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1940 - La France continue la guerre
 
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Ajout 1942 très utiles, par TYLER

 
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Mar 22, 2020 12:16    Sujet du message: Ajout 1942 très utiles, par TYLER Répondre en citant

2 juillet 1942
Mort d’un député déménageur
Alger
– Ernest Beluel, 67 ans, est sénateur de Haute-Garonne étiqueté “Gauche démocratique”, après avoir été ancien député radical-socialiste de Toulouse de 1928 à 1932. Il est membre de la commission de l’Air et de la commission du Commerce. En un mot, c’est un Elu de la République comme tant d’autres à Alger. Dans son appartement d’un des bâtiments-dortoirs élaborés par le parlementaire et architecte Raoul Brandon l’année précédente pour désengorger les hôtels et autres bâtiments réquisitionnés dans toute l’Algérie lors du Grand Déménagement, en cette fin d’après-midi, Ernest Beluel agonise.
Or, s’il n’a guère défrayé la chronique de son vivant, sa mort – pourtant de cause parfaitement naturelle – va être à l’origine de débats animés, voire houleux, au sein de l’Assemblée des Elus de la République ! Elle va en effet poser crûment la question du remplacement des Elus de la République décédés au cours de leur mandat, la plupart du temps bien loin de leur circonscription.
Le problème avait semblé être résolu par la “jurisprudence De Moustier”, du nom du député du Doubs qui, à 58 ans avait obtenu son maintien sous les drapeaux en tant que chef d’escadron. Il avait combattu dans les Flandres et été évacué à Dunkerque avant de revenir se battre en France. Lors des “Entretiens de Toulouse”, il avait envoyé un message à plusieurs de ses proches de différents partis de droite, alors qu’il repartait au feu dans le chaos de la fin de la Campagne de France. Pour de nombreux observateurs, ce message fut pour beaucoup dans le maintien dans la légalité de nombreux députés conservateurs. On dit même que Taittinger, qui avait pourtant œuvré avec Doriot et Henriot avant la guerre pour la constitution du Front de la Liberté opposé au Front Populaire, avait été convaincu par le mot de De Moustier. Pour d’autres, l’attitude de Taittinger, qui devait prendre la tête des “conservateurs” au sein des Élus de la République tout au long de la guerre, peut s’expliquer par le fait qu’il avait un point commun avec De Moustier : celui d’avoir perdu un fils dans les combats de la Campagne de France. Évoquant l’Occupation à venir, De Moustier devait écrire : « Peut-être nos concitoyens en pâtiront-ils, mais est-ce une raison pour se déshonorer ? » ou bien encore « A partir de maintenant, mon vin blanc c’est le mascara [coteaux au sud-ouest d’Alger] ! » [OTL, il avait déclaré « Mon vin blanc, c’est le whisky ! » après avoir voté Non aux pleins pouvoirs.]. La nouvelle de sa disparition dans les tout derniers jours de la Campagne de France alors qu’il menait une attaque retardatrice au sein d’un groupement ad hoc ne fut pas sans provoquer un certain émoi. Entité floue et désorientée en cet été du Grand Déménagement, en quête de repères et de rituels, le Parlement en exil s’entendit pour décréter unanimement qu’aucun parlementaire sous les drapeaux, tombé au feu ou prisonnier de l’Ennemi, ne serait remplacé avant la Victoire. Cette décision était honorable, et elle eut malheureusement bien des occasions d’être mise en pratique.
En revanche, la question du remplacement des parlementaires non combattants semblait de peu d’importance au début de 1941, lorsqu’avait été votée la révision constitutionnelle. Les parlementaires déménagés avaient pourtant connu leur premier deuil le 17 décembre 1940, lorsque le député de Seine Maritime Georges Bureau était mort à l’hôpital d’Alger. Quelques mois après le Grand Déménagement, ses funérailles avaient été l’occasion d’une grande démonstration d’Union Sacrée. Il avait été décidé que le siège de Georges Bureau, numéroté “42”, ne serait plus occupé jusqu’au retour des Assemblées à Paris. La question de remplacer Bureau s’était d’autant moins posée que sa disparition avait été numériquement compensée par l’arrivée de Charles Vallin, échappé de Métropole, quelques semaines plus tard. C’était reculer pour mieux sauter…
En février 1941, César Campinchi, député radical de Corse et ministre de la Marine marchande au moment du Sursaut (avant de laisser aimablement sa place à Darlan), était mort des suites d’une opération chirurgicale, quelques jours après que Joseph Blanc, sénateur radical de Haute Savoie, fût lui aussi décédé dans des conditions similaires. Ces disparitions n’étaient pas restées sans conséquences.
Après avoir consulté la Commission Constitutionnelle Consultative (la déjà fameuse CCC) et avoir obtenu son feu vert, les différents partis représentés à l’Assemblée avaient publiquement conclu un accord pour que chaque parlementaire fût, en cas de malheur, remplacé par son suppléant. Les dits suppléants ne courant pas forcément les rues d’Alger à l’époque, on s’était entendu pour que tout membre du parti auquel appartenait le parlementaire décédé pût faire office de suppléant. Ainsi Joseph Blanc et César Campinchi avaient-ils été remplacés.
Cette pratique s’était prolongée tout au long de l’année 1941, permettant le remplacement sans drame de sept Elus de la République. A la mort de Raoul Brandon, député de la Seine, le 4 décembre 1941, l’aile conservatrice avait commencé à polémiquer en affirmant que ce système favorisait « de petits arrangements entre Francs-Maçons », mais le début de la Guerre du Pacifique, l’attaque japonaise en Indochine et la déclaration de guerre au Japon avaient rapidement étouffé l’affaire en rendant toute sa vigueur à l’Union Sacrée. Pour un temps seulement, bien sûr !
Entre le 3 février et le 11 juin 1942, sept autres parlementaires avaient rendu leur âme à Dieu/étaient passés à l’Orient éternel/avaient passé l’arme à gauche (selon les croyances philosophico-religieuses et les orientations politiques de chacun). Chaque décès avait donné aux conservateurs l’occasion de hausser le ton concernant les modalités de remplacement des “570” [Ce surnom donné au début de 1941 aux Elus de la République sera conservé même après la réintégration des élus communistes, marquant ainsi une certaine distance entre les “Rouges” et les “Tricolores”.] (ces 570 se trouvaient être 574 au printemps 1942, grâce au courage de quelques députés qui avaient réussi à rejoindre Alger : deux d’entre eux étaient même des prisonniers de guerre évadés).
La mort de Beluel renforce d’autant plus les protestations des conservateurs que, depuis le déclenchement de l’opération Barbarossa, la France et l’Union Soviétique sont devenues les meilleurs alliés du monde et il devient probable, sinon certain, que les députés communistes “moscoutaires”, extraits de leur villégiature saharienne, rejoindront bientôt l’Assemblée. Ne reculant devant aucune outrance verbale, les conservateurs évoquent « un sabotage programmé des institutions conduisant à brève échéance à la mort de la démocratie et à l’instauration d’une dictature communiste dans la France à peine libérée du joug allemand » (sans tenir compte du fait que la Libération en question est encore à accomplir).
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Mar 22, 2020 12:25    Sujet du message: Répondre en citant

7 novembre 1942
Réconciliation communiste
Alger
– C’est avec une certaine discrétion que l’UPF et le PCF célèbrent leur réconciliation. René Nicod, député de l’Ain et fondateur de l’Union Populaire Française en 1939 lors de « la période troublée dans l’histoire du Parti » (comme l’appelle l’historiographie communiste officielle), représente l’UPF lors d’une réunion de retrouvailles qui consomme la disparition de la dite UPF. Tous les observateurs un peu avertis ont noté que le 7 novembre est l’anniversaire de la Révolution d’Octobre.
L’UPF avait été créée le 8 décembre 1939 par cinq députés communistes ayant démissionné du Parti et qui avaient rapidement été rejoints par huit de leurs camarades. Après avoir eu du mal à approuver le Pacte signé entre Ribbentrop et Molotov, ils avaient décidé de franchir le Rubicon le 2 octobre 1939, à la suite de l’envoi d’une lettre du GOPF [Le Groupe Ouvrier et Paysan Français – le groupe parlementaire qui avait remplacé le groupe communiste lorsque le PCF avait été interdit.] au Président de la Chambre, Herriot. La missive se félicitait de l’accord du 26 septembre entre Allemagne et URSS entérinant le partage de la Pologne. Mieux (ou plutôt pire), elle rendait l’Angleterre et la France responsables du conflit en cours, évoquait les conséquences néfastes pour le pays d’une guerre qui durerait, soulignait l’influence délétère d’une presse belliciste et proposait la médiation de la diplomatie soviétique pour de futures négociations de paix ! Le tollé avait été général et le scandale s’était étendu jusque dans les rangs du Parti. Le 5 octobre 1939, la justice militaire avait engagé des poursuites contre le GOPF, arguant que sa constitution et sa lettre au président Herriot étaient des infractions au décret de dissolution du PCF.
Onze des treize membres de l’UPF avaient participé au Grand Déménagement, et quatre d'entre eux continuaient la lutte dans les armées républicaines (sous étroite surveillance). Le groupe parlementaire avait voté avec enthousiasme les grandes décisions politiques prises dans la foulée du Sursaut, autant par conviction que par volonté de ne pas détonner au sein de l’Assemblée des Élus de la République.
Et puis, un beau matin de printemps 1942, l’opération Barbarossa avait remis en question l’attitude de la France Combattante en politique étrangère. Le monde changeait de base. L’Allemagne attaquait l’URSS, qui rejoignait le camp des Alliés au sein des Nations Unies. Le Parti communiste français, qui incarnait la trahison fin 1939, allait-il redevenir un parti politique comme les autres ? Le sujet était épineux et c’est par étapes que la République Française accepta de voir revenir le Parti dans son giron. D’abord, les parlementaires internés en Afrique du Nord furent élargis. Certains parlementaires rentrèrent à l’Assemblée comme Non-inscrits, et Charles Tillon fit son entrée au gouvernement en octobre.
La prochaine étape était le retour en grâce du Parti. Mais pour que les choses soient belles aux yeux de tous, il fallait que le Parti soit uni. Que faire donc de l’UPF, dont le tort était d'avoir eu raison trop tôt ? Assez vite, il fut acté de parler de quiproquo, d’incompréhension mutuelle, de chemins divergents menant pourtant vers un même but dans l’intérêt de l'Internationale Ouvrière, etc. Et voilà !
A dater de ce jour, le Parti communiste français redevient uni ! Dans les prochains jours, il redeviendra tout ce qu’il y a de plus légal. Et la petite dizaine d’UPF va devoir dès demain se fondre avec plusieurs dizaines de “camarades” qui n’ont rien oublié… et dont il n’est pas sûr qu’ils aient beaucoup appris.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Dim Mar 22, 2020 13:17    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Dans son appartement d’un des bâtiments-dortoirs élaborés par le parlementaire et architecte Raoul Brandon l’année précédente


Faudra vraiment qu'on parle un jour architecture de la reconstruction ... J'ai Hâte !

Citation:
« un sabotage programmé des institutions conduisant à brève échéance à la mort de la démocratie et à l’instauration d’une dictature communiste dans la France à peine libérée du joug allemand »


OTL ?

Citation:
A dater de ce jour, le Parti communiste français redevient uni ! Dans les prochains jours, il redeviendra tout ce qu’il y a de plus légal. Et la petite dizaine d’UPF va devoir dès demain se fondre avec plusieurs dizaines de “camarades” qui n’ont rien oublié… et dont il n’est pas sûr qu’ils aient beaucoup appris


Comme c'est joliment dit ... Je crains beaucoup de ce côté en 44 - on le voit déjà un peu en Yougoslavie. Tiens ca me pose question - pk pas une mission parlementaire à Belgrade, qui se passerait mal, tout ca ?
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Mar 22, 2020 13:49    Sujet du message: Répondre en citant

Tyler a écrit:
Pour la déclaration des conservateurs : pas du tout OTL . "N'y voyez pas là le fantasme de l'homme mais plutôt le délire de l'artiste" Very Happy


Si non e vero, e ben trovato !
_________________
Casus Frankie

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Archibald



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MessagePosté le: Dim Mar 22, 2020 16:42    Sujet du message: Répondre en citant

Tyler a écrit:
@DemolitionDan : Pour l'architecture de la reconstruction et la mission parlementaire en 44 : Fais toi plaisir ! Smile
Pour la déclaration des conservateurs : pas du tout OTL . "N'y voyez pas là le fantasme de l'homme mais plutôt le délire de l'artiste" Very Happy


Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing

"En effet Thérèse, je m'en rends bien compte maintenant... je vous ai beaucoup moins bien réussie que le porc." Shocked Shocked Shocked
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Archibald



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MessagePosté le: Dim Mar 22, 2020 16:48    Sujet du message: Répondre en citant

Il y a un truc qui me titille... un truc comme Le Grand Déménagement, ce n'est pas banal. Les forces vives de la Métropole qui fuient une invasion inexorable en se carapatant de l'autre côté de la Méditerranée, c'est aussi improbable qu'un blocage complet du pays pendant trois mois a cause de... ah zut, oubliez ça. Laughing Laughing Laughing

En fait j'essaye d'imaginer ce que l'Oulipo, Queneau, Pérec et consorts, ferait d'un truc pareil. Surtout Queneau, qui avait une formation scientifique.

Pareil pour des artistes comme Fernand Léger ou Marcel Duchamp.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Duchamp

non seulement le milieu artistique et littéraire serait moins sali ou déchiré par la collaboration, mais une fois le linge sale lavé, la "digestion" du Grand Déménagement va donner naissance a toute une littérature qui évidemment n'a jamais existé OTL.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_mouvements_litt%C3%A9raires#XXe_si%C3%A8cle
_________________
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