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L'Espagne
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requesens



Inscrit le: 11 Sep 2018
Messages: 656

MessagePosté le: Mer Juin 12, 2019 18:14    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Savonarole !!!


Un vieil ami perdu de vue ? Wink
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Territoire tribal du nord-est de la péninsule ibérique connu sous le nom de Catalunya.
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Archibald



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Messages: 2618

MessagePosté le: Mer Juin 12, 2019 18:51    Sujet du message: Répondre en citant

Tout feu tout flamme celui là, comme notre Jeanne d'Arc nationale !
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"Un Vichy bien frais"
"J'en ai pas. Je vous met une Orezza, avec des glaçons ?"
"Je ne sais pas ce que c'est"
"Des glaçons. Des petits cubes d'eau gelée."
(L'enquête corse)
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demolitiondan



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Messages: 1678
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MessagePosté le: Mer Juin 12, 2019 20:17    Sujet du message: Répondre en citant

Cet imbécile, qui vivait pourtant au couvent San marco décoré par Fra Angelico a confondu idolatrie et amour du beau. Son bucher des vanités a couté très cher à Florence ... De grands noms virent d'elles-mêmes bruler leurs oeuvres sous la vindicte.

Remarquez, est-on bien qualifié pour parler, nous autres français ? Je veux dire... ce n'est pas comme si la République n'avait pas détruit 50% du patrimoine national pour ne pas s'emme...der avec les touristes 200 ans plus tard !

Mais ca me permet de rebondir sur l'un de mes sujets favoris : la peinture italienne de la Renaissance entre 13ème et 16ème siècle, c'est à dire essentiellement florentine. Mon tryptique personnel:

Le pérugien - le collège des changes à Pérousse :



Lucas Signorelli le cortonais - la chapelle du jugement dernier du Duomo d'Orvieto :

[im]https://c8.alamy.com/compfr/pj1dae/la-fresque-de-luca-signorelli-1499-cathedrale-dorvieto-orvieto-ombrie-italie-pj1dae.jpg[/img]

Et l'Annonciation de Fra Angelico à Cortone.



Voila, vous me mettez devant l'un ou l'autre, et vous repassez dans une heure après un Spritz ou un bellini ... je n'aurai pas bougé. Et pourtant le rafraîchissement de 11 heures !
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste


Dernière édition par demolitiondan le Jeu Juin 13, 2019 20:53; édité 1 fois
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houps



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Messages: 563

MessagePosté le: Mer Juin 12, 2019 20:27    Sujet du message: Répondre en citant

Archibald a écrit:
Tout feu tout flamme celui là, comme notre Jeanne d'Arc nationale !


Jeanne d'Arc brûlait de désir de bouter les Anglais hors de France.
Son vœu fut exaucé : elle brûla...
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Timeo danaos et dona ferentes
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Etienne



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Messages: 1485
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MessagePosté le: Mer Juin 12, 2019 20:28    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:


Le pérugien - le collège des changes à Pérousse :




Ah?
Celui-là, on a quand même (pour ma part) l'impression qu'ils ont tous quelque chose qui les bloque...
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Dieu est une femme. La preuve : On dit toujours qu’il vaut mieux voir le Bon Dieu que ses seins.
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Etienne



Inscrit le: 18 Juil 2016
Messages: 1485
Localisation: Faches Thumesnil (59)

MessagePosté le: Mer Juin 12, 2019 20:30    Sujet du message: Répondre en citant

houps a écrit:
Archibald a écrit:
Tout feu tout flamme celui là, comme notre Jeanne d'Arc nationale !


Jeanne d'Arc brûlait de désir de bouter les Anglais hors de France.
Son vœu fut exaucé : elle brûla...


Eh oui, "Vous ne m'avez pas crue, vous m'aurez cuite…"

Arrow
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loic
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MessagePosté le: Mer Juin 12, 2019 20:35    Sujet du message: Répondre en citant

Anaxagore a écrit:
... c'est fini oui ? Je vois du coin de l’œil un chat noir éploré armé de ciseaux. Loïc va finir par faire une dépression nerveuse. Wink

C'est à requesens (et Casus) de voir s'il veut que son sujet devienne illisible ou pas ...
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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demolitiondan



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Messages: 1678
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Mer Juin 12, 2019 21:45    Sujet du message: Répondre en citant

J'arrête après - mais juste une réponse. La photo ne rend pas hommage - le collège des changeurs est une merveille privée au sein duquel les photos sont interdite. Le perugin est l'un des précurseurs, un des maitres de Raphael. Je t'y engage très cordialement. Cool Cool Cool
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requesens



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Messages: 656

MessagePosté le: Mer Juin 12, 2019 22:16    Sujet du message: Répondre en citant

loic a écrit:
[
C'est à requesens (et Casus) de voir s'il veut que son sujet devienne illisible ou pas ...

J'essaye de rédiger correctement des articles documentés sur des sujets définis, j'espère que ceux qui les lisent y prennent plaisir. Maintenant si ce n'est pas le cas ou si les sujets n'intéressent pas ou si les membres du fórum partent en vrille cela ne dépend pas de moi.
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Pendjari



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Messages: 185
Localisation: Nantes

MessagePosté le: Jeu Juin 13, 2019 08:31    Sujet du message: Répondre en citant

No te preocupes Hombre !

Il est vrai que, parfois, ça dérive un tantinet mais ça reste toujours en lien, même indirect, avec nos sujets... Bon, Dick Rivers, ça n'a rien à voir hormis si d'aventure nos rédacteurs décident d'inclure un Captain Dick "Banana" Rivers dans l'uchronie Very Happy

Pilote de bombardier par exemple Question
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"J'ai glissé Chef !"
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Anaxagore



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Messages: 7055

MessagePosté le: Jeu Juin 13, 2019 12:33    Sujet du message: Répondre en citant

Pendjari a écrit:
Bon, Dick Rivers, ça n'a rien à voir hormis si d'aventure nos rédacteurs décident d'inclure un Captain Dick "Banana" Rivers dans l'uchronie Very Happy

Pilote de bombardier par exemple Question


Parce qu'il balance du lourd ?
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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Pendjari



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Messages: 185
Localisation: Nantes

MessagePosté le: Jeu Juin 13, 2019 12:52    Sujet du message: Répondre en citant

ALORS JE DIS ATTENTION ANAXAGORE !!!

Certains ont tenté de critiquer Dick, peu ont survécu Smile

Mais, oui, pilote de bombardier, ça lui va bien... et comme pin-up décorative, Martine Carol ou bien Line Renaud (jeune) sur les flancs de son B24, ça peut le faire, grave Very Happy
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Juin 13, 2019 16:44    Sujet du message: Répondre en citant

5 septembre 1943
La Brunete en Toscane
San Donato in Collina (près de Florence)
« Je te dis que les Allemands ont une gestion paroxystique de la défense et de l’attaque. »
– Pourrais-tu essayer d’utiliser des mots compréhensibles par un pauvre conducteur de tramway ?
– Je veux dire qu’ils résistent jusqu’à ce que la courbe de notre attaque soit à son climax, à son maximum, et que la courbe de leur défense commence à descendre.
[Du doigt, il dessinait dans l’espace des courbes imaginaires qui montaient et descendaient.] A ce moment et à ce moment-là seulement, ils reculent en bon ordre, méthodiquement, en piégeant le terrain.
– Et où veux-tu en venir ?

Le lieutenant-colonel Duran s’agitait devant une table couverte de plans et de divers documents.
– Ils vont contre-attaquer !
– Tu as raison, c’est plausible, voire même probable,
répondit posément le capitaine Muntaner.
– Tu ne pouvais pas dire plus tôt que tu étais d’accord avec moi !
– D’abord, tu ne m’as pas demandé mon avis, tu as préféré te lancer dans une explication avec des mots incompréhensibles, et en second lieu, mon analyse est différente même si la conclusion est identique.

Les deux hommes sourirent, ils se connaissaient trop bien pour prendre ombrage des piques qu’ils échangeaient. Muntaner reprit : « Je dirais qu’ils échangent de l’espace contre du temps sur un théâtre d’opérations secondaire, ce qui leur permet de fixer des troupes alliées qui seraient peut-être plus utiles ailleurs. Mais comme ils ont beaucoup reculé dernièrement, ils doivent penser qu’il est grand temps pour eux de nous rappeler qu’il ne faut pas les sous-estimer. Quoi de mieux qu’une contre-attaque alors que nous avons les yeux fixés sur Florence. »
Duran laissa échapper un petit sifflement : « Capitaine, je vais te recommander pour l’école de guerre, tu es un stratège qui s’ignore. » Il souligna sa phrase d’une claque sur l’épaule de son ami.
– C’est vrai qu’il y a Florence. Les Allemands savent qu’ils ne pourront pas tenir longtemps une ville en pleine insurrection tout en parant nos attaques. Alors, ils vont être pragmatiques.
– Encore un joli mot, tu t’entraines pour un discours ?

Le colonel lui jeta un regard faussement courroucé et poursuivit : « Ils vont nous attaquer afin de se donner le temps de se replier proprement sur leur nouvelle ligne de défense. »
– Encore une fois, de l’espace contre du temps. Bien, continuons cette passionnante conversation à table. Tu viens, Montalban est aux fourneaux.
– Que prépare-t-il ?
– Il transmute à la toscane un poulet à la catalane !
– Vaya, je ne veux surtout pas manquer pas ça !
– Tu devrais connaître un grand moment ! Notre ami a abandonné la lutte politique et la révolution sociale pour la révolution culinaire. Récemment, Pépé lui expliquait que la cuisine n’était au fond qu’une forme de chimie. Voyant le regard dubitatif de Manuel, il lui a donné des exemples : Lavoisier, un scientifique français du XVIIIe siècle, avait étudié la meilleure façon de faire du bouillon de bœuf ! Et un autre, nommé Papin, avait inventé l’autocuiseur, qui sera paraît-il un jour dans la cuisine de toutes les bonnes ménagères. Il a porté le coup de grâce en affirmant que le tour de main des cuisiniers pouvait être scientifiquement reproduit, car les recettes n’étaient que le résultat de recherches empiriques. Visiblement, la démonstration a porté, car depuis ce chemin de Damas, comme disent les curés, notre cuisinier semble avoir trouvé sa voie : il veut inventer la gastronomie physique en mettant la technique au service de l’émotion !

Le colonel éclata de rire : « Je pense être d’accord avec ce genre de révolution, allons militer avec le camarade cuisinier. »
Le poulet aux olives et aux poires flambé à la grappa se révéla agréablement surprenant. Le salé des olives et le sucré des poires offraient un contraste intéressant. « Un mélange de sucré-salé, il faudra que je m’en souvienne, peut-être que je pourrai en faire quelque chose plus tard… » pensa le tankiste-chef cuisiner.
Les deux officiers avaient repris leur conversation.
– L’état-major est d’accord avec notre analyse ?
– En partie seulement. Nos généraux voient très bien que les manœuvres des Allemands sont préparées à l’avance, il s’agit évidemment d’un repli ordonné. Toutefois, je crains qu’ils soient trop focalisés sur Florence et son insurrection, ils craignent que cela tourne au désastre et que la ville soit dévastée.
– Surtout maintenant que la prise de ce village nous ouvre le chemin vers la ville – les Allemands doivent savoir qu’ils ne la contrôleront plus longtemps.
– Les ordres sont de continuer à les grignoter, mais j’ai un mauvais pressentiment.
– Oui, s’ils doivent attaquer, c’est demain ou jamais. Nous ne sommes plus qu’à dix kilomètres de Florence, s’ils ne font rien, demain soir, nous serons au moins dans les faubourgs.



6 septembre 1943
La Brunete en Toscane
Antella (au sud de Florence)
– Duran et Muntaner avaient raison. Dès 09h00 du matin, les préliminaires de l’attaque qu’ils redoutaient commencèrent par un raid de Fw 190 sur un étroit secteur du front français. Après leur départ, l’artillerie allemande commença son pilonnage auquel répondit rapidement son homologue française. Les chasseurs qui s’étaient tardivement lancés à la poursuite des “Jabos” signalaient de nombreux mouvements en avant des lignes de la Brunete. Des nuages de poussière et une forte DCA les empêchaient cependant d’être plus précis.
Dans le fracas des coups de canon et du déchaînement des moteurs, le char de Muntaner s’ébranla. De part et d’autre de la route, positionnés derrière un léger plissement du sol, les soixante-dix autres blindés de la Brunete firent de même. Par prudence, les chefs de char avaient fermé leurs écoutilles et manœuvraient en essayant de préserver un espacement de quelques dizaines de mètres entre eux. Les engins se déployèrent en ordre de bataille en deux vagues. Quand, dans leurs écouteurs, ils entendirent un « ¡ Adelante ! », tous se mirent en route. Dans les habitacles, les équipages percevaient comme des multitudes de coups de marteau frappant les blindages – l’artillerie allemande poursuivant son bombardement. Indifférents aux éclats, les blindés de la première ligne s’organisaient par peloton et chaque peloton se déployait en éventail.
Après San Donato in Collina, la route serpentait durant deux kilomètres dans un étroit passage bordé de hauteurs boisées. A mi-chemin du village d’Antella, le paysage changeait et s’ouvrait sur une plaine orientée nord-sud, longue de plusieurs kilomètres et bordée de collines. Le terrain, propice au combat de chars, était légèrement vallonné, coupé de rideaux d’arbres. Quelques rares haies séparaient les champs de blé moissonnés des vignes non encore vendangées. Parfois, une ferme isolée paraissait une île perdue en mer. Ici, pas de charges de cavalerie mais un paysage ou l’ennemi pouvait apparaître soudainement à quelques centaines de mètres ou au contraire se dissimuler dans un fossé pour un tir à l’affût.
– Ouvrez bien les yeux, ils sont sûrement embusqués.
Dans la guerre blindée, l’épaisseur du blindage et le calibre du canon ne font pas tout – c’est l’expérience des hommes qui permet à ces facteurs de s’exprimer… ou non. Quand chacun des deux adversaires connaît la position de l’autre, la vie ou la mort ne dépendent plus que de la vitesse de pointage et de la qualité de la visée.
Après le village et ses dernières maisons s’étendait un quadrilatère de deux kilomètres de côté, nu comme la main et bordé par de longues lignes d’arbres et de buissons. Des épis de blé qui le recouvraient encore récemment, il ne restait plus que les chaumes et une terre sèche. « Le champ de tir parfait ! » pensa le capitaine. « A tous, attention à ces arbres à 2 heures, ne présentez pas le flanc, avancez en ligne droite sur eux. »
Il avait raison : deux minutes plus tard, plusieurs départs de feu, presque une salve se dit-il, éclairèrent fugacement le feuillage. L’artillerie française n’avait pas atteint les armes camouflées à la lisière du champ.
Les tireurs ennemis étaient précis, quatre chars furent immobilisés avant d’avoir pu réagir. L’un d’entre eux, en feu, dégageait une épaisse fumée noire. La douzaine de chars intacts ouvrit le feu presque simultanément, au moins un des obus porta. Des flammes apparurent, ce n’était sûrement pas un antichar. Mécontent du début de l’opération, Muntaner ordonna : « A tous, de Bleu 1 [Bleu pour son peloton, 1 pour lui-même], attention, ce sont probablement des blindés embusqués. Jaune, passez derrière les arbres à gauche et prenez-les de flanc. » A bord du Teruel, le sergent-chef Lister obliqua vers la gauche, son char suivi par les autres engins du peloton.
Dans le Guadalajara, sur la droite, Muntaner avait aperçu une cible. « Pépé, à 1 heure, 600 mètres, tu le vois ? » – « Oui… Attends… Feu ! » – « Raté… Manuel, avance et tiens-toi prêt à t’arrêter. » Un obus les toucha au bas du bouclier avant et ricocha. Montalban rugit. « Voilà, je le vois bien ! » – « Manuel, stop… Feu ! » Cette fois ils virent une explosion.
Les adversaires se rendaient coup pour coup. « Quels crétins ! » – à l’extrémité droite de la ligne, un Bélier laissait derrière lui un sillage de flammes. Apparemment, l’équipage avait oublié d’enlever sacs, bâches et toiles de tente de la plage arrière, au milieu des combats le tout s’était enflammé et transformé en torche. S’ils ne les enlevaient pas, leur char risquaient de prendre feu ! A cette distance, impossible de savoir qui c’était, comment les prévenir ? « Au char Bleu sur la droite du dispositif, vous avez des bâches en feu sur la plage arrière, éteignez ça en vitesse ! »
Le groupe du Teruel prit de flanc les blindés allemands qui décrochèrent, poursuivis par les légionnaires du deuxième peloton. Maintenant, ils pouvaient voir les silhouettes basses des chasseurs de chars. Mais quelque chose intriguait Muntaner. Que faisaient quelques StuG en embuscade après un bombardement aérien et un barrage d’artillerie ? Quelle débauche de moyens pour immobiliser quelques engins français, ce n’était pas logique ! Pendant ce temps, les Espagnols les plus avancés filaient à la suite de leurs adversaires dans le compartiment de terrain suivant.
– A tous, revenez sur la position, pas de poursuite, je répète pas de… !
Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase – un des Bélier les plus avancés fut touché par un tir, il roula quelques secondes avant d’exploser. « Revenez ! » Les Allemands avaient attiré les légionnaires dans un piège, plusieurs 88 s’étaient vraisemblablement embusqués derrière la ligne des StuG. Un autre char fut touché, les autres reculèrent en manœuvrant. Il sentit un coup à l’estomac quand, émergeant derrière ce qui était à peine un hameau, apparurent au loin une vingtaine de Panzer IV. Il passa sur la fréquence de la brigade. « Ici Bleu 1, demande appui aérien, 2 000 mètres au sud-ouest d’Antella. » – « Bleu 1, de Baker [Baker pour l’état-major de la Brunete – c’était Duran !], c’est sérieux ? » – « Oui, six chars immobilisés ou détruits. En face, il y a des StuG, des Panzer IV et des 88. Je crois que nous avions raison hier. » – « D’accord, tenez bon, j’envoie la cavalerie. »
« A tous, soutien aérien en approche, repliez-vous vers… »
Il regarda sa carte. « Vers Balatro. Et mettez-vous en défense. »
Il était temps de montrer aux panzers qu’ils n’avaient pas affaire à des novices.
« Manuel, approche-toi au plus près des arbres, tu vois, à quatre heures, il y a comme un tronc qui est tombé et de gros buissons, allons-y. » Les deux plus jeunes étaient visiblement inquiets. Le capitaine leur expliqua ce qu’il avait l’intention de faire : « Ceux qui reculent ne peuvent pas viser en roulant, s’ils s’arrêtent ils deviennent des cibles, nous allons nous poster là-bas et leur donner un coup de main. »
Les deux derniers Bélier se rapprochaient d’eux, littéralement talonnés par les blindés allemands. « Tu l’as ? » – « Oui, quand tu veux ». A 400 mètres, un Panzer IV se présentait de flanc, avançant perpendiculairement au char de Muntaner. A l’instant où il s’arrêtait pour tirer sur les fuyards, Guadalajara fit feu. Le char s’enflamma. Encore ! Le tir fit de nouveau mouche. L’équipage abandonna l’engin. « Pépé, celui qui le suivait maintenant, un coup et on s’en va. » L’Allemand virait au plus vite afin de présenter son avant, il avait raison, le tir de Carvalo ricocha mais le panzer se mit à reculer.
Pendant ce temps, les trois Bélier se repliaient aussi vite qu’ils pouvaient.
………
En changeant de fréquence, Muntaner pouvait entendre dans ses écouteurs des cris et des échanges en espagnol. Ça devenait très sérieux. « Nous avons besoin d’aide ! » – C’était l’escadron voisin, pelotons Rouge et Vert, apparemment violemment pris à partie.
A l’appel de leur capitaine, les sept chars survivants repartirent de l’avant, profitant d’un plissement de terrain pour dissimuler leur coque au moment de reprendre le combat. Les tirs furent heureux, trois Allemands furent touchés, ils doublèrent et firent une nouvelle victime. « ¡ Adelante, ahora ! » Les chars quittèrent leur abri. Les légionnaires heurtèrent le dispositif des panzers, chargeant de flanc la formation ennemie. Dans cette mêlée, les Allemands se voyaient privés de l’avantage que leur offraient la portée et la puissance de leur canon de 75 mm. Le champ de bataille était envahi par des tourbillons de fumée et de poussière, la terre était secouée d’explosions. Muntaner avait à l’esprit l’image d’un corps à corps. Les engins s’accrochaient, deux d’entre eux ne pouvant plus se dégager essayaient vainement de se canonner à bout portant. Espagnols ou Allemands se battaient à mort jusqu’à ce que l’ennemi flambe comme une torche. Le capitaine put voir combattre un des chars atteint lors des premiers échanges du matin, visiblement l’équipage avait réparé et reprenait déjà le combat.
Surgissant de nulle part, un Pz IV se dirigea droit sur le Don Quijote, le char du sous-lieutenant Mendez. Grand lecteur, celui-ci n’avait pu résister à donner à son engin le nom du chef-d’œuvre de la littérature espagnole. Les deux adversaires échangèrent des tirs en avançant par à-coups. Au fur et à mesure que la distance se réduisait, la cadence des échanges augmentait. « A dix heures, vite ! » Carvalo toucha le flanc de la cible. Le panzer ne tirait plus mais continuait à rouler comme s’il voulait empaler le Quijote. Il s’arrêta finalement à une dizaine de mètres du Bélier. Mendez racontera qu’il pouvait voir les trous percés par ses obus dans le blindage. L’équipage était sans doute mort ou blessé et le char avançait seul.
« Ici Baker, soutien aérien en approche, des Sanglier belges. Ils seront sur zone dans cinq minutes. »« Négatif Baker, nous sommes totalement emmêlés. Derrière les chars, Il y a des cyprès, ce matin des StuG y étaient embusqués, demande aux avions de jeter un coup d’œil et sinon, il reste les positions des 88 en retrait. » – « Tu es sûr ? » – « Oui, ils risqueraient de nous tirer dessus. »
La fumée et la poussière réduisait de plus en plus la visibilité. Ils s’approchèrent d’un Bélier immobilisé, trois hommes s’abritaient derrière, deux valides, dont un sergent, et un blessé. Le capitaine ouvrit la trappe de tourelle et sortit le buste à l’extérieur. « Les autres ? » Le sergent ne répondit pas et indiqua de la tête le char. « Vous avez besoin de quelque chose ? » – « Non, je crois que ça ira, la blessure n’est pas trop grave. Nous en avons eu deux mais le troisième… » – « Restez à l’abri, quand ça se calmera allez vers le village. Je vais prévenir par radio de votre position et demander qu’on vienne vous chercher. Salud. »
Muntaner contempla quelques instants le champ de bataille, près de là deux chars flambaient : un français et un allemand. Plus loin, d’autres colonnes de fumée s’élevaient dans le ciel. Combien de ses chars étaient-ils encore en état de combattre, six, sept, peut-être huit ? Au moins 50 % de pertes en matériel. Les Espagnols pliaient sous le nombre, les combats se rapprochaient du village. Il se retourna vers les trois hommes : « Sergent, la tourelle marche ? » – « Je crois, mon capitaine. » – « Alors, vous deux, les valides, vous reprenez votre position et si un panzer passe à portée, vous le détruisez. » Le blessé se redressa : « J’y vais aussi. »« Attention, bougez la tourelle très lentement et tirez à coup sûr. »
Le sous-officier regardait le char. « Mais, mon capitaine, dedans il y a… » Il se tut et baissa la tête. « Je sais, sortez-les et déposez-les à côté, cela donnera encore plus l’illusion que le char est détruit. » Les hommes au sol le regardaient avec des yeux ahuris. « Bon, camarades, nous sommes au milieu d’une bataille, les fascistes nous secouent sérieusement et votre char peut encore être utile, alors réveillez-vous ! » Tous trois saluèrent et remontèrent dans leur engin.
L’équipage de Muntaner était silencieux, tous avaient entendu l’échange. Comme de coutume, ce fut Montalban qui parla le premier : « Tu as eu raison. Nous faisons la guerre et je veux gagner celle-ci. Que faisons-nous ? » – « Les autres vont se rapprocher du village, mais nous pour le moment nous restons près d’eux, on va s’embusquer quelque part. »
Muntaner reprit sa radio : « A tous les Bleus et Jaunes, intervention aérienne imminente, resserrez sur le village de Balatro et identifiez-vous. » Sept chars en état de marche répondirent, plus deux immobilisés qui continuaient le combat.
Huit gros monomoteurs apparurent – des P-47 venant du sud. Alors que quatre se dirigeaient vers l’arrière des positions allemandes, les autres amorcèrent une large courbe au-dessus de la ligne d’arbres. Ils volaient bas, le premier surtout rasait la cime des arbres – des points noirs se détachèrent de sous leurs ailes et des explosions parcoururent la ligne de cyprès. Les avions firent une boucle et revinrent, des traçantes jaillissant de leurs ailes. La fumée noire de l’essence en feu, aisément reconnaissable, s’élevait du couvert.
Les StuG avaient de nouveau pris position à l’abri des feuillages. Surpris par l’attaque aérienne, les chasseurs de chars tentèrent de se replier. Malheureusement pour eux, ce fut sous le nez des autres P-47. Surpris en flagrant délit de repli à découvert, les StuG se firent tailler en pièces. Les tankistes espagnols pouvaient voir les appareils tourner en cercle, piquer puis remonter vers l’azur. Quand, leurs munitions épuisées, ils quittèrent le champ de bataille, Muntaner put voir au loin plusieurs colonnes de fumée.
« Baker, ici Bleu 1, j’essaye de me regrouper près du village de Balatro afin de séparer les positions des deux camps. Préviens Rouge et Vert et transmets aux aviateurs. » – « D’accord, mais ils ont vu une autre formation de chars en approche. J’ai déjà demandé de nouveaux soutiens. » – « Dans ce cas, je reste sur place. Nous nous replierons sur ton ordre quand l’aviation sera là. » – « D’accord. Suerte. »
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Bob Zoran



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MessagePosté le: Jeu Juin 13, 2019 16:58    Sujet du message: Répondre en citant

Applause Applause Applause
Je n'ai jamais été dans un char mais on s'y croirait,

bravo pour ce récit haletant (comme les autres d'ailleurs),
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Archibald



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MessagePosté le: Jeu Juin 13, 2019 17:01    Sujet du message: Répondre en citant

C'est très bon en effet. Je ne peut m'empêcher de penser aux scènes de Red Storm Rising, Américains contre Sovétiques, Allemagne 1986.
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"Je ne sais pas ce que c'est"
"Des glaçons. Des petits cubes d'eau gelée."
(L'enquête corse)
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