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Intégrale "Diplomatie et économie" Juin 1942

 
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Nov 10, 2012 13:05    Sujet du message: Intégrale "Diplomatie et économie" Juin 1942 Répondre en citant

Juin 1942
11 – Diplomatie et économie
France, URSS et USA

21 juin 1942
Un ambassadeur chez les Wallabies
Canberra (Australie)
– Le député André Beauguitte est nommé ambassadeur en Australie. L’administrateur s’est parfaitement mis en valeur lors de la tournée de présentation du projet Trans-Maghreb et de sa gestion financière. L’Australie étant devenue un partenaire économique de premier ordre de la France, les Affaires Etrangères ont jugé bon d’avoir là-bas un véritable ambassadeur, une première dans l’histoire des deux pays. Un spécialiste des questions économiques est apparu comme un excellent choix – de plus, Beauguitte a quelque expérience internationale (il a par exemple représenté la France à la conférence de Londres en 1926).
Beauguitte restera ambassadeur jusqu’en 1947 avant de rentrer en France et de jouer un rôle dans divers gouvernements des années 50.


23 juin
France-URSS
Alger
– « Le nouvel Ambassadeur d’Union Soviétique auprès du gouvernement français, M. Alexandre Bogomolov, est arrivé hier à Maison-Blanche, venant de Londres, en compagnie de l’Ambassadeur d’URSS en Grande-Bretagne, M. Ivan Maisky. Après avoir présenté ses lettres de créance au Président de la République, M. Bogomolov a rejoint M. Maisky pour un entretien des plus cordiaux avec M. Paul Reynaud, M. Léon Blum et le général de Gaulle. Selon le communiqué conjoint publié à l’issue de cette rencontre, le gouvernement français a chaleureusement accueilli l’arrivée du nouvel ambassadeur et a confirmé que la France n’épargnerait aucun effort pour soutenir l’effort de guerre du peuple soviétique dans la lutte contre l’ennemi commun. » (L’Echo d’Alger, le lendemain).
Les Français ont en effet promis de tout faire pour assurer l’acheminement des convois Prêt-Bail en Méditerranée et jusqu’en Mer Noire. Mais De Gaulle et Reynaud ont d’emblée soulevé la question des prisonniers polonais en URSS, observant que les termes du discours prononcé par Staline le 20 mai impliquaient que la Pologne faisait partie de l’alliance opposée à l’Axe. « Dans ces conditions, commente Reynaud, il nous paraîtrait normal que les militaires polonais détenus en Union Soviétique depuis 1939 soient libérés dans les plus brefs délais pour pouvoir se joindre aux forces polonaises en exil. »
« Si la Russie n’a pas la volonté ou les moyens d’organiser la nouvelle armée polonaise, ajoute De Gaulle, les officiers et soldats retenus dans des camps de prisonniers, en Ouzbekistan ou ailleurs, peuvent être transférés au Moyen-Orient, où ils seront intégrés dans des unités polonaises au sein des forces françaises. » Et le Général poursuit, de façon encore plus claire : « La France ne saurait engager de forces militaires pour aider l’URSS contre les puissances de l’Axe si, en retour, l’Union Soviétique se refusait à permettre aux peuples prêts à combattre l’ennemi commun de se joindre à notre alliance. »


26 juin
France-USA
Alger
– Le conseiller particulier du Président Roosevelt, M. Harry Hopkins, arrive à Alger, venant de Washington. Il remet dans la soirée un message personnel de F.D. Roosevelt au Président du Conseil français. Il est également porteur d’une note de l’amiral King à l’intention de l’amiral Ollive.


27 juin
Des navires français pour le Pacifique
Alger
– Le message du Président Roosevelt est discuté par le Conseil de Défense Nationale.
L’idée même d’envoyer les Dunkerque et Strasbourg dans le Pacifique est fraîchement accueillie par le chef d’état-major de la Marine Nationale et par le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, quoique pour des raisons très différentes. Si l’amiral Ollive craint de disperser ses forces loin du théâtre méditerranéen, Georges Mandel relève les aspects politiques de la demande américaine : « La mission de M. Hopkins est très gênante. Elle crée en effet un mode de relation dans lequel le président américain contourne le processus normal de décision des institutions conjointes alliées pour présenter directement ses desiderata à ses différents partenaires. Si nous validions un tel mode de relation, nous accepterions par là même que le gouvernement américain dirige de facto la stratégie alliée dans la guerre. »
Après quelques échanges tendus, le général de Gaulle, ministre de la Guerre, propose de répondre de façon favorable à la requête américaine, mais en incluant cet accord dans un accroissement de la participation globale de la France à la guerre sur le théâtre Pacifique des opérations. Au bout de près de cinq heures de discussion, le Conseil décide d’informer conjointement le jour suivant M. Hopkins, les ambassadeurs américain, britannique, hollandais et chinois, ainsi que le représentant du Grand Etat-Major Impérial, que la France s’apprête à renforcer sa contribution à l’effort de guerre contre le Japon. Cette décision doit être mise en œuvre par étapes dans les trois mois qui suivent.
(a) Un Régiment Aéroporté (le 2e REP) partira immédiatement pour l’Australie, pour participer aux opérations en Nouvelle-Guinée et/ou dans l’archipel des Salomon.
(b) L’Armée de l’Air doit renforcer sa présence en Chine (Kunming) et au Tonkin (Dien Bien Phu) en y transférant 50 Hawk-87 (P-40E) pour rééquiper la 40e Escadre de Chasse (GC I/40, II/40 et III/40) et 45 B-25C pour la 62e Escadre de Bombardement (GB I/62, II/62, III/62), qui ne dispose actuellement que de Martin-167. Ces transferts (que permet le rééquipement en cours des escadres du théâtre européen) doivent se faire entre fin août et début octobre.
(c) L’Armée de l’Air doit envoyer fin août en Nouvelle-Calédonie ou en Australie la 52e Escadre de l’ACCS (Aviation de Coopération, de Combat et de Soutien) (GCA I/52 et II/52), récemment recréée et dotée de 45 Vultee V-72 Vengeance I. Cette escadre devra opérer avec les forces de la RAAF, de l’USAAF et de l’Aéronavale déployées dans ce secteur.
(d) L’Escadre du Pacifique, opérant pour l’instant de Nouméa, doit être renforcée par la 3e Escadre Cuirassée (contre-amiral Jacques Trolley de Prévaux), avec les cuirassés rapides Dunkerque (A – C.V. Jacques Garreau de la Méchenie) et Strasbourg (C.V. Barrois) et les grands destroyers Le Hardi, Le Foudroyant, L’Adroit et Casque. Ces navires doivent quitter mi-septembre les chantiers navals américains, où ils sont en cours de rééquipement et de modernisation (1).

En présentant d’un bloc ces différentes mesures, dont certaines (les points a et c) avaient été approuvées bien avant par le Conseil de Défense Nationale, le gouvernement français espère recueillir un bénéfice politique maximum de ce qui reste un engagement numériquement assez limité (même s’il est loin d’être négligeable, compte tenu des faibles ressources françaises). En diluant leur réponse au Président des Etats-Unis au milieu d’autres mesures, les Français souhaitent la présenter comme un engagement très net en faveur du principe de décision conjointe, sans risquer un conflit avec le gouvernement des Etats-Unis avant une opération majeure où la présence et l’engagement des troupes américaines seront décisifs.


28 juin
Entre Alliés
Alger
– L’amiral Sir Dudley Pound, Premier Lord de la Mer, arrive de Gibraltar. Le voyage de Sir Dudley n’a rien à voir avec la mission de Harry Hopkins ; il est motivé par la nécessité de discuter avec l’état-major de la Marine Nationale d’une réorganisation des flottes alliées en Méditerranée. Dudley Pound est néanmoins invité au déjeuner offert aux ambassadeurs alliés, à leurs conseillers militaires et à M. Hopkins par Paul Reynaud, qui dévoile à ce moment les décisions du Comité de Défense Nationale sur la contribution française à la guerre contre le Japon.
Le Président du Conseil saisit l’occasion de défendre les résultats de l’Opération Périclès devant les Américains. Il explique que, si les gains territoriaux ne semblent pas énormes, les forces de l’Axe en Grèce ont été très affaiblies, et de nouvelles offensives sont annoncées.
En fin d’après-midi, le général de Gaulle et l’amiral Ollive retrouvent le Premier Lord de la Mer pour mettre la dernière main à la nouvelle organisation des forces navales alliées en Méditerranée, mais aussi pour évoquer la situation en Extrême-Orient.


29 juin
L’union fait la force
Londres et Alger
– Paul-Henri Spaak rencontre Anthony Eden pour lui demander ses bons offices pour faciliter la reprise des relations diplomatiques rompues en juillet 1941 entre Belgique et Union Soviétique. Eden décide de convoquer l’ambassadeur d’URSS, Ivan Maisky, afin de l’inviter à se mettre en contact avec Spaak dans ce but.
Dans le même temps, Raoul Richard, ambassadeur extraordinaire de Belgique à Alger, est prié de mettre au courant de cette démarche le gouvernement français, qui vient lui-même de renforcer ses liens avec Moscou, afin qu’il puisse l’appuyer discrètement.

Note
1 La classe Le Hardi sera armée, à la fin de ce rééquipement, de trois tourelles doubles de 5,1 pouces/45 LA, un affût double et deux simples de 40 mm Bofors, quatre Œrlikon de 20 mm, sept tubes lance-torpilles de 550 mm (un affût triple et deux doubles), quatre mortiers ASM et deux grenadeurs de sillage avec 40 grenades. Leur autonomie sera accrue par un réaménagement des espaces intérieurs.
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patrikev



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MessagePosté le: Lun Jan 13, 2014 22:33    Sujet du message: Répondre en citant

Complément diplomatique pour le mois de juin.

1er juin

Les Roumains sont mécontents

Le Conducator Antonescu, chef suprême de l’Etat et de l’armée de Roumanie, est mécontent et envoie à Berlin son vice-premier ministre Mihai Antonescu (sans lien de parenté) pour le faire savoir. Selon lui, le "Haltbefehl" de Von Rundstedt au 30 mai a ruiné les chances de l’offensive roumaine, déjà compromise par un lancement trop tardif. Le bombardement de Constanza, que Mihai Antonescu apprend par la radio en arrivant à Berlin, montre que le Reich n’a pas tenu son engagement de protéger l’espace aérien roumain.

En fait, l’armée roumaine n’est pas approvisionnée pour une campagne longue et aurait dû interrompre son mouvement de toute façon. Les Allemands aussi bien que les Roumains ont massivement sous-estimé la capacité de riposte soviétique. Le bilan de la bataille des frontières n’est pourtant pas désastreux pour la petite armée roumaine : avec un équipement hétéroclite et notoirement insuffisant, elle a repoussé des forces soviétiques très supérieures. Chernovtsy, capitale de la Bukovine du Nord, est aux trois quarts encerclée. Plus à l’est, la tête de pont de Briceni forme un coin entre les 12e et 9e Armées soviétiques, tandis que celle de Fălciu offre une position favorable à une attaque vers Kishinev. Les rapports du front, notamment ceux du général allemand de Angelis, montrent un esprit très combatif au moins chez les unités de montagne : bonne nouvelle pour la Wehrmacht pour qui la guerre de montagne, au moins depuis la seconde partie de la campagne de France, est devenue une préoccupation constante. Ces troupes roumaines pourraient être utiles quand les forces de l’Axe atteindront la Crimée et, qui sait, le Caucase.

Autre raison de ménager l’allié roumain : le lancement de Barbarossa a brutalement interrompu les livraisons de pétrole soviétique. Le bassin de Ploesti est plus que jamais le fournisseur vital de carburant pour le Reich. Les Roumains en profitent pour revoir leurs prix à la hausse, ce qui en fait, au moins, des partenaires solvables pour l’achat d’armement : les carnets de commandes commencent à se remplir.

Mihai Antonescu ne repart pas les mains vides : il obtient la promesse d’un appui massif en artillerie et en aviation pour protéger le territoire roumain et reprendre l’initiative sur le front.
_________________
- Votre plan comporte un inconvénient majeur.
- Commençons par le plus facile: capturer la bête.
- Le voilà, l'inconvénient majeur.
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