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Avril 1944, version complète
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Nov 05, 2018 09:25    Sujet du message: Répondre en citant

Avril 1944
11 – Diplomatie et économie
Un “poisson d’avril” coûteux

1er avril
Deux volte-face égalent un tour complet
Dihua (Xinjiang)
– Rien. Aucune réponse. La situation n’a pas évolué depuis dix-neuf jours. La Quatrième Purge de Sheng, peut-être la plus efficace et la plus discrète de toutes, s’est bien déroulée, mais la situation reste précaire tant que le gouverneur n’a pas de réponse du Kremlin… Les moyens de communication continuent d’être étroitement contrôlés pour limiter au maximum les échanges entre le Xinjiang et Chongqing, mais au fil des jours, il a bien fallu libérer quelques professeurs, étudiants et officiels nationalistes de second rang, après « vérifications destinées à s’assurer qu’ils ne sont pas coupables d’espionnage ou d’intelligence avec l’ennemi » (sans préciser de quel ennemi il s’agit). Et la paranoïa du gouverneur ne cesse d’alimenter son angoisse. Etrange, ce grand sourire toujours arboré par le général Zhu et la façon qu’il a de le regarder par en dessous, comme s’il savait… Et ce nouveau consul soviétique, cet Evseev de malheur, toujours charmant mais toujours évasif, qui prétend avoir fait évacuer Chen Tanqiu vers Alma-Ata et transmis son message à Moscou – mais peut-on lui faire confiance ?
Le gouverneur ne mange plus guère, de peur qu’on l’empoisonne, il ne sort plus de son palais, de peur d’une agression, il ne fait plus qu’attendre, attendre la réponse qui le libèrera. Mais voici que son secrétaire toque avec respect à la porte de son bureau, il entre, tenant à la main un télégramme : c’est forcément la réponse de Staline ! En un instant, Sheng se compose une attitude digne, se tourne vers la fenêtre et, de nouveau confiant, demande au secrétaire de lui lire le message.
« Du Généralissime Tchang Kai-chek, Président de la République, au gouverneur du Xinjiang, Sheng Shicai
Mon cher ami
Comme vous le savez, la situation militaire n’est pas aussi excellente que nous pourrions l’espérer. La victoire finale contre l’Empire du Japon ne fait aucun doute, mais l’ennemi s’obstine à lancer des attaques féroces qui ne peuvent lui donner d’espoir de victoire à terme, mais accroissent les destructions infligées à notre pauvre pays. Dans ces conditions, il est difficile d’expliquer à nos alliés la nécessité absolue d’éliminer nos ennemis mortels du PCC. C’est pourquoi, afin de conduire les affaires de notre République de la façon la plus efficace possible, j’ai besoin de rassembler étroitement autour de moi les personnalités politiques les plus capables. Et qui serait plus qualifié que vous, cher ami ? Vos conseils furent déjà précieux pendant l’Expédition du Nord, ils seront encore plus pertinents grâce à la grande expérience du pouvoir que vous avez acquise depuis plus de dix ans maintenant.
J’ai appris récemment par des voies détournées qu’une nouvelle tentative de complot avait encore une fois été brillamment déjouée par vos soins. Assurément, si le Xinjiang est fermement arrimé à la République de Chine, malgré les menées hypocrites de nos puissants voisins, c’est grâce à vous ! C’est pourquoi ma demande peut sembler bien égoïste. Mais elle est aussi motivée par un réel sentiment d’inquiétude concernant votre sécurité – qui sait quels dangers peuvent vous menacer dans cette province frontalière, en butte à des complots voire à des agressions militaires plus ou moins déguisées ?
C’est pourquoi, afin de vous prouver que, depuis notre réconciliation il y a deux ans, mes sentiments à votre égard ne sauraient être plus amicaux, afin d’assurer votre sécurité et afin de pouvoir utiliser dignement vos grandes compétences, je vous propose de participer à la conduite du destin de notre glorieuse République en rejoignant mon gouvernement en tant que Ministre de l’Agriculture et des Forêts. Je vous demande donc de mettre en ordre vos affaires courantes et de me rejoindre à Chongqing, je vous attends d’ici la fin du mois.
Avec toute mon estime et mon amitié,
Tchang Kai-chek »

Shang, qui a redouté un moment d’être découvert, peut souffler ! Sa position à Dihua était précaire : il pouvait craindre qu’en restant gouverneur de sa province et fidèle au Kuo-Min-Tang, il soit victime de la puissance soviétique lorsque, comme cela semblait inévitable, elle se tournerait vers le Xinjiang après en avoir fini avec les Fascistes. En revanche, devenir ministre de Tchang le mettra définitivement à l’abri. Ministre du gouvernement vainqueur des Japonais et des communistes chinois, voilà une belle situation, quel que soit le destin du Xinjiang ! Finalement, il était arrivé, le message qui devait le libérer de sa paranoïa. Il était juste venu de Chongqing et non de Moscou. Radieux, il offre son visage à la chaleur du soleil de midi, écoutant à peine son secrétaire qui se confond en félicitations obséquieuses.
Un coup d’œil au calendrier ne le ferait pas changer d’avis. L’honorable Sheng Shicai, gouverneur en poste et ministre pressenti, ignore en effet la signification attachée à la date du jour en Occident…


2 avril
Gardez-moi de mes amis…
Dzoungarie (partie nord-ouest du Xinjiang)
– Les incidents de frontière entre le Xinjiang et la Mongolie semblent s’aggraver, et l’antenne d’Oulan-Bator de l’agence Tass jette de l’huile sur le feu : « Des troupes chinoises ont franchi la frontière mongole, annonce-t-elle dans la matinée. Elles ont été repoussées avec énergie par les forces armées de la République Populaire de Mongolie ».
En réalité, la 105e Division de Cavalerie, avec ses blindés, a mis en déroute des unités de la Deuxième Armée qui pourchassaient les hommes d’Osman Batur.
Pour enfoncer le clou, l’agence Tass, de Moscou cette fois, émet en fin de journée une déclaration menaçante : « Les mouvements de troupes chinois le long de la frontière de Mongolie Extérieure sont une tentative inacceptable d’intimidation. L’Union Soviétique, sur la base de son traité d’assistance mutuelle avec la République Populaire Mongole, se verra dans l’obligation de lui porter assistance à la moindre tentative de mettre en péril sa sécurité ».


3 avril
Gardez-moi de mes amis…
Dzoungarie (partie nord-ouest du Xinjiang)
– Dans l’affaire des incidents de frontière entre le Xinjiang et la Mongolie, c’est aux Chinois de jouer – et ils semblent avoir compris le message des Soviétiques. Chongqing proteste en effet de sa fidélité aux Accords d’Imphal. Dans un communiqué commun, Wu Zexiang, Zhu Shaoliang et… Sheng Shicai affirment que les forces qui ont causé quelque trouble sur la frontière mongole sont assurément celles du chef brigand bien connu, Osman Batur. Et MM. Wu, Zhu et Sheng, proclamant leur attachement à l’indéfectible amitié soviéto-chinoise, déclarent que les forces chinoises sont prêtes à coopérer avec les forces de l’Armée Rouge pour éliminer les rebelles kazakhs.


4 au 12 avril


13 avril

Dîner d’adieu
Dihua, province du Xinjiang
– Sheng Shicai vient de présider sa dernière réunion du gouvernement de la province du Xinjiang. Le général Zhu Shaoliang dirigera la province par intérim, avec l’aide de l’irremplaçable Li Yingqi, en attendant qu’un nouveau gouverneur, désigné par le KMT, arrive à Dihua. Les troupes déployées au Xinjiang sont placées sous l’autorité de la Commission Nationaliste des Affaires Militaires, dirigée par Tchang Kai-chek en personne – ce qui veut dire que le Xinjiang, au moins du point de vue militaire, est directement rattaché à Chongqing et n’a plus aucune autonomie.
Dans la soirée, Sheng organise un grand dîner d’adieu, auquel sont bien évidemment conviés, outre le général Zhu et tout le gratin de l’administration locale, les consuls soviétique, britannique, américain (qui quittera ses fonctions quelques semaines plus tard) et français. Les diplomates sont très curieux de voir de plus près Zhu Shaoliang. Le lendemain, le consul britannique, Geoffrey Turral, décrira ainsi le général dans un rapport très officiel : « Un type splendide, aux manières directes, avec une mâchoire en forme de bulldozer et un rire éclatant comme un Tommy-Gun… Il boit comme un trou et encaisse comme un consul britannique ».
Pendant que Zhu et les autres consuls organisent un concours pour savoir qui « encaisse » le mieux (les consuls, même le Soviétique, laisseront diplomatiquement gagner le général), Sheng monopolise Joseph Hackin pour un entretien discret, en présence seulement du secrétaire particulier du gouverneur (le consul parle fort bien chinois). A la surprise du Français, il ne va être question ni de politique (à sa grande satisfaction), ni d’archéologie (à son grand regret). Sheng se passionne apparemment pour l’aviation : « J’ai constaté que vous utilisiez un remarquable petit bimoteur, quelle belle machine ! Je n’ai jamais eu le plaisir de voler sur ce type d’appareil et j’aimerais vous demander une faveur : prêtez-le moi pour faire le voyage de Chongqing, demain. Je sais qu’il ne peut embarquer que six passagers, mais ma femme et mes enfants sont partis par la route la semaine passée et je voyage léger ! Je n’aurai avec moi que mes deux gardes du corps et quelques bagages. »
Que répondre au futur ministre ? Oui, évidemment ! Même si Monsieur Sheng, en souhaitant une bonne nuit au consul Hackin, ajoute : « Il serait bon de veiller attentivement sur votre petite merveille volante. Les Rouges ont des agents partout, n’est-ce pas. » Sitôt rentré au consulat, Joseph Hackin, perplexe, fait venir le lieutenant-prince Alexieff, qui comprend très vite : « Ne vous inquiétez pas, Monsieur le consul. Je vais perrsonnellement surrveiller le Goéland, avec deux de mes hommes. »


14 avril
Une victoire de l’aéronautique française
Aérodrome de Dihua, province du Xinjiang, peu après le lever du soleil
– Sheng Shicai s’apprête à prendre l’avion pour Chongqing. Le corps diplomatique local est là au grand complet (soit les quatre consuls), ainsi que le général Zhu Shaoliang et l’équivalent local des corps constitués. A la surprise de tout ce beau monde, le gouverneur se dirige droit vers le consul français : « Alors, votre avion est-il prêt ? chuchote-t-il. Tout s’est bien passé cette nuit ? » C’est le lieutenant-prince Alexieff qui répond, dans un chinois heurté mais fort compréhensible : « A merrveille, Votrre Excellence. Vers quatrre heurres du matin, quelques individus mal intentionnés ont tenté d’entrrer dans le hangarr, mais nous les avons rreçus comme ils le mérritaient. J’ai moi-même abattu l’un d’eux, cette verrmine rrouge porrtait un sac plein d’explosifs ! »
Le gouverneur s’épanouit et se dirige vers le Caudron. Le général Zhu intervient : « Monsieur le Ministre, le DC-3 envoyé par Chongqing vous attend ! » Mais le gouverneur a décidé de se faire plaisir, le DC-3 est une trop grosse machine et avec le Goéland – quel nom poétique, n’est-ce pas – il verra mieux la Chine d’en haut. « Votre Excellence, s’exclame son secrétaire, nous avons fait charger à bord du DC-3 plusieurs caisses d’archives et une centaine de kilos de… spécimens minéralogiques, qui ne sauraient trouver place à bord de l’élégante mais fort petite machine volante française. Ne souhaitez-vous pas garder un œil dessus ? » Sheng s’arrête : « Mais comme vous avez raison ! Quel dévouement vous montrez, mon cher ami ! Ecoutez : je vous confie le tout. Accompagnez les caisses à bord du DC-3, gardez sur elles l’œil d’une mère attentive sur ses enfants, vous pourrez revenir dès demain à Dihua par le même avion pour reprendre vos fonctions. Dans l’intervalle, bien sûr, je vous aurai récompensé comme vous le méritez. » Le secrétaire reste muet, frappé de stupeur. Sheng se hâte de serrer des mains à la ronde et d’échanger des politesses bavardes mais nécessaires avec les principaux assistants, puis il embarque dans le C.440, qui s’envole bientôt, suivi un moment plus tard par le DC-3. Monsieur Li, toujours efficace, s’est assuré que le secrétaire, malgré une certaine réticence, montait bien dans le second appareil.
………
Chongqing – Quand le Goéland le dépose sans incident à l’aéroport de la capitale provisoire, Monsieur Sheng constate que le comité d’accueil semble étonné de le voir débarquer du petit avion français. Il semble même que, contre tous les usages, ni discours de bienvenue ni rafraîchissements n’aient été préparés. Enfin, l’important est que Sheng, ses deux gardes du corps et leurs bagages (deux valises pour Sheng, un sac pour chaque garde, plus six petites mais lourdes caisses) soient arrivés à bon port.
En revanche, on est sans nouvelles du DC-3…


15 avril
Bienvenue, Monsieur le ministre
Chongqing
– L’homme, dont Sheng Shicai n’a pas bien compris le nom, est gris, ou pour mieux dire, incolore – couleur de muraille. Il a été fouillé par l’un de ses gardes du corps, mais ne porte aucune arme. Et il est très respectueux, donnant à Sheng du « Monsieur le Ministre de l’Agriculture et des Forêts » long comme le bras. Il a commencé par féliciter Sheng pour sa nomination, avant de lui demander si son voyage de la veille s’était bien déroulé, de lui confirmer qu’on n’avait toujours aucune nouvelle du DC-3 et de s’enquérir de la santé de l’épouse et des deux enfants de Sheng. Tous trois sont arrivés quelque temps plus tôt à Chongqing avec un convoi d’une cinquantaine de camions transportant une tonne et demi d’or et quinze tonnes d’argent, que Madame Sheng, l’honorable Qiu Yufang, a su mettre en sûreté. Enfin, l’homme n’a pas parlé des camions, ni de l’or et de l’argent, mais Sheng est convaincu qu’il est au courant. De même qu’il est certain que ce monsieur vient de la part du Généralissime en personne.
Après les politesses vient l’heure des choses sérieuses. « Mon humble personne est ici, Monsieur le Ministre de l’Agriculture et des Forêts, pour vous indiquer que le gouvernement de la République, à son grand regret, manque de moyens pour garantir la sécurité de tous ses membres. La guerre contre le Japon est très coûteuse, la moindre sapèque est importante et les administrations provinciales sont parfois réticentes à participer à la tâche commune. C’est pourquoi, à mon immense regret, je dois vous proposer de participer au financement de la sécurité du gouvernement par un don généreux et régulier. »
Sheng reste un instant muet. Mais bon, après tout il est arrivé vivant. Et on ne lui a envoyé que ce petit bonhomme gris, pas un commando de tueurs. On ne lui a même pas fait reproche d’avoir reçu un message de félicitations de Moscou signé Beria (commissaire du Peuple aux Affaires Intérieures) et non Molotov (commissaire aux Affaires Etrangères). « Je comprends. La tâche est lourde et chacun se doit d’y concourir, pour le bien de la République !… Combien ? »
Le bonhomme gris baisse un peu la voix : « D’après les augures, douze est un chiffre favorable, n’est-ce pas la somme de huit et de sa moitié ? » Sheng hoche la tête, aucun doute, le chiffre douze est excellent ! Le bonhomme reprend : « Donc, douze… mille. » Il laisse passer un instant avant d’ajouter : « En onces d’or, bien entendu » comme si c’était l’unité monétaire la plus répandue au monde. Il est vrai que Sheng connaît parfaitement la valeur d’une once d’or. Douze mille onces, soit environ trois cent cinquante kilos d’or. Soit dans les, hmm, quatre cent vingt mille dollars.
Sheng ne cille pas : « Le premier versement couvre donc la période allant jusqu’au 15 avril 1945 ? »
L’autre toussote : « Je suis infiniment désolé, Votre Excellence. Ma misérable personne s’exprime lamentablement mal ! La somme indiquée est mensuelle, Votre Excellence. Cependant, j’ai le plaisir d’indiquer à Votre Excellence que sa sécurité sera assurée gratuitement jusqu’à la fin du mois d’avril. Je reviendrai le 1er mai pour le premier versement. »
………
Sheng Shicai restera ministre pendant deux ans. Il manifestera sa reconnaissance à la France lors de divers épisodes dont il est regrettable que la plupart soient encore couverts par le Secret Défense. Quoi qu’il en soit, le lieutenant-prince Alexieff aura gagné dans l’affaire ses galons de capitaine et le consul Hackin des permis de fouilles archéologiques pour le reste de sa carrière.


16 au 30 avril
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Anaxagore



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MessagePosté le: Lun Nov 05, 2018 10:48    Sujet du message: Répondre en citant

Une journée ordinaire en Chine :
"Dis maman, pourquoi il pleut des morceaux d'avions." "C'est rien, mon chéri, juste un ministre"
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Lun Nov 05, 2018 11:52    Sujet du message: Répondre en citant

Comme quoi la paranoïa peut vous sauver la vie!
_________________
"Au jeu des trônes, il n'y a que des vainqueurs et des morts, il n'y a pas de demi-terme". La Reine Cersei.
"Les gens se disent en genéral affamé de vérité, mais ils la trouvent rarement à leur goût lorsqu'on la leur sert". Tyrion Lannister.
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loic
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Messages: 4483
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MessagePosté le: Lun Nov 05, 2018 13:40    Sujet du message: Répondre en citant

patzekiller a écrit:
CQFD : l'IJN sera occupée au moment des ops sur HK...

Il ne faut pas croire que l'IJN se limite à sa ligne de bataille. Les Japonais possèdent de nombreuses unités légères susceptibles de pourrir la vie d'une force alliée trop légère qui s'aventurerait en Mer de Chine. Sans parler des nombreuses bases aériennes disséminées tout autour.
Seul un groupe aéronaval à la sauce USN pourrait être engagé sans risque dans une Mer de Chine hostile.
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Hendryk



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MessagePosté le: Lun Nov 05, 2018 16:05    Sujet du message: Répondre en citant

Anaxagore a écrit:
Une journée ordinaire en Chine :
"Dis maman, pourquoi il pleut des morceaux d'avions." "C'est rien, mon chéri, juste un ministre"

OTL, Dai Li, Deng Fa et Lin Biao en savent quelque chose.
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With Iron and Fire disponible en livre!
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Imberator



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MessagePosté le: Lun Nov 05, 2018 16:23    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Et MM. Wu, Zhu et Sheng, proclamant leur attachement à l’indéfectible amitié soviéto-chinoise,

Juste certes. Mais "sino-soviétique" sonne peut-être mieux, non ?
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Point ne feras de machine à l'esprit de l'homme semblable !
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Nov 05, 2018 16:42    Sujet du message: Répondre en citant

Imberator a écrit:
Juste certes. Mais "sino-soviétique" sonne peut-être mieux, non ?


Sans doute. Bon, on pourrait dire que la politesse a poussé les Chinois à faire passer d'abord "soviéto"… Mais ce serait sans doute excessif Wink
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Casus Frankie

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Tyler



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Messages: 557

MessagePosté le: Lun Nov 05, 2018 21:12    Sujet du message: Répondre en citant

Avec la libération de Canton et le siège de Hong Kong, que va faire le reste des armées japonaises dans le Guangxi ? Avec l'Indochine se libérant à vitesse Grand V, est ce que les troupes ne vont pas se retrouver isolées et commencer à avoir des problèmes de ravitaillement?
Vont elles compter sur Hainan pour se ravitailler?
Aller à la rescousse de Hong Kong? Ou de la poche Hanoï/Haiphong ?
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Nov 05, 2018 21:55    Sujet du message: Répondre en citant

La suite en Mai ! Wink
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Casus Frankie

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Etienne



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MessagePosté le: Lun Nov 05, 2018 22:00    Sujet du message: Répondre en citant

Mais... Sad
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Dieu est une femme. La preuve : On dit toujours qu’il vaut mieux voir le Bon Dieu que ses seins.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Nov 05, 2018 23:11    Sujet du message: Répondre en citant

Mais (…) bon : sans dépouiller (spoiler in french), il n'y a plus grand monde côté japonais dans le Guangxi !
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Casus Frankie

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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Mar 08, 2019 09:57    Sujet du message: Les vieux espions… Répondre en citant

Un nouveau texte de HOUPS… Etroitement inspiré d'OTL, aussi étrange que cela puisse sembler !



4 avril 1944
Attila est là
Alger
– Dans l’air aux senteurs de lilas trissaient les hirondelles jouant avec le soleil de ce début de printemps. La célèbre casquette de la non moins célèbre statue, polie par des générations de pigeons irrespectueux, tentait d’en profiter au mieux.
Pour se prémunir de l’un comme des autres, l’homme assis à la terrasse du café arborait un superbe panama blanc. Sa mise était à l’avenant, conforme à celle d’un sexagénaire vivant de ses rentes et profitant du temps printanier en sirotant une anisette, un œil sur l’unique double page du Monde, tandis qu’un gamin des rues, agenouillé près de sa caisse en bois, refaisait le miroir de ses chaussures.
Le petit cireur interrompit momentanément sa tâche, car un second individu venait de s’installer aux côtés de son client. Grand et sec, grisonnant, avec sa petite serviette de cuir bouilli, il faisait plutôt penser à un professeur d’université. Ce devait être un familier du panama, car les deux hommes se saluèrent chaleureusement. Hélas, l’arrivant fit comprendre qu’il n’avait nullement besoin des services du galapiat, lequel empocha sa monnaie et disparut à la recherche d’un client plus accommodant.
– Excuse mon retard, Dosithée, mais vos fichus tramways…
‒ Oh, il n’y a pas de mal ! rétorqua l’autre en repliant son journal. La même chose ?

Sans attendre de réponse, il interpella le garçon. Les deux hommes n’échangèrent plus une parole jusqu’à ce que la deuxième consommation soit bien entamée.
– Alors, reprit le panama, qu’est-ce qui motive ta venue et ces manières de conspirateur ? Ne me dis pas que l’air de Rabat t’est devenu irrespirable !
‒ Bah, tu sais ce que c’est. On ne décroche jamais vraiment. D’autant plus qu’on manque de monde… D’ailleurs… Allons droit au fait… Tiens, regarde…

Ce disant, il sortait des clichés de sa serviette, tout en s’assurant qu’aucun curieux ne se trouvait dans les parages. Son comparse ajusta ses lunettes en se penchant sur les deux photos.
‒ Drôle d’oiseau. Boche, on dirait bien. Mais en quoi…
‒ L’histoire débute il y a moins d’un mois.
‒ Un mois ?
‒ Si tu m’interromps sans cesse… Donc, il y a environ trois semaines, un de nos aimables correspondants nous fait parvenir ça d’Ifni. On a vu mieux, mais c’est suffisant pour l’identifier : un drôle d’oiseau, effectivement, ou plutôt un oiseau rare. Un Arado 232, à ce qu’il paraît. Et sans marque d’identification, comme tu le vois. Notre correspondant confirme leur absence.
‒ Ne me dis pas que cet engin est arrivé tout droit de Berlin au Maroc ?
‒ On ne sait pas. Ce qu’on sait, c’est qu’il est venu de Madrid, ou du moins via Madrid. Pas du Brésil. Sans doute en faisant un détour pour éviter de survoler nos forces. Le plus intéressant est que ce truc pourrait transporter une vingtaine d’hommes, et même un camion sur une grande distance.
‒ Disons… Berlin - Madrid ? Ben dis donc ! Belle autonomie !
‒ Dans ce goût-là. Je te dis : on ne sait pas grand-chose. Peut-être que nos amis british en savent plus. Mais on s’en fout un peu. Ce qu’on sait, c’est que cet engin a déposé une équipe, au moins une, et motorisée ! Ou plus…
‒ Motorisée ?
‒ Au moins un véhicule, un genre de jeep…
‒ Une jeep ? Oui, évidemment : ils ne vont pas se trimballer en panzer. Et l’avion ? Il est reparti ?
‒ Il aurait dû. Mais c’est Franco qui rafle la mise. Tu ne vas pas le croire : au roulage, l’aile de l’appareil a accroché un hangar ! Du coup, les hidalgos ont exfiltré le pilote et deux membres d’équipage via Tanger. Ça, c’est certain.
‒ Et le reste de l’équipée ?
‒ C’est là que ça se corse. On ne sait rien. Composition, effectif, direction… Rien ! Encore heureux qu’on ait eu la photo ! Et qu’on ait su pour la jeep !
‒ Attends voir… Ifni… Ifni… Hum. Le Maroc ? Attends ! Attends… Plutôt l’Algérie, sinon tu ne serais pas là. Je suppose que tout le monde est sur les dents, chez vous ?
‒ C’est rien de le dire !
‒ Et tu viens me trouver ? Tu sais bien que je suis sur la touche… Mais dis donc… D’Ifni, avec de l’eau et de l’essence – nos amis espagnols ont pu leur en fournir, s’ils n’ont pas tout apporté avec eux – d’Ifni, tout droit… ils risquent de foutre un sacré bordel !
‒ Rigole ! T’imagine le chambard ! Y’en a un paquet qui ne dorment plus !
‒ Surtout s’ils ont de l’avance ! Trois semaines ! On en fait, du chemin, en trois semaines ! Même en renforçant la surveillance… C’est plein de trucs sensibles, par là…
‒ A qui le dis-tu !
‒ Enfin, justement… Qu’est-ce que je viens faire là-dedans, moi ? Tu sais que j’ai passé l’âge de jouer au méhariste ?
‒ Je sais, mon vieil ami, je sais…
‒ En parlant de vieux… Tu ne devrais pas plutôt être chez Soustelle, au lieu de boire ton anisette avec un vieux débris ?
‒ Hé ! Je suis un vieux schnok, moi aussi ! Plus personne ne m’écoute…

Il but une gorgée. « Vois-tu, le Sud, les projets top-secret, d’accord… » Il but de nouveau. « Mais je n’y crois pas. Un truc comme ça, ça veut dire des repérages, des gars au sol, des avions de reconnaissance… On en a eu ? Non. Queue d’ale ! »
‒ Je t’écoute…
‒ Pour moi, c’est pas le Sud qui les intéresse. Et ils ne sont pas une vingtaine. Et il n’y a pas de camion.
‒ Continue…
‒ On est sûr que d’une chose : la jeep, ou simili jeep. « Des éclaireurs, Margny ! » Eclaireurs de mon c… oui ! Tout le monde cherche un camion, dans le Sud. Moi, je suis certain qu’ils venaient ici. Une jeep : deux mecs. P’têt trois. Pas plus. Des jeeps, c’est pas ça qui manque, d’Ifni à Alger…
‒ Une repousse de “Marat” ?
‒ Même pas. C’est des Fridolins, Dosithée. Pas des clowns de Doriot. On les fréquente depuis un bail, toi et moi. Et depuis que leur moustachu est aux commandes, on voit un peu comment ils pensent.
‒ Et toi, tu penses à quoi ?
‒ Alger… la Présidence… Des hauts responsables… Après tout, ils passent encore une grande partie de leur temps de ce côté de la Méditerranée. Ils ont eu assez de mal à se réorganiser ici, ils ne vont pas tout déplacer à Marseille alors qu’ils espèrent retrouver Paris dans quelques mois.
‒ Ha ! Des attentats ?
‒ Un seul suffirait.
‒ D’accord. Tu veux donc que je te retrouve deux ou trois blonds baraqués à regard d’acier ? Ici ? Arrivés il y a plusieurs jours ? Même si ce n’est pas très couleur locale, ça va être coton… Et… disons…“Officieusement”, hein ? Au fait, tu viens manger à la maison ?
‒ Merci. Mais… je ne suis pas ici…
‒ Tiens donc ! Je comprends mieux… Je vais voir ce que je peux faire. Je t’appelle ou on se revoit ?
‒ On se revoit.
‒ Quand ?
‒ Deux semaines.

L’homme au panama grimaça.
‒ T’aurais pu aussi bien dire hier ! Espérons que nos zigs ne feront pas des leurs avant !
‒ Y’a rien de gros de prévu.
‒ Mouais. Sauf que l’occasion fait le lardon…
‒ Et alors, je serais officiellement à Alger.
‒ Oh ! Tu pourras donc rendre visite à ton vieux comparse ! Mireille sera ravie de te revoir ! Non, laisse, c’est pour moi !
‒ Ah ! J’oubliais… L’âge, sans doute… Ils seront plutôt deux. Dont une femme.
‒ Une femme ? D’accord. Mais tu aurais pu commencer par là !
‒ Je te disais bien : je me fais vieux !



18 avril
Attila est là
Alger, un appartement cossu de la Rue Michelet
« Vous ne voulez pas prendre le café ici ? »
‒ Ce n’est pas ta faute, ni celle de ton café, mais il fait très beau. Je vais raccompagner Richard et on s’arrêtera quelque part en ville…
‒ C’est ça : entre hommes ! Vous avez encore des secrets à échanger !
‒ Mais non, Mireille : rassurez-vous, pas de secrets, mais on va parler du bon vieux temps et des amis disparus. Pas très intéressant pour une dame comme vous.
‒ Oui. Mais si vous étiez venu avec Clara…
‒ Ah ! C’est que je suis ici pour mon travail ! Les cours de l’huile d’olive ne la séduisent guère !
‒ Nous aurions été deux…
‒ Pour parler chiffons. Bon, d’accord, d’accord. On va en discuter en route, Richard et moi. Peut-être trouvera-t-il un moyen de s’échapper avant les grosses chaleurs.

L’autre opina tandis que son hôte l’entraînait dans l’escalier.
‒ Mireille a raison, tu sais : tu devrais passer nous voir avec Clara. Sans arrière-pensée. On ne se voit plus.
‒ On devrait. Mais Clara a quelques soucis de santé…
‒ Ah ?
‒ Rien de grave. Elle n’a plus vingt ans, elle non plus. Où va-t-on ?

‒ L’Otomatic, bien sûr ! Où diable voudrais-tu aller ?
………
Ils trouvèrent une table, d’où ils contemplèrent, dos au mur, la circulation ainsi que les allées et venues de nombreux jeunes gens. N’était la déambulation de grappes de soldats, que cette agitation semblait rebuter, qui aurait pu dire qu’une guerre se déroulait de l’autre côté de la Grande Bleue ? Ou même, qu’elle s’était invitée ici il y avait si peu ?
Impatient, Margny attaqua, bille en tête : « Tu as du nouveau ? Bougeard m’a fait les gros yeux : de quoi je me mêle, tout ça… Bref : au placard, le vieux ! »
‒ Tiens, rapproche-toi. Je crois que j’ai quelque chose. A ton avis, un couple d’Afrikaners qui paie en dollars et fume des cigarettes allemandes, tu en penserais quoi ?
‒ C’est pas vrai ! Ils sont où ?
‒ Pas à l’Excelsior, n’ait crainte : là-bas, ils seraient passés inaperçus. Mais ils ont beau avoir l’air en fonds, ils ne peuvent pas mener la grande vie… Voyons… quelle heure est-il ?
Il prit un malin plaisir à extirper difficilement son oignon d’une poche, puis à le pencher pour contrecarrer les reflets du soleil.
‒ Tu peux me les montrer ? !
‒ Pas si vite ! Arrête de frétiller comme un puceau devant son premier bordel ! On est là pour boire le café, n’oublie pas !

Il referma la montre avec un petit claquement sec, la remit dans son antre et promena son regard sur les clients attablés. « Déjà que Mireille va me faire la gueule en rentrant… Deux noirs, s’il vous plaît… Tu prends un petit marc, avec ? Hein ? On se doit bien ça, non ? Et deux marcs… Ah… cognac, alors ? Non plus ? De la grappa !? Richard ? Qu’en dis-tu ? Saleté de guerre… Bon, deux grappas, alors. Et non, file, toi, nos chaussures vont bien !… Tu disais : te les montrer ? »
‒ Ça clouerait le bec à Bougeard !
‒ D’accord… Ah, c’est beau, c’est germanique, l’exactitude ! Regarde : tu vois la fille en cheveux, là ? Derrière celle avec le foulard… Tu vois ? Oui, celle-là. Pas mal foutue, non ?
‒ ?
‒ T’inquiète, c’est pas le retour d’âge. C’est elle. Lui ne devrait pas tarder.
‒ Ils… Ils viennent ici ? C’est pas vrai ! Un contact ?
‒ Un de mes informateurs a fini par les loger et les a suivis jusqu’ici. Ils s’installent en terrasse, et attendent. Deux heures, au grand maximum. Lui lit le journal, toujours
L’Echo d’Alger.
‒ Donc ils attendent quelqu’un…
‒ Ou un signal…
‒ Ah, oui ! Le journal…
– Tiens, voilà l’homme.
– Parfait, il faut que j’aille rendre compte… Et bravo !
‒ Tout doux, ne te presse pas, savoure ton café. Ils étaient là hier, je parie qu’ils seront encore là demain. Tu sucres ? Du calme, tu t’agites, tu t’agites, c’est mauvais pour ton cœur… Et Clara m’en fera le reproche…
‒ Ou Mireille. Bon, tu as leur adresse ?
‒ Tiens, là-dessus. Hmm… Il est bon, leur café. Mireille me le fait toujours trop tiède, ça fait bientôt quarante ans que je le lui dis. Ils ont bien sûr des papiers en règle, mais tu sais ce que c’est… : Van der Stel. Monsieur, madame. Chambre commune. Remarque, c’est possible. Lui est censé être journaliste au
Citizen, au Cap. Pas au Die Transvaaler, quand même. Ne fais pas cette tête : tu voulais que je m’occupe… Hein qu’il est bon ? Du vrai café, ça ! Et puis, hier, ils seraient allés à la Grande Poste. Moi aussi, l’autre jour : j’ai câblé au Citizen, pas évident, surtout pour moi. Je te passe les détails. Ça a donné : ils ont bien un Van der Stel, mais il est en Argentine…
‒ Pour un vieux débris, tu t’es pas mal débrouillé !
‒ Pas mal débrouillé, pas mal débrouillé… Rien de bien exceptionnel. Ben dis donc, si c’est ça la grappa, pas étonnant que les Italiens… Enfin… Et puis, ça m’a fait du bien. Ah, au passage, si tu pouvais m’avoir deux ou trois centaines de francs… Tu comprends, il y a le câble, et j’en ai fait, des hôtels et des garnis… Enfin, moi et une ou deux personnes de confiance…
‒ Je vois…. Bon, avec ce que je rapporte, je devrais pouvoir te trouver ça… J’imagine déjà la tête de Bougeard, tiens !



21 avril
Attila est là
Alger
– Après avoir raccroché son pardessus trempé, Dosithée se déchaussa et gagna son fauteuil, dans le salon. Délaissant la une, ses titres ronflants et ses photos martiales, il se mit à éplucher les pages intérieures, ainsi que – vieux réflexe – les petites annonces. Un entrefilet attira bien vite son regard :
« Accident mortel Rue d’Isly – Hier après-midi, un passant a malencontreusement chuté sur la chaussée, rue d’Isly, au moment où survenait le tramway. Le conducteur n’a pu l’éviter et le piéton est décédé. La circulation automobile a été perturbée durant plus de deux heures et la ligne fermée, car le véhicule était immobilisé. La police, rapidement arrivée sur les lieux, a dispersé l’attroupement pour interroger les témoins et porter assistance à une jeune femme, très choquée, qui semblerait être l’épouse de la victime. Cette dernière serait, d’après nos renseignements, un ressortissant du Cap, en Afrique du Sud. »
………
Mostaganem – L’article n’avait pas échappé non plus à Knut Melk (ou se disant tel). Epuisé, il laissa retomber le journal sur le plancher de la chambre miteuse, où une saloperie le clouait au lit depuis plus de trois semaines. Fichu pour fichu, au bout du rouleau, l’homme rassembla ses dernières forces pour rejoindre le commissariat et se rendit à un factionnaire borné et incrédule, qui finit par s’en remettre à l’autorité de son supérieur.
Ainsi s’achevait l’opération Attila, conçue dans la précipitation pour assassiner De Gaulle et Raynaud, rien que ça. Si les services du Reich tels que la Gestapo ou ceux de la SS étaient redoutables en Allemagne et en Europe occupée, force est de constater qu’ils faisaient preuve d’amateurisme pour ce qui était des opérations extérieures.
[Pour de plus amples renseignements sur l’opération Attila et d’autres, voir Guerre secrète, 1939-1944, collectif, Presses de la Cité, 1988 – en attendant la déclassification de certains dossiers, tant de l’IS anglais que de l’ex-OSS ou de la non moins ex-DGSS.]
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Mar 08, 2019 10:10    Sujet du message: Répondre en citant

Huuuuuuum c'était pas Staline OTL ? Une histoire d'Arado 232, de moto et de gars déguisés en soldats du NKVD ?

Impressionnant de voir à quel point les nazis n'arrivaient pas à se détacher du FührerPrincip. Que croyez vous qu'il va se passer si Staline/De Gaulle/Churchill/Roosevelt meurent ? Les armées alliées vont se désintégrer peut-être ?

Ceci me rappelle à quel point Goebels avait placé des espoirs dans la mort de Roosevelt ... Un signe divin qu'il disait Cool Cool Cool Cool Cool Cool
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Anaxagore



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MessagePosté le: Ven Mar 08, 2019 10:38    Sujet du message: Répondre en citant

Ils transposaient .
Que se serait-il passé si Hitler avait été assassiné ?
Les dictatures ne comprendront jamais que la force des démocraties est qu'un président se remplace facilement contrairement à "Der Chef" qui vu qu'il se trompe jamais même quant il a tort est évidemment le seul cerveau de la dictature.
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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requesens



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MessagePosté le: Sam Mar 09, 2019 11:48    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Huuuuuuum c'était pas Staline OTL ? Une histoire d'Arado 232, de moto et de gars déguisés en soldats du NKVD ?


Bonne mémoire Dan Very Happy
Il s'agissait de l'opération Zeppelin, un couple d'agents allemands devaient tuer Staline avec une arme dont les balles etaient empoisonnées.
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