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Novembre 1943, Méditerranée / Balkans
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loic
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Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 4291
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MessagePosté le: Jeu Déc 06, 2018 13:56    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Maudissant intérieurement ces maudits communistes

C'est si grave que ça, docteur ? Smile

Citation:
Bref, le 1er Corps d’Armée yougoslave doit rejoindre au plus vite Serbie et libérer son pays, tout en laissant cette minable ville de Skopje aux Anglais du XIIIth Corps.

Citation:
chef d’un peloton de mitrailleuses

_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Déc 06, 2018 14:06    Sujet du message: Répondre en citant

Merci aux relecteurs - c'est vrai, les communistes, ils sont damnés, pas seulement maudits !
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Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
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demolitiondan



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MessagePosté le: Jeu Déc 06, 2018 15:13    Sujet du message: Répondre en citant

Nous avons eu des échanges au sujet du discours - vous avez échappé à la version longue ! Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Jeu Déc 06, 2018 15:59    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Merci aux relecteurs - c'est vrai, les communistes, ils sont damnés, pas seulement maudits !


Ils sont aussi impies et idolâtres!
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"Au jeu des trônes, il n'y a que des vainqueurs et des morts, il n'y a pas de demi-terme". La Reine Cersei.
"Les gens se disent en genéral affamé de vérité, mais ils la trouvent rarement à leur goût lorsqu'on la leur sert". Tyrion Lannister.
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JPBWEB



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Messages: 1583
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MessagePosté le: Jeu Déc 06, 2018 16:03    Sujet du message: Répondre en citant

Capitaine caverne a écrit:
Casus Frankie a écrit:
Merci aux relecteurs - c'est vrai, les communistes, ils sont damnés, pas seulement maudits !


Ils sont aussi impies et idolâtres!


Et ils mangent les petits enfants.
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"Les grands orateurs qui dominent les assemblées par l'éclat de leur parole sont, en général, les hommes politiques les plus médiocres." Napoléon
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Dronne



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MessagePosté le: Jeu Déc 06, 2018 16:18    Sujet du message: Répondre en citant

Ils ont les pieds palmés, mangent de l'ail cru.
_________________
"Tu vois, c'est l'inné et l'acquis"
"Ok, Linné, j'vois qui c'est, le naturaliste, mais Lakki, c'était un pote à lui? Un Finnois?"
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demolitiondan



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Messages: 1163
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MessagePosté le: Jeu Déc 06, 2018 16:39    Sujet du message: Répondre en citant

Je ne suis pas responsable des propos des Ballistes !
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Archibald



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MessagePosté le: Jeu Déc 06, 2018 20:54    Sujet du message: Répondre en citant

Quelle idée de nous faire tirer des ballistes ! C'est un travail de romain, ça !
Ben justement, de quoi tu te plains ?
(Astérix)

Wikipedia me dit qu'un des noms de Dietl était... Wohlrath. Avec un nom pareil, pas étonnant que son Ju-52 se soit planté sur une montagne. Il avait qu'a voler haut ! Wolrath des paquerettes (comme dirait Alain souchon)

Arrow
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Surely you can't be serious !
I'm serious, and don't call me Shirley.

Conservatoire de l'Air et de l'Espace d'Aquitaine
http://www.caea.info/index.php?lang=fr
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Déc 07, 2018 00:47    Sujet du message: Répondre en citant

Alors là je dis ... Applause Applause Applause Applause Applause
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C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Déc 07, 2018 10:39    Sujet du message: Répondre en citant

20 novembre
La campagne des Balkans
Répression
Serbie
– L’offensive alliée marquant le pas dans le nord de la Macédoine, les forces présentes dans la vallée de la Morava (dont la principale reste la 118. Jäger) ne s’estiment plus menacées dans l’immédiat. Son chef, Josef Kübler, décide alors de lancer des opérations de « pacification » contre les villages les plus gênants. Ces ratissages poussent à l’exil de nombreux habitants serbes, qui ignorent évidemment les appels à rester sur place pour fuir vers les lignes alliées désormais proches. Hélas, entre les milices serbes et russes, les Landsers brûlant de venger leurs morts, les champs de mines et le froid de l’hiver, les colonnes de réfugiés vivent un véritable calvaire, auquel les Partisans assistent sans pouvoir trop intervenir. On estime que 8 000 personnes périront à cette période, par la violence, le froid ou même la faim.
Les jours suivants, les lignes alliées et les maquis de Résistants verront arriver d’importants groupes de jeunes hommes (et femmes) avides de vengeance. Un apport prometteur – mais d’abord, il faut les nourrir, avant de songer à les former et à les armer.
De cet épisode terrible, le cinéaste Veljko Bulajic tirera un film magnifique et poignant, La nuit de Košarno : un groupe de villageois fuit les forces allemandes pour aller à la rencontre des forces serbes au prix de mille souffrances, tandis que les habitants restés dans le village sont impitoyablement massacrés. L’œuvre, financée par un consortium yougoslavo-américano-italo-allemand, sera nominée en 1969 pour l’Oscar du meilleur film étranger. Signalons que Bulajic a eu d’autant plus de mérite à réaliser cette œuvre qu’il était lui-même croate.

Opération Market
Macédoine : fuite et poursuite
– La région entre Chtip, Kochani et Kratovo est désormais complètement sous le contrôle de la 2nd New Zealand Division, qui collabore à des degrés divers avec l’ASNOM. Les Australiens ont atteint Strumitsa, et Lavarack ordonne l’envoi d’un détachement blindé à Bansko et Tournovo… sans prévoir d’aller plus loin. Les moteurs des Cromwell s’arrêtent, la 19. PzrGr, la 104. Jäger et la 1. Gebirgsjäger peuvent enfin souffler.
………
« L’ordre d’arrêt tomba dans un calme plat, seulement troublé par le bruit des moteurs. Le vent soufflait, nos uniformes étaient imprégnés d’humidité et nos engins avaient tous besoin d’un plein d’essence voire d’une vidange. Du petit village où nous étions, nous n’apercevions même pas la frontière bulgare, que nous savions pourtant toute proche. Et pas un bar ouvert à l’horizon… Les collègues et moi estimions donc qu’il y avait vraiment mieux pour passer les fêtes. Enfin, au moins nous n’avions plus de Huns en face de nous ! » (Herbert Clarence Goldsmith, op. cit.)

Macédoine (Skopje) : préparatifs – Sur la demande expresse et répétée du gouvernement de Pierre II de Serbie, le XIIIth Corps reprend finalement la route vers Skopje afin de se déployer face au Kosovo, dans la zone tenue par la 1ère Division d’Infanterie Yougoslave. Sitôt Britanniques et Indiens en place, le 1er Corps d’Armée yougoslave ira rejoindre les deux divisions blindées stationnées vers Kumanovo, afin de recueillir les nombreux réfugiés descendant de la Morava… et se préparer à avancer vers Belgrade.
………
« Gashi avait quitté son ermitage de douleur, mais l’événement l’avait profondément bouleversé. Comment aurait-il pu en être autrement ? Et comment aurais-je réagi moi-même, si des traîtres se disant français s’étaient attaqués à des êtres chers ? Certainement comme lui, peut-être moins bien même… Je mis donc sur le compte de son deuil sa mine assombrie et sa mauvaise humeur – qu’il justifiait en me reprochant de ne pas lui avoir amené le tireur une fois ce dernier capturé.
La meilleure des réponses à la souffrance morale est bien sûr le travail. Nous discutions donc désormais surtout de la suite de la campagne et de l’inévitable libération de la Serbie, qui ne pouvait tarder. Contemplant d’un air méprisant les crêtes du Kosovo, Gashi grognait que dans ce cas, le commandement allié ne nous envoyait pas dans la bonne direction. A cette remarque quelque peu… acerbe, je répondais patiemment que les chemins des pèlerins faisaient tous de nombreux détours avant d’arriver à Compostelle. »
(Capitaine Pierre Percay, op. cit.)

Réorganisation
Belgrade
– Maximilian von Weichs a réuni dans son bureau Alexander Löhr et Lothar Rendulic, les chefs de la 12. Armee et de la 20. Gebirgs-Armee. En agissant ainsi, l’homme fait preuve d’une diplomatie rare dans la hiérarchie de la Heer – mais la situation est à ce point grave qu’elle justifie une intervention directe. En effet, à son grand regret, les deux formations de l’Heeresgruppe E n’ont guère collaboré jusqu’à présent ! La faute à la situation politique et sécuritaire compliquée de la Yougoslavie, aux incessants coups de boutoir alliés et à la fatigue des corps d’armée sous leurs ordres. Pourtant, alors que les forces ennemies sont désormais aux portes de la Serbie, il faut bien rabibocher les deux armées et leurs deux chefs, qui s’accusent mutuellement. En effet, Löhr déplore volontiers le manque de soutien de son voisin, tout en oubliant de considérer les nombreuses formations envoyées à son secours de la 20. G-A. Quant à Rendulic, il qualifierait volontiers son homologue d’incompétent, mais il n’a encore lui-même rien prouvé dans ce secteur face aux troupes alliées !
– Messieurs, attaque von Weichs sur un ton apparemment bienveillant, les mains jointes devant lui, j’ai des nouvelles très préoccupantes. J’ai reçu hier au soir un appel du Reichsführer-SS Heinrich Himmler en personne.
A ces mots, le colonel-général constate que ses deux interlocuteurs se tendent visiblement. Eux qui avaient pris grand soin de s’ignorer jusqu’à présent glissent désormais l’un vers l’autre des regards inquiets. Tant mieux, pense von Weichs, ils vont très vite comprendre où je veux en venir.
– Le Reichsführer-SS, qui nous fait donc l’honneur de son attention, m’a longuement interrogé sur les événements récents survenus en Macédoine… mais pas exclusivement. Nous avons conjointement évoqué les intolérables agissements des terroristes sur nos arrières, avec la complicité des forces hostiles qui nous font face. J’ai évidemment rassuré le Reichsführer sur notre plein contrôle de la situation, ainsi que sur l’efficacité de nos forces, dont la SS-Handschar et les unités de nos alliés croates. En retour, il m’a assuré que la 4. SS-Polizei-Panzergrenadier-Division continuait de faire partie du Heeresgruppe E, et qu’elle quitterait bientôt la Bulgarie pour nous rejoindre. Toutefois !…
L’index levé en un signe impérieux, von Weichs considère successivement les deux généraux, allant chercher leurs sentiments au plus profond de leurs regards. La peur… bien ! Le colonel-général continue.
– Toutefois, donc, le Reichsführer s’inquiète des récents revers subis par nos forces, que ce soit sur le front intérieur ou face aux Anglais. Il semblerait que, dans l’esprit de nos chefs, la situation stratégique de nos forces ne puisse justifier à elle seule nos défaites. Le Reichsführer a même prononcé le mot de trahison.
Nouveau silence, mais ses deux interlocuteurs ont déjà compris ce que cela impliquait.
– Vous n’ignorez pas que moi-même, j’ai eu en d’autres temps des difficultés sur le front de l’Est. Je sais que la fortune des armes ne peut être constamment favorable. Parfois, le meilleur chef se heurte à la malchance. Je me suis donc attaché à défendre vos performances, et je puis vous assurer que vos positions ne sont pas en danger. Le Führer n’a aucune raison de douter de votre loyauté… pour l’instant.
Après une dernière pause, Maximilian von Weichs esquisse un sourire en posant devant lui une pile de dossiers : « Nous allons donc ici et maintenant tirer les choses au clair, définir une stratégie sous mon autorité et surtout faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous montrer digne de la confiance du Führer. J’ai déjà quelques propositions à vous faire. »
S'il semblait impossible de forcer les deux chefs d’armées à travailler de concert, le chef du GA E est en train de prouver le contraire. La réunion sera éminemment productive !
Tard le soir, quand chacun rentre en ses quartiers, les tâches des deux armées sont clarifiées : la 12. Armee sera responsable de la Serbie, ainsi que du secteur nord de la Bosnie et de la Croatie. La 20. Gebirgs-Armee restera en charge de la Bosnie, de la plus grande partie de la Croatie, de l’Albanie et du Monténégro. La ligne de démarcation part du Kosovo au sud-est et file vers le lac Balaton (en Hongrie) au nord-ouest.
Ces modifications entraînent un bouleversement dans la composition des deux armées. Suite au regrettable décès d’Eduard Dietl, le XVIII. GAK est dissous. La 1. Gebirgsjäger est reversée au XXII. GAK de Fehn. Ce dernier doit se hâter de faire remonter vers le nord ses forces réfugiées en Bulgarie (dont la 1. GbJg) pour prendre position dans la vallée de Kyoustendil. Le XXI. GAK de Paul Bader, dans la vallée de la Morava, est transféré à la 12. Armee et renforcé de la 187. ID et du 93. schwere Panzerjäger Abt.
En échange, et fort logiquement, le LXVIII. ArmeeKorps d’Hellmuth Fellmy passe à la 20. Armee. Il reçoit les restes de la 4. GbJg, qui fusionne avec ceux du 92. Grenadier Rgt pour devenir le KG Braun. Le très disparate LXVIII. AK conserve les deux divisions croates… ce qui chagrine Alexander Löhr, qui trouve qu’il est un peu lésé dans l’échange (sept divisions cédées contre seulement deux récupérées). D’autant plus que Rendulic peut toujours compter sur la dernière division croate et sur la 181. ID.
Mais von Weichs a réponse à tout : « Je comprends votre désarroi. Mais les divisions croates ne seraient pas à leur place en plaine, face aux chars anglais. J’ai une bien meilleure idée pour vous – avec l’accord de l’OKW, je transfère à votre armée le commandement direct de la 1. Panzer-Division de Walter Krüger ! Avec cette grande formation blindée sous vos ordres, vos ennuis sont terminés… et vos replis aussi – d’ailleurs, vous n’avez plus vraiment de marge de manœuvre vers le nord. » Un message reçu fort et clair par Löhr !

Crise diplomatique
Londres
– L’arrivée du message du gouvernement grec demandant le repli du 1er Corps grec déclenche évidemment un esclandre au War Office, qui sollicite immédiatement Anthony Eden. Ce dernier a depuis longtemps une protestation officielle prête à l’envoi dans son tiroir – elle part dans la journée.
Cette dernière missive, d’une réserve et d’un flegme de bon aloi, se conclut pourtant sur ces paroles menaçantes dictées par Churchill lui-même : « Alors que le territoire national grec est désormais complètement libéré par l’action courageuse et décisive de nos forces armées, cette demande est proprement inqualifiable, dans tous les sens que ce terme peut recouvrir selon le gouvernement de Sa Majesté. » Le document, donc la formule, fuitera malencontreusement, par un curieux hasard, dans les milieux “bien informés”. Et le bon Winston d’appeler Bernard Montgomery afin d’évoquer son discours de la veille, de l’assurer de son soutien… et de lui faire comprendre qu’il est libre de déchaîner (verbalement) sa frustration sur les Hellènes.

Doutes rongeurs
Belgrade
– Tandis qu’Hermann Neubacher, sollicité par Milan Nedić en désespoir de cause, arrache finalement à von Weichs un allègement des « représailles » en cours en Serbie, les différents mouvements tchetniks s’interrogent.
C’est que, contrairement à ce qui se serait passé si les Alliés avaient renoncé aux Balkans, les collaborateurs serbes n’ont plus de raisons bien claires de maintenir leur allégeance pro-allemande. Après tout, la majorité d’entre eux s’étaient engagés auprès des Italiens puis des Allemands par anti-communisme, sur les conseils de l’idéologue Stevan Moljević. Or, les Alliés occidentaux sont désormais à la frontière. Leur nation ne sombrera donc pas dans le collectivisme… sauf si les Allemands les y conduisent, par leurs défaites successives sur le Front de l’Est. Et à moins que les Croates n’aient tué tout le monde d’ici là !
Tout ce petit monde, très théoriquement inféodé au gouvernement de “Salut national serbe”, s’interroge. Si Pavle Đurišić et le Corps de Volontaires Serbes de Konstantin “Kosta” Mušicki restent d’une fidélité à toute épreuve envers l’Axe, il n’en est pas de même pour des chefs comme Zaharije Ostojić, Vojislav Lukačević , Nikola Kalabić, Petar Baćović ou Momčilo Djujic, de la division Dinara. Sans même parler de Dobroslav Jevđević, déçu de la manière dont il a été traité face à la 7. SS Prinz Eugen. Autant de gens qui haïssent les Albanais, les musulmans, les Croates, les communistes (et surtout les croates communistes…), tout en maintenant des contacts réguliers avec Dragoljub “Draža” Mihailović, le chef des Partisans royalistes.
Ce dernier leur transmet régulièrement des informations sur la progression des armées alliées, les exploits du corps yougoslave, ou encore la terrible répression perpétrée dans la vallée de la Morava. Ah, si tous ces hommes souhaitaient revenir dans le droit chemin, le roi Pierre II leur pardonnerait sans doute. Mais encore faut-il une étincelle pour enflammer ce baril de poudre !
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MessagePosté le: Ven Déc 07, 2018 17:32    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Si Pavle Đurišić et le Corps de Volontaires Serbes de Konstantin “Kosta” Mušicki restent d’une fidélité à toute épreuve envers l’Axe, il n’en est pas de même pour des chefs comme Zaharije Ostojić, Vojislav Lukačević , Nikola Kalabić, Petar Baćović ou Momčilo Djujic, de la division Dinara.

Peut-être plus communément employé :

Si Pavle Đurišić et le Corps de Volontaires Serbes de Konstantin “Kosta” Mušicki restent d’une fidélité à toute épreuve envers l’Axe, il n’en va pas de même pour des chefs comme Zaharije Ostojić, Vojislav Lukačević , Nikola Kalabić, Petar Baćović ou Momčilo Djujic, de la division Dinara.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Déc 07, 2018 17:47    Sujet du message: Répondre en citant

Je cite le site officiel de l'Académie française (pas moins) :

Toutes les formes que vous proposez sont correctes. Il en est de même de/pour se rencontre plus que Il en va de même de/pour, mais cette dernière forme est de meilleure langue.

J'ai appris deux ou trois choses, dont l'expression "être de meilleure langue" Je m'incline devant votre grandeur
_________________
Casus Frankie

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MessagePosté le: Ven Déc 07, 2018 18:03    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
J'ai appris deux ou trois choses, dont l'expression "être de meilleure langue" Je m'incline devant votre grandeur

Cassus, loin de moi l'idée de contester ton infini connaissance de la langue française. Tu nous l'as démontrée à moult occasions, nous faisant nous rappeler à chaque fois, nous ignares prétentieux, le sens du mot humilité.

Je demandais juste si la forme la plus usuelle ne serait pas plus "digeste".
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MessagePosté le: Ven Déc 07, 2018 18:19    Sujet du message: Répondre en citant

Mon dernier post n'avait rien d'ironique, et ma profonde connaissance (je vais essayer de ne pas m'y noyer) ne m'a pas empêché d'aller consulter le site de référence, et d'apprendre en effet deux ou trois choses !
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Déc 08, 2018 13:08    Sujet du message: Répondre en citant

21 novembre
La campagne des Balkans
Météo
– Une nouvelle dépression traverse le théâtre, saluant d’une fine pluie l’arrêt des combats.

Opération Market (épilogue)
Sud de la Bulgarie : redéploiement
– Aiguillonné par Alexander Löhr, qui a encore en mémoire l’échange aigre-doux de la veille, les trois divisions du nouveau XXII. Gebirgs-Armee-Korps de Gustav Fehn entament un long voyage de la vallée de Sturmitsa jusqu’à Kyoustendil, une centaine de kilomètres plus au nord. L’unité de Joseph Irkens connait le chemin et ouvre la voie, longue et pénible. Mais les Brandenburgers ont enfin l’occasion de faire des nuits correctes.

Macédoine (Skopje) : énervement – Les hommes de la 4th Indian Division arrivent finalement à Skopje, accompagnés des premiers éléments de la 32th Army Tank Brigade. Les soldats du Raj vont immédiatement se positionner vers Sečište, libérant ainsi la 2e DI yougoslave. Brasic et ceux de ses hommes qui sont stationnés à Skopje commencent déjà à filer vers le nord et Kumanovo. L’Union Jack flotte à côté du drapeau yougoslave sur la vieille forteresse fondée par Justinien 1er [L’empereur romain d’Orient voulait ainsi refonder l’antique Scupi, détruite par un séisme en 518.]. L’opération Market est officiellement achevée.
Dans leurs command-cars respectifs, les généraux Krstic et Stefanović se rappellent leur vœu prononcé il y a moins de deux mois à Vathylakkos. Les Allemands sont en déroute et la voie vers la mère-patrie est ouverte, ou au moins entrouverte. Les Anglais ont donc intérêt à tenir parole, faute de quoi les Serbes seraient bien capables de foncer sans eux !

Macédoine (Koumanovo) : frustration – Dans la plaine du Vardar, les blindés britanniques font désormais face au nord, prêts à avancer… pourvu que l’essence promise leur parvienne. Les soldats des 6th et 10th Armoured sont un peu déçus – depuis les combats de cet été dans l’Attique, ils n’ont fait que suivre le mouvement et servir de réserve. Un avis globalement partagé par Charles Gairdner et Alexander Hugh Gatehouse… et ceci d’autant plus que Gairdner doit sa place à l’assaut manqué par Herbert Lumsden à Salonique ! Il y a mieux pour laisser une trace dans l’histoire que servir de roue de secours – et l’occasion propice parait bien là.

Appel à l’aide
Alger - Londres
– Le gouvernement yougoslave s’adresse officiellement au gouvernement britannique afin de demander « la reprise au plus tôt de l’offensive destinée à libérer la Serbie, afin de délivrer les sujets de Sa Majesté Pierre II de l’esclavage et de la mort. » Cette supplique venant du gouvernement royaliste a d’autant plus de poids qu’elle est appuyée d’un long rapport signé de la main du communiste Tito, qui détaille les sanglants épisodes de la répression subie ces dernières semaines par la population de la vallée de la Morava. La chose militaire ne regarde pas Sir Anthony – il fait donc suivre à Churchill et Montgomery. Recevant le document en question, ce dernier ne pourra s’empêcher de pester que sa victoire, finalement, ne satisfait personne.

Inquiétudes et carrières
Macédoine (Skopje)
– Dans la capitale de la Macédoine yougoslave, tandis que certains rêvent de marquer l’Histoire, d’autres se trouvent contraints d’en sortir. En effet, à l’occasion d’une tournée d’inspection “imprévue”, Bernard Montgomery trouve un moment pour converser en privé avec Douglas Wimberley, le malheureux chef de la 51th Infantry Division, si malmenée à Kavadartsi. Et malgré toute l’estime que le chef du 18e GAA voue à son subordonné, il a pris une décision irrévocable – qu’il exprime toutefois avec beaucoup plus de douceur que face au pauvre Lumsden.
– Mon cher Douglas, vous savez le profond respect que j’ai pour vous. Vous êtes un grand soldat, qui a bravement servi la Couronne pendant de longues années. Mais le commandement opérationnel d’une division vous a usé. Vous êtes fatigué, épuisé même en vérité. Je vous demande donc de céder votre poste pour le bien de tous.
L’intéressé encaisse sans broncher – en vérité il s’y attendait. « Et comment puis-je continuer à servir Sa Majesté, Sir ? » D’un air sincèrement compatissant, Monty répond : « Rassurez-vous, on ne vous sacque pas ! J’ai demandé à Sir Alan Brooke de vous nommer commandant du Staff College de Camberley, après un congé bien mérité, cela va de soi. »
L’école des cadres de sa Majesté ! Un placard certes, mais doré et prestigieux. Wimberley sait qu’il ne pourrait guère obtenir mieux – il salue et prend congé. La 51th Highland Division sera confiée au général Charles Bullen-Smith (ancien commandant du King’s Own Scottish Borderers). Quant à Douglas Wimberley, il prendra effectivement la place de Cunningham au Staff College, où il servira presque vingt ans ! Après avoir, en prime, été nommé compagnon de l’ordre du Bain le 5 février 1944.

Réorganisation
Nis (QG allemand)
– Alexander Löhr estime qu’il n’a que trop résidé dans cette forteresse ottomane où, de surcroît, les sous-sols sont désormais occupés (bien involontairement !) par de très nombreux otages slaves. C’est donc la dernière réunion d’état-major qu’il préside en ces lieux avant de déménager sur Belgrade. La forteresse ne sera toutefois pas désertée par les militaires allemands : le commandant du XXI. GAK, Paul Bader, prendra bientôt possession des locaux – c’est son secteur à présent. Hermann Foertsch est une fois de plus à l’exposé.
– Herr General, j’ai étudié les différents scénarios d’offensive ennemie. Sur une durée prolongée, ils sont tous défavorables et un combat d’attrition ne serait vraiment pas en notre faveur. Or, la prochaine percée ennemie pourrait ne s’arrêter qu’en Hongrie… et même tout près du Vaterland ! Plutôt que de s’accrocher à la frontière sud de la Serbie, il serait plus sage de raccourcir nos lignes et d’établir notre défense vers Leskovac ou Nis.
Evidemment, le chef d’état-major de la 12. Armee ignore tout des… suggestions que son chef a reçues de von Weichs. De fait, Löhr n’a absolument pas l’intention de se replier, sa tête en dépend. Considérant la carte d’un air théâtralement déterminé, il rétorque : « Pas question, Foertsch ! Nous avons cédé bien assez de terrain aux Anglais… et puis au nord, c’est la plaine de Voïvodie. Le terrain nous serait très défavorable. Non ! »
A ces mots, Alexander Löhr saisit le gros plot gris représentant la 1. Panzer… un beau jouet ! « Si seulement j’en avais disposé avant » se dit-il. Sans songer au fait que, si tel avait été le cas, ce jouet serait sûrement à présent un peu… abîmé. Puis il reprend, pour tous les officiers présents : « Nous ne pouvons pas nous permettre la moindre faiblesse ! Le Führer compte sur nous ! Et nous avons désormais les moyens de nous défendre, grâce à la 1. Panzer, qui sera l’outil principal de nos contre-attaques. »
Le général abat le plot sur Leskovac : « Je vous ordonne donc de positionner cette division ici, en réserve. Elle sera tranquille, il n’y a plus vraiment de Partisans dans cette région ! » ajoute-t-il avec un sourire mauvais. « Et de plus, elle reste à portée de Sofia, si jamais les Bulgares nous contraignaient à nouveau à les remettre dans le droit chemin ! » Le gros bloc gris marqué 1.PZD barre désormais nettement la vallée de la Morava…

Le jugement de l’Histoire
« Alors que les hommes du général Brasic lèvent le camp de Skopje vers Kumanovo et, du moins l’espèrent-ils, vers leur terre natale, prenons le temps de tirer le bilan de Market. L’opération, qui acheva de ravager la pauvre Macédoine, fut un « resounding success » selon les mots de Richard O’Connor. Et en effet, sur le plan purement militaire, c’était le cas. Les Allemands avaient eu près de 18 500 morts, blessés ou prisonniers contre “seulement” 8 750 pertes alliées.
Toutefois, il est impossible de se limiter à ce strict bilan militaire. En premier lieu, on ne saurait passer sous silence la répression de la Morava, qui causa la mort de presque 40 000 personnes en moins de deux semaines – et comme nous allons le voir, bien d’autres massacres allaient suivre. Il convient de rappeler ici que le chiffre avancé n’est qu’une estimation : un décompte précis des victimes reste impossible à établir. Et encore de nos jours, il est hélas courant dans les villes de Nis, de Leskovac ou aux environs de Vranje, de déterrer des corps à l’occasion de travaux… Sinistre trio de béton, les monolithes de Bubanj (non loin de Nis) sont les témoins muets de ces crimes, à l’emplacement même où dix mille otages furent rassemblés par la Légion Noire de Boban avant d’être exécutés.
Mais revenons néanmoins sur l’aspect militaire de la chose : la Heer avait à nouveau subi une grave défaite, qui n’avait toutefois pas tourné à la déroute. En effet, le sacrifice des GebirgsJägers, qui menèrent des combats retardateurs méconnus et désespérés, l’entêtement des Landsers de la 187. ID et bien sûr le coup de surin de la 19. PanzerGrenadier renforcée de la 1. GbJg (lequel fit remonter Joseph Irkens dans l’estime de l’OKW) perturbèrent notablement le plan de Montgomery. Les Allemands s’étaient bien accrochés au terrain, retraitant quand il le fallait et faisant preuve d’une coopération entre corps d’armée qui avait fait défaut en Grèce.
“Monty” aurait-il pu faire mieux ? Etait-il possible d’éviter le patinage sanglant subi à Prilep et Veles ? Impossible d’être catégorique, mais c’est peu probable. Un assaut direct sur les positions du XXII. GAK de Gustav Fehn par la plaine de Guevgueliya aurait fatalement rencontré un fort bouchon à Oudovo, avec la 19. PanzerGrenadier, renforcée d’une 104. Jäger toute fraîche ! Le temps que les blindés alliés passent le col, Alexander Löhr aurait eu tout le temps de rameuter son monde pour construire un second barrage solide entre Grasko et Veles.
Un regret toutefois : Montgomery n’aurait-il pas dû foncer vers l’est après Prilep, visant non pas Skopje, mais bien la destruction totale de trois divisions (1. GbJg, 19. PzrGr et 104. Jg) ? Cette perte aurait été à coup sûr difficile à compenser pour la 12. Armee. Et en privilégiant Skopje, “Monty” choisissait donc ce dont les Allemands disposaient en abondance (du terrain) contre ce dont ils manquaient (des troupes).
Pourtant, foncer sur Skopje s’explique. La prise de la ville s’inscrivait dans un plan beaucoup plus large, visant rien de moins que la destruction de la 12. Armee ! Un plan plus beau, plus ambitieux… et finalement irréalisable. L’hubris frappe tous les esprits, fussent-ils britanniques. Par ailleurs, il semble qu’un scénario donnant la priorité à la destruction du XXII. GAK ait bien été testé durant les simulations menées à Salonique. Mais il permettait lui aussi aux Allemands de reformer une ligne de défense dans les monts au sud de Skopje, pendant que les forces britanniques digéraient avec des pertes substantielles – et sans possibilité de progresser – une grosse poche contenant les trois divisions en question. L’avance vers Belgrade aurait été condamnée.
Le chagrin du chef du 18e Groupe d’Armées alliées fut donc bien moins dans la façon dont l’opération avait été menée que dans le manque de coopération des groupes partisans, qui se révélèrent à la fois efficaces et décevants. En effet, avec le recul, une insurrection massive dans la région de Bitola aurait pu transformer le repli du XVIII. Gebirgs-Armee-Korps de Dietl en déroute et détruire le flanc droit de l’Axe ! Las, il fallut se contenter de saigner, substantiellement mais insuffisamment, les unités allemandes en retraite, jusqu’au fiasco de Kičevo. Et il parait donc d’autant plus regrettable que l’Ohrana ait déclenché son insurrection deux semaines trop tôt.
Nous touchons ici au cœur du problème, une des faiblesses du plan de bataille allié. En effet, les planificateurs du 18e GAA avaient fait leurs calculs en considérant l’appui de puissants groupes de Partisans. Et de fait, ces groupes étaient puissants – on avait juste oublié de se demander s’ils étaient fiables. Une leçon qui aurait dû être apprise depuis “Présage”, et que les Allemands connaissaient bien… alors même qu’ils s’apprêtaient à laisser entrer le loup oustachi dans la bergerie.
Néanmoins, “Market” restait un incontestable beau succès avant l’hiver. Alors pourquoi ne pas s’arrêter là ? A cause de l’inguérissable chaos balkanique, qui se manifesterait bientôt de nouveau, après son prélude albanais. Et de l’un de ses instruments, le général Brasic, qui devait ultérieurement déclarer : « Au soir du 21 novembre 1943, j’étais convaincu que le front ennemi n’avait pas de profondeur. Je pensais que nous n’avions pas d’autres Allemands devant nous que ceux que nous avions mis en fuite et que nous pourrions trancher leurs lignes comme le couteau tranche un baklava. » Mais dans ce délicieux mille-feuille au miel, on trouve parfois de grosses amandes ! »
(Robert Stan Pratsky, op. cit.)

Crise diplomatique
Athènes
– La réponse du Foreign Office à la demande de retrait du 1er Corps grec est arrivée au palais royal tard dans la soirée, transmise par l’ambassadeur grec en poste à Londres. Charalambos John Simopoulos est proprement catastrophé. L’homme n’avait pas été tenu au courant des projets du roi Georges II – il le déplore et s’inquiète désormais de leurs conséquences.
Le souverain réunit un cabinet restreint composé du Premier ministre, Sophoklís Venizélos, du ministre des Affaires étrangères, Georges Papandréou et du chef d’état-major, le général Liosis. La réaction des Britanniques a été plus brutale que prévue – elle inquiète désormais le gouvernement grec. Georges II (encore fatigué après la crise, sans doute d’origine cardiaque, subie à Salonique) interroge ses ministres.
– Je crains, Messieurs, que nous n’ayons poussé un peu trop loin notre chance. Les Britanniques n’ont pas l’air de vouloir se ranger à nos arguments sans contrepartie. Quelles sont les soutiens sur lesquels nous pouvons compter à Londres, Monsieur le ministre des Affaires étrangères ?
Un raclement de gorge plus tard, Papandréou répond : « Compte tenu de l’urgence de la situation, j’ai pris la liberté d’appeler personnellement Sir Anthony Eden, que je n’ai pu avoir qu’au prix de mille difficultés. Il m’a clairement fait entendre que, si la position de Votre Majesté est bien comprise à Londres, elle ne pouvait être imposée aussi brutalement au gouvernement britannique. Et plus particulièrement « depuis que les combats se sont déplacés sur le territoire yougoslave et alors même que le Royaume-Uni participe déjà généreusement à la compensation des dommages subis par le Royaume de Grèce ! » – je le cite. »
– Il semble que nous soyons tombés sur plus marchandeurs que bien des Grecs ! souffle Georges II. La question est simple, et ils attendent que nous la leur posions : que veulent-ils ?

Un long silence gêné parcourt la table. Venizélos et Papandréou se considèrent d’un air navré, puis le ministre des Affaires étrangères reprend : « Il s’agit d’un problème politique, qui demande une solution politique. Le mois dernier, nous avons obtenu l’accord tacite de Mr Churchill, mais à présent, il faut qu’il puisse démontrer à son opinion publique qu’il maîtrise la situation, surtout alors qu’il essaie d’accroître l’effort fourni par son pays dans les Balkans. Il lui faudrait donc… »
Papandréou hésite, mais Venizélos intervient : « Il lui faut une victime expiatoire ! Et comme cela ne peut évidemment pas être Sa Majesté, ce sera moi ! »
La foudre de Zeus serait tombée sur la table que l’effet n’aurait pas été plus spectaculaire. Chacun considère le vétéran, qui s’est opposé à Metaxas à ses risques et périls et paraît décidé à se sacrifier une fois de plus pour son pays. Le roi répond d’un ton égal : « Cela ne se peut, Monsieur le Premier ministre. Ce serait un renoncement à notre souveraineté sans précédent, alors même que nous venons de la récupérer dans la douleur et le sang ! Quel symbole ! Le roi désavouant son principal ministre ! »
– Et pourtant, c’est ce qu’il faut, Votre Majesté. La guerre ne s’arrêtera pas demain. Et nous avons besoin du plein soutien du Royaume-Uni pour économiser les forces de la Grèce.

Le souverain n’est toujours pas convaincu : « Général Liosis, qu’en pensez-vous ? »
L’officier – plus à l’aise sur les champs de bataille – pèse ses mots sur une fine balance : « Nos forces ont assumé vaillamment cette année une rude et longue campagne. Elles ont désormais besoin de repos et de renforts, voire de rééquipement. La question est surtout aiguë pour notre aviation, dont les appareils ont été généreusement prêtés par nos alliés, mais sont à présent très fatigués. La RAF nous avait promis de nous en offrir de nouveaux cet hiver, le ralentissement des opérations facilitant la formation du personnel. Il ne faudrait pas que des… incompréhensions diplomatiques nuisent à ces transformations. »
Dehors, le vent souffle du large en rafales contre les fenêtres. Le temps est gris, l’hiver est triste. Combien de temps avant que la paix et le soleil reviennent ?
– Monsieur Venizélos, je vous remercie du fond de mon âme, au nom du Royaume de Grèce, pour les immenses services que vous lui avez rendus à mes côtés.
L’ex-Premier ministre s’incline dans un geste sec et contraint : « Je remercie Sa Majesté de la confiance qu’Elle a bien voulu m’accorder. Je ferai une déclaration officielle demain. Mais rien n’empêche Monsieur le ministre des Affaires étrangères d’en informer dès à présent nos alliés et de s’excuser de ma… maladresse. »
On en restera là. Toutefois, en sortant de la salle, le général Liosis ne peut que se dire qu’il s’agit du second responsable d’importance poussé à la démission par les Britanniques. Certes, le général Maraveas avait un peu choisi son sort… mais il ne faudrait pas que la Grèce devienne un Dominion !

Ames noires
Palais du gouvernement (place Ban Jelačić, Zagreb)
– Le Poglavnik Ante Pavelic, chef de l’Etat indépendant de Croatie, reçoit ses âmes damnées Slavko Štancer (commandant en chef de l’armée) et Vilko Begić (ministre de la Guerre). L’ordre du jour est simple, ambitieux aussi : comment aider au mieux le Reich à gagner la guerre ? Begić prend la parole en premier.
– Poglavnik, notre grande et belle nation ne manque pas de volontaires prêts à donner leur vie pour la Croatie. Mais il nous faut les former et surtout les équiper – or, nous n’en avons pas les moyens !
– Quel est l’état de nos forces, général Štancer ?
– Le Ier Corps sera bientôt opérationnel, sous le commandement du général Ivan Brozović. Il comprend la 3e Division d’Infanterie et la 1ère Division de Montagne. Ces unités sont solides, composées de vétérans de… d’autres armées. Le IIe Corps du général Franjo Pacak comprend les 1ère et 2e DI, issues du regroupement de brigades teritoriales. Le 3e Corps du général Ivan Markuli comprend la 5e DI et la 2e Division de Montagne, en cours de formation et composées de volontaires oustachis. Et vous êtes évidemment familier de votre Garde, confiée au général Moškov.
– Et c’est tout ?

L’agacement de Pavelic est palpable. Il est aussi dangereux. Štancer poursuit avec empressement : « Nous disposons aussi de formations mineures comme les régiments territoriaux et diverses brigades indépendantes qu’il est prévu de regrouper pour former, notamment, la 4e DI. Ces unités ont été regroupées temporairement dans un seul corps d’armée, confié à Mihajlo Lukić. Elles sont pour l’instant accaparées par des opérations sécuritaires face aux terroristes de Tito. Et il y a enfin la Légion Noire du général Boban. Comme vous le savez, elle a été envoyée assister les forces allemandes en Serbie. »
– Et quelle est la qualité de ces troupes ?
– Tous nos hommes sont motivés, durs à la tâche et durs face aux terroristes, pour ceux qui sont chargés de cette lutte. Mais nous manquons d’armes et de munitions, Poglavnik !
– Je m’en doutais !

Pavelic croise les doigts d’un air mauvais : « Ce n’est pas brillant, Messieurs ! Je suppose que le peu de munitions que nous recevons de nos alliés est dépensé pour la lutte anti-terroriste et… l’élimination des indésirables ? »
– C’est exact, Poglavnik !
répond Begić.
– Nous devons donc résoudre un problème après l’autre, si nous voulons nous en sortir.
Ante Pavelic se saisit d’une feuille de papier, sur laquelle il note ses ordres au fur et à mesure.
– D’abord, nous allons nous débarrasser des traîtres et des Slaves qui infestent nos terres. Pas par la force non. Cela prendrait trop de temps. Nous allons les inciter à partir en coupant tous les approvisionnements en nourriture en dehors des villes sous notre contrôle immédiat. Les bons Croates, munis de leurs papiers d’identité, pourront chercher abri auprès de nos forces. Les autres auront à choisir entre mourir de faim et aller répandre leurs miasmes en Serbie, où le général Boban est en train de leur faire de la place !
Déclencher une famine ? Brillant en vérité. « Excellente idée, Poglavnik ! » s’exclame le ministre de la Guerre. « Nos forces regroupées n’auront plus à battre la campagne à la recherche des terroristes ! Et que faisons-nous pour notre problème d’armes et de munitions ?"
– C’est encore plus simple, Messieurs, nous allons prouver une fois de plus à nos amis allemands que nous sommes leurs meilleurs partenaires. Pas comme ces traîtres d’Italiens, ces lâches de Finlandais, ces mous de Slovaques, ces faux jetons de Bulgares et ces pathétiques Français du NEF ! Nous sommes de la race des élus, bien supérieurs à ces pauvres Roumains ou à ces ordures protestantes de Hongrois – un jour ou l’autre, nous leur réglerons leur compte, à eux aussi.

Pavelic n’a oublié personne… Il s’arrête un instant pour considérer la statue de Josip Jelačić qui domine la place. L’officier de l’ancien empire des Hasbourg a conduit en 1848 la répression du soulèvement hongrois. A Budapest, il est considéré comme un traître, car il avait beaucoup contribué à envenimer les relations entre l’Autriche et la Hongrie [Jelačić, vice-roi de Croatie, refusa notamment de prêter serment de fidélité envers le royaume de Hongrie sous prétexte d’une « politique de magyarisation massive », tout en jurant loyauté absolue à Ferdinand 1er. Ce faisant, il précipita en partie – et le parlement croate Sabor avec lui – la rupture entre Vienne et Budapest, la révolution hongroise de 1848 et la répression qui suivit.]. Mais les gens sont si médisants ! Le Poglavnik reprend, tout en notant.
– Nous allons donc suggérer aux Allemands de nous confier à nous – et à nous seuls – la sécurité de leurs arrières. Et pour cela, il faudra bien qu’ils nous fournissent du matériel, même de seconde main : Tchèque de 38, Polonais de 39, Français de 40, Grec ou Anglais de 41, Russe de 42, Italien de 43… je m’en moque. L’important est que tout nous revienne.
Le général Štancer intervient alors : « Mais Poglavnik, le matériel de prise en leur possession ne suffira jamais. Cela représente des quantités équivalant à toutes les armes disponibles en You… en ex-Yougoslavie. »
– Précisément ! En conséquence, nous allons proposer à nos amis de désarmer les milices serbes – sauf les plus fiables évidemment, mais en existe-t-il ? – puis de nous confier leurs secteurs. Avec nous, pas de trahisons, pas de retournement ! Les Landsers dormiront tranquilles… et évidemment, nous aurons tout loisir d’éliminer la racaille orthodoxe.

Pavelic a fini d’écrire. Il conclut d’un point sautillant, signe et tend ses instructions à ses complices. Les trois hommes sourient tels des loups prêts à sauter à la gorge d’une proie.

Yaourt bulgare
Inquiétude et comédie
Sofia (ambassade du Reich)
– De nouveau convoqué dans le bureau de Beckerle (mais avec moins d’inquiétudes qu’autrefois), le général Marinov est soumis à un interrogatoire serré sur la défense de la frontière sud… et ouest désormais. Laquelle est évidemment très difficile, dans les conditions actuelles. Ecoutant ses réponses d’un air satisfait, le diplomate SS conclut finalement : « Général Marinov, je vous demande de réfléchir à l’envoi d’une unité, que vous pourriez prélever sur la force de la frontière turque, afin de contribuer à la défense de Kyoustendil, au côté des héroïques soldats du général Fehn. » Le tout sur un ton solennel – mais Marinov a décidément du mal à conserver son sérieux.
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