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Juillet-Août 43 - Zitadelle et Molot
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loic
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MessagePosté le: Ven Jan 10, 2020 22:56    Sujet du message: Répondre en citant

@Finen : on peut tout imaginer, après il faut les ressources et du temps.

Les malheurs de la 10e Armée (la troupe qui se tire dessus) sont véridiques ?
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Jan 11, 2020 16:39    Sujet du message: Répondre en citant

Après consultation de Fantasque, le passage sur les blindés qui descendent de leur train devient :

Et les renforts accourent, mais les bombardements de la Luftwaffe ont coupé la voie ferrée à l’est de la ville, obligeant infanterie et cavaliers à débarquer acrobatiquement en pleine campagne et à arriver par petits paquets. Les blindés, eux, descendent de leur wagons plates-formes à une quarantaine de kilomètres de leur but et font le reste du chemin par la route, à 30 km/h de moyenne.

Les chars soviétiques pouvaient fort bien débarquer en rase campagne - aucun problème technique. Mais les Soviétiques, craignant les attaques aériennes et l’artillerie - l’opération prend du temps et un train immobile est une belle cible - préféraient le faire à bonne distance du front et avec une couverture de chasse - qui est ici assurée.
_________________
Casus Frankie

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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Jan 11, 2020 16:42    Sujet du message: Répondre en citant

29 juillet
Opération Zitadelle
… Le combat changea d’âme
Secteur de la 3. PanzerArmee
– De ses études assez ordinaires, Model a gardé quelques souvenirs des mythes grecs. Celui de Tantale ne l’avait guère intéressé, mais il lui revient à présent, car il lui semble se trouver dans la position de ce Grec déchu et affamé. La victoire – SA victoire – est là, à portée de main, et pourtant, chaque fois qu’il avance la main pour la cueillir, elle se refuse à lui, s’enfuyant toujours plus vers l’est. Et Tantale n’avait pas à lutter contre des hordes de Slaves supérieurs en nombre et capables de perdre cent chars par jour sans paraître en souffrir.
Dans les airs, la LuftFlotte IV a rassemblé quelques moyens, remis des avions en état, mais ceux-ci sont clairement trop peu nombreux. Si les Experten allemands accroissent leur score, ils n’empêchent pas la 3e Armée aérienne de régner en maîtresse incontestée au-dessus du champ de bataille. Ayant perçu depuis deux jours la faiblesse de la Luftwaffe, Novikov a donné l’ordre à la PVO d’engager tous ses appareils en appui du 3e Front d’Ukraine : inutile de protéger Kiev et les centres urbains ukrainiens contre des bombardements allemands qui ne viendront plus. D’un seul coup, Vatoutine bénéficie de plusieurs centaines d’avions supplémentaires. Ceux-ci sont moins efficaces que leurs camarades de l’aviation tactique, mais ils compensent leur manque de savoir-faire par leur nombre, leur enthousiasme et leur simple présence. Sillonnant les cieux de l’aube au crépuscule, les VVS et la PVO mitraillent et bombardent convois, véhicules légers et blindés, sans autre opposition que celle d’une Flak débordée et de quelques dizaines de Bf 109 noyés sous le nombre. Les avions à l’étoile rouge multiplient ainsi les grains de sable dans la machine de guerre allemande.
L’un des plus gros de ces grains de sable gâche l’assaut de la 81. ID sur Ivankov : repérés par un Pe-2 en transit, les éléments de tête de Schopper sont immédiatement signalés à Krasovski et à Vatoutine. Cueillis à froid par un régiment de bombardement en piqué, les Landsers sont ensuite pris pour cible par deux douzaines d’Iliouchine Il-2 et par leur escorte de Yak-9. Dépourvus de Flak, les camions et semi-chenillés n’ont aucune chance face aux canons de 23 mm, aux mitrailleuses et aux bombes des assaillants. « Un véritable massacre ! » jugera Krasovski – qui pourtant en a vu d’autres – en examinant les films pris par les attaquants. Rassemblant les survivants, Schopper ordonne la retraite cependant qu’à Ivankov, un détachement d’infanterie monté sur quelques chars BT-7 et des automitrailleuses BA-32 se lance à la curée.
La déconvenue de la 81. ID n’est même pas vengée par la prise de Narodichi. Convaincu par Trofimenko, Vatoutine a demandé dans la nuit un soutien aérien massif pour protéger ce point de résistance qui gêne visiblement les Allemands. D’abord sceptique, Staline s’est laissé convaincre par ses conseillers : tout ce qui peut empêcher Hitler de revendiquer une victoire est le bienvenu pour la propagande, sans compter que l’expérience fournira de précieuses données sur la possibilité d’assister par air une garnison encerclée. Toute la journée, les missions d’appui-feu se succèdent pour tenir à distance les assiégeants et les empêcher d’éliminer les survivants de la 57e Armée. Dans le même temps, des bombardiers Il-4 et quelques avions de transport Li-2 procèdent à des largages plus ou moins réussis de caisses de munitions et de vivres au-dessus de la ville. L’envoi de planeurs, un temps envisagé, a été rejeté par Novikov, les VVS manquant cruellement d’expérience dans le domaine et les zones d’atterrissage potentielles étant des plus réduites. A Narodichi, Gagen récupère dans l’affaire une nouvelle radio pour communiquer avec l’arrière, parvenue avec un technicien suffisamment inconscient pour s’être parachuté avec.
Mais dans la journée, l’attention de la Stavka se porte surtout ailleurs. Car Narodichi n’est que broutille en comparaison de ce qui se passe devant Malin.
La meilleure part de la 3. PanzerArmee s’efforce d’arracher le cœur du 3e Front d’Ukraine. Panzers et Panzergrenadiers contre Corps Blindés et cavaliers, Landsers contre Frontoviki, Experten contre Faucons de Staline. Kriuchenkine et Pliev ont maintenant récupéré tous leurs renforts et les ont déployés sur le front. Côté soviétique, la reine du champ de bataille est bien l’artillerie, et en particulier les batteries de lance-roquettes multiples qui labourent inlassablement les zones de concentration allemandes et les abords des premières lignes. Malgré les Katiouchas, la 5e Armée perd Lumyla après avoir perdu Dubrova et Baranovka, mais après un combat où, pour la première fois depuis bien longtemps, le défenseur russe a perdu moins d’hommes que l’assaillant allemand. Dans l’affrontement des blindés, on a vu des OT-34 attaquer des Panzer IV au lance-flammes ou des T-50 maladroits au canon charger des Marder III pour les éperonner. « Ce n’était plus le juste combat des Aryens face aux sous-hommes slaves. Ce n’était plus la lutte du national-socialisme face au bolchevisme avilissant. Non, tous nos combats, toutes nos valeurs, toute notre humanité avaient disparu pour laisser place à une boucherie généralisée et absolue. Il n’y avait plus rien d’humain, il n’y avait plus que des bêtes sauvages se déchirant entre elles dans une orgie de violence débridée. Du sang, des larmes et des hurlements. Comment en était-on arrivés là ? » (Un officier allemand anonyme cité dans Citadel : the defeat of german Army Group Nord-Ukraine, par Paul Carrell, Schiffer Publishing, 1993).
A la nuit, la 3. PanzerArmee a péniblement atteint une ligne Olizarovka-Rutvyanka-Lumlya-Shcherbatovka-Nyanevka [Olyzarivka-Rutvyanka-Lumyla-Shcherbativka-Nyanivka]. Ses pointes les plus proches de Malin n’en sont plus qu’à huit kilomètres. Huit kilomètres ! Un souffle, un rien, quelques tours de roue ou de chenille… Huit kilomètres de trop.
………
Secteur de la 6. Armee – Les cartes de situation et une visite nocturne sur le terrain ont convaincu Maslennikov sur la solidité de son flanc. Bien que bousculés dans un premier temps, ses hommes se sont bien repris et ont contenu l’avancée allemande. Plusieurs conversations avec la troupe l’ont aussi conforté dans une appréciation qui mûrissait chez lui depuis plusieurs jours : l’ennemi est à bout de souffle et n’a plus les moyens de progresser face à toute résistance un tant soit peu sérieuse. Et il ne dispose plus de blindés, à l’exception des derniers automoteurs du 210. StuG Abt. Or, même si le 11e Corps blindé ne peut plus être engagé à outrance, Vassilievski et Vatoutine ont fait comprendre au chef de la 4e Choc que des missions de soutien à l’infanterie sont toujours possibles, si elles demeurent purement locales. Et son armée a encore quelques moyens blindés propres : en mêlant cannibalisation des épaves, livraisons ayant échappé à la priorité absolue donnée aux corps blindés et système D, elle peut compter sur une quarantaine de T-34 et une soixantaine de T-50. Une véritable fortune en ces temps de disette !
Reste à décider de la suite. Attaquer Korosten, au nord, est des plus tentants – un Guderian aurait sans doute désobéi pour enrichir son tableau de chasse. Mais Maslennikov est un officier soviétique, et qui plus est, passé par le NKVD. Il doit penser plus large… et se couvrir. Les renseignements transmis par Vatoutine lui donnent la clé du problème : la 302. ID est assurément l’unité la plus fragile du secteur, la plus menacée de destruction – un risque inacceptable pour Paulus, qui sera contraint de venir l’aider. En couvrant bien sa droite contre tout retour offensif de la 56. ID (avec la menace bien visible et clamée sur tous les canaux possibles de la possibilité d’une attaque imminente des chars d’Alexeiev), la 4e Choc sera en mesure d’infliger une rude correction à la 302. ID et d’attirer à elle tous les maigres renforts de la 6. Armee, tout en usant, voire en éliminant le bataillon de StuG. « Pour faire simple, nous attaquons leur point faible. Dès que la 302. ID sera détruite, nous irons de l’avant vers l’ouest. Cela devrait suffire à affoler les Fascistes, Camarade ! » explique-t-il à son commissaire d’armée.
Dès le début de la matinée, Elfeldt constate les conséquences de cette décision. Martelées par l’artillerie soviétique, les premières lignes de sa division cèdent au premier assaut, cependant que les Sturmgeschutz sont muselés par l’aviation. La 4e Choc emporte tout sur son passage jusqu’à Guta Moshkovka [Moshkivka] et aux bois situés plus au nord. Rompue, la 302. ID se disperse aux quatre vents, laissant dans le front allemand une brèche bordée au sud par le 210. StuG Abt et la 9. ID, au nord par les 79. et 56. ID. Instruit par l’expérience, Maslennikov ordonne dans la foulée de sécuriser les deux flancs de l’attaque pour éviter toute mauvaise surprise.
La réussite de la 4e Choc est accrue par celle de la 37e Armée. Après Leznik, celle-ci reprend Paromovka [Poromivka] et menace Volodarsk et Ryzhiny, où la 294. ID n’arrive vraiment plus à tenir le coup. C’est toute l’aile gauche de la 6. Armee qui ploie sous le poids des deux armées soviétiques revenues du diable vauvert. Et du côté sud, rien ne va vraiment non plus.
………
Bataille de Jitomir – Mahlmann (147. ID) et Usinger (223. ID) se savent maintenant en grand danger d’être expulsés de la ville. Les tentatives de rejeter les Soviétiques de l’autre côté de la Kemenka échouent face aux salves régulières des mortiers qui couvrent les têtes de pont des fusiliers. Utilisant des chambres à air de pneus de camion ou des barques, ou simplement à la nage, d’autres soldats passent régulièrement la rivière pour renforcer ces positions. Comble d’infortune, des Petlyakov Pe-2 recommencent à piquer sur l’ouest de Jitomir, Chernyakovski ayant indiqué aux aviateurs qu’ils pouvaient désormais bombarder sans crainte de frappe fratricide.
Prenant acte de la débâcle prévisible, Mahlmann sollicite de Paulus l’autorisation d’évacuer Jitomir. Avec l’avancée de Vlassov et le poids grandissant du corps blindé ennemi plus au nord, il devient nécessaire de reconstituer une ligne défensive solide, quitte à perdre du terrain ! La réponse est négative. Le chef de la 6. Armee est pris entre deux feux. Il sait pertinemment que ses troupes sont incapables de prendre la cité. Mais il ne peut admettre un nouvel échec et encore moins proposer un repli à Kluge, sans compter que reculer sous la pression pourrait entraîner un nouveau désastre… et qu’après tout, la 223. ID dépend de Manstein ! Incapable de décider entre Charybde et Scylla, Paulus se laisse de plus en plus dériver au gré des évènements, au grand désespoir de son état-major.
En dehors de Jitomir, les choses tournent de plus en plus mal pour l’aile droite de la 6. Armee. Battue pour la troisième fois en trois jours, la 332. ID devient le maillon faible du XXIX. AK. Poussant son avantage, la 5e Armée de Choc reprenait Vygoda [Vyhoda], atteignant ainsi la voie ferrée de Novgorod-Volynski. De là, des détachements partent prendre Dubovets (à l’ouest) et Vilsk (au nord). De son côté, le 17e Corps Blindé scinde ses moyens en deux groupes, le premier dissuadant les Panzergrenadiers de Gollnick de s’approcher de trop près de la 5e Choc, le second atteignant et reprenant Novopol [Novopil], là où se trouvait la 147. ID le 15 juillet. Méticuleusement, Chernyakovski et Leliouchenko agrandissent la déchirure ouverte par l’Armée Rouge au nord de Jitomir, créant une possible zone de départ pour de futures offensives.
Dans l’immédiat, Kluge réfléchit à court terme : une telle percée soviétique ne peut laisser prévoir qu’une chose : un futur encerclement des unités allemandes dans Jitomir, perspective déjà redoutée plusieurs fois. Mais que faire ? On ne peut tout de même pas proposer au Führer d’évacuer une ville importante « où le soldat allemand a mis le pied » !
………
Secteur de la 8. Armee – Weiß, consterné, est bien conscient de l’impasse dans laquelle il se trouve. Relancer l’attaque d’Andrushovka ne marcherait pas plus que les deux jours précédents. Face à la 26e Armée soutenue par trois divisions de cavalerie, son XXVII. AK n’a tout simplement pas les moyens de briser les défenses soviétiques. Encercler la zone avec les chars de Balck (11. Panzer) n’est pas envisageable, monter un nouvel assaut frontal non plus. La brèche de Kashperovka ayant été refermée par la 4e Garde, impossible de passer par là. Et difficile de réfléchir posément alors que l’initiative passe de nouveau à l’Armée Rouge !
La 26e Armée et les cavaliers de Dovator tiennent le nord et le nord-est, représentant maintenant un fort saillant autour de Berdichev. A l’est, la 4e Garde est entourée des deux corps blindés de Katukov et de Chanchibadze, corrigés plusieurs fois mais toujours valides. Plus au sud enfin, on retrouve une 5e Garde dispersée et fragmentée. L’armée de Remezov n’a plus de forme et ne tient pas véritablement une zone précise, tant elle a été bousculée, émiettée et démolie par les blindés allemands. Il faut plutôt parler de plusieurs groupes divisionnaires répartis entre Kazatine et Kalinovka, eux-mêmes souvent fragmentés en éléments plus petits. Sur la carte, la vision d’un tel ensemble donne des cheveux blancs à nombre d’officiers de la Stavka, mais ni Joukov ni Rokossovski n’en tiennent rigueur à Remezov. Son armée a largement contribué à freiner Hausser et Kempf – et elle se bat toujours.
Bloqué par Dovator et Skvirsky, Weiss propose finalement à Manstein de roquer la 11. Panzer vers le nord afin d’assaillir le flanc gauche de la 1ère Armée de Choc. C’est dégarnir sa propre force, mais cela donnerait la possibilité au LIX. ArmeeKorps de contenir davantage l’armée de Vlassov. Mais le chef de la 8. Armee s’y oppose vivement : on a besoin des panzers de Balck ici, pas au nord ! Pour lui donner raison, les corps blindés soviétiques repartent à l’attaque en soutien des cavaliers et de la 4e Garde, la 26e Armée demeurant en retrait autour d’Andrushovka.
Visant deux objectifs à la fois – Chervonnoye et Kazatin – l’effort soviétique est trop dissocié pour permettre une poussée efficace, mais justifie l’engagement résolu de la 11. PanzerDivision et de la LAH. Constatant cet échec, Rokossovski décide d’en revenir pour le lendemain au principe d’un seul assaut sur un seul point. La cible sera Chervonnoye – la 132. ID supportera ainsi tout le poids des moyens engagés.
Pendant ce temps, refusant d’attendre le lever du soleil pour s’éviter pendant au moins quelques heures les bombardements aériens adverses, Hausser a fait démarrer ses colonnes de nuit en direction de Skvira. Un premier bond de trois kilomètres amène ses deux divisions SS au bord d’une petite rivière le long de laquelle des éléments d’infanterie et d’artillerie assuraient une première ligne de défense. Brutalement réveillés par le vacarme des moteurs des chars, les défenseurs surpris sont prestement éliminés et le cours d’eau franchi. De là, la Totenkopf continue vers le nord pour couper la route menant à Berdichev avant d’aborder Skvira par l’ouest. De son côté, la Das Reich envoie des éléments sécuriser Domanovka [Domantivka], un peu à l’est, où passe la deuxième route ralliant Skvira, par le sud cette fois. Hausser compte s’approcher au plus près de la ville avant de lancer l’assaut, afin de laisser le moins de temps possible à la garnison pour organiser sa défense. Mais en route, les hommes de Krüger doivent faire sauter le bouchon de Domanovka, ce qui prend beaucoup plus longtemps et fait bien plus de bruit que prévu. L’alarme est donnée à Skvira et les premiers appels courent sur les ondes. Attendant beaucoup de la journée, Manstein a convaincu la Luftwaffe de rogner sur le temps d’entretien de ses machines pour lui offrir quelques missions d’appui. Attaquant juste avant l’arrivée des MiG et des Yakovlev appelés à la rescousse, avions d’assaut et bombardiers détruisent plusieurs positions d’artillerie et incendient les lisières de la ville, pendant que les Tiger et les plus gros canons d’assaut approchent, écrasant au passage trous d’hommes et tranchées mal protégées. Rapidement, la Das Reich pénètre dans le faubourg de Sloboda, tandis que la Totenkopf se défait des canons antichars déployés à l’ouest. N’ayant pas eu le temps de fortifier correctement les quartiers qu’ils occupent, les hommes de la 10e Division du NKVD font face à découvert ou presque, cherchant à attirer les blindés allemands entre les immeubles pour les prendre à partie au contact. Refusant de perdre des engins sur des mines ou frappés à bout portant par des fusils antichars, Eicke et Krüger ont donné des consignes strictes : dans une ville, tirer d’abord, puis envoyer l’infanterie pour éliminer les survivants et seulement en dernier lieu faire avancer les chars. La méthode a fait ses preuves et réduit considérablement les pertes, d’autant que l’aviation soviétique ne frappe pas avec autant de force que les jours précédents. Pour épargner ses propres troupes ? se demande Hausser. Non, ce n’est pas dans ses habitudes. La réponse tombe en fin d’après-midi : les VVS sont bien là, mais pour protéger une force terrestre qui accourt au son du canon. Le Groupe Volkov.
Sur le flanc sud de “Zitadelle”, isolé et presque laissé à lui-même, le III. PanzerKorps de Kempf se défend comme il peut face aux 3e et 13e Armées soviétiques, abandonnant progressivement la rive sud du Boug méridional pour se replier sur la rive nord. Kalinovka devient de plus en plus intenable, malgré l’arrivée de renforts de la 5. Luftwaffen-Feld-Division. Il faudra bientôt songer à son évacuation, mais Manstein refuse d’admettre cette solution. Kempf doit tenir le temps que Kiev soit à portée de fusil !
………
Opération Koliouchka – Occupant Nemirov abandonnée par le Korpsabteilung B, la 10e Armée subit malgré tout des pertes, Weidling ayant ordonné de miner tout ce qui pouvait l’être. Peu désireux de trouver une mort absurde dans un bâtiment piégé, Golikov s’empresse de laisser les lieux aux bons soins du génie (et des prisonniers de guerre qui s’en iront déminer les endroits les plus dangereux) pour superviser la poursuite des Allemands. Ceux-ci se replient vers Strelchintsy [Stril’chyntsi], dix kilomètres environ plus à l’ouest, pour se rapprocher de la 94. ID et surtout de la 16e DI hongroise. Multipliant les obstacles et les pièges, ils retardent d’autant des Soviétiques peu pressés d’avancer, surtout face aux multiples tentations qui se présentent sur la route : villages vides, véhicules abandonnés, anciens dépôts non gardés.
La 2e Armée de Choc, elle, occupe Rakhny Lesovvye et élargit sa tête de pont au nord vers Uyarinsty et au nord-ouest vers Guya Bushinestakya [Huta Bushyns’ka], repoussant les rescapés de la 257. ID vers l’ouest… d’où arrive le 202. StuG Abt. Informé avec retard par des reconnaissances aériennes, Galitsky décide sagement de s’enterrer dans la ville et d’appeler du soutien aérien. Le général Konrad (commandant le XLIX. ArmeeKorps) exige un assaut immédiat, malgré les protestations des officiers des deux unités. Tentant de s’abriter derrière les StuG III, eux-mêmes ciblés par tous les canons et obusiers que les fusiliers ont pu mettre en batterie (y compris des pièces allemandes retournées), les Landsers de la 257. ID sont cloués sur leurs positions de départ. L’arrivée des avions soviétiques accroît la confusion et inflige des pertes supplémentaires, obligeant les automoteurs à se replier sous les cris de joie des soldats de la 2e Choc. Profitant de la situation, Galitsky ordonne à deux régiments blindés de se préparer à s’engouffrer dans la brèche. Une soixantaine de T-50 et T-34 pourraient aisément semer le chaos sur les arrières de l’ennemi, voire, qui sait, donner des idées à Bagramian.
Chez Loukine, la perspective d’en finir avec la 19e DI hongroise suscite autant d’enthousiasme que celle de prendre Chargorod, à quinze kilomètres de distance. L’ultime défense devant l’objectif est une forêt de cinq kilomètres sur deux, traversée par une seule route passant par le village de Rolya. Les Hongrois y ont édifié en urgence des emplacements de tir et surtout ont réglé leurs derniers canons sur le couvert forestier de façon à utiliser les bois contre les assaillants. Comme sa voisine, la 16e Armée cherche d’abord à s’emparer du plus possible de terrain, en prenant Dolzhok [Dovzhok] au nord et Pisarevka [Pysarvika] à l’ouest. Dans un second temps, elle lance ses forces dans la forêt. La première vague, bien que prudente, subit un feu intense, particulièrement meurtrier en raison des éclats d’arbres fracassés par les canons ennemis et projetés en tous sens. En riposte, des Iliouchine Il-4 larguent des bombes incendiaires pour chasser les occupants du bois et gêner les tirs d’artillerie pendant que l’infanterie contourne la forêt des deux côtés. La résistance désespérée des défenseurs de Chargorod empêche les fusiliers de finir le travail avant la tombée de la nuit, mais Loukine est à présent certain d’un point crucial : les Hongrois n’ont pas de réserves à disposition immédiate.
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Etienne



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MessagePosté le: Sam Jan 11, 2020 17:11    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
La déconvenue de la 81. ID n’est même pas vengée par la prise de Narodichi.


La tournure de la phrase laisse penser que Narodichi a été conquise, ce qui n'est pas le cas.
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Imberator



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MessagePosté le: Sam Jan 11, 2020 18:04    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
En couvrant bien sa droite contre tout retour offensif de la 56. ID (avec la menace bien visible et clamée sur tous les canaux possibles de la possibilité d’une attaque imminente des chars d’Alexeiev), la 4e Choc sera en mesure d’infliger une rude correction à la 302. ID



Citation:
Poussant son avantage, la 5e Armée de Choc reprend Vygoda [Vyhoda], atteignant ainsi la voie ferrée de Novgorod-Volynski.



Citation:
C’est dégarnir sa propre force, mais cela donnerait la possibilité au LIX. ArmeeKorps de contenir davantage l’armée de Vlassov. Mais le chef de la 8. Armee s’y oppose vivement..
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Archibald



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MessagePosté le: Sam Jan 11, 2020 19:19    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
La tournure de la phrase laisse penser que Narodichi a été conquise, ce qui n'est pas le cas.


Narodichi ou là bas, qu'est ce que ça change ? Arrow
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« Je ne crois pas que les Allemands aient jamais l’idée d’attaquer dans la région de Sedan. » Huntziger, 7/05/1940.

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Capu Rossu



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MessagePosté le: Sam Jan 11, 2020 20:38    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir,
Citation:

A Narodichi, Gagen récupère dans l’affaire une nouvelle radio pour communiquer avec l’arrière, parvenue avec un technicien suffisamment inconscient pour s’être parachuté avec.


Inconscient ou volontaire après avoir eu le choix entre :

- 1) tu sautes avec ta radio sur Narodichi
ou
- 2) tu gagnes une place dans une équipe d'entretien du ballast du transibérien quelque part en Sibérie orientale.

@+
Alain
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borghese



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MessagePosté le: Sam Jan 11, 2020 20:58    Sujet du message: Juillet-Août 43 sur le Front Russe Répondre en citant

Paulus n'a pas l'air en grande forme...
Je sens qu'il va finir par faire en FTL ce qu'il n'a pas fait OTL bien qu'on l'ait bombardé maréchal pour l'inciter à le faire.
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lbouveron44



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MessagePosté le: Dim Jan 12, 2020 19:16    Sujet du message: Répondre en citant

Mieux. Il se rend et rejoint le Komintern pour fonder une armée allemande démocratique rouge (DDRA) pour se battre contre l'oppression fasciste et en libérer le peuple allemand Very Happy

@Capu Rossu : y a des radios en Sibérie aussi. Il ne faut pas gaspiller les compétences, surtout si elles ne coûtent pas cher Laughing
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borghese



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MessagePosté le: Dim Jan 12, 2020 19:44    Sujet du message: Juillet-Août 43 sur le Front Russe Répondre en citant

Excellent Ibouveron Laughing Laughing

Mais OTL, sans aller jusque là, il n'a'pas fini par être utilisé plus ou moins volontairement par les soviétiques?

Je vais aller rechercher ça...
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Jan 13, 2020 10:58    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
mais ils compensent leur manque de savoir-faire par leur nombre, leur enthousiasme et leur simple présence. Sillonnant les cieux de l’aube au crépuscule, les VVS et la PVO mitraillent et bombardent convois, véhicules légers et blindés, sans autre opposition que celle d’une Flak débordée et de quelques dizaines de Bf 109 noyés sous le nombre.


Citation:
Malgré les Katiouchas, la 5e Armée perd Lumyla après avoir perdu Dubrova et Baranovka, mais après un combat où, pour la première fois depuis bien longtemps, le défenseur russe a perdu moins d’hommes que l’assaillant allemand.


Citation:
A Narodichi, Gagen récupère dans l’affaire une nouvelle radio pour communiquer avec l’arrière, parvenue avec un technicien suffisamment inconscient pour s’être parachuté avec.


J'a trouvé un film d'archives du dit-technicien à 0:20 - https://www.youtube.com/watch?v=2gKoTcYliNg
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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lbouveron44



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MessagePosté le: Lun Jan 13, 2020 14:25    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour

Pas de suite ? Ce serait bien de savoir si Paulus rejoint la Rote Armee ou pas Laughing
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lbouveron44



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MessagePosté le: Jeu Jan 16, 2020 13:57    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour

On ne saura donc jamais si Paupaulus a fini par avoir des problemsky ? Laughing
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Anaxagore



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MessagePosté le: Jeu Jan 16, 2020 13:59    Sujet du message: Répondre en citant

J'attends moi aussi la suite pour mon coloriage, le prochain épisode se passe au début des problèmes de Paulus. (j'ai faillis écrire Pollux... mais lui a l'accent anglais).
_________________
Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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demolitiondan



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Messages: 3865
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MessagePosté le: Ven Jan 17, 2020 11:10    Sujet du message: Répondre en citant

Encourageons chers amis !
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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