas pour d’autres passes) ni de garnison. En effet, même à faible vitesse, les machines du vieux bateau de pêche sont bruyantes et les commandos de l’unité spéciale Z sont certains que ce bruit infernal qui remplit la nuit les trahit à de nombreux kilomètres à la ronde malgré la pluie… Le bateau de pêche avance au ralenti et à l’aveugle : il fait désormais nuit noire (la lune et les étoiles étant masquées par les nuages), impossible d’utiliser des projecteurs pour des impératifs de discrétion, ce sont les yeux des guetteurs placés à l’avant qui doivent percer les ténèbres et les rideaux d’eau qui tombent du ciel pour guider le navire. Sans carte et dans l’impossibilité d’utiliser des sondes pour ne pas risquer de déclencher d’éventuelles mines sous-marines, l’équipage du Krait ne peut que compter sur la chance et sur le faible tirant d’eau de leur navire pour éviter à la fois l’échouage et les probables obstructions ou mines qui protègent sans doute la passe. Un instant, le bateau frôle la catastrophe – la coque racle légèrement sur un récif de corail, le Krait frémit à peine, mais un bruit sinistre frappe de terreur toute l’équipe. Avec milles précautions, Ivan Lyon change légèrement de route et le bruit cesse… Un bateau à peine plus gros se serait à coup sûr échoué – les Japonais ont dû penser que ces récifs les mettaient à l’abri de toute incursion, n’imaginant pas qu’une barcasse aussi petite tenterait de pénétrer dans leur antre.
19h35 – Le MV Krait quitte la passe sans autres ennuis et pénètre enfin dans les eaux intérieures du lagon de Truk ! Le capitaine Lyon met la barre à l’est-sud-est à faible vitesse.
23h50 – Le Krait stoppe ses machines ; il est désormais à l’ancre dans une crique abritée, sur la côte nord de l’île Falo, à moins de 8 nautiques de ses cibles. Les Australiens s’empressent de camoufler le navire avant le lever du jour.


12 septembre 1943
Opération Crocodile
Lagon de Truk, archipel des Carolines –
Le jour s’est levé sur l’ile Falo mais le ciel reste bouché et pluvieux, étendant une couverture protectrice sur le MV Krait. Les quatre nageurs de combat italiens préparent méticuleusement leur mission : révision complète et intensive du matériel, énième revue des rares et imprécises cartes disponibles ainsi que des silhouettes des navires cibles, et surtout alimentation et repos. Les hommes de l’unité spéciale Z montent la garde autour du navire.
11h15 – Le matelot Jones est de garde sur une petite hauteur à moins de 50 mètres du Krait, parfaitement invisible dans la végétation. Sa garde a commencé il y a plus de trois heures et il s’est petit à petit habitué aux bruits de la jungle. Son attention est alertée par un bruit inhabituel, le craquement d’une branche sous un pas – homme ou animal ?
11h20 – Jones, aux aguets, a repéré une silhouette qui se déplace lentement le long de ce qui ressemble à un sentier côtier mal entretenu et envahi par la végétation luxuriante. Il s’agit d’un soldat japonais qui avance avec peine et sans discrétion particulière au milieu des arbres, plantes et lianes qui entravent sa route.
11h25 – Jones a désormais repéré trois militaires qui viennent dans sa direction. Ne sachant pas si d’autres Japonais sont dans les parages, Jones répugne à utiliser son PM pour abattre les trois gêneurs et ces derniers sont trop regroupés pour espérer les éliminer un à un au couteau. Il se contente donc de les surveiller, comptant sur la densité de la végétation et le camouflage de leur navire pour que la patrouille japonaise passe sans repérer le Krait et ses occupants.
11h30 – Jones s’est replié discrètement et a alerté ses collègues : toute l’équipe st camouflée, silencieuse, les armes à la main, prête à fondre sur la patrouille ennemie au moindre signe.
11h55 – La patrouille japonaise est passée à moins de 20 mètres du Krait, mais n’a aperçu ni le navire ni ses occupants. La tension est un peu retombée quand les soldats ennemis se sont éloignés, mais le commando italo-australien est inquiet à l’idée que l’île de Falo, que les reconnaissances annonçaient inhabitée, est en réalité au moins patrouillée par l’ennemi. Les gardes sont renforcées, les préparatifs accélérés afin de pouvoir lancer en urgence la mission italienne en cas d’attaque japonaise.
17h – Les deux SLC sont mis à l’eau et font l’objet des ultimes vérifications. Les quatre nageurs italiens commencent à enfiler leur équipement, bien trop lourd à leur goût dans la chaleur moite de cette fin de journée.
18h – Le soleil vient de glisser sous l’horizon, et les deux maiali s’éloignent du Krait. Sur le premier, Luigi Durand de la Penne et Emilio Bianchi sont déterminés à rééditer leur exploit d’Alexandrie – une façon pour les Italiens d’égaliser le score entre Axe et Alliés… Pourtant, ils savent que cette fois, ils ne peuvent pas se permettre d’être faits prisonniers. Juste derrière eux, sur le second SLC, Nicola Conte et Evelino Marcolini sont concentrés, bien décidés à se montrer à la hauteur de la confiance et de l’honneur que leur a fait Ginocchio en les choisissant pour cette mission. Les deux torpilles pilotées s’éloignent à faible vitesse (2 nœuds), cap au sud-est, vers la pointe orientale de l’île Moen, en semi-plongée (seules les têtes des nageurs sont hors de l’eau). Pour les Australiens de l’unité spéciale Z, une longue attente commence…
19h05 – Les deux maiali, toujours groupés, doublent la pointe orientale de Moen et font une coute halte pour se repérer et vérifier leur nouvelle route. La navigation est facile, aucun courant n’est perceptible et aucun navire (ni avion) japonais n’a été repéré. Mais les choses se compliquent désormais : la nuit est complètement tombée, la pluie redouble, les ombres des différentes îles sont impossibles à distinguer, la visibilité est quasi nulle… La flotte japonaise à l’ancre devrait être là, devant eux, à moins de 5 nautiques, mais ils ne voient rien ! D’un commun accord, ils décident de poursuivre leur route en navigant aux instruments, cap au sud-ouest.
19h20 – Nouvel arrêt des deux maiali. Le temps a désormais viré à l’orage… ce dont se félicitent les Italiens ! En effet, à la faveur d’un éclair, Bianchi repère de nombreuses silhouettes de navires devant eux, à quelques nautiques. Les deux SLC poursuivent leur route dans cette direction, pour identifier et attaquer les plus belles cibles.
20h15 – Après un dernier point commun, Durand de la Penne et Conte se séparent. Ils sont désormais au milieu de l’ancrage de la flotte ennemie, et le risque d’être à tout moment repérés ainsi que la faible autonomie de leurs SLC leur imposent d’attaquer les navires les plus proches plutôt que de poursuivre leur route vers le sud à la recherche des cibles les plus tentantes, les porte-avions. Tant pis : chacun a repéré un cuirassé et se dirige désormais en plongée vers sa cible.
21h00 – Le maiale de Durand de la Penne et Bianchi avance très précautionneusement à 3 mètres de profondeur, car ils estiment être désormais à moins de 100 mètres de leur cible. C’est alors qu’ils sont bloqués par un filet métallique : c’est un bon signe (c’est un filet anti-torpilles, ils sont donc tout près d’un grand bâtiment), mais c’est aussi un obstacle de taille. Les deux nageurs manœuvrent leur torpille et plongent dans l’espoir de passer sous le filet. Après être descendus jusqu’à plus de 40 mètres de profondeur, ils réussissent à contourner l’obstacle.
21h25 – Les deux nageurs italiens sont parvenus sous la coque de leur objectif. A sa taille, pas de doute : c’est bien un cuirassé. Ils se placent au milieu du navire, légèrement vers l’arrière. La phase la plus délicate de la mission commence alors : sans en perdre le contrôle du SLC, décrocher la tête explosive et la fixer, avec des contacts magnétiques, sur la coque du géant.
21h45 – Après de longs efforts, enfin satisfaits du résultat mais épuisés, De la Penne et Bianchi règlent le minuteur pour une explosion à 05h 00. Puis ils enfourchent à nouveau leur torpille “décapitée” et repartent. Ils doivent replonger à 40 mètres pour passer sous le filet puis, toujours en plongée, mettent le cap au nord-est.
22h40 – Aux commandes de son maiale, Durand de la Penne double en semi-plongée la pointe de l’île Moen. Leurs réserves d’oxygène presque épuisées, frigorifiés par les longues heures dans l’eau, les deux plongeurs ont hâte d’en finir.
23h55 – Durand de la Penne et Bianchi rejoignent le Krait, où ils sont accueillis chaleureusement par leurs camarades australiens, qui les réchauffent et leur donnent à boire et à manger, tout en les pressant de questions sur le déroulement de leur mission. Puis les hommes de l’unité spéciale Z rembarquent le SLC et commencent les préparatifs de départ du Krait, dans l’attente anxieuse du second équipage.

(à suivre)
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Laurent
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JPBWEB



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MessagePosté le: Jeu Nov 22, 2012 09:00    Sujet du message: Répondre en citant

Passionnant ! Un vrai suspense de cinéma comme on n'en fait plus…
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pcfd



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MessagePosté le: Jeu Nov 22, 2012 12:52    Sujet du message: Répondre en citant

Un régal à lire mais un auteur sadique qui nous distille le récit par des épisodes bien trop courts à mon gout.Vivement demain pour la suite
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Wil the Coyote



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MessagePosté le: Jeu Nov 22, 2012 13:17    Sujet du message: Répondre en citant

C'est captivant, mais il s'agit de quels navires.... vite demain Razz
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MessagePosté le: Jeu Nov 22, 2012 14:26    Sujet du message: Répondre en citant

pcfd a écrit:
Un régal à lire mais un auteur sadique qui nous distille le récit par des épisodes bien trop courts à mon gout.Vivement demain pour la suite


Content que cela vous plaise... Cool
Aucun sadisme, je tatonne en essayant de trouver le bon rythme : en publiant un texte trop long, on rebute de nombreux lecteurs, en publiant par petits bouts, on désespère les plus impatients... Embarassed
Encore un peu de patience, deux épisodes à venir, demain (matin normalement) puis un dernier...
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patzekiller



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MessagePosté le: Jeu Nov 22, 2012 20:51    Sujet du message: Répondre en citant

je prends les paris Razz
des ennuis pour le 2eme maiale charge posée, equipe capturée (puis executée?), je miserais sur un navire mineur type cuirassé ancien ou croiseur
pour le 1er maiale, je mise sur le yamato ou le musashi, malheureusement endommagé seulement...retour au japon
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ladc51



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MessagePosté le: Jeu Nov 22, 2012 21:51    Sujet du message: Répondre en citant

patzekiller a écrit:
je prends les paris Razz


Que paries-tu ? Cool
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kriso



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MessagePosté le: Ven Nov 23, 2012 01:01    Sujet du message: Technique de plongée Répondre en citant

Citation:

21h45 – Après de longs efforts, enfin satisfaits du résultat mais épuisés, De la Penne et Bianchi règlent le minuteur pour une explosion à 05h 00. Puis ils enfourchent à nouveau leur torpille “décapitée” et repartent. Ils doivent replonger à 40 mètres pour passer sous le filet puis, toujours en plongée, mettent le cap au nord-est.


Attention, à l'époque on ne plonge pas à 40 mètres !!!

pour une raison très simple, c'est qu'ils en seraient morts, c'est à la fois un problème technique et un problème de pression partielle (loi de dalton) .

Donc à l'époque, la marine italienne est la plus avancée du monde en technique de plongée et utilise un appareil à circuit fermé ARO (fabriqué par Pirelli), de nos jours on appel ça un recycleur, le détendeur (qui fait des bulles) serra inventé plus tard par la France (cousteau y participe).

Donc un recycleur , c'est quoi : c'est un système de faux poumon qui marche en circuit fermé inventé à l'origine comme équipement de sauvetage pour les sous-marins (mais qui franchement n'a pas du sauver grand monde) . Car le recycleur avant toutes les régulations électroniques qui équipent les appareils modernes est terriblement contraignant à l'utilisation et surtout terriblement dangereux !!

Dans un circuit fermé, l'air expiré passe dans le faux poumon et un filtre à la chaux qui enlève le CO2 , une bouteille d’oxygène compense la perte de pression, le plongeur respire le mélange filtré et épuré

Cela nous amène au problème de pression partielle : à l'époque on ne sais pas grand chose d'un point de vue médical en ce qui concerne les gaz sous pression et comme les pilotes d'avions marchent à l’oxygène (mais eux sont en sous-pression) on se dit que l’oxygène c'est bien . C'est la pire erreur possible, en fait l’oxygène est très toxique en sur-pression à tel point qu'il est mortel à très faible profondeur (hyperoxy) . Cousteau lui même ferra un magnifique accident dans les années 40, à 10 mètres en plongeant à l’oxygène

Donc à l'époque on plonge à l’oxygène ou au mélange sur-oxygéné

l'oxygene est mortel à une pression partielle (PPO2) comprise entre 1.4 bar (eau très froide) à 2 bar (nageur de combat de 25 ans qui pète la forme), la valeur 1.6 bar est souvent celle retenue

ça se calcul de la manière suivante pour de l'air pur avec 21% d'oxygene

PPO2 0.21 * pa <= 1.6

pa est la pression absolue à une profondeur donnée

0 metre = 1 bar
20 metres = 3 bars
40 metres = 5 bars

donc PPO2 de l'air à 20 mètres
PPO2 21% * 3 = 0.63 pas de problème

par contre pour de l’oxygène à 100% à 40 mètres, soit 5 bars

PPO2 = 100% * 5 , PPO2 = 5 t'es mort !!!

En fait à 10 mètres (PPO2 = 2) est déjà l’extrême limite, et si on veux respecter strictement la loi de dalton ça donne pas plus de 6 mètres à l’oxygène pur

Avec les mélanges modernes Nitrox40 (40% d’oxygène)

PPO2 40% * PA <= 1.6 soit pas plus de 30 mètres

L'hyperoxy est en plus une mort particulièrement pénible, la crise est brutale (convulsions, tétanie de tous les muscles) , qui ne prévient presque pas et une fois déclenchée se termine presque toujours par l’asphyxie

Pire , les recycleurs de l'époque sont très peu fiables, la chaux du filtre réagissant à l'humidité, ne parlons pas d'un défaut d'étanchéité ; la régulation avec la bouteille d'oxygene est manuelle, le plongeur doit reinjecté lui même "une certaine quantité" de gaz pour compensé la perte de CO2, d'ou erreur de dosage (injecter 1 litre d'oxygene pur dans un faux poumon de 5 litres, je vous laisse imaginer les changements de propriété du mélange à grande profondeur) .

Pour finir, le plongeur recycleur plonge en volume constant contrairement au plongeur bouteille qui lui gère sa flottabilité avec la technique de poumon-ballast (volume variable) . Donc les changements de profondeur sont difficiles , ou simplement le maintien à une profondeur est pénible . Donc le plongeur recycleur de l'époque n'a rien d'un dauphin

D'un point de vue matériels les anglais copie le matériel italien capturé, seule la france (occupée) part dans une autre direction : la bouteille de plongée et le détendeur, d'abord à l’oxygène , puis à l'air , c'était ça la bonne solution, le détendeur CG45 pour cousteau/gagnant 1945 et fonde la société spirotechnique (filiale air-liquide)

Les exploits des nageurs de combats de la marine italienne à alexandrie et à gibraltar n'en sont que plus exceptionnels .

Mais dans les deux cas les Maiali avaient été approchés "au plus près" par sous marins, car ces engins étaient très peu maniables et de faibles autonomies

Ce scénario à truk me gène à cause de la méthode d'approche (bateau) de la distance parcourue par la torpille (truk c'est immense) , et par la clarté de l'eau (la torpille et les plongeurs sont à quelques mètres de la surface)
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