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Julius, pilote de guerre - par Etienne
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Bob Zoran



Inscrit le: 19 Nov 2017
Messages: 110

MessagePosté le: Lun Sep 30, 2019 13:30    Sujet du message: Répondre en citant

Après avoir fait émerger un sous marin, puis bloquer son gouvernail, Thétis n'est plus à ça près, c'est vrai, un détonateur foireux, ça arrive!

Par contre, il y a tant de cabines que ça dans un sous-marin de cet époque? Dan le texte, j'en note une pour le commandant et une pour l'officier nazi du renseignement.
Ce serait juste à remplacer par des couchettes non?
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Wardog1



Inscrit le: 29 Aoû 2015
Messages: 560
Localisation: Puy de Dome,France

MessagePosté le: Lun Sep 30, 2019 13:53    Sujet du message: Répondre en citant

A bord du sou marin une jeune allemande fut découverte, ayant perdu la mémoire de comment elle s'est retrouvé à bord, son nom?

Violet Evergarden.
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"You and I are opposite sides of the same coin. When we face each other, we can finally see our true selves. There may be a resemblance, but we never face the same direction."

Larry Foulke
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solarien



Inscrit le: 13 Mai 2014
Messages: 1667
Localisation: Picardie

MessagePosté le: Lun Sep 30, 2019 19:42    Sujet du message: Répondre en citant

On est en Mai, tu peux même compter jusqu'à 1H de luminosité de plus, voir 1H30 si le ciel est vide.
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lbouveron44



Inscrit le: 19 Avr 2019
Messages: 239

MessagePosté le: Mar Oct 01, 2019 03:03    Sujet du message: Répondre en citant

Quid des questions de l'IS sur l'épisode Messer ?

Un épisode là dessus ?

Par ailleurs faudra aussi reporter les mésaventures de l'Uboat dans les épisodes de la guerre dans l'Atlantique.
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Etienne



Inscrit le: 18 Juil 2016
Messages: 2148
Localisation: Faches Thumesnil (59)

MessagePosté le: Mar Oct 01, 2019 13:42    Sujet du message: Répondre en citant

Bin, je ne vais pas faire un résumé des épisodes précédents: l'IS aura l'histoire, agrémenté de détails techniques. Remettre deviendrait fastidieux… Déjà que j'ai parfois l'impression de me répéter… Le sous-marin, vu des deux côtés a quand même un effet bis

Quant à son histoire précédente (au sous marin), c'est en dehors du commandement de Georg Uhl, et sans rapport avec le texte.
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ChtiJef



Inscrit le: 04 Mai 2014
Messages: 434
Localisation: Du côté de Clochemerle

MessagePosté le: Ven Oct 04, 2019 10:56    Sujet du message: Répondre en citant

Etienne a écrit:
Je ne suis pas spécialiste des grades en allemand, mais alors comment appelle t-on un Oberleutnant zur See quand on s'adresse à lui?

Pas spécialiste non plus, mais il me semble que Hauptmann (capitaine) de la Heer, c'est au-dessus d'Oberleutnant, même zur See.
Je verrai bien "Mein Herr", qui a un côté un brin ironique : "Cher monsieur, mon bon monsieur". De la part d'un supérieur à monocle…
Sinon l'appeler par son grade, tout simplement.
Par ailleurs, l'ordre remis par capitaine de l'Armée à un officier de la Marine peut-il émaner de l'OKH (Armée de Terre) ? C'est pas plutôt l'OKW ? Ca serait plus logique, surtout s'il y a le Führer qui regarde de loin…

Etienne a écrit:
Membre de la 6. Unterseebootsflottille à Saint-Nazaire, il est pris en commandement par l'Oberleutnant zur See Georg Uhl le 12 avril pour un voyage d'essais vers Lorient, où il arrive le 15.

La phrase est un peu bizarre, comme traduite direct de l'allemand... Rolling Eyes
Je vois plutôt "Appartenant à la 6. Unterseebootsflottille basée à Saint-Nazaire, commandée par l'Oberleutnant…"
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ChtiJef



Inscrit le: 04 Mai 2014
Messages: 434
Localisation: Du côté de Clochemerle

MessagePosté le: Ven Oct 04, 2019 11:01    Sujet du message: Répondre en citant

Euh… "Commandé", pas commandée! Grrrr Uhl commande l'U-269, pas la flotille !
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FREGATON



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Messages: 1649
Localisation: La Baule

MessagePosté le: Ven Oct 04, 2019 11:27    Sujet du message: Répondre en citant

ChtiJef a écrit:
Etienne a écrit:
Je ne suis pas spécialiste des grades en allemand, mais alors comment appelle t-on un Oberleutnant zur See quand on s'adresse à lui?

Pas spécialiste non plus, mais il me semble que Hauptmann (capitaine) de la Heer, c'est au-dessus d'Oberleutnant, même zur See.
Je verrai bien "Mein Herr",


"Herr Oberleutnant"... Comme "Herr Kaleunt" dans "Das Boot".
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La guerre virtuelle est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux civils.
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Dronne



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Messages: 587
Localisation: France

MessagePosté le: Ven Oct 04, 2019 11:29    Sujet du message: Répondre en citant

Dans le lien cité plus haut vous avez la liste des grades (et leur traduction littérale), inutile de vous faire des nœuds au cerveau.
Oberleutnant est un grade de l'armée de terre.
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Cinq fruits et légumes par jour, ils me font marrer! Moi, à la troisième pastèque, je cale..
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ChtiJef



Inscrit le: 04 Mai 2014
Messages: 434
Localisation: Du côté de Clochemerle

MessagePosté le: Ven Oct 04, 2019 12:50    Sujet du message: Répondre en citant

FREGATON a écrit:
ChtiJef a écrit:
Etienne a écrit:
Je ne suis pas spécialiste des grades en allemand, mais alors comment appelle t-on un Oberleutnant zur See quand on s'adresse à lui?

Pas spécialiste non plus, mais il me semble que Hauptmann (capitaine) de la Heer, c'est au-dessus d'Oberleutnant, même zur See.
Je verrai bien "Mein Herr",


"Herr Oberleutnant"... Comme "Herr Kaleunt" dans "Das Boot".

Sauf qu'un capitaine dire "Herr" à un lieutenant, serait-il de marine…
D'autant que le von Strahlen (il a surtout dû briller* dans les salons et les états-majors celui-là !) doit venir de Rastenburg. Il doit prendre tout subalterne avec beaucoup de hauteur.

@Dronne : Leutnant (que je traduirais plutôt par sous-lieutenant) et Oberleutnant sont des grades communs à la Heer et la Marine. D'ailleurs, les pattes d'épaule sont identiques.

* Strahlen : briller, rayonner
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Capu Rossu



Inscrit le: 22 Oct 2011
Messages: 1766
Localisation: Mittlemeerküstenfront

MessagePosté le: Mar Oct 08, 2019 22:42    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir,

Etant en vacances, je n'ai pas suivi la suite des péripéties de notre ami Julius et ce n'est que cette après-midi que j'ai pu en prendre connaissance ainsi que certains commentaires.
- 1) Dans la KM, on s’adresse au commandant d’un navire en l’appelant « Herr Kapitän » et ce quelque soit sont grade exact tout comme dans la Royale on dit « Commandant » [La fonction prime le grade]. Si l’interlocuteur a un grade supérieur à ce commandant, il ne fera pas précéder le titre du mot « Herr ».
von Strahlen ayant la morgue d’un officier d’état-major, surtout s’il vient de l’OKW, dira simplement « Kapitän » avec une condescendance certaine.
- 2) Kaleun est l’abréviation de Kapitän-leutnant soit lieutenant de vaisseau. Son usage était très courant dans la sous-marinade. Il est toujours précédé du Herr quand un de membres de l’équipage s’adresse à son commandant s’il porte ce grade. Les personnes étrangères au bord emploient le terme de « Herr Kapitän » sinon voir ci-dessus.
- 3) « Périscope inutile face aux attaques aériennes (je ne crois pas qu'il puisse s'élever d'ailleurs). Une seule possibilité - plonger immédiatement. » A bord des sous-marins, il existe deux périscopes : le premier sert pour la navigation et la veille, le deuxième est le périscope d’attaque. Il est plus cour que le premier pour ne pas s’élever trop haut au dessus de la surface. Avec les progrès de l’aviation entre les deux guerres, le périscope de veille avait été modifié de façon à ce que le commandant puisse faire deux tours d’horizon : un pour vérifier l’absence de navires à proximité et un autre pour vérifier celle d’avions.
- 4) « Je passe en trombe au ras du mât, déchiffrant le code U–269 ». Après la déclaration de guerre, le numéro des sous-marins a été effacé qu’il soit porté sur le kiosque ou l’étrave. Si certains arborait un blason particulier peint sur le kiosque, la majorité se contentait de celui de la flottille. Pour le U-269, je n’ai pas connaissance d’un blason particulier, donc il a celui de la 6ème Flottille.



- 5) « De son côté, les hommes du destroyer ne sont pas inactifs »
- 6) « Devant le nombre, il finit par grommeler quelque chose d'inintelligible et retourne dans sa cabine » L’équipage d’un type VII C comprend 4 officiers qui sont les seuls à « bénéficier » d’une cabine très spartiate d’ailleurs. Le dénommé Meyer aura bénéficié d’une bannette (couchette dans le jargon des marins) dans le poste des officiers mariniers.
- 7) « Des cris, j'entends mon second qui ne peut pas empêcher Meyer de sortir avec quelques hommes à sa suite. » Quand un sous-marin fait surface en urgence, le premier à sortir est le commandant. Pour une remontée en surface « normale », c’est l’officier de quart qui sort le premier. Là, le commandant ne peut être présent dans le poste central vu les difficultés qu’il a pour sortir de sa cabine, Normalement, le second aurait dû tenter de replonger immédiatement sans chercher à comprendre pourquoi l’U.boot avait fait surface tout seul. Ce n’est qu’après avoir constaté l’impossibilité de replonger qu’il aurait dû sortir le premier. En aucun cas, le dénommé Meyer ne serait sorti le premier d’autant plus qu’en bon biffin, il devait ignorer comment déverrouiller l’écoutille qui donne accès au kiosque.
- Cool « Second, déverrouillez le sas et montez voir ce qui se passe là-haut, je n'ai plus de vue périscopique. » Comme je l’ai écrit plus haut, le commandant a à sa disposition une deuxième périscope.


@+
Alain
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Etienne



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Messages: 2148
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MessagePosté le: Mar Oct 08, 2019 22:53    Sujet du message: Répondre en citant

Bon, j'ai quelques modifs à faire, merci Alain Wink
Ceci dit, le périscope ici ne sert qu'à voir l'arrivée du destroyer, pas des avions. Les balles et obus sont là pour justifier leur présence.
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ChtiJef



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Localisation: Du côté de Clochemerle

MessagePosté le: Mer Oct 09, 2019 10:19    Sujet du message: Répondre en citant

Euh... Une ch'tite question ? Embarassed
Ce submersible, y va compter pour une victoire ?
et si oui, comment le représenter sur le Dewoitine ? Rolling Eyes
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demolitiondan



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Messages: 3631
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MessagePosté le: Mer Oct 09, 2019 20:59    Sujet du message: Répondre en citant

Juste la silhouette au milieu des insignes nationaux - ca aura de la gueule.
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Etienne



Inscrit le: 18 Juil 2016
Messages: 2148
Localisation: Faches Thumesnil (59)

MessagePosté le: Lun Fév 10, 2020 17:50    Sujet du message: Répondre en citant

7 mai, Biggin Hill – Pas de mission aujourd’hui, tous les appareils sont en révision, même les nôtres, aux mains des mécanos français qui ont connu les Dewoitine 520. La veille, cela avait été assez calme aussi, du moins pour nous. Pop et moi sommes plus souvent fourrés au mess français, ce qui reste somme toute assez logique. Biggles n’a rien contre le principe, au contraire, cela lui permet parfois de se restaurer autrement, même si on ne risque pas de le voir au petit déjeuner !
Discussions, parties de belote ou de tarot, on s’enfonce dans l’ennui, surtout que l’on apprend vers 16 heures qu’il n’y aura pas de sortie en ville ce soir, tout le monde est consigné sur base : décidément, il y a quelque chose dans l’air, serait-ce Le Jour ?
Si ça se confirme, j’en connais deux qui vont tirer la tronche : Demozay et Williame ont quitté ce matin le sol anglais à bord d’un DC-3, direction Marseille et l’état-major. Déjà qu’ils n’étaient pas très heureux d’aller au placard…
Ça se précise : tous les pilotes sont appelés pour 21h à la salle d’Ops, qui est pleine à craquer, la plupart des gars sont debout. Biggles est sur l’estrade avec un Group Captain du nom de Lee-Sarth qui nous donne les explications. Demain, c’est le D-Day, le débarquement sur les côtes françaises de la Manche, en Normandie. Le rôle du Wing de Biggin Hill, c’est-à-dire la 1ere EC et le squadron de Biggles, sera de museler la chasse allemande au niveau de St-Omer et Abbeville, pour les empêcher d’aller sur les plages normandes. L’Ops officer est confiant : d’après tous les rapports le nombre d’avions de la JG 26 est au plus bas, mais il attire notre attention sur le fait qu’au minimum, ce seront des Focke Wulf « Long nez », précisant qu’il risque d’y avoir des versions plus puissantes. A ces mots, tous les regards se tournent vers Popeye et moi, nous avions bien sûr raconté notre rencontre… Ce qui fait sourire l’officier, il n’a pas à ajouter quoi que ce soit à ce sujet. Le reste est banal : Fréquences, indicatifs, caps, objectifs secondaires et horaires. On décollera dans la nuit pour arriver sur place un poil avant le lever du soleil, ce qui est devenu une habitude depuis longtemps. Bon, en cette saison, potron-minet est bien tôt, on ne va pas dormir beaucoup.
En repartant vers nos piaules pour dormir, on remarque de l’agitation dans les hangars et les dispersals, mais pas de façon habituelle : Ce sont des peintres qui gribouillent tous nos avions de bandes blanches et noires sur les dessous et les flancs. Ça change la silhouette, mais le côté esthétique reste à discuter. Ce que l’on fait un peu, car l’excitation des hommes exilés en Angleterre est au comble, avant de tomber plus ou moins vite dans les bras de Morphée. Ou Thétis.

8 mai, Abbeville – Le soleil n’est pas encore levé lorsque nous arrivons dans les parages de la ville picarde. Le GC II/1 est au pigeonnier, le 666 de Biggles plus Popeye et moi-même en rase-mottes. En lieu et place du coq, les canons de la Flak se mettent à chanter à la vue des Spitfire au balcon. Impeccable pour les repérer, ceux qui en voient devant eux peuvent décharger leurs armes. Les autres se contentent de survoler un terrain bien désert. Les hangars encore debout sont vides, les alvéoles ne valent guère mieux : Pas de Focke dans la baie de Somme…
Pas la peine de s’attarder pour risquer un pruneau, on grimpe sitôt notre passage sans regarder en arrière, cap au sud. La radio reste muette, pas d’appel au renfort des gars au dessus de Saint-Omer, les Boches sont au plumard ou aux abonnés absents.
Comme prévu dans ce cas, nous grimpons, cap ouest/sud-ouest vers Dieppe et les côtes normandes, au cas où les Teutons seraient déjà en route. Ça m’étonnerait, vu le peu d’activité sur les terrains, mais les ordres sont les ordres. On ne regroupe pas : Les zincs du GC II/1 restent en tête pendant notre ascension, le I/1 et III/1 nous suivront en venant de la cité audomaroise, eux-mêmes échelonnés par le même type de manœuvre.
Nous avons le soleil levant dans le dos. Un avantage appréciable en cas de rencontre. Ceci dit, on ne nous distingue guère plus du sol. Ce qui fait que lorsque nous arrivons en vue de l’impressionnante armada qui amène les troupes sur les plages, les servants de DCA des navires ne peuvent nous reconnaître et nous accueillent par des flocons noirs. Contact radio avec le contrôle qui nous suit au radar, petits zigzags pour nous faire repérer avec certitude, et les marins commencent à s’abstenir de nous prendre pour des fridolins. Enfin, pas tous. Doit y avoir des pannes de récepteurs radio. Fort heureusement, aucun tir au but, et le repérage visuel s’améliore à notre approche, grâce aux ailes elliptiques des Spit.
Pas de passage bas pour tirailler les défenseurs : ce n’est pas notre rôle, nous restons en haut pour intercepter d’éventuels assaillants. Éventualité de plus en plus inexistante à mon humble avis, du moins pour le moment. Arrivés au-dessus des plages, demi-tour en bon ordre : On repart en sens inverse des fois qu’ « ils » arriveraient enfin, mais nous ne rencontrons que les copains qui nous suivaient à distance.
Revenus sur Abbeville, nous restons à distance de la Flak en altitude. La visibilité est suffisante pour voir une activité sur le terrain, mais rien ne se passe. D’un autre côté, s’il n’y a que quelques avions, voir évoluer une trentaine de chasseurs au-dessus de sa tête n’est pas fait pour inciter à la bagarre… Pendant que les deux autres groupes vont cercler vers St-Omer, nous faisons de même quelque temps au large de la cité, puis cap retour sur Biggin Hill, sans avoir tiré une seule cartouche. Chou blanc lors d’une journée comme celle-ci, c’est rageant !
Au sol, on part siroter un café pendant que les mécanos font les pleins, car il est prévu de recommencer. J’interpelle Biggles pour lui demander si en cas de récidive dans l’absence d’action, il n’y a pas moyen d’aller chercher les Boches plus loin, vers Lille, par exemple ? Il hausse les épaules, ça n’est pas programmé, mais il va quand même s’en entretenir avec le Group Captain car lui aussi n’est guère enchanté de tourner en rond.

08h50 – Nouveau circuit, identique au premier, à ceci près que nous restons en altitude, pas la peine de se faire cueillir par une Flak toujours présente en passant encore en rase-mottes sur les terrains d’Abbeville et Saint-Omer.
Les plages commencent à grouiller de monde, mais rien pour nous, même en faisant un petit détour par Caen-Carpiquet, autorisé par le contrôle. C’est désespérant de rester ainsi, alors que ça se bat en bas. Comme Abbeville et Saint-Omer sont tout aussi calmes au retour, le contrôle nous autorise à piquer sur Lille, pour voir s’il s’y passe quelque chose. J’ai un peu d’émotion à voir au loin les toits de ma ville natale, tout en me disant que j’y serais certainement bientôt !
Vendeville-Flugplatz est au sud/sud ouest de la ville, secteur par lequel nous arrivons de la côte picarde. La Flak nous y accueille ardemment, mais nous n’y détectons pas vraiment de trafic. On distingue bien des ombres dans les alvéoles dispersées aux quatre coins du terrain, mais sont-ce des vrais ou des leurres en bois ? Il semblerait y avoir un peu d’animation autour, ce qui laisserait pencher pour la première hypothèse, mais aller straffer dans ces conditions, pas la peine. Le pire, c’est que dans le cas où ce sont vraiment des Focke en chauffe, ils vont probablement attendre notre départ pour décoller et foncer vers les plages. Biggles doit penser la même chose, car il nous fait rebrousser chemin vers Abbeville, en restant à distance et en cerclant.
Peine perdue, et dès que nos réservoirs commencent à indiquer niveau bas, nous rentrons sur l’Angleterre. Pour nous, la journée est finie, le relais va être pris par le Wing de Tangmere. On ne peut pas dire que c’est la joie, et nous passons notre rage sur les défenses côtières prises par derrière, ou les quelques véhicules vert-de-gris qui ont le malheur de circuler ! Mais ça ne nous calme guère.
La frustration nous énerve, et le G/Co (baptisé « Lézard » par Pop) a beau nous expliquer que dès demain, nous aurons sûrement du boulot car les Huns ne vont pas rester les bras croisés, la pilule a du mal à passer : Être sur la brèche le jour du débarquement sur les côtes normandes et ne rien avoir fait, c’est dur à admettre.
Comble de malheur, on apprend dans la soirée que le Dakota de Williame et Demozay s’est crashé dans les environs de Saint-Etienne. L’information est venue des forces belges qui occupent le coin, en précisant qu’il n’y a pas de survivants, et que l’avion semble avoir été abattu. Par qui ? On ne le saura pas tout de suite…
C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, et plusieurs craquent. J’ai du mal à tenir, moi aussi, au souvenir du capitaine qui m’avait si bien poussé… Pour couronner la soirée, Biggles vient nous voir, Pop et moi, pour nous dire que nous devons rentrer en Corse. Il a reçu un télex de Marseille pour la demande, approuvée par le QGO puisqu’il n’y a plus lieu de nous tenir au secret.
Juste au moment où la bagarre va commencer ! J’enrage, mais que faire à part suivre les ordres… Entre déceptions et la nouvelle de notre départ, le mess vit une soirée endiablée, où les tournées se succèdent ! Faut dire que les gars du 666 sont venus renforcer les équipes. Je me demande comment ils vont faire demain matin à l’aube, déjà que pour nous ce sera dur.

9 mai, Solenzara – Nous atterrissons à la nuit tombante. Un peu tard, mais il est vrai que nous avons fait deux escales, une technique à Orange Plan de Dieu, qui était prévue pour ravitaillement, mais aussi une autre auparavant à Bouthéon, le camp d’aviation de Saint-Etienne, pour essayer de glaner quelques informations sur le DC-3. Peine perdue, les officiers belges de liaison n’en savent guère plus. Tout au plus apprenons-nous qu’il ne reste pas grand-chose de l’appareil, qui a percuté la montagne.
A Orange, pendant que l’on ravitaille les avions (et les pilotes), nous apprenons que les gars du II/4 vont partir chercher de nouveaux avions à Casa, d’où ils iront à Meknès pour formation. Puis nous repartons traverser la Mare vers la Corse.
Bon accueil des collègues du GEO et du CEV, mais le cœur n’y est pas pour moi. Qui plus est, reprendre des vols d’essai alors que la bataille commence au nord ne m’enchante guère. Bref, j’ai le moral dans les godasses, et elles sont en plomb ! Mathis, qui est officiellement devenu le patron du CEV, donc le nôtre, et Rozanoff s’en aperçoivent et font tout dans la soirée pour chasser le démon noir, sans trop de succès.

10 mai, Solenzara – Je vais rendre mon rapport à Kostia. Dix pages sur le fonctionnement du D.557 à Orange et en Angleterre, heureusement je l’avais entamé lors des longues journées oisives en Albion ! Derrière son bureau tout neuf, le colon a un sourire mi-figue mi-raisin. Sans même jeter un œil sur mes écrits (on a bien eu le temps d’en parler la veille), il me dit que Mathis a téléphoné à Astier de la Vigerie à Marseille.
- Et alors ?
- Astier et Laurens sont d’accord pour que tu prennes le commandement du II/4.

Ma mine ne s’emplit guère de sourire.
- Mais… Ils partent en formation à Meknès, d’après ce que j’ai compris.
- Oui. Parce qu’ils récupèrent des Bloch 159 à Casablanca, et comme tu connais bien l’avion, quoi de plus normal que de te confier les gars ? Avec toi, ils apprendront plus vite, d’ailleurs tu n’as même pas un mois pour la formation, Laurens a besoin du groupe au front, et avec son chef.
- Aaah… Là, ça change la donne ! Par contre…
- Quoi ?
- Je n’ai quasiment jamais véritablement commandé…
- Bah, ça ira, tu as pour toi les connaissances et le palmarès, tu n’auras pas de mal à te faire obéir.
- Faut espérer.
- Sinon, tu peux aussi faire à Meknès le stage d’officier que tu n’as jamais effectué…
- Oui, bon, ça ira, tu as raison…

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Dernière édition par Etienne le Lun Fév 10, 2020 18:37; édité 1 fois
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