Fantasque Time Line Index du Forum Fantasque Time Line
1940 - La France continue la guerre
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   Liste des MembresListe des Membres   Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs   S'enregistrerS'enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Intégrale ATLANTIQUE Janvier-Avril 1942
Aller à la page 1, 2, 3, 4  Suivante
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1942 - Les autres fronts
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 10935
Localisation: Paris

MessagePosté le: Dim Aoû 05, 2012 10:33    Sujet du message: Intégrale ATLANTIQUE Janvier-Avril 1942 Répondre en citant

Janvier 1942
4 – La bataille de l’Atlantique
Cerberus, Chariot, Stone-Age

2 janvier
C’est la guerre…
Côte est des Etats-Unis
– Des sous-marins allemands Type IX coulent trois cargos et un pétrolier le long des côtes de Virginie. Ce sont quatre des nombreuses victimes que feront les U-boots jusqu’à ce que les Américains se résignent à appliquer à leur trafic maritime côtier les mesures de lutte ASM que leur recommandent Anglais et Français depuis le jour de leur entrée en guerre.


12 janvier
Feu vert pour Cerberus
Berlin
– Après avoir écouté le rapport de l’amiral Raeder, Hitler approuve l’opération de passage de la Manche par les croiseurs de bataille Scharnhorst et Gneisenau, opération baptisée “Cerberus”. « Cerberus doit réussir ! pérore le Führer devant son état-major. Après tout, les Anglo-Français ont réussi à plusieurs reprises à traverser le détroit de Sicile malgré l’aviation italienne et le Xe FliegerKorps ! Nous pouvons bien en faire autant ! »
De plus, dans l’optique de Barbarossa, Hitler voit deux grands avantages dans cette opération : côté offensif, la possibilité de bloquer plus efficacement la Flotte Rouge (ou plus exactement la VMF, Voenno-Morskyj Flot) dans la Baltique ; côté défensif, la possibilité de s’opposer à une attaque alliée qui serait lancée contre la Norvège pour soutenir l’URSS. Toujours séduit par les grandes masses blindées, Hitler voit avec plaisir la concentration du Tirpitz, des Scharnhorst et Gneisenau, des cuirassés de poche Admiral Scheer et Lutzow et du croiseur lourd Admiral Hipper, qu'il considère comme une force navale irrésistible.


14 janvier
Feu vert pour Chariot
Londres
– L’état-major du Captain Lord Louis Mountbatten rencontre des officiers de la Marine Nationale et des Forces Spéciales françaises, ainsi qu’un envoyé du ministère de la Défense, pour préparer l’opération “Chariot”. Il s’agit de mettre hors d’usage le bassin la forme-écluse Joubert, mieux connue sous le nom de dock Normandie (1), ainsi que d’autres infrastructures du port de Saint-Nazaire. Churchill craint en effet que le cuirassé Tirpitz, basé en Norvège, ne tente d’imiter son jumeau le Bismarck pour chasser les convois alliés. Les Français sont d’abord très réticents : d’une part, ils estiment que le risque de voir le Tirpitz tenter une sortie est faible et qu’au cas où la Kriegsmarine déciderait quand même de tenter un coup de poker, la destruction de la cale sèche Joubert ne la ferait pas reculer ; d’autre part, la population de Saint-Nazaire souffrirait très certainement des combats (la garnison allemande est estimée à environ 5 000 soldats et marins avec une centaine de canons de toutes tailles) et l’Occupant risquerait fort, ensuite, de se livrer à des représailles sur les civils.
Finalement, les Britanniques emportent la décision en soulignant que les prochains transports de troupes et de matériels américains à destination de l’Afrique du Nord ne peuvent absolument pas être exposés à une telle menace, si peu probable semble-t-elle, et que l’opération montrera aux nouveaux alliés d’outre-Atlantique que les Européens ne les considèrent pas comme de la chair à canon ! Ni le Premier Britannique ni aucun stratège allié ne savent que l’opération est d’ores et déjà inutile, la Kriegsmarine ayant décidé deux jours plus tôt d’envoyer son cuirassé en Mer Baltique…
La Marine française accepte d’engager deux contre-torpilleurs dans la force d’appui, les Aigle et Gerfaut (2), mais décline l’honneur d’en utiliser un dans le rôle (suicidaire) du bélier. Un vieux destroyer de classe “V” de la Royal Navy, le HMS Vortigern, est choisi à la place.


17 janvier
Sous dix drapeaux
La Rochelle
– Après deux tentatives avortées à cause du mauvais temps ou de l’activité aérienne ou navale des forces alliées (qui ont notamment coulé le pétrolier Ole-Jakob), la troisième tentative du corsaire Thor pour passer dans l’Atlantique est la bonne.


20 janvier
En route vers la Birmanie
Grande-Bretagne
– Le grand convoi “Stone-Age” (dix-neuf transports) quitte Bristol et Plymouth pour Rangoon, avec une forte escorte, dont les porte-avions Illustrious et Furious.


23 janvier
En route vers la Birmanie
Golfe de Gascogne
– Au large du cap Finisterre, le convoi Stone-Age est attaqué par 6 Fw 200 et 16 He 111 du KG-40. Mais les chasseurs de l’Illustrious et du Furious démontrent à nouveau la puissance du porte-avions et du radar : les avions allemands perdent 4 Kondor et 6 Heinkel 111 sans pouvoir seulement approcher les navires alliés.

Des Italiens dans l’Atlantique
C’est le Dandolo, commandé depuis mai 1941 par le LV Walter Auconi, qui remporte le premier succès du XIe Groupe pour l’année 1942 en coulant le cargo… espagnol Navemar (5 301 GRT), soupçonné de faire du transport (non officiel) pour les Alliés.


25 janvier
Pour Cerberus
Mer du Nord
– Se rendant en France pour servir d’escorte aux Scharnhorst et Gneisenau dans le cadre de l’opération Cerberus, le grand destroyer allemand Z-8 Bruno Heinemann saute sur une mine au large d’Ostende et coule.


29 janvier
Cure de modernisation pour navires français
Norfolk (Etats-Unis)
– Arrivée de l’escadre du Richelieu, venant de Scapa Flow (BB Richelieu, CA Algérie et DD Le Hardi, le Foudroyant, L’Adroit et le Casque). Les quatre destroyers vont rester à Norfolk, pour un cycle de modernisation ; ils seront remplacés au côté du cuirassé et du croiseur lourd par quatre autres, eux aussi de classe Le Hardi, qui viennent d’être modernisés (et achevés pour deux d’entre eux), avec, entre autres, agrandissement des soutes à mazout prévues à l’origine : les Mameluck, Bison, Cyclone et Siroco.

Sic transit…
Portsmouth
– Le Barham est arrivé en clopinant d’Alexandrie, sa coque mal refermée après la blessure infligée en septembre par les maiale italiens. Cependant, les ingénieurs navals anglais le jugent trop vieux et trop endommagé pour être réparé. Dépouillé de ses tourelles principales et secondaires, il servira de casernement, d’entrepôt et de plate-forme de DCA dans le port de Portsmouth jusqu’à ce que le débarquement en France lui offre l’occasion de retrouver le champ de bataille, dans le rôle modeste mais vital de brise-lames.


1 Car elle a été construite pour accueilir le paquebot du même nom.
2 Ces deux navires verront leur pièce de 138 n°3 remplacée par un canon de 4 pouces Mk V, plus efficace en anti-aérien.


Dernière édition par Casus Frankie le Dim Aoû 05, 2012 10:41; édité 1 fois
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 10935
Localisation: Paris

MessagePosté le: Dim Aoû 05, 2012 10:38    Sujet du message: Répondre en citant

Février 1942
4 – La bataille de l’Atlantique
Cerberus : un succès gâché

8 février
Transports italiens en fuite
Kobé (Japon)
– Départ pour Bordeaux du cargo Fusijama. Il doit suivre la même route (par le cap Horn) que les Cortellazzo et Pietro Orseolo et, comme eux, arrivera à bon port (le 26 avril 1942).


11 février
Opération Cerberus
Brest (France occupée)
– Tard dans la nuit, les croiseurs de bataille de la Kriegsmarine Scharnhorst et Gneisenau, escortés par six destroyers (les Z-4 Richard Beitzen, Z-5 Paul Jakobi, Z-7 Hermann Schoemann, Z-14 Friedrich Ihn, Z-25 et Z-29) et neuf torpilleurs (T-2, T-4, T-5, T-11, T-12, T-13, T-15, T-16, T-17), quittent la rade pour tenter la traversée de la Manche.


12 février
Opération Cerberus
Manche et Mer du Nord
– La tentative hardie des Scharnhorst et Gneisenau de passer directement d’Atlantique en Mer du Nord réussit grâce au très mauvais temps (8 à 10/10 de couverture nuageuse) et à une surprise complète.
La première réaction n’intervient qu’un peu après 13h00, avec une douzaine de vieux Swordfish de la FAA escortés par quelques Spitfire. L’attaque se termine par un massacre prévisible ; les chasseurs des JG 2 et JG 26 revendiquent neuf Swordfish abattus et six sont effectivement perdus. Entre 15h20 et 16h10, une vague de 73 avions tente d’arrêter les croiseurs de bataille ; entre 17h00 et 18h00, 134 appareils sont lancés à l’attaque. Cependant, le temps est si mauvais que les bombardiers ont d’énormes difficultés pour trouver leur objectif et attaquent par petits groupes désorganisés, facilement repoussés par une Luftwaffe très présente et par la flak navale. La RAF perd 41 avions (qui s’ajoutent aux six Swordfish de la FAA) : 10 Hampden et 5 Beaufort du Coastal Command, plus 18 chasseurs d’escorte (6 Hurricane II, 4 Whirlwind et 8 Spitfire V). La Luftwaffe admettra la perte de huit appareils (4 chasseurs et quatre 4 bombardiers), plus une dizaine très endommagés ou détruits à la suite d’accidents à l’atterrissage du fait d’une météo épouvantable. Score total, 47 à 18 en faveur des Allemands…
Les Anglais ne peuvent sauver la face que grâce à l’humour. En effet, le journal local de Brighton se permet de publier ce “communiqué” : « Il n’y a aucun fondement à l’affirmation selon laquelle les navires allemands se sont arrêtés hier en fin d’après-midi à la grande jetée de Brighton pour prendre le thé. Il est bien connu des autorités supérieures que les marins allemands ne boivent pas de thé. »
L’opération Cerberus est donc un grand succès tactique pour les Allemands.
Cependant, ce succès est très sérieusement terni par la réussite d’une arme discrète mais efficace : alors qu’ils ont échappé aux avions et aux navires britanniques, les deux croiseurs de bataille sont endommagés par des mines. Le Scharnhorst en a fait exploser une à 14h31. A 19h55, c’est le tour du Gneisenau, puis, à 21h34, le Scharnhorst est de nouveau frappé. Le Gneisenau ne semble pas très gravement endommagé, mais le Scharnhorst nécessite d’importantes réparations. Quoi qu’il en soit, ni l’un ni l’autre ne peuvent dans l’immédiat prendre part à une opération quelconque.


26 février
Coup heureux
Kiel
– Triste fin pour un corsaire. Un raid de la RAF surprend le croiseur de bataille allemand Gneisenau au chantier naval de la Deutsche Werke. En raison des travaux de réparation des dommages causés par la mine heurtée durant l’opération Cerberus, les écoutilles n’ont pu être fermées, tandis que les réservoirs de mazout vides n’ont pas encore été nettoyés, ce qui fait que des vapeurs de produits pétroliers flottent dans tout l’avant du vaisseau. Et c’est à cet endroit que le bâtiment est touché. La bombe déclenche une explosion qui détruit totalement l’avant du navire jusqu’à la tourelle Anton. Ce coup heureux venge la RAF de bien des malheurs subis lors de Cerberus, car le Gneisenau est définitivement hors de combat. Ses canons finiront même par être démontés pour équiper des fortifications côtières…


27 février
Opération Chariot
Falmouth, 12h30
– La force “Chariot” quitte le port avec les contre-torpilleurs MN Aigle et Gerfaut (de l’escadre de Casablanca), les vieux destroyers HMS Walpole et Windsor (classe Admiralty W), le vieux destroyer spécialement équipé HMS Vortigern, les vedettes MTB 74 et MGB 314, et quinze mouilleurs de mines (ML) Fairmile type B. En comptant les équipages des navires, ce sont 1 050 hommes qui sont engagés, dont 260 appartenant aux Forces Spéciales Françaises, à l’Armée britannique et aux commandos de la Royal Navy.
Le Vortigern a été modifié pour ressembler à un vieux torpilleur allemand de classe Möwe. Il a été allégé au maximum pour remonter la Loire, néanmoins, le blindage de ses superstructures a été renforcé et 8 canons Œrlikon de 20 mm ont été installés. Mais la modification la plus importante qui lui ait été apportée est moins visible : il s’agit de l’installation de 24 grenades ASM Mark-VII dans la coque, dans un conteneur de béton spécialement renforcé.


28 février
Opération Chariot
Au large de Saint-Nazaire (France occupée), 07h00
– La force “Chariot”, qui s’est jusqu’ici dirigée vers le sud avec un convoi faisant route vers Gibraltar, met le cap à l’est.
20h05 – La petite escadre atteint une position au sud-ouest de son objectif. Les MTB-74 et MGB-314, qui étaient en remorque derrière les deux destroyers de classe “W”, mettent leurs moteurs en route. Les deux destroyers s’éloignent alors vers le nord-ouest pour rester hors de portée de détection et attendre le retour des autres bâtiments, qui filent à 20 nœuds vers Saint-Nazaire.
22h00 – “Chariot” rencontre et dépasse le sous-marin HMS Sturgeon, envoyé en éclaireur.
23h30 – Alors que l’estuaire de la Loire est tout proche, l’escadre peut entendre des bombardiers de la RAF attaquer Saint-Nazaire et voir les projecteurs balayer le ciel. C’est bien sûr une diversion – de plus, les craintes des Français à propos des civils ont été entendues et les avions ne larguent leurs bombes qu’à l’écart des zones habitées, donc de leurs cibles théoriques. Un commandant de garnison allemand racontera par la suite qu’il s’était réjoui de l’efficacité du camouflage des installations et de l’observance des règles de black-out.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Capu Rossu



Inscrit le: 22 Oct 2011
Messages: 1776
Localisation: Mittlemeerküstenfront

MessagePosté le: Dim Aoû 05, 2012 14:01    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour Franck,

OK pour la correction de ma correction dans l'infanterie en gros plan. Ah les douces joies de la grammaire française !

Citation:
quinze mouilleurs de mines (ML) Fairmile type B.


Le sigle ML ne signifie pas "mines layer" mais "motor launch", c'est à dire "vedette à moteur". Les ML type "A" furent effectivement converties en mouilleurs de mines mais cet emploi fut épisodique pour les types "B". La principale mission de ces vedettes fut la garde devant les ports et l'escorte des convois côtiers.

@+
Alain
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
patzekiller



Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 3531
Localisation: I'am back

MessagePosté le: Dim Aoû 05, 2012 15:07    Sujet du message: Répondre en citant

il ne faudra^pas oublier de rajouter une note sur les consequences de cerbere au sein du bomber command, en relation avec lannexe en cour de redaction (arrivée de harris)
_________________
www.strategikon.info
www.frogofwar.org
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 10935
Localisation: Paris

MessagePosté le: Dim Aoû 05, 2012 20:35    Sujet du message: Répondre en citant

patzekiller a écrit:
il ne faudra^pas oublier de rajouter une note sur les consequences de cerbere au sein du bomber command, en relation avec lannexe en cour de redaction (arrivée de harris)


Tu as raison, je le fais.
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
JPBWEB



Inscrit le: 26 Mar 2010
Messages: 2320
Localisation: Thailande

MessagePosté le: Lun Aoû 06, 2012 12:11    Sujet du message: Répondre en citant

Les S&G ne sont pas plus des croiseurs de bataille que les S&Dunkerque. La MN désignaient ceux ci comme des bâtiments de ligne et la KM désignaient ceux la comme des Schlachtschiffe, c'est à dire des cuirassés. De même, les trois Deutschland étaient désignés Panzerschiff, c'est adire navires cuirassés. Le vocable 'de poche' est je crois une invention de journaliste de l'époque. Les deux survivants ont été reclassifiés en croiseurs lourds en 1941 si mes souvenirs sont exacts, çequi irresponsable bien mieux à leur véritable nature et utilisation tactique.
_________________
"L'histoire est le total des choses qui auraient pu être évitées"
Konrad Adenauer
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 10935
Localisation: Paris

MessagePosté le: Lun Aoû 06, 2012 14:54    Sujet du message: Répondre en citant

Mars 1942
4 – La bataille de l’Atlantique (et d’autres mers)
Chariot réussi, Zauberflöte à moitié raté

1er mars
Opération Chariot
Saint-Nazaire (France occupée), 00h50
– La force “Chariot” pénètre dans l’estuaire de la Loire, la MGB 314 en tête. À son bord se trouve un ancien pilote professionnel de la Loire. Les deux contre-torpilleurs français ralentissent, laissant les autres navires s’avancer, car avec leurs quatre cheminées, ils sont bien trop identifiables pour une attaque surprise.
01h09 – Un instant d’angoisse – le Vortigern racle sa coque sur le fond du fleuve, mais réussit à reprendre sa course au bout de quelques minutes, guidé par le pilote français sur la canonnière.
01h20 – Les forces allemandes sont mises en alerte, mais avec lenteur, car elles ont été distraites par les bombardements de la RAF.
01h22 – Le Vortigern est interrogé par signaux à éclats, puis illuminé par un projecteur, mais l’équipe du SOE embarquée sur le destroyer répond en utilisant un code de torpilleur allemand, en hissant l’enseigne allemande et en tirant des fusées d’identification allemandes. Cela renforce la confusion des défenseurs, et les projecteurs sont éteints. Le navire file alors 20 nœuds, et les bateaux Fairmile se disposent en deux colonnes, de chaque côté du vieux destroyer.
01h26 – Des Allemands ouvrent le feu sur le Vortigern, qui transmet aussitôt sur la fréquence allemande standard : « Je suis la cible de tirs amis » et les tirs cessent. Le destroyer est maintenant à un mille nautique à peine de son objectif, le fameux bassin “Normandie”.
01h30 – Les forces allemandes comprennent enfin qu’il se passe quelque chose de vraiment anormal et ouvrent le feu sur les attaquants avec toutes les armes disponibles. Le Vortigern et son escorte envoient la White Ensign et répondent de la même manière, tandis que le vieux destroyer accélère de son mieux. Marchant au canon, l’Aigle et le Gerfaut hissent le petit pavois , pénètrent à 25 nœuds dans l’estuaire et engagent les batteries allemandes avec leurs 138 mm tirant pratiquement à bout portant. Cette intervention perturbe quelque peu le feu allemand, qui reste cependant très violent. Les Fairmile commencent à émettre de la fumée et virent en direction du chantier naval. Un Sperrbrecher (bateau-flak) ancré dans le milieu du courant tente d’utiliser son canon de 88 mm, mais il est rapidement mis hors de combat.
01h37 – Le Vortigern, qui file à plus de 25 nœuds, éperonne le caisson-porte du bassin “Normandie” côté Loire. Pendant ce temps, les petits Fairmile déposent des commandos qui s’élancent dans toutes les directions sous une pluie de balles pour placer des charges de démolition en différents endroits du port.
01h45 – Malgré les tirs, les commandos atteignent les pompes principales du bassin et les cabines de manœuvre des caissons-portes, et commencent à placer des charges de démolition. Des combats furieux éclatent partout sur le port. Les petits Fairmile B, peu protégés, subissent de lourdes pertes sous les tirs à bout portant, mais les forces allemandes ne comprennent toujours pas ce qui se passe.
01h50 – La vedette MTB-74 lance ses deux torpilles sur les portes du bassin de la Vieille Entrée, utilisé par les sous-marins allemands. Il s’agit d’engins spéciaux sans moteur ni carburant, qui contiennent une tonne d’explosifs chacun et ont été conçus pour attaquer les Scharnhorst et Gneisenau derrière leurs filets anti-torpilles à Brest ou La Pallice – une possibilité qui s’est envolée depuis la réussite de l’opération Cerberus. Les deux torpilles frappent leur cible, mais n’explosent pas et coulent au bas des portes du bassin.
02h00 – Les charges de démolition posées sur les pompes et dans les cabines de manœuvre des portes du bassin explosent, provoquant de terribles ravages. En réalité, le travail a été si bien fait que le bassin “Normandie” est d’ores et déjà hors service pour le reste de la guerre.
02h05 – Le Gerfaut et l’Aigle sont en plein milieu du port, défiant les batteries allemandes sous leur nez. Le Gerfaut encaisse deux obus de 150 mm en plein milieu, et un obus de 170 mm détruit la pièce III de 138 mm. Un affût quadruple de 20 mm “Vierling” balaie sa passerelle, tuant ou blessant de nombreux hommes, mais le contre-torpilleur détruit la batterie de projecteurs de DCA qui illuminent les bateaux alliés et réduit au silence au moins deux canons de 150 mm.
02h15 – De petits groupes de Résistants armés ajoutent au chaos en tendant des embuscades dans la ville aux renforts allemands qui se dirigent vers le port.
02h35 – Le Lt-colonel Newman ordonne la retraite à toutes les forces de Chariot. Comme les petits Fairmile tentent de récupérer les commandos sous une grêle de balles et d’obus, l’Aigle s’approche à quelques mètres des quais, qu’il balaye de ses armes anti-aériennes. L’officier d’artillerie aperçoit alors deux 88 mm antichars qui prennent en enfilade la principale zone d’évacuation, il les détruit avec ses canons de 138 mm, dont il dirige le tir, se souvient le quartier-maître canonnier Bernaudeau, « comme s’il les avait tenus en mains ». A ce moment, le contre-torpilleur reçoit un obus de 170 mm qui démolit la pièce I de 138 mm. Le navire reste cependant dans le port jusqu’à ce que son commandant soit sûr que tous les Fairmile ont pu s’enfuir – les survivants, car quatre ont déjà été détruits.
02h41 – Comme il commence à se replier, quelques instants après le Gerfaut, l’Aigle est engagé par le torpilleur allemand Jaguar, amarré dans le port, et dont le canon avant de 105 mm (les pièces arrières sont masquées) ouvre le feu sur les navires alliés qui s’éloignent. « C’était un duel au canon à moins de mille mètres, raconte Bernaudeau : imaginez un duel au pistolet entre deux hommes se tenant à deux mètres l’un de l’autre ! » Ce duel ne dure que trois minutes à peine. L’Aigle y perd un de ses deux canons de 138 mm arrière et sa salle des machines arrière est percée par des éclats d’obus. En revanche, un obus de 138 mm détruit le poste de direction de tir principal du Jaguar et un autre éventre le masque de la pièce arrière du navire, mettant le feu à des munitions préparées à l’avance. D’autres torpilleurs allemands (les Falke, Iltis, Kondor et Seeadler) sont amarrés près du Jaguar, mais celui-ci les masque, et ils ne peuvent ouvrir le feu. Son commandant tente de le déplacer, mais il ne parviendra à quitter son poste d’amarrage qu’à 02h55.
02h44 – Gravement touché, le Jaguar cesse le feu. Malgré ses avaries, l’Aigle réussit à monter à 20 nœuds, puis à 25, pour s’échapper.
Les difficultés ne sont pas terminées pour les survivants de Chariot. Tout le long de l’estuaire, leurs navires sont engagés par plusieurs batteries allemandes. Le Gerfaut fait face successivement à trois canons de 150 mm, qu’il force à se taire pour un moment, mais perd son poste de direction de tir arrière et sa pièce de 4 pouces, tandis qu’il est sérieusement touché à la chambre des machines avant. Il ne peut plus dépasser 27 nœuds, mais c’est bien suffisant.
Il reste un ultime obstacle : le tir du Gerfaut a interdit aux canons de l’estuaire de faire feu sur les vedettes anglaises, mais il ne peut rien pour empêcher un énorme canon de 240 mm sur rails, situé près de La Baule, d’ouvrir le feu sur les insolents petits navires… Heureusement pour ces derniers, dans l’obscurité, le tir du monstre est spectaculaire mais imprécis.
03h40 – Tous les survivants sont maintenant en pleine mer, filant aussi vite qu’ils le peuvent vers le point de rendez-vous avec les deux destroyers “W”. La plupart des Fairmile sont si gravement endommagés qu’on décide de les saborder pour ne pas ralentir les autres navires. Les pertes sont lourdes. En comptant les marins, 242 hommes sont morts ou vont mourir et 73 commandos qui n’ont pu regagner les bateaux seront faits prisonniers par les Allemands.
04h00 – La petite flottille met le cap sur Falmouth à pleine vitesse en faisant un large détour pour se mettre hors de portée de la Luftwaffe. L’Aigle et le Gerfaut, après des réparations de fortune, se joindront à un convoi transatlantique puis mettront le cap sur un chantier naval américain pour se voir transformés, comme leurs frères Albatros et Milan, en escorteurs océaniques.
06h30 – La garnison de Saint-Nazaire commence à se débarrasser des derniers commandos qui sont encore dans la zone du port. Après quelques combats sporadiques dans la ville, le calme revient.
07h00 – Un Ju 88 fait son apparition alors que la flottille passe au large de Brest. Mais il est abattu par un Beaufighter de la RAF avant de pouvoir préciser la position de la flottille, empêchant les bombardiers allemands d’attaquer les bâtiments survivants avant qu’ils ne soient définitivement en sécurité.
09h00 – Des soldats allemands commencent à se rassembler autour de l’épave du Vortigern. Plusieurs officiers montent à bord du navire pour l’examiner (selon des témoins, certains ont même invité leurs maîtresses à les accompagner).
10h35 – « Avec une violence qu’aucun mot ne saurait décrire » dira après la guerre le maire de Saint-Nazaire, M. Grimaud, les 24 grenades anti-sous-marines contenues dans les flancs du Vortigern explosent. Des débris du navire seront retrouvés à plus de 2 500 mètres du bassin “Normandie”. Le pétrolier Storstad, capturé par le corsaire Pinguin dans l’Océan Indien en octobre 1940, est fortement endommagé. Le commandement allemand reconnaîtra la mort de plus de cent officiers et soldats, mais les ouvriers français réquisitionnés pour déblayer les ruines compteront au moins 380 morts (60 officiers et 320 sous-officiers et soldats).
Pendant plusieurs heures, la garnison allemande, les nerfs mis à rude épreuve par les combats de la nuit et l’explosion du matin, ouvre le feu au hasard dans les rues. Ce n’est que dans l’après-midi que les choses se calment peu à peu.


2 mars
Opération Chariot (épilogue)
Saint-Nazaire
– Comme des ouvriers français réquisitionnés commencent à déblayer les ruines laissées par la bataille et l’explosion du HMS Vortigern, les deux torpilles lancées par la MTB-74 décident finalement d’exploser elles aussi. La première détonne à 16h00, détruisant les portes du bassin de la “Vieille Entrée”. A 17h05, la seconde torpille l’imite, parachevant cette destruction au point que les sous-marins allemands vont devoir attendre six mois la remise en service de leurs installations d’entretien et de réparations.
Affolés, les hommes de la garnison se mettent à tirailler au hasard dans la ville, soupçonnant des commandos restés embusqués quelque part, ou une attaque de la Résistance. Une rafale d’arme automatique sectionne même un important câble électrique, plongeant dans le noir le port et une grande partie de la ville. Les Allemands considèrent cet accident comme une nouvelle preuve d’une action de sabotage de la Résistance.
A 19h00, les soldats commencent à rafler n’importe où un grand nombre de civils (selon les récits, entre 150 et 225 hommes, femmes et enfants), ainsi que le maire de la ville, M. Grimaud, et le conseil municipal. A 21h00, le chef de la garnison déclare à M. Grimaud qu’il exécutera tous les otages (dont M. Grimaud lui-même) le lendemain matin à 06h00 en cas de nouvelle attaque contre les forces allemandes. Par bonheur, la nuit est calme…


10 mars
Opération Zauberflöte
Trondheim (Norvège)
– Peu avant midi, le cuirassé Tirpitz et le cuirassé de poche Lützow, escortés par les destroyers Z-5 Paul Jacobi, Z-7 Hermann Schoemann et Z-25, et par les torpilleurs T-5, T-11 et T-12, se dégagent des filets de protection du Lofjord pour s’aventurer en pleine mer. L’opération “Zauberflöte” (Flûte Enchantée…) a commencé, sous le sceau du secret le plus total. D’une part, le trajet entre la Norvège et la Baltique est loin d’être sans risque. D’autre part, la concentration à Kiel de la plupart des unités lourdes allemandes pourrait soulever des questions dans certains esprits soupçonneux, tels que ceux d’éventuels “correspondants” soviétiques. En fait, avec le croiseur lourd Hipper, dont les réparations ont été récemment achevées, et les croiseurs légers qui ont survécu à la campagne de Norvège de 1940, le Tirpitz et le Lützow vont former en Baltique une puissante escadre dans la perspective de Barbarossa. La seule grande unité restant à Trondheim est le cuirassé de poche Admiral Scheer, laissé là pour que les Alliés ne puissent baisser leur garde en Mer du Nord.
L’amiral Kummetz ordonne de monter à 24 nœuds pour sortir des eaux côtières de jour et commencer son voyage en haute mer au crépuscule. A 17h10, l’escadre double le phare de Grip, par mauvaise visibilité, sur un cap ouest-sud-ouest. Cependant, le son se transmet bien et les navires sont détectés par le sonar et les hydrophones du sous-marin britannique Trident, qui patrouille aux approches de Trondheim, un peu au sud de la route suivie par la flotte allemande. Son commandant, le Lt-Commander Sladen, ordonne de venir en immersion périscopique et manœuvre son bateau pour le rapprocher d’un objectif qu’il identifie comme « un cuirassé, un cuirassé de poche, un croiseur lourd et cinq destroyers ». Il décide de lancer une salve complète de huit torpilles, mais le sort capricieux qui l’a placé sur la route de l’escadre lui joue cette fois un tour : son ordre est mal interprété et la salve est interrompue après le lancement des quatre premières torpilles. De plus, l’une des quatre explose prématurément et le bruit est entendu sur le pont du Jacobi.
Le destroyer avertit ses compagnons par signaux optiques et l’escadre abat sur tribord, mais cela n’empêche pas le Lützow d’être touché à l’arrière. La déflagration est très violente : l’arbre d’hélice bâbord est tordu et le gouvernail est endommagé. Le Lützow se met à tourner au hasard sur bâbord jusqu’à ce que son commandant réussisse à le maîtriser en jouant sur les hélices centrale et tribord. Kummetz ordonne aux T-11 et T-12 de couvrir la retraite du cuirassé de poche blessé jusqu’à Trondheim et le reste de l’escadre accélère à 28 nœuds.
Le Lützow arrive à Trondheim sans autre problème vers minuit vingt, mais dès le lendemain, il est évident qu’il lui faut des réparations sommaires avant de gagner Kiel pour des travaux définitifs. En tout, il y en a pour plusieurs mois.

Renforts
Portsmouth
– Les trois destroyers de classe Hunt-II transmis aux Français, La Combattante, La Flore et La Pomone (ex HMS Lauderdale, Wheatland et Wilton) quittent Portsmouth avec un convoi en partance pour Gibraltar.


11 mars
Opération Zauberflöte
Au large de Stavanger (Norvège)
– Le Tirpitz file 24 nœuds cap au sud, avec les DD Z-25, Jacobi et Schoemann et le TB T-5. Dès 06h00, des émissions radar sont détectées et à 13h50, un Hudson de la RAF émerge de la couverture nuageuse. Les canons AA du Tirpitz ouvrent aussitôt le feu et les Bf 109F d’escorte se précipitent sur l’intrus, mais celui-ci s’échappe dans les nuages. Peu après, apparaissent les Beaufort britanniques.
La première formation – douze avions du Sqn 42 escortés par quatre Beaufighter – a quitté Leuchars sous le commandement du Wing-Commander Williams. La seconde formation, qui compte quinze Beaufort du Sqn 86 et quatre Beaufighter, a décollé de Wick. Les deux formations veulent exécuter un mouvement en pince, mais la mauvaise visibilité tout le long de la côte norvégienne empêche une coordination satisfaisante.
Les premiers à attaquer sont les avions du Sqn 42, en deux vagues de six, malgré les Bf 109, qui ont tôt fait de déborder les Beaufighter. La flak des navires se déchaîne, le Jacobi signale des sillages de torpilles en tirant des fusées Véry et le cuirassé accélère à 28 nœuds et zigzague de façon aussi serrée que sa masse imposante le lui permet. Au milieu des explosions en l’air et sur l’eau, le Tirpitz réussit à éviter toutes les torpilles, tandis que trois Beaufort et un Beaufighter sont abattus.
A 14h55, c’est au tour des avions du Sqn 86, qui ont rencontré la côte 40 nautiques au nord du point prévu et viennent seulement de corriger leur erreur. A ce moment, les Bf 109 d’escorte, manquant de carburant après le combat, ont regagné Bergen pour ravitailler et les avions de relève ne sont pas encore arrivés. L’hydravion Arado du cuirassé, lancé en patrouille ASM, tente de gêner les bombardiers, mais il est rapidement expédié par les Beaufighter. Les Beaufort organisent leur attaque en une vague de six et une de neuf, alors que la visibilité diminue rapidement. La flak du cuirassé dresse à nouveau un barrage impressionnant et le navire se remet à manœuvrer brutalement. Les six premières torpilles sont évitées, mais les autres avions attaquent à très courte distance. Deux nouveaux Beaufort sont abattus par les tirs de DCA (et un troisième devra faire un atterrissage d’urgence en revenant à sa base). Enfin, cette obstination finit par payer : la chance du Tirpitz s’épuise et deux torpilles le frappent à tribord, la première en plein milieu et la seconde juste en avant de la tourelle Anton. Dans les deux cas, les protections antitorpilles résistent, mais le cuirassé embarque 3 700 tonnes d’eau, plus 2 000 quand le commandant décide de noyer des soutes à bâbord pour équilibrer le navire. Néanmoins, le Tirpitz réussit à continuer sa route à 20 nœuds vers Kiel.


12 mars
Opération Zauberflöte
Kiel
– En fin de journée, le Tirpitz, anormalement bas sur l’eau, entre au port. Il est aussitôt envoyé aux chantiers navals Germaniawerft. Ses réparations devraient demander au moins six semaines.


13 mars
Sous dix drapeaux
Manche
– Le corsaire allemand Michel tente de gagner La Rochelle avant de passer dans l’Atlantique. Il a quitté le port de Kiel quelques jours auparavant et franchi le canal du même nom. Ce navire récent est commandé par le capitaine von Ruckteschell, qui a commandé le Widder au cours de l’été 1940 (la majeure partie de l’armement et une partie de l’équipage proviennent d’ailleurs aussi du Widder). Il doit opérer dans l’Atlantique Sud et dans l’Océan Indien.
En raison de l’attaque de Saint Nazaire (opération Chariot) qui a eu lieu quelques jours plus tôt, l’escorte se limite à une dizaine de chasseurs de mines. Mais les Britanniques, après le succès allemand lors de l’opération Cerberus, font preuve de la plus grande vigilance.
Dans la nuit du 13 au 14, le convoi est attaqué au large de Douvres par six MTB et trois MGB, bientôt rejoints par les destroyers HMS Blencathra, Calpe, Fernie, Walpole et Windsor. Le Michel se défend de son mieux, soutenu par quelques batteries côtières, mais la lutte est trop inégale. Gravement avarié, il réussit à gagner Le Havre. Sa carrière de corsaire se termine avant d’avoir commencé.


15 mars
Des Italiens dans l’Atlantique
Lorient
– Radoubé et modernisé entre novembre 1941 et février 1942 grâce à l’appui de l’amiral Doenitz, le sous-marin Guglielmotti reprend la mer sous le commandement du LV Federico Tamburini. Betasom peut ainsi compter sur six unités.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 10935
Localisation: Paris

MessagePosté le: Lun Aoû 06, 2012 14:57    Sujet du message: Répondre en citant

Avril 1942
4 – La bataille de l’Atlantique (et d’autres mers)
Le harcèlement du Tirpitz

12 avril
Obstination anglaise
Kiel
– Cent-vingt et un bombardiers de la RAF attaquent de nuit le port de Kiel, espérant obtenir contre le Tirpitz, en réparations, le même succès que contre le Gneisenau, qui ne naviguera plus jamais. Cependant, si le port lui-même subit des dégâts, le cuirassé est épargné. Ce raid est néanmoins marquant, puisqu’il s’agit du premier auquel participent (au sein des squadrons 44 et 97) des Avro Lancaster, futurs avions emblématiques du Bomber Command.


22 avril
Sous dix drapeaux
Cap de Bonne Espérance
– Alors que le corsaire Thor passe dans l’Océan Indien, ses vigies aperçoivent brièvement le croiseur auxiliaire britannique HMS Bulolo.


23 avril
Obstination anglaise (bis)
Kiel
– Durant la nuit, le port et le chantier naval de Kiel sont attaqués par 171 bombardiers lourds de la RAF, qui tentent d’atteindre le cuirassé Tirpitz. La ville et le port souffrent beaucoup du bombardement, mais le cuirassé s’en tire sans dommage.


26 avril
Des Italiens dans l’Atlantique
Bordeaux
– Arrivée du Guglielmotti. Au cours de sa première patrouille, il a coulé deux navires, dont, le 29 mars, le cargo britannique Tredinnick (4 589 GRT).


27 avril
Concentration allemande
Trondheim (Norvège)
– Après de premières réparations effectuées sur place, le cuirassé de poche Lützow appareille pour Kiel afin d’y être complètement remis en état. Cette fois, il y arrivera sans encombre.


29 avril
Obstination anglaise (ter)
Kiel
– La RAF lance un nouveau raid nocturne contre le grand port, avec 143 bombardiers, dont onze sont abattus par la flak et la chasse de nuit. Le Tirpitz (dont les réparations s’achèvent) et le Scharnhorst (sur lequel elles sont loin d’être terminées) ne sont pas atteints.
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
loic
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 5508
Localisation: Toulouse (à peu près)

MessagePosté le: Lun Aoû 06, 2012 22:06    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Un commandant de garnison allemand racontera par la suite qu’il s’était réjoui de l’efficacité du camouflage des installations et de l’observance des règles de black-out.

Comme je l'avais précisé lors de ma proposition d'ajout, l'officier allemand trouva l'attitude des bombardiers alliés suspecte, mais il avait davantage soupçonné un parachutage qu'une inefficacité des Britanniques. Si tu pouvais l'ajouter ... Je m'incline devant votre grandeur

Casus Frankie a écrit:
Un Sperrbrecher (bateau-flak) ancré dans le milieu du courant tente d’utiliser son canon de 88 mm, mais il est rapidement mis hors de combat.

Un Sperrbrecher est un forceur de blocus. Pas au sens où l'on pourrait l'entendre pour aller à l'autre bout du monde, mais pour ouvrir un passage dans un champ de mines pour un navire plus important que lui (ou un sous-marin), typiquement à la sortie d'un port.
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 10935
Localisation: Paris

MessagePosté le: Lun Aoû 06, 2012 22:22    Sujet du message: Répondre en citant

C'est à ça que sert l'intégrale...
OK pour le pseudolargage de paras.

Pour le petit bateau ancré au milieu, c'est en fait un bateau flak (avec canon de 8Cool et non un "ouvreur de champ de mines", donc.
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
loic
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 5508
Localisation: Toulouse (à peu près)

MessagePosté le: Mar Aoû 07, 2012 08:22    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Pour le petit bateau ancré au milieu, c'est en fait un bateau flak (avec canon de 8Cool et non un "ouvreur de champ de mines", donc.

D'après http://en.wikipedia.org/wiki/St_Nazaire_Raid#German_forces , le navire de garde est bien un Sperrbrecher qui sert un peu à tout, mais surtout à dégager les mines larguées aux approches du port. Il est armé en DCA.

On peut aussi ajouter ceci :
- les bombardiers de la RAF sont des Whitleys et Wellingtons qui appartiennent à 5 Sqn
- le port abrite les 6e et 7e flottilles de sous-marins
- le destroyer anglais monte à 19 noeuds (et non pas 25) avant d'éperonner la porte. Au préalable, il arrache le filet anti-torpilles qui protège celle-ci. La violence du choc le fait pénétrer d'une dizaine de mètres dans le bassin.
- il y a deux pétroliers dans le dock Normandie, ils sont coulés par le mur d'eau qui s'abat sur eux après l'impact.
- historiquement, Doenitz a inspecté la base de sous-marins la veille du raid (27 mars) et déclaré qu'il était hautement improbable qu'une attaque par des commandos était risquée et hautement improbable). A voir si on le reprend ...
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Capu Rossu



Inscrit le: 22 Oct 2011
Messages: 1776
Localisation: Mittlemeerküstenfront

MessagePosté le: Mar Aoû 07, 2012 09:34    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

Les sperrbrechers sont des cargos dont on a bourré les cales de futailles vides et de liège pour en accroitre la flottabilité. Leur mission principale est d'ouvrir la route à une unité "précieuse" (cuirassé, croiseur, sous-marin ou forceur de blocus) dans une zone théoriquement draguée. Les dispositions mentionnées ci-dessus doivent leur permettre de continuer à flotter en cas d'explosion d'une mine.
J'ai écrit "théoriquement draguée" car rapidement, Anglais comme Allemands ont "agrémenté" le détonateur des mines magnétiques d'un compteur qui n'autorisait l'explosion qu'au bout d'un ou plusieurs passages d'un bâtiment ou d'un dispositif de dragage. De la sorte, un chenal qui avait été dragué par des dragueurs magnétiques sans déclencher la destruction des mines pouvait toujours en recéler une ou plusieurs encore actives.
En supplément de leur capacité anti-mines, les sperrbrechers étaient dotés de nombreux canons aériens qui leur permettaient de prendre une part active à la défense lors des attaques du Bomber Command.

@+
Alain


Dernière édition par Capu Rossu le Mar Aoû 07, 2012 14:15; édité 2 fois
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 10935
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mar Aoû 07, 2012 10:10    Sujet du message: Répondre en citant

Merci de ces apports, que je vais intégrer.
Une remarque cependant : la date du raid n'est pas la même qu'OTL. Donc pas de visite de Doenitz deux jours avant.
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Capu Rossu



Inscrit le: 22 Oct 2011
Messages: 1776
Localisation: Mittlemeerküstenfront

MessagePosté le: Jeu Aoû 30, 2012 22:23    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir Franck,

Citation:
1 Car elle a été construite pour accueillir le paquebot du même nom.


Citation:
Kobe (Japon)


Citation:
Marchant au canon, l’Aigle et le Gerfaut hissent le petit pavois, pénètrent à 25 nœuds


Citation:
L’officier-canonnier aperçoit alors deux 88 mm antichars qui prennent en enfilade la principale zone d’évacuation, il les détruit avec ses canons de 138 mm, dont il dirige le tir,


@+
Alain
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
loic
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 5508
Localisation: Toulouse (à peu près)

MessagePosté le: Jeu Aoû 30, 2012 22:51    Sujet du message: Répondre en citant

Capu Rossu a écrit:
[...]deux 88 mm antichars[...]

Ce sont des antiaériens plutôt ???
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1942 - Les autres fronts Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Aller à la page 1, 2, 3, 4  Suivante
Page 1 sur 4

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com