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Avril 1944, la 2e Campagne de France
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Casus Frankie
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Inscrit le: 16 Oct 2006
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MessagePosté le: Ven Nov 23, 2018 20:09    Sujet du message: Répondre en citant

Dernière partie. Et s'il y en a un qui n'a pas aimé, qu'il me le dise en face !


Ça pourrait tourner ensuite comme ça…
Médecin de campagne

– Là, tu vois, c’est un vide-burnes.
La jeep contourne une charrette à bras et son vieux.
– Un BMC ?
– Non, non, les BMC, y sont à la sortie d’la ville. Ça, c’est des filles qui sont montées de Marseille avec des gus qui profitent… Réglo, hein : cartes, visites, toubib…
– Ah ! Des opportunistes.
– Voilà…
– Et où tu m’emmènes ?
– Eh ben, je vais te montrer quéqu’chose de bien, chez un gus que m’a recommandé l’Honorine. Mais pour ça, faut d’abord qu’on s’arrête là.

Il se pencha vers l’arrière : « J’me suis servi dans ton sac : j’ai pensé qu’t’avais pensé à moi. Je t’ai pris ça. Un calot de la Luftouaffe, ça devrait aller pile poil, c’est Judieu qu’est d’service. Les fanions et les dagues, c’est du bon. Par contre, le Walter, ça va être plus duraille. Tu comprends, y’a pas trop de Ricains dans l’coin. »
– Encore tes trafics !
– Non, non ! Pas des trafics ! Pff ! Moi, j’touche plus à ce truc ! Tu veux que j’t’explique ? Tiens, regarde : c’est la gare. L’est pas prête de voir passer un train, crois-moi ! L’train – quand y en a un – y s’arrête dans un p’tit bled, à une heure d’ici, passque entre les Résistants, nos avions, et les Boches quand y sont partis, y’a plus un aiguillage qui fonctionne. La rotonde ? Foutue. Les ponts ? Deux par terre. Le grand viaduc, là, tu sais ?
« Fragilisé » qu’ils ont dit. C’est là qu’on va, nous, les branleurs du camion. Le train arrive, y’a un quai en bois, on fout les camions à cul, et vaz’y que je te trimballe des caisses, des sacs et des machins. Alors, y’en a forcément qui se perdent. Mais c’est quoi ? Un carton ? P’têt une caisse. Un sac. Des bricoles. Suffit de connaître les bons gars… C’est juste de la démerde. Pas des trafics. Voilà, attends-moi, je reviens. Me faut des papelards…
– Des papelards ?

………
– Tes papelards sentent le café…
– T’as du nez ! Garde-les moi donc avec ces deux paquets de bleu ! Et maintenant, on passe par l’dépôt.
– Le dépôt ? T’en viens !
– Pas çui-là.

La jeep tressaute sur des rails marqués de rouille, son chauffeur peste avant de reprendre : « T’étais-là, pour la prise de la ville ? »
– Libération, pas prise. Un peu, ouais.
– Z’avez fait le boulot à moitié. Voilà. On y est.

Benoist se dirige vers deux sentinelles qui s’emm… ferme devant de hauts murs gris et un portail rébarbatif. Un bref conciliabule, suivi d’un changement de mains de “souvenirs”, et les voici dans les lieux.
Un chariot électrique lancé à toute vitesse surgit fort à propos d’une enfilade de caisses et de sacs, conduit par un gars qui doit avoir dans les seize, dix-sept ans. Un autre, tout aussi rigolard, émerge en courant de l’allée à la poursuite de l’engin.
– Impec ! On va même pas se salir les mains ! Salut les gars ! Raphaël, j’te présente Charlie et Bébert. Y vont nous aider. Me faut deux, trois sacs de charbon, les mecs, plus trois bidons d’huile, de l’italienne, un sac de farine…
Imperturbable, Benoist détaille une liste coincée entre des bordereaux : « … et de la marmelade. »
– C’est pour toi, sergent ?
– Si on vous demande… Dites voir, personne n’est encore au courant, pour la machine, hein ?
– Heu… Non…
– Ça sera pas de ma faute. Je peux la montrer à mon pote ? Pas de souci, y dira rien, malgré ses galons…

Tandis que le chariot repart en sifflant, mais à une allure plus raisonnable, Benoist entraîne son compère et sa béquille dans le dédale des allées.
– Tout ça, c’est la Vermart.
Il désigne de la main des piles de caisses, fûts, sacs, tous frappés de l’aigle teutonne.
– Comment c’est possible ?
– Je sais pas tout, mais, en gros, c’est un dépôt qu’existe pas. Quand vous êtes arrivés, les péquenots du coin ont voulu se servir, ça a failli être l’émeute. On y a mis une garde. Vous êtes partis, les suivants, y z’ont continué à garder l’truc, puisque vous aviez commencé. Pareil pour l’inventaire, sauf que personne l’a continué. Et puis, on a tout c’qu’arrive d’en bas : si tu veux mon avis, la guerre sera finie que pas un grat’papier ne se s’ra bougé l’fion pour mettre son nez ici. Alors, de temps en temps, on vient se servir. Pour des trucs qu’on a pas. Faut un bordereau, évidemment. Rapport à la mairie, y paraît. C’est pour ça qu’y a les charlots : sont trop jeunes pour l’casse-pipe, mais assez costauds pour charger un camion. Si y z’en voient passer deux dans la s’maine, c’est qu’y a fluence. Z’ont droit à un sac “en nature” à la fin du mois. Charlie, son vieux, il a fait la Somme, l’a été gazé et blessé. Sont neuf à la maison. Par les temps qui courent, un sac de patates, t’imagines…
– Et y’a quoi, dans ces trucs ?
– Lentilles… fayots…

Ce disant, il tapote des sacs rangés au cordeau. « Farine… Les patates, c’était plus loin, mais y’en a plus… Huile pour moteur. Ciment… Tu veux pas des pelles ? Du barbelé ? D’la peinture ? Tésolé, cher monsieur, nous nafons qu’une seule couleur… La Kerre, krosse malheur ! Ha ! Charbon… »
Deux boxes en planches abritent l’un de l’anthracite, l’autre des boulets. Les deux jeunots s’y occupent à remplir des sacs dont la blancheur va en prendre un coup. Contre l’une des parois attend une moto reluisante, une Monet-Goyon que son propriétaire ne viendra sans doute jamais réclamer.
– Ne me dis pas que…
– Si, si. Elle était planquée sous l’anthracite. Comme quoi …
– Mais… dis donc… y’a pas des armes aussi ?
– Nan. C’est la première chose qu’a été cherchée. Armes, explosifs…
– Si c’est comme la bécane…

Benoist hausse les épaules. « Dis voir, Charlie, raconte un peu au lieutenant, pour les grenades… Non ? Bon, j’vais le faire : voilà t’y pas, mon ieut’nant, que l’un des chefs du maquis du coin charge ces zigues de détruire un fond de caisse de grenades italiennes. Tu sais, les p’tites. » (Les deux quidams plongent le nez dans les sacs.) « Demande pas pourquoi, mais c’est comme ça. Alors, y z’ont obéi. C’était chouette, hein, Charlie ? Sont allés les faire péter dans l’canal, là-haut. Et puis, tant qu’à faire, dans le p’tit lac du château, hein… carpes, truites, tout ça… Sauf que dans l’château, y’avait le colon et le commandant : réunion d’état-major, avec sentinelles… Pour péter, ça a pété, j’te raconte pas ! Alors, comme on n’a pas pu les envoyer du côté de Briançon, avec leurs aut’potes du “maquis”, y sont ici. Bien sages… C’est bon, pour l’charbon. Mettez tout dans la jeep, et on y va. »
– Bon sang, et tu me fous dans tes combines ?! Merde, Maurice ! C’est plus un carton qu’y s’perd, là !
– T’affole pas, Raph’ ! J’te répète que c’est des trucs qu’existent pas. Et puis, r’garde : c’est tout réglo, on peut nous arrêter, rien à r’dire : les sacs de lentilles sont pour la cantine. Ça changera de la semoule. La margarine ? Pareil ! Tu crois qu’un con va aller vérifier où va le charbon ? Et l’huile ?

Il déploie une couverture sur le chargement.
– Honorine ?
– J’lui dois bien ça…

………
– Ici, tu vois, c’est plus classe. Dis bonjour aux demoiselles… Sont plus que propres, certifiées ! Tu y laisses ta solde, mais tout l’monde est content… Nom de… !
La jeep pile in extremis et cale : une superbe Celtaquatre franchit les grilles de la villa. La regardant s’éloigner, le sergent maugrée : « Tiens ! Y’a pas d’justice ! T’as vu, dans la bagnole ? La négresse ? »
[L’auteur tient à préciser qu’il ne cautionne pas le terme, dont la responsabilité incombe entièrement au sergent Benoist, du 13e BCA (et au vocabulaire employé à l’époque).]
– Non…
– C’est la poule de ***. Pas touche !
– *** ? Le lieutenant-colonel ?
– Quand j’te dis qu’y a pas de justice ! On m’emmerde pour des broutilles, mais lui…

Il redémarre et embraye. « A c’qui paraît, a’ se fait appeler Sérafina, et a’ voudrait faire croire qu’elle vient du Cameroun. Mais mon petit doigt m’a dit qu’elle s’appellerait plutôt Marie-Amélie et qu’elle aurait usé ses p’tites culottes du côté d’la Ciotat avant d’avoir le feu au cul… »
– Ton p’tit doigt ?
– Ben, tu sais comment sont les gens… faut qu’y parlent…
– Y’a des médisants…
– Tu peux pas savoir !

La jeep cahote maintenant dans la verte campagne.
– Et on va où ?
– Je crois que c’est là…

………
– Noun dé diou ! Y’a plus rien ! Foutez-moi l’camp !
Béret en bataille, l’homme s’avance vers eux en faisant de grands gestes. Deux pas en arrière, deux gros chiens aboient férocement, prêts quand même à une retraite élastique vers une porte de grange béante.
– M’sieur Borel ? On vient d’la part d’Honorine…
Benoist coupe le contact. L’homme s’avance, mieux disposé, semble-t-il.
– L’Honorine ? Mais on a plus rien ! Vous prenez tout ! Pires que les doryphores !
– C’est pour mon pote, là… L’a la cheville qui se barre toute seule…
– La cheville ? Y’a pas de toubibs, dans vot’armée?
– On a des bouchers-charcutiers. Mais pour ça…

Le sergent montre son voisin, qui peine à descendre et clopine pour contourner la jeep.
– Mouais… Et qu’est-ce qui vous fait croire que…
Deux paquets de gris et un de café font leur réapparition avant de changer de main.
– Bon…
L’homme entame un demi-tour en marmonnant. Il a l’épaule droite nettement en dessous de la gauche, rapport à une jambe bizarrement arquée. « V’nez voir. Mais des fois, ça marche pas, hein… ça dépend des jours. Et des gens. J’tiens ça d’mon grand-père. C’était quelqu’un, l’vieux ! »
………
– Voilà. Pouvez remettre vot’godasse. Allez-y, pouvez marcher. Mais forcez pas trop, hein. Et pour vot’dos, évitez de vous tourner d’un moment…
– Hé bien… merci. Et merci pour le dos. Mais j’suis pas sûr que la jeep…
– C’est vous qui voyez…

Il les raccompagne ; Martinez prend appui sur sa cheville blessée avec un luxe de précautions qui en serait comique.
L’autre semble se souvenir de quelque chose : « Dites… Y m’reste des patates… »
– Des patates…

Benoist feint l’indifférence : « Boaf, des patates… J’ai bien un peu d’huile… »
– De l’huile?
– D’olive. Italienne…

Un bidon carré leur fait soudain de l’œil sous la couverture.
– Adrienne ! Va m’chercher des patates !
Une femme est à la porte de la grange, les deux chiens dans ses jambes. Depuis quand est-elle là ? « Z’avez un sac ? »
– M’en reste deux. Gardez l’autre, y pourra vous servir…
– Boches ? fait le paysan en dépliant le rectangle de jute.
– Si vous n’en voulez pas…
– Si, si… Ça, c’est du solide !

………
– L’est pas belle la vie ? Comment va ta cheville ?
– Pour le moment… ça a l’air d’aller…

Martinez s’essaie à gambader. « Et maintenant ? »
– On va porter tout ça, se faire beau… et après, gueuleton et p’tites dames…
– Heu…
– Si t’as d’la fraîche, j’peux te ramener à la villa. Moi, je suis un peu raide. Là-haut, les patates, ça suffira pas.
– Et le jus d’ananas ?
– Salaud ! Sinon, j’connais un autre endroit… Pas mal, y paraît.
– J’te laisse faire…


Et on pourrait conclure (provisoirement) ainsi…
Une soirée extra

Les meilleures choses ont une fin. On avait bien rigolé. Bu à la santé de pas mal d’absents. Et échappé de peu à un échange de pâtisseries et autres joyeusetés avec les “couillons du canon” (une sombre histoire de tir de foire – « Raph’, fais gaffe à ta guibole, merde ! »). Bref, on avait joyeusement écorné et les francs d’Alger, et les minutes grappillées à l’horreur, ces dernières d’autant plus que les organismes avaient rappelé leurs possesseurs à des réalités bassement terre-à-terre.
Et maintenant, après une nuit qui avait dû commencer vers les six heures du mat’ – Maurice jurait avoir entendu chanter un coq – puis force cafés, d’origines variées, il avait fallu se préparer à l’inéluctable.
Dans ce qui serait un jour potentiellement une cuisine – restait à monter la cuisinière jusque là, l’escalier était étroit – ils étaient attablés face à face devant du tapioca froid et un p’tit verre de rouge, une production locale tout à fait apte à vous remettre l’esprit clair, et la tuyauterie de même.
Le jour déclinait, la lumière se faisait grise. Benoist venait de détailler l’aspect futur des lieux. Il y croyait dur comme fer. Il s’animait. Sur ce terrain, Martinez ne le suivait guère.
– Donc, j’peux compter sur toi, hein ?
– Si j’suis encore là…
– Oh là là ! Mais bien sûr que tu seras encore là ! T’as fait l’plus dur !
– Ouais. Tu parles…

Décidément, le tapioca avait tout à fait la tronche d’œufs de grenouille. « Si tu savais le nombre de trompe-la-mort qu’on récupère en morceaux… Merde ! » Tiens, et des têtards de tapioca, ça existe ? « Tu sais… Ce qui me fout le plus la trouille, c’est pas l’artillerie, tu vois. Même si c’est pas joli. Mais tu entends quéque chose. Ça tombe, tu attends le suivant, tu sais que ça va tomber ici, ou là, ou à peu près… Pareil pour les mecs qui te flinguent. Mais, putain, les mines ! J’ai les jetons à chaque fois qu’on part en balade ! Tu avances… et boum ! T’as la guibole en morceaux, ou les tripes par terre… Putain ! Et ces salauds qui piègent même nos blessés ! T’en rêves la nuit… quand t’arrives à fermer l’œil. »
Décidément, le terrain devenait fort pentu, et même savonné.
– Dis voir, Raph’, t’as quelqu’un ?
– Quelqu’un ? Ha ! Non…
– Personne, avant ?
– Avant ? Comme ton… Attends, comment qu’elle s’appelait ? Amina ? Aziza ?
– Aziza. Mais c’est elle qui a arrêté d’écrire… Faut dire que le courrier a un peu merdé, à un moment… C’est pas un reproche, note, mais….
– J’ai des nouvelles de mes vieux, de temps à autre.
– Ouais, les vieux, d’accord. Mais une gonzesse…
– Une gonzesse… Pff…

Il se renverse en arrière. « Pour qu’elle te laisse tomber pour un planqué… » Passe un bataillon d’anges. « Des fois, je fais un drôle de rêve. »
– Ah…
(Soulagement : de ce côté aussi, ça devenait vachement glissant.)
– T’vois, j’suis dans une espèce de bistrot. Dans un port. Et y’a une nana qui chante…
– …
– L’a une robe de cuir, vachement serrée…
– Comme un fuseau ?
– Ouais. C’est ça.
– Vachement bien roulée, alors.
(Il mime des courbes avantageuses.)
– Non. Même pas du tout, tu vois. Tiens : on dirait le matelot, tu sais, quand on a embarqué ? Le p’tit con…
– Ha, ouais…
(Ça n’engage à rien.)
– Et puis, y’a la musique. Alors, tu vois, elle danse pas vraiment. Elle bouge sur place…
– Elle tangue ?
– Ben oui, c’est dans un port…
– Toujours la marine ! C’est extra !
– Des cheveux qui tombent en bas des reins…
– Qui tombent comme le soir, tiens… Bouge pas, je vais chercher les bougies. On y voit bientôt plus rien… Et la musique ?
– Un air anglais. Du jazz. Ça jazze dans le noir…
– Ben, avec des noirs, le jazz…

La lueur des bougies révèle la tête du rêveur-conteur, plongé dans ses pensées. Benoist enchaîne : « C’est extra ! Et ensuite ? »
– Ensuite ? Ensuite : c’te maudite blouse !
– Maudite blouse ?
– Là, tu vois, à chaque fois, je m’approche… Et alors, j’ai ma blouse de travail ! La honte !
– Et ?
– Et j’me réveille !
– Merde !

Passe un quintet d’anges : contrebasse, saxo, piano, batterie et trompette…
– Bon… Pour ce qui est de se réveiller, t’as d’la route, demain. Mais chuis pas ta nounou. Si tu veux sortir…
– Non. T’as raison. Tu peux pas savoir c’que c’est, dormir dans un vrai plumard…

Sur son lit de toile, Benoist tarde à s’endormir. A côté, Martinez ronfle déjà. S’il ne se réveille pas en criant, comme l’autre nuit… Foutue guerre ! Enfin…
A demi conscient, il sourit. En blouse, dans un bistrot… C’est con, les rêves… Tu rêves à une chouette nana, et… Sur ces pensées d’une haute portée philosophique, il plonge dans le sommeil.

(Plaudite, cives)
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Hendryk



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MessagePosté le: Ven Nov 23, 2018 22:10    Sujet du message: Répondre en citant

Bravo! Ivrogne
_________________
With Iron and Fire disponible en livre!
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Van Gogh



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MessagePosté le: Ven Nov 23, 2018 23:01    Sujet du message: Répondre en citant

Un smiley pas si utilisé finalement...
<3

Tiens, j'vais écouter un peu le père Ferré, du coup.
Merci Smile
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Colonel Gaunt



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MessagePosté le: Sam Nov 24, 2018 19:22    Sujet du message: Répondre en citant

Euh euh je dis anachronisme moi ! Léo Ferré a pas encore écrit la chanson Razz
_________________
Les guerres de religion consistent à se battre pour savoir qui a le meilleur ami imaginaire
Citation vue sur le net
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Nov 24, 2018 19:27    Sujet du message: Répondre en citant

Colonel Gaunt a écrit:
Euh euh je dis anachronisme moi ! Léo Ferré a pas encore écrit la chanson Razz


Maintenant tu sais qui l'a inspirée ! Cool
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
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houps



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Messages: 568

MessagePosté le: Dim Nov 25, 2018 09:04    Sujet du message: Répondre en citant

Colonel Gaunt a écrit:
Euh euh je dis anachronisme moi ! Léo Ferré a pas encore écrit la chanson Razz


Contrairement à "Sombreros et Mantilles " (1938) dont Benoist entonne une version personnelle (cf. supra) il ne s'agit pas là d'une chanson, mais d'un récit onirique. Pas d'anachronisme donc.
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Timeo danaos et dona ferentes
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marc le bayon



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MessagePosté le: Dim Nov 25, 2018 13:47    Sujet du message: Répondre en citant

et d'un futur film... "Et Dieu créa la Femme..."
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La liberte ne s'use que si l'on ne s'en sert pas
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Déc 18, 2018 16:09    Sujet du message: Répondre en citant

Un peu en avance pour Noël, un nouveau cadeau de la part de HOUPS.


Carnet de notes

30 avril 1944 – Sur le terrain, non loin du front

– Hé, Santini, les pelles te font peur ?
‒ C’est pas ça, sergent. C’est que les fayots de Bruno me foutent la chiasse. Les feuillées sont pas faites, mais j’ai les boyaux qui tricotent des napperons, là !
‒ Ah, d’accord ! T’as besoin d’un peu d’intimité ? Mais fais gaffe où tu poses culotte, y peut rester des trucs pas clairs !
‒ Ben pareil pour toi, sergent. Si jamais tu sens que ça sonne bizarre sous ta pelle…

Le caporal laissa le reste de l’équipe s’atteler à la tâche. Pas trop compliqué : on avait décidé d’aménager une tranchée. Les Frisés avaient fait la moitié du boulot, pourquoi se gêner ? Et le coin était propre, d’après le génie. Enfin, ce coin-là, du moins.
Il s’approcha d’une épave déjà marquée de rouille, que les équipes de récupération avait négligée. Un blindé allemand. Pas de croix jaune signant sa dangerosité. Bon. Dans le sol, le trou fait par la mine qui avait démantelé le blindé était plein d’une eau boueuse traversée de rubans irisés. Divers débris s’y livraient à une régate âprement disputée.
Il contempla pensivement la chose tandis que la Nature opérait.
Sa méditation laissa la place à une certaine curiosité : vu sous cet angle, il y avait comme un truc bizarre dans toute cette saloperie. Libéré de son fardeau et ayant retrouvé sa martiale dignité, il jeta un regard à la ronde. Son choix s’arrêta sur une branche déchiquetée. Une grosse mouche aux reflets métalliques venait de s’y percher.
La branche heurta quelque chose. Prenant garde de ne pas choir dans ce cloaque, notre pêcheur en eaux troubles insista. Un remous lui permit un court instant d’y voir plus clair.
‒ Dis donc, Santini, il t’en faut du temps pour chier quatre fayots !
‒ Fais chier, Jacob ! Ramène-toi plutôt avec les gars !

Peu après, la petite équipe se tenait à l’opposé du cratère, les yeux rivés sur la branche qui fouillait la bouillasse. Plusieurs expressions imagées fusèrent lorsque la trouvaille du caporal daigna enfin se montrer.
‒ Putain ! T’as raison, une paluche !
‒ Et m’est avis que le proprio est au bout, tu vois…
‒ Bon Dieu ! C’est si profond que ça ?
fit le sergent en reculant préventivement.
‒ Ça, sergent… Sûr qu’y a mieux comme baignoire…
Santini leva les yeux vers le sergent : « Alors ? »
‒ Bon, d’accord. On va pêcher. Ahmed, file chercher un bout de corde et de quoi faire un grappin. T’arrives à le bouger, caporal ?
‒ Nan. Si ça s’trouve, l’est coincé sous un morceau du truc, là.
‒ Ouais, alors, il nous faudra une grue… Comment ça s’fait qu’on l’a pas vu ?
‒ Tu crois que les gars de la récup’ et les collectionneurs de souvenirs ont regardé ça de près ? Comme tu dis, ça doit être profond. P’têt un PC souterrain ?
‒ PC souterrain toi-même ! Suffit que deux trucs tombent au même endroit, pas forcément en même temps. L’a pas plu que d’la flotte, ici.
‒ Pis, le niveau d’vait être plus haut. Pis, on s’en fout ! Tiens, file-moi le machin, Ahmed.

Avant de lancer l’assemblage de ferraille, Santini en éprouva la solidité. Au troisième essai, on eut quelque espoir. Au cinquième, le bricolage mordit. On se mit à trois – chacun, y compris les spectateurs, avec des pensées diverses.
Et le fruit de leurs efforts apparut. Le grappin de fortune avait croché dans un ceinturon. Le ceinturon faisait son boulot, en ceinturant un uniforme. L’uniforme faisait ce qu’on attendait de lui : vêtir un type. Un officier, même. Le dit officier était boche.
Santini sortit son mouchoir pour s’essuyer les mains.
………
– Mes respects, mon capitaine.
Une musette flasque aussi douteuse que son célèbre mouchoir pendait à l’autre main du caporal. « C’est le serg… »
‒ Repos, caporal, repos. Qu’est-ce qui me vaut l’honneur de cette visite ?
‒ C’est le sergent, mon capitaine. Il a dit que c’était moi qui devais vous transmettre les affaires du macchab’, vu que c’est moi que j’l’avais dégotté.
‒ Doucement, caporal, doucement. Ma nuit a été brève. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Qu’est-ce que j’ai manqué ? Quel macchabée ? Les autres ont profité de la réunion d’hier pour faire des leurs ?
‒ Ha, c’est vrai, mon capitaine… Alors, voilà… On cherchait un coin. Pour les feuillées. Vous vous rappelez ?
‒ Hon hon…
‒ Et tout soudain, j’aperçois un truc. « Pierre-Ange », que j’me dis, savez, mon capitaine, j’ai du nez… « Pierre-Ange », que j’me dis, « ça, c’est bizarre… » Je m’étais un peu écarté, mon capitaine…
‒ Pour montrer l’exemple…
‒ Sûr, mon capit… enfin, non. C’est rapport aux fayots, mon capitaine. J’avais… euh… comme qui dirait les boyaux qui…
‒ … la chiasse à cause des fayots ? Pas de chance, hein…
‒ Tout à fait, mon capitaine. Alors, j’m’éloigne un peu, vous voyez… et là, le trou, l’était plein d’flotte… Et… euh, oui, mon capitaine… Alors, voilà t’y pas que j’vois comme qui dirait un truc pas catholique. Faut dire qu’à cet endroit, y’avait un tas de saloperies, mon capitaine ! Une chatte y r’trouv’rait pas… Heu, oui, mon capitaine. Alors j’me dis « Pierre-Ange, ça, c’est pas catholique. » Alors, j’prends un bout de bois, je tire, je pousse… et merde, c’était une main. J’appelle les gars, parce que la main, ben elle était pas toute seule. Y’avait le bras, et toute la collection d’abattis.
‒ Un corps ?
‒ Ah, ça, mon capitaine, sûr ! L’sergent s’est radiné avec les gars, on l’a sorti de la flotte. C’est qu’il était lourd, l’salaud ! Heureusement qu’y fait frisquet, parce qu’y d’vrait sacrément schlinguer, sinon. L’a même pas gonflé…
‒ Mais… il était là depuis quand ?
‒ Ben, mon capitaine, on a pas pu lui demander. D’après moi, et l’sergent, il est d’accord, l’a été touché au ventre. P’têt qu’il a essayé d’se planquer quand on est arrivé. Et…
‒ Mouais, le froid, la flotte, l’hémorragie… D’accord. Et… ?
‒ Ben, on l’a foutu dans un trou, avec les autres, avec une croix, et un bout d’planche. On est chrétiens, quand même. J’ai filé ma musette au sergent, il a mis tout c’qu’on a pu récupérer du gars dedans, et j’vous les amène, c’est des papelards…
‒ Après trois… cinq jours dans la flotte ? Un torchon, oui ! Vous vous foutez de moi ou quoi ?
‒ Ben, c’est vrai c’que vous dites, mais y z’étaient dans l’enveloppe, là.
Il brandit la musette.
‒ Faites voir !

De Fresnay ouvrit la chose. Une espèce d’étui formant une double enveloppe taillée dans une toile de tente et une capote de cuir en occupait la plus grande partie. Il s’en empara. L’ouvrit.
‒ Son livret…
‒ C’est plutôt l’carnet, que l’sergent il a dit qu’ça pouvait être intéressant. C’est bizarre qu’il a pris toutes ces précautions. Enfin… Alors, j’ai dit au sergent : « Ben, sergent, toi, tu parles chleu, t’arrives pas à lire ? » Et y m’a répondu que pour le charabia d’Adolf, il avait bien appris deux ou trois trucs, comme ça, à droite et à gauche, mais pas à lire, pas comme le latin, qu’il savait lire, mais pas trop parler. C’est curieux, parce que moi aussi, j’ai appris l’latin, quand j’servais la messe, que j’étais môme « Si ouisse pas kem, dominous vobiscoum » comme disait l’curé. Pardon mon capitaine… Mais pour de vrai, mon capitaine, que, si je réfléchis, moi, après tout… ben, j’suis capable de parler arabe ou berbère assez, mais pour lire leurs tortillons, là, macache !
‒ D’accord.

Distraitement, délaissant le livret réglementaire, le capitaine feuilletait un calepin. Son rapide passage dans l’eau ne l’avait pas détérioré outre mesure. A première vue, une espèce de journal. Il repéra des dates, quelques mots… Un croquis au crayon… Un autre, captant à la va-vite une scène du quotidien… Oui, oui… On pouvait peut-être tirer quelque chose de cette trouvaille. Il jeta un dernier regard au fond du sac. Une montre, un bout de tissu, et la plaque d’identité… La demi-plaque, plutôt. La suite du lettrage “Pz…” disparut quand il extirpa le bout de tissu : une épaulette, arrachée à l’uniforme. Ah ! Un Hauptmann, un collègue, donc…
‒ Très bien caporal. Bonne pêche ! Bravo ! Et le reste ?
‒ Le… le reste, mon capitaine ?
‒ Faites pas l’imbécile, caporal ! Il n’avait rien d’autre ? Pas d’alliance ? Pas de décoration ? Pas d’arme ?
‒ Ah… Ben, on savait pas que ça vous intéresserait, mon capitaine. Et puis, l’étui était vide. Si ça tombe, son arme est au fond du trou, mon capitaine. C’est qu’ça a pas été facile d’le repêcher, l’Fridolin ! Vous voulez que…
‒ C’est bon, caporal. C’est bon. Ce sera tout. Vous pouvez disposer…
‒ Mercimoncapitaine. Mon capitaine…

Le caporal Santini s’éloigna, laissant le capitaine songeur, tournant soigneusement les pages du carnet. Les premières étaient collées entre elles et il n’essaya pas de les séparer. Elles semblaient avoir été écrites à l’encre, une encre qui cédait la place au crayon, tandis que l’écriture se faisait de plus en plus petite, sans aucun doute par souci d’économie. Il chercha la dernière date. “April 4” (?) Mouais, les journées suivantes avaient dû être mouvementées… Et puis, deux lignes, plus épaisses, tracées d’une main malhabile. Et puis… plus rien…
Il fit passer les objets à qui de droit, et oublia l’incident, jusqu’à ce qu’un courrier, un beau matin (ou plutôt par une triste après-midi de nuages gris) se plante devant lui pour lui remettre le carnet, ainsi qu’une poignée de feuillets. Le tout accompagné d’un mot de Serviac : « Les gars du renseignement se plaignent que vous n’ayez pas mis la main sur les plans des champs de mines, mais je crois savoir qu’ils ne sont quand même pas mécontents d’avoir jeté un œil sur le moral des fiers guerriers d’Outre-Rhin. Vous trouverez ci-joint la traduction des passages les plus intéressants de leur point de vue, et qui recoupent ce que nous avons appris des correspondances saisies à l’ennemi. Je prends sur moi de vous retourner l’original, si par aventure vous vouliez en apprendre plus. »
De Fresnay jeta un regard dubitatif à l’archive, roula les feuilles dactylographiées, s’en tapota le menton, les déroula, parcourut la première en diagonale, sauta à la dernière, tapa la petite liasse sur la tranche pour l’égaliser, et mit le tout de côté pour une lecture ultérieure à tête reposée.
De prime abord, c’était le journal d’un soldat qui notait son quotidien, et qui avait eu le temps, au début tout au moins, de croquer son équipage en quelques coups de crayon. Car le salopard combattait dans un StuG, et certaines phrases vous hérissaient.
« Un char français. Puis un autre. Trop loin encore. Je guide Kurt. A petits coups, il nous aligne selon mes indications. 600 mètres. Feu ! Mjöllnir sursaute. Dans le mille ! Le Sherman s’embrase ! A l’autre ! Il stoppe et se met à fumer ! L’équipage évacue, et nos grenadiers les fauchent.
Ha, Trudy ! Si tu savais ! C’est à toi que je pense ce soir tandis que Georg ajoute trois nouvelles marques à notre tableau. »

Trudy ? Sa fiancée ? De Fresnay revint en arrière. Non… Apparemment, sa petite sœur. Il reprit sa lecture, picorant sans souci de chronologie.
« Alerte Jabos ! Je surveille le ciel. Nous nous collons contre une grange. Ils sont passés ! Mjöllnir avance de cache en cache. Les Jabos s’en prennent à une colonne d’artillerie. Là ! Celui-ci nous a vus ! Je referme la trappe à temps. Une grêle de coups sonne sur le blindage. L’acier allemand se moque du plomb des ploutocrates d’Afrique ! Des copeaux de métal volent dans l’étroit habitacle. Une coupure à la joue. Je saigne. Plus de bruit. Je jette un œil dehors. Le ciel est vide. En route ! »
Bon sang, il n’écrivait quand même pas sur le vif ?
(Sous un croquis au crayon) « Kurt surveille notre réchaud. Georg (de dos) et Helmut chargent les obus dans notre vaillant petit blindé. »
« Nous avons passé la journée à sauter de trou en trou, dans la boue et la neige. Maintenant, il pleut. Nous avons trouvé refuge dans une espèce de cave. Ce n’est pas un bon endroit, mais je suis crevé, et mes hommes aussi. Helmut monte la garde. Nous repartirons à la nuit. »
« Nous avons travaillé de longues heures, mais le résultat en vaut la peine. Je me suis éloigné, et à cinquante mètres environ, pas plus, on distingue à peine Mjöllnir. Je n’en dirais pas autant du StuG de Rudolph ! »
« Nous avons dû abandonner ce cher vieux Mjöllnir. Le char de dépannage a été détruit lui aussi. En attendant un nouveau matériel, nous voici fantassins ! Helmut et Georg sont chargés de la mitrailleuse, et deux autres membres de l’équipage d’un véhicule lui aussi irréparable nous ont rejoints. Nous nous consolons en nous disant qu’en général, les Jabos ignorent les petits groupes de pékins à pied. »
« Ah, Trudy ! Vois comme elle est belle, cette croix ! Ernst sera fier de moi, quand il saura ! Lui contre les hordes asiates, et moi face aux judéo-maçons, nous sommes le rempart du Reich ! S’il le faut, nous donnerons notre sang pour le Führer. Nous vengeons ton lâche assassinat et celui de combien des nôtres ! Mais bientôt, l’ennemi connaîtra un sort bien pire et pleurera des larmes de sang ! »
« Le char ne nous a même pas vus. Georg a poussé un grand cri quand il est passé sur son trou, un cri qui résonne encore dans mes oreilles. J’ai couru vers lui. A la place de ses jambes, il n’y avait qu’une masse informe et sanguinolente. »

(Un autre croquis) « C’est mon anniversaire. On a remplacé le gâteau par une saucisse. Helmut a sorti son harmonica. Il joue un air traditionnel. Trude, te souviens-tu de notre dernier Noël ? Noël. Nous étions tous les six. Où est Ernst ? Et Greta ? Quelle pensée négative ! Trude, si on savait cela… »
« Feu ! But ! Les fantassins sautent en l’air ! Là ! Un blindé ! Vite, un obus perforant ! 600 mètres ! Feu à nouveau ! Helmut ! Espèce d’imbécile ! Tu t’es trompé ! Tu lui as envoyé un explosif ! Au tour de Rudolph. Il rate ! Il l’a raté ! Le char recule à l’abri. Tonnerre d’acier ! L’artillerie nous a repérés ! Le StuG de Rudolph est touché ! Surtout, ne pas bouger. Nous ont-ils vus ? Un second obus s’abat plus loin. Le calme revient. A travers la fumée, j’aperçois le char qui revient. Laissons-le venir encore. Feu ! But encore une fois ! Marche arrière ! Fichons le camp ! »
« Les larmes aux yeux, nous avons écouté le discours du Führer. Il ne peut y avoir aucune pitié pour les traîtres ! »
« Touchés ! Nous sommes touchés ! Mjöllnir est immobilisé ! Vite, dehors ! Dehors ! Où est l’ennemi ? Quels dégâts ? La chenille gauche est arrachée ! Vite, vite ! Tout le monde dans un trou ! Nous attendons le coup de grâce. Rien. Une mine ? Suivi de Georg, je retourne vers ce pauvre vieux Mjöllnir. Georg démonte la mitrailleuse. Fébrilement, nous récupérons nos affaires. »
« J’ai mal, Trude. J’ai mal. J’ai froid, et pourtant, je brûle… »

Bon sang ! C’était pas un truc à mettre entre toutes les mains !
De Fresnay décida qu’une lecture complète pouvait attendre… la fin de cette saleté de guerre. Il plia la note du commandant, la glissa dans le carnet, replaça le tout dans la double enveloppe et enfouit celle-ci au fond de sa cantine.
En rabattant le couvercle, il eut un doute : la croix… la croix… Santini n’avait pas parlé d’une décoration, non ? Ou ça lui était sorti de l’esprit ?
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mar Déc 18, 2018 18:07    Sujet du message: Répondre en citant

Tout comme j'aime - touchant, dur - véridique. Bravo !
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Anaxagore



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MessagePosté le: Mar Déc 18, 2018 21:12    Sujet du message: Répondre en citant

Oui, très bien.
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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houps



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MessagePosté le: Mer Déc 19, 2018 08:46    Sujet du message: Répondre en citant

Merci de vos éloges.
Puisqu'il paraît qu'il s'agit de mon cadeau de Noël, je me permets d'ajouter cette "carte" de vœux, pour tous les intervenants ou les simples curieux fréquentant ce site.

Y compris ceux que l'on ne "voit" plus et que l'on espère toujours embusqués dans un coin...

Ainsi qu'aux soutiers qui font avancer le navire pendant que les touristes se prélassent au soleil .. Very Happy

Noyeux Joël, à tous, donc, que vous y croyiez ... ou pas.

manque qd même un smiley de noël .... Evil or Very Mad
_________________
Timeo danaos et dona ferentes
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Anaxagore



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MessagePosté le: Mer Déc 19, 2018 10:28    Sujet du message: Répondre en citant

De même !
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Etienne



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MessagePosté le: Mer Déc 19, 2018 14:16    Sujet du message: Répondre en citant

Noyeux Joël (j'utilise le même) et Beaux Nénés Vieux Sage Rasta Boo hoo!
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mer Déc 19, 2018 14:20    Sujet du message: Répondre en citant

C'est pas grave Houps le coeur y est ! Bonnes fêtes à tous (enfin ceux que je ne reverrai pas en ces lieux d'ici là ...)
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Tahitian Warrior



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MessagePosté le: Mer Déc 19, 2018 21:29    Sujet du message: Répondre en citant

Joyeuses Fêtes à tous !
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