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Janvier 44 - Balkans et Hongrie
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Wil the Coyote



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MessagePosté le: Lun Avr 15, 2019 15:39    Sujet du message: Répondre en citant

Il me semble que Jodl n était pas Feldmarschall....
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Hendryk



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MessagePosté le: Lun Avr 15, 2019 16:15    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Et les Athéniens étonnés verront un général français (Audet) effectuer une danse de joie place Syntagma…



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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Avr 15, 2019 20:45    Sujet du message: Répondre en citant

Et évidemment OK pour 'Rotonde de retournement'. Je devient grossier avec les circonstances moi ... Pour ce qui est de Keitel, j'ai pris son grade OTL mais m'en remet aux responsables concernés Rolling Eyes
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Avr 16, 2019 10:51    Sujet du message: Répondre en citant

6 janvier
La campagne des Balkans
Mal du pays
Front des Balkans
– Le plus grand calme règne, alors que la neige devient pluie dans les plaines du Danube et ce, jusqu’aux rives de la mer Adriatique. Profitant du répit qui leur est accordé, les hommes du 2e CA polonais fêtent l’Epiphanie, dans une atmosphère où l’ennui dispute au mal du pays. Varsovie parait encore très loin aux soldats d’Anders, qui se demandent bien pourquoi la route du retour semble devoir passer par Tirana…

Improvisations et conséquences
Kaposvár (Hongrie)
– Le général Maximilian von Weichs, commandant le Heeresgruppe E, vient à peine de regagner ses locaux à la frontière hongro-croate qu’il prépare déjà la suite des événements. Pour lui, il parait évident que le prochain coup de Montgomery, celui qui sera asséné au printemps, ne pourra viser que le nord de son secteur : c’est-à-dire soit la Hongrie soit la vallée de la Save. Or, cette zone de plaine, parsemée de ci de là par quelques trop rares reliefs, est tenue par la 12. Armee de Löhr, qui a déjà montré qu’elle n’était pas en mesure de supporter seule le choc des armées alliées.
Il faut donc la renforcer autant que faire se peut. Et pour cela, von Weichs estime qu’il est temps – tout compte fait – d’appliquer les directives de l’OKW sans état d’âme. On lui suggère avec insistance de s’appuyer sur les Croates ? Parfait ! D’un trait de plume, l’officier ordonne donc la fin du mélange… macédonien entre la 369. ID Vražja Divizija et la 100. Jäger. Les Oustachis – qui, soit dit en passant, ont fait très bonne impression – retournent dans leurs unités propres. Ils vont servir ailleurs !
En effet, von Weichs prévoit d’ordonner à Lothar Rendulic de réduire le dispositif de sa 20. Gebirgs-Armee près de l’Adriatique. Ce secteur n’est pas stratégique et les trois divisions croates (toujours sous commandement allemand) n’auront qu’à tenir seules le front du Monténégro, le cas échéant avec le soutien du III. SS-GAK (si la SS le veut bien !). Le but de cette manœuvre est évidemment fort simple : permettre au LXVIII. Armee-Korps de Fellmy d’étendre son dispositif vers le nord, et par là même au XV. Gebirgs-Armee-Korps de Felber de décaler le sien vers la Save. La 12. Armee n’aurait alors plus que 80 kilomètres à tenir, contre 120 actuellement. Au vu de l’état de ses unités, ce raccourcissement ne sera pas de trop.
Evidemment, durant cette réorganisation, les Partisans devront une fois de plus se tenir tranquilles – les 1er et 2e CA croates devraient y pourvoir, avec un coup de main des SS. Charge à Rendulic de négocier les détails de cette nouvelle campagne de répression. Von Weichs en est à ce point de ses réflexions – et de la rédaction de ses ordres – quand une idée frappe soudain son aide de camp du général, toujours planté devant la carte des opérations : « Herr General, pourquoi la 20. Gebirgs-Armee doit-elle assurer la défense de la Bosnie ? Laissons-la aux Croates et aux SS. Le front serait raccourci de 300 kilomètres ! » Mais son supérieur balaie immédiatement cette suggestion d’un revers de main : « Il n’est pas envisageable d’abandonner toute une partie du front aux Croates et aux SS – si nous n’y consacrons que le seul LXVIII. AK, ce sera déjà bien. »


7 janvier
La campagne des Balkans
Arrivée tardive
Kraljevo (Serbie)
– La 6th Australian Division de Vasey a longtemps assuré la garde de la frontière bulgare en Macédoine. C’est donc avec des semaines de retard qu’elle rejoint finalement ses camarades en ce jour de Noël orthodoxe. Toutefois, son arrivée dans le froid et la boue n’est marquée par aucune réjouissance. L’ANZAC de Lavarack se déploiera dans les jours suivants entre Aleksandrovac et Čačak, envoyant les Kiwis de Freyberg par-delà les monts et jusqu’à Ljig pour faire la jonction avec la 6th Armoured Division de Gairdner à Lazarevac. Le dispositif allié dans ce secteur est donc terriblement étiré : 120 kilomètres pour trois divisions. Mais en l’absence de renforts, Lavarack n’a pas le choix. Tant que le XIIIth Corps ne tiendra pas fermement le Kosovo, il doit garder le flanc sud du saillant serbe…
………
« Nous n’avions pas vraiment connu de coins riants depuis Salonique, c’est le moins que l’on puisse dire. Toutefois, il fallait bien avouer que cette foutue Serbie battait tous les records grecs ou macédoniens ! Partout, destructions, misère et mort. Nous aurions dû être acclimatés – pourtant, comme Marvin me le fit remarquer, il y avait en ces lieux quelque chose de nouveau, d’inhabituel même. Il émanait des ruines, des forêts embrumées et des rochers glissants d’humidité une atmosphère sourde de tension, de menace même. Pas comme à Salonique, non… C’était comme si le pays lui-même était hostile. Mais nous avons simplement mis cette impression sur le compte de la fatigue due à notre interminable voyage, et nous nous sommes installés dans un coin perdu dénommé Novo Selo. Ce bourg avait bien sûr été ravagé comme il convenait par les Huns durant leur retraite. Un véritable village de vacances ! » (Herbert Clarence Goldsmith, op. cit.)

Maux de tête
Athènes (GQG de la place Syntagma)
– Pendant que certains prennent des vacances, un homme se désolé de devoir gérer seul (ou presque) le chaos des Balkans : Sylvestre Audet. Le général français (qui ignore encore qu'il va être appelé à d'autres responsabilités) assure l’intérim, théoriquement en tandem avec son collègue Panagiotis Spiliotopoulos. Mais ce dernier s’avère bien davantage intéressé par la remise à niveau de l’armée royale grecque et la consolidation de son gouvernement que par la préparation de la prochaine campagne – qui lui paraît tout à la fois bien éloignée des terres grecques et fort incertaine à l’heure actuelle.
Il y a pourtant tant à faire ! Les demandes d’attribution de renforts, le matériel, les arbitrages sur les travaux en cours entre Skopje et Belgrade… sans parler des tâches de représentation et de la gestion du politique. Et en parlant de politique… Ce sont deux gouvernements, pas moins, qui interpellent aujourd’hui le commandement du 18e GAA.
A tout seigneur, tout honneur : le premier est celui de l’URSS (enfin, par l’intermédiaire du nouveau régime roumain, mais c’est tout comme désormais…). Informé par le Supply Service de son souhait de lancer une mission d’exploration – puis vraisemblablement de construction – vers Drobeta-Turnu, Severin et Negotin, Bucarest oppose « à regret une fin de non-recevoir catégorique aux demandes du colonel Canterbry, tant que les modalités de collaboration entre les Nations-Unies et la Roumanie co-belligérante ne seront pas précisées au plus haut niveau gouvernemental. En effet, et malgré notre souhait commun de défaire au plus tôt l’Allemagne nazie, vous conviendrez que la République Socialiste de Roumanie ne peut laisser des membres d’une armée étrangère errer librement sur son territoire. »
Audet ne peut que réprimer un sourire à la lecture de ces lignes. En matière d’armée étrangère qui court librement dans la campagne roumaine, l’Armée Rouge paraît plus encombrante que les équipes du colonel Canterbry ! Bon, ce point relève de bien plus haut que lui, ou même que Montgomery – que Londres et Marseille se débrouillent pour en débattre avec le Petit Père des Peuples. Quant à lui, moins il en sait à ce sujet, mieux il se porte !
Le deuxième message est plus gênant pour lui : il émane de Belgrade, et est signé de Pierre II Karađorđević en personne. Ce dernier, sur un ton faussement aimable mais sans doute vraiment naïf, s’interroge sur l’absence de tout mouvement des troupes alliées depuis presque deux semaines. « Alors que la situation de misère et de détresse des hommes et femmes du Royaume reste dramatique, les forces alliées ne peuvent refuser de saisir la main implorante tendue vers elles. Le gouvernement yougoslave demande donc instamment au commandement du 18e GAA d’étudier la possibilité pour ses forces d’avancer au contact des forces ennemies, ce qui permettrait de soustraire encore un grand nombre de ses compatriotes à la barbarie des Nazis et de leurs complices… »
Ce coup-ci, Sylvestre Audet est (à son tour) agacé. Ce souverain croit-il vraiment que les divisions alliées ne font rien en Serbie ? Une stratégie ne s’improvise pas – sur ce point il est d’accord avec Montgomery. Et sans être imperméable aux besoins humanitaires (il l’a prouvé lors de l’épisode de Volos), Audet est aussi un professionnel. Avancer dans quel but, avec quel ravitaillement, quelle flanc-garde ? Pour le plaisir de perdre des hommes et du carburant ? Et surtout pour quels objectifs ? Les malheureux que Pierre évoque dans son message ont déjà parcouru la moitié de la Yougoslavie, ils peuvent faire encore 20 kilomètres pour traverser ce no man’s land qui arrange tout le monde – eux y compris. Car il est une vérité simple : s’il n’y a pas de combattants, il n’y a pas de combats.
Evidemment, il n’est pas dans les attributions du général de se brouiller avec le gouvernement yougoslave. Il fera donc rédiger une réponse polie et courtoise, informant le souverain des « difficultés temporaires » que rencontrent les armées alliées, et précisant une fois de plus que toutes les options restent à l’étude. Il n’est toutefois pas certain que cela suffise à calmer ce jeune Slave…


8 janvier
La campagne des Balkans
Rien de nouveau…
Balkans
– Aujourd’hui, aucun événement particulier n’est à signaler sur le front, alors qu’une pluie glacée continue à se déverser sur la terre et sur les hommes, comme pour essayer vainement de laver le monde de sa misère.
Toutefois, bien à l’abri dans la chaleur d’ambassades et de ministères fort éloignés, des hommes éduqués et rompus aux négociations les plus ardues prennent langue pour évoquer conjointement le sort passé – et surtout futur – des royaumes de Hongrie et de Yougoslavie.


9 janvier
La campagne des Balkans
Migrations contraintes
Bosnie-Herzégovine
– Dans une ambiance de mauvaise humeur et de contrainte, la 117. Jäger de Karl von Le Suire arrive à Goražde afin de jouer le rôle de réserve pour le XV. GAK. Sa co-équipière la 114. Jäger n’est pas très loin – mais elle n’arrivera pas à Užice avant quatre jours au mieux. Dans l’attente, il convient de s’assurer que les routes restent ouvertes. Ce qui, à la réflexion, paraît notablement plus facile qu’à l’accoutumée. Le silence règne dans les campagnes. Mais pour les vétérans, cela ne dit rien qui vaille.

Les vacances du général Montgomery
10 Downing Street (Londres)
– Le général Bernard Law Montgomery est invité dès le début de son congé par son Premier ministre, pour une collation informelle qui a tout de la rencontre de réconciliation. De fait, une fois à table, point de discours de façade ou autres usages empesés ! Au contraire, le vieux bouledogue s’attache avec malice à créer une ambiance chaleureuse propice à la franchise – voire aux confidences – et ce même s’il est évidemment le seul à vraiment consommer les nombreux alcools servis.
Car, malgré les mésententes, erreurs regrettables de compréhension et autres chamailleries, une évidence demeure : les deux hommes ont mutuellement besoin l’un de l’autre. Le premier ne pourra pas faire grand-chose sans le soutien de son puissant protecteur – quant au second, il sait que Montgomery reste sa meilleure arme pour accomplir son grand projet en Europe centrale. Finalement, passées les banalités et autres discussions météorologiques si britanniques, Monty attaque – ou plutôt, il annonce :
– Prime Minister, puisque nous en viendrons fatalement à évoquer mes projets sur le théâtre des Balkans, et que vous m’avez déjà à plusieurs reprises laissé entendre que Vienne était un objectif majeur, je me dois de vous faire part dès à présent des… difficultés que nous rencontrons avec certains gouvernements… autochtones.
Churchill arbore un grand sourire aimable : « Des difficultés ? Les Albanais vous font encore des misères, Monty ? Ou peut-être les Grecs ? »
– Non, dans la situation stratégique actuelle, les sauvages des montagnes d’Albanie ne comptent plus beaucoup – nous les avons contournés, Dieu merci. Quant aux Grecs, je dois reconnaître que, même s’ils restent aussi rudes négociateurs que féroces combattants, ils paraissent désormais beaucoup plus souples à notre égard. Y seriez-vous pour quelque chose ?

Le sourire aimable est désormais sur les lèvres de Montgomery – mais il en faut plus pour démonter Churchill : « En effet ! Mais rien qui empiète sur la chose militaire, qui reste votre domaine, cher ami ! Alors… (l’auguste Premier avale d’un trait un verre d’excellent vin blanc helvétique) – Qui importune les forces armées de Sa Majesté ? Hormis les Huns, bien sûr. »
– Vous vous doutez bien que ce sont les Yougoslaves – et notamment les loyaux sujets de Sa Majesté Pierre II. Je crains que nos succès, auxquels ses troupes ont bien sûrs contribué – mais pas plus que les nôtres et de surcroît avec du matériel français – ne soient un peu monté à la tête de ce jeune souverain. Et les forfaits des sicaires croates que les Teutons utilisent ne l’aident pas à redescendre sur terre. Il faut dire que j’ai moi-même été témoin dans ce fichu pays de choses dont je vous ferai grâce à table – et il m’en a été raconté de bien pire par des hommes de confiance. Toutefois, ces événements déplorables ne sauraient autoriser Pierre II à se prendre pour mon supérieur, et à prétendre diriger mon groupe d’armées au gré de ses humeurs ou des persiflages de ses ministres.
– Je vois… et je ne vous cacherai pas que j’en avais été quelque peu informé. Vous souhaiteriez donc que je calme notre impétueux jeune Slave ?
– J’aimerais qu’il comprenne que s’il est désormais à Belgrade, c’est grâce à nos forces –lesquelles sont placées sous mon commandement. Et qu’il arrête de prendre nos armées pour des supplétifs de sa police comme… d’autres ont voulu le faire avant lui.
– Et nos amis Grecs avaient pourtant bien moins de soucis à régler que les Yougoslaves. Nous n’avons pas fini d’entendre parler de Belgrade et de Zagreb.
– J’en ai peur, Prime Minister. Il serait pourtant dommage que notre marche vers l’Autriche soit interrompue par de sordides règlements de compte, par des sortes de… transhumances sanglantes au milieu des pins…

Ce discret rappel de la formule malheureuse de Churchill le 17 septembre dernier n’a pas l’heure de faire rire son auteur. Et Montgomery d’enfoncer le clou, en sachant très bien où il convient d’appuyer – tout en se resservant au passage une bouchée de saumon : « A moins que vous ne souhaitiez que nous passions par Budapest pour atteindre l’Autriche ? »
– Monty, mon vieux, arrêtez de jouer au plus fin. Vous savez comme moi que la Hongrie sera très difficile à arracher aux Rouges – vous n’avez pas voulu foncer vers Sofia l’été dernier, vous n’allez quand même pas m’improviser une valse vers le Danube ?
– Non, mais en ce cas, il faudra bien passer par la vallée de la Save. Ce qui risque de ne pas plaire beaucoup au roi des Serbes – oh, pardon, de Yougoslavie.

Churchill se renfrogne. D’un geste autoritaire, il ordonne à son butler de débarrasser. Le dessert arrivera bientôt. Mais avant, il convient de mettre les choses au clair.
– Faites ce qu’il convient. Je vous soutiendrai autant que nécessaire. Comme d’habitude. Et même davantage, si ce point vous inquiète. J’ai mis au pas les Grecs, je mettrai au pas les Serbes également. Et puisque vous me le demandez, je compte régler les choses dès cet hiver.
– Vous m’en voyez ravi, Prime Minister ! Par ailleurs, un message reçu ce matin d’Athènes me laisse entendre que mon brave Audet rencontrait quelques… menues difficultés avec les Soviets quant à l’utilisation de leurs voies ferrées – enfin, des voies ferrées bulgares et roumaines. Et, à propos de nos alliés moscovites, il me semble que les Grecs continuent à craindre l’agitation communiste, qui, selon eux, pourrait donner à l’Armée Rouge un prétexte pour envahir leur pays. Puis-je abuser de votre bienveillance et vous demander d’obtenir de Moscou l’usage du réseau ferré de leurs nouveaux vassaux, ainsi qu’une assurance capable de tranquilliser les Grecs ?
– Cela va de soi… Je m’en occuperai moi-même s’il le faut. Mais pour ce qui est de la Hongrie – je reviens là-dessus. Ne fermez pas la porte à une action dans cette direction – étudiez, préparez, planifiez. Je vous fais confiance. L’année prochaine sera décisive à bien des égards…

Le Premier ministre arbore un air mystérieux qu’il affectionne. Il sait quelque chose qu’il prend plaisir à cacher.
– Puis-je vous demander de préciser ?
– Disons simplement que… Quis invenit amicum, invenit thesaurum [Qui trouve un ami, trouve un trésor.].

Après un instant de réflexion teintée d’inquiétude, Montgomery répond : « Je vois… Mais, je vous en prie, pas d’improvisation cette fois-ci. Comme vous le savez, Errare humanum est, perseverare diabolicum ! »
– Perserverare communistum, même, mon cher ami ! Ah, enfin, le dessert.

On en restera là – pour l’instant du moins. Mais, outre la promesse d’une intervention politique (et même de plusieurs) pour résoudre ses problèmes serbes, grecs et soviétiques, Bernard Montgomery sait désormais que la porte de Budapest n’est pas fermée – du moins, tant qu’elle ouvre sur Vienne.


10 janvier
La campagne des Balkans
Migrations contraintes
Kosovo
– Du côté allié de la ligne de front, et dans une ambiance pluvieuse et pas moins maussade que celle que subissent les Jägers, le 2e CA grec de Georgios Tsolakoglou arrive dans la vallée des Merles, où il vient renforcer le Corps d’un Brian Horrocks fort déconfit de devoir gérer une situation de troubles civils. La formation hellène est toujours amputée de la 5e DI de Dimitrios Papadopoulos (restée à Xanthi, en Thrace, pour monter la garde à la frontière bulgare), mais elle donne la possibilité aux troupes alliées de sortir de la vallée de Pristina pour se déployer en force dans les secteurs alentour. Les jours suivants, les Grecs enverront donc des troupes à Gjakovë et Pec, ramenant enfin l’ordre dans cette région abandonnée des dieux, mais non, hélas, des milices de toutes sortes.
Avec les unités du XIIIth Corps actuellement déployées entre Pristin, Vučitrn et Shtime, ce sont donc désormais pas moins de trois divisions alliées, plus deux brigades blindées, qui tiennent le Kosovo. C’est beaucoup pour une province d’un pays réputé ami. Et cela risque d’entraver les plans du 18e GAA – qui doit donc trouver le moyen de libérer enfin le XIIIth CA de ces désespérantes considérations de maintien de l’ordre…
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Mar Avr 16, 2019 11:46    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

Citation:
dans une atmosphère où l’ennui le dispute au mal du pays


Citation:
Pendant que certains prennent des vacances, un homme se désole de devoir gérer seul (ou presque) le chaos des Balkans


@+
Alain
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MessagePosté le: Mar Avr 16, 2019 12:37    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Ce discret rappel de la formule malheureuse de Churchill le 17 septembre dernier n’a pas l’heur de faire rire son auteur.

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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Avr 16, 2019 13:56    Sujet du message: Répondre en citant

Merci aux relecteurs !
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MessagePosté le: Mar Avr 16, 2019 21:41    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Les forces communistes du PCY et du NVOJ ont longtemps occupé et même repoussé plus de divisions ennemies que toutes nos armées déployées en Grèce et en Italie. Maintenant que nos troupes sont entrées en Yougoslavie, il est vraisemblable que ces dernières disposeront sous peu de la possibilité de s’emparer de larges pans du territoire avant que nous arrivions sur place.

Si "ces dernières" fait référence au forces communistes du PCY et du NVOJ, alors c'est maladroit.

Citation:
au LXVIII. Armee-Korps de Fellmy

=> Felmy
Corrections à faire :
Septembre 1943 : 1 - Méditerranée (11-15) : 2
Novembre 1943 : 1 - Méditerranée (11-20) : 3
Décembre 1943 : 1 - Méditerranée (21-31) : 2
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Avr 17, 2019 08:24    Sujet du message: Répondre en citant

Merci aux relecteurs-correcteurs.

Et un petit ajout au 10 janvier :



La saison des transferts
Athènes (GQG de la place Syntagma)
– Sylvestre Audet n’a pas bougé du grand quartier-général allié depuis maintenant trois jours, toujours surchargé de travail qu’il est. Le général français a clairement besoin de vacances. Hélas, ces dernières ne sont prévues qu’à la fin du mois – et encore, dans le meilleur des cas.
Aussi, lorsque le téléphone sonne une fois de plus à son bureau, l’adjoint de Montgomery n’est guère enthousiaste – c’est le moins que l’on puisse dire. Mais au bout du fil, étonnamment, ce n’est pas Londres, mais Alger. Le ministre, M. Paul-Boncour, veut lui parler personnellement ! Et il lui annonce… Une étoile de plus et une prise de poste en tant que patron de la 2e Armée ! A la place de Dentz, appelé à d’autres tâches, loin de la Grèce.
La légende prétend qu’on aurait entendu un grand bruit dans le bureau du général, puis une voix – celle du général Audet en personne – qui chantait à pleins poumons quelques chose que les secrétaires grecs n’ont pas compris, mais qui n’était assurément pas la Marseillaise… Comme chacun sait, les Méditerranéens ont toujours tendance à exagérer, mais il convient de signaler que les secrétaires anglais ont entendu la même chose (sans comprendre davantage). Une chose toutefois sera vite évidente pour tout le monde : à 60 ans passés, Audet est ravi de quitter Athènes, ses intrigues politiques et un certain général caractériel à béret noir pour retrouver le terrain et commander une dernière fois au feu – jusqu’à la prochaine chute du Reich, tant qu’à faire.
……….
Tirana – Quelques centaines de kilomètres plus au nord, le général Henri Dentz a lui aussi reçu un coup de fil qu’il a accueilli avec beaucoup de satisfaction. Il va quitter Tirana avant la fin du mois pour gagner Marseille et devenir Major-général (soit chef du GQG de l’Armée de Terre). Une belle promotion, qui lui assure tout à la fois le renom, l’agrément de contribuer à la libération du territoire national… et la joie personnelle de quitter l’Albanie. Il a appris qu’Audet prendrait sa place – il ne devrait pas être trop dépaysé.
« Décidément, songe Dentz, j’ai bien fait d’aller au-devant de Besson l’an dernier. Qui sait ce qui me serait arrivé si j’étais resté dans l’ombre de cette tête de lard de Giraud ? »


Dernière édition par Casus Frankie le Mer Avr 17, 2019 09:08; édité 1 fois
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MessagePosté le: Mer Avr 17, 2019 08:33    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:

à 60 ans passés, Audet est ravi de quitter Athènes, ses intrigues politiques et un certain général caractériel à béret noir pour retrouver le terrain et commander une dernière fois au feu


Sans vouloir rouvrir un de ces débats sur Monty bon ou mauvais général, Patton etc., est-il avéré que Montgomery était un mauvais patron ? Il a eu maille à partir avec ses pairs (qu’il ne considérait que très rarement dignes de l’être), et il a donné du fil à retordre à ses supérieurs (à qui il reprochait surtout d’être ses supérieurs), mais vis-à-vis de ceux qu’il commandait ? Il me semble qu’il a le plus souvent suscité une loyauté que son caractère ne laissait pas présager, dans la ligne du principe : ‘Je ne supporte pas qu’on embête mes hommes, c’est quelque chose que je tiens à faire moi-même’.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Avr 17, 2019 08:37    Sujet du message: Répondre en citant

Il s'agit ici de son entourage immédiat de hauts gradés, pas de ses troupiers !
Parmi ses proches, certains deviendront des "fans", pour d'autres, ce sera bien plus dur…
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Casus Frankie

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MessagePosté le: Mer Avr 17, 2019 09:24    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai lu une biographie de Monty écrite par un de ses subordonnés directes. Intéressante pour référence, car il s'agit des écrits du président de son fan club (j'ai oublié son nom, un général anglais). Tout le monde connait la mauvaise fois de Monty... et bien l'auteur est pire !
Toutefois, loin de la caricature de Monty, la biographie souligne qu'il était proche de ses officiers. Qu'il avait noué une véritable amitié avec plusieurs d'entre eux et lorsque l'un d'eux fut emprisonné par les Allemands, l'inquiétude le rendit malade, jusqu'à ce que la Croix Rouge confirme qu'il était bien en détention en Allemagne. Il est même allé visité l'épouse du dit général lors de vacance en Angleterre.
Excusez-moi de ne donner aucun nom, mais j'ai lu ce livre il y a des années et je n'en ai qu'un vague souvenir.
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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MessagePosté le: Mer Avr 17, 2019 09:27    Sujet du message: Répondre en citant

Avec Monty, le problème n'est pas dans le fond, mais bien dans la manière. Il y en à même qui se demande s'il n'était pas un Asperger léger. Au final point de jugement de valeur, mais bien une manière particulière de faire du management : ca passe ou ca casse. Ce qui ne l'empêchait d'ailleurs pas d'apprécier ces collaborateurs les plus estimés, sans toujours le montrer.

Bref, je connais bien : c'est tout moi.
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MessagePosté le: Mer Avr 17, 2019 10:04    Sujet du message: Répondre en citant

Dempsey, Crerar, Horrocks, entre autres, ont très bien fonctionné avec Monty, qui les a soutenus et promus, je crois. Sa relation avec Dempsey en particulier fut symbiotique. Monty était un professionnel, et évidemment avide de reconnaissance (c’est peu de le dire).

Ceux de ses subordonnes qu’il jugeait compétents (et sur ce point on s’accorde qu’il était bon juge), et qui ne tentaient pas de lui faire de l’ombre (ou de fumer en sa présence…) avaient les meilleurs chances de bien se trouver de leur association avec lui.
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Clappique



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MessagePosté le: Sam Avr 20, 2019 19:52    Sujet du message: Répondre en citant

Un petit spin-off ...

"Le caporal Dusty Miller se sentait terriblement las – une lassitude qui ne tenait pas qu’à l’heure tardive, et à l’inconfort de leur position, blottis depuis des heures derrière des filets de pêche puants pour s’abriter d’une Bora glaciale. Las, plutôt, des dernières semaines passées dans ce pays où le conflit mondial se doublait d’une atroce guerre civile.

Passe encore pour le début de leur mission ; le capitaine Keith Mallory et lui-même avaient accompagné et protégé la mission militaire du S.O.E auprès des maquis Titistes de Bosnie – Londres semblait avoir des doutes grandissants sur l’aptitude du jeune roi Pierre II à rassembler les morceaux d’un royaume éclaté, et estimait le temps venu de tendre la main aux « Partizani ». Des communistes certes, mais sans doute les seuls à ne pas baser leur existence sur l’appartenance ethnique … Un peu gardes du corps, un peu conseillers techniques, Mallory et Miller avaient participé pendant plusieurs semaines à leurs opérations de guérilla, des combats rudes, sans merci … mais ça, leurs expériences en Lybie et dans la Mer Egée les y avaient habitués .

Les derniers jours, c’était une autre histoire. Le S.O.E leur avait enjoint de « reconnaitre et d’évaluer » les défenses de l’Axe sur la côte Dalmate, dans le secteur des Kornati. Coups de mains, opérations de ravitaillement ou futures opérations amphibies, Dieu seul savait ce le S.O.E avait en tête ! Pour eux, cela avait signifié traverser l’ouest de la Bosnie ravagée par les oustachis, et ces quelques jours avaient été …. une abomination.

Parvenus sur la côte Croate proprement dite, en territoire totalement contrôle par les allemands et leurs alliés oustachis, ils étaient maintenant en danger constant, mais au moins ne tombaient plus à chaque instant sur des hameaux incendiés, ni des cadavres de civils suppliciés.

Et les voilà donc, au milieu de la nuit, mal cachés dans un coin du petit port de Murter-Kornati, en train d’attendre un caïque censé les conduire vers un sous-marin au large de l’archipel.

Leur contact était en retard, le ciel trop dégagé, tout cela ne s’annonçait pas bien. 10 minutes plus tôt, Miller avait bien vu accoster avec soulagement un petit caïque, mais ce n’était manifestement pas le leur, même si ses deux marins semblaient eux aussi tenir à une grande discrétion. Drôles de type. Le matelot avait un profil taillé au couteau, et une inquiétante physionomie de mystique russe, mâtiné d’assassin et de crapule ; le patron réussissait à ressembler tout à la fois à un gitan et un officier de marine, et portait ce qui avait semblé à Miller une casquette de la Garde tsariste, une arme pourtant bien sélective.
Les deux hommes les avaient superbement ignorés, et disparus dans les rues du port avec quelques lourdes caisses. Puis ils avaient réapparu, accompagnés d’un vieil homme et d’un gamin. L’homme âgé ressemblait à un érudit, le gosse semblait juste terrorisé jusqu’à ce que le patron lui parle à l’oreille, avec un sourire ; ensuite les deux marins les avait escamotés au fond du caïque, cachés sous une bâche.

Miller et Mallory se consultèrent du regard ; « none of our business » murmura le néo-zélandais. « Hmmm .. » grogna Miller. « Notre homme à nous est trop en retard ».

Mallory n’eut pas le temps de répondre, des bruits furtifs sur la jetée fermant le port leur firent lever la tête. Puis un léger claquement métallique … semblable à l’armement d’une MG42. Les mains de Miller se refermèrent sur son Steyr muni d’un silencieux, Mallory avait saisi son revolver. Quand aux marins, le patron fumait, imperturbable, son matelot à la tête d’assassin avait … disparu."
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Si on ne croit à rien, surtout si on ne croit à rien, on est obligé de croire aux qualités du coeur quand on les rencontre, ça va de soi.


Dernière édition par Clappique le Sam Avr 20, 2019 22:50; édité 1 fois
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