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Opération Marignan
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Fantasque



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MessagePosté le: Mer Déc 30, 2009 15:35    Sujet du message: Répondre en citant

C'est très bon.

Buscaglia mourra (OTL) dans un accident sur Baltimore (probablement surpris par l'excés de puissance de cet appareil).

Le GC I/5 n'est il pas le Groupe d'Accart et Marin la Maslée????

Amitiés

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MessagePosté le: Mer Déc 30, 2009 15:41    Sujet du message: Répondre en citant

Je confirme pour le I/5.

Accart est certainement de retour après sa blessure de juin 40.
L'unité compte aussi des pilotes tchèques de grande valeur (pas des tchèques sans provision donc...).

Amitiés à tous et
Bonnes Fêtes

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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Déc 31, 2009 21:24    Sujet du message: Répondre en citant

6 septembre

Opération Marignan – La nuit

Algérie, 01h30 GMT – La Regia Aeronautica tente de soutenir indirectement les forces de Sardaigne. Malgré le black-out, les ports d’Alger et de Mers-el-Kébir sont bombardés simultanément (à quelques minutes près) par une paire de SM.82 chacun. A Alger, outre quelques dégâts causés aux docks, le paquebot Lipari est endommagé. A Mers, si les grands navires présents échappent aux projectiles, le remorqueur Estérel est coulé.
Sardaigne, front nord-ouest – Pour les hommes du général Cartier (Marignan 3 et 1515 réunis), la nuit va être agitée. Le général Petra di Caccuri a en effet formé avec le III/60e RI et le 178e bataillon de Chemises Noires une colonne qui doit enfoncer les lignes françaises et percer vers Nulvi. Il mène en personne cette colonne d’assaut, car il a décidé de ne pas se laisser bloquer avec sa division (en effet, ses subordonnés craignent qu’en cas de reddition, les Français n’exigent qu’il étende cette reddition au I/59e RI, toujours intact à l’écart du gros de la Calabria). Le colonel que le général laisse derrière lui ne reçoit expressément que « le commandement des troupes présentes dans Sassari et aux abords de la ville. »
02h00 GMT – Le général Petra ne cherche pas à percer au plus court vers Nulvi, ce qui supposerait de manœuvrer dans le terrain relativement difficile qui monte de Sassari (altitude : 225 m) vers Osilo (615 m). Il fait porter son effort vers le nord, un peu à l’est de Sennori (350 m). L’artillerie italienne entre en jeu au dernier moment, pilonnant d’après ses plans de feu la région au sud-est de Sassari. Tandis que le II/60e RI esquisse une attaque de diversion dans cette direction, appuyé à sa gauche par le 177e bataillon de Chemises Noires, la colonne d’assaut parvient à bousculer l’infanterie alpine au point de jonction des VI et IX/373e DBIA.
02h30 GMT – Une porte de sortie est entrouverte. Le VIII/373e DBIA – que le raccourcissement des lignes a permis de mettre en retrait après les efforts fournis la veille – se porte en avant pour colmater la brèche, tandis que, sur sa gauche, une partie du V/RICM, décalée au nord-ouest d’Osilo avec quelques compagnies du IV/RICM, converge vers la faille. Mais le temps que cette manœuvre s’exécute et referme le cercle autour des soldats de la Calabria, environ 500 hommes (200 du III/60e RI, le reste du 178e bataillon CC.NN.), dont le général Petra, ont pu passer. Ils se dirigent à marche forcée vers la vallée du Silis pour obliquer ensuite vers Nulvi.
06h30 GMT – Aux premières lueurs du jour, alors que les cavaliers montés de la Légion rattrapent les moins bons marcheurs des “évadés”, Petra di Caccuri parvient à Nulvi avec 140 fantassins et 260 légionnaires. Il y est accueilli par deux compagnies du I/59e RI. Ces hommes sont parvenus jusque là dans la nuit en empruntant la ligne ferroviaire à voie métrique reliant Tempio Pausania à Sassari par Nulvi (les bombardiers français n’ont pas attaqué les voies de chemin de fer). Le reste des troupes italiennes reste enfermé dans la nasse.
Sardaigne, front sud-ouest – Au contraire, la nuit est calme pour les hommes de Marignan 1 et 2. Seul incident notable : à 03h00 GMT, un hydravion italien (l’un des Cant Z.501 d’Olbia) a réussi à se poser sur l’étang de Molentargius, puis est reparti. L’appareil a évacué vers Olbia le général De Pignier et trois officiers de son état-major. Confiant au général Scanagatta « la défense de la place de Cagliari », le commandant du XIIIe Corps a quitté la capitale sarde pour continuer à coordonner la résistance dans le reste de l’île sans trop craindre la capture. De Pignier a auparavant ordonné aux hommes de la 13e Brigade côtière, en position dans le sud-est de l’île, de se retirer vers Arbatax.
Naples, 02h30 GMT – Pressée de faire quelque chose de plus que l’engagement de vedettes et de sous-marins, la Regia Marina a montré un enthousiasme tout relatif. Certes, elle dispose de moyens non négligeables en Méditerranée occidentale. Même réduite depuis le début août, la IIe Flotte de l’amiral d’escadre Riccardo Paladini aligne encore trois croiseurs lourds (Bolzano, Trento, Trieste) , trois croiseurs légers (Giovanni Delle Bande Nere , Muzio Attendolo, Raimondo Montecuccoli ) et huit contre-torpilleurs . Ces forces sont cependant réparties entre La Spezia et Naples et toute action d’envergure suppose une concentration préalable. Mais pour quoi faire ? Compte tenu de la supériorité aérienne et navale des Franco-Britanniques, il est difficilement envisageable d’aller attaquer les navires ennemis présents dans le golfe de Cagliari. Quant à aller opérer sur la côte occidentale de la Sardaigne… Le point le plus proche, Porto Torres, est à plus de 200 nautiques de La Spezia : même à 25 nœuds, c’est une affaire de plus de seize heures aller-retour. Et, si des navires sont endommagés, la retraite risque de ressembler à un chemin de croix.
En désespoir de cause, l’amiral Paladini a accepté d’exécuter dans la nuit du 6 au 7 septembre, à partir de La Spezia, un double raid contre les ports corses de Bastia, Calvi et Ile-Rousse, relativement proches de la base italienne (87 nautiques pour Bastia, 100 pour Calvi et Ile-Rousse). Intérêt stratégique et tactique incertain, impact psychologique sans doute plus assuré. Bastia sera attaqué par un groupe confié au nouveau commandant de la 3e Division de croiseurs, l’amiral de division Luigi Sansonetti , comprenant le Trento et les croiseurs légers Attendolo et Montecuccoli, escortés par les contre-torpilleurs Maestrale, Grecale, Fuciliere et Alpino. Calvi et Ile-Rousse seront bombardés par un groupe conduit par l’amiral Paladini en personne et fort des Bolzano, Trieste et Bande Nere, accompagnés de la 11e escadrille CT. A 04h30 heure italienne (02h30 GMT), les trois croiseurs lourds et le Bande Nere sortent du port de Naples et mettent le cap sur La Spezia en compagnie des quatre contre-torpilleurs de la 11e escadrille.
Golfe de l’Asinara, 03h20 GMT – Les trois MAS survivantes (MAS-509, 543 et 544) de la 2e escadrille ont reçu huit heures plus tôt à La Maddalena le renfort des quatre unités de la 1ère escadrille de La Spezia (MAS-438 à 441). Avec deux des nouvelles venues (les MAS-439 et 440), elles partent pour la troisième fois à l’attaque des bateaux français croisant dans le Golfe de l’Asinara, avec l’espoir d’atteindre enfin le croiseur léger qui en est le navire-amiral.
Côté français sont amarrés aux quais de Porto Torres les trois éclopés (Cyrnos, Pascal Paoli, Sidi Okba), plus le Spahi, le remorqueur Goliath (arrivé d’Ajaccio la veille) et les dragueurs auxiliaires Courlis et Marsouin II, mis au repos. Le C.V. Rouyer a organisé le reste de ses bâtiments en quatre groupes. Les chalutiers ASM La Sablaise et La Servannaise veillent au grain à l’entrée nord-ouest du golfe. L’aviso La Gracieuse, les dragueurs Granit et Meulière et l’auxiliaire Jean d’Agrève forment un premier barrage mobile au débouché des Bouches de Bonifacio, hors de portée cependant des gros canons de 305 mm de la batterie de la Punta Falcone. Derrière eux croisent le patrouilleur auxiliaire Sampiero Corso et les trois “600 tonnes” de la 13e DT. Enfin, le Jeanne d’Arc évolue entre les chalutiers et cette seconde ligne en compagnie des torpilleurs Fougueux et Frondeur.
La chance n’étant pas avec les vedettes lance-torpilles, elles viennent donner dans le premier barrage. Si quatre unités accélèrent et passent sans mal, le Granit réussit à placer sur la MAS-543 un obus de 65 mm qui lui tue trois hommes, dont son commandant : la vedette se retire de l’action. Les 439, 440, 509 et 544 se retrouvent devant la seconde ligne française, alertée, et se résolvent à attaquer le Sampiero Corso, pris pour un navire de bien plus grande taille. Mais, absorbé par sa manœuvre, le commandant de la MAS-440 ne voit que trop tard surgir le torpilleur Baliste, lancé à pleine vitesse, qui éperonne la vedette. Ecœurées, les autres MAS renoncent. Cependant, en se retirant, la MAS-544 évacue sa frustration en lançant sur le dragueur Meulière, qui tentait de s’opposer au repli des vedettes Un seul engin fait mouche, mais il suffit à envoyer par le fond l’ancien aviso de 360 tonnes avec 24 de ses 63 membres d’équipage.
Trouvant peu rentable la chasse aux navires de “1515”, les MAS vont y renoncer pour planifier une opération plus ambitieuse : l’attaque de la force d’appui de Marignan 1 !
Golfe de Cagliari, 02h30 à 04h30 GMT – Tandis que le Ciro Menotti consacre sa nuit à recharger ses batteries, vidées par la poursuite du convoi lent et les manœuvres pour échapper à l’escorte, le sous-marin Corallo (C.C. Loris Albanese), enfin parvenu dans sa zone d’opération, essaie en vain, à deux reprises, de s’approcher de cibles intéressantes. Aperçu, repoussé et pourchassé par les escorteurs, il doit s’écarter et, ayant dû fuir en plongée, passe lui aussi du temps à recharger ses accumulateurs.
Ajaccio, 05h00 GMT – Les croiseurs légers Marseillaise et HMS Delhi relâchent en Corse. Le La Galissonnière et les deux destroyers qui les ont accompagnés jusque là repartent pour relever le Jeanne d’Arc.
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MessagePosté le: Jeu Déc 31, 2009 22:07    Sujet du message: Répondre en citant

Opération Marignan – La journée
Bône, 06h30 GMT –
Arrivée du convoi rapide parti du golfe de Cagliari. On commence sans traîner à charger sur les cargos Dupleix et Pierre L.D. les matériels destinés à Marignan 1.
10h00 GMT – Arrivée du survivant du convoi lent, le cargo Ile d’Aix, et de son escorte.
11h00 GMT – Le convoi rapide parti d’Oristano est à l’abri. Au lever du jour, le sous-marin Marcello (C.C. Carlo Alberto Teppati) a lancé, dans des conditions médiocres, deux torpilles « sur un petit paquebot » (vraisemblablement le Prince Philippe) : personne, du côté allié, ne s’est aperçu de l’attaque !
Très vite, le paquebot Massilia embarque le 13e BCA et les personnels du 1er Groupe de canonniers-marins et du Groupe de DCA mobile de la Marine, tous destinés à Marignan 1. Les Koutoubia, Côte d’Argent et Prince Philippe en font autant des hommes du 3e RTS, qui doivent aller à Oristano. Le matériel du régiment est embarqué sur les cargos Belain d’Esnambuc et Sidi Brahim, avec des fournitures pour les troupes de Marignan 2.
Marignan 3, 07h00 GMT – Les premières reconnaissances aériennes montrent le noyau de résistance constitué à Nulvi par les Italiens. Donnant la priorité à la réduction de la poche de Sassari, le général Cartier se contente de le faire surveiller en poussant le VIII/373e DBIA jusqu’au petit fleuve Silis et en avançant vers Nulvi même, à 17 km d’Osilo, quelques compagnies du V/RICM et les escadrons montés du 2e REC. Si les Italiens ne bougent pas d’ici là, il envisage de tourner cette difficulté au bout de deux ou trois jours en débarquant dans la plaine du Coghinas un ou deux bataillons, qui pourraient remonter le petit fleuve jusqu’au lieu-dit Scala Ruia, pour couper les communications directes entre Nulvi et Tempio Pausania.
En revanche, de méchante humeur après le mauvais moment passé durant la nuit, il décide d’éliminer tout de suite les quelques éléments de la 14e Brigade côtière qui restent au nord-ouest de Porto Torres. La compagnie du VI/373e DBIA qui se trouve là est invitée à nettoyer le terrain jusqu’à la pointe Aquila et à prendre dans la foulée l’île de l’Asinara.
07h30 GMT – Ravi de pouvoir participer à une dernière action avant de se retirer, le C.V. Rouyer n’hésite pas à vider un peu plus les soutes de la Jeanne. Au bout de quinze minutes de feu, un drapeau blanc apparaît sur le petit port de Stintino. La compagnie d’infanterie alpine peut avancer sans avoir à tirer un seul coup de fusil.
08h00 GMT – Tandis qu’une moitié des chasseurs alpins occupent le terrain aisément conquis, l’autre moitié prend passage sur les dragueurs auxiliaires Courlis et Marsouin II et, appuyée par la compagnie de débarquement de la Jeanne, embarquée dans les canots du croiseur, s’en va prendre pied sur l’Asinara. Quelques obus de 155 plus tard, les quelques soldats occupant l’île capitulent à leur tour.
08h45 GMT – Quand le La Galissonnière se présente, c’est un commandant Rouyer de fort bonne humeur qui passe le relais à son collègue, le C.V. Dupré. Avec le sentiment d’avoir bien travaillé, la Jeanne part pour Mers-el-Kébir, où elle doit arriver le lendemain en début d’après-midi. Elle est escortée par les HMS Encounter et Fortune, qui seront relevés à mi-chemin par les contre-torpilleurs de la 1ère DCT, revenant d’accompagner à Alger les croiseurs lourds Colbert et Dupleix.
10h00 GMT – L’Armée de l’Air prend enfin possession de l’aérodrome d’Alghero-Fertilia, conquis l’avant-veille. Deux MS-406 du GC III/1 sont les premiers à s’y poser. Ils sont suivis par huit Bloch MB-200 convertis en avions de transport, qui amènent d’Ajaccio en plusieurs rotations des “rampants” et des fournitures. En milieu d’après-midi, les neuf appareils de la 1ère escadrille du groupe (Spa 84, les “Renards”) auront rejoint Fertilia. Les huit Potez 63.11 disponibles du GR I/22 les rejoindront au coucher du soleil.
11h00 GMT – Autour de Sassari, appuyés par leur artillerie et par les Potez 63.11 du Groupement d’Observation de Corse, les Martin 167F du GB I/32 et ceux du GR I/61, les hommes du général Cartier repoussent vers la ville les unités de la Calabria encerclées. Certes, les I et II/60e RI parviennent à tenir les collines qui surplombent de 50 à 60 m la cité au sud-est et à l’est, et les éléments du III/59e RI et du 178e bataillon de Chemises Noires non engagés la veille, aidés par les hommes des services, s’accrochent au Monte Rosello. Mais les autres unités (soit, en tournant du sud-ouest au nord-ouest, les restes du III/59e RI et du 178e bataillon CC.NN., le II/59e RI et le gros des III/60e RI et 177e bataillon CC.NN.) reculent et se désagrègent inexorablement.
18h30 GMT – Au nord de Sassari, le IX/373e DBIA est installé à l’Ecole d’Agriculture. Un peu au sud-ouest, le IV/28e RTT menace la gare de marchandises. A sa droite, le IV/373e DBIA a enlevé le cimetière et se trouve aux portes du centre historique. Son voisin de droite, le V/373e DBIA, a poussé jusqu’à l’hôpital San Pietro et, plus à droite encore le VII/373e DBIA menace les arrières du I/60e RI que fixe le IV/RICM. Bref, le fruit est mûr mais il faut encore le cueillir…
………
Marignan 2, 06h30 GMT – Conformément aux ordres de Béthouart, le général Pellet divise ses forces en deux, pour en finir avec Samassi et nettoyer le sud-ouest de l’île.
Samassi, 11h30 GMT – Les bombardements des Potez 63.11 du GR II/36 et les Douglas DB-7 des GB I/19 et II/19 n’ont pas suffi à emporter la décision. Il faut un assaut en règle des trois bataillons du 4e RTS, appuyés par les canons de 75 du Groupe autonome d’artillerie mobile 314, pour que cesse la résistance des Chemises Noires et des fantassins du 45e RI qui les avaient rejoints la veille.
Le village tombe à 12h30 GMT. Laissant au repos les hommes du 4e RTS, Pellet pousse le I/20e RIC jusqu’à Siliqua.
Sud-ouest de la Sardaigne – Pendant l’élimination des défenseurs de Samassi, les II et III/20e RIC (moins une garnison laissée à Villacidro), ainsi que le 4e GRDI commencent à nettoyer le sud-ouest de l’île. Les Français, ne s’attendant pas à trouver intactes les installations minières, ne se hâtent pas particulièrement de les occuper : en fait, les destructions varieront suivant les mines (celles de charbon seront partiellement laissées intactes par souci du sort des populations locales). Comme les coloniaux ne sont pas motorisés, l’avance est assez lente.
La partie du III/20e RIC arrivée la veille à Arbus marche sur Fluminimaggiore puis sur la zone minière (plomb, zinc) plus au sud. Après avoir remis la garde du terrain de Villacidro aux premiers éléments de l’Armée de l’Air venus en évaluer l’état, le reste du bataillon descend jusqu’à Domusnovas, où il arrivera en fin de journée.
17h00 GMT – Le 4e GRDI est passé par Domusnovas peu après le départ du GRDI polonais. Il ne s’y est pas arrêté, mais a foncé sur Iglésias. Les éléments en principe non combattants de la division Sabauda qui tiennent la petite ville ne résistent que le temps d’un échange de coups de feu. La menace d’un assaut par les tirailleurs sénégalais (qui sont en réalité encore loin) les convainc de déposer les armes.
………
Marignan 1, 08h30 GMT – Si le général Béthouart espérait que le moral italien était suffisamment atteint pour céder à la menace de bombardements aériens, navals et terrestres accrus, voire à la vue des trois cuirassés désormais présents dans le golfe de Cagliari, il en est pour sa peine. Son émissaire est poliment mais fermement éconduit par le général Scanagatta, ce qui permet du moins aux Français de savoir que le général De Pignier a fait en sorte de conserver sa liberté de mouvement.
09h00 GMT – Cagliari commence à subir un lourd matraquage. Certes, ce sont ses défenses qui sont visées, mais certains projectiles s’égarent et les quartiers d’habitation proches souffrent aussi. Sont à nouveau traitées les batteries qui l’avaient été le 4 septembre (Tuvixeddu et C 135 ou San Bartolomeo) mais les bombardements s’étendent à toutes celles susceptibles de tirer contre la terre, sur le territoire de Cagliari (C 194 à Giorgino, C 198 sur le Monte Urpinu) comme sur celui de Quartu Sant’Elena (C 165 à Nuraghe Capitana). Les batteries anti-navires Roberto Prunas au cap Sant’Elia et Carlo Faldi à Torre Mortorio (Quartu Sant’Elena) ne sont pas oubliées, leur neutralisation pouvant permettre l’intervention des unités navales légères en soutien des opérations terrestres.
10h00 à 10h40 GMT – Alors que le sous-marin Corallo tente de s’approcher des cuirassés, son périscope est repéré par le chalutier ASM L’Ajaccienne. Le commandant du chalutier grenade vigoureusement tout en appelant des renforts. Les torpilleurs Brestois et Boulonnais accourent, suivis par le chalutier La Sétoise. Gravement endommagé, le Corallo finit par faire surface au milieu des navires français. Ceux-ci voient nettement son équipage entreprendre de l’évacuer. Mais, contrairement à leur attente, le submersible ne s’enfonce pas rapidement. Continuant à faire preuve d’initiative, le commandant de l’Ajaccienne, imité par celui de la Sétoise, se dirige alors vers sa victime et l’aborde. Une fois à bord, les équipes de prise des chalutiers trouvent le commandant Albanese et l’ingénieur-mécanicien en train de se battre avec des prises d’air endommagées par le grenadage. Les deux officiers maîtrisés, les marins français ferment les autres prises. Le Corallo peut ensuite être remorqué jusqu’à la côte et échoué devant la plage “Bayard”. Le tir des cuirassés ne s’est même pas interrompu.
Ramené dans le port de Cagliari après la chute de la ville et sommairement remis en état, le sous-marin sera remorqué à Alger et, une fois réparé, intégré à la flotte française sous le nom de Doris . Il ne servira pas en première ligne mais comme bâtiment-école, pour les sous-mariniers et pour l’entraînement ASM des navires et des avions.
19h30 GMT – Le bilan des opérations terrestres de la journée est un peu décevant.
Certes, le GRDI polonais, les automitrailleuses du 2e REC et les compagnies motorisées du III/7e RIP en finissent avec ce qui restait du III/46e RI en prenant Dolianova et en poussant ensuite jusqu’à Villasalto et San Vito. Mais les hommes de la 13e Brigade côtière ont eu le temps de se retirer au-delà du fleuve Flumendosa.
Du côté de Cagliari, les soldats du général Lhuillier ont successivement enlevé les reliefs de Cuccuru e Serra (62 m) et de la colline San Michele (120 m), mais ils ont été arrêtés par la ligne de défense des collines de Tuvixeddu (99 m), Is Mirrionis (110 m) et Monte Claro (63 m). L’action des Polonais du général Bohusz-Szusko a été un peu plus rentable. Avec l’appoint des chars H-39 prêtés par Lhuillier, les hommes du 8e RIP ont enfoncé un coin dans la ligne de défense italienne en emportant Quartucciu et, dans un dernier effort, sont entrés dans Quartu Sant’Elena avant la nuit. Un des petits blindés a été détruit et un endommagé.
………
Mer Tyrrhénienne, à la hauteur de Livourne, à partir de 15h 06 GMT – Le sous-marin MN Pégase (L.V. Mottez) aperçoit à 16h06 (heure française) l’escadre partie de Naples. La chance veut qu’il se trouve directement sur la route des Italiens – au bout d’une demi-heure de manœuvres discrète, il parvient en bonne position pour lancer. Bonne au point que le L.V. Mottez essaie de réaliser un coup double en lançant simultanément de ses tubes de poupe sur le croiseur lourd Trento et de son affût mobile sur le Bolzano. Mais il a légèrement sous-évalué la vitesse de ses cibles et une seule torpille de 400 de l’affût mobile touche le Bolzano à la poupe, endommageant sa ligne d’arbre bâbord. Quant aux trois torpilles de 550 de poupe, elles manquent le Trento… mais l’une d’elles frappe le contre-torpilleur Geniere, chef de la 11e escadrille CT, naviguant à tribord arrière du croiseur. Le Pégase réussit ensuite à échapper aux recherches des trois autres contre-torpilleurs. De ses deux victimes, le Bolzano sera de retour en ligne dès le début janvier 1941 mais le Geniere, remorqué à Livourne par le Bande Nere, va rester indisponible un an. La mésaventure fournit à l’amiral Paladini un prétexte pour reporter l’opération prévue.
La Maddalena, 16h30 GMT – A la demande de la Marine, agacée par l’activité des MAS, neuf Martin du GR I/61 et sept du GB I/32 bombardent la base de la Maddalena pour essayer de détruire les vedettes, mais en vain.
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MessagePosté le: Dim Jan 03, 2010 19:33    Sujet du message: Marignan 7 septembre Répondre en citant

Opération Marignan – La nuit
Golfe de Cagliari, 03h30 GMT – Parties sept heures plus tôt de la Maddalena, les cinq MAS opérationnelles – deux de la 2e escadrille (MAS-509 et 544) et trois de la 1ère (MAS-438, 439 et 441) – doublent le cap Carbonara avec l’espoir d’atteindre les grands bâtiments de Marignan 1. La flottille se sépare en deux : la 1ère escadrille va tenter une approche directe, d’est en ouest, tandis que la 2e va exécuter un mouvement tournant, de façon à arriver au contact à partir du sud-ouest.
L’assaut de la 1ère escadrille s’englue rapidement dans le réseau d’escorteurs de tous tonnages qui veillent sur l’Ark Royal, les trois cuirassés et les croiseurs. La MAS-438 parvient toutefois à lancer sur le HMS Sheffield. En manœuvrant brutalement pour éviter les torpilles, le croiseur léger coupe la route du destroyer HMS Foresight. Ce dernier peut cependant redresser suffisamment sa course pour venir ripper le long de la coque du croiseur. Si ce dernier ne souffre guère (sa coque n’est que cabossée et il n’y a que cinq blessés dans son équipage), le Foresight est endommagé (coque déformée et voie d’eau) et perd quatre hommes (portés disparus), sans compter onze blessés. Les MAS-439 et 441 lancent d’un peu loin sur l’Ark Royal, qui échappe sans trop de peine aux quatre torpilles. Les trois vedettes peuvent se dégager sans dommages.
Les deux vedettes de la 2e escadrille, de leur côté, sont à deux doigts de réussir un beau coup. La MAS-509 ayant attiré l’attention des escorteurs français, la MAS-544 parvient à s’approcher du Provence mais, comme le 4 septembre, elle connaît des problèmes de mise à feu de ses torpilles au moment de lancer. Elle parvient toutefois à se retirer indemne. De son côté, repoussée loin des cuirassés, la MAS-509 insiste et se retrouve à proximité des navires de transport. Elle tente de s’en prendre au paquebot Massilia mais, serrée de près par le torpilleur Bombarde, n’arrive pas à se mettre en bonne position (d’autant que sa cible n’est pas coopérative et s’écarte). Continuant sa course vers le fond du golfe, elle aperçoit des silhouettes immobiles : le Mariette Pacha endommagé et le Mexique, déjà réduit à l’état d’épave. Dans le doute, son commandant lance une torpille sur chacune de ces cibles et toutes deux font but. Celle qui percute le Mexique est gaspillée, mais l’engin qui touche le Mariette Pacha complète le travail entamé deux jours plus tôt par Carlo Emanuele Buscaglia, le navire est perdu. Mais la MAS-509 a trop forcé sa chance et alors qu’elle amorce sa retraite, elle est touchée par les tirs de l’Iphigénie, venue épauler le Bombarde. Moteurs atteints, elle ralentit et est achevée par les deux torpilleurs.
Venant après l’attaque du Corallo la veille, celle des MAS convainc l’amiral Duplat qu’il vaut mieux retirer la force d’appui-feu du golfe de Cagliari avant que la Fortune ne choisisse les marins italiens. Les forces terrestres (et aériennes) sauront bien obtenir la chute de Cagliari. Il fait part sans tarder de son analyse tant à l’Amirauté qu’au général Béthouart. Compréhensif, ce dernier demande cependant à bénéficier de l’appui des canons de la flotte et des avions de l’Ark Royal jusqu’à ce que la principale position de résistance italienne ait cédé : un jour ou deux, pas plus. L’Amirauté ne demande pas mieux que d’économiser ses gros navires et celui obligeamment prêté par l’allié britannique, qui s’est d’ailleurs (discrètement) inquiété. Il est acquis que le porte-avions repartira vers l’ouest au coucher du soleil, en même temps, espère-t-on à Alger, que les trois cuirassés.
………
Sardaigne, front nord-ouest – Les hommes du général Cartier passeraient une nuit somme toute tranquille si les artilleurs du 40e RA Caprera ne se livraient à des tirs de harcèlement, auxquels répondent leurs “collègues” des I et II/92e RAM et du III/2e RAC. En fait, l’événement décisif se joue ailleurs, dans l’hôtel de ville de Sassari assiégée. Une discussion animée y oppose le colonel S…, placé à la tête des troupes encerclées au podestat de Sassari, l’Ingegnere Giacomo Crovetti. Tout hiérarque fasciste qu’il est, Crovetti est avant tout un homme aimant sa ville. La voir transformée en champ de bataille lui aurait paru (difficilement) tolérable s’il avait espéré un succès mais, comme son collègue d’Olbia, il sait à quoi s’en tenir sur les capacités de défense de la Sardaigne. Le podestat amène peu à peu son interlocuteur à admettre d’abord l’évidence : avec ses seuls moyens, il ne pourrait briser le siège ; puis une vérité plus difficile à exprimer : défendre Sassari jusqu’au bout n’infléchirait en rien le sort d’une île abandonnée à elle-même. Dans ces conditions, le colonel ne pourrait-il sauver son honneur militaire sans faire réduire la cité à un tas de ruines ?
Le général Cartier apprend à 04h00 GMT le résultat de ce débat par un parlementaire italien, un maggiore du 60e RI, qui se présente devant les lignes du IV/373e DBIA. Le message du colonel S… dit en substance que, dans un souci d’humanité, il déclare le centre historique de Sassari ville ouverte : la population des quartiers plus récents y trouvera un refuge pendant les combats à venir. Il sollicite donc une trêve permettant à ses soldats de se retirer du centre-ville pendant que les civils des autres quartiers assiégés s’y transporteront. L’un des officiers de l’état-major de Cartier résume lapidairement la proposition : « En somme, on ne se battrait qu’à partir du XIXe siècle ! » Après mûre délibération, le général Cartier accepte d’accorder à son adversaire une trêve de cinq heures, temps jugé nécessaire pour évacuer sommairement un peu plus de 20 000 civils et courant à partir de 05h00 GMT.
Front sud – Nuit calme pour les troupes de Marignan 2.
Un bref engagement, de 02h30 à 03h00 GMT, réveille les troupes de Marignan 1 : les Italiens essaient en vain de reprendre aux Polonais du 8e RIP quelques maisons de Quartu Sant’Elena formant saillant. Il ne peuvent que faire deux prisonniers (ce qui porte à dix le nombre de Polonais prisonniers, en plus de quatorze Français).
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Jan 03, 2010 19:36    Sujet du message: Répondre en citant

Opération Marignan – La journée (du 7 septembre)
La Spezia, 06h30 GMT – La DCA aboie en vain contre un appareil de reconnaissance très certainement français. Une fois en sécurité, le Pégase a rendu compte de sa rencontre et des résultats estimés de son attaque. En conséquence, l’Amirauté a demandé à l’Armée de l’Air une surveillance accrue de La Spezia. Un Amiot 351 GR du Groupement Alias a donc été envoyé survoler la base italienne.
Au large de la côte est de la Sardaigne, 06h45 GMT – Douze Skua de l’Ark Royal parviennent à retrouver les MAS en retraite vers la Maddalena. Leur attaque est fatale à la MAS-544 : elle n’a pas lancé ses torpilles et l’une d’elle, touchée, explose. Endommagée, la MAS-439 peut se traîner jusqu’à Arbatax, où elle est repérée en fin de matinée par un Arsenal VG-33. Deux Swordfish iront l’achever dans l’après-midi. Seules les MAS-438 et 441 parviennent à rejoindre la Maddalena, où elles échappent à nouveau, dans l’après-midi, aux bombes des Martin 167 du GR I/71 et du GB I/32.
Le bilan chiffré reste très favorable aux MAS (même en ne leur attribuant que la moitié du Mariette Pacha), mais cette relative réussite n’a guère eu d’effet sur les opérations.
Alger, 7h30 GMT – Arrivée du convoi lent parti d’Oristano le 5 à 22h30. Dans la journée, il a été attaqué par le sous-marin Maggiore Baracca : celui-ci a lancé deux torpilles de ses tubes de poupe sur le paquebot Sagittaire, fermant la marche du convoi, l’a raté, mais a pu se dérober à la contre-attaque des escorteurs.
Alger, 10h45 GMT – Au bureau Opérations de l’Amirauté, les photos ramenées de La Spezia par l’Amiot de reconnaissance provoquent une belle effervescence : au lieu des deux croiseurs et quatre contre-torpilleurs présents là-bas ces deux dernières semaines, il y en a maintenant respectivement six et sept. Sur ces clichés, les dommages infligés au Bolzano ne sont guère perceptibles (il faudra de nouvelles photos le montrant en cale sèche pour que soit confirmé le coup au but du Pégase). Les marins français se doutent bien que la Regia Marina n’a pas regroupé les bâtiments de la IIe Escadre sans motif. Comme, à l’exception d’Ajaccio, les ports corses sont vides, ils n’imaginent pas une attaque dirigée contre eux ; en revanche, ils envisagent sérieusement un raid contre l’escadre de “1515”, à Porto Torres, ou contre les navires encore présents à Alghero ou Oristano. Et cela au moment où l’on vient de décider de replier les cuirassés et l’Ark Royal…
Après réflexion, on choisit de ne pas s’affoler : il est possible de parer la menace sans annuler le retrait des grandes unités ni le retour sur Alger des croiseurs lourds Colbert et Dupleix. La solution trouvée : rassembler à Ajaccio, sous les ordres de l’amiral Marquis, une force capable de s’opposer aux Italiens. On choisit pour cela les croiseurs lourds Algérie et HMAS Australia ainsi que le croiseur léger Jean de Vienne (la prudence commande de ménager le HMS Sheffield) qui iront rejoindre les Marseillaise et HMS Delhi. Pour couvrir cette force contre de possibles attaques aériennes, on y adjoindra le HMS Carlisle. On peut espérer que cette escadre, ainsi placée, pourra intercepter un raid italien à l’aller (cas évidemment souhaitable) ou du moins au retour. Dans cette dernière hypothèse, on ne peut qu’espérer que les cibles potentielles de l’action italienne – notamment la petite escadre de Porto Torres, désormais confiée au C.V. Dupré – s’en seront tirées sans trop de casse. En attendant, l’Armée de l’Air pourrait bombarder La Spezia pour essayer d’affaiblir l’adversaire.
La Spezia, 16h15 GMT – L’Armée de l’Air tâche de satisfaire les marins : 10 LeO 451 du GB I/31, partis de Sidi-Ahmed, bombardent la base italienne. Le torpilleur Sagittario encaisse une bombe qui le met hors service pour quatre mois, mais les navires de l’amiral Paladini sont indemnes, sauf le croiseur lourd Trieste, criblé par les éclats de deux bombes tombées non loin de lui. Les bombardiers français ne s’en sortent pas sans perte. En effet, depuis le raid du 2 septembre, la Regia Aeronautica assure une couverture aérienne a priori de la base navale, qui repose sur les Fiat G.50 du 24e Groupe de Chasse terrestre (CT) basé à Sarzana. Les huit G.50 en patrouille ne peuvent empêcher le bombardement, les bimoteurs français leur filant sous le nez, mais ils rattrapent et achèvent ensuite l’un des LeO, endommagé par la DCA.
La Spezia, 17h30 GMT – Les troupes de Marignan ayant désormais moins besoin d’appui aérien, les forces de la ZOA-Co (Corse et Sardaigne) ont réuni de quoi monter un raid diurne contre la flotte italienne (une attaque des MB-210 étant programmée pour la nuit du 7 au Cool. Ce raid rassemble 26 bombardiers : 17 Douglas DB-7 (8 du GB II/61 et 9 du II/32), ainsi que 9 Martin 167F (du I/32). Leur protection est assurée par 28 Curtiss H-75 : 20 des deux escadrilles du GC I/5 et 8 de la 1ère escadrille (les Diables rouges) du GC II/4. Sage précaution, car l’attaque des LeO du GB I/31 n’a pu qu’inciter les Italiens à plus de vigilance. De fait, ce sont cette fois 12 Fiat qui sont en l’air. Ils donnent l’alerte et, malgré leur infériorité numérique, se jettent courageusement sur la formation française. Interceptés par les Curtiss du I/5, ils ne peuvent approcher les bombardiers et, s’ils abattent un Curtiss de la 2e escadrille (les Faucons dorés), ils perdent quatre des leurs, dont deux descendus par le lieutenant Marin la Meslée (des Cigognes). Douglas et Martin bombardent donc initialement sans autre opposition que celle de la DCA, qui se montre précise : un DB-7 du GB II/32 explose (pas de survivants) et un autre du même groupe est endommagé, tout comme deux Martin 167. Onze autres Fiat G.50, qui ont décollé en urgence, interviennent à la fin du bombardement. Pendant que six d’entre eux affrontent les avions du GC II/4 et en abattent un pour la perte de deux des leurs, les cinq autres arrivent à engager les bombardiers et abattent l’un DB-7 du GB II/61, plus l’un des Martin déjà endommagés, mais un retour des Curtiss du I/5 leur coûte deux appareils. Sur l’ensemble des deux raids, le 24e Groupe CT a perdu 8 avions pour 5 victoires. Les Français ont perdu 7 appareils (le DB-7 endommagé du GB II/32 ayant dû amerrir au large de Miomo ). En contrepartie, le petit pétrolier militaire Cocito (1 433 t) est “provisoirement” coulé (il sera relevé et remis en service), mais surtout, trois navires de l’escadre Paladini sont endommagés. Les croiseurs légers Bande Nere et Montecuccoli vont devoir passer respectivement 30 et 40 jours en réparation ; le contre-torpilleur Camicia Nera en prend pour trois mois d’indisponibilité...
Les conséquences psychologiques des deux raids vont bien au-delà de leurs résultats matériels. L’amiral Paladini est persuadé que tout effet de surprise est éventé (ce qui n’est que partiellement exact, puisque les Français n’imaginent pas un bombardement des ports corses) et que les navires qui lui restent vont être attendus de pied ferme. Il pourrait encore frapper l’un de ses objectifs avec les trois croiseurs qui lui restent, mais il préfère obtenir de l’amiral Cavagnari l’annulation pure et simple de la mission. Ses navires quitteront bien La Spezia dans la nuit, mais ce sera pour se disperser : les navires intacts entre Livourne et Naples, les blessés entre les chantiers navals de Gênes, Livourne et Castellamare.
Cette timidité entraînera du côté français un excès de confiance qui ne sera pas pour rien dans la réussite de l’opération de Capraia, trois semaines plus tard !
………
Marignan 3
Alghero, 7h30 GMT – Partis d’Ajaccio huit heures plus tôt, sous l’escorte du torpilleur Bouclier et des avisos La Boudeuse et La Moqueuse, les cargos Djebel Dira et Djebel Nador sont de retour à Alghero avec le matériel roulant du IV/28e RTT.
Porto Torres, 08h00 GMT – Protégé comme à l’aller par le chalutier ASM La Havraise et le patrouilleur auxiliaire Ville d’Ajaccio (P4), le cargo Catherine Schiaffino, parti d’Ajaccio huit heures plus tôt, est de retour avec du matériel et des fournitures, notamment pour l’artillerie de montagne.
Sassari, 10h00 à 19h30 GMT – A l’expiration de la trêve, les troupes du général Cartier attaquent les collines autour de Sassari et les quartiers neufs (seulement !). Elles sont appuyées par leur artillerie et par les avions du GR I/22, dont c’est la première sortie du terrain de Fertilia. Au soir, au prix de pertes non négligeables, elles ont réussi à fragmenter la résistance italienne en petits noyaux disjoints : les restes de diverses unités s’obstinent dans la caserne La Marmora et divers édifices entourant la piazza Castello, les survivants du II/60e RI s’accrochent sur la plus haute (282 m) des collines proches, d’autres soldats tiennent encore dans le quartier des Cappuccini (Capucins), au pied du Monte Rosello qui, lui, est tombé. Ramenés d’Osilo, les escadrons motorisés du 2e REC ont balayé avec ardeur la vallée d’Acquachiara sans trop regarder à la casse : trois automitrailleuses sont définitivement perdues et cinq autres ont besoin de réparations plus ou moins lourdes.
Pendant que se déroulaient les combats de Sassari, les Potez 63.11 du Groupement d’Observation de Corse attaquaient Nulvi, visant notamment la gare, pendant que 9 Martin 167F du GB I/32 bombardaient (enfin) le pont ferroviaire sur le Coghinas pour gêner les liaisons entre Nulvi et Tempio. L’ouvrage n’ayant été qu’endommagé, un second bombardement est effectué par 8 Douglas DB-7 du GB II/61 ; cette fois, le pont est coupé.
En fin de journée, les MS-406 des Renards sont rejoints à Fertilia par la 2e escadrille du GC III/1 (les Canards). La 2e escadrille du GC II/4 (les Petits Poucets) glisse aussi vers le sud : elle quitte Calvi pour le terrain de Propriano-Tavaria.
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Marignan 2
Sud-ouest (Iglesiente), 07h00 à 19h00 GMT – Le I/20e, le II/20e et une partie du III/20e RIC se portent par fractions de Siliqua et Domusnovas à Iglesias en train , grâce au matériel ferroviaire trouvé intact dans cette ville. Si, deux jours plus tôt, les Italiens ont fait sauter, outre le pont routier, le pont ferroviaire sur le Cixerri, coupant la ligne Siliqua-Calasetta par Narcao, Tratalias et San Giovanni Suergiu, la ligne Siliqua-Calasetta par Iglesias, Gonnesa et la ville nouvelle de Carbonia est demeurée intacte, au moins jusqu’à la capitale régionale.
L’arrivée des hommes du 20e RIC libère le 4e GRDI qui se porte en avant, par Monteponi et Gonnesa, jusqu’à Portoscuso pour constater qu’il ne pourra guère s’en prendre seul à la batterie SR 310 bâtie sur le Cap Altano. Tandis que les éléments du III/20e RIC restent à Iglesias pour sécuriser la ville et garder le bon millier de prisonniers fait la veille par le GRDI, les I/20e et II/20e RIC reprennent le train. Le premier pousse d’abord jusqu’à Carbonia : la progression est prudente mais la ligne se révèle décidément utilisable. La ville nouvelle (1938, mais déjà 12 000 habitants) est occupée sans coup férir : les Français y saisiront un peu plus tard un trophée, le lion de bronze tenant un faisceau qui ornait le sommet du beffroi municipal ! Peu après, une partie du bataillon va occuper la mine de charbon de Serbariu. A l’annonce de l’arrivée des Français, la garnison de l’île de Sant’Antioco fait sauter les ponts routier et ferroviaire unissant l’île à la Sardaigne : pour l’occuper, une opération amphibie sera inévitable !
C’est au II/20e RIC qu’il revient de résoudre le problème de la batterie SR 310. Celle-ci est attaquée dans l’après-midi, après les bombardements successifs de 22 MB-210 venus de Corse et 18 DB-7 basés en Algérie. Elle se rend à 19h15 GMT, au bout de cinq heures de lutte, une fois ses armes de défense rapprochée neutralisées . Succès chèrement payé par le bataillon qui perd 9 tués et 14 blessés. Avant de se rendre, la garnison (une centaine d’hommes, qui ont eu 17 morts et blessés) a saboté tout ce qu’elle a pu. Dans la soirée, le 4e GRDI s’avance jusqu’à San Giovanni Suergiu.
Pendant que le 20e RIC opérait dans l’extrême sud-ouest, le 4e RTS est reparti de Samassi. Le général Pellet l’a finalement fractionné. Tandis que les I et II/4e se dirigent vers le sud, arrivant en fin de journée à Rosas, le IIIe bataillon pousse deux pointes au nord-est et à l’est de Samassi, à Villamar et Senorbi.
Oristano, 17h00 GMT – Escorté par les torpilleurs de la 11e DT et les avisos Commandant-Duboc et Commandant-Dominé, les cinq bâtiments du convoi rapide transportant le 3e RTS et son matériel arrivent dans le golfe d’Oristano. Le régiment pourra dès le lendemain matin commencer à progresser dans le centre de la Sardaigne.
Aérodrome de Villacidro, 17h20 GMT – Arrivée symbolique de 3 Potez 63.11 du GR II/36, accueilli par une équipe de “rampants”, eux-mêmes arrivés le matin. Villacidro s’est finalement révélé en moins mauvais état que Decimomannu, mais il faudra encore du travail pour que tout le groupe puisse se redéployer en Sardaigne. Pour souligner la chose, l’un des Potez, en roulant vers le parking, met sa roue gauche dans un trou mal bouché, fauche sa jambe de train et se retrouve indisponible pour plusieurs jours.
………
Marignan 1
Golfe de Cagliari, 07h00 GMT – Arrivée du paquebot Massilia, escorté par les torpilleurs de la 12e DT. Le 13e Bataillon de Chasseurs Alpins (BCA) est débarqué aussi vite que possible. A la mi-journée, il est en place, en réserve, derrière la division du général Lhuillier. Les canonniers-marins suivent.
08h00 GMT – Les Italiens ayant entrepris de déplacer la quasi-épave du croiseur auxiliaire Attilio Deffenu de façon à pouvoir utiliser ses deux pièces de 100 mm pour la défense des abords nord-ouest de Cagliari, douze Swordfish de l’Ark Royal attaquent le port et l’achèvent : le Deffenu chavire. Pour faire bonne mesure, les biplans coulent aussi l’un des remorqueurs qui s’activaient et deux petits bateaux : le voilier Lilibeo (191 GRT) et le patrouilleur auxiliaire Bella Italia (V.295, 124 GRT). Mais, si les principales batteries AA sont désormais hors d’état d’intervenir, il reste de la DCA légère et l’un des appareils, touché, doit amerrir en vol plané non loin de l’Ark Royal.
09h00 GMT – C’est au tour des cargos Dupleix et Pierre L.D. d’arriver de Bône, protégés par le torpilleur Alcyon et les avisos Chamois, L’Impétueuse, La Batailleuse et La Curieuse. Les pièces de 90 mm AA sont rapidement mises en place de façon à couvrir au mieux les plages, tandis que les huit 155 mm du 1er Groupe de canonniers-marins vont participer dès le début de l’après-midi au pilonnage de Cagliari.
Siège de Cagliari – La journée voit des progrès décisifs. A l’est, les fantassins polonais du 8e RIP, appuyés par les H-39 (dont deux sont endommagés pendant l’assaut), finissent d’occuper Quartu Sant’Elena avant 13h00. Dans le même temps, des éléments des I et II/7e RIP ont attaqué la batterie côtière Faldi, à Torre Mortorio, laissée de côté la veille. Isolé du gros italien depuis le 5 au soir, l’ouvrage a recueilli les survivants de la garnison de la batterie voisine C 165 . La batterie finit par se rendre après avoir repoussé le premier assaut. Les soldats polonais font près de 200 prisonniers. Ils découvrent que, si les quatre pièces de 152 ont été sabotées par les canonniers italiens, une seule avait été endommagée par le feu des navires (volée du canon fendue). En revanche, les autres bâtiments, dont la centrale de tir, avaient beaucoup souffert. Dans l’après-midi, un assaut conjoint franco-polonais fait tomber Selargius, tandis que la 13e DBLE grignote seule Monserrato.
A l’ouest, la 24e DBCA prend, perd et reprend le Monte Claro et la colline d’Is Mirrionis. L’entrée en ligne, dans l’après-midi, des troupes fraîches du 13e BCA, qui relève le 6e BCA bien éprouvé par l’âpreté de la lutte, permet de prendre aussi le Mont Tuvixeddu. La principale ligne de résistance du général Scanagatta a disparu. En vue de la poussée du lendemain dans la ville même, le général Lhuillier récupère les huit chars H-39 encore opérationnels, auxquels vient s’ajouter celui qui avait été endommagé le 5 mais qui a pu être réparé.
Dans la partie sud-est de l’île, après avoir soufflé une demi-journée, le temps de voir arriver un complément de ravitaillement en essence, les éléments motorisés (GRDI polonais, automitrailleuses du 2e REC, partie du III/7e RIP) s’assurent de la basse vallée du Flumendosa (Muravera et Villaputzu) et poussent ensuite vers le nord jusqu’à Cardedu, sur la route d’Arbatax.
………
Golfe de Cagliari, 17h00 GMT – L’Armée de Terre ayant désormais la situation bien en main, le vice-amiral Duplat peut mettre à exécution sa décision de se retirer du golfe de Cagliari, décision reprise à son compte par Alger. A l’exception du navire-hôpital Canada (dont les lits se sont remplis de blessés français et polonais mais aussi italiens), du Pigeon endommagé, des autres dragueurs auxiliaires, qui ont encore du travail dans les eaux sardes, des quatre avisos-dragueurs et des deux chalutiers ASM, qui restent patrouiller, tous les bâtiments alliés vont quitter le golfe. Le premier départ est celui des quatre croiseurs envoyés à Ajaccio. Algérie, Australia, Jean-de-Vienne et Carlisle sont escortés par les contre-torpilleurs Lynx, Panthère et Tigre (4e DCT) et les torpilleurs Brestois et Boulonnais (5e DT).
19h00 GMT – Les Massilia, Dupleix, Pierre L.D. et Prosper Schiaffino repartent pour Bône, escortés par le HMS Firedrake, l’Alcyon et les “600 tonnes” de la 12e DT. Le porte-avions Ark Royal, les trois cuirassés français et le HMS Sheffield mettent de leur côté le cap sur Mers-el-Kébir, accompagnés des 3e et 9e DCT, de la 6e DT et des quatre destroyers britanniques (le Foresight restant capable de marcher à 18 nœuds et de chasser, si besoin, un sous-marin). De là, les Britanniques rentreront à Gibraltar.
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Casus Frankie

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MessagePosté le: Dim Jan 03, 2010 19:44    Sujet du message: Répondre en citant

Avant que Loïc ne le dise :
Mea culpa Embarassed , le GR est I/61 et non pas 71.
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