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Un rapport pour monsieur le diplomate.
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Wardog1



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MessagePosté le: Dim Juin 23, 2019 16:32    Sujet du message: Répondre en citant

La guerre des malouines a la sauce du capitaine est mon récit favoris, c'est le midway des argentins(dans le role des japonais!)
_________________
Ne soyez pas trop sévère avec vos enfants, car c'est un peu de votre faute s'ils son c**

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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Mar Juin 25, 2019 14:47    Sujet du message: Répondre en citant

V. Affirmation et prise de conscience d'une communauté (1980-1984).
..1). L'acte unique européen, la grande mise à jour institutionnelle.

Le début de l'année 1980 fut assez calme avec le 12 Mars 1980, l'adoption du nouveau règlement du Parlement européen, qui devait lui permettre d'améliorer son fonctionnement interne, ainsi que mieux prendre en compte son avis et ses amendement. Suivi les 23 et 24 Mars par le sommet européen de Maastricht, ou les membres de la CEE discutèrent des perspectives économiques et sociales de l'Union, ainsi que le 30 Mars par le changement de nombres de la Cour de Justice Européenne qui compterait désormais 12 juges et 6 avocats généraux (1). La date marquante fut celle du 8 Mai 1980, ou lors du sommet européen de Fontainebleau, les membres de la CEE décidèrent de résoudre les problèmes budgétaires européens et les objections du gouvernement britanniques relative à un approfondissement de la Construction européenne. Les commissaires européens Jacques Delors et Francis Cockfield furent chargés de mettre au point un livre blanc permettant d'achever la mise en place du marché intérieur de la CEE et d'améliorer l'intégration économique européenne. Comme souvent, il y eu des négociations/discussions en coulisse entre états membres qui donnèrent des résultats parallèles au bout de quelques mois, et le 7 Novembre, au sommet européen d'Oslo eut lieu la présentation d'un projet Franco-allemand " d'acte européen" visant à améliorer le fonctionnement des instituions de la CEE. Le projet ne convainquit pas (2) mais le débat sur le sujet était relancé. Il trouva un terme provisoire le 5 Juin 1981 lorsque le Livre blanc Delors-Cockfield fut présenté au membres de la CEE lors du sommet de Milan. Il comportait plus de trois-cent mesures visant à approfondir l'intégration économique de la CEE et prévoyait une révision des traités européens existants. Seul contre tous ou presque, la Grande-Bretagne de Margaret Tatcher refusa l'idée d'une révision (3). La France et la RFA proposèrent alors un projet de coopération politique extérieure européenne qui rencontra un accueil mitigé.
Avant cela, une brève crise politique avait secoué l'Europe le 6 Janvier, car bien qu'arrivé au terme de son mandat de cinq ans, Roy Jenkins ne fut pas reconduit dans ses fonctions de président de la Commission européenne. En effet, bien que la majorité des membres de la CEE estimaient que Jenkins avait bien servi l'Union Européenne et méritait un second mandat, la Grande-Bretagne le refusa. Pour la Première ministre Tatcher, bien que Roy Jenkins soit britannique, il était beaucoup trop europhile à son gout (4). Après des semaines de négociations difficiles, ce fut finalement le Luxembourgeois Gaston Thorn, ancien premier ministre de son pays, qui fut choisi pour le remplacer et devint le nouveau président de la commission. Le 25 Mars eut lieu le 25ème Anniversaire de la Signature des Traités de Rome, célébrations qui contribua à améliorer l'ambiance et a ramener une peu de calme chez les leaders européens. Le calme fut toutefois de courte durée, car le 5 Juin le Livre blanc Delors-Cockfield fut présenté aux membres de la CEE lors du sommet de Milan. Il comportait plus de trois-cent mesures visant à approfondir l'intégration économico-politique de la CEE et prévoyait une révision des traités européens existants. Seul contre tous ou presque, la Grande-Bretagne de Margaret Tatcher refusa l'idée d'une révision. La France et la RFA proposèrent un projet de coopération politique extérieure européenne qui rencontra un accueil mitigé, notamment chez les Danois, les Norvégiens et la Grèce. Désireux de na pas laisser les choses trainer en longueur, les partisans d'une réforme institutionnelle liguèrent leurs forces et le 18 Aout lors du sommet d'Oxford, la majorité des membres de la CEE avalisèrent le livre blanc Delors-Cockfield et décidèrent de convoquer une conférence inter-gouvernemental pour mettre en forme les propositions du livre. La Grande-Bretagne, le Danemark, la Grèce et la Norvège protestèrent contre le recours à cette méthode, mais ils ne furent pas assez nombreux pour bloquer le processus. Le 10 Octobre débuta la conférence inter-gouvernementale visant à mettre en forme les propositions issues du livre Blanc européen. Tous les états membres y travaillèrent, même ceux qui étaient initialement hostiles au procédé car il n'était dans l'intérêt de personne que la situation reste bloquée. La Conférence Inter-Gouvernementale dura jusqu'au 24 Décembre, date à laquelle elle acheva ses travaux sous la forme d'un Acte Unique Européen faisant la compilation des modifications a apporter aux Traités existants et des nouveautés à y inclure. Au cours de l'année qui suivit aurait lieu la ratification de l'Acte Unique par tous les états de la CEE, le plus souvent par voie parlementaire (5). Forte de ce succès, la commission européenne tenta de mettre à profit la situation pour avancer sur d'autres dossiers et le 7 Février 1982, La Commission européenne transmit au Conseil européen un Livre Vert rassemblant un ensemble de propositions destinés à être discutés en vue d'élaborer une politique de financement pour le futur de la CEE. Le 1er Juillet, les états membres intéressés par une réforme de la CED (France, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg) déposèrent auprès du Haut-Commissariat un projet de reforme des institutions communautaires. Mais la Grande-Bretagne, hostile à tout changement, refusa de l'avaliser et se retrouva isolé, car les autres états ayant soutenus sa démarche précédemment avaient changés d'avis.
Le 1er Janvier 1983 entrait en vigueur l'Acte Unique Européen. Trop audacieux pour les uns, pas assez pour les autres, il était surtout le résultat d'un compromis, comme très souvent avec les institutions Européennes. Il incluait tout d'abord une mise à jour institutionnelle de la CEE, à travers la codification de plusieurs éléments pratiques et opérationnels de facto tel que le Conseil Européen, le nom du Parlement, le système de vote du conseil, le système des tribunaux de la Cour de Justice européenne, les prérogatives du parlement, le rôle de la Commission. L'acte unique incluait aussi la vision d'un espace européen sans frontières et un marché unique, mais également une coopération politique européenne. On y trouvait la création d'un Espace Social Européen à travers la réforme des fonds structurels européens (Fond Social Européen-FSE, Fond Européen de Développement Régional-FEDER, Fond Européen d'Orientation et de Garantie Agricole-FEOGA, Fond Européen de Soutien Industriel-FESI). Enfin, il y avait la possibilité pour les états qui le souhaitaient de mener des projets communs ou des politiques renforcés. Un mois et demi plus tard, le 17 Février lors du sommet de Hambourg, les états de la CEE firent le point sur l'Acte Unique Européen. Fixant eux-mêmes la mise en place d'un grand marché commun pour 1988, cela poussait les états à proclamer et mettre en place les Quatre Libertés fondamentales nécessaires à sa création. Il s'agissait (6) de la Libre circulation des biens, des personnes, des capitaux et des idées. De même était institué une procédure pour l'harmonisation de la législation nécessaire à l'établissement d'un marché commun, à la majorité qualifié en l'occurrence, y compris pour les questions fiscales et sociales. Cela irritait fortement la Grande-Bretagne et plusieurs autres états européens qui y voyaient une atteinte à leur souveraineté, mais la France et la RFA étaient restés fermes sur les aspects sociaux et fiscaux. Pour ces deux pays, accepter le principe d'un traitement différencié serait encourager la concurrence entre états et compromettre la bonne santé économique des plus vulnérables d'entre eux. Le résultat est que les treize signent tous l'Acte Unique Européen qui modifiait le Traité de Rome de 1956 et ouvrait la voie à la création du marché unique.
Quelques mois plus tard les dirigeants européens eurent droit à une bonne nouvelle, car le 9 Juin 1983 lors des élections générales britanniques, le premier ministre sortant Margaret Tatcher fut battu par le candidat du parti travailliste, Michael Foot. Le chef du parti conservateur payait ainsi le prix de sa grande impopularité auprès du public, qui ne lui pardonnait pas ses réformes sociales et économiques très dures et la brutalité dans sa façon de gouverner. C'était un soulagement pour les britanniques mais aussi pour les alliés européens de la Grande-Bretagne, lesquels avaient assez mal supportés l'attitude de leur collègue. Le vainqueur ne disposant toutefois pas d'assez de sièges au parlement pour gouverner seul, il fut obligé de s'allier aux Démocrates-Libéraux de David Steel pour former un gouvernement. Michael Foot devint ainsi le 69ème premier ministre du Royaume-Uni. La chute de la "Dame de fer" (7)permit ainsi les 25 et 26 Juillet d'organiser le Sommet européen d'Athènes et d'acter la fin de la période de crise engendré par l'arrivé au pouvoir en 1979 à Londres de Margaret Tatcher, euroseptique notoire et hostile à l'approfondissement de la construction européenne.
Après la guerre des Malouines, la fin de l'année 1983 devait être très calme en comparaison avec le tumulte militaire de l'été et le 8 Décembre eut lieu un épisode d'activité diplomatique. Il eut lieu la signature à Lomé, capitale du Togo, de la Convention dite de Lomé III entre la CEE et les pays ACP ( 8 ). Le texte concernait une soixante-dizaine de pays, et en plus de reprendre le contenu des précédents accords, il instituait un protocole sur le sucre. Celui-ci prévoyait qu'une quantité de 1300000 tonnes de sucre produit dans les pays ACP, aux tarifs ACP, serait importé et vendue en Europe aux prix européens. Et ce tout les ans jusqu'à annulation de cette clause spécifique dans tout nouvel accord. Lomé III devait être très profitable aux pays signataires, et faciliter le décollage économique de la Guyane, des Fidji et de l'Ile Maurice. Et l'année suivante, du 14 au 17 Juin 1984eurent lieu pendant quatre jours ont les troisièmes élections européennes et simultanément les secondes élections communautaires, avec des taux de participation qui atteignent des niveaux records avec une moyenne globale de près de 80% des inscrits ayants participés.



(1) Suite à une décision du Conseil Européen destiné à tenir compte du surcroit d'activité du aux élargissements.
(2) Essentiellement parce que les autres participants craignaient d'avoir faire à un texte franco-allemand "sur mesure" qui leur soit trop défavorable.
(3) Pour la "Dame de fer", la CEE avait une vocation essentiellement économico-commerciale et tout approfondissement de ses structures politiques était dangereux pour le Royaume-Uni.
(4) Jenkins se vengeât lors des législatives suivantes en créant son propre parti, dont la présence dans le jeu politique contribua fortement à la défaite des Conservateurs de 1983.
(5) L'idée de consulter les peuples européens pour la ratification ne fut même pas mentionnée.
(6) Et est toujours, deux générations plus tard!
(7) Surnom donné par le journal officiel de l'armée rouge en 1976 en raison de son anticommunisme virulent.
( 8 ) Pour Afrique, Caraïbes et Pacifique.
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Dernière édition par Capitaine caverne le Mar Oct 08, 2019 14:31; édité 1 fois
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Mar Juil 09, 2019 14:37    Sujet du message: Répondre en citant

..2). La CED devient un acteur politique majeur grâce au dossier israélien.Au début des années 1980, la Communauté Européenne de Défense était devenu un acteur à part entière du jeu politique international, mais son poids réel et son degré d'autonomie restait sujet à débat. Officiellement subordonné à l'OTAN, et donc quelque part soumis au bon vouloir des USA, les européens reconstituaient lentement leur indépendance stratégique. Un dossier allait néanmoins prouver au monde entier que l'organisation avait des intérêts propres et qu'elle pouvait les défendre en totale indépendance, celui de la question Israélo-arabe. Le 7 Janvier 1980, après plusieurs mois de dialogues au plus haut niveau le Haut-Commissaire de la CED Piet De Jong réussissait à obtenir le plein soutien des états-membres dans son initiative pour essayer de ramener la paix au Proche-Orient. Annoncé le soir même par un communiqué officiel des services du Haut-commissariat, la nouvelle fit l'effet d'une bombe car personne ne s'attendait à une initiative aussi spectaculaire, et elle laissait sceptiques beaucoup de spécialistes du dossier quand aux chances de réussite (1).
Le 28 Janvier, le Haut-Commissaire De Jong s'envola donc à bord de son avion de fonction (2), à destination du premier des états qu'il compte visiter, l'Egypte. Il comptait y rencontrer le président Anouar-El-Sadate afin de sonder ses intentions quand au processus de paix au Moyen-Orient. Ce n'était que le premier de nombreux voyages destinés à lui permettre d'avoir une vision globale de la question et d'évaluer les chances de succès des négociations qui s'annonçaient entre Israël et l'Egypte. Il lui fallut plus d'un an pour faire tous ses voyages, et le seul évènement notable dans la CED durant cette période eut lieu le 1er Septembre 1980. A l'occassion des 25 ans des Forces Armées Communautaires, un grand défilé militaire eut lieu à Londres sur les bords de la Tamise en présence de l'ensemble des chefs d'états et de gouvernement des états membres de la CED. Etaient également présents les ministres des affaires étrangères et de la défense, et bien sur le Haut-Commissaire De Jong avec ses commissaires. Les ambassadeurs des pays ayant une représentation auprès de la CED furent également de la partie, avec une primauté d'honneur à la Chine (3). Les militaires n'avaient pas été oubliés et l'ensemble des commandants en chefs étaient présents avec leurs chefs d'états-majors. L'organisation de ce défilé avait été difficile pour le Haut-commissaire qui avait du lutter contre le fait que les grandes parades militaires étaient passés de mode dans le monde occidental, hormis en france. Il s'agissait pourtant de bien plus que d'une parade. Il s'agissait de donner une réelle visibilité aux forces de la CED, qui souffraient de longues date d'un déficit de réconnaissance et de notoriété vis à vis du public. Et avec les gouvernements de la Communauté, il s'agissait de raffermir les liens entre états et institutions, mais aussi dans la mesure du possible de faire une impréssion aussi forte que possible sur les puissances extérieures. Après le défilé, le Haut-commissaire De Jong se déclara satisfait car l'opération fut un triomphe. C'était un grand succès populaire, les londoniens s'étant déplacés en masse pour assister au défilé, mais les touristes de passage avaient aussi profité de l'évènement dont certains venus du continent rien que pour l'occasion. Après discussion avec les chefs d'états et de gouvernement, il obtint que le défilé commémoratif devienne un évènement régulier, au moins une fois tous les cinq ans, afin que la CED et ses forces armés se rapellent régulièrement aux bon souvenir des européens.
Le 4 Mars 1981, après plus d'un an de rencontres bilatérales avec des personnalités politiques du moyen-orient, le Haut-commissaire De Jong faisait son rapport aux états-membres de la CED. Le résultat était plus que mitigé, car si l'Egypte et Israël étaient très déterminés à voir leur dialogue aboutir, ce qui ne surprit personne, ce n'était pas le cas des autres états de la région et de leurs chefs. Les pays du Maghreb ne sentaient pas vraiment concernés par la question et craignent la réaction de leurs opinions publiques. Les pays du Machrek étaient hostiles car ils craignent pour l'unité du camp arabe et la stabilité de leur vie politique intérieure. Il y avait deux exceptions toutefois parmi ces pays. La Jordanie avait semblé intéressé par des négociations mais la peur d'une mise au ban par les autres états arabes et la crainte de troubles au sein de l'encombrante majorité palestinienne ont poussé le Roi Hussein a renoncer a tendre la main à Israël. La Syrie s'était montré particulièrement hostile à toute négociation, au moins autant par sentiment d'humiliation après deux défaites militaires consécutives que par refus d'admettre sa faiblesse vis à vis de son ennemi. Quand à la question palestinienne, si Yasser Arafat était emballé par l'idée de négociations (4), le premier ministre Bégin était défavorable à un dialogue avec l'OLP.
Pour De Jong, un dialogue multilatéral entre états arabes, palestiniens et Israéliens est hors de porté que ce soit à cour ou moyen terme. La seule possibilité se situe entre Israël et l'Egypte d'une part, et entre Israël et l'OLP d'autre part. Si le premier cas est relativement simple, les deux états étant déjà en train de dialoguer, le second était plus difficile car il impliquait de convaincre, voir de forcer la main aux israéliens pour qu'ils acceptent de négocier. Si les états entérinèrent le rapport, ils étaient moins enchantés par la perspective de s'impliquer de manière intensive dans le règlement du processus de paix, question redoutable s'il en était. De fait aucune décision ne fut prise à ce moment, mais le dialogue entre le haut-commissaire et les chef d'états et de gouvernement commençait pour arriver à des mesures concrètes à court et moyen terme.
Le 5 Mai, après deux mois difficiles, De Jong avait obtenu des membres de la CED de pouvoir proposer à l'Egypte et Israël d'organiser une rencontre entre négociateurs des deux camps dans un endroit isolé, à l'abri des regards ou des oreilles indiscrètes, afin de permettre de discuter des termes d'un accord de paix entre leurs deux pays. Il avait également obtenu de pouvoir faire pression sur la délégation israélienne pour qu'ils acceptent de négocier avec les palestiniens. Et après plusieurs semaines de négociations, ou De Jong avait proposé avec succès la CED comme intermédiaire neutre, le gouvernement Egyptien et le gouvernement Israélien acceptèrent le 7 Juillet de se rencontrer dans un lieu secret et anonyme afin de négocier les termes d'un accord de paix entre les deux pays. Les deux états furent alors informés que le lieu sélectionné pour les négociations se trouvait à l'extérieur de Londres, à plus d'une heure de route du siège de la CED, mais qu'il était parfaitement équipé pour abriter les délégations de deux camps et que l'isolement combiné à la discrétion des lieux garantirait la sérénité des débats. Le 5 Septembre 1981 eut enfin lieu l'évènement tant espéré. Arrivé discrètement la veille en avion, les délégations égyptiennes et israéliennes, menés par le Président Sadate et le Premier Ministre Begin, quittèrent Londres de bon matin dans d'anonymes véhicules officiels britanniques et se dirigèrent vers le nord. Après avoir traversés le Buckinghamshire dans toute sa longueur, elles atteignirent la petite ville de Milton Keynes pour entrer sur ce qui s'appelle officiellement "Le Domaine de chasse du Capitaine Ridley". Ceci ne dit absolument rien aux membres des délégations qui ne se doutaient pas d'où elles se trouvent. A leur descente de voiture, elles sont accueillient par le Haut-Commissaire De Jong qui les informent qu'elles se trouvent au Domaine de Bletchley Park, qui se trouvait être le centre nerveux des services de renseignement alliés pendant la seconde guerre mondiale et le principal site de décryptage des alliés. A titre personnel, Sadate fut informé que c'est ici que se trouvait Winston Churchill lorsqu'il décida de l'envoyer croupir dans un village perdu de l'ouest égyptien du nom d'El-Alamein. Suivirent une visite guidé du lieu et l'installation des délégations dans des baraquements datant de la guerre. A ceux qui remarquèrent que des travaux étaient en cour et le site animé, De Jong répondit que l'endroit abritait pour quelques temps encore le service de renseignement électronique de sa majesté qui était en cour de déménagement (5). Et qu'on se trouvait présentement au siège des services de renseignements militaires de la CED. Le secret étant la règle de base du lieu, il n'y a rien à craindre à propos de possibles indiscrétions. Pour ce qui était de l'inconfort du logement, c'est une chose volontaire. Comme pour l'élection du pape, le Haut-commissariat estimait que des conditions de vies un peu rudes garantissaient que les débats ne traineraient pas en longueur.
Dès le jour suivant le 6 Septembre, débutèrent les négociations entre les délégations égyptiennes et israéliennes à Bletchley Park. Chacune était arrivé avec ses propres revendications et un solide argumentaire pour les défendre. Le Haut-Commissaire De Jong fut obligé de faire la navette entre les bâtiments car Sadate et Begin refusaient de se parler en face à face. Il en profita pour les informer qu'ils étaient séquestrés de manière officiellement officieuse par la CED et qu'ils ne seraient autorisés à partir que lorsqu'ils auraient signés un accord. Le 15 Septembre, les négociations en cour à Bletchley Park étaient dans l'impasse car elles achoppaient sur la question du retrait des colonies israéliennes du Sinaï et du sort des territoires palestiniens occupés. Afin de faire pression sur Begin, De Jong décida de soutenir les revendications de Sadate sur le Sinaï et les territoires palestiniens. Si Sadate fut satisfait, Begin était furieux et menaça de quitter les lieux mais on lui rappela qu'il était prisonnier et qu'il ne partirait que si des accords mutuellement satisfaisant sont signés entre Israël et l'Egypte (6). Après plusieurs jours de fortes tensions, Begin plia le 18 Septembre et accepta de discuter des colonies du Sinaï et du statut des territoires palestiniens occupés. Le Haut-Commissaire avait finit par le convaincre qu'il devait accepter le dialogue sur ces deux point très litigieux car il lui fit remarquer qu'il avait fallut 34 ans pour qu'Israël et l'Egypte trouvent le moyen de négocier un accord de paix entre eux. Et que la question palestinienne étant pendante depuis une douzaine d'années, il risquait de devoir attendre jusqu'à après l'an 2000 pour assister à un règlement politique si des délais similaires devaient s'imposer. Le 23 Septembre 1981, après 19 jours de négociations très difficiles, Anouar-El-Sadate et Ménahem Begin signèrent des accords de paix pour une paix au proche orient. Les accords étaient en deux parties.
La première incluait trois éléments distincts; la reconnaissance d'une autonomie transitoire des territoires palestiniens conformément à la résolution onusienne 242 et l'engagement d'ouvrir des négociations avec l'OLP dans un délai maximal d'un an, mais aussi la reconnaissance mutuelle des deux états et la réouverture de relations diplomatiques normales entre Israël et l'Egypte, ainsi que l'énumération des principes devant régir à l'avenir les rapports entre Israël et les autres pays arabes. La seconde partie concernait la signature d'un Traité de paix officiel entre les deux états dans un délai de 6 mois. L'ensemble était accompagné de lettres de compréhension mutuelle européennes, égyptiennes et israéliennes. Les deux délégations repartirent finalement satisfaites, mais avec la nette impression qu'elles étaient tombés dans une embuscade et qu'on leur avait forcé la main pour signer.
Six mois plus tard, le 29 Mars 1982, est signé à Londres au siège de la CED le Traité de Paix Israélo-égyptien. Jusqu'au bout, les autres états arabes auront fait pression sur l'Egypte pour qu'elle ne signe pas, multipliant visites officielles et manifestations de rues organisés. Sadate s'était néanmoins montré inflexible dans sa volonté de faire la paix avec son voisin et ancien ennemi. Les principaux éléments du Traité étaient la reconnaissance mutuelle des deux états, la fin de l'état de guerre entre eux, le retrait de Tsahal de la péninsule du Sinaï et le démantèlement des colonies israéliennes (7). Si le monde arabe cria à la trahison, le restant de la planète fut soulagé de voire la situation s'améliorer un peu au Moyen-Orient. Trois jours plus tard, le 1er Avril , le Premier ministre Begin fit un discours devant le parlement Israélien une fois rentré à Tel-Aviv. Régulièrement applaudis tout au long de son discours, il créa la stupeur à la fin lorsqu'il parla du fait qu'il avait décidé d'essayer de négocier une paix avec l'OLP et son leader Yasser Arafat, afin d'en finir avec un conflit qui ne trouvait aucune solution militaire et risquait de s'enliser pendant des décennies si rien n'était fait. Repris dans la presse, son appel à des négociations de paix directe avec les palestiniens déclencha la colère des plus radicaux du paysage politique de son pays et saisit de stupeur le monde arabe qui ne s'y attendait pas du tout. L'OLP fut troublé et ses rangs se divisèrent sur l'opportunité ou non d'accepter l'offre de Begin. Le 3 Juin, après deux mois de dialogue interne tendus, Yasser Arafat avait réussit à convaincre l'OLP de saisir une opportunité historique de négocier un accord avec leur adversaire israélien. C'était une chance qu'ils se devaient de saisir à deux mains car elle risquait de ne pas se représenter de si tôt. Communiqué dans toute la presse de Beyrouth, ou se trouvait le siège de l'OLP, la décision des palestiniens d'accepter l'offre de négociations fut connue dans la journée dans le reste du monde, et d'autant plus vite que pour créer un minimum de confiance entre eux, l'OLP avait décidé de suspendre de manière illimité toutes les attaques anti-israéliennes prévues ou en cours. Il ne fallut que quelques jours, et la date du 6 Juin pour que Menahem Begin répondit favorablement à la déclaration d'Arafat dans les médias israéliens et lui propose de manière impromptue une rencontre en tête à tête dans une ville neutre du choix d'Arafat, afin de briser la glace et d'entamer un premier dialogue.
Trois jours plus tard, le 6 Juin, Menahem Begin répondit favorablement dans les médias israéliens à la déclaration de Yasser Arafat et lui proposa de manière impromptue une rencontre en tête à tête dans une ville neutre du choix d'Arafat, afin de briser la glace et d'entamer un premier dialogue. Le résultat fut qu'à la fin du mois, du 27 au 29 Juin, eut lieu la rencontre entre Yasser Arafat et Menahem Begin à Nicosie, capitale de Chypre. Etonnamment cordiale étant donné la gravité du différent qui les séparaient, les discussions qui eurent lieu permettant aux deux hommes de se connaitre au delà des articles de presse et des rapports des services de renseignement, ainsi que de mieux exprimer les revendications de leurs peuples respectifs. Ils décidèrent finalement de se rencontrer dès que possible pour mener de vraies négociations. Il fallut au total presque 9 mois pour discuter des conditions de la négociations et mettre au point les éléments techniques de celle-ci. Elles s'ouvrirent le 15 Mars 1983 au Royaume-Uni. Arrivés la veille dans des avions de transport de la CED ( 8 ), les délégations Israéliennes et Palestiniennes arrivèrent par hélicoptère à Bletchley Park, la révélation de l'existence du lieu ayant entrainé la formation d'attroupements de curieux et de journalistes au point d'accès du domaine. Après avoir été accueilli par le Haut-Commissaire De Jong et bénéficié de la visite rituelle des lieux, les délégations s'installent dans les baraquements et sont informés de leur séquestration jusqu'à conclusion d'un accord. Yasser Arafat et les membres de l'OLP expriment leur colère tandis que les Israéliens furent amusés par la situation. Arafat regretta ouvertement d'avoir insisté pour que les négociations entre son organisation et Israël aient lieu dans les mêmes conditions que celles avec l'Egypte (9). Begin le calma en lui disant qu'il devait mieux comprendre maintenant pourquoi il souhaitait initialement tant se rendre dans un endroit confortable et ouvert hors d'Europe pour leur rencontre diplomatique.





(1) L'incroyable autonomie laissé à De Jong était aussi un moyen pour ses maitres politiques de pouvoir se déjuger en cas d'échec de sa part.
(2) Un Airbus A-300 surnommé "le bureau volant" en raison du temps passé par De Jong à son bord.
(3) Primauté sur l'ensemble du corps diplomatique due au fait que la République de Chine avait été la première à reconnaitre la CED comme acteur politique à part entière.
(4) La position d'Arafat n'était partagé que par une minorité des membres dirigeants de l'OLP, les autres étant indécis ou hostiles.
(5) Le déménagement ne devint définitif qu'en 1986, lorsque le GCHQ s'installa dans le bâtiment surnommé "Le Donut" du fait de sa forme.
(6) Ce n'est qu'a ce moment là que les délégations comprirent que la déclaration du 6 n'était pas une plaisanterie comme elles l'avaient crus au départ.
(7) Entièrement à la charge de Tel-Aviv évidemment.
( 8 ) Pour garantir la sécurité de tous de manière équitable pendant le transport jusqu'aux iles britanniques.
(9) Bégin s'étant bien gardé de dire ou faire dire à Arafat ce qu'il l'attendait pour essayer de placer sa délégation en position avantageuse.
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MessagePosté le: Mar Juil 23, 2019 14:22    Sujet du message: Répondre en citant

..2). La CED devient un acteur politique majeur grâce au dossier israélien (la suite).
Le 24 Mars 1983, après neuf jours de négociations entre Israéliens et Palestiniens, un grave blocage se produisit sur la question du droit au retour des réfugiés. Pour l'OLP, c'était un élément central de leur programme politique qui contrairement à d'autres (Frontières, territoires, prisonniers,...) ne pouvait faire l'objet d'un compromis. Pour les Israéliens et le premier ministre Begin, c'était inacceptable car cela reviendrait De Facto à la mort d'Israël par la perte de la majorité par la part juive de la population. Le jour suivant, le 25 Mars, De Jong comprenant que les négociations risquaient d'échouer décida de proposer aux deux parties un compromis. Les réfugiés palestiniens obtiendraient un droit au retour intégral sur les territoires qui relèveraient un jour du futur état palestinien si elles sont originaires de ces régions, tandis que les populations étant originaires des régions relevant de l'état israélien auront le choix entre rester dans les pays ou elles étaient installés (1) ou bien s'installer en territoire palestinien (2). Si la proposition de compromis satisfaisait les Israéliens, elle mit en colère les palestiniens qui se sentaient trahis et voulurent s'en aller. De Jong leur rappela toutefois qu'ils étaient retenus prisonniers et que les gardes armés présent tout autour étaient la pour les empêcher de partir avant d'avoir signé un accord. Le 26 Mars, près une nuit sans sommeil pour tout le monde, les palestiniens renoncèrent à partir et acceptèrent de continuer les négociations (3). Le Haut-commissaire De Jong ayant réussi à les convaincre qu'ils n'avaient aucune chance d'obtenir le retour de l'ensemble des refugiés sur l'ensemble des territoires dont ils étaient issus historiquement. Et que s'il voulaient obtenir un jour un véritable état, ils devaient accepter des compromis par rapport à l'aspect maximaliste de leurs revendications initiales. Le résultat de tous ces efforts fut que le 29 Mars 1983, après deux semaines tendues et ponctués d'éclats parfois violents, les chefs de délégations israéliennes et palestiniennes, Menahem Bégin et Yasser Arafat signèrent "L'Accord-Cadre Israélo-palestinien" qui devait servir de base à un futur Accord de paix définitif. L'accord comprenait plusieurs chapitres qui traitaient des différents éléments du contentieux (Tracé des frontières, statut des territoires, souveraineté sur Jérusalem, droit au retour des refugiés, libération des prisonniers palestiniens, colonies israéliennes, aide économique au développement,...). La question des modalités de ratification du futur accord de paix étaient repoussés à plus tard car aussi bien Arafat que Begin doutaient de pouvoir faire passer facilement un accord auprès de leurs propres peuples respectifs.
Ce qui devait s'avérer exact, car très vite des tensions apparurent chez les peuples des signataires et leurs gouvernants. Elles ne firent que s'accroitre jusqu'au point de rupture. Le premier choc eut lieu du coté israélien. Le 1er Novembre 1984 eut lieu la démission du premier ministre Israélien Menahem Begin, à la foi de son poste de premier ministre et de la présidence de son parti le Likoud. C'était le résultat de plus d'un an d'affrontements entre Begin et ses adversaires politiques. De fait, devant la réalité bien concrète d'un possible accord de paix permanent avec les palestiniens, la population israélienne et les membres de son parti avaient connu une évolution rapide. D'incrédules, ils étaient devenus progressivement défavorables puis hostiles. L'organisation du referendum censé ratifié les accords de paix du être constamment repoussé, car Begin se heurtait à une guérilla médiatique, judiciaire, parlementaire et partisane de plus en plus intense au fil des mois. Les manifestations de rues se multiplièrent, les colons jetant de l'huile sur le feu en menaçant de mort Begin, mais aussi tous ceux qui le soutiendrait (4). Epuisé, Begin venait de capituler. Le 8 Novembre, une semaine après la démission de Begin, Yasser Arafat chef de l'OLP en Général et du Fatah (son parti) en particulier déclarait renoncer lui-aussi au referendum, mais aussi à toute future négociation avec Israël. La très forte opposition à laquelle s'était heurté Begin était selon lui la preuve que les Israéliens ne voulaient pas d'une véritable paix avec les palestiniens, que toute négociations était inutile car il n'y avait pas de partenaire en face, mais seulement des obstacles. Il oubliait de préciser qu'il s'était lui-même heurté à une très forte opposition au sein de son mouvement et que seul la combinaison de son autoritarisme, de sa maitrise des finances internes de l 'OLP et de son prestige personnel lui avait évité d'être évincé du pouvoir au sein du mouvement palestinien. Et qu'il n'avait échappé qu'aux tentatives d'assassinats qu'en faisant jouer à fond toutes ses relations, contacts et autres faveurs qu'ont lui devait (5).
Toutefois, ce ne devait être que partie remise car le 14 Février 1985, eut lieu le décès de Yasser Arafat à Beyrouth à l'Age de 56 ans lors d'un attentat au véhicule piégé. Il revenait d'un voyage au Caire, siège de la ligue arabe, ou il s'était reconcilié avec ses soutiens politiques et bailleurs de fonds des états arabes. Sa voiture blindée fut pulvérisé par plus de deux tonnes d'explosifs (6) alors qu'elle circulait sur une route côtière à la sortie de l'aéroport. Plus d'une vingtaine de personnes (gardes, chauffeurs, passants, touristes) moururent en même temp et plus d'une centaine de personnes furent blessés. Il fut immédiatement remplacé à la tête de l'OLP par son second Khalil al-Wazir qui accusa ouvertement Israël d'avoir assassiné le leader palestinien (7). De fait, le défunt avait une liste d'ennemis extrêmement longue dont l'un des membres avait finalement réussi à le priver de sa chance légendaire. Israël, USA, France, Grande-Bretagne, états arabes, CED, factions palestiniennes radicales, milices libanaises, adversaires internes de l'OLP,.....Il y aura au final autant de théories expliquant la mort de Yasser Arafat que celui-ci comptait d'adversaires et l'attentat n'étant pas revendiqué, sa mort ne sera jamais vraiment expliqué ( 8 ). Un mois plus tard, le 14 Mars à Beyrouth, eurent lieu les funérailles officielles de Yasser Arafat donnant lieu à d'immenses manifestations populaires. En dépit de la contestation dont il faisait l'objet, l'homme était resté très populaire auprès du palestinien de la rue. Si au Liban même aucun débordement n'eut lieu, dans les territoires occupés de Cisjordanie et de la bande de Gaza, les manifestations organisés pour l'occasion tournèrent à l'émeute puis au soulèvement populaire. Des milliers d'hommes et de femmes, mais aussi d'adolescents et d'enfants, se mirent à attaquer tout ce qui représentait de près ou de loin à un symbole de l'occupation israélienne. Colons et colonies, policiers et poste de garde, soldats et patrouilles furent bombardés par un déluge de pierre et de cocktail molotov qui fit de nombreux blessés dans les rangs israéliens et plusieurs morts chez les palestiniens (9). C'était le début de ce que les médias internationaux appelleront rapidement l'Intifada, le terme employé par la presse arabe et qui signifie "guerre des pierres" en arabe. Les différents belligérants de ce conflit l'ignoraient à ce moment, mais il faudrait plusieurs années pour en voir le bout.

(1) Moyennant une indemnisation généreuse financé par les pétromonarchies arabes.
(2) Moyennant une indemnisation sensiblement plus modeste financé par les européens.
(3) De manière étonnante pour des gens notoirement très méfiants, les membres de la délégation avait crus au départ à une plaisanterie de la part de De Jong.
(4) Ce qui devait s'avérer exact et se solder par la mort du premier ministre Ytzhak Rabin une décennie plus tard.
(5) Ce qui ne devait marcher, hélas pour lui, qu'une seule fois.
(6) Dissimulés dans une camionnette japonaise garé sur le bord de la route et volé la veille au soir sur un parking près du port de Beyrouth.
(7) Israël répliqua en déclarant qu'Arafat avait bien assez d'ennemis au sein du mouvement palestinien pour que l'état hébreu ne se donne pas la peine de le tuer lui-même.
( 8 ) La thèse majoritaire actuelle est que l'attentat avait été fomenté au sein de l'OLP par une faction radicale, car pour atteindre un homme aussi prudent, il fallait être au courant de itinéraire et de son dispositif de sécurité.
(9) Dont le nombre ne fut jamais connu avec précision, les différentes parties impliqués déformant les chiffres des pertes infligés et subies pour se donner une image avantageuse.
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MessagePosté le: Dim Juil 28, 2019 15:56    Sujet du message: Répondre en citant

Le Capitaine informe ses fidèles lecteurs que suite à un petit incident domestique survenu hier matin, il est privé de ses lunettes et sa vue est réduite à sa myopie normale. Et comme sa dernière prescription est trop ancienne pour qu'il se rappelle ou elle peut bien se trouver, il va devoir trouver un ophtalmologue disponible qui veut bien le prendre en urgence. Et c'est seulement lorsque ce bon samaritain aura pondu une ordonnance qu'il pourra se faire fabriquer de nouvelles binocles (avec délai indéterminé). En attendant, il va devoir renoncer momentanément à son travail de rédaction car rédiger le nez collé sur l'écran est une vrai torture pour les yeux.

Et bonne lecture à tous!
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MessagePosté le: Dim Juil 28, 2019 16:17    Sujet du message: Répondre en citant

Si tu as encore l’ordonnance de ta dernière paire, vérifie sa validité. De mémoire en ophtalmologie je crois que c'est 3 ans pendant lesquels, justement pour prévenir les risques de casse, tu peux te refaire faire des loupes appropriées. Donc tu pourrais ne pas être contraint de repasser par un spécialiste.

Et regarde bien les détails de tes différentes assurances et de ta complémentaire, certaines couvrent jusqu'à un renouvellement annuel (comme ma mutuelle obligatoire au boulot).
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MessagePosté le: Lun Juil 29, 2019 13:18    Sujet du message: Répondre en citant

Imberator a écrit:
Si tu as encore l’ordonnance de ta dernière paire, vérifie sa validité. De mémoire en ophtalmologie je crois que c'est 3 ans pendant lesquels, justement pour prévenir les risques de casse, tu peux te refaire faire des loupes appropriées. Donc tu pourrais ne pas être contraint de repasser par un spécialiste.

Et regarde bien les détails de tes différentes assurances et de ta complémentaire, certaines couvrent jusqu'à un renouvellement annuel (comme ma mutuelle obligatoire au boulot).


Merci pour les infos, mais ma course aux lunettes du Week-end m'avais déjà appris la plus grande partie du contenu de ton message. Le problème est que la dernière ordonnance du Capitaine relative à sa vue (et à sa myopie), date de l'époque ou Alain Juppé était encore premier ministre. Et elle n'avais jamais été renouvelé depuis, d'où la nécessité pour moi de passer par mon médecin de famille, puis un ophtalmologue pour obtenir une prescription permettant de faire fabriquer de nouvelles lunettes.
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MessagePosté le: Dim Aoû 11, 2019 12:52    Sujet du message: Répondre en citant

Le Capitaine est heureux de vous informer qu'il depuis vendredi après-midi l'heureux propriétaire d'une nouvelle paire de lunettes. Après 48 heures d'ajustement à se sentir dans la peau de passe-partout à Fort-Boyard, sa vision est redevenu normale. Il pourrait reprendre son travail de rédaction, mais comme il rentre dans la dernière ligne droite pour son permis de conduite (épreuve Lundi prochain) il va se retenir et attendre encore une dizaine de jours pour faire fumer son clavier.

Et bonne lecture à tous!
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MessagePosté le: Dim Aoû 25, 2019 14:43    Sujet du message: Répondre en citant

..3). La guerre des malouines et le retour des européens dans le concert des grandes puissances.
Le 27 Juillet 1983, le Général Leopoldo Galtieri, chef de la Junte militaire argentine donna l'ordre d'envahir les iles Malouines. Ce territoire, dont la possession était contesté entre l'Argentine et la Grande-Bretagne depuis le 19ème siècle, était de fait contrôlé par Londres (1). La situation économique du pays étant de plus en plus mauvaise, le régime militaire décide de détourner l'attention de la population en réactivant ce vieux dossier (2). Les tentatives de négociations faites à l'époque ou Margaret Tatcher était premier ministre n'ayant rien donné, la junte avait décidé de préparer une action de force tout en attendant un changement à la tête du gouvernement britannique pour tenter de trouver une solution diplomatique. Mais le premier ministre Michael Foot, tout en se montrant plus ouvert sur les questions d'ordre diplomatiques, n'avait pas varié d'un iota la position traditionnelle de Londres par rapport aux Malouines. D'où la décision argentine d'envahir l'archipel donné ce jour-là. Trois jours plus tard, le 30 Juillet, l'activité militaire argentine atteint un tel niveau que le gouverneur des Malouines, Rex Hunt, décida de mettre en état de défense les iles.
Au bout de 48 heures, le 1er Aout, débuta l'Opération Rosario d'invasion des Malouines. La garnison britannique était de 40 hommes, momentanément renforcé par les 27 hommes des troupes de relève qui avaient été retenues sur place par le gouverneur Hunt. Les majors Mike Norman et Gary Noot, qui assuraient le commandement, pouvaient compter sur le renfort de 23 volontaires issus de la population locale. La force d'attaque argentine comptait huit navires (4 frégates, 1 sous-marin, un LST (3), un brise-glace et un cargo) et deux bataillons qui comptaient 904 hommes dont un dixième de commandos. L'ensemble était sous le commandement de l'amiral Jorge Anaya et d'Alfredo Astiz, deux éléments éminents de la dictature au pouvoir. A Londres, le gouvernement britannique fut saisi de stupeur. Certes, le surcroit d'activité argentine avait été détecté, mais rien d'évident ne semblait présager une invasion dans les règles. La communauté internationale se montra divisé quand à la réaction a adopter. Pour les états latino-américains, il s'agissait d'une lutte entre un état colonial et un état régional, mais la nature dictatoriale du régime au pouvoir en argentine faisait que peut de ses voisins souhaitaient soutenir l'argentine. Les alliés européens de la Grande-Bretagne étaient mal à l'aise car les Malouines étaient un territoire à la souveraineté contesté ce qui les poussaient à s'interroger sur l'opportunité d'intervenir ou non. Le pays le plus embarrassé de tous fut les USA, car les Etats-Unis étaient légalement alliés aux deux parties impliqués. Un statut de neutralité semblât sur le moment être le seul moyen de ne pas se fâcher avec les deux camps simultanément. Le jour suivant, le 2 Aout, le premier ministre britannique Michael Foot décida de privilégier dans un premier temp les négociations mais ordonna néanmoins à l'amirauté de préparer une force de contre-attaque le cas échéant. Londres prit contact avec Buenos Aires par l'intermédiaire de l'ambassade Suisse (4) tout en mettant la pression sur l'Argentine. A l'ONU, les états se divisaient mais la majorité soutenaient la Grande-Bretagne, essentiellement par crainte de la remise en cause des frontières d'autres états. Dans la presse, c'était la stupeur qui dominait, ainsi qu'un sentiment d'humiliation devant les photos de membres de la garnison s'étant rendus et défilant bras en l'air devant les militaires argentins. Au parlement, le parti travailliste et son allié libéral-démocrate soutenaient la position du premier ministre Foot, tandis que le parti conservateur critiqua son attitude et réclama une réplique militaire. La population, était partagé être surprise, colère et envie de revanche.
Préparant sa réplique, Londres commença à constituer le 3 Aout une flotte autour des porte-avions HMS Invincible et HMS Illustrious. La France décida de mobiliser et rassembler ses forces aéronavales dans la base de Brest. Le même jour les argentins occupaient la Géorgie du Sud et les Iles Sandwich du Sud, des iles proches des malouines et également revendiqués par eux. Le gouvernement des USA était très divisé sur l'attitude a adopté car le Traité de l'Atlantique (5) ne l'obligeait pas à soutenir la Grande-Bretagne dans l'Atlantique Sud, tandis que le Traité de Rio (6) ne l'obligeait pas non plus à soutenir l'Argentine qui était en position d'agresseur. Les diplomates soutenaient les Argentins, au nom de la lutte anti-communiste, tandis que les militaires soutenaient la Grande-Bretagne en raison des liens de solidarité otaniens. Le résultat fut le vote au conseil de sécurité de l'ONU de la résolution 502 qui regrettait la "rupture de la paix" et non un "acte d'agression", et ce en dépit de la mobilisation des alliés européens de Londres. La presse britannique se montrait critique par rapport à la position officielle, qui était estimé trop molle et réclamai plus de fermeté. Au parlement les choses s'envenimaient, les conservateurs se montrant agressif vis à vis de la majorité et réclamant vigoureusement l'envoi de la Royal Navy contre l'argentine. La majorité vacillait, car si les travaillistes soutenaient toujours leur chef, les libéraux-démocrates commencent à se montrer hésitant, craignant pour le soutien de leurs électeurs aux prochains scrutins électoraux. La population se montra de plus en plus impatiente devant le manque de résultats des négociations qui ne progressaient pas et exigea une attitude plus ferme de la part du gouvernement.
Le 4 Aout, après quartes jours de combats inégaux, les Majors Norman et Noot décidèrent de capituler, suivis quelques heures plus tard par le gouverneur Hunt. A Londres, le gouvernement Britannique fut pris de stupeur. De manière étonnante, en dépit de la violence des combats, il n'y avait aucune perte humaine, seulement des blessés (7). Afin d'éviter tous risque de bavure, les prisonniers britanniques, tant civils que militaires, furent évacués vers Buenos Aires. Dans la presse, c'est la colère qui dominait et les médias critiquaient de plus en plus violemment le gouvernement qui semblait ne pas réagir. Au parlement, les parlementaires de la majorité et ceux de l'opposition manquèrent de peu d'en venir aux mains, chauffés à blanc par l'ancien premier ministre Tatcher qui multipliait provocations et invectives. La population commençait à manifester dans les rues son mécontentement, le sentiment de colère mêlé d'humiliation devant la capitulation de la garnison des malouines. Au soir, n'y tenant plus et désireux de conserver le contrôle de la situation, Michael Foot décida de riposter à l'action de force argentine, tout en maintenant le dialogue. Dans une allocution télévisé à la BBC, Foot déclara agir au nom du Droit international, de la légitime défense reconnue par l'article 51 de la charte de l'ONU et du droit des habitants des iles à rester britanniques ce que semblait ignorer la dictature argentine. Dans l'heure qui suit, le premier ministre reçut une communication téléphonique de son homologue Français François Mitterrand, qui lui assura, au nom de la vieille alliance existant entre leurs deux pays, le soutien inconditionnel de son pays et lui déclara que les forces aéronavales françaises combattraient aux côtés de leurs homologues britanniques. Foot remercia Mitterrand et proposa avec succès d'établir une liaison entre les état-major de leurs forces armées afin de présenter une force de combat unifié face aux argentins. Le 5 Aout, alors que le climat politique et médiatique se calmait en Grande-Bretagne après l'annonce de la veille, l'amirauté terminait la concentration de la force aéronavale destiné à la reprise des Malouines. Comme le premier ministre Foot ne voulait pas foncer tête baissé et avait choisit d'attendre que ces alliés soient prêt pour donner l'ordre de déploiement, plusieurs destroyers en poste à Gibraltar furent rappelés pour étoffer la force d'intervention. Dans la matinée, le Premier Ministre Foot appela le Président de la Commission européenne Gaston Thorn, afin de demander une réunion d'urgence du Conseil Européen, ce qu'il obtint facilement. Il espérait ainsi obtenir un soutien politique le plus large possible de la part des européens, et peut-être aussi des sanctions à l'encontre de l'Argentine. Peu après, il contacta le Haut-Commissaire De Jong et demanda une intervention de la CED au côté des forces franco-britanniques en invoquant les articles des Traités Constitutifs de la Communauté relatifs à la Défense des territoires ultramarins menacés. Mais il se heurta à un refus poli mais ferme du Haut-Commissaire qui lui rappela que les Malouines étaient un territoire dont la souveraineté était contesté entre la Grande-Bretagne et l'Argentine depuis plus d'un siècle et que la seule chose qu'il pouvait faire dans ce cas était de convoquer une réunion du Conseil des chefs d'états et de gouvernements. Foot pourrait y plaider la cause de son pays et, s'il parvenait à obtenir une majorité, il y pourrait y avoir une intervention. Le Premier ministre Foot fit contre mauvaise fortune bon cœur et accepta la réunion. En France, le premier ministre Mitterrand ordonne d'accélérer la mobilisation des forces aéronavales françaises et leur concentration à Brest en vue de leur jonction avec les Britanniques ( 8 ). Il se mit aussi à préparer un vote du parlement Français afin de légitimer l'intervention française. A Washington, le Secrétaire d'Etat du Président Kennedy convoqua l'ambassadeur d'Argentine afin de tenter de trouver une issue diplomatique à la crise en cour, car les USA étaient officiellement alliés des deux belligérants. Il entama ainsi un parcours de navette diplomatique afin de tenter de reconcilier les deux alliés des USA qui faute d'obtenir son soutien risquaient de lui en tenir rigueur.
Le 7 Aout 1983, au septième jour de l'opération Rosario et a l'issue d'une réunion de l'OEA (9), il fut décidé la création d'une zone d'exclusion militaire de 320 km centré sur les Iles Malouines, afin d'éviter des victimes civiles. Tout navire ou aéronef argentin se trouvant dans la zone serait considéré comme un ennemi et pourrait être traité comme tel. Seul deux états protestèrent contre cette décision, l'Argentine et l'URSS. Le premier qualifia la zone d'exclusion de Blocus et d'acte d'agression. Le second considéra la décision comme illégale et une entrave démesuré à la liberté de navigation. Le jour suivant le 8 Aout à Londres, le Premier Ministre Foot soutint l'initiative du Secrétaire d'Etat américain de tenter de trouver une issue diplomatique à la crise, mais rejeta l'idée d'une triple administration provisoire des Iles Malouines (USA, Argentine, Grande-Bretagne). Les Iles Malouines étaient Britanniques, aucun autre état ne pouvait prétendre les administrer. Dans l'après-midi eut lieu à Bruxelles la réunion du conseil européen autour de Gaston Thorn, le président de la commission. Le discours de Michael Foot visant à demander l'assistance de ses partenaires européens porta et le Conseil Européen soutint à l'unanimité la position britannique. Après tout, la Grande-Bretagne n'était pas le seul pays européen dont certaines portions de territoires faisaient l'objet de contestations de souveraineté. Plusieurs états de la CEE pourraient bien un jour se trouver dans la même situation. De fait, Londres obtint des sanctions de la CEE à l'encontre de l'Argentine à travers un embargo économique total (10). Le 9 Aout, pendant que la communauté internationale, divisé par la crise des Malouines, tentait de calmer le jeu entre les belligérants, une réunion extraordinaire de la CED eut lieu à Londres dans la matinée. Organisé par le Haut-commissaire De Jong, elle permit au Premier Ministre britannique de défendre la position de son pays devant ses pairs. Il en profita pour invoquer les sections des Traités constitutif de la CED relatif à la défense des possessions ultramarines des états membres menacés par un état tiers. En achevant son discours, il demandait la mise aux voies d'une décision de la CED d'envoyer un corp expéditionnaire dans l'Atlantique Sud afin d'appuyer les efforts de la coalition Franco-britannique visant à reprendre les iles malouines. La France soutint immédiatement la demande britannique, suivi par les Pays-bas, l'Espagne, le Portugal. La Belgique et le Luxembourg, après avoir hésité un moment décidèrent de faire preuve de solidarité envers la Grande-Bretagne. Les commentateurs retinrent que si le sentiment de devoir se montrer solidaires est réel chez les membres de la CED, il y avait aussi la crainte chez eux de se retrouver un jour dans la même situation que les Britanniques. Après tout, la majorité des états membres possédaient des territoires ultramarins faisant l'objet, au moins partiellement, de contestation de souveraineté. Dans l'après-midi, de retour à Paris, le premier ministre Mitterrand se rendit au parlement réuni en congrès pour le vote d'une décision d'action commune aux cotés des britanniques pour reprendre les malouines. En invoquant les jours sombres des deux conflits mondiaux, et la nécessité de faire front commun pour défendre leurs territoires d'outre-mer, il parvint à obtenir un soutien écrasant du parlement, et hormis l'extrême-gauche et l'extrême-droite, le pouvoir législatif fut presque unanime. Le même jour, la fraction des forces aéronavales françaises habituellement basés en méditerrané fit sa jonction avec sa contrepartie de l'atlantique en jetant l'ancre dans la rade de Brest. A Buenos Aires, les chefs de la Junte commencèrent à se demander s'ils n'avaient pas sous-estimé les liens de solidarité qui unissaient les européens et surestimé l'impact des actions de Margareth Thatcher. A Washington, on s'inquiétait de perdre le contrôle de la situation et à Moscou, on se demandait ce qui était en train de se passer exactement. A Nankin, on observait attentivement en restant sur la réserve.




(1) A travers un gouvernement local théoriquement autonome mais concrètement dépendant du Royaume-Uni pour à peu près tout.
(2) En particulier le cout du développement très important des forces armées argentines sous le gouvernement de la junte qui grevait les finances publiques argentines.
(3) Pour Landing Ship Tank ou Navire de Débarquement de Char.
(4) L'intermédiaire neutre traditionnel des situations de crise internationale.
(5) Traité fondateur de l'organisation de la défense collective de l'Europe de l'ouest signé par les alliés occidentaux de la seconde guerre mondiale en 1949.
(6) Traité conçu à l'initiative des USA et qui organisait la défense collective du continent américain.
(7) Du coté britannique du moins, le bilan coté argentin reste inconnu.
( 8 ) Une partie se trouvait dans les Antilles pour participer à un grand exercice avec l'US Navy, exercice écourté pour cause d'affaire des Malouines.
(9) Pour Organisation des Etats Américains.
(10) Ce qui provoqua l'effondrement de la bourse de Buenos Aeres et sa fermeture moins d'une semaine plus tard.
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Dernière édition par Capitaine caverne le Mar Sep 03, 2019 15:00; édité 4 fois
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MessagePosté le: Dim Aoû 25, 2019 14:44    Sujet du message: Répondre en citant

Et le moment que vous attendiez tous, la guerre des malouines FTL avec du sang, de la sueur, des larmes,..... et le vent froid et humide de l'atlantique sud.
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MessagePosté le: Jeu Sep 05, 2019 14:54    Sujet du message: Répondre en citant

..3). La guerre des malouines et le retour des européens dans le concert des grandes puissances.(la suite de l'épisode).
Au dixième Jour de la crise, le 10 Aout 1983, pendant que la presse commentait la décision de la CED de faire bloc autour de la Grande Bretagne, le Haut-Commissaire participait à une réunion avec les chefs d'état-major des forces armées de la CED. Après avoir eu un résumé de la situation géostratégique, il ordonna la mobilisation des forces aéronavales de la CED et leur regroupement avec les forces franco-britanniques. Il apprit alors que le haut-commandement des forces navales avait anticipé sa demande et concentré les forces aéronavales communautaires près de Naples ou une partie s'y trouvait déjà pour participer à un exercice commun avec l'OTAN. Et elles pourraient appareillés dès le jour suivant. Au parlement de la CED, les parlementaires communautaires firent la grimace car ils avaient été mis sur la touche. Les états ayant été unanimes dans leur soutien à Londres, le parlement avait été court-circuité sans ménagement (1). Le même jour, l'URSS entama une campagne de lancements de satellites visant à lui donné une meilleure vision des actions en préparation dans l'atlantique sud. Au total, 20 satellites furent lancés en l'espace de deux semaines, 9 de navigation, 5 photographiques, 2 de surveillance océanique, 2 d'écoute électroniques, 1 de télécommunication et 1 d'alerte. Le jour suivant, le 11 Aout, la flotte britannique, devenu la Force d'Intervention 317, quitta la rade de Portsmouth sous le commandement de l'Amiral John Fieldhouse et mit le cap sur l'Atlantique Sud. La force aéronavale, commandé par le Contre-Amiral Sandy Woodward était centré autour des porte-avions HMS Invincible et HMS Illustrious de classe Invincible. Ces successeurs de la Classe Centaur auraient dut être quatre, mais le dernier fut annulé pour motifs budgétaires et le troisième était toujours en travaux au chantier naval. Un an auparavant, le HMS Hermès, le dernier exemplaire de la classe Centaur, aurait été de la partie mais il avait été désarmé et vendu à l'Inde entretemps (2). Il fut également envisagé de transformer sommairement un porte-conteneur, l'Atlantic Conveyor, mais le renfort français avait rendu la chose inutile. Le 12 Aout, la force aéronavale française, devenu la Force d'Intervention 473 quitta la rade de Brest sous les ordres de l'Amiral Simon Dutertre et fit sa jonction avec son homologue britannique. Elles devinrent alors la Force d'Intervention 790 (3). Elle était centré sur les porte-avions MN Paul Reynaud et MN Charles De Gaulle de classe Ministère. Le Troisième de la Classe, le MN Edouard Daladier n'était pas disponible car se trouvant en cale sèche pour une modernisation. La force conjointe franco-britannique passa sous commandement britannique de l'Amiral Fieldhouse, l'amiral Dutertre en devenant le commandant en second. Ils poursuivirent leur route vers le sud.
Le 13 Aout, les forces aéronavales de la CED, sous les ordres de l'Amiral Daniel Potter et le nom de 1ère Escadre Aéronavale Européenne (4) quitta Naples et mit le cap vers l'ouest pour faire sa jonction avec les forces Franco-britanniques. Présentes initialement pour un exercice commun avec les forces de l'OTAN et la VIème Flotte américaine, elles avaient été concentrés sur place dès le début de la crise, le commandement des forces navales communautaires ayant anticipé une participation possible de la CED. L'Amiral Potter, vétéran de la seconde guerre mondiale et des guerres de décolonisation de l'empire britannique était encore en poste en dépit de son âge (5) grâce à une dérogation. Alors qu'il était à quelques semaines d'une retraite définitive, la crise des malouines avait éclaté l'obligeant à repartir en guerre. Les forces de la CED étaient constitués autour de six porte-avions, deux de Classe Boucanier/Bucanneer, les EDCS Henry Morgan et Olivier Levasseur (CV-07 et CV-0Cool et quatre de classe Dynastie/Dynasty, les EDCS Windsor, Bourbon, Orange-Nassau et Bourbon Parme (CV-03 à 06). Les deux premiers étaient issus d'une récupération par la CED d'un Programme britannique dit "CVA-01" des années 60 abandonné pour des raisons financières et doctrinales, la Royal Navy s'orientant à cette époque vers l'acquisition de portes avions courts lançant des avions à décollage vertical au lieu de porte-avions longs dotés de catapultes lançant des avions à décollage horizontal. Ils avaient remplacés les anciens EDCS Bonaparte et Saxe-Cobourg et Gotha. Les quatre autres étaient d'anciens Classe Essex achetés d'occasion aux USA, et modernisés après leur sortie de la réserve. Six jours plus tard, le 18 Aout, la Force d'Intervention 790 attint l'île d'Ascension, dernière escale prévue avant les Malouines. Elle fut rejointe dans la nuit par la 1ère escadre aéronavale. Dans un communiqué conjoint entre la Grande-Bretagne, la France et la CED, celles-ci posèrent un ultimatum qui donnait quinze jours aux argentins pour évacuer les Malouines et autres iles occupés, ou au moins pour entamer leur retrait, faute de quoi elles feraient usage de la force pour les expulser. Buenos Aires protesta contre ce qui vu comme une attitude extrêmement agressive et contre-productive pour des acteurs prônant une résolution pacifique de la crise. Le jour suivant, le 19 Aout, l'Ambassadeur argentin à l'ONU demanda une réunion d'urgence de l'OEA, l'Organisation des Etats Américains, afin d'invoquer le TIAR ou Traité Interaméricain Assistance Réciproque. Les USA, bien que très embarrassés par l'attitude argentine, ne s'opposèrent pas à cette demande. Preuve que les évènements étaient suivis bien au delà des espaces atlantiques, le 20 Aout, le Premier ministre Israélien Menahem Begin contacta les Gouvernements Français et Britanniques afin de les avertir que le gouvernement Péruvien cherchait à fournir des armes et des renseignements à la Junte Argentine, mais aussi que le Chili du Général Pinochet semblait disposé à les aider (6).
Huit jours après, le 28 Aout 1983, le Conseil consultatif de l'OEA votait une résolution qui donnait raison aux revendications territoriales de l'Argentine, blâmait la Grande-Bretagne et la France pour leur attitude belliciste et demandait une trêve immédiate tout en soutenant la résolution 502 du Conseil de Sécurité de l'ONU. Le même jour, le parlement des USA réunit en congrès pour l'occasion, votait une motion de neutralité vis à vis de la crise des Malouines. Une seconde motion, voté dans la foulée de la première, clamait le refus de soutenir l'Argentine à cause de leur usage initial de la force pour faire valoir leurs revendications. Le jour d'après, le 29 Aout, le Gouvernement américain décidé à faire pression sur la junte argentine, annonçait la suspension de l'aide militaire fournie à l'argentine et la mise en place d'un embargo sur toute activité commerciale entre l'Argentine et les USA. La CED, Londres et Paris décidèrent de ne pas donner suite aux ouvertures faites par le Chili, car elles refusaient d'être aidés par une Dictature pour en combattre une autre (7). Le même jour à Paris, le Premier ministre français Mitterrand sermonna vigoureusement l'industriel Marcel Dassault au cour d'un entretien au Palais de Matignon, pour ne pas avoir retiré ses équipes d'assistance technique en poste en argentine, état client de son entreprise. Sous la menace de perdre son statut de fournisseur privilégié des forces françaises en matière aéronautique, celui-ci décidait d'obtempérer. Dans la foulée, afin de ne pas subir de contrecoup commercial avec la CED, il proposa avec succès de communiquer aux gouvernements français et britanniques toutes les informations relatives aux avions Super-Etendart, ainsi qu'aux missiles Exocet vendus aux Argentins. Le 30 Aout, au bout de presque un mois d'activité politico-militaire intensive, devant l'ampleur du déploiement de force européen et la crainte de voir les tensions dégénérer en affrontement ouvert, la junte décidait de faire un geste vis à vis de Londres. L'ensemble des prisonniers britanniques, tant civils que militaires furent libérés à grand renfort de publicité. Mis dans un avion à destination de leur métropole, ils arrivèrent à Londres en début de Nuit ou ils furent accueillit par une foule en liesse. Le geste fut apprécié par le gouvernement Foot, qui déclara dans un communiqué que si la Junte entamait le retrait de ses troupes des iles Malouines et autres territoires occupés d'ici une semaine, le gouvernement britannique se faisait fort de convaincre ses partenaires européens de renoncer à l'usage de la force.

_________________

(1) Ce qui fit éprouver un vif ressentiment au Parlement qui devint par la suite un partenaire difficile pour le Haut-commissariat.
(2) Ce qui avait été pris en compte par les argentins pour frapper les britanniques au moment ou ils étaient les plus faibles.
(3) Car 317 + 473 = 790 ce qui était peut-être une tentative de trait d'humour militaire.
(4) Ou 1St European Naval Air Division.
(5) 68 ans au moment des opérations.
(6) Vraisemblablement en raison du contentieux argentino-chilien traditionnel autour de la souveraineté sur la Terre de feu et ses territoires environnants.
(7) Oubliant au passage l'épisode de la grande alliance anti-nazie de la seconde guerre mondiale.
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Jeu Sep 12, 2019 14:33    Sujet du message: Répondre en citant

Au bout de 30 jours de roulement de tambours et de bruits de bottes de plus en plus lourd, dès le 31 Aout 1983 FTL la grosse baston que vous attendiez tous va enfin commencer!

Bonne lecture à tous!
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lbouveron44



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MessagePosté le: Jeu Sep 12, 2019 17:59    Sujet du message: Répondre en citant

Vivement !
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Wardog1



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MessagePosté le: Jeu Sep 12, 2019 19:41    Sujet du message: Répondre en citant

La réponse des britanniques au gouvernement de Buenos aires après avoir envahit les malouines:



https://www.youtube.com/watch?v=zsTRxXvQY0s
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Ne soyez pas trop sévère avec vos enfants, car c'est un peu de votre faute s'ils son c**

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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Ven Sep 13, 2019 11:00    Sujet du message: Répondre en citant

Wardog1 a écrit:
La réponse des britanniques au gouvernement de Buenos aires après avoir envahit les malouines:



https://www.youtube.com/watch?v=zsTRxXvQY0s


Ca me parait un poil exagéré! D'autant que les franco-britanniques et la CED préfèrent une riposte proportionné et gradué. Un peu ca en somme.

https://www.youtube.com/watch?v=G3evAtxHTNE

Ou ca.

https://www.youtube.com/watch?v=yj88woDXaHI

ou quand il y a un doute.

https://www.youtube.com/watch?v=EgsQCI5MkyE
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