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Un rapport pour monsieur le diplomate.
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loic
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MessagePosté le: Dim Avr 14, 2019 19:06    Sujet du message: Répondre en citant

Ces 4 derniers messages ne devraient-ils pas être dans l'autre fil, cher Capitaine ?
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Lun Avr 15, 2019 08:13    Sujet du message: Répondre en citant

Non, car ils collent au sujet principal qui reste mon travail de rédaction!
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Mar Avr 16, 2019 16:01    Sujet du message: Répondre en citant

..3) . Les réponses aux difficultés économiques des années 70.
Les années 1970 ne furent pas qu'une période de grandes évolutions sociales et politiques, mais aussi économiques. Elles avaient commencés dans une certaine continuité le 1er Janvier 1970 avec l'entré en vigueur de la Seconde Convention de Yaoundé et l'Accord d'Arusha signé entre la CEE d'une part et deux groupes d'anciennes colonies africaines (1). Les deux textes étaient liés aussi bien par leurs signataires que par l'esprit et les objectifs, et devaient servir de base à la Convention de Lomé signés quelques années plus tard. Les choses auraient pu continuer ainsi sur une bonne base initiale si certains évènements ne s'étaient pas produits, hors le 1er Juin 1971, la hausse du cour des matières premières engendré par le pic pétrolier américain et le décollage économique de la chine (2), couplé à un accroissement régulier et incontrôlé de la masse monétaire sur la dernière quinzaine d'années entrainaient une hausse des importations américaines et une perte d'attractivité des USA. Ce qui infligeait au Trésor US de fortes pressions monétaires qui heurtaient la volonté de conserver les réserves d'or fédérales et de revenir à une plus stricte orthodoxie budgétaire. Cela poussa le gouvernement américain à suspendre la convertibilité automatique du Dollar en Or, entrainant de fait mais pas encore de droit la fin du Système de Bretton Woods.
Mais ce n'était que le début et le 15 Aout 1971, devant l'inflation de la masse monétaire due au fonctionnement du système de Bretton Woods qui régulait le système monétaire international, les USA décidaient de mettre un terme à la convertibilité de leur monnaie en or. Il s'agissait pour eux d'éviter que leurs réserves de métal précieux ne soient vidés par le mouvement de conversion des devises étrangères en dollars du aux dépense de la course à la lune (3) et à l'expansion des économies fortement exportatrices telle la RFA, le Japon, la Chine. Les européens ne pouvaient rester sans réaction pour protéger et quelques mois plus tard le 10 Avril 1972 à Bale en suisse, les chefs d'états et de gouvernements signaient les accords constitutifs du Serpent Monétaire Européen ou SME. Il s'agissait pour les états signataires de faire disparaitre le risque d'attaque spéculatives visant leurs monnaies, ce qui mettait en danger leurs économies par la perturbation de leurs échanges commerciaux. Les spéculateurs devraient désormais attaquer toutes leurs monnaies s'ils voulaient faire monter le cour de l'une d'entre elles ou faire varier de manière importante les taux de change. Les taux de change entre monnaies des signataires ne sont pas censés varier de plus de 2,5% autour de la moyenne. Mais conçu de manière hâtive en réponse à une situation imprévue, le SME révéla vite ses faiblesses, et le 4 Juillet, à peine deux mois après être entré dans le SME, la Livre Sterling en sortait car son taux de change était devenu supérieur au maximum de 2,5% prévu par les accords de Bale. Le 5 Janvier 1973, ce fut le tour de la Lire Italienne de quitter à son tour le SME, son taux de change étant devenu très instable. La situation monétaire devenant ingérable, le 8 Mai les onze décidèrent de ne plus soutenir la parité de leur monnaies avec le dollar. Les monnaies qui étaient sorties du SME le réintégrèrent en accueillant aux passages deux nouvelles, la Couronne Norvégienne et la Drachme grecque.
Toutefois, même si elle avait une certaine efficacité, une action monétaire seule ne pouvait suffire et il fallait s'occuper des politique européennes. Ainsi, le 1er Aout 1973, entrait en vigueur de la troisième Politique Agricole Commune, réformé en fonction des rapports des commissions Davignon et Werner qui bénéficiait aux onze membres de la CEE. De même, la Politique Européenne de la Pèche ou PEP, entre enfin en vigueur (4). La Grèce et la Norvège n'en bénéficiaient toutefois pas, car l'importance de leurs flottes de pèches déséquilibrait le programme et il allait falloir renégocier le fonctionnement et le financement de la PEP pour que ces deux pays puissent y entrer.
Plus important encore, c'est le jour qui voie la naissance de la PIC, ou Politique Industrielle Commune. Celle-ci était mise en place afin de dynamiser l'industrie européenne et de permettre aux états dont les économies étaient peu marqués par des aspects agricoles de plus ou moins récupérer l'équivalent de ce qu'il versent au budget de la CEE (5). La PIC avait pour but concret d'accroitre la productivité de l'industrie, d'assurer un niveau de vie décent aux populations ouvrières, de stabiliser les cours boursiers des entreprises industrielles, de garantir la sécurité des approvisionnements en matière premières, d'assurer des prix raisonnables pour le consommateur et de soutenir l'innovation technologique. Pour appliquer la PIC, la CEE décida de créer un organisme, le Fond Européen Industriel de Garantie ou FEIG. L'année suivante vit l'évolution de la politique européenne vis à vis des anciennes colonies européennes et le 28 Février 1974 eut lieu la signature à Lomé, capitale du Togo, de la Convention de Lomé entre la CEE et plusieurs dizaines de pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Le texte remplaçait et complétait les Second Accords de Yaoundé qui arrivaient à échéance. Accord de coopération commerciale destiné à favoriser l'adaptation des pays ACP à l'économie de marché, ils avait rencontré un réel succès car le nombre de pays signataires était passé d'une vingtaine à une cinquantaine. Le contenu reprenait pour l'essentiel celui des textes précédents et incluait une nouveauté. Il s'agissait de la mise en place du STABEX ou Système de Stabilisation des Recettes d'Exportation, qui comme son nom l'indique doit permettre de compenser les pertes de recettes à l'exportation subies par les pays ACP du fait de l'instabilités des prix des matières premières agricoles sur les marchés mondiaux. Le nouveau système fut instauré pour 48 produits agricoles différents qui constituaient la base de l'économie des pays signataires.
Ce qui n'empêchât pas le 9 Mars le Franc Français de sortir à son tour du SME, révélant ainsi la fragilité de la situation européenne. Et comme prévu l'année précédente, le 1er Aout voyait l'entrée en fonction du FEIG ou Fond Européen Industriel de Garantie, chargé de faire appliquer la Politique Industrielle Commune. Pour agir, celui-ci pouvait utiliser divers instruments, comme des aides/subventions aux industriels, des droits de douanes élevés à l'importation, des prix minimum garantis, l'élimination des produits en excès (6), des quotas de production (minimum et maximum), équilibrer les subventions et compenser les distorsions de concurrence entre produits subventionnés et les autres.


(1) Celles de la France, du Royaume-Uni, de la Belgique et de l'Italie, mais pas celles du Portugal et de l'Espagne qui n'étaient pas encore membres à cette époque.
(2) Mal compensés par des pays producteurs qui réagissent trop lentement pour faire augmenter la production de leurs industries agroalimentaires et minières.
(3) La course à la Lune des années 1960-70 mobilisât jusqu'à 5,5% du PIB des USA.
(4) Prévue dans les textes fondateurs mais négligé jusque-là et de fait inexistante.
(5) Permettant de mettre un terme aux plaintes britanniques à propos de leur statut de contributeur net, tout en stimulant un secteur de l'économie européenne jusque la négligé.
(6) En Europe continentale uniquement, les territoires d'outre-mer n'étant pas concernés.
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Dim Avr 28, 2019 17:05    Sujet du message: Répondre en citant

..3) . Les réponses aux difficultés économiques des années 70. (la suite).
La situation économique ne fit que se dégrader lentement au cours des années suivantes, si bien que le 27 Avril 1977, lors du Sommet de Florence, le¨président de la commission européenne Jenkins acta l'échec du Serpent Monétaire Européen. En effet, l'instabilité monétaire avait atteint un tel niveau que seules les monnaies de la RFA et des pays du Bénélux étaient encore dans le système. Et les echanges commerciaux inter-communautaires eux-mêmes étaient menacés. Pour regler le problème, il proposa de créer une monnaie unique pour les onze et un budget communautaire qu'il propose de fixer à un niveau de 10% du PIB des membres des communautés européennes. La proposition de Roy Jenkins fut rejeté car les chefs d'états et de gouvernements n'arrivèrent pas à se mettre d'accord sur sa pertinence. Si les représentants des états de la CEE également membres de la CED étaient plutôt favorables, les autres y étaient hostiles car ils y voyaient un saut fédéralisant excessif attentant à leur souveraineté (7). Pour abattre l'obstacle certains acteurs européens entrèrent en discussion pour trouver une solution, et le 28 Aout, lors d'un sommet européen à Bruxelles, Helmut Schmidt, James Callaghan et Valéry-Anne Giscard D'Estaing, chefs de gouvernements de la RFA, de Grande-Bretagne et de France décidèrent de s'allier secrètement avec Roy Jenkins, le président de la Commission. Il s'agissait pour les alliés informels d'organiser la relance de la construction européenne et de s'éloigner de l'allié américain qui apparait de plus en plus comme un allié d'une fiabilité toute relative ( 8 ).
Il fallut un peu de temps pour négocier et trouver un terrain d'entente et le 2 Avril 1978 lors d'une rencontre à Rambouillet, les alliés secrets pour la relance de la construction européenne rencontrèrent le nouveau premier ministre français, François Mitterrand et abordèrent avec lui leur idées sur le sujet. La rencontre s'achève dans la bonne humeur car les idées du français rejoignaient celles de ses collègues européens sur l'essentiel du sujet. Néanmoins, les choses ne pouvaient en rester ainsi, et l'année suivante les 7 et 8 Avril virent le résultat de plusieurs mois de négociations. Et lors du sommet européen de Copenhague, après la réunion officielle, les alliés secrets abordèrent avec leurs collègues de la CEE la question d'un dispositif devant succéder au Serpent Monétaire, plus ambitieux et incluant la création d'un Fond Monétaire Européen, l'utilisation accrue des devises européennes lors des interventions des banques centrales sur les marchés européens et la création d'une unité de compte européenne devant devenir à terme une vraie monnaie de réserve. Les auditeurs furent surpris et mécontent d'avoir été tenus à l'écart. La réaction globale fut assez froide, surtout avec l'Italien Giulio Andréotti et le Danois Anker Jorgensen . Néanmoins un accord de principe fut obtenu car le problème pour les économies européennes était réel. Il fut décidé de lancer des négociations au niveau européen pour établir un calendrier et un contenu pour le futur dispositif monétaire. Ce que ne savaient pas les autres européens, c'est que la matin même, les alliés pour trouver un successeur au Serpent Monétaire avaient tenu une réunion secrète entre Helmut Schmidt, François Mitterrand et James Callaghan, ou ils convinrent de confier la suite des négociations à un comité secret formé par le gouverneur de la Banque De France Bernard Clappier , le secrétaire britannique au trésor Ken Couzens et du directeur de cabinet du chancelier Horst Schulmann.(9)
Ce comité s'étant mis au travail rapidement, les résultats de ce travaux arrivèrent rapidement et le 6 Juillet à l'occasion d'un sommet à Brème, les chefs d'états et de gouvernement reçurent un document rédigé par le comité secret de négociations et indiquant ses propositions. Elles consistaient à; créer un système aussi strict que le Serpent mais avec des marges de fluctuations plus importantes pour les pays à monnaie faible; de créer l'ECU (European Currency Unit) (10) en tant que pilier du système à utiliser pour les règlements entre les autorités monétaires de la CEE; de créer un fond destiné aux banques centrales constitué par des dépôts en Or, en Dollars et des monnaies nationales pour l'équivalent de 20% des réserves de devises des membres; de coordonner les politiques en matière de taux de change avec les pays tiers; de créer dans un délai de deux ans un Fond Monétaire Européen destiné à remplacer le fon destiné aux banques centrales.
Les réactions aux propositions furent mitigés car si la France, la Grande-Bretagne et la RFA soutiennent évidemment celles-ci, l'Italie, le Danemark et les Pays-Bas y furent fortement opposés. Chez les allemands et les belges, des groupes de pressions (banques centrales) se manifestèrent pour faire rejeter les propositions. Néanmoins, les promoteurs des propositions tinrent bon et un calendrier de travail fut adopté qui fixe au 31 Octobre la date de dépôt des demandes de modifications, mais les négociations commencèrent en fait immédiatement. Le 14 Septembre, lors du 34ème sommet franco-allemand, le premier Ministre Mitterrand et le Chancelier Schmidt parviennent à un compromis à propos du successeur du Serpent Monétaire à propos duquel l'allemand éprouvait des hésitations. Hésitations dues à des pressions exercés par la Bundesbank, la banque centrale allemande qui n'aimait pas le projet considéré comme attentatoire à son indépendance. Le résultat fut que le 18 Septembre, lors d'une réunion des ministres de l'économie et des finances des onze, un accord fut trouvé à propos des modalités d'intervention sur les marchés financiers. Les banques centrales interviendraient dès que la marge de fluctuation d'une monnaie par rapport aux autres serait dépassé, mais l'évolution des marges de fluctuation des monnaies par rapport à l'ECU serait surveillé de près grâce à un indicateur de divergence. De même , les pays fautifs seraient soumis à une obligation d'action en échange de l'aide européenne. Ils devraient mener des actions de stabilisation au niveau monétaire et budgétaire en premier lieu. Par contre un problème resta entier, celui de l'affectation des crédits du Fond Monétaire Européen, pour mettre en place un système de transferts de ressources à destination des pays les moins riches (Grèce, Irlande, Italie). Un accord s'avéra impossible car les pays concernés faisaient des demandes que les autres estiment exagérés (11).
Mais la politique économique européenne ne pouvaient se contenter des réformes internes, et la stratégie mise en place vis à vis des anciennes colonies devait se poursuivre. Aussi, le 31 Octobre eut lieu la signature à Lomé, capitale du Togo, de la Convention de Lomé II entre la CEE et les pays ACP (12). Le nouveau texte prolongeait le précédent, qui concernait désormais une soixantaine de pays. En plus des éléments des précédents textes, le nouveau instituait le Sysmin (13) qui couvrait huit produits miniers et intervenait si la baisse des cours menaçait l'outil de production. Le seuil de déclenchement du système commençait à partir de 15% des exportations et comme agit comme le STABEX. Entretemps, les négociations autour du SME avaient trouvé une solution et les 4 et 5 Décembre, lors d'un conseil européen ayant lieu à Bruxelles, un compromis présentable fut présenté aux chefs d'états et de gouvernements des onze. Il avait fallu des mois de dialogues difficiles pour y arriver. La marge de fluctuation des monnaies fut fixé à 6%. Les banques centrales pouvaient se faire des avances illimités pour soutenir un besoin de financement à court terme de 45 jours maximum. Un soutien maximal de 14 milliards d'ECU fut institué pour soutenir la balance des paiements en cas d'imprévus et pour une durée de 9 mois au plus. Pour un besoin de moyen terme, un soutien de 11 milliards d'ECU fut crée. Par contre la question des transferts financiers destinés à renforcer les économies des pays les moins riches restait en suspens, les demandes des grecs, irlandais et italiens étant toujours vues comme excessives. Le SME ou Système Monétaire Européen commencerait sans la Grèce, l'Italie et l'Irlande.
Au début de l'année suivante, le 1er Janvier 1979, vit l'entré en fonction du SME et de l'ECU, avec la Grèce, l'Italie et l'Irlande. Les chefs de gouvernement des états concernés avaient finit par céder et renoncer à leurs demandes par crainte d'être laissés sur le bord de la route par leur collègues. De même, les français, qui souhaitaient obtenir la suppression des aides compensatoires frappant les échanges de produits agricoles avaient également renoncés car il s'est avéré que cela menaçait directement la bonne santé d'une partie non-négligeable du monde agricole qui en est devenu dépendant. Pendant quelques mois, tout sembla fonctionner parfaitement et produire les effets désirés. Mais le 10 Juillet eut lieu une première alerte, le SME subissant son premier réaménagement, le Mark Allemand étant réévalué de 2% et la Couronne Danoise est dévalué de 3%. L'ensemble des mesures prises ne produisant au mieux que des effets partiels et/ou provisoires, les gouvernements de la CEE estimaient qu'il fallait passer à une échelle supérieure pour assurer la prospérité de l'Europe. Et le 30 Novembre, au Sommet européen d'Athènes, les onze décidèrent d'approfondir la construction européenne en donnant une nouvelle impulsion à la CEE à travers le lancement d'un projet de Marché Commun. A la sortie du sommet, le premier ministre Thatcher déclare aux sceptiques qui doutent du projet " We have our money back"(14).


(7) L'idée de budget fédéral devait par la suite devenir un serpent de mer de la vie politique européenne jusqu'à la fusion avec la CED une demi-siècle plus tard.
( 8 ) Marquant ainsi le début de l'action concerté des européens pour s'affranchir de la tutelle américaine, même si elle manquait de constance au quotidien.
(9) C'est à l'occasion de cette réunion que naquit le Triumvirat Franco/Germano/Britannique qui mena De Facto l'Europe pendant plusieurs décennies jusqu'à la fusion des années 2020.
(10) Unité/monnaie de compte ancêtre de l'Euro, la monnaie européenne.
(11) Sans compter que les pays les plus riches n'avaient pas vraiment envie de payer pour soutenir les plus pauvres, ce qui resta une constante pendant des dizaines d'années.
12) Pour Afrique, Caraibes, Pacifique.
(13) Pour Système de Développement du potentiel minier.
(14) "On a récupéré notre argent" en français, phrase qui devait devenir le symbole de la politique européenne de la première ministre britannique.
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Dim Mai 05, 2019 15:36    Sujet du message: Répondre en citant

..4) . L'affirmation identitaire et territoriale de la CED.
Du coté de la Communauté Européenne de Défense, la décénnie 1970 ne fut pas exempte de péripéties. Notamment parce que certains problèmes datant de la création de l'organisation restaient irrésolus. Ainsi, le 1er Aout 1970, quinze ans après l'activation des Grands commandements de la CED, le Haut-Commissaire se faisait le porte-parole des forces communautaires auprès des état membres, et leur rapportaient un certains nombres de défaillances dont les militaires estimaient qu'il faudrait qu'ils soient régles afin d'accroitre l'efficacité des troupes. Tout d'abord, au delà du problème matériel et logistique (1), le renseignement posait problème car la CED ne disposait pas d'un service de renseignement en propre. Elle possédait une cellule de coordination ou étaient présent des représentants des services de renseignement des états membres qui partageaient leur informations en fonction des besoins. C'était efficace de manière ponctuelle mais cela empêchait de faire un vrai suivi des dossiers. Ensuite, l'absence de forces prépositionnés de manière permanente sur ou à proximité des théâtres d'opérations ralentissait la vitesse de réaction des forces communautaires. Cela pouvait passer pour de petites interventions extérieures avec de faibles volumes de troupes où quelques jours suffisaient à déployer les forces nécessaires, mais c'était potentiellement très gênant si des interventions lourdes avec de gros effectifs s'avéraient nécessaires de manière impromptue. Puis, il y avait l'absence de bases militaires détenues en propre par la CED. Si en Europe, ce n'est pas vraiment gênant d'être "logé" par les états membres (2), c'était un soucis dès qu'il est question d'intervention extérieure. Certes, les états étaient censé mettre à disposition leurs bases ultramarines lors des déploiements des forces communautaires, mais elles pouvaient êtres déjà très occupés, et quelques fois elles étaient inexistantes. Enfin, il y avait un besoin qui n'avais pas été prévu, celui de commandements régionaux permanents pour préparer et exécuter les actions des troupes européennes. D'après les militaires, il en fallait au moins en Europe et dans les zones d'influences européennes en Afrique et au Moyen-Orient. Si tout le monde prit bien note des problèmes rapportés par le Haut-Commissaire, le débat tourna rapidement au dialogue de sourd, les états supportant mal ce qu'ils considéraient comme une tentative d'empiètement sur leurs prérogatives régaliennes ou l'émergence d'une concurrence dans leurs zones d'intérêts privilégies. Ils reconnurent néanmoins que des vrais problèmes avaient été soulevés et qu'il fallait y réfléchir sérieusement.
Les choses décantèrent pendant plus de six mois jusqu'au 2 Avril 1971, et lors d'un sommet à Londres, le Haut-Commissaire Zijstra et ses services proposèrent aux chefs d'états et de gouvernements des membres de la CED des solutions aux problèmes rapportés par les militaires l'année précédente. Préparés par des mois de discussions entre institutions communautaires, états et militaires (3), elles firent l'objet d'un consensus relatif. Pour ce qui était du renseignement, la proposition fut d'autoriser la CED à bâtir une capacité de renseignement militaire autonome, à la fois humaine et électronique, afin de permettre aux forces communautaires de planifier et préparer leurs actions dans les meilleures conditions. Les commandements régionaux couvriraient l'Europe de l'ouest, l'Afrique (moins l'Egypte)(4) et le Moyen-Orient mais leur activité ne consisterait pas à commander les troupes en elles-mêmes, mais à se consacrer a toutes les fonctions annexes (logistique, renseignement, entrainement, équipement et formation des troupes locales, organisation d'exercices,...). Les forces continueraient à être commandés depuis l'Europe, ou par des états-majors Adhoc montés pour la circonstance. Les bases extra-européennes seraient installés la ou elles complèteraient le dispositif des forces nationales des états membres et la ou elles permettraient la présence des européens sans exposer les forces d'états spécifiques à des populations parfois hostiles pour des raisons historiques (5). Les bases ne contiendraient pas de troupes nombreuses, mais seulement de quoi les protéger, et assurer maintenance et entretien afin qu'elles puissent monter en puissance rapidement pour permettre une projection rapide des troupes venues d'Europe. Après plusieurs heures de discussions difficiles, les propositions furent acceptés pas les états, lesquels demandèrent toutefois que chaque proposition fasse l'objet d'un traitement séparé afin de s'assurer que chaque problème reçoive une solution vraiment adapté.
La première institution a bénéficier d'une décision fut celle du renseignement, et le 4 Mai 1972 eut lieu l'activation officielle du Commandement du Renseignement Militaire Européen (CREM) ou European Military Intelligence Command (EMIC), qui comprenait une section renseignement humain, une section renseignement électronique et même un service action et des commandos (6). Le lieu choisit pour loger le Quartier Général du renseignement de la CED était hautement symbolique, il s'agissait de Bletchley Park, l'ancien centre nerveux des renseignements alliés pendant la seconde guerre mondiale (7). De fait les locaux étaient partagés avec le service de renseignement électronique britannique le GCHQ, en attendant que celui-ci ne déménage dans de nouveaux locaux en 1985. De même, le site ayant plusieurs propriétaires, les différents terrains et bâtiments furent progressivement racheté par la CED au fil des ans.
Vint ensuite le temps des commandements régionaux, avec le 1er Mars 1973, l'activation officielle des deux premiers commandements régionaux de la CED. Le premier fut le Commandement Communautaire Européen (COCOEU) ou European Communauty Command (EUCOCOM), qui exerçait son autorité sur l'ensemble des forces communautaires présentes en Europe de l'ouest, espaces atlantiques et méditerranéens compris. Le second fut le Commandement Communautaire Africain (COCOAF) ou African Communauty Command (AFCOCOM) ( 8 ). Ils furent basés respectivement à Mons en Belgique, et Djibouti en Afrique. Le projet d'un commandement militaire pour le Moyen-Orient avait du être repoussé à plus tard devant les réactions hostiles des populations locales, relayés par leur gouvernements. Quelques mois plus tard, le 10 Juin eut lieu l'ouverture de la première base extra-européenne de la CED à San Pedro dans l'ouest de la Côte d'Ivoire. La base, toujours en travaux, était de type aéronavale et destiné à servir de point d'appui pour les forces communautaires en Afrique de l'Ouest. Elle devait héberger un millier d'hommes et leur familles qui bénéficieraient d'un grand confort (9) et qui deviendrait un acteur économique régional à part entière. En effet, afin d'être mieux accepté par les populations locales, la CED a décidé, que dans la mesure du possible, la base de San Pedro devrait s'approvisionner sur place et offrir des emplois en recrutant du personnel local pour son personnel de service. Les choses continuèrent leur cheminement pendant l'année qui suivit, et le 1er Septembre 1974 Jelle Zijstra, Haut-commissaire de la CED sortant, ne fut pas reconduit dans ses fonctions à l'issue de son mandat de cinq ans. Bien que n'ayant aucunement démérité, il avait été jugé insuffisamment énergique et imaginatif pour résoudre les problèmes constants qui se posaient dans la gouvernance d'un organisme aussi complexe et sensible que la CED. Il fut remplacé par un des ses compatriotes, Piet de Jong (10), qui avait pour lui de s'être illustré pendant la seconde guerre mondiale et d'avoir participé à la mise sur pied de l'état-major des forces navales de la CED. C'était le cinquième Haut-Commissaire de la Communauté Européenne de Défense.

(1) Pour se souvenir, cela incluait 8 modèles différents de blindés venant de 4 pays différents en service à cette époque dans les forces communautaires.
(2) Cela dépendait des situations, et parfois le manque de place disponibles sur certaines bases entraina un réel inconfort pour les troupes au point d'entrainer l'apparition de l'expression "bases sardines" pour désigner les plus encombrés.
(3) Bien que pleinement soumis aux autorités communautaires, les militaires européens bénéficient depuis les origines d'une autonomie relative et sont De Facto des acteurs politiques de la CED.
(4) Qui dépend du Moyen-Orient pour des raisons politiques, l'implication du pays dans le jeu régional oriental en faisant une puissance arabe bien plus qu'africaine.
(5) La présence de troupes venant de l'ancienne puissance coloniale dans le pays indépendant pouvant être mal vécu par la population locale.
(6) Service action et commandos dont l'existence fut annoncé en 2009 au moment de l'élimination du leader terroriste Oussama Ben Laden par la CED.
(7) Dont l'existence ne fut reconnu officiellement qu'après la guerre froide en dépit de la notoriété de l'endroit après les accords Egypto-israéliens des années 1980.
( 8 ) Chez les francophones de la CED l'usage de la version anglophone des sigles s'est imposé, même si c'est la version française étendue qui est en usage.
(9) Au début du 21ème siècle, comme dans toutes les bases de la CED, les personnels furent autorisés à s'installer en dehors du périmètre. Autant pour faire des économies que pour se rapprocher des populations locales.
(10) Ils étaient tous les deux néerlandais et partageaient des orientations politiques similaires.
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MessagePosté le: Jeu Mai 16, 2019 16:38    Sujet du message: Répondre en citant

..4) . L'affirmation identitaire et territoriale de la CED. (la suite)
La Vie politique communautaire n'étant pas un long fleuve tranquille, il fallait aux responsables politiques gérer de multiples imprévus dont le terrorisme. Les 1 et 2 Juin 1975, lors d'un sommet européen à Rome, le sujet de la sécurité européenne fut abordé en réaction au terrorisme qui frappait le continent depuis plusieurs années. Si au niveau national, chaque état s'était organisé à sa façon, au niveau européen c'était le vide complet. Interpol s'était avéré incapable d'apporter une contribution efficace face à ce type de problèmes (11). Les terroristes se jouant des frontières, une réponse coordonnée devenait nécessaire. C'est pourquoi les premiers ministres Français et britanniques proposèrent chacun une solution pour remédier à ce vide institutionnel. Le Premier ministre Giscard D'Estaing proposa de créer une force de police pan-européenne intégré, un peu à la manière de la CED, mais pour la sécurité civile. C'était une solution de type fédérale. Le Premier ministre britannique Wilson proposa lui une solution de type intergouvernementale, à savoir créer un groupe spécial de lutte contre le terrorisme à l'échelle européenne. Les discussions qui suivirent achoppèrent vite sur le type d'approche à privilégier, entre partisans du fédéralisme et partisans de l'intergouvernementale. Un accord semblant impossible dans l'immédiat, la décision fut reporté à plus tard. Six mois plus tard, le 16 Décembre à l'occasion d'un sommet au Luxembourg, les onze membres de la CEE se réunirent pour trancher la question de la forme à donner à leur réponse au problème qu'était le terrorisme. En dépit des efforts faits pour convaincre ses partenaires européens, le premier ministre Français Giscard D'estaing échoua à faire prévaloir ses vues. Lors du vote, les partisans de l'approche intergouvernementale furent nettement majoritaires et c'est leur point de vue qui fut adopté (12). Après une série de négociations au plus haut niveau, le 26 Juin 1976 vit la naissance de la réponse européenne au terrorisme. Lors d'un sommet à Oslo, la Structure de coopération intergouvernementale à l'échelle européenne fut officiellement lancé et baptisé TREVI en référence à la fontaine de Trévi près de laquelle l'idée avait été formulé publiquement pour la première fois. TREVI regroupait les ministres de l'intérieur et de la justice des membres de la CEE/CED (13), lesquels étaient responsables devant le Conseil Européen, la Commission Européenne, le haut-commissariat et les Parlement Européens. Initialement, TREVI devait être secret et ne répondre que devant le Conseil Européen. Mais pensant que cela engendrerait méfiance entre services de police, suspicion de la part des citoyens et lenteur dans les travaux, plus l'éventuelle hostilité des autres instituions européennes, le premier ministre français avait insisté pour que des changements soient effectués. Cinq groupes de travails sont prévus qui devaient se réunir au minimum de manière semestrielle. TREVI 1 devait s'occuper des questions de lutte anti-terroriste, TREVI 2 des questions d'entrainements et de partage en matière scientifique et technique, TREVI 3 des procédures de sécurité en matière de voyages aériens et maritimes civils, TREVI 4 des questions de sécurité nucléaire et TREVI 5 des mesures d'urgences en cas de catastrophes naturelles ou industrielles.

(11) Rappelons qu'Interpol est essentiellement une plateforme d'échange d'informations qui ne possède pas de pouvoir ou d'effectifs humains en propre pour enquêter.
(12) Après les évolutions ayant eut lieu autour du renseignement, des bases et des commandements régionaux, les gouvernements considéraient qu'ils avaient déjà consentis assez de transferts de souveraineté pour la décennie.
(13) Les états membres des deux organisations n'étant pas forcément les mêmes, ceux de la première étant plus nombreux que ceux de la seconde.
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"Au jeu des trônes, il n'y a que des vainqueurs et des morts, il n'y a pas de demi-terme". La Reine Cersei.
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