Fantasque Time Line Index du Forum Fantasque Time Line
1940 - La France continue la guerre
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   Liste des MembresListe des Membres   Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs   S'enregistrerS'enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Notre Dame de Paris en flammes
Aller à la page 1, 2, 3 ... 9, 10, 11  Suivante
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> À voir et à entendre
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
Archibald



Inscrit le: 04 Aoû 2007
Messages: 2765

MessagePosté le: Lun Avr 15, 2019 19:28    Sujet du message: Notre Dame de Paris en flammes Répondre en citant

Que dire ? la flèche vient de tomber. Un crève-coeur. Un désastre.

Bon sang.

Elle avait survécu à tout... même à la Grosse Bertha, à la Libération de Paris... au siège de 1870...

Et voilà, en 2019, ça brûle. 850 ans d'histoire foutus en l'air par des travaux.

Merde.

On dirait un épisode d'histoire alternative. Is Paris burning ?

Rolling Eyes
_________________
"Au fond, comme chef de l'État, deux choses lui avaient manqué : qu'il fût un chef ; qu'il y eût un État" (De Gaulle à propos d'Albert Lebrun, 1944).
...
"La Meuse, ça ne m'intéresse pas" Gamelin à Corap, mars 1940.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
houps



Inscrit le: 01 Mai 2017
Messages: 572

MessagePosté le: Lun Avr 15, 2019 19:45    Sujet du message: Répondre en citant

Bon, la charpente qui s'effondre, le plomb et le cuivre des toitures qui ruissellent dans la nef, les trombes d'eau déversées par les pompiers, les vitraux qui explosent sous l'effet des lances à incendie et/ou de la chaleur, les tuyaux de l'orgue qui se la jouent façon spaghetti, les œuvres d'art qui crament...
Crying or Very sad Eh bien, je dirais "hélas", mais je crains que le pire reste à venir : complotistes de tout bord, et nœuds en tout genre, commissions diverses et avariées se renvoyant la balle tout au long de la décennie, pleureuses patentées ou se découvrant comme telles, chercheurs en boucs émissaires, et autre illuminés.. hélas, hélas, hélas...
Et un loto spécial ?
Et un concours d'architecture pour remplacer la charpente par un dôme de verre ?
_________________
Timeo danaos et dona ferentes
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
loic
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 4621
Localisation: Toulouse (à peu près)

MessagePosté le: Lun Avr 15, 2019 20:08    Sujet du message: Répondre en citant

N'oublions pas les cathédrales (ou les églises plus modestes) détruites ou endommagées au cours des conflits : Rouen, Reims, Strasbourg, ...
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Etienne



Inscrit le: 18 Juil 2016
Messages: 1549
Localisation: Faches Thumesnil (59)

MessagePosté le: Lun Avr 15, 2019 20:31    Sujet du message: Répondre en citant

houps a écrit:
Bon, la charpente qui s'effondre, le plomb et le cuivre des toitures qui ruissellent dans la nef, les trombes d'eau déversées par les pompiers, les vitraux qui explosent sous l'effet des lances à incendie et/ou de la chaleur, les tuyaux de l'orgue qui se la jouent façon spaghetti, les œuvres d'art qui crament...
Crying or Very sad Eh bien, je dirais "hélas", mais je crains que le pire reste à venir : complotistes de tout bord, et nœuds en tout genre, commissions diverses et avariées se renvoyant la balle tout au long de la décennie, pleureuses patentées ou se découvrant comme telles, chercheurs en boucs émissaires, et autre illuminés.. hélas, hélas, hélas...
Et un loto spécial ?
Et un concours d'architecture pour remplacer la charpente par un dôme de verre ?

+1 Que cela arrive un jour reste logique, la suite le sera moins.
_________________
Dieu est une femme. La preuve : On dit toujours qu’il vaut mieux voir le Bon Dieu que ses seins.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web de l'utilisateur
DMZ



Inscrit le: 03 Nov 2015
Messages: 787
Localisation: France

MessagePosté le: Lun Avr 15, 2019 20:45    Sujet du message: Répondre en citant

Oh m... ! Dire que je suis à Paris et que je ne me suis rendu compte de rien.

En lisant le titre, j'avais cru à un épisode FTL.
_________________
"Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte." "Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort." Giuseppe Garibaldi
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 1843
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Lun Avr 15, 2019 20:57    Sujet du message: Répondre en citant

En tant qu'ingénieur BTP je suis effaré de ce que je vois. Et j'ai vraiment du mal à comprendre, et même à croire que ca puisse arriver. Bordel, le risque feu est le plus suivi dans tous les chantiers, et même dans des ouvrages béton. Alors du bois ... comment un simple chantier de restauration Zinc couverture peut-il déclencher une telle horreur, pile après les heures de chantier et d'une manière aussi massive ?

J'espère que j'ai tort, j'espère vraiment que j'ai tort. Mais je me demande juste s'il n'y a pas un c...n qui a allumé une cigarette là-haut pour voir l'effet que ca faisait. Ne pensez pas que j'exagère - c'est déjà arrivé sur un chateau dans la Loire. Et si c'est un musulman, ca va être une guerre. Y en a plein qui seront bien trop heureux du prétexte.
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste


Dernière édition par demolitiondan le Lun Avr 15, 2019 21:28; édité 1 fois
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Van Gogh



Inscrit le: 09 Juil 2014
Messages: 134

MessagePosté le: Lun Avr 15, 2019 21:08    Sujet du message: Répondre en citant

Sans même un cigarette : la charpente de Notre Dame est une forêt de poutres en bois ; il peut suffire d'étincelles, un truc chaud (lors de l'incendie à l'Université de York il y a quelques années, c'était du bitume chaud pour l'étanchéité) et le feu couve toute la journée avant d'éclater d'un coup.
C'est terrible, même en se disant qu'on pourra la reconstruire.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 1843
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Lun Avr 15, 2019 21:24    Sujet du message: Répondre en citant

Bon Dieu Van Gogh, moi je chalume un truc dans la pampa, on me demande deux extincteurs ! Alors là ?
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Wil the Coyote



Inscrit le: 10 Mai 2012
Messages: 1658
Localisation: Tournai (Belgique)

MessagePosté le: Lun Avr 15, 2019 21:41    Sujet du message: Répondre en citant

Les pompiers ne sont pas certains de pouvoir éteindre l incendie. Il semblerait que leurs craintes est que les cordes tenant les cloches lâchent.....
_________________
Horum omnium fortissimi sunt Belgae
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
houps



Inscrit le: 01 Mai 2017
Messages: 572

MessagePosté le: Lun Avr 15, 2019 21:54    Sujet du message: Répondre en citant

Un petit tour sur le net, et on voit que la mayonnaise a pris.
Seul, peut-être, E.T. ne sera (serait ?) pas soupçonné. Mais je n'ai pas le temps de tout visionner, vous vous en doutez.
_________________
Timeo danaos et dona ferentes
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Finen



Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 1147

MessagePosté le: Lun Avr 15, 2019 22:17    Sujet du message: Répondre en citant

A priori, le feu est maitrisé.

Ne voulant pas penser à l'hypothèse du déclenchement volontaire, je crains que ce départ ne soit dû à une bêtise du genre enrouleur utilisé comme multiprise sans être complètement déroulé...
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 1843
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Lun Avr 15, 2019 22:34    Sujet du message: Répondre en citant

Le démarrage de la semaine Sainte, 19 heures après le départ des ouvriers - du pain béni pour les complotistes.
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Merlock



Inscrit le: 19 Oct 2006
Messages: 1077

MessagePosté le: Lun Avr 15, 2019 23:23    Sujet du message: Répondre en citant

Notre dame des brûlis

Les grands évènements, des plus grandioses au plus tragiques, ne se rencontrent jamais. Ce sont eux qui vous percutent, et on ne prend conscience du choc que longtemps après…

Ce soir, j’étais allé dans le quartier du Boulevard Saint Michel, non pour prendre rendez-vous avec l’Histoire mais plus prosaïquement pour aller acheter le Manuel du joueur de Donjons & Dragons, 5ième édition, à la boutique de l’œuf Cube, rue Linné à Paris.

Je le fis, entre 18h40 et 19h, date de fermeture de la susdite boutique.

Il faisait beau à Paris. Lorsque je quitte la boutique, avec le précieux ouvrage dans mon sac, et n’ayant pas envie de rentrer tout de suite, pour cause d’heure de pointe à la RATP, je décide de pousser vers la rue Dante et sa librairie de BD, « Albums » où je furète un peu et finit par me décider à acheter les tomes 4 et 5 de l’intégrales de Blueberry.

Jusqu’à cet instant, c’est le programme d’une soirée parfaitement ordinaire mais il n’aura échappé à personne connaissant Paris que la rue Dante mène droit au quai de Montebello face à la feue (si j’ose dire) la cathédrale de Notre Dame de Paris…

Alors que je passe en caisse, vers 19h10 nous entendons une symphonie de gyrophares de tous types mugir dans la rue, et un client très perspicace nous annonce qu’il y a sans doute un incendie. Franchement, si vous cherchez un successeur à Mme Soleil, n’hésitez pas à embaucher ce mec ! De mon côté, je constate, à travers la vitrine de la boutique, qu’un attroupement s’est formé et que des gens prennent, avec leur portable, des photos d’un évènement que je ne peux distinguer mais que je suppose être le sinistre…

Je décide de faire mon pontifiant vertueux en signalant la présence des badauds qui, dans un merveilleux réflexe parisien, profitent du spectacle d’un faits-divers de gens occupés à tout perdre (pensais-je à ce moment) et qui, de surcroit auront à subir les regards sentencieux de la foule, à base de « c’est-pas-de-bol-ma-bonne-dame…etc. » Je sors du magasin et décide, par pur snobisme et sentiment de supériorité morale, d’ignorer ce voyeurisme de bas étage et de m’éloigner dignement dans la direction opposée…

Pourtant quelque chose me retient.

Est-ce la densité de la foule rassemblée ? la gravité que je lis sur les visages ? ou la puissante odeur de brûlé qui me saute aux narines ? Mystère !

Toujours est-il que je décide de suivre le mouvement panurgien-parisien et me dirige vers le quai. Je ne vois au début qu’un immense panache de fumée jaune, comme celui d’une soufrière en fusion. En soi, c’est étrange, mais les immeubles de droite de la rue Lagrange me cachent encore les origines de la chose…

Je m’approche, arrive à hauteur du petit square René Viviani où une foule compacte s’est rassemblée et chacun a les yeux rivés sur… quelque chose. Bien sûr, la moitié des gens prend des photos avec un portable, mais personne ne prend de selfie. Cette apparente pudeur photographique, m’intrigue suffisamment pour que j’entre à mon tour me mêler au troupeau en état d’hypnose…

Et là je vois…

Je vois la fumée jaune s’échapper de la flèche Notre Dame et sa base est déjà la proie des flammes…

Bien sûr, mû par ce fabuleux réflexe conditionné de la civilisation numérique je sors mon propre portable et commence à mitrailler l’évènement. J’envoie même du SMS à une amie pour l’informer de ma présence sur les lieux… c’est dire si je suis enfin entré de plain-pied au vingt et unième siècle.

Selon mon appareil photo, il est 19h16 quand je prends ma première photo et je fais totalement confiance à ce petit salaud de mouchard à ce sujet.

Je continue de photographier, le feu continue de s’étendre, les sirènes continuent de mugir, les pompiers continuent d’arriver, les gens continuent de photographier, d’autre utilisent leur téléphone portable dans sa fonction première et commentent l’évènement en direct à leur interlocuteur. Ils le font en français et dans des langues aussi diverses et (a)variées que la situation présente. Des tas d’étrangers différents s’expriment dans autant d’idiomes étrangers différents. Aucun étranger ne semble parler le même étranger que l’autre étranger à côté de lui mais tous parlent du même évènement dans des tas de façons étrangères différentes, enfin je me comprends…

La feu s’étend, la foule de densifie, une épaisse fumée blanche s’ajoute à la fumée jaune. Les pompiers arrivent toujours. Et puis je vois s’échapper d’une rosace, une troisième fumée. Elle est noire, fugace, irrégulière et bouge comme une toile d’araignée sinistre qui serait battue par la tempête…

Les pompiers entrent en action, un jet d’eau se dirige vers la masse enflammée sous l’effet de la lumière et de l’incendie, un arc-en-ciel s’y dessine, comme si les flammes avaient voulu se faire pardonner. Je trouve que la formule est belle, je la SMSise à l’amie de tout à l’heure qui distingue en moi un poète caché. Un poète tragique, alors, car je pense à tous ces témoins pluriséculaires qui brûlent sous nos yeux bovins, aux vitraux qui éclatent sous la chaleur, à l’orgue, aux peintures, aux sculptures, à tout ce que j’avais prévu d’aller voir un jour, en me disant que rien ne pressait. Merde ! Même Von Choltitz avait laissé cette cathédrale tranquille (alors qu’il n’avait pas eu les mêmes égards pour Amsterdam)… quand on, survit à deux guerres mondiales dont une avec des nazis en prime, on peut survivre à tout, non ?

Non.

L’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie n’a pas dû être plus triste. Je sens que j’ai envie de pleurer et pourtant je n’y arrive pas. Peut-être que je ne réalise pas.

De là où nous sommes, on commence à sentir la chaleur des flammes. J’ai une pensée admirative pour les pompiers qui vont plonger là-dedans par devoir…

Finalement, j’entends des coups de sifflets, la police nous enjoint d’évacuer le square.

Comme si ce signal était l’ordre de sortie de la torpeur collective, les gens semblent se réveiller et une phrase fuse derrière moi : « c’est Hidalgo qu’il faudrait évacuer ». L’auteur de cette foudroyance du jugement est un grand échalas mal rasé vêtu de ce qui semble être un survêt du plus beau style « orange années 70 », il continue son brillant monologue au sujet de certaines catégories de population et de conclure une phrase du genre « neuh balle dans la tête, ouais ! » Je m’éloigne à regret de ce soleil de la pensée et me dirige vers une sortie du square. C’est là que je me rends compte que, dans leur grand prévoyance, les gardiens du square un fermé toute les issues, sauf une. Ben oui, incendie de Notre Dame ou pas, le square a des horaires de fermeture. Du coup ça bouchonne comme le périph’ un vendredi soir d’autant qu’un parking de vélib’ situé devant la porte empêche les sortant de quitter le trottoir. Je vois d’agiles petits futés qui sautent par-dessus la barrière, un groupe qui tente de se frayer un passage avec une vieille dame en fauteuil roulant. Je sens venir le mouvement de foule, je commence à m’inquiéter un poil… je pense qu’en cas de catastrophe naturelle, Paris est idéalement configuré pour qu’il y ait un maximum de victimes.

Finalement, les policiers font ouvrir les autres portes ce qui permet d’évacuer, face au flot, je me mets en attente près d’un banc occupé par un jeune type, du genre « plutôt-du-sud-de-la-méditerranée-que-du-nord » en train d’écluser un coca. Je m’excuse pour le dérangement, il me dit « pas de souci » il attend aussi le départ du troupeau pour se barrer. Nous patientons ensemble et échangeons quelques mots sur le thème « quel malheur… etc. » puis je décide d’y aller. Il me dit « bon courage » je désigne les pompiers toujours en action et répond « c’est eux qui auront besoin de courage », et là il me répond « alors il faudra avoir la foi ». Je ne trouve rien à répondre et le salue avant de m’en aller.

Toutefois, je tique. On vient juste de voir un témoin, de l’histoire de France partir en fumée, et déjà un type y mêle du religieux. Je suis mécréant de naissance et ça me contrarie que plus d’un siècle après la séparation de l’Eglise et de l’Etat on en soit encore là. Mais admettons…

Je décide rentrer chez moi et file vers la station Odéon. C’est en chemin, que je dépasse un petit monsieur très comme-il-faut. Enfin… très comme-il-faut si on était au 19ième siècle. Il doit culminer à 1m65, porte un costume serré avec un gilet (oui, un gilet !) et porte un chapeau en feutre qui devait déjà être ringard à l’époque du commissaire Maigret. Il porte une barbiche façon professeur Tournesol, mais blanche, sauf que je me rends vite compte que c’est en fait le professeur Phillippulus dans ses meilleurs moments : il éructe, profère, mugit et entre deux borborygmes je distingue des mots vaguement articulés : « néo nazis », « deux cent milliards » et « antéchrist ». Ne sachant s’il pourrait mordre et jugeant le spectacle affligeant je préfère m’éloigner…

Je gagne finalement le métro, puis le tram pour rentrer chez moi.

Je jure que je n’ai rien inventé de ce que je viens d’écrire. Rien !

Je dois dire que je suis perplexe. J’ai été témoin d’un évènement important, même si je n’en réalise par encore toute l’ampleur. Toutefois, en l’espace d’une heure j’ai eu le sentiment de passer du fait divers tragique à quelque chose d’autre : les réactions que j’ai pu observer m’ont permis de constater à quel point le verni de raison, de bon sens et, pour tout dire, de civilisation, et ténu chez un certain nombre de gens. Je me remémore les visages fermés que j’ai observés tout autour de moi. Et je me demande : entre les abrutis, les mystiques et les illuminés qui s’expriment bruyamment, combien de gens gardent des pensées similaires dans leur caboche ?

Ce soir je formule des vœux ardents pour que l’incendie de Notre Dame de Paris n’ait été qu’accidentel…
_________________
"Le journalisme moderne... justifie son existence grâce au grand principe darwinien de la survivance du plus vulgaire." (Oscar Wilde).
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
JPBWEB



Inscrit le: 26 Mar 2010
Messages: 1847
Localisation: Kuala Lumpur

MessagePosté le: Mar Avr 16, 2019 02:28    Sujet du message: Répondre en citant

Je découvre avec horreur (et retard, décalage horaire oblige) l’ampleur de la catastrophe.

Les incendies accidentels, ça arrive. Maisons individuelles, immeubles d’habitation, entrepôts et usines, tout flambe, les pompiers ne chôment pas. Les incendies catastrophiques qui ravagent des lieux de culture, ça arrive, hélas, et encore de nos jours. L’opéra La Fenice il y a une vingtaine d’années, le musée national de Rio de Janeiro en 2018, … Mais Notre-Dame de Paris ? C’est proprement ahurissant. Et donc on ne peut que se mettre à douter. Un départ de feu accidentel lors d’un chantier, c’est devenu très rare et c’est toujours en contravention de normes de sécurité de plus en plus strictes qui ne sont pas toujours respectées (la bêtise humaine étant insondable…).

Mais que ce départ de feu unique embrase toute la toiture et la charpente d’un édifice aussi monumental, en plein Paris et en plein jour, sans qu’il soit possible de circonscrire le sinistre avant que tout ait cramé ? C’est tout simplement inimaginable. Quand en plus on prend en compte le symbole historique, culturel et religieux que représente l’édifice, et la coïncidence de calendrier en pleine Semaine Sainte, dans le contexte social et politique tendu que connait la France, ainsi que le conflit civilisationnel avec l’intégrisme musulman qui convulse l’Occident, on a tous les ingrédients pour ne pas croire un instant à l’accident stupide, a la faute à pas de chance. Pas besoin d’être un complotiste fascisant pour ça. Et pourtant, de la destruction du dirigeable Hindenburg à celle du paquebot Normandie, en passant par l’assassinat de JFK, on a des exemples de catastrophes impensables dont la cause est beaucoup plus anodine que les nombreuses et séduisantes théories du complot qu’elles ont suscitées.

L’enquête nous en dira plus sur les circonstances de l’incendie. S’il n’y a eu qu’un seul départ de feu, alors la thèse de l’accident sera probable, quoique toujours inimaginable. Mais si on détecte plusieurs départs de feu, ce que l’ampleur et la rapidité du sinistre permettent déjà de supposer, alors ça pourra difficilement être autre chose qu’un acte délibéré et malveillant. Et le couvercle de la boite de Pandore aura été levé. Car il y a aussi des précédents dans cette catégorie, comme l’incendie du Reichstag en 1933.
_________________
"Les grands orateurs qui dominent les assemblées par l'éclat de leur parole sont, en général, les hommes politiques les plus médiocres." Napoléon
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Tahitian Warrior



Inscrit le: 02 Mar 2016
Messages: 133
Localisation: Toulouse

MessagePosté le: Mar Avr 16, 2019 05:20    Sujet du message: Répondre en citant

Comment décrire ce que j'ai ressenti depuis ma petite île perdue au milieu du Pacifique en voyant ça ?
Ce matin, je fais une navette avec ma mère (avec qui je travaille) pour du matériel de bricolage pour le bureau. En attendant à la caisse, je vois à la télé (sans son ni sous-titre) qu'il y a un incendie assez spectaculaire à Paris. Je devine qu'il s'agit d'un édifice religieux mais l'angle de vue de la caméra était mauvaise.
Retour au bureau puis 11h30, heure du déjeuner, je vais chercher de quoi manger, puis au magasin, je vois à la télé que c'était Notre Dame de Paris qui brûlait.
Quand je suis rentré au boulot, je me suis assis, mais j'avais l'appétit coupé.

P....n ! Un monument d'histoire qui a passé au travers de tellement de choses (le temps, les hommes, etc...) et qui crâme comme ça...
J'espère sincèrement que ce n'est pas un acte volontaire, que ce n'est qu'un fichu accident, un truc bête (ça arrive, c'est con, c'est douloureux, mais ça arrive), parce que si le premier choix s'avère être le vrai...
Pour les coupables, t'as le choix, c'est en pagaille.
Oh purée de nom de D... ! Ca va être la folie furieuse qui va se mettre en marche d'ici pas longtemps !
_________________
« Il faut écouter beaucoup et parler peu, pour bien agir au gouvernement d'un État. » Armand Jean du Plessis de Richelieu
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> À voir et à entendre Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Aller à la page 1, 2, 3 ... 9, 10, 11  Suivante
Page 1 sur 11

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com