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1940 - La France continue la guerre
 
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Diplo-Eco Décembre 1943
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Archibald



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MessagePosté le: Mar Fév 26, 2019 16:40    Sujet du message: Répondre en citant

Anaxagore a écrit:
"Quant on veut tuer son chien, on l'accuse d'avoir la rage"


C'est un de mes proverbes préférés, appris à la dure sur le marché du travail. Ma copine adore quand je dit ça.

"Qui veut noyer son chien, l'accuse d'avoir la rage"

"Ben il est ou le chien ?
"J'ai fait comme tu voulait: je m'en suis débarrassé.
"Comment t'a fait ?
"Ben j'ai dit qu'il avait la rage, et fait abattre en conséquence.
"Mais il n'avait pas la rage...
"Mais enfin merde quoi, tu voulait t'en débarrasser non ? alors on s'en fout qu'il est eut la rage, ou pas.
"Certes...

(fermeture du banc)
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Mar 15, 2019 18:35    Sujet du message: Répondre en citant

Avant de retourner à Mai 1944, cet ajout à Décembre 43, par Démolition Dan, qui laisse augurer bien du tracas pour les Magyars.


16 décembre 1943
L’orgueil d’un amiral
Bonnes intentions
Palais Sándor (Budapest)
– Le vénérable édifice bâti en 1806 par le comte Vince Sándor sert depuis fort longtemps de siège aux gouvernements de Hongrie (1). A son bureau, le Premier ministre Miklós Kállay se demande comment sortir son pays de l’ornière où il se trouve du fait de son prédécesseur et adversaire politique, László Bárdossy.
Bárdossy, qui avait succédé au pauvre Pál Teleki, est resté à peine deux ans en poste avant de lui céder la place le 9 mai 1943 sur l’ordre du Régent, l’amiral Horthy. Mais dans cette période, il a fait bien du dégât ! Quelle erreur, quelle misère, quelle tragédie même a été le choix de ce médiocre carriériste, ancien ministre des Affaires étrangères, mais qui ne devait sa place qu’au décès de son patron le comte István Csáky (2). De la rupture des relations avec l’Angleterre et la France lors de l’invasion de la Yougoslavie jusqu’à la participation du pays à la guerre germano-soviétique (alors que l’URSS ne souhaitait nullement un conflit avec la Hongrie !), en passant par la déclaration de guerre aux Etats-Unis – délictueuse, car non signée par le Régent (3), cet imbécile a réussi à brouiller le pays avec la plus grande partie de la planète. Deux années de surenchère constante à droite et d’alignement servile sur le Reich, sans aucun bénéfice tangible.
Et s’il n’y avait que cela ! Sa docilité est allée jusqu’à mettre en péril l’unité du pays. Ainsi, Bárdossy a fait promulguer la troisième loi antijuive, annulant les conversions et interdisant les mariages mixtes, tout en définissant le concept absurde d’une « race juive » ! Quelle sottise ! se dit Kállay dans un soupir. On peut apprécier ou non les fidèles de la religion hébraïque… mais pour lui, avant toute chose, il y a des Hongrois et des non-Hongrois. Et les Hongrois juifs sont d’abord Hongrois.
Bárdossy était donc bel et bien un médiocre – au mieux. Le défunt comte Ciano ne disait-il pas de lui « il n’a pas d’autres attitudes que celle que lui inspire l’orthodoxie du moment » ?
Il aurait bien mieux valu pour le pays que Teleki restât en poste… Même si le vieux comte de Szék n’avait pas toujours été bien inspiré. Il s’était suicidé en mai 1941, en laissant une lettre dans laquelle le Régent et son propre gouvernement étaient accusés de tous les maux – entre autres, de lâcheté, ou même de se comporter en « hullarablók lezünk » (vampire). Pourtant, c’était bien lui qui avait autorisé les armées du Reich à marcher sur Belgrade en passant par la Hongrie ! Le Régent, lui, s’était opposé à l’invasion de la Yougoslavie. Mais il n’avait pu aller contre le Legfelső Hondédelmi Tanács (Conseil Supérieur de Défense).
Teleki avait donc fui dans la mort ses responsabilités – le gouvernement avait dû mettre en avant les soucis de santé de son épouse pour donner une raison acceptable à son geste.
Et à présent, c’est à Kállay de tenter de résoudre les problèmes créés par d’autres. En ces temps difficiles, plutôt que s’en remettre à Dieu, il faudrait faire front au côté du Régent pour sauver le pays. Ou au moins, pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être.
………
Palais Budavár (Budapest) – L’amiral ne réside pas loin des bureaux de Kállay – le palais Budavár est à cent mètres au sud à peine, en descendant la Svent György Utca le long du Danube. Le vieil officier calviniste vit toujours là, dans l’austérité de sa foi – du moins du point de vue d’un catholique comme Miklós Kállay. Il est installé dans l’aile des hôtes étrangers, entouré de sa famille et de son modeste personnel (4), comme un symbole de la Nation respecté de tous et disposant d’un large pouvoir exécutif.
Mais le régent a 75 ans. Et il porte de moins en moins bien son âge – sans qu’il soit possible de le remplacer, du fait de la mort récente du vice-régent, son fils préféré. Certes, Horthy reste toujours vaillant et aimerait extraire son pays de la guerre. On murmure même qu’il aurait fondé un “Bureau de Sortie” (Kiugrási Iroda) confié à son collaborateur Géza Ónódy et où son second fils travaillerait parfois – cette discrète institution ne semble toutefois pas agir plus loin que les murs du palais.
Mais par les temps qui courent, il faudrait plus que des intrigues de palais pour résoudre les graves difficultés de la Hongrie – il faudrait plutôt des amis, des vrais. Or, le pays est diplomatiquement isolé depuis les années 30, le conflit n’a fait que révéler ce terrifiant échec. Ainsi, Horthy n’a reçu la visite que de deux chefs d’état durant l’entre-deux-guerres : Heinz Miklas, président de la république d’Autriche (une nation aujourd’hui disparue !) et Victor-Emmanuel III, qui n’est plus roi d’Italie que par la grâce des Alliés !
Hélas, depuis son deuil, l’amiral, atteint de surdité, paraît s’isoler, enfermé dans son palais et ses souvenirs. Déjà incapable d’ouvrir seul des pourparlers de paix, l’amiral refuse aussi de voir le danger qui guette la Honvéd. L’armée hongroise n’est plus aussi unie et dévouée qu’autrefois. Infiltrée par les nazis, encadrée par des officiers à la retraite affiliés aux Croix-Fléchées, la noble institution montre d’inquiétants signes de radicalisation.
Ainsi, le massacre du 21 janvier 1942, lors de l’invasion de la Yougoslavie, dans une partie de la Voïvodine et de la Bácska que le front traversera bientôt de nouveau – trois à cinq mille civils massacrés et jetés dans le Danube, dont des ressortissants allemands. Le scandale avait été immense… Mais le gouvernement et le régent avaient alors préféré se retrancher derrière les investigations en cours ou la défense de l’honneur de l’Armée. Une enquête avait toutefois été menée à son terme, et les officiers des corps concernés, dont le général Ferenc Feketehalmy-Czeydner et le colonel József Grassy (tous deux d’origine souabe), avaient été jugés. La justice magyare avait alors prononcé quatre condamnations à mort et vingt peines de prison… Mais aucune n’avait été exécutée. Pire : depuis, les intéressés ont été discrètement exfiltrés vers le Reich, et continuent vraisemblablement à attiser la sédition depuis le territoire du si puissant “ami” allemand, dont l’influence délétère ne connaît plus de limites. C’est en vain que l’amiral tente de maintenir l’ordre dans les rangs, comme jadis à Pola – 17 officiers destitués, mais sans réel effet d’exemple.
Tout cela, Horthy refuse de le voir. Tout comme il refuse de voir que la succession de revers allemands à l’Est rendent le désastre imminent. Accroché aux gains territoriaux accordés à son pays par les arbitrages de Vienne, le Régent paraît encore croire possible de sortir du conflit en conservant les territoires récupérés depuis 1938. Son idée est simple : « Kiugrás » – sauter dehors ! Il compte peut-être sur la sympathie de l’armée allemande qui, pense-t-il, ne devrait pas tarder à reprendre le contrôle du Reich malgré ces amateurs de nazis.
Illusions que tout cela – face à lui, Miklós Kállay est un pragmatique, issu de la petite noblesse sans doute, mais aussi un commerçant et un propriétaire terrien – il lui faut du concret. Et même s’il sent que l’Axe est en pleine déconfiture, il sait qu’il faudra bien plus que de la bonne volonté de la part de quelques officiers allemands pour que la Hongrie s’en sorte. Oui, il n’y a plus rien à tirer de l’Allemagne… mais il reste encore beaucoup à craindre. Budapest va donc devoir jouer très serré, et une partition à quatre mains de surcroît !


27 décembre 1943
L’orgueil d’un amiral
Premières tentatives, premières maladresses
Vérone
– La très catholique et très latine Italie reçoit en visite officielle le Premier ministre hongrois Miklós Kállay, qui tente de conserver quelques liens avec les deux camps se partageant le pays depuis leur… brouille de Noël dernier. Après tout, royalistes et fascistes italiens n’ont-ils pas tous été de fidèles amis de la Hongrie durant les dernières décennies ? Sans même parler du Vatican, dont le pape actuel a eu de nombreuses fois l’occasion de constater l’amour que le peuple magyar voue au Christ. Les chemins de la Foi pourraient donc bien servir à des usages plus… terrestres.
Evidemment, pour des raisons bien compréhensibles, le Premier ministre n’ira pas plus loin que Vérone, où il est reçu par le Duce. Ce dernier, bien que très fatigué, fait bon accueil à son visiteur. Après tout, la Hongrie rappelle à Mussolini les grandes heures du fascisme, comme la visite de l’amiral Horthy à Rome et Naples en novembre 1936. En ce temps-là, l’armée royale italienne mobilisait 25 000 hommes pour une parade haute en couleurs, et la Regia Marina faisait défiler ses cuirassés devant les caméras du monde entier…
Ce temps est passé désormais. La plupart de ces soldats sont morts, prisonniers des Alliés… ou des Allemands, à moins qu’ils ne luttent désormais contre la RSI de Mussolini. Quant aux cuirassés, ils sont au fond de l’eau ou bien “aux arrêts” dans quelque port allié. Kállay passera de longs moments à tirer le Duce de sa mélancolie, en évoquant l’amitié (forcément inaltérable) entre leurs deux nations – mais en passant évidemment sous silence la visite du roi Victor-Emmanuel à Budapest le 3 mai 1937. Puis, le Magyar pose, d’un ton innocent, une étrange question : « Pensez-vous, cher Duce, que les Allemands puissent envisager l’intérêt d’une Hongrie neutre dans leur lutte à l’Est ? »
Mussolini, qui paraissait jusqu’alors avoir l’esprit embrumé de souvenirs, change soudain de regard sur son interlocuteur. Passé un long silence, hésitant mais pas forcément hostile, il répond simplement : « Je vous déconseille, Monsieur, d’agir dans le dos des Allemands. Comme vous l’avez constaté, ces derniers sont en mesure de faire comme bon leur semble et selon leurs intérêts. Ils occuperaient votre pays sans hésiter au premier manquement. »
On en restera là – Kállay a bien compris qu’il n’y a aucune aide à attendre de la part de son allié. Et ce n’est pas le comte Ciano qui pourra désormais appuyer son agenda dans les couloirs de la RSI…


30 décembre 1943
L’orgueil d’un amiral
Les voies du Seigneur sont-elles tout à fait impénétrables ?
Nonciature apostolique du Saint-Siège (Budapest)
– Sitôt rentré d’Italie, le Premier ministre Kállay profite des fêtes de fin d’année pour se rendre auprès de la représentation du Saint-Siège en Hongrie, assurée par le nonce Angelo Rotta – un homme dont le peu de goût pour le Reich est fort bien connu. De fait, le légat, qui s’est opposé avec beaucoup de vigueur aux lois antijuives mises en œuvre ces dernières années – et ce, qu’elles concernent les seuls israélites ou qu’elles s’étendent aux convertis au christianisme – pourrait être un allié précieux pour toucher le pape Pie XII.
Le vicaire de Saint-Pierre connait bien la Hongrie. Outre les liens historiques forts que cette dernière entretient avec l’Italie, il a eu l’occasion de juger de la compréhension du régime pour l’Eglise, et notamment lors du congrès eucharistique de 1938, tenu à Budapest du 25 au 29 mai sous le patronage du cardinal-primat Jusztinián Serédi. Celui qui n’était alors que le cardinal Pacelli y représentait alors le précédent pape, Pie XI, déjà affaibli par la maladie qui allait l’emporter. Cet événement avait scellé la réconciliation entre le Vatican et la Hongrie, déjà entamée depuis la visite de Pie XI en novembre 1936. En 1938, on célébrait justement le neuf centième anniversaire de la mort de Saint-Etienne (premier roi de Hongrie, sous le nom d’Etienne 1er) (5). Au dernier jour des cérémonies, le futur Pie XII était apparu au balcon devant une foule de presque cinq cent mille fidèles, pour crier « Vive le Pays de Marie ! ».
C’était la dernière manifestation d’un âge d’or économique et social. Avec l’aide d’autres pays des Balkans et du Saint-Siège, Budapest aspirait encore à représenter une troisième voie traditionnaliste et nationaliste, opposée aux totalitarismes venant de Russie… comme d’Allemagne. De nobles ambitions, partagées par (presque) tous dans le pays, mais qui ne s’étaient hélas pas franchement concrétisées (6).
Plus de cinq ans ont passé, apportant une foule de catastrophes. Mais la communion des fidèles pourrait encore permettre des prodiges, peut-être même des miracles. Le nonce accueille le Premier ministre avec un air de compassion sincère. Les lourdes portes de bois de son bureau se referment sur les deux hommes.
………
Palais Budavár (Budapest) – La nuit est tombée depuis longtemps sur la capitale hongroise quand le Premier ministre Kállay réunit autour du Régent un cabinet restreint pour évoquer les dernières démarches qu’il a entreprises. Ne sont présents, outre Horthy et Kállay, que le ministre de la Défense Vilmos Nagy de Nagybaczon et le ministre des Affaires étrangères Jenő Ghyczy de Ghicz. La voix enrouée par l’émotion, Miklós Kállay attaque avec l’air grave du médecin qui annonce de mauvaises nouvelles : « Messieurs, je me vois au regret de vous signifier que mon entretien avec le Nonce Rotta n’a rien donné de concret pour l’instant, et vraisemblablement pour l’avenir. Il m’a fait bon accueil et manifeste une sympathie qui semble sincère pour notre démarche. Mais il est pieds et poings liés par les instructions du Vatican. »
Un profond silence s’abat sur la salle. Hormis Kállay, tous autour de la table sont calvinistes, ils ne fondaient donc que des espoirs mesurés dans cette tentative. Mais cela n’en reste pas moins une mauvaise nouvelle. Après quelques instants, pour rompre le malaise, le général Vilmos Nagy risque un simple, mais agacé : « Nous ne demandons pourtant pas l’appui public du Saint-Siège ! A quoi pense donc le pape ? Quel risque prend-il, maintenant qu’il est bien à l’abri derrière les blindés américains ? »
– Apparemment, le Saint-Père craint, je cite, de…
« mettre en danger les populations chrétiennes d’Europe en les privant du peu de secours matériel et spirituel que l’Eglise peut leur apporter de par sa neutralité. » Il se propose d’agir en médiateur, mais ne peut être à l’origine de cette démarche.
Le ministre de la Défense se renfrogne : « Il a surtout peur d’attirer l’attention des nazis sur la prêtrise allemande, oui ! »
– Peu importe ses raisons, c’est ainsi. Nous sommes seuls sur cette affaire. Comme depuis 1921 en vérité. Monsieur de Ghicz, des nouvelles de vos démarches auprès de nations plus… expérimentées que nous ?
– Hé bien, et comme vous vous en doutez, mes services n’ont pas pu contacter nos anciens partenaires roumains et bulgares – si tant est qu’ils aient un jour désiré nous aider. J’ai bien sollicité Helsinki, mais là-haut, on m’a fait comprendre que…
– Il suffit, Messieurs !

L’amiral n’a pas eu besoin d’abattre son poing sur la table, ni même de vraiment élever la voix, pour imposer le silence. A presque soixante-seize ans, le vieil officier impose encore le respect. Et son mutisme depuis le début de la réunion ne donne que plus de poids à sa parole. Tous se tournent désormais vers lui pour écouter son arbitrage.
– Nous sommes isolés, c’est vrai. Mais c’est avant tout parce que nous ne sommes pas adressés aux bonnes personnes. Pourtant, nous avons eu de nombreux et courageux amis lorsqu’il a fallu que je revienne arracher notre pays au chaos. L’Angleterre, la France… ceux-là nous soutenaient à l’époque !
– C’est vrai, Régent. Néanmoins, depuis notre… participation à l’invasion de la Yougoslavie en 1941, je crains qu’ils n’aient pris le parti de nos ennemis héréditaires slaves.
– Ce qui leur portera tort ! Car les Karađorđević ne sont pas plus dignes de confiance que nombre de leurs sujets ! Et puis, il y a le péril bolchevique… C’est le plus important. Les Britanniques vont-ils laisser les Rouges déferler sur notre pays alors qu’ils en sont désormais aussi près ?
– C’est effectivement un argument que nous comptons utiliser, Régent. Que vaut notre petite annexion de la Voïvodine ou de la Bácska face à cela ? Nous pourrons même restituer ces terres, au moins partiellement, il n’y a pas vraiment de Hongrois dans ces régions.
– Nous n’en sommes pas encore là. Mais il faut discuter directement avec les Occidentaux. Assez tergiversé, les conversations directes, il n’y a que cela de vrai. Lorsque François-Ferdinand est mort, la cour a eu la folie de l’enterrer en privé dans la crypte des Capucins. Aucune cérémonie, aucun invité… aucun représentant étranger. Qui sait ce qui serait advenu pourtant, si les tous grands dirigeants d’Europe avaient été rassemblés dans une église en 1914, et contraints à s’entretenir directement ?

Comme à l’accoutumée, le Régent semble replonger dans ses souvenirs – souvenirs glorieux et non dénués de sens certes, mais qui ne peuvent seuls résoudre la crise. Avec patience, Miklós Kállay reprend : « Qui sait en effet ? Mais votre proposition est parfaitement valable pour notre situation. Sitôt les fêtes passées, je ferai mobiliser notre réseau diplomatique pour atteindre les Alliés par des canaux tiers. L’Angleterre donc, la France et… les Etats-Unis ? »
Jenő Ghyczy de Ghicz intervient : « N’oublions pas que plusieurs héritiers des Habsbourg, dont le prince Otto, sont désormais bien installés outre-Atlantique. Leur prestige pourrait nous être utile. »
– Oui, les Habsbourg, certes… Mais si nous pouvons faire sans eux, ce n’en sera que mieux !

A l’évidence, Horthy n’apprécie pas qu’on lui rappelle certains souvenirs – n’a-t-il pas juré fidélité à la couronne du Kaiser d’Autriche-Hongrie, autrefois ? Chacun note l’idée… mais, diplomatiquement, sans creuser davantage.
Finalement, le Premier ministre conclut : « Nous sommes donc tous d’accord autour de cette table pour mener une action directe à destination des capitales occidentales. Cette dernière devra toutefois évidemment être d’une discrétion absolue, l’état et le positionnement de nos forces armées ne nous permettant pas d’agir au grand jour. »
Cette déclaration déclenche un furtif mais vigoureux mouvement d’approbation de la part du général Nagy de Nagybaczon – mais le Régent ne semble pas vouloir laisser le dernier mot à son ministre.
– Cela ne peut être qu’une solution transitoire, Monsieur le Premier ministre. Les Allemands n’aiment pas les cachotteries ou les coups de poignard dans le dos. Mussolini lui-même vous l’a confirmé, me semble-t-il. Il faudra donc les informer de nos démarches au moment opportun, afin de ne pas les brusquer.
Une gageure ! Hitler n’est pas le kaiser Guillaume II, pourtant lui-même pas toujours tendre avec la défunte Autriche-Hongrie. Mais évidemment, personne n’ira contrarier ouvertement le Régent sur ce point.
– Bien sûr, Régent, le moment venu…


Notes
1- Le premier de ses occupants gouvernementaux fut sans doute l’archiduc de Teschen, gouverneur du Royaume de Hongrie de 1851 à 1860. Acquis en 1867 par l’Etat, le bâtiment fut réaménagé à chaque occupant – le rez-de-chaussée accueillant les bureaux et l’étage les appartements privés. Abandonné durant la période soviétique, il sert aujourd’hui de résidence pour le président de la République de Hongrie.
2- Le 27 janvier 1941. Le comte Csáky sera lui-même qualifié par la suite de « pire ministre des Affaires étrangères de l’histoire de la Hongrie. »
3- Horthy s’opposa jusqu’au bout à l’aggravation du conflit avec les puissances occidentales – ainsi, au chargé d’affaires américain Howard Travers qui venait prendre congé, il lança : « Retenez que cette soi-disant déclaration de guerre est illégale ; je ne l’approuve pas et ne l’ai pas signée. »
4- Deux gardes du corps et un domestique. L’Amiral s’attachera tout au long de sa régence à maintenir son traitement à 10 000 Pengő par an (soit à peu près le salaire d’un ambassadeur), tout en refusant d’occuper les logements royaux. De nos jours, ces locaux sont devenus la Bibliothèque nationale.
5- Ce culte du grand souverain, institutionnalisé dans le pays, donnait lieu chaque 20 août à une procession menée par le Régent.
6- Il est significatif de constater que Herr Goebbels imposa aux médias allemands et autrichiens un silence total sur l’événement – le régime hitlérien s’inquiétant alors de l’influence sur son opinion publique de la bénédiction d’un voisin qu’elle souhaitait mettre au pas avec énergie.
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houps



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MessagePosté le: Ven Mar 15, 2019 18:52    Sujet du message: Répondre en citant

...« il n’a pas d’autres attitudes que celle que lui inspire l’orthodoxie du moment »....

Au singulier, non ?

"... Et ce n’est pas le comte Ciano qui pourra désormais appuyer son agenda dans les couloirs de la RSI…"


Euh ? Je veux bien que feu Ciano ait appuyé sur son agenda dans ces augustes couloirs, ou qu'à la rigueur il l'ait essuyé, mais je n'en vois pas l'intérêt. Very Happy

A moins qu'il ne manque un " l' " et un "de" ?

... Et ce n’est pas le comte Ciano qui pourra désormais l' appuyer de son agenda dans les couloirs de la RSI…"
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Mar 15, 2019 19:01    Sujet du message: Répondre en citant

1) Oui certes, au singulier.

2) Agenda au sens anglo-moderne du terme : ses objectifs. Je vais mettre "appuyer ses démarches".
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Casus Frankie

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loic
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MessagePosté le: Ven Mar 15, 2019 21:39    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Il aurait bien mieux valu pour le pays que Teleki restât en poste… Même si le vieux comte de Szék n’avait pas toujours été bien inspiré. Il s’était suicidé en mai 1941, en laissant une lettre dans laquelle le Régent et son propre gouvernement étaient accusés de tous les maux – entre autres, de lâcheté, ou même de se comporter en « hullarablók lezünk » (vampire). Pourtant, c’était bien lui qui avait autorisé les armées du Reich à marcher sur Belgrade en passant par la Hongrie ! Le Régent, lui, s’était opposé à l’invasion de la Yougoslavie. Mais il n’avait pu aller contre le Legfelső Hondédelmi Tanács (Conseil Supérieur de Défense).

Alors là, il y a un problème. Teleki a certes accepté en octobre 40 le transit des troupes allemandes qui allaient prêter assistance à la Roumanie (instructeurs, DCA pour Ploesti, ...). Par contre, en avril 41, c'est bien Horthy qui, à l'insu de Teleki (ce dernier finissant par se suicider début mai), a signé l'accord permettant aux troupes allemandes de passer par la Hongrie pour envahir la Yougoslavie.
Voir la chrono, nous en avons parlé.

Citation:
Ainsi, le massacre du 21 janvier 1942, lors de l’invasion de la Yougoslavie

Y'a pas une erreur de date ???

Citation:
Abandonné durant la période soviétique, il sert aujourd’hui de résidence pour le président de la République de Hongrie.

Il est un peu dommage d'anticiper ainsi le sort du pays à la fin de la guerre.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Mar 16, 2019 23:21    Sujet du message: Répondre en citant

Je commence par la fin :
- On ne spoile pas beaucoup en parlant d'une République de Hongrie - peu de lecteurs vont imaginer un royaume de Hongrie persistant après la fin de la guerre !

- le massacre est bien de janvier 42 (il est d'ailleurs dans la Chrono !). Mais c'est le mot "invasion" qui est erroné, il fallait lire "occupation".

- surtout, le paragraphe sur Teleki a été victime de malentendus entre Dan et moi. Voici une version plus cohérente.

De fait, c’était bien Teleki qui avait accepté, cédant aux pressions allemandes, que les armées du Reich passent par la Hongrie pour marcher sur la Pologne en 1939, puis pour se déployer en Roumanie en 1941 ! De son côté, le Régent avait tenté de s’opposer à ces mouvements, ainsi qu’à toute participation à l’invasion de la Yougoslavie. Mais à chaque fois, il n’avait pu aller contre le Legfelső Hondédelmi Tanács (Conseil Supérieur de Défense) et avait fini par contresigner ses décisions, dont il restait le responsable final.
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MessagePosté le: Dim Mar 17, 2019 12:45    Sujet du message: Répondre en citant

OK pour les modifs.
Ce qui me gêne dans la phrase sur l'après-guerre, c'est "durant la période soviétique".
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demolitiondan



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MessagePosté le: Dim Mar 17, 2019 13:49    Sujet du message: Répondre en citant

Il est quand même bien acté que la Hongrie ira dans le bloc de l'Est non ?
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Imberator



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MessagePosté le: Dim Mar 17, 2019 14:02    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Il est quand même bien acté que la Hongrie ira dans le bloc de l'Est non ?

Difficile de faire autrement.

Les alliés sont certes plus puissants FTL, ils ont un pied dans les Balkans. Mais les Russes aussi sont plus costauds et arrivent en force, et il faudra bien leur céder au moins autant qu'OTL (sauf à redéfinir le devenir de la Yougoslavie bien sûr).
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Point ne feras de machine à l'esprit de l'homme semblable !
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MessagePosté le: Dim Mar 17, 2019 17:41    Sujet du message: Répondre en citant

Bien sûr, mais le lecteur ne le sait pas encore à ce stade !
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