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1940 - La France continue la guerre
 
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Décembre 1943 - Italie / Balkans
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delta force



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MessagePosté le: Jeu Jan 10, 2019 11:18    Sujet du message: Répondre en citant

@loic

OTL si je me souviens bien le Reich a mis l'absolue priorité - une fois la Roumanie perdue- à la défense de la Hongrie (cf la dépense des dernières réserves blindées de la Heer début 45 sur les rives du lac Balaton).
Sans doute parce que c'était là qu'il y avait encore des gisements de pétrole exploitables (dans la perspective d'une reprise chimérique de l'offensive...).

on pourrait même penser que la direction allemande de la guerre "espère" une rencontre directe entre forces soviétiques et alliés, ce qui pourrait créer des tensions dans l'alliance des soviets et des capitalistes (c'était une des dernières chimères de la fin du Reich OTL : parier sur la chute de cette alliance).
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loic
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MessagePosté le: Jeu Jan 10, 2019 11:21    Sujet du message: Répondre en citant

Le front des Balkans n'est pas prioritaire par rapport au sud de la France, puis nord de la France lorsqu'Overlord aura eu lieu.
Le hic, c'est que les Soviétiques n'en ont cure et que Churchill va commencer à s'affoler lorsqu'il constatera la progression de l'Armée Rouge.
Il y a donc une "fenêtre de tir" avant Overlord pour qu'une relative priorité soit donnée à la campagne des Balkans, moins que le sud de la France, mais peut-être plus que l'Italie (cela revient à arbitrer entre Monty et Alexander) pour permettre au premier d'avancer au maximum. Après, il sera trop tard et sa route sera bloquée par l'Armée Rouge.
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...


Dernière édition par loic le Jeu Jan 10, 2019 12:42; édité 1 fois
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Anaxagore



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MessagePosté le: Jeu Jan 10, 2019 11:25    Sujet du message: Répondre en citant

Je pense que l'équivalent FTL de l'opération Panzerfaust devrait avoir lieu plus tôt... . https://en.wikipedia.org/wiki/Operation_Panzerfaust
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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Imberator



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MessagePosté le: Jeu Jan 10, 2019 11:48    Sujet du message: Répondre en citant

En regardant la carte et eu égard à le faiblesse de la Bulgarie qui devrait donc rapidement tomber dans l'escarcelle soviétique, serait-il possible de voir se dérouler une course entre les Russes arrivant de l'est et les forces de Monthy venant du sud avec au final une jonction "opportunément synchrone" de l'Armée Rouge avec le 18ème GAA à Belgrade ?


Je pense à cette scène du film sur Patton où à Messine les forces britanniques entrent triomphalement dans la ville en croyant y arriver les premières pour découvrir que le général américain et ses chars les attendent sur la place centrale les ayant devancer de quelques heures à peine pour leur rendre des honneurs bien humiliants en fait.

Resterait à déterminer qui arriverait en premier ici.
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Wil the Coyote



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MessagePosté le: Jeu Jan 10, 2019 11:56    Sujet du message: Répondre en citant

les allemands sachant les sovietiques arrivés, je pense qu'il n'attendrait pas de savoir qui sera le premier à Belgrade.... je pense qu'a partir de là, on assisterait à un éffondrement du front allemands.

Dans mes lointains souvenirs FTL, il me semble que les occidentaux libèrent la Yougoslavie et on assistera à situation originale, mais ma fois pourquoi pas, ou le chef d'Etat sera un Roi et le premier ministre un communiste...

Et je pense aussi, mais ce n'est que mon humble avis, que Churchill voyant le Vodj s'engager sur la Bulgarie, le ravitaillement prévu pour Alexander sera manu militari envoyé vers Monty...
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Imberator



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MessagePosté le: Jeu Jan 10, 2019 12:08    Sujet du message: Répondre en citant

Wil the Coyote a écrit:
Et je pense aussi, mais ce n'est que mon humble avis, que Churchill voyant le Vodj s'engager sur la Bulgarie, le ravitaillement prévu pour Alexander sera manu militari envoyé vers Monty...

Ça aurait tout son sens.


Belgrade prise par le 18ème GAA et les forces de Monthy remontant ensuite lentement vers Lubiana alors que les Russes progresseraient eux en Hongrie, cela permetrait à terme d'isoler le nord de la péninsule de toute incursion soviétique et condamnerait donc la région à tomber à terme entre les mains des alliés occidentaux.

Donc une pause durable imposée à Alexander sur la ligne gothique pourrait se défendre, du moins après, encore une fois, Belgrade enlevée par les troupes de Monthy.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Jeu Jan 10, 2019 12:14    Sujet du message: Répondre en citant

Chers amis,

quelques éléments de réponses qui n'engagent que moi (sur ce théâtre d'opération, cela à surement un sens Laughing). A ce stade-là, vous aurez compris que ce sont les soviétiques, bien plus que les serbes ou les anglais, qui ont précipité la libération de la Serbie et qui entraineront un repli allemand. La question est : jusqu'à ou ? Dans les montagnes de Bosnie, pas de souci. Dans la plaine de la Save, par contre la question reste ouverte. Surtout que la 12.Armee reste très étrilliée. Je ne pense pas qu'il soit possible de dire : on renforce les armées en Hongrie, mais de l'autre côté du Danube on s'en f...t.

Indépendamment des ... difficultés yougoslaves que vous préssentez, mais qui dans le fond ne concerne pas le front du Danube bien plus au Nord (je vais garder, j'aime bien), il va bien falloir mettre quelque chose en face courant hiver 44. Les allemands peuvent craindre une prise de flanc par le Sud avec des corps blindés russes passant en 'territoire" anglais. Qu'est ce qui l'interdit ? La 12.Armee a 150 km de plaine à tenir (je ne compte même pas la Vovoide) et dispose pour cela de ... 4 divisions et demi, presque pas d'éléments blindés et les croates. Je veux bien que le front ne soit pas prioritaire. Mais là, on atteint une limite de vraisemblance. L'OKW devra bien réagir s'il elle ne veut pas les alliées à Vienne, quite à débarquer Löhr et von Weichs en cours de route.

Côté allié, je rappelle malgré tout que les résultats sont non décisifs mais encourageants : Grèce, Albanie, Macédoine et Serbie libérées. J'ai des projets, des beaux projets ... mais il va falloir un peu plus aussi. Churchill va s'affoler, le cas de la Hongrie n'est pas complètement tranchée et il peut espérer mettre la main sur l'Autriche. D'où le souhait d'envoyer des renforts.

Tout cela pour dire qu'il est probable qu'on ait de belles batailles entre Bosnie et Balaton, avec des troupes fraiches, si les hauts-commandements concernés veulent bien m'en fournir. Ce serait crédible, et même nécessaire. Quant aux hongrois ... CHHHUUUUUUUT !

Enfin, Imberator, tu anticipe un peu : l'objectif des soviets n'est pas Belgrade sauf si on leur en laisse le temps. Toutefois, la Hongrie sera décisive ... moins pour l'avenir de ce pays en lui-même que pour celui du Sud de l'Allemagne.
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Jan 10, 2019 19:57    Sujet du message: Répondre en citant

Oui je sais, il y a une pause inadmissible, qui m'est due, j'avoue ! Je coince étant donné l'abondance de textes qui me sont arrivés d'une part, ma vie quotidienne d'autre part.

Avant de reprendre les aventures balkaniques (qui vaudront le coup d'oeil), un petit ajout dont l'importance apparaîtra.



21 Octobre 1943
Siège du gouvernement yougoslave en exil (Alger)
– La libération de la Yougoslavie – ou tout au moins son début – étant projetée pour cette année, Pierre II décide de procéder à quelques aménagements dans son cabinet. Les conseils amicaux de la République Française et de son ministre des Affaires étrangères, Léon Blum, y sont pour beaucoup : « Votre Majesté sera bientôt de retour sur ses terres, comme ce fut notre cas il y un mois et demi à peine. Qu’Elle veuille bien en croire notre expérience douloureuse et partagée : après avoir reconquis ses provinces, elle devra rassurer ses sujets et montrer combien Elle se préoccupe de leur sort. Ces derniers auront terriblement souffert durant l’Occupation. Un gouvernement à tonalité civile, très ouvert à leurs besoins, serait sans doute apprécié. »
Blum n’ose pas pour l’instant évoquer le cas des membres les plus violemment anti-croates du cabinet yougoslave – ce sujet explosif viendra plus tard. Pierre II, après quelques hésitations, suit finalement cet avis a minima, en remplaçant son Premier ministre, le général Dušan Simović, par Slobodan Jovanović. Ce dernier est un juriste et homme politique nationaliste serbe, au long pedigree : chef du bureau de presse de l’état-major de l’armée serbe, membre expert de la délégation serbe à Paris en 1919, éphémère vice-premier ministre du gouvernement antinazi d’avant l’exil de 1941… De surcroit, il est réputé un peu plus conciliant que la moyenne des Serbes envers les autres ethnies : la Yougoslavie doit évidemment subsister, mais comme une fédération des peuples slaves et non comme instrument de la domination d’un de ces peuples sur les autres [« Dès que l’homme s’élève un peu au-dessus de l’égoïsme national, a-t-il dit, il lui apparaît clairement que la nation, par elle-même, ne représente pas ce qu’on appelle en philosophie une “valeur”. Ce sont les idéaux culturels au service desquels elle s’est mise qui peuvent seuls lui en conférer. »]. Une position pas forcément partagée par le rugueux général Simović, fortement tenté par l’autoritarisme et la répression des Croates félons. L’homme du rejet du Pacte d’Acier se verrait bien en caudillo des Balkans, sauveur d’une nation trahie par les siens. Contre l’avis des puissances occidentales, il reste au gouvernement comme ministre de la Guerre, remplaçant le général Bogoljub Ilic.
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le poireau



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MessagePosté le: Jeu Jan 10, 2019 22:15    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Chers amis,

quelques éléments de réponses qui n'engagent que moi (sur ce théâtre d'opération, cela à surement un sens Laughing). A ce stade-là, vous aurez compris que ce sont les soviétiques, bien plus que les serbes ou les anglais, qui ont précipité la libération de la Serbie et qui entraineront un repli allemand. La question est : jusqu'à ou ? Dans les montagnes de Bosnie, pas de souci. Dans la plaine de la Save, par contre la question reste ouverte. Surtout que la 12.Armee reste très étrilliée. Je ne pense pas qu'il soit possible de dire : on renforce les armées en Hongrie, mais de l'autre côté du Danube on s'en f...t.

Indépendamment des ... difficultés yougoslaves que vous préssentez, mais qui dans le fond ne concerne pas le front du Danube bien plus au Nord (je vais garder, j'aime bien), il va bien falloir mettre quelque chose en face courant hiver 44. Les allemands peuvent craindre une prise de flanc par le Sud avec des corps blindés russes passant en 'territoire" anglais. Qu'est ce qui l'interdit ? La 12.Armee a 150 km de plaine à tenir (je ne compte même pas la Vovoide) et dispose pour cela de ... 4 divisions et demi, presque pas d'éléments blindés et les croates. Je veux bien que le front ne soit pas prioritaire. Mais là, on atteint une limite de vraisemblance. L'OKW devra bien réagir s'il elle ne veut pas les alliées à Vienne, quite à débarquer Löhr et von Weichs en cours de route.

Côté allié, je rappelle malgré tout que les résultats sont non décisifs mais encourageants : Grèce, Albanie, Macédoine et Serbie libérées. J'ai des projets, des beaux projets ... mais il va falloir un peu plus aussi. Churchill va s'affoler, le cas de la Hongrie n'est pas complètement tranchée et il peut espérer mettre la main sur l'Autriche. D'où le souhait d'envoyer des renforts.

Tout cela pour dire qu'il est probable qu'on ait de belles batailles entre Bosnie et Balaton, avec des troupes fraiches, si les hauts-commandements concernés veulent bien m'en fournir. Ce serait crédible, et même nécessaire. Quant aux hongrois ... CHHHUUUUUUUT !

Enfin, Imberator, tu anticipe un peu : l'objectif des soviets n'est pas Belgrade sauf si on leur en laisse le temps. Toutefois, la Hongrie sera décisive ... moins pour l'avenir de ce pays en lui-même que pour celui du Sud de l'Allemagne.


HUMMMMM ! Est-il possible de répondre à ces questionnements sans trop spoiler la suite !?

Disons que, non la Wehmacht ne va pas rester inactive face à une percée simultanée en Roumanie et en Serbie qui menace la plaine hongroise ; mais qu'a quelques exceptions près un seul réservoir de forces lui est disponible.

Et disons que, à l'est et au nord, ceci n'est que la première pièce d'un puzzle bien plus vaste encore ; mais qui ne prendra sa pleine signification que dans les premiers mois de 1944.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Jeu Jan 10, 2019 23:30    Sujet du message: Répondre en citant

Toujours possible par mail cher Poireau - parce que là, pour justifier le dispositif cet hiver et le remanier ... Je veux dire von Weichs va être au courant - donc à priori moi aussi Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing
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le poireau



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MessagePosté le: Ven Jan 11, 2019 13:06    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Toujours possible par mail cher Poireau - parce que là, pour justifier le dispositif cet hiver et le remanier ... Je veux dire von Weichs va être au courant - donc à priori moi aussi Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing


Le seul problème mon cher Dan c'est que tu es chronologiquement plus avancé sur le front balkanique que nous le sommes sur le front russe.
Donc, la nature du redéploiement allemand est connue (Tu la trouveras d'ailleurs dans le grand scénario de la guerre à l'Est), mais les détails restent à déterminer.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Jan 11, 2019 15:25    Sujet du message: Répondre en citant

A quel document fait-tu allusion ????? Question Question Question Question Question Question
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le poireau



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MessagePosté le: Ven Jan 11, 2019 18:05    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
A quel document fait-tu allusion ????? Question Question Question Question Question Question


Je t'enverrai un mail ou un mp pour déjà te donner tout ce qui est acté.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Jan 12, 2019 18:16    Sujet du message: Répondre en citant

Désolé pour l'interruption… Le 15 valait de ne pas être bâclé !


15 décembre 1943
La campagne des Balkans
Coup de sang
Région de Leskovac (Serbie)
– La nuit a été calme pour les chars du brigadier Milutin Stefanović, comme depuis le démarrage de l’offensive. Les SAV-42 du 1er Régiment de chars du colonel Zvonimir Vučković n’ont donc pas attendu le lever du soleil pour reprendre leur avance sur les petites routes des gorges de la Morava. Predejane est atteinte à 8h00, les blindés sont à Grdelica dès 8h45, accompagnés de la 3e Brigade de la 1ère DI (brigadier Ilija Zugić).
Négligeant la petite route de Tupalovce, qui part vers le nord et Vlasotince, la force de tête poursuit vers le nord-ouest en direction de Mala Kopašnica et Leskovac. Elle s’engage donc sur une bande de terre agricole de 600 mètres de large cernée par des collines d’environ 80 mètres de haut et parcouru par la Morava, le “corridor de Grdelica”, qui fait environ 4 km.
C’est dans ce “corridor” que Walter Krüger a choisi de déployer les premiers éléments de son dispositif de défense : trois pelotons de chars du 1. Panzer Rgt (soit huit Panzer IV et quatre Leopard), soigneusement camouflés sur les pentes bordant le corridor, mais pas plus. En effet, le général n’est pas fou : concentrer ses forces sur une si petite zone offrirait une trop belle cible à l’artillerie et à l’aviation alliée. De surcroit, les collines boisées donneraient à l’adversaire le moyen de déployer son infanterie à l’abri des Panzer, obligeant la 187. ID et la 118. Jäger à faire face et à s’exposer dans des conditions pas forcément favorables.
En concertation avec ses collègues de l’infanterie sous l’autorité de Hans Felber, Krüger a donc opté pour un dispositif de défense en profondeur. L’embuscade prévue dans le corridor doit être suivie d’un repli rapide ; le commandement ennemi devrait logiquement en déduire que les Allemands sont en fuite et se hâter de déboucher du vallon. C’et à la sortie que tout le reste de la 1. Panzer et la 118. Jäger l’attendront, échelonnées sur dix kilomètres de terres agricoles, bosquets et collines arborées. Conformément aux ordres de Löhr, il ne s’agit pas de détruire l’ennemi, mais de lui infliger un maximum de pertes de façon à le rendre incapable de s’opposer sérieusement au repli du XXII. GAK pour cela, tout en se retirant soi-même de façon échelonnée afin de perdre un minimum de monde. Pour ce faire, si l’espace disponible jusqu’à Leskovac ne suffisait pas, les deux divisions disposent encore de 36 kilomètres jusqu’à Nis, zone où elles pourront aussi s’appuyer sur le massif à l’est de Klisura.
La route de Tupalovce, vers le nord, permet certes de contourner le corridor piégé par Kozare et Vlasotince, puis de prendre de flanc la plaine de Leskovac depuis Vlasotince et Gložane. Cependant, la première partie de cette voie suit un étroit vallon de 4 kilomètres de long sur 250 m de large entre des collines boisées. Ensuite, elle débouche dans la plaine de Kukavica, mais reste bordée par des forêts propices aux embuscades. Et enfin, avant d’atteindre Leskovac, il faut obliquer plein ouest et parcourir encore 12 kilomètres de terrain découvert, de surcroît en traversant la Morava. Pour tenir ce secteur si défavorable à toute progression, Krüger a fait confiance à la 187. ID, renforcée des Hornisse du Hauptmann Schwarz.
Le piège est en place, la bataille va commencer.

Guberavac (région de Leskovac), 09h05 – Le char de tête chemine le long de la Morava, sous le regard confiant du colonel Vučković lorsqu’il disparaît soudain dans une explosion. Le SAV-42 du 1er Bataillon vient d’être foudroyé par le tir d’un Panzer IV. Sans perte de temps ni affolement, les autres engins quittent la route et se déploient en arc de cercle, pendant que les transports de troupes débarquent en hâte leur infanterie avant de reculer. Un half-track M3 est incendié avant que ses fantassins achèvent de débarquer. Les blindés ripostent un peu au hasard, avant de tendre un rideau de fumée pour pouvoir manœuvrer sans subir de tirs – le délai leur coûte encore deux engins.
Pendant ce temps, derrière, le 2e Bataillon de blindés arrive à son tour, suivi de la 2e Brigade d’Infanterie du brigadier Linus I. Dekaneva (1ère DI).
………
09h10 – Les échanges de tir se poursuivent, sans résultats. Persuadé (à juste titre) de n’avoir à faire qu’à des éléments retardateurs, le général Krstic décide, en accord avec Milutin Stefanović, d’envoyer sa 3e Brigade d’Infanterie dans les bois à la recherche des gêneurs. Son bataillon de chars indépendant (17 SAV-42 et 12 SAV-AU-42), accompagné si besoin du régiment antichar (12 SAV-AU-42 et 6 M7 Mouflon) sont à même d’éliminer la menace. Le 1er Bataillon doit quant à lui se replier hors de vue, à l’ombre de l’éminence de Selo Grdelica. Il reprendra ensuite son avance avec la 2e Brigade, qui se regroupe à la sortie des gorges.
………
09h15 – Quand les fumigènes se dissipent, le corridor de Grdelica est désert. Les panzers embusqués commencent à se couvrir réciproquement, d’un bord à l’autre du vallon – ils savent qu’on va bientôt venir les chercher.
………
09h25 – La 3e Brigade escalade l’éminence de Selo Grdelica, à l’est du vallon. Fantassins et blindés progressent prudemment – ils ignorent qu’ils sont à presque 2 km de leurs adversaires.
………
09h32 – Un des Panzers postés à l’ouest du vallon repère un M7 Mouflon, qu’il expédie d’un tir chanceux dans la tourelle. Le général Stefanović voit ses soupçons confirmés : cette zone est également défendue. Il demande à Krstic d’envoyer sa 1ère Brigade (Antonije Stosić), qui sort à peine à son tour des gorges de Predejane, pour sécuriser cette zone.
………
09h40 – La 3e Brigade arrive au contact des défenseurs du versant est du vallon, qui l’a vue venir. Après un bref mais violent échange de tirs entre blindés, Panzer IV et Leopard commencent à décrocher, non sans pertes. Car dans cet espace contraint où les SAV-42 manœuvrent avec adresse, les Allemands sont moins à leur avantage, et ils ne bénéficient d’aucun soutien d’infanterie. Mené à courte distance, l’affrontement est meurtrier : trois Panzer IV et un Léopard restent sur place, contre seulement 2 SAV-42 et un SAV-AU-42. Le Panzer IV et les trois Léopard survivants se replient.
………
09h45 – Informé de l’accrochage en cours à 1 500 mètres à peine, le peloton du versant ouest commence à son tour à se replier sans attendre les forces qui montent vers lui. Les quatre Panzer IV décrochent en bon ordre et disparaissent parmi les chênes vers Zoljevo, à l’ouest.
………
09h52 – Le versant est du vallon est définitivement sécurisé par les hommes d’Ilija Zugić, qui ont encore réussi à éliminer un Leopard, déchenillé d’un coup chanceux de 57 mm. A courte portée, la supériorité des blindés allemands en allonge et en calibre ne joue pas : le blindage frontal du Leopard ne dépasse pas 65 mm.
………
09h58 – Les deux versants du vallon de Grdelica sont réputés sûrs – toutefois les généraux yougoslaves se doutent bien que leurs adversaires en fuite sont à l’affût d’un mauvais coup. La 1ère DI fait donc décoller sans attendre deux de ses “Vigilant” d’observation afin de surveiller l’avancée du 1er Bataillon blindé et de la 2e Brigade. Le 2e Bataillon blindé reste en second échelon.
Derrière, c’est au tour du 2e Régiment blindé (colonel Milutin Janković) d’apparaître, avec la 3e Brigade de la 2e DI (brigadier Milorad Majstorović, général Mihailovitch).
………
10h12 – Le 1er Bataillon de la brigade blindée yougoslave dépasse le village de Dobrotin, qui marque la fin du fameux vallon. La 2e Brigade de Dekaneva n’envoie pas d’hommes vers cette localité – les 1ère et 3e Brigades continuent en effet de continuer d’avancer sur les reliefs, elles devraient donc la rejoindre indépendamment de l’avancée vers Leskovac.
………
10h15 – Plus loin sur la route du nord-ouest et sitôt en vue du village du village de Velika Grabovnica, les SAV-42 essuient des tirs nourris de 75 mm – soit les blindés allemands s’y sont redéployés, soit il y en a d’autres ici. Le colonel Vučković, du 1er Régiment de chars, qui perd encore dans l’affaire deux SAV-42, commence à perdre patience : « Devons-nous sacrifier un blindé pour révéler chaque canon allemand ? » transmet-il à sa hiérarchie. Un message désagréable mais sensé. Il n’est plus question de se contenter de demi-mesures ! L’artillerie divisionnaire de la 1ère DI se déploie donc : en tout 180 pièces de 155 mm, 120 mm et 105 mm. Les petits appareils d’observation font leur apparition au-dessus du champ de bataille, passant au-dessus de colonnes yougoslaves toujours à l’arrêt.
………
10h25 – Dans leurs command-cars respectifs – ils n’ont pas envisagé de bivouaquer ici – les généraux Krstic et Stefanović conversent. Pour eux, il est évident que leurs troupes sont numériquement très supérieures, il n’y a pas lieu de lambiner plus longtemps. Non, cette action retardatrice doit être écrasée au plus vite, mais sans sacrifier davantage de forces. Les canons de la 1ère DI pilonneront donc les positions repérées à Velika Grabovnica, tandis que les mortiers déploieront un écran de fumée permettant aux blindés et à la 2e Brigade de la 1ère DI de reprendre tout de suite la progression vers Leskovac – cap au nord, suivis par la 2e DI. Pendant ce temps, les 1ère et 3e Brigades de la 1ère DI poursuivront le nettoyage.
………
10h45 – Le bombardement du secteur de Velika Grabovnica commence, tandis que le 1er Régiment blindé reprend son avance, bordé par l’infanterie de la 2e Brigade. Passés quelques tirs sur les premiers chars émergeant des brumes, les sept blindés allemands du groupe d’embuscade tentent de décrocher vers la colline suivante, à 2 500 mètres à peine. Ils perdent encore dans l’affaire un Panzer IV qui n’a pu courir assez vite et a imprudemment exposé son flanc. Mais l’optique allemande continue à faire des ravages : un SAV-42 est incendié. Les Allemands filent, épiés par les Vigilant à cocarde rouge et bleue frappée de la croix blanche.
………
10h55 – L’horizon paraît désormais dégagé pour le 1er CA yougoslave – le général Brasic considère avec agacement qu’il a perdu deux heures et une dizaine d’engins dans cette petite embuscade. C’était prévisible, les Allemands allaient forcément tenter de le ralentir pour gagner le temps nécessaire à leur fuite vers le nord. Assez traîné : le 1er Régiment blindé doit accélérer son avance vers Leskovac, accompagné de la 2e Brigade d’infanterie. Le reste suivra, 2 kilomètres derrière. Désormais, il faut cheminer sans s’arrêter : on signale que Belgrade subit une offensive de grande envergure – ces ordures ont peur de l’arrivée prochaine de ses troupes et tentent de liquider la capitale… et ses habitants !
………
11h05 – Les fantassins serbes atteignent Dobrotin et Velika Grabovnica – désertes, sauf des épaves et des morts. Les 1ère et 3e Brigades poursuivent désormais respectivement vers l’ouest et le nord, en longeant la Morava dans le second cas.
………
11h12 – Un avion léger allié survole la route menant à Leskovac, passant longuement au-dessus des collines proches de Rudare. Sous les chênes enneigés, l’observateur ne discerne rien… Mais tout ce qui reste du 2. Abteilung du 1. Panzer Rgt est camouflé dans les pins, ainsi que le 750. Jäger Rgt, doté de six redoutables PAK 40. En face, dans la plaine, les villages de Badince, Donji Bunibrod et Gornji Bunibrod abritent 12 panzers.
Et depuis les monts de Jašunja, situés pourtant à plus de 10 kilomètres, Walter Krüger peut observer distinctement à la jumelle les petits points noirs des blindés alliés qui avancent.
………
11h25 – La tête de colonne n’est plus désormais qu’à 5 kilomètres de Leskovac, cheminant pesamment le long de la voie ferrée. Dans sa tourelle, l’Oberst Feller retient son souffle.
Pendant ce temps, aux environs de Velika Grabovnica, le général Milutin Stefanović est pris d’un mauvais pressentiment. Selon le manuel, il aurait fallu envoyer des escadrons de reconnaissance plusieurs kilomètres et une bonne heure en avant de la colonne, afin de s’assurer de l’absence de sur-embuscade. Mais le général Brasic a été catégorique : plus rien ne doit à présent retarder la marche du gros des forces. Faute d’avoir pu partir plus tôt, les scout-cars n’ont donc qu’un kilomètre ou deux d’avance, et ils n’ont bien sûr pas le temps de sonder les sous-bois.
………
11h32« Feuer frei ! » – l’ordre de Feller retentit dans son micro et se répercute dans toutes les radios de son unité. Soixante-six canons tonnent en même temps, à une distance allant de 1 200 mètres à 1 700 mètres. Le 1er Régiment blindé et la 2e Brigade d’infanterie perdent en quelques secondes 18 engins, ainsi que plusieurs half-tracks d’infanterie dont la plupart des passagers sont tués ou blessés… Bon nombre de panzers se sont démasqués en tirant, mais les blindés yougoslaves survivants, désorganisés, ne peuvent riposter très efficacement – seuls trois Leopard et un Panzer IV sont éliminés.
………
11h38 – Les combats se poursuivent. Incapables de regagner leur cohésion et surpris en terrain totalement découvert, les Yougoslaves sont sévèrement malmenés. Le colonel Zvonimir Vučković voit encore 14 de ses blindés se faire détruire (dont deux précieux SAV-AU-42, les mieux armés contre les panzers) en échange d’un seul Panzer IV.
Dans cette situation critique, l’officier serbe prend une décision qui sera controversée mais qui a toutefois le mérite de parer au plus pressé. Tout en demandant à l’état-major de déchaîner son artillerie sur les collines de Rudare, il fait tendre un rideau de fumée et entreprend de replier tout son monde vers le nord-est, de côté de la Morava et de Badince. Il fait ainsi front face à l’adversaire le plus faible et peut espérer le soutien de la 3e Brigade d’Ilija Zugić. Mais il laisse sur le terrain beaucoup de fantassins, s’éloigne de tout autre soutien potentiel et prend le risque de se faire coincer contre la Morava…
………
11h45 – Les premiers tirs d’artillerie s’abattent sur les collines où se terrent les panzers de Feller. Tombant quelque peu à l’aveuglette, ils ne réussissent qu’à détruire un malchanceux Pak 40 des Jägers. Toutefois, les servants des autres pièces doivent baisser la tête et les chefs de char rentrent la leur dans leur tourelle – c’est le but de la manœuvre. Sous cet orage d’acier, l’Oberst Herbert Lindenblatt, du 750. Jäger Rgt, signale que ses hommes sont maintenant accrochés par de l’infanterie au sud de leurs positions (c’est la 1ère Brigade yougoslave) – il est donc hors de question de poursuivre pour l’instant. Pendant ce temps, la 3e Brigade s’empare de Guberevac. Blindés du 1er Rgt et fantassins de la 2e Brigade peuvent encore penser la rejoindre et se sortir d’affaire.
A l’arrière, bien qu’il soit encore imparfaitement informé de la situation, le général Krstic contacte Skopje pour demander l’appui « urgent et rapide » de l’aviation. Au QG des Forces aériennes alliées de Méditerranée Orientale, la réponse est d’abord décevante : une grande partie de la RAF en Grèce et Balkans (aviation grecque incluse) est en cours de rééquipement et de toute façon, la météo est, au mieux, à la limite de ce qui est “volable”. Cependant, et justement en raison de l’absence de nombreuses forces de la RAF, c’est un officier de la 1ère Armée Aérienne française, le colonel Julien Girond, qui est aux manettes, aujourd’hui. Tout en convoquant immédiatement les officiers météo pour refaire le point, il contacte le GC I/82, seul groupe opérationnel de la 82e EC (Y). Depuis l’avant-veille, son chef fait préparer chaque jour ses vingt appareils, avec la plus grande indifférence pour la météo.
– D’après le 1er CA yougoslave, leurs avions d’observation volent sans problème – pourriez-vous envoyer… quelqu’un sur place pour voir ce qu’il en est pour l’appui au sol ?
– Quelqu’un ?…
– Oui… De mon côté, je vais demander à la 80e EC (Y) de prévoir l’envoi d’une couverture si votre… envoyé nous signale que des missions d’appui sont possibles. Et j’alerte aussi la 81e EB (Y) et ses Baltimore, au cas où !
– Da… J’ai comprrris, mon colonel. Merrci beaucoup – je vous tiens inforrrmé, bien sûrrr !

Trente mois de guerre n’ont amoindri ni l’accent ni la fougue du commandant Miha Ostric.
Le colonel raccroche. Puis il informe la 80e EC (Y) et la 81e EB (Y) avant de consulter pensivement sa liste de numéros d’appel…
………
11h52 – Avec le geste d’un condottiere lançant ses cavaliers à l’assaut sur quelque plaine toscane, Krüger envoie sa réserve opérationnelle : le 2. Panzer Rgt de l’Oberst baron von Holtey. Le chef de la 1. Panzer a suivi le désastre infligé à la première vague yougoslave et il ambitionne désormais d’anéantir ces unités en les rabattant vers ses positions de Badince, les prenant ainsi entre trois feux ! L’artillerie achèvera ensuite les survivants.
– Une manœuvre digne d’Herr Rommel au mieux de sa forme ! Voilà qui devrait les stopper pour la journée, et même pour plusieurs jours ! pense-t-il avec un sourire satisfait. Jusqu’ici, son plan a bien fonctionné – mais il faut emporter la décision maintenant, les Alliés ont sûrement des renforts disponibles.
Les 76 blindés sortent de leurs positions camouflées entre Leskovac et Donja Slatina, puis filent vers l’ennemi à travers la plaine enneigée. Il leur faut toutefois se regrouper et se mettre en formation avant d’avancer au contact, ce qui ne passe pas inaperçu des avions d’observation serbes, dont les pilotes donnent immédiatement l’alarme.
………
Terrains de la FARY, 11h55 – Le sang du bouillant commandant Ostric n’a fait qu’un tour – son P-38, préparé selon ses ordres dès l’aube, est en train de s’aligner sur la piste, en tête des vingt appareils de son groupe. Ostric a interprété de façon… extensive la demande du QG aérien d’envoyer « quelqu’un » évaluer la situation météo.
Son avion n’est plus le P-39 qui a fait sa célébrité. Le P-38G n’a pas de canon de 37 mm dans le nez, mais il emporte sous ses ailes deux bombes de 500 lbs et la batterie de 1 x 20 mm et 4 x .50 bien groupés fait du beau travail. Sous le soleil de midi, les 20 appareils s’élèvent, tournent gracieusement et filent vers le nord, pendant que les rampants s’activent sur les Mustang de la 80e EC (Y) et les Baltimore de la 81e EB (Y).
………
11h58 – Le repli du 1er Rgt blindé et des restes de la 1ère Brigade d’infanterie se poursuit dans une confusion qui lui coute encore huit engins contre un Leopard et deux Panzer IV. En outre, plusieurs malheureux semi-chenillés sont détruits alors qu’ils tentent désespérément de mettre leurs passagers à l’abri.
Le bombardement d’artillerie se poursuit sur Rudare – si les panzers n’en souffrent pas, trois Pak 40 sont détruits. Mais le 750. Jäger Rgt indique que le tir de des canons alliés se fait de plus en plus précis (grâce au réglage par les observateurs avancés). Feller, qui s’inquiète de l’avancée des troupes alliés le long de son couvert, se trouve devant un choix : se replier de quelques centaines de mètres… ou avancer pour la mise à mort avec le 2. Panzer Rgt. Evidemment, il décide d’avancer.
………
12h00 – A Grdelica, où il a bien fallu monter la tente, l’état-major du 1er CA yougoslave confère dans une ambiance fiévreuse, que le son du canon en arrière-fond rend encore plus brûlante… La position à la sortie des gorges n’est pas en danger : la 2e DI et le 2e Rgt blindé la tiennent fermement. Et l’arrivée prochaine – car il bien fallu l’appeler à l’aide – de la 6th Armoured ferme la porte à toute exploitation ennemie. Toutefois, il faut bien décider ce qu’il faut faire en attendant les Anglais !
Plusieurs visions s’affrontent. Stefanović (1ère Brigade blindée) veut faire monter les enchères, c’est à dire reprendre l’initiative en contre-attaquant à travers la plaine en direction de Badince, pour dégager les troupes acculées à la Morava avec toute la puissance de feu disponible et le soutien aérien qui ne saurait tarder. Les Allemands ont certes finement joué – mais ils n’ont pas de réserve plus importante que celle dévoilée, sinon, le 1er Régiment ne serait déjà plus qu’un souvenir. Sitôt le choc encaissé par les Germains, ils se retireront et chacun pourra panser ses plaies.
La seconde proposition, celle de Krstic (1ère DI), est un peu plus prudente : il est évident que le dispositif allemand est principalement antichar et composé d’une succession de points forts. Il est donc préférable de procéder comme ce matin, par petits bonds de colline en colline, en envoyant l’infanterie en avant. Celle-ci pourra repérer et faire pilonner les positions ennemies les unes après les autres, débusquant ainsi les engins nazis comme des perdreaux dans une chasse au matin. Dans l’attente, les survivants de l’embuscade doivent se replier vers Mala Kopašnica pour se réorganiser.
Une idée évidemment pertinente, mais qui a pour défaut de vouer à la capture un grand nombre d’équipages et d’éléments d’infanterie – or, Brasic ne peut pas se permettre de pareilles pertes. Et puis, il serait inadmissible de jeter ainsi l’éponge et d’attendre les Anglais alors que presque la moitié des troupes n’ont pas encore combattu.
Finalement, sur l’entremise du général Mihailovitch (2e DI), une solution médiane est actée : l’offensive sur Leskovac est suspendue pour la journée, le temps de permettre l’arrivée de renforts et d’user le potentiel allemand. La 1ère DI poursuivra son travail de sape en avançant avec précautions vers Rudare, tout en tentant la main aux survivants à Guberevac. Pour faciliter leur dégagement, le 2e Rgt mènera une charge appuyée par l’aviation. Il devrait donc être possible de dégager et récupérer une bonne partie des blindés du 1er Rgt et des half-tracks survivants. Enfin, pour contraindre les Allemands à se disperser, la 2e DI enverra une brigade sur la route de l’est, vers Vlasotince, afin de voir s’il est possible de tenter une manœuvre de revers.
Le 2e Régiment du colonel Milutin Janković se met en ligne, renforcé des engins de la 2e Brigade d’infanterie, dont les fantassins restent en défense. La manœuvre s’effectue dans la nervosité et la colère : à la radio, on entend un chef de compagnie presque en larmes : « Les panzers mitraillent systématiquement tous les fantassins qu’ils aperçoivent, y compris ceux qui se rendent ! »
Rien à faire pour le moment… mais l’heure de la vengeance viendra !
………
12h15 – Les deux Panzer Rgt ont fait leur jonction dans la plaine et continuent de rabattre le 1er Rgt blindé et la 1ère Brigade d’infanterie contre la Morava, l’empêchant ainsi de rejoindre Guberevac et le salut. Tels une meute de loups cernant sa proie, les blindés allemands réduisent petit à petit le terrain disponible pour Vučković, Dekaneva et leurs hommes. Ces derniers vendent chèrement leur peau, mais à 86 blindés contre 155 (environ…) et dans cette situation tactique, les forces alliées paraissent vouées à l’anéantissement.
A cette distance, et sur une plaine enneigée, les combats prennent un tour terriblement meurtrier – tous les coups portent ou presque. Dans les minutes qui suivent, 28 blindés alliés (dont 23 SAV-42) sont mis hors de combat, contre 14 Leopard et 5 Panzer IV ! Dans ces circonstances, le “vieux” Panzer s’avère supérieur à son supposé remplaçant, plus mobile mais moins bien blindé sur l’avant. Afin d’accélérer le mouvement et afin de déloger les fantassins retranchés dans quelques maisons, Krüger envisage maintenant de faire appel à son Panzer-Artillerie-Regiment 73 (colonel Wilhelm Söth) – ses 42 canons (dont 18 automoteurs) seront un appoint précieux. Le chef de la 1. Panzer répugne en effet à engager ses deux précieux PanzerGrenadier Rgt, encore en réserve, dans une zone aussi dégagée. Mieux vaut sabrer les survivants puis filer. Soudain, son aide-de-camp lui signale l’apparition majestueuse d’une nouvelle force ennemie à l’horizon…
………
12h20 – Le 2e Rgt blindé du colonel Milutin Janković, soit 90 engins, sort de la gorge de Grdelica et se déploie en ligne. Derrière eux, les éléments blindés de la 2e Brigade d’infanterie (Linus Dekaneva) avancent en second échelon – soit 33 SAV-42, 24 SAV-AU-42 et 6 M7 Mouflon de plus. En tout, 153 blindés courent sus à l’ennemi.
En tête, fonce le colonel Janković, personnage guère recommandable et qui aurait peut-être plus sa place en prison que dans un blindé, selon les standards occidentaux. Grand, maigre et pâle, ancien caporal des forces de montagne en Slovénie lors de son service militaire, il a été chassé de la gendarmerie pour « usage excessif (sic) de la force contre les sympathisants du nationalisme croate » – ce qui peut inquiéter quand on connaît la compréhension dont le régime faisait preuve sur ce genre de sujet. D’ailleurs, et comme preuve supplémentaire de la duplicité dont peut faire preuve l’Armée yougoslave sur ce sujet, Janković a été en réalité simplement transféré à Belgrade, au sein de la garde royale, où il est resté jusqu’à l’invasion. A ce moment, il s’est une fois de plus illustré par un zèle bien particulier, en assurant notamment le “traitement” de plusieurs personnes favorables à l’Axe et de leurs familles.
En d’autres circonstances, le colonel aurait peut-être pu rentrer chez lui après l’invasion allemande et poursuivre ses razzias anti-croates au côté des Tchetniks [OTL, Janković fut responsable d’une manière certaine de 40 assassinats, 76 viols, 345 enlèvements et 600 agressions physiques. Un brave homme… ]. Toutefois, le destin voulut qu’il soit évacué avec le gouvernement et qu’une nouvelle carrière s’offre à lui dans les forces blindées. Ayant grimpé les échelons à la force du poignet (c’est à dire par le travail, mais surtout sans oublier de se servir de ses poings) dans une armée royale manquant terriblement de cadres, il voit enfin son heure de gloire arriver. Celui qu’on a surnommé “Murat”, bien qu’il ne soit pas officier de cavalerie, lance à la radio un appel vibrant : « Chargez, soldats de la Grande Serbie ! Dégageons nos camarades et partons libérer Belgrade des chiens allemands ! A mort ! Pour Dieu et pour le Roi ! » Le cri résonne dans les écouteurs, il est repris par bien des chefs de char : « A MORT ! POUR DIEU ET POUR LE ROI ! » Ce que l’histoire militaire retiendra sous le nom de “La charge du Murat serbe” vient de commencer.

(suite et fin du 15 demain)
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requesens



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MessagePosté le: Sam Jan 12, 2019 18:44    Sujet du message: Répondre en citant

JPBWEB a écrit:

En fait, les milieux gouvernementaux allemands de 1914 étaient apparemment affligés d’une espèce de névrose, de complexe de Calimero. Ils s’imaginaient encerclés par des ennemis qui complotaient a la perte de l’Allemagne, et ils se croyaient exclus du grand bal colonial, .

Dans ce contexte, il était particulièrement regrettable que la diplomatie allemande des 50 dernières années ait été à ce point catastrophique et ait enchainé l’Allemagne a l’Empire Austro-Hongrois, qui était plus un boulet qu’une planche de salut, diplomatiquement et militairement parlant, tout en réussissant à antagoniser à la fois la Russie et l’Angleterre.


Je profite du long (trop long Laughing ) silence des auteurs pour poursuivre sur l'aspect economique et politique de l'Allemagne imperiale.
Curieusement, et JPWEB à raison de le mentionner, l'Allemagne du dernier quart du 19ª siècle voit l'apparition du nationalisme volkisch. Alors que le IIº Reich a vaincu l'Autriche et la France et se pose en concurrent economique des anglo-saxons, le pays voit apparaître un nouveau courant nationaliste issu du libéralisme et du romantisme, le courant volkisch.

L'on voit apparaître des thèses qui connaitrons leur heure de gloire et de honte quelques decennies plus tard. La spécificité du peuple allemand, son passé magnifié, le refus du metissage et l`obsession de la pureté raciale, un anti-semitismes virulent, le refus du capitalisme et de la démocratie et déjà la visión d'une Allemagne dominant et absorbant la Mittel Europa en commençant par l'Autriche.
Cet expansionnisme territorial vers l'est se traduit par l'acceptation d'un conflit avec la Russie. D'ailleurs au même moment l'image des russes et de façon plus generale des slaves se degrade dans l'esprit des intellectuels volkisch, ils remettent au goût du jour l'imagerie médiévale de la lutte slaves-germains.
Resumons, pour cette ecole de pensée, l'Allemagne doit croitre non pas outre-mer mais en annexant les territoires centre et est-europeen. Cette expansión peut amener à une guerre avec la Russie et cette hypothese est acceptée.
Mais ce danger oriental se double d'un risque occidental avec l'ennemi historique : la France. L'Allemagne est donc belle et bien encerclée. Il lui faut donc accepter l'hypothese une guerre preventive contre ses ennemis sous peine d'être battue.
Au final ce n'était pas "une espèce de névrose, de complexe de Calimero" mais quelque chose plus profond, idem pour la "diplomatie allemande" qui a "enchainé l’Allemagne a l’Empire Austro-Hongrois", dans une logique de future absortion cela est logique.
Ce qui est interessant c´est que comme l'on peut le voir, les nazis n'ont rien inventé, tout leur corpus ideologique existait depuis des decennies.
_________________
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