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Julius, pilote de guerre - par Etienne
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Etienne



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MessagePosté le: Ven Jan 25, 2019 09:22    Sujet du message: Répondre en citant

Faudrait que j'essaye, voir si c'est plus simple que SolidWorks ou Inventor... Think
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Etienne



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MessagePosté le: Mar Jan 29, 2019 11:58    Sujet du message: Répondre en citant

JPBWEB a écrit:

Pour un logiciel de dessin 3D très simple (tout est relatif…), je recommande très chaudement MoI3d (http://moi3d.com/). Très fluide et minimaliste, mais puissant et parfaitement supporté depuis des années par l’éditeur. Pour ma part, je m’en sers pour faire du dessin 2D. On peut réaliser des dessins complexes très rapidement, et les exporter dans Illustrator ou autres pour finition.

C’est toujours plus difficile de modéliser des formes semi-organiques comme un avion (ou une voiture) avec un logiciel NURBS comme MoI (ou Rhino3D), mais certains le font magnifiquement, comme le montrent les exemples sur le site de l’éditeur.


ça a l'air en effet plus simple, mais moins précis: Je ferais sûrement l'inverse par rapport à toi en important mes dessins 2D de Coreldraw pour avoir une 3D "rapide". Reste à voir les exportations, car en version trial, impossible de faire une stl (stéréolithographie, le fichier pour les imprimantes)
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Etienne



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MessagePosté le: Jeu Fév 21, 2019 16:27    Sujet du message: Répondre en citant

Tiens, un copain à qui j'ai montré le dessin du 557 m'a fait remarquer que l'on devrait dire M.557 et non D-557, puisqu'il s'agit de la SNCAM...
Ou alors, ce sera pour les avions de série. Think
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Jeu Fév 21, 2019 17:35    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir Etienne,

Dans la saga de Julius, tous les zincs ont conservé leurs anciennes appellations : MB (pour bloch), Amiot, LéO, Bréguet etc...
Donc pourquoi ne pas conserver D pour Dewoitine ?

@+
Alain
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Etienne



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MessagePosté le: Jeu Fév 21, 2019 18:51    Sujet du message: Répondre en citant

Bin justement: Je me demande s'il n'aurait pas mieux valu utiliser les désignations SNCA, même si on garde le nom d'origine du constructeur. En l'occurrence, ici on parlerait de Dewoitine M.557... Ou auparavant de Bloch SO.157.
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loic
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MessagePosté le: Jeu Fév 21, 2019 19:12    Sujet du message: Répondre en citant

Et dire que dans un autre sujet je me plains des mises à jour incessantes Rolling Eyes
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En principe (moi) ...
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Etienne



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MessagePosté le: Jeu Fév 21, 2019 19:36    Sujet du message: Répondre en citant

On ne pense pas toujours à tout, mais en ce cas, ça ne te donnera pas trop de taf, puisque ça ne rentre pas dans la chrono… Et que les textes sur l'industrie aéronautique n'ont pas encore été validés! Laughing Whistle
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loic
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MessagePosté le: Jeu Fév 21, 2019 19:46    Sujet du message: Répondre en citant

Eh oui, encore une belle illustration de mon manque de temps et j'en suis désolé.
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Etienne



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MessagePosté le: Jeu Fév 28, 2019 09:05    Sujet du message: Répondre en citant

Je viens de récupérer des données techniques sur le D.551... Reprise des dessins en cours, voire prépa de 3D. ça ne va pas améliorer mes écritures, ça. Neuneu
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delta force



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MessagePosté le: Lun Mar 04, 2019 11:40    Sujet du message: Répondre en citant

A noter que cela fait 70 ans (le 28/02/1949) qu'a eu lieu le 1er vol de l'ouragan premier avion de chasse à réaction français
http://www.opex360.com/2019/03/03/il-y-a-70-ans-louragan-premier-avion-de-chasse-a-reaction-francais-effectuait-son-premier-vol/

Avec aux commandes : Constantin « Kostia » Rozanoff
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Etienne



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MessagePosté le: Mar Avr 09, 2019 20:43    Sujet du message: Répondre en citant

22 Avril, Orange Plan-de-Dieu – Avec le temps qui s'est remis au beau pour une vraie journée de printemps, tout pilote n'a qu'une envie: Monter là haut se dégourdir les cylindres et prendre de l'azur plein les mirettes. Avec Popeye, l'avantage de notre situation, c'est qu'au lieu de suivre nos petits camarades dans les défilés du Vercors pour chasser le Panzer ou le Feldgrau, nous avons le choix du type de mission. Pourquoi donc ne pas patrouiller entre Lyon et le Vercors, afin d'intercepter une éventuelle attaque ennemie venant de Bron? Il ne semble plus y avoir grand-monde en face, du moins pas au point de lancer vingt ou trente machines à nos basques. Et depuis l'épisode du 6, je suis gonflé à bloc, un peu trop peut-être, mais tout le monde semble vouloir me monter au firmament. Sauf Giscours, bien sûr.
Un premier vol le matin ne donne absolument rien, bien que nous poussions jusque Bron pour en survoler les pistes. Quelques grains de Flak nous saluent au passage, mais nous avons beau écarquiller les yeux, il ne semble pas y avoir trace d'activité, les seuls avions visibles sont salement abîmés. Connaissant néanmoins l'art du camouflage des Boches, je décide de refaire une visite dans l'après-midi, sait-on jamais.
RAS sur le chemin du retour, les routes semblent désertes. L'Allemand se cache, dirait-on. Quelques fumées aux environs de la ligne de front, mais difficile de distinguer l'ami de l'ennemi. J'ai un peu de scrupules à rentrer avec les magasins pleins, mais on ne va pas risquer des zincs encore prototypes dans de bêtes passes de mitraillage, surtout quand on ne sait pas quoi mitrailler!
Avec Pop, on se met d'accord pour tenter un passage bas sur Bron l'après-midi, histoire de voir si le terrain est vraiment déserté ou simplement au calme, avec des machines dans des alvéoles ou sous filets. Pour ça, il nous faut arriver proches du sol bien avant l'aérodrome, nous allons donc nous caler sur St-Priest en rase-mottes, afin de ne pas se prendre un mur de Flak. Une seule passe, et on dégage.
Comme idée, c'est beau sur le papier, mais encore faudrait-il que ceux d'en face y mettent du leur… Le passage sur St-Priest nous vaut bien quelques tirs de la part des servants de Flak de la gare sans plus, et nous déboulons pleins pots au ras de la piste bétonnée –par les Allemands, ou du moins sous leurs ordres- pour la remonter, chacun d'un côté. On voit beaucoup mieux à cette altitude, mais nous ne pouvons observer vite fait que quelques alvéoles sous filets, où les avions semblent en maintenance. Pas l'ombre d'une patrouille prête à l'alerte! Et ce malgré notre visite du matin. Nous balançons chacun une giclée sur les postes de Flak qui surgissent devant nous, par dépit plus que par besoin, avant de poursuivre notre route au ras du sol, nous ne grimperons après virage à droite que loin des batteries anti-aériennes de l'aérodrome.
Nous repartons dès lors vers le sud par la rive droite du Rhône vers Vienne, pas la peine de patrouiller pour rien par ici. Les rives du fleuve étant truffées de postes de guet et de tir de toutes sortes, je préfère évoluer à saute-moutons juste au niveau de la crête des cimes, cela équivaut à un passage en rase-mottes, les Boches n'ont pas le temps de nous voir arriver, mais on peut garder un œil sur ce qui se passe dans la vallée.
Mal m'en prend, car à un moment je vois des explosions au sol, à proximité d'une rivière, après l'ancien terrain de Reventin (où des engins ont creusé des tranchées: Pas utilisable!). Des sapeurs allemands qui font sauter un pont. Trop tard pour le sauver, mais aussitôt, j'aperçois non loin de là d'autres explosions, cette fois dans un village (je saurais plus tard qu'il s'agit de Cheyssieu), avec des véhicules qui remontent vers le nord.
- Popeye de César, tu as vu les explosions dans le village à dix heures?
- Affirmatif, ça ne semble pourtant pas être un pont.
- Les salopiots! On y va!

Je bascule mon Dewoitine sur la gauche. Mon sang n'a pas fait beaucoup de tours. Que les Boches fassent sauter les ponts pour couvrir leur retraite, passe encore, mais un village? Plein badin, je pique sur la colonne par son travers. Quelques traçantes partent de la tête après quelques secondes, le temps qu'ils se rendent compte qu'on leur tombe dessus. Trop tard, j'ai déjà ralenti mon piqué, et ajusté ma cible. Mitrailleuses d'abord, canons ensuite. Petites rafales, mais qui permettent de corriger. Balayage au palonnier. Le camion de Flak bascule, provoquant l'arrêt de la colonne, qui prend les tirs de Pop. Les types se ruent hors des camions pour se coucher dans les fossés peu profonds. Chandelle, ressource, je vire par la droite en replongeant. Totalement idiot ce que je fais, on ne doit pas revenir sur une cible, mais ces sagouins m'ont mis hors de moi. Des sapeurs peut-être, mais surtout des démolisseurs à titre gratuit, m'en vais leur apprendre que ce sont des choses qui ne se font pas, moi! Popeye ne me colle pas au train pour la seconde giclée, il est plus raisonnable et se contente d'observer de haut.
Ma deuxième passe est dans l'axe de la colonne immobilisée, et rares sont les éclats signalant des tirs. Pour ma part, je vide mes chargeurs, chose rare s'il en est, les armuriers se demandent toujours comment je fais. Les camions écopent et semblent se soulever à chaque obus de 20 de mon aile gauche, mais les bas-côtés ne sont pas épargnés par mon aile droite… Soulagé de ma bile et de mes munitions, je remonte enfin pour rejoindre Popeye qui me fait un signe de l'index sur sa tempe. Oui, je sais, mais ça fait du bien, parfois. Au moins, ceux-là s'en souviendront, du moins les survivants. En espérant qu'ils ne recommencent pas, mais j'ai des doutes quand même.
Deux qui font la tête à notre retour, ce sont Sixte et Giraud: Mon avion a quand même bien écopé, il y a des trous de balles partout, comme sur les routes. Au moins, c'est une preuve qu'il résiste bien. Ou que la chance me poursuit, c'est selon. Mais la deuxième proposition n'apparaîtra pas dans le compte-rendu de mission, ni dans les observations d'évaluation.

26 Avril, Orange Plan-de-Dieu – Des avis de la Résistance signalent des mouvements réguliers d'avions allemands au nord de Lyon, où paraît-il, des pionniers allemands collègues de ceux que l'on a arrosés (ou peut-être les mêmes) s'emploient à tout faire sauter. Je propose immédiatement à Max que nous allions voir, avec des Diables Rouges en appoint, et il accepte en me confiant le commandement des Diables pour cette opération; son chef habituel, le capitaine Sablons (dit Champagne) est malade des intestins, ce qui n'est jamais très agréable en avion, surtout en vol sur le dos.
Les informations reçues font état de plusieurs types d'appareils, du monomoteur au trimoteur. Les Boches doivent évacuer Lyon par tous les moyens, probablement vers Dijon-Longvic, j'établis donc une zone de patrouille entre les deux terrains, même s'il est probable qu'ils puissent également aller autre part.
13h00 - J'emmène donc un dispositif en trois fois quatre avions, dix Mustang des Diables et nos deux Dewoitine. Nos vitesses de croisière sont proches, mais curieusement, c'est à nous de nous adapter au rythme plus lent des montures Nord-américaines. Ne sachant pas trop combien de temps nous mettrons avant de trouver des ennemis -si nous en trouvons- nous sommes tous équipés de réservoirs supplémentaires, et il semble que l'aérodynamique des nôtres soit plus performante.
Nous commençons par survoler Bron, d'assez haut pour éviter la Flak, mais quasiment pas de tirs, ni d'activité sur le terrain qui semble encore plus déserté que le 22. Je commence à avoir des doutes sur l'activité aérienne signalée, ou alors ça ne concerne plus Lyon, où l'on voit monter de sinistres colonnes de fumée… Nous poursuivons vers le nord en suivant la Saône. L'aérodrome en herbe de Mâcon semble héberger un peu de monde, si l'on en juge par la densité des tirs de Flak à notre passage, tirs bien inutiles car nous sommes à présent assez haut, vers 5 000m, pour qu'ils puissent viser correctement nos petits et rapides avions. Par contre, aucun avion ne décolle. S'il y a des chasseurs, ils ne veulent pas se frotter à nous.
Tournus est complétement désert, par contre. Il faut dire qu'en mai 40, il n'y avait encore aucune infrastructure, seul le champ d'aviation était déblayé. Ça n'a pas dû intéresser les Occupants.
Troisième sur la route: Champforgeuil, celui de Chalon sur Saône. Les Allemands y ont bétonné une piste bien visible de notre altitude. On aperçoit aussi des zincs de belle taille, mais là aussi, la Flak nous dissuade de descendre y voir de plus près. Au moins, nous savons qu'il y a de l'activité! Rien en vol, cependant, je décide donc de pousser plus loin, en laissant toutefois une patrouille de quatre sur nos arrières en cercle défensif, au cas où…
14h00- Nous approchons de Dijon, où nos yeux exercés commencent à entrevoir des possibilités autour de l'aérodrome, c'est-à-dire des avions ennemis en vol! Jusqu'à ce qu'un appel radio vienne interrompre nos observations.
- De Diable 4, suspect à deux heures, haut!
- Diable 4 de César, bien vu, tu as droit à un pot.

Je regarde attentivement l'avion repéré. Un monomoteur. Il est seul, effectivement plus haut que nous, vers 7 000m à peu près, et va croiser notre route sur un cap plein ouest. Un reco? Les Boches n'emploient pas de monomoteur pour ça depuis le HS 126. D'instinct, je décide d'aller le renifler.
-Diables de César, Manfroy [Capitaine Girard], tu prends le commandement, vous allez vous occuper des Dijonnais, je monte voir l'intrus avec Popeye.
- César de Manfroy, Bien reçu. Diables, on poursuit pour se mettre dans le soleil.

Manette dans la poche, je cabre pour grimper, Pop me suivant comme mon ombre. Nos Hispano 12Z respirent à pleins poumons, bien gavés par les Turboméca et nous sommes comme accrochés à l'hélice qui nous tire, comme un skieur nautique derrière un hors-bord. Les extrémités des pales commencent à provoquer de la condensation dans l'air qui se raréfie, je vérifie mon oxygène et mon chauffage, tout va bien.
Là haut, rien ne se passe pendant quelques minutes. Puis le type doit se rendre compte que deux gusses parmi ceux qui évoluent plus bas ont commencé à grimper pour le rejoindre, car il vire tranquillement sur sa droite pour se mettre sur une route identique à la nôtre, la meilleure façon de larguer un intercepteur: S'il continue tout droit ou fait demi-tour, nous pourrions obliquer et le rattraper par son travers. Notre approche et sa manœuvre nous donnent l'occasion de le détailler un peu mieux, il doit être dans les 2 000m de nous. Cela semble être un Focke Wulf du type "long nez", du moins il y ressemble. On devrait pouvoir l'accrocher, d'après ce que j'en sais et le fait qu'en continuant de monter, nous réduisons l'écart.
Bon. Il a dû se rendre compte qu'il n'a pas affaire à des avions habituels, il commence à grimper lui aussi, mais plein gaz, car nous ne pouvons pas continuer de le rattraper. C'est bien un Focke et un pilote habitué à ce type de monture! A présent, on verra qui grimpe le plus haut… Et le plus longtemps! Nos machines fonctionnent sans sourciller, donc nous continuons, c'est un excellent test pour la mécanique, du style de ceux que l'on n'ose pas en essais.
Maintenant, les trois machines ont passé la couche d'inversion de température depuis longtemps, et nous dessinons de longues traînées blanches dans un ciel bleu d'azur, fils d'araignées pour les observateurs au sol, mais une toile qui peut s'avérer meurtrière pour l'un d'entre nous.
Changement de tactique du Boche. Soit il s'énerve de nous voir collé à ses basques, soit son moulin s'essouffle, toujours est-il qu'il part en léger piqué, toujours cap nord ou presque, nous allons au 350, il me semble reconnaître la cathédrale de Reims plus bas devant nous. Un piqué trop accentué, et nous pourrions réduire rapidement la distance en coupant sa trajectoire. Malin le gars, pas un jeunot de la dernière pluie. Ceci dit, il a dû mal regarder nos avions, car avec nos moteurs en V, notre aérodynamique est meilleure et nos vitesses de piqué plus fortes, donc nous réduisons la distance, vers mille mètres environ. Encore beaucoup trop loin pour espérer pouvoir tirer, mais on se rapproche. Inexorablement. Tranquillement. Je jette un œil vers Pop, il me sourit, pouce en l'air. Je réponds de même, et me remets à suivre notre cible, car c'en est devenu une, nous en sommes persuadés.
Devant nous, le gars a repris une assiette horizontale, mais nous sommes à présent à son altitude. Toujours trop loin. Nous grignotons, mais j'ai l'impression que c'est mètre par mètre, à ce rythme-là, on va finir en Angleterre! Cette pensée me fait revenir sur terre, si on peut dire vu notre altitude. Comme nous avons largué nos bidons en grimpant à sa poursuite, va falloir se soucier du carburant, ça va devenir rapidement limite, surtout à cette allure, à moins d'aller en Angleterre, justement. Pop doit avoir la même pensée, car il rompt le silence radio pour m'en parler. Je lui livre ma réflexion, il est d'accord, on poursuit. Le test, et le Boche.
Lui, il continue aussi. Imperturbable, semble t-il. Mais il n'a sûrement pas envie d'aller en Angleterre! D'ailleurs, il a dû se rendre compte du trajet comme on passe Laon, la ville couronnée, et infléchit doucement sa route sur la droite, degré après degré. Ça, ça ne nous arrange pas. Mille mètres ou un peu moins, c'est encore trop, mais je balance une giclée des mitrailleuses sur sa droite. Les traçantes doivent avoir un effet de fouet sur son esprit peut-être engourdi par le froid, car il réagit instantanément en basculant en piqué sur sa gauche… Je rugis. On le tient!
J'engage à mon tour en serrant mon virage plus que lui, et je réduis l'écart à toute allure. La silhouette de son zinc en trois quarts arrière grandit de plus en plus dans mon collimateur, c'est vraiment un modèle de Focke Wulf que je ne connais pas. La vitesse grimpe au badin, près de 800 km/h, toujours en piqué. Ne pas utiliser les canons, je risque de péter les ailes. Il amorce son redressement, l'écart tombe à moins de 300m, je lâche une rafale. Mouche! Des éclairs sur ses ailes… Son zinc tremble comme une feuille, entre vitesse excessive et impacts. Deuxième giclée, cette fois c'est l'empennage qui prend, mais pas tout seul: des morceaux s'envolent de partout. Cette fois, il passe sur le dos, je vois la verrière s'envoler, il évacue l'appareil.
Pour ma part, je dois aussi redresser le Dewoitine, et m'arc-bouter sur les commandes, mais ça passe. J'entends la voix de Pop dans les écouteurs comme dans un rêve, à moitié assommé par la ressource et le voile noir.
- César de Pop, joli coup. Je te signale que l'on a une paire de Focke dans le dos, mais on est en train de les larguer joliment, ne ralentis pas.
Ah d'accord, ce n'est pas ma première rafale qui a provoqué le virage du Boche, mais l'arrivée de ses compatriotes. Quoique… Un peu brutale, sa manœuvre, à moins qu'il n'attendait que ça pour nous provoquer?
Toujours est-il que maintenant, il faut se repérer, et foncer droit chez les Britons. D'après les derniers repères et le cap suivi, ce doit être Amiens et la Somme que l'on voit au loin. La visibilité est phénoménale, nous n'avons pas trop de mal. Nous fonçons donc, en réduisant quand même le régime pour soulager nos moulins, qui ne semblent cependant pas trop se plaindre. Attention, la Somme après Amiens, cela signifie aussi la JG 26 à Abbeville. Nous recommençons donc à grimper, mais tranquillement cette fois, nos poursuivants sont loin, ils ont certainement dû rebrousser chemin.
15h00 - La route est tranquille à présent. Une vraie promenade de santé, par un temps magnifique. Au nord, sur nos deux heures, on aperçoit bien au loin des traînées de condensation et des fumées, signes que cela doit bastonner par là. Un court moment, me prend l'envie d'aller y voir de près, mais les jauges me rappellent à la réalité. On a encore de quoi faire sur le papier, mais la poursuite a bien bouffé le pétrole, faut rester raisonnable, d'autant plus qu'on ne sait pas vraiment sur quoi on va tomber. Nos zincs ne sont pas connus, manquerait plus que des Anglais ou des Américains nous prennent pour cibles! Ce qui m'amène à me demander quelles peuvent bien être les fréquences là-bas. Je n'ai que la fréquence alliée générale du jour, mais celle du Sud; on passera par là, il doit bien y en avoir sur écoute de toutes les fréquences. Abbeville est calme, même la Flak se tait. D'un autre côté, vu notre cap, on peut passer pour des Allemands, si des Alliés ne sont pas passés par là dans l'autre sens ce midi.
La baie de Somme, et la mer. L'Angleterre est à moins de 120 km, un quart d'heure. Il est temps de prendre contact par radio. Vérification de nos IFF, bien branchés. Je lance plusieurs appels avant d'obtenir une réponse d'un contrôleur plutôt surpris. Je baragouine mes explications, il commence par me demander de faire demi-tour pour rejoindre nos lignes! Il me faut insister sur le fait que nous sommes trop courts en carburant, et que nous pilotons des avions expérimentaux qui ne doivent pas tomber aux mains de l'ennemi pour qu'il me réponde de conserver le cap et qu'il nous envoie une patrouille pour nous guider sur Croydon.
Alors que la côte anglaise commence à se découper nettement devant nous, je vois apparaître quatre points noirs sur nos trois heures, grossissant rapidement: Le comité d'accueil. Larges entrées d'air sous la casserole d'hélice, ce doit être des Typhoon, mais les ailes me semblent minces. Nous battons des ailes en signe de reconnaissance, et les Britons font de même avant de nous encadrer des deux côtés. Petits signes de la main, pendant que nous nous détaillons mutuellement. Ce sont apparemment des Typhoon améliorés, plus fins, avec une canopée en goutte d'eau. Bon, quand je dis plus fin, c'est pour l'allure, car ils sont énormes! Ou leurs pilotes sont des nains… Je n'apprendrai qu'un peu plus tard que ce sont des Tempest flambant neufs du Squadron 3, récemment équipé. Notre interception a fait partie de leur entraînement, ils doivent aussi se demander quels peuvent bien être nos engins…
Nous passons bientôt la côte; je remarque que les ports visibles sont bourrés de bateaux de toutes tailles, et que toutes les routes du Sud sont bondées de camions dans tous les sens. M'est avis qu'il se prépare quelque chose.
Croydon se présente bientôt à nos yeux, juste après avoir survolé Biggin Hill. Nous nous posons en paire et en pères tranquilles, toujours encadrés par les Hawker qui dégagent dès que nous avons posé nos roues. Ils repartent pour Manston, sur la côte Est. On nous fait garer sur un coin de parking garni de soldats en armes. Diable, nos cocardes ne sont pas assez explicites?
Un uniforme bleu marine parmi ceux bleu lavasse de la RAF, c'est déjà ça, ils nous ont trouvé un Français pour nous accueillir, je suppose que c'est pour éviter tout malentendu, surtout. Je descends tranquillement du Dewoitine, scruté par des dizaines de paires d'yeux. Alors que je dégrafe mon casque, le Français s'approche. Il arbore quatre barrettes, comme moi sur la combinaison.
- Commandant Houbois, je présume?
- Heu… Oui, mais comment le savez-vous?
- Ha ha, un Dewoitine codé "14 jaune" qui arbore 53 victoires, c'est assez facile à deviner, on en parle dans tous les journaux. Je me présente: Demozay, commandant Jean Demozay. Vingt et une victoires seulement…
- Seulement? C'est déjà pas mal, j'en connais beaucoup qui voudraient avoir le même palmarès!
- Merci. On m'a relégué au sol, j'ai bien peur de ne pas pouvoir augmenter le score.
- Au panier de crabes?
- Non, en liaison avec les Anglais. C'était déjà mon rôle en 40, j'avais réussi à y échapper en pilotant avec les Anglais dans la RAF, mais ils m'ont rattrapé quand la 1ere escadre est arrivée par ici…

Popeye nous rejoint, coiffé de sa casquette de marin. Je le présente à Demozay. Des gradés de la RAF nous entourent bientôt, et Demozay se charge de traduire mes explications ou de les éclaircir quand j'essaye de parler la langue de Shakespeare: Pourquoi un marin, notre rôle et celui du GEO, et les raisons qui nous ont amenées à venir en Angleterre. Les Britons semblent plus courtois qu'intéressés à mon récit, mais ils se réveillent subitement quand je parle du Focke Wulf que nous avons rencontré, avec les vitesses enregistrées. Ils sont d'ailleurs surpris de nos vitesses (725 km/h à 9 500m), et me les font répéter plusieurs fois, avec Demozay qui fait les conversions, et qui se montre tout aussi intéressé! Je dois donc expliquer les améliorations apportées au D-551 de base dont tous avaient entendu parler sans vraiment le connaître, ainsi que les capacités du duo Hispano 12Z4 avec le compresseur Turboméca. Les Angliches sont sciés: Leur nouveau Tempest, ceux dont nous avons fait la connaissance, ne donnent que 10 km/h de mieux en palier pour près de mille chevaux d'écart! Mais ils font plus du double de poids et de taille, ceci explique cela. Et ils nous enfoncent en surpuissance, à 780 km/h pour 750 au D-557.
Mais l'intérêt se focalise surtout sur le Focke Wulf, et un gradé nous explique par Demozay interposé qu'ils vont nous envoyer un expert afin de déterminer le type exact de l'avion allemand, car s'ils connaissent le 190 D "long nez", ils savent qu'il n'affiche pas des performances de cet ordre. Zut. Moi qui comptais faire faire les pleins et repartir, c'est loupé. Je fais part de mes desiderata aux Anglais, appuyé par Demozay, qui ne tarde pas à me donner leur réponse: Nous sommes consignés, ici ou à Biggin Hill pour quelques jours!
Je dois faire une tronche expressive, car ils s'empressent d'expliquer qu'avec ce qui se prépare pour les jours qui viennent, il est hors de question de risquer une panne au-dessus de la France occupée ou d'y être fait prisonnier pour une raison quelconque, pour ne pas dévoiler les préparatifs. Je hausse les épaules, ils nous prennent pour qui? Nous venons bien de risquer nos avions… Le plus gradé prend un air navré, mais les ordres viennent d'en-haut. Nom de Zeus, plus haut qu'eux?
En attendant, nous sommes coincés ici. Je demande à ce qu'ils fassent prévenir nos unités, ce qu'ils acceptent bien volontiers, mais ils ne préciseront pas la raison qui nous maintient en Angleterre. (En fait, ces foutus Britiches invoqueront une raison mécanique! Alors que nos zincs sont en parfait état, même si un ou deux rivets ont sauté pendant mon piqué)
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Dernière édition par Etienne le Mar Avr 09, 2019 21:59; édité 1 fois
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requesens



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MessagePosté le: Mar Avr 09, 2019 21:46    Sujet du message: Répondre en citant

Étienne, please, por favor, prego..

"...ne donne absolument rien, malgré que nous poussions ."

bien que non ?
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Etienne



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MessagePosté le: Mar Avr 09, 2019 21:58    Sujet du message: Répondre en citant

Ah oui, ça m'a échappé à la relecture, ou j'ai bougé une partie. Embarassed
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Avr 09, 2019 22:06    Sujet du message: Répondre en citant

Le verbe étant au subjonctif, la faute est partielle - sans doute, l'Académie ne reconnaît "malgré que" qu'avec le verbe avoir, mais de bons auteurs l'ont utilisé avec d'autres verbes.
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Casus Frankie

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delta force



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MessagePosté le: Mar Avr 09, 2019 22:42    Sujet du message: Répondre en citant

Ça fait plaisir de revoir Julius...
L avion mystère ne serait il pas le Ta 152? Dans ce cas c’est un prototype ou en exemplaire de présérie....
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