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1940 - La France continue la guerre
 
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Juillet-Août 43 sur le Front Russe
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loic
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MessagePosté le: Mar Mar 10, 2020 21:17    Sujet du message: Répondre en citant

Anaxagore, il y aura au moins autant (et sans doute plus) de prisonniers de guerre français du fait d'une campagne plus longue.
L'Allemagne occupe tout le territoire français et donc, en plus de saisir (comme OTL) les matériels militaires français (chars, automitrailleuses, camions, artillerie, ...) sauf ce qui avait été caché ou autorisé pour équiper l'armée du NEF, pourra aussi se servir à loisir dans les équipements civils. Par ailleurs, les usines françaises du sud de la France fonctionneront plus rapidement au bénéfice de l'occupant.
Par ailleurs, l'Allemagne bénéficie également :
- d'une année de commerce avec l'URSS
- d'une levée de divisions plus tardive (je ne sais plus quelle Welle est décalée, il me semble que le poireau l'avait noté quelque part) qui profitera donc à l'industrie et l'agriculture
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Mar Mar 10, 2020 22:06    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir,
Loïc a demandé le nombre de prisonniers de la 1ère campagne de France, le voilà :

Dans Evasion - Mars 1941 :

Les statistiques dressées en compilant et en croisant toutes les données disponibles (listes officielles transmises par l’OKW au CICR, registres de contrôle des états-majors des trois armes, demandes de renseignements des familles, relevés des PTT de Métropole parvenus en AFN par diverses voies, etc.) indiquent que l’Allemagne détenait au 1er janvier 1941 quelques 1 420 000 prisonniers de guerre français, dont plus d’une trentaine d’officiers généraux. Le nombre des officiers prisonniers s’élève à 92 500 et celui des sous-officiers à 124 900.
Ces chiffres étaient nettement supérieurs au mois d’août 1940. Ils ont d’abord été réduits par la libération des très nombreux « démobilisés faits prisonniers par erreur » (comme les appelle l’administration allemande), baptisés « démobilisés de juillet » dans les campagnes françaises. Ce sont les hommes libérés en septembre à la suite de l’entrevue de Montoire du
21 août 1940 : sous couleur d’admettre que leur démobilisation était accomplie avant leur capture, il s’agissait de rendre à l’agriculture et à l’industrie françaises les bras nécessaires pour payer les dommages de guerre prévus dans la convention d’armistice... Les historiens débattent encore aujourd’hui de leur nombre ; le chiffre le plus vraisemblable est de l’ordre du million.
Par la suite, les échanges de prisonniers grands blessés ou malades ont permis la libération de près de 5 800 détenus de tous grades jusqu’au 31 décembre 1940. Les autorités allemandes,de leur propre chef, ont libéré jusqu’alors 28 450 prisonniers pour des raisons politiques (Alsaciens et Lorrains anciens combattants de 14-18 dans les armées impériales, pronazis de longue date, amis et relations d’Otto Abetz, pensionnés de la Cinquième Colonne, spécialistes – journalistes par exemple – demandés par le NEF, sans oublier un échantillonnage de fascistes, frontistes, “nationaux”, dissidents de l’Action française, cagoulards impénitents et
autres défaitistes de tout poil, etc.)

@+
Alain
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Mar 10, 2020 23:51    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Capu Rossu - Ce texte était de Menon-Marec, que son souvenir nous aide. Crying or Very sad
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Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Mar 10, 2020 23:58    Sujet du message: Répondre en citant

15 août
Heeresgruppe Süd-Ukraine
Petits arrangements et règlements de comptes
Rastenburg
– Faisant suite à la supplique officielle de Bucarest – et tenant compte, aussi, du contexte général post-Zitadelle, qui n’est plus franchement propice à l’offensive – l’OKH entérine la décision de faire glisser la 11. Armee de Reinhardt du secteur Tchernivtsi-Bacău au secteur Suceava-Adjud. La 17. Armee de Karl-Adolf Hollidt prend donc le relais sur le flanc gauche du dispositif germano-roumain. Cette manœuvre nécessaire – mais bien sûr strictement liée à des considérations étrangères à la performance des armées du Reich ! – permet donc d’entériner une première phase de repli en Ukraine sans que la Wehrmacht en apparaisse responsable. Les deux armées concernées, qui vont devoir étirer leurs lignes, vont recevoir quelques renforts. Selon List, le chef de leur groupe d’armées, il leur faudrait six divisions d’infanterie. Après arbitrage, le HG Süd-Ukraine en recevra seulement deux, pour l’instant. Dans l’esprit de l’OKH, c’est déjà un effort important, attendu que quatre divisions d’infanterie en tout seront levées ce mois-ci par le Reich !
La 17. Armee devra faire avec – d’ailleurs, elle a déjà commencé à relayer la 11. Armee. Face à la 38e Armée, le long du Dniestr, elle a déployé la 333. ID de sa réserve, qui sera ultérieurement renforcée par les 12. et 13. Luftwaffen-Feld-Divisions sitôt ces dernières revenues de Roumanie. “Sommergarten” est bien sûr abandonnée – les divisions blindées descendues en urgence en Moldavie remontent donc vers le nord. Seule la 17. Panzer de Walter Schilling reçoit le douteux privilège de rester dans le secteur germano-roumain : pour partie à titre de réserve mécanisée, en remplacement de la 60. PanzerGrenadier (qui va partir se reposer en France), pour partie afin de… garder un œil sur la Roumanie. Déployée à Onești, elle pourrait être en trois jours à Bucarest !
Bien conscient de sa situation si inconfortable, et soucieux avant tout de plaire à son puissant partenaire, qui faisait autrefois si grand cas de son avis, Antonescu passera de longues heures à plaider la cause de son armée auprès de l’OKH, allant jusqu’à en appeler à la fraternité d’armes entre lui et le Führer, tous deux vétérans de l’Autre Guerre. Les Roumains ne sont pas seuls à avoir fauté ! La preuve : le général von Sponeck n’a-t-il pas été emprisonné pour son lâche repli non autorisé ? Et il existe forcément d’autres coupables !
Etonnamment, par un de ces illogismes dont le Reich donne chaque jour mille exemples, le Conducator sera entendu. Le général Arthur Hauffe, de la 46. ID, est déchargé de ses fonctions pour n’avoir pas su « défendre efficacement » ses positions face à la tête de pont de Rîbnița et repousser l’ennemi avant qu’il n’ait fait traverser ses chars – le tout malgré le soutien qui lui était offert. Il est remplacé par Kurt Röpke, un instructeur en disponibilité. Toutefois, Hauffe – victime expiatoire des relations germano-roumaines – n’est pas vraiment disgracié, mais simplement envoyé en réserve dans l’attente d’une nouvelle affectation.

Ukraine
La peur est un mauvais maître
République Socialiste Soviétique d’Ukraine
– Prenant acte de l’accalmie générale sur le front, les forces du NKVD obtiennent officiellement de Lavrentiy Beria d’être déchargées de toute affectation en première ligne pour revenir à leurs tâches de base : le renseignement politique, la police sur les arrières du front et plus globalement la répression de toute déviance réactionnaire. La population ukrainienne, comme chaque responsable concerné le sait en URSS, est réputée agitée, stupidement nationaliste… en réalité tout simplement rétive à la vérité stalinienne. Elle s’est opposée à la collectivisation des terres, au plan quinquennal, à la mobilisation – mais pas à l’envahisseur fasciste. A présent, elle est donc a priori suspecte in solidum de complicité.
Les soldats en bleu ne tardent pas à écumer les ruines et camps de réfugiés à la recherche d’indices, de preuves et de dénonciations de menées contre-révolutionnaires. Leurs actions causeront vite un trouble certain sur les arrières des forces soviétiques, aggravant la situation de milliers de civils et jetant un certain nombre de jeunes hommes dans les bras de l’Ukrayins’ka Povstans’ka Armiya, devenue une alliée objective du Reich. Bilan : pour conserver un semblant de calme, l’Armée Rouge ne tardera pas à devoir appuyer la campagne de pacification lancée par le NKVD, au prix d’une énergie et de moyens qui seraient mieux employés ailleurs. De nombreux hommes tomberont ainsi en escortant des convois circulant sur les routes de l’Union Soviétique elle-même !


16 août
Opération Koliouchka
Rapport diplomatique
Kremlin (Moscou)
– Avec une étonnante rapidité, le général Bagramian, du 2e Front Ukrainien rend son rapport final concernant les opérations menées sur le flanc sud de Zitadelle, dont au premier rang Koliouchka. Comme il y a vraisemblablement été encouragé par Joukov, le camarade général a mis beaucoup d’eau dans la vodka de ses précédentes récriminations : il n’est plus question de désigner le responsable d’un semi-échec, mais plutôt de souligner les replis successifs des fascistes, les fortes pertes subies par les Hongrois, et plus globalement le fait que la situation est bien meilleure dorénavant qu’au début du mois de juillet.
Le 2e Front Ukrainien aurait sans problème pu percer vers l’Ouest avec un corps blindé supplémentaire. Il n’était pas disponible ? Tant pis ! Les camarades ayant magnifiquement triomphé en Moldavie comme devant Kiev, la position actuelle de la 2. PanzerArmee est à l’évidence intenable : ce large saillant ne devrait pas tarder à être évacué sans combat. Jouons collectif, camarades – seule la victoire compte !
En présentant le dossier à Staline, le maréchal Vassilievski sait bien qu’il doit faire oublier au maître du Kremlin les tensions de l’affaire Golikov. Le vojd craint toujours qu’une sorte de bonapartisme latent couve dans sa propre armée, dont les chefs victorieux lui semblent toujours bien trop populaires pour être honnêtes. Toute plainte envers l’un de ses favoris – sans même parler d’une remise en cause de ses décisions – lui apparaît donc comme une tentative pour saper son pouvoir, voire pour le remplacer. Nul besoin de préciser qu’il vaut mieux éviter que Staline imagine pareille chose ! Koliouchka peut donc dorénavant être considérée comme enterrée – et en vérité, cela vaut mieux pour tout le monde.


17 août
Ukraine
L’ombre d’un doute
République Socialiste Soviétique d’Ukraine
– Pendant que leurs camarades de l’Armée Rouge tiennent le front et que leurs collègues du NKVD luttent vaillamment contre la racaille réactionnaire, les membres du Smersh ne restent pas non plus inactifs.
L’appellation usuelle du service de contre-espionnage soviétique est l’abréviation de son délicat nom officiel : Смерть шпионам ! (Mort aux espions !) – et cela suffit à le définir. Dirigé par Viktor Abakumov, le Smersh lutte simplement, depuis sa très récente création, contre les traîtres infiltrés et autres agents du renseignement fasciste. Son objectif ultime – à poursuivre évidemment en collaboration avec le NKVD, son autorité de tutelle – est de créer une barrière étanche à la subversion protégeant la zone progressiste, pour prévenir tout risque de remise en cause de la révolution. En conséquence, pour ses membres, tout ce qui vient de l’extérieur – et a fortiori des lignes fascistes – peut cacher un agent provocateur, voire pire.
Or, justement, un certain nombre d’hommes sont revenus des lignes allemandes ces derniers jours. Des soldats (et quelques fonctionnaires), issus d’unités qui ont été encerclées ou coupées de leurs arrières, et qui auraient bravement traversé le front pour venir continuer la lutte…
Du moins, c’est ce que les intéressés affirment ! Mais pour le Smersh, un beau récit est largement insuffisant pour permettre la réintégration de ces soi-disant fugitifs au sein de la Patrie des Travailleurs, moins encore dans les rangs de l’Armée Rouge ! Qui peut confirmer leurs histoires ? Qui peut se porter garant de leur patriotisme, de leur attachement au maréchal Staline ? Et même s’ils sont de bonne foi, comment s’assurer qu’un fasciste ne s’est pas glissé parmi eux ? Les tables d’effectifs de l’armée sont si fluctuantes, impossible même de tenir un décompte précis des morts et des vivants !
Les malheureux évadés, bien loin d’être accueillis à bras ouverts par leurs anciens camarades, ont donc tôt fait de nourrir les pires soupçons des patibulaires interrogateurs qui leur font face, et finissent le plus souvent par tomber dans l’un des nombreux pièges qui leur sont tendus. Les plus chanceux (ou les plus jeunes) seront donc envoyés dans les bataillons pénitentiaires Shtrafbats – l’équivalent des Strafbataillons allemands (à ceci près que la durée de vie y encore inférieure) en tant que « personnels temporaires » (l’encadrement étant permanent, lui). Temporaires en effet : les intéressés sont couramment envoyés en avant des premières vagues pour révéler les nids de mitrailleuses ou les champs de mines… Bien peu en reviendront, mais néanmoins, un certain nombre recevront plus tard – cynisme ultime – des décorations à titre posthume pour célébrer leur bravoure et leur attachement à l’URSS ! Quant aux autres… Ils embarqueront dans des trains pour le Goulag sibérien – où ils se retrouveront parfois à côté des soldats fascistes auxquels ils avaient échappé, à présent prisonniers de guerre.


18 août
Front nord
Nouvelle tête pour la 1. LFD
Riga –
Le général Gustav Wilke est remplacé à la tête de la 1. LFD par Rudolf Petrauschke. Pour Wilke, il ne s’agit assurément pas d’une disgrâce : le général est envoyé en France afin d’y commander la 2. Fallschirmjäger Division. Nul doute qu’il sera heureux de retrouver les parachutistes, après ses amères expériences aux côtés des défenseurs de la ligne Panther !

Front sud
Renforts bienvenus
Roumanie
– L’OKH a tenu ses promesses : le HG Süd-Ukraine accueille dans ses rangs deux nouvelles divisions parmi les dernières levées sur le territoire de l’Heimat. Il s’agit de la 328. ID (Hans Kissel) et de la 330. ID (Georg Zwade) – la première va rejoindre la 17. Armee de Karl-Adolf Hollidt, la seconde est attribuée à la 11. Armee de Reinhardt.
La 330. ID sera rapidement intégrée au XLII. AK à Adjud, permettant à la 335. ID de se redéployer à Mărășești. Toujours plus près, donc, des lignes roumaines et de Bucarest, mais toujours dans un esprit de pur soutien fraternel.
………
Ukraine – De son côté, le HG Nord-Ukraine reçoit deux autres divisions formées au même moment. La 329. ID (Johannes Mayer) échoit au IX. AK (8. Armee) et la 331. ID (Karl-Ludwig Rhein) au XXIX. AK (6. Armee).

Reprise en main
Des commissaires politiques à l’allemande
Rastenburg
– Sous la chaleur d’une belle fin d’après-midi d’été, un impressionnant aréopage de tout ce que l’Ostfront compte de hauts gradés est réuni dans la plus grande salle de conférence de la Wolfsschanze. Sont présents les quatre commandants de groupe d’armées, Küchler, Rommel, Manstein et List, tous leurs commandants d’armée et la plupart de leurs commandants de corps. Presque tous sont venus avec leur chef d’état-major, ainsi qu’avec quelques divisionnaires et colonels triés sur le volet. Tous ont été convoqués il y a trois jours pour assister à « une communication de la plus haute importance de la part du Führer ». Alors que la salle bruisse des conversations où s’échangent les rumeurs quant à la raison de cette mystérieuse convocation, la porte s’ouvre. Claquement général de talons, chœur de Heil Hitler : le Führer entre, suivi de Keitel, de Jodl, de Zeitzler (depuis peu chef d’état-major de l’OKH), du général Schmundt (aide de camp personnel d’Hitler et chef du bureau du personnel de la Heer)… puis, plus surprenant, du ministre de la Propagande du Reich, Herr Doktor Goebbels, et du General der Gebirgstruppe Ferdinand Schörner, successeur d’Eduard Dietl à la tête du XIX. GAK, ou GebirgsArmeeKorps de Norvège.
Hitler prend alors la parole. Mais nul exposé géopolitique comme il en a l’habitude, nulle admonestation à ses généraux, non, le grave sujet dont le Führer veut les entretenir, c’est… le moral de la troupe ! Car pour Hitler, des signes inquiétants se sont manifestés ces derniers temps au sein de la Ostheer (de la Westherr aussi, mais Hitler n’en dit mot) : manque d’allant, pessimisme, manifestations d’indiscipline… Toutes choses jamais vues jusqu’à présent dans la Wehrmacht. Devant la violence des combats, face à un ennemi bolchevique impitoyable, qui semble impossible à abattre et menace à tout moment de submerger la Ostheer, le moral de l’Ostkampfer menace de flancher !
Mais le Führer a une solution à ce début de débâcle morale : il faut plus que jamais entretenir, enrichir, fortifier l’esprit du soldat dans la pure et vraie foi nationale-socialiste ! C’est le national-socialisme qui insufflera au soldat la confiance et la force de résister, de combattre jusqu’à la mort face à un ennemi arriéré et barbare ; c’est le national-socialisme qui renforcera la discipline et la confiance dans les chefs, qui développera l’obéissance totale et absolue des combattants, obéissance au Führer d’abord bien sûr.
Bref, Hitler annonce l’accentuation de l’encadrement politique de la troupe et l’accroissement de son endoctrinement idéologique.
Dans la salle courent des murmures d’approbation. Contrairement à ce que la plupart des participants survivants proclameront après la guerre, bien peu sont ceux qui trouvent à redire aux projets du Führer. Dans cette Wehrmacht qui est déjà aussi nazie que l’Armée Rouge est communiste, tous les officiers supérieurs redoutent la réédition de 1918, l’effondrement du moral et de la discipline. Il faut à tout prix préserver et développer la volonté de combattre du Landser et l’obéissance à ses chefs. Et s’il faut passer pour cela par une politisation toujours plus outrancière de la troupe – déjà massivement endoctrinée depuis dix ans…
Après l’objectif, Hitler en vient à la méthode : des officiers soigneusement choisis, tout à fait sûrs politiquement, affichant une foi inébranlable dans le national-socialisme, seront désignés et envoyés dans toutes les grandes unités. Ils s’assureront du moral de la troupe et de son dévouement national-socialiste, relaieront la propagande des services de Goebbels, feront lecture publique du catéchisme national-socialiste, s’assureront de la bonne diffusion et de l’application des ordres, consignes et instructions du Führer, et au besoin conseilleront (fermement…) les commandants dans l’application de ceux-ci. Bien évidemment, ils surveilleront, écouteront, recueilleront les témoignages (spontanés ou non…) et les dénonciations, et si nécessaire ils séviront pour punir les manifestations de déloyauté et d’indiscipline. Ces véritables commissaires politiques à la mode nazie seront les officiers d’encadrement nationaux-socialistes (Nationalsozialistischen Führungsstabes Offiziere, ou NSFO).
Enfin, pour sélectionner avec le plus grand soin ces futurs NSFO, pour les former, les encadrer et les diriger, Hitler va mettre à la tête de ce corps un homme que nul ne peut soupçonner de la moindre mollesse, et encore moins de tiédeur dans le dévouement à la cause national-socialiste, le général Ferdinand Schörner [Schörner sera remplacé à la tête du GAK de Norvège par le général des troupes de montagne Georg Ritter von Hengl, lui aussi nazi bon teint.]. C’est sur cette annonce que s’achève le discours d’Hitler.
Derrière ses lunettes rondes qui lui donnent un faux air d’instituteur, Schörner balaie du regard cette assemblée de brillants officiers. Il connait sa mission et il aura les moyens de l’accomplir. Sa détermination, sa fidélité envers le Führer et envers le nazisme ne souffrent d’aucune faiblesse ni d’aucune nuance. C’est un pur et dur du national-socialisme ! Dans les semaines et les mois qui suivront, bien des généraux, du groupe d’armées à la division, auront le douteux privilège de le voir débarquer à leur QG, tel un Chtcherbakov brun, pour y installer ses NSFO, pour sonder le moral, l’état d’esprit, et plus encore l’orthodoxie idéologique de la troupe et des officiers, et pour s’assurer que les ordres du Führer seront bien reçus, compris, transmis et surtout obéis ! Le seul moyen d’échapper à ses critiques sera de montrer une fidélité aveugle et une dévotion jusqu’à la mort…


19 août
Fronts sud et centre
Stabilité apparente
Ukraine
– Si la situation militaire des fronts ukrainiens est désormais apaisée, force est de constater que la situation dans les rangs de l’Armée Rouge n’en reste pas moins tendue, entre chasse aux traîtres et pressions de la part du NKVD. Même si l’on n’en est pas encore – fort heureusement ! – revenu à l’ambiance des purges, soldats et officiers de tous rangs baissent la tête pour éviter le couperet d’un rapport mal intentionné en attendant des jours meilleurs. Ivre de sa récente victoire devant Kiev, le pouvoir stalinien a repris des couleurs : après s’être imposé face à l’ennemi de l’extérieur, il veut à présent s’affirmer contre l’ennemi de l’intérieur, évidemment toujours à l’affût.
Dans ce contexte, comme on l’imagine, il y a peu de chances pour que la moindre critique se fasse entendre. Et les quelques alertes lancées sur la prochaine opération Souvorov – que l’on s’apprête peut-être à déclencher trop vite, avec des forces trop réduites et selon une tactique perfectible – restent donc lettre morte.


20 août
Fronts sud et centre
Changement de décor
Ukraine et Biélorussie
– Calme plat sur le front d’Ukraine, faute de la moindre action de la part des deux protagonistes. Toutefois, ce n’est pas le cas partout sur le Front Russe – et en Biélorussie, chacun va pouvoir constater que le conflit est bien vivant. Son centre de gravité s’est simplement déplacé plus au nord.

La LVF repart au combat
Slovaquie
– Alors que le flux d’anciens du Sonef et autres bannis suite à la prise du pouvoir par Doriot commence à se tarir, ordre est donné à la Légion des Volontaires Français contre le Bolchevisme de faire mouvement ! Direction : l’Est ! Mais il n’est pas question d’affronter l’Armée Rouge. Des actions de maintien de l’ordre et de lutte contre les Partisans, voilà ce qui est au menu de ce deuxième déploiement sur le front russe.
Les deux bataillons menés par le lieutenant-colonel Henri Lacroix vont donc quitter sous peu la Slovaquie. Lacroix, qui n’a été informé qu’à la dernière minute, se demande si Joseph Darnand ne l’avait pas été avant lui… Ainsi s’expliquerait qu’il se soit hâté de demander, avec ses quelques fidèles, son transfert à la "Division" SS Charlemagne, en cours de mise sur pied en Allemagne.


Ce qui précède est principalement de Demo Dan, mais quelques passages sont d'autres plumes, dont le passage sur les Nationalsozialistischen Führungsstabes Offiziere, qui est de Le Poireau.
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Anaxagore



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MessagePosté le: Mer Mar 11, 2020 09:11    Sujet du message: Répondre en citant

Oh joie ! La peste brune prend modèle sur la peste rouge... dans les deux cas, l’affliction est mortelle et les symptômes identiques, seul l'uniforme change et la forme de la moustache.
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loic
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MessagePosté le: Mer Mar 11, 2020 13:17    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Devant la violence des combats, face à un ennemi bolchevique impitoyable, qui semble impossible à abattre et menace à tout moment de submerger la Ostheer, le moral de l’Ostkampfer menace de flancher !

Pas sûr que ce terme soit facile à comprendre, en plus il se rapproche trop de Ostheer. Je dirais plus simplement Landser.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Mar 11, 2020 13:22    Sujet du message: Répondre en citant

L'Ostkampfer, c'est le Combattant sur le Front Est (comme l'Ostheer est l'Armée de terre sur le Front Est). Façon de dire bien plus martiale que Landser (le biffin) !
Mais c'est vrai qu'une traduction peut être utile.
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Casus Frankie

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MessagePosté le: Mar Mar 17, 2020 22:32    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour à tous

La FTL est en quarantaine aussi ?

Bien à vous
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Mar 17, 2020 22:43    Sujet du message: Répondre en citant

Le Front Russe exigeant de ses rédacteurs des périodes de ravitaillement/recomplètement des unités……
Nous revenons en ce moment sur 1940 avec des données politiques nouvelles qui musclent beaucoup l'ensemble
(voir Ajouts très utiles, par TYLER)
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Casus Frankie

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