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1940 - La France continue la guerre
 
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houps



Inscrit le: 01 Mai 2017
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MessagePosté le: Lun Fév 10, 2020 13:55    Sujet du message: Répondre en citant

Le fracas du 2-cm Flack 30 couvrant son secteur de tranché le sort de sa colère.Le sergent perd ses couleurs. Évidemment, les Ruskofs n'ont pas ratés le départ du régiment..

La stridence infernale des Orgues de Staline précède la naissance de geyser de terre et de fer, semant la mort des shrapnels autour d'eux...

athées et croyant prient d'un même cœur quelque entité

Le paysage autour d'eux s'est métamorphosé. Certaines tranchées sont comblées, tandis qu'ailleurs des trous de plusieurs mètres de profondeurs se sont ouverts ailleurs.

On se s'extrait des ruines.

Les Allemands font face à une marée humaine, les combattants rattrapés, isolés, font face à des grappes d'adversaires hurlants. L

Les deux blindés sont déchenillés par l'explosion et immobilisé.

une poignée de survivant

Les soldats soviétiques qui se sont lancés dans un grand mouvement d'encerclement du bois se referment sur du vide. Steiner a réussis à fuir.

Longeant un ruisseau coulant vers l'ouest, le sergent s'immobilise et compte les hommes qui passent devant lui. Il s'arrête à huit... il n'y a que neuf survivants de toute la compagnie.

(1) Un Polikarpov Po-2, à noter que la version de bombardement nocturne (qui a la même motorisation) fut surnommée par les Finnois - qui les ont affronté pendant la guerre d'hiver- Hermosaha (c'est à dire " Scie à nerf") ce qui rappelle les bombardiers du G.B. Louvre en Indochine, que les Japonais surnommaient Ka (Moustiques).
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Timeo danaos et dona ferentes
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Imberator



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MessagePosté le: Lun Fév 10, 2020 18:38    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Alors qu'il ordre aux autres de fuir, lui va de l'avant.

Ordonne
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Point ne feras de machine à l'esprit de l'homme semblable !
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Imberator



Inscrit le: 20 Mai 2014
Messages: 3258
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MessagePosté le: Lun Fév 10, 2020 18:41    Sujet du message: Répondre en citant

Comme je disais j'ai re-regardé le film hier. Et il me semble bien que le bombardement aérien y est pratiqués par des F4U Corsairs opportunément filmés de loin et semble-t'il peints aux couleurs américaines.
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Anaxagore



Inscrit le: 02 Aoû 2010
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MessagePosté le: Lun Fév 10, 2020 19:11    Sujet du message: Répondre en citant

C'est bien pour ça que j'en suis resté aux katiouchka !
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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Pendjari



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Localisation: Nantes

MessagePosté le: Mar Fév 11, 2020 14:48    Sujet du message: Répondre en citant

Pour les avions, j'ai un trou mais pour le reste du matériel visible dans le film, j'avais souvenir, mais ça date, que le réalisateur avait utilisé de vrais T34/85 et non, comme cela arrivait souvent, des Sherman repeints avec l'étoile rouge.

De même, toujours dans mes souvenirs, James "Steiner" Coburn a comme arme un PPSH41...

Bref, ce que je veux dire sans demander l'avis des membres c'est que ce fil était relativement raccord avec les armements respectifs des protagonistes de l'époque.

Quelqu'un a lu le livre qui a inspiré le film d'ailleurs ?
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"J'ai glissé Chef !"
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Dronne



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Messages: 577
Localisation: France

MessagePosté le: Mar Fév 11, 2020 16:14    Sujet du message: Répondre en citant

Pendjari a écrit:
Pour les avions, j'ai un trou mais pour le reste du matériel visible dans le film, j'avais souvenir, mais ça date, que le réalisateur avait utilisé de vrais T34/85 et non, comme cela arrivait souvent, des Sherman repeints avec l'étoile rouge


Ben justement, des milliers de chars Sherman ont été livré à l'URSS et utilisés au front. Et certains arboraient une étoile rouge à liseré (qui est relativement rare). Very Happy
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Cinq fruits et légumes par jour, ils me font marrer! Moi, à la troisième pastèque, je cale..
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Anaxagore



Inscrit le: 02 Aoû 2010
Messages: 7489

MessagePosté le: Mer Mar 04, 2020 15:25    Sujet du message: Répondre en citant

2 août

La petite route, plutôt un simple chemin de terre, traverse une forêt touffue. Des camions GaZ roulent à bon allure. La plupart transporte des soldats soviétiques assez détendus, ne portant pas leur casque et devisant gaiment en partageant des saucisses sèches et divers aliments tirés des havresacs à leurs pieds.
Ils ont, après tous, les meilleures raisons du monde de se détendre, les Allemands reculent sur l'ensemble du secteur. Après un mois de violents combats, la victoire semble acquise. Pour être honnête, le patriotisme n'est pas pour beaucoup dans la joie des soldats russes. La grande boucherie de la bataille de Kiev est sur le point de fermer boutique et ils sont toujours vivants.
Ils sont donc détendus, peut-être un peu trop...
Aucun homme ne relève les yeux sur l'épaisse branche qui passe au-dessus de la route. Ils y auraient vu un homme couché, portant l'uniforme ennemi.
L'Allemand attend que le dernier véhicule se soit éloigné, vérifiant qu'aucun autre n'arrive vers eux :
- Maintenant, maintenant...
Plusieurs soldats franchissent la zone non couverte, courant vers le rideau d'arbre de l'autre côté de la route. Ils s'abritent dans les forêts, s'adossant aux arbres.
Personne ne les a vus et la route continuait à être silencieuse. Le sergent Steiner fait signe à ses hommes de reprendre leur avance.

Les soldats épuisés, démoralisés, finissent par s'immobiliser dans une étroite clairière. Dans le ciel, le soleil d'août tape comme un forgeron. Mais, assis dans l'herbe verte, à l'ombre des arbres il reste supportable.
Parmi les survivants, un des hommes a une radio. Il s'agit de leur bien le plus précieux. Alors que les autres s'affalent un peu partout les armes à portée de mains, l'opérateur a coiffé les écouteurs et écoute, manipulant le sélecteur de fréquence. Au bout de quelques minutes, il coupe le contact pour économiser les piles :
- Rien, sergent.
Steiner répond d'une simple grimace, puis se tourne vers ses hommes. Tous le regardent, attendant sa décision. Il hausse les épaules en un geste résigné:
- Et quoi? On n'est pas bien là? Pas de supérieurs pour nous faire tuer sur un oui ou un non, pas de Stransky. Moi, je pourrais me faire à cette vie... désigner mes propres objectifs, attaquer ou pas...
Personne ne lui répond, tous savent qu'il ne parle pas sérieusement, qu'ils ne resteront pas très longtemps en vie dans ces bois. Surtout, ils savent que Steiner veut autant qu'eux rejoindre les lignes allemandes. Après tout, depuis hier, il les fait marcher vers l'ouest.
Steiner soupire et repasse sa mitraillette russe en bandoulière.
Se relevant, il s'oriente à la boussole :
- Fin de la pause, on part par là !

Le pont de bois enjambe une rivière profonde et fraîche, ombragée sur les deux rives par de nombreux arbres. Les Allemands n'ont pas besoin de voir les deux gardes accoudés à la rambarde, ils les entendent parler. Le rythme lent et détendu du dialogue les informe que les sentinelles ne sont pas très attentives... après tout, l'ennemi est loin devant.
Steiner aussi discute, mais il ne se sert pas de mots, seulement de gestes. Répondant à ses ordres par signes, deux de ses hommes se dépouillent de leurs bardas et entrent dans l'eau. Chacun tient un couteau.
Levant les yeux, ils regardent le ballet les ombres sur le tablier estimant la position des gardes, puis ils saisissent leurs lames entre les dents, grimpant sur un pilier avec l'adresse de singes... silencieux... mortels.
Ce qui suit est rapide.
Une ombre qui se déplie, un bras qui accroche, muselle une bouche soudain ouverte par la surprise, la peur, cherchant l'air pour appeler au secours. Impitoyable l'assaillant étouffe le cri tandis que le couteau manié par un expert tranche la gorge. L'homme se débat encore, mais il ne s'agit plus que des spasmes de l'agonie, le sang chaud asperge les doigts, gicle au sol...
Entre la conversation paisible et le silence de la mort, quelques secondes seulement se sont écoulées... la vie humaine est si fragile.
Avec des gestes lents, avec la solennité d'une mise en terre, les deux Allemands couchent au sol les jeunes russes qu'ils viennent de tuer. Ils évitent de les regarder, mal à l'aise... presque honteux.
Déjà, Steiner et leurs autres compagnons arrivent, leur rendant l'équipement qu'ils ont abandonné pour entrer dans la rivière.
De l'autre côté du pont, il y a une ferme. Une simple baraque de bois adossée à une grange. Ses propriétaires originaux avaient fuit, mais cela ne veux pas dire qu'elle est vide.
Des voix et du mouvement, Steiner fronce les sourcils... quelque chose ne lui parait pas à sa place... ses voix... des adolescents ?
Sans un mot il désigne les différentes portes qui permettent d'entrer dans les deux bâtiments. Les vétérans s'élancent, parfaitement coordonnés. Armes en mains, ils franchissent les issues, fusils et mitraillettes braquées.
L'irruption prend par surprise les individus en uniformes dans la pièce d'habitation. Les gestes s'interrompent en plein mouvement, les visages se tournent, déformés par l'effarement puis la terreur... des visages de femme.
Steiner balaye la pièce du regard et compte... six, sept... sept femmes en uniforme soviétique, dont un commissaire politique reconnaissable à ses épaulettes.
Le sergent arracha le Tokarev dans l'étui de ceinture de celle qui dirige la petite troupe. Les femmes lèvent les bras, sans chercher à résister et Steiner se retourne vers un de ses hommes parlant russe, organisant rapidement ses pensées. Il lui faut franchir les lignes ennemies...
- Qu'elles nous donnent leurs uniformes.
Comme le soldat répercute ses ordres, Steiner ressort pour voir comment les choses se passent à l'extérieur. Comme il trouve un de ses hommes lorgnant avec un sourire salasse sur une fille terrifiée prenant son bain dans une grande bassine, il se rue vers lui et lui enfonce la tête dans l'eau savonneuse.
Comme il le relâche et qu'il tousse en recrachant, le sergent le tire à l'intérieur. La vision de ses hommes armes baissées lui fait pousser un cri de rage :
- Contrôlez-vous crétins, c'est la guerre ici, on n'est pas au bordel. Toi, dis aux filles qu'aucun mal ne leur sera fait si elles se tiennent tranquilles.
Le truchement acquiesce, commençant immédiatement à traduire.
En dépit de ce que Steiner vient de dire, il va lui aussi baisser sa garde. Les femmes ont été désarmées et alors qu'il rassemble ce qui lui semble utile, il ne prête pas attention aux faits que le commissaire politique va d'une fille à l'autre pour leur murmurer quelques mots. Elle a vu la manière dont les Allemands regardent les jeunes filles qu'elle commande... il y a un langage qui n'a besoin que des yeux pour être dit... Désarmées ? Mais les armes des femmes sont de miel.
Le commissaire politique a trouvé deux maillons faibles, le salopard qui a manqué de violer à la fille dans son bain et un adolescent de seize ans qui ne lâche pas du regard une petite blonde.

Le cri fait sursauter Steiner. Il se retourne pour découvrir un de ses hommes... non un gamin qui devrait encore être à l'école. Il chancelle et s'effondre à la renverse, emportant le contenu d'une table dans sa chute.
Le sergent se retrouve près du gosse sans même avoir conscience d'avoir couru mais... au premier regard, il comprend que c'est fichu. Un poignard émerge de l'abdomen du gamin et du sang s'écoule de sa bouche. Il est encore conscient et essaye de parler malgré les larmes de douleur qui embuent son regard...
- Ser... gent ?
- Oui, fiston ?
- Ce... ce n'est... pas... sa faute...
Steiner se retourne pour voir la petite blonde qui pleure, pleure, pleure... il voit aussi la commissaire politique qui lui renvoie un regard dur.
- Ne... lui... faites pas... pas... de mal... ce n'est pas... sa... faute...
- Je sais fiston, je sais...
Steiner passe une main sur le visage du gamin pour refermer les yeux devenus fixes. Putain de guerre... des gamines qui tuent des gamins... il n'y a plus rien de sacré ? Qu'est-ce que c'est que cette guerre ?
- Sergent !
La porte vient de s'ouvrir sur un de ses hommes... il voit le corps du gamin, ravale sa salive et secoue la tête avec une étrange expression :
- Sergent, il faut que tu viennes dans la grange...
Steiner se relève après un dernier regard pour le gosse dans son uniforme trop grand.
- Très bien, mais que tout le monde vienne.
Du canon de sa mitraillette, il désigne la porte tandis que l'interprète donne l'ordre en russe.
Dans la grange, Steiner découvre un spectacle qui menace de lui faire péter les veines tellement il est en colère. Une jeune fille brune, au sol, dans une marre de sang... morte bien sûr... et à genoux serrant son entrejambe ensanglanté, un de ses hommes qui pleure :
- Steiner ! Oh... la garce... Steiner...
Le sergent fixe la commissaire politique qui lui renvoie un regard dur, sans remord... et Seiner se lave les mains de ce con incapable de garder son pantalon boutonné :
- Il a tué l'une d'entre vous, faites-en ce que vous voulez.
Les Allemands sortent, laissant les Russes avec le mutilé :
- Non... non...
Elles avancent, un cercle de femmes aux poings levés, les griffes avides de déchirer... elles avancent et se referment sur le violeur.
- Steiner !

3 août

La petite ville fume après que les obus soviétiques ont abattu des façades, creusés des entonnoirs dans les rues. Partout des amoncellements de débris comblent les rues, gênant la circulation. Mais il y a encore de la vie.
Fébrilement on se prépare à une attaque que l'on sait éminente.
Dans un abri aménagé dans une cave, un opérateur radio transmet un texte décodé au lieutenant Trebig. Ce dernier avale sa salive, acide, et marche vers une autre cave transformé en P.C. Il y rejoint l'Haupmann Transky pour lui transmettre le message.
Trebig est pâle et Transky pâlit à son tour. Il ne dit qu'un seul mot - un nom- mais réussit à charger de haine, de peur et de colère:
- Steiner !
- Que fait-on ?
Oui, que fait-on ? Comme s'ils avaient le choix. Ils ont abandonnés une compagnie entière pour qu'elle soit massacrée par les Ruskoffs. Et les Rouges n'ont pas été capable de tuer un simple sergent... il est immortel... comme le spectre de la vengeance lui-même.
Transky relit le court message. Steiner arrive avec les six derniers survivants de la compagnie, déguisés en Soviétiques. Le mot de passe est " Frankfort". Le mot de passe...
- Trebig, n'informez pas les hommes. Qu'ils tirent sur tout Russe qui s'approche des lignes.
- Oui, capitaine.

Le colonel Brandt a dépassé le point où il ressent peur. Il a un vague sourire en regardant la panique qui a saisis son petit état-major. Pourquoi s'inquiètent-ils encore? Les canons ont cessé de tonner, la dernière attaque va se déclencher, ils vont tous mourir. Simple ! Et, quelque part, rassurant...
Mais l'officier a encore un dernier remord.
Il s'approche de Kiesel :
- Un side-car vous attend dehors, le conducteur doit vous faire quitter la ville avant qu'elle ne tombe.
Le capitaine regarde son supérieur avec incrédulité :
- Mais... je veux rester. Je suis avec vous depuis le début. Je ne vais pas vous abandonner maintenant.
Brandt prend son subordonné par l'épaule dans un geste affectueux, lui souriant comme s'il est son petit fils préféré :
- Kiesel, cette guerre est perdue. Mais l'Allemagne va survivre... l'Allemagne doit survivre. Vous êtes un intellectuel, un homme intelligent. On aura besoin de vous après la guerre, pour rebâtir. Vous devrez rentrer.
Comme le colonel le relâche, Kiesel déglutit, comprenant que son supérieur a raison. Fuir n'est plus de la lâcheté lorsque l'on vous confie une tâche.
Il salue et sort pour s'asseoir dans le side-car qui démarre en trombe. Il ne lâche cependant pas du regard le colonel debout près de la porte, emportant le dernier souvenir d'un ami qu'il ne reverra jamais.

Trebig dirige personnellement la première ligne. Collé à ses jumelles, il regarde le paysage chargé de fumée où émergent des épaves de véhicules.
Près de lui se trouve une mitrailleuse M.G. 34, l'équipe est prête à tirer, le lieutenant leur a dit que les Russes arrivaient.
Soudain, des silhouettes émergent des tourbillons grisâtres. On entend des voix :
- Frankfort ! Frankfort !
Trebig n'hésite pas :
- Feu !
Les fusils claquent, la mitrailleuse aboie et des explosions s'élèvent parmi les épaves, là où les obus de mortiers détonnent. Trebig se sent... rassuré. C'est un tourbillon de mort qui s'abat sur Steiner, cette fois, il ne s'en sortira pas !
- Ne tirez pas ! Nous sommes Allemands !
Le cri fait effet, certains soldats baissent leur arme... prenant conscience que le prétendu "ennemi" ne tire par sur eux... et qu'il n'y a aucun signe d'attaque générale.
Le servant de la mitrailleuse lève le doigt de la détente, se tournant vers un sergent à côté de lui et vers Trebig. Ce dernier hurle :
- Feu ! C'est une ruse.
Le servant est discipliné. C'est l'ordre d'un lieutenant. Il tire une nouvelle rafale. Là-bas, un homme qui s'est relevé pendant la brève accalmie est secoué par les balles de mitrailleuses qui l'envoie rouler au sol.
- Ne tirez pas, ici le sergent Steiner.
Le sergent à côté de Trebig réagit, il connait Steiner, il reconnait sa voix.
- Cessez le feu, ne tirez plus !
Il arrache le servant de la mitrailleuse à son arme et se retourne d'un air épouvanté vers Trebig. Ce dernier ouvre et ferme la bouche à plusieurs reprises comme un poisson sorti de l'eau. Il essaie de parler de dire quelque chose... mais aucun son ne vient.
Soudain, trois silhouettes bondissent dans la tranchée... Steiner et ses deux derniers hommes. Les autres sont tombés sous les balles allemandes. Steiner regarde Trebig et comprend tout... l'âme damnée de Transky.
Sa mitraillette crache et Trebig tombe au sol. Les balles ont percés sa chair, il saigne mais n'est pas encore mort. Désespéré, l'homme tend le bras, essaie de s'expliquer une dernière fois pour ne pas mourir sans que l'autre sache qu'il a été contraint que...
Impitoyable une seconde volée de balles achève la carrière du lieutenant Trebig.

L'attaque soviétique s'abat alors sur la petite ville, un rouleau compresseur de soldats en armes soutenus par des T-34. Le front est immédiatement enfoncé. La résistance s'effondre. Les soldats épuisés et démoralisés abandonnent leurs positions pour fuir. Les Soviétiques les poursuivent dans les rues, ce n'est plus une bataille... c'est une chasse à courre !
Un groupe de soldats en fuite s'immobilise. Une silhouette solitaire se tient devant eux, un homme en imperméable, casqué, une mitraillette au ceux du bras. Ils reconnaissent le visage moustachu du colonel Brandt :
- Les enfants, si vous fuyez, les Russes vous tirerons dans le dos. Il faut se battre.
Aucun des hommes ne proteste, aucun ne réplique, la tranquille assurance de leur chef leur a rendu leur courage. Ils se regroupent autour de lui et reviennent sur leur pas, le colonel Brandt à leur tête.
Ce dernier à un pâle sourire, conscient de marcher à la mort.

Steiner a laissé ses deux derniers soldats faire ce qu'ils voulaient. Fuir ou se battre ? Quelle importance... il n'est plus sergent, plus membre d'une armée. Alors même que le chaos de la bataille s'est refermé sur la ville, que les Allemands fuient vers la gare et que les Soviétiques réduisent les derniers points d'appuis des défenseurs, Steiner cherche un homme.
Tout cela est absurde.
Mais seule la vengeance l'anime encore.
Il entre dans le bâtiment servant de Q.G. et tire un rideau.
Transky.
L'homme est là en train de s'habiller. Bizarrement, le lâche ne panique pas même si son regard trahit la surprise. Il boucle sa ceinture et prend son casque.
- Transky !
- Vous ne tirerez pas. Vous ne pouvez pas tirer dans le dos contre un homme désarmé.
- Pourquoi ?
- Vous savez pourquoi...
La colère de Steiner retombe d'un seul coup. Pour la Croix de Fer... oui... le sergent regarde autour de lui, écoute la rumeur de la bataille se rapprocher.
- Nous allons mourir.
Stransky s'arrête un instant, écoute à son tour... comprend ce que veux dire son ennemi.
- Oui.
Cela suffit à Steiner pour se décider.
- Si jamais, lorsque vous avez dit que vous étiez un militaire et que vous croyez en l'Allemagne, vous avez dit la vérité... prenez votre arme et sortons ensemble pour combattre.
- Je n'ai pas menti.
L'homme prend la MP-40 pendue à un crochet.
Ils sortent ensemble, courant au milieu des explosions. Partout autour d'eux se referme la guerre et la mort. Ils tirent sur les Soviétiques qui se montrent, cherchant à atteindre la gare. Arrivés aux premiers wagons, Stransky s'arrête s'escrimant pour changer le chargeur de son arme.
- Steiner, vous savez comment on recharge ?
Le sergent se retourne sur son supérieur pour le regarder d'un air stupéfié... puis il se met à rire, un rire profond et plein de réel amusement. Un rire qui n'en finit pas au milieu des explosions et du raffut des armes à feu... un rire homérique...
Au fond, toute cette guerre arrive, à force d'absurde, à être profondément amusante.
Tous ces morts...
Toutes ces trahisons...
Ce déchaînement de violence...
Pour qu'un homme qui ne sait même pas recharger la mitraillette standard de l'armée allemande puisse recevoir la Croix de fer.
Il ne faut pas s'étonner que l'humanité aille de guerre en guerre sans jamais rien apprendre vu le crétinisme profond du genre humain...
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Dernière édition par Anaxagore le Mer Mar 04, 2020 16:16; édité 2 fois
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Capu Rossu



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Messages: 1723
Localisation: Mittlemeerküstenfront

MessagePosté le: Mer Mar 04, 2020 15:46    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir,

Un groupe de soldats en fuite s'immobilise. Une silhouette solitaire se tient devant eux, un homme en imperméable, casqué, une mitraillette au creux du bras. Ils reconnaissent le visage moustachu du colonel Brandt

@+
Alain
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Imberator



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Messages: 3258
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MessagePosté le: Mer Mar 04, 2020 16:08    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Le cri fait effet, certains soldats baissent leur arme... prenant conscience que le prétendu "ennemi" ne tire par sur eux... et qu'il n'y a aucun signe d'attaque générale.



Et les concordances des temps dans l'esprit FTL.

Citation:
L'Allemand attendit que le dernier véhicule se soit éloigné, vérifiant qu'aucun autre n'arrive vers eux :


Citation:
Personne ne lui répond, tous savaient qu'il ne parle pas sérieusement, qu'ils ne resteront pas très longtemps en vie dans ces bois.


Citation:
Levant les yeux, ils regardent le ballet les ombres sur le tablier estimant la position des gardes, puis ils saisirent leurs lames entre les dents, grimpant sur un pilier avec l'adresse de singes... silencieux... mortels.

Saisissent.

Citation:
Déjà, Steiner et leurs autres compagnons arrivent, leur rendant l'équipement qu'ils avaient abandonné pour entrer dans la rivière.

Qu'ils ont.

Citation:
De l'autre côté du pont, il y avait une ferme.


Citation:
La petite ville fume après que les obus soviétiques aient abattus des façades, creusés des entonnoirs dans les rues.

Ont.
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Anaxagore



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Messages: 7489

MessagePosté le: Mer Mar 04, 2020 16:16    Sujet du message: Répondre en citant

Merci
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Colonel Gaunt



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MessagePosté le: Mer Mar 04, 2020 18:20    Sujet du message: Répondre en citant

Par contre, évitez la suite officieuse nommée "La Percée d'Avranches" . Même si Richard Burton reprend le rôle du sergent Steiner, et que l'action est déportée en Normandie 44, le scénario doit tenir sur une serviette de table. Ce n'est plus qu'un simple film de guerre de catégorie B avec un Burton le un visage bouffi marqué par les ravages de l'alcool.
_________________
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