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La guerre vue d'Argentine, par Demolition Dan
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Hendryk



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MessagePosté le: Jeu Oct 11, 2018 21:05    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Cher Hendryk, j'ignore si tu es familier du pays - si ce n'est pas le cas tu risque de t'amuser ici. Je pense notamment à un épisode qui ressemble presque à un sketch. Wink

Pas directement, non. Mes parents y sont allés à deux reprises car ils ont acquis un tropisme latino-américain sur le tard, et un de mes collaborateurs pour WIAF est argentin, mais ça ne va pas au-delà. C'est juste que tout ce que j'ai lu sur l'histoire de ce pays (y compris l'aventure de Corto Maltese, et Mafalda) fait état d'un lamentable gaspillage d'opportunités, par rapport à ce qu'il aurait pu devenir avec des élites à peu près compétentes.

D'ailleurs, tant qu'à parler de l'Argentine dans la BD, cette honorable assemblée connaît-elle Le Poids des nuages? C'est l'histoire d'un avionneur français en disgrâce (un certain "Jean Vatine") qui fonde une usine aéronautique à Buenos Aires et y construit le premier avion à réaction conçu en Amérique du Sud. Toute ressemblance...
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demolitiondan



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MessagePosté le: Jeu Oct 11, 2018 21:31    Sujet du message: Répondre en citant

Alors en ce cas, tu risque de t'amuser - le groupe des conspirateurs est loin d'être uni ... Et même si je n'ai aucune sympathie pour eux, il me faut bien avouer que certains de leurs membres (en l'espèce les vainqueurs ...) ont joué intelligemment ... Bref vous verrez Laughing !

Je connais cette BD - je l'ai dans ma bibliothèque. Pas mal de BD d'aviation sont sorties ces dernières années et font dans le fan service à base de jolies filles dénudées et autres clichés de film holywoodien. Celle-ci a un scénario original et peu commun - un compliment donc ! Cool
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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JPBWEB



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MessagePosté le: Ven Oct 12, 2018 05:11    Sujet du message: Répondre en citant

Hendryk a écrit:
Pauvre Argentine, un pays avec tant de potentiel, mais si mal dirigé...


Tout à fait. L’Argentine est le plus ‘européen’ des pays de LATAM. Avec un développement diffèrent, il est concevable que l’Argentine et l’Uruguay (qui en est une sorte d’appendice) auraient pu rejoindre l’UE a la même époque et dans les mêmes conditions que l’Espagne et le Portugal. Par contre, je ne suis pas très au fait de leur histoire, et je vois mal quel évènement pourrait justifier un POD concernant ces deux pays et enrayer leur lente glissade vers les pronunciamentos militaires et le populisme, et in fine la ruine économique.

Mes parents avaient des amis argentins, de la bonne bourgeoisie de Buenos Aires, qui disaient que ‘l’Argentin est un Italien qui parle espagnol, joue à passer pour un gentleman anglais et rêve secrètement d’être français’. Je suppose que c’était un adage qui avait cours dans leur milieu et ne s’appliquait pas aux péons de Patagonie, mais en ce qui les concernait, je peux attester qu’ils en étaient la personnification même.

Très intéressante rubrique, en tout cas.

C’est dommage que l’Argentine ait peu de perspective de rejoindre les Alliés, car leur marine serait un appoint utile. Ce serait spectaculaire de voir leurs deux Dreadnoughts Rivadavia et Moreno participer aux débarquements en Provence et en Normandie. C’étaient des cuirassés construits et modernises aux Etats-Unis, comparables à leurs contemporains New York et Texas de l’US Navy. Mais il est vrai que leurs rivaux et adversaires putatifs de la marine brésilienne Minas Geraes et São Paulo n’ont pas non plus participé aux opérations militaires, bien que le Brésil ait rejoint les Alliés.
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Archibald



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MessagePosté le: Ven Oct 12, 2018 08:12    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Pas mal de BD d'aviation sont sorties ces dernières années et font dans le fan service à base de jolies filles dénudées et autres clichés de film holywoodien.


Je plussoie. Ca doit faire a peu près 15 ans, depuis le début des années 2000, il y en a tellement j'en ai perdu le compte. Je pense à celle avec les Super Etendards (missions Kimono) et un paquet d'autres.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Oct 12, 2018 09:28    Sujet du message: Répondre en citant

7 mars 1943
Le GOU est mécontent
Buenos-Aires
– C’est dimanche et avant d’aller à la messe, les membres du Groupe des Officiers Unis se réunissent pour la première fois dans une baraque discrète du quartier de Puerto Madero afin d’avoir une courte séance plénière. Il ne sera pas nécessaire de renouveler trop souvent cette assemblée… non que les intéressés se sentent très menacés par la police politique de Castillo, mais en vérité, ils se connaissent tous.
Le corps des officiers des Fuerzas Armadas de la República Argentina – c’est-à-dire l’Armée de terre et la Marine – conserve en effet une grande unité sociale. Il s’agit essentiellement d’aristocrates et plus largement d’hommes de la classe supérieure, qui luttent pour maintenir leur suprématie face aux nouveaux promus issus de la classe moyenne et prompts à bouleverser l’ordre établi. Pour conserver leur pouvoir, ces officiers sont même prêts à faire taire leurs propres divisions, entre nationalistes proches de l’Eglise catholique et libéraux partisans d’un rapprochement plus étroit avec les puissants soutiens économiques de la Concordancia.
Les membres du groupe sont encore orphelins du général Agustín Pedro Justo, leur chef historique et incontesté, qui avait su maintenir tout à la fois l’unité de l’armée et son lien avec le monde politique. Hélas, l’intéressé, qui devait succéder à Castillo en 1943, est décédé le 11 janvier, provoquant la reprise en main du gouvernement par la Concordancia, donc le mécontentement des militaires. Le GOU est en somme une sorte d’instance de réflexion concrétisant ce mécontentement. La majorité de ses membres ne sont d’ailleurs pas des généraux, mais de simples colonels ou lieutenants-colonels – les principaux responsables resteront dans l’ombre. Mais ils marqueront l’idéologie du groupe : nationaliste, anticommuniste, neutraliste et (pour la forme) soucieux de mettre fin à la corruption et à l’exploitation éhontée du pays pratiquée par les précédents gouvernements. Tout juste sait-on aujourd’hui que les fondateurs du GOU auraient été les colonels Juan Carlos Montes et Urbano de la Vega ou (selon les sources) le colonel Enrique González et le général Emilio Ramírez. Enfin, son premier et unique président aurait été le père de Ramírez, lui-même général en retraite.
Ce 7 mars, les membres du GOU constatent la dérive actuelle de l’Argentine sous l’impulsion autoritaire du président Castillo, et concluent à la nécessité d’une reprise en main urgente du pays. Or, depuis la mort du général Justo, la place de chef est à prendre ! Chaque officier supérieur dirige désormais ses troupes de façon autonome et selon ses propres impératifs, en obéissant de temps à autre aux ordres du gouvernement. Le successeur de Castillo ne saurait laisser perdurer pareille situation après son intronisation – la fenêtre d’opportunité est donc clairement entre aujourd’hui et les élections présidentielles. Après, il sera trop tard.
Avant de se disperser, les comploteurs décident de nommer un comité informel destiné à préparer la future action : les colonels Enrique P. González, Emilio Ramírez, Eduardo Ávalos et Juan D. Perón. Ce dernier est un parvenu, insignifiant descendant d’une famille sarde d’éleveurs de moutons installée en Patagonie et ancien moniteur de ski de Mendoza. C’est un fidèle de Justo, à qui il doit son ascension de l’Ecole Militaire jusqu’à l’Académie de Guerre. Enfin, politiquement, c’est un partisan d’une forme de social-démocratie bizarrement teintée de fascisme italien. Autant dire qu’il ne devrait pas faire d’ombre à ses collègues…


14 mai 1943
L’Abwehr se disperse
Buenos-Aires
– Après une première prise de contact et quelques rapports, le responsable de l’Abwehr en Amérique du Sud, Becker (Sargo) juge la cellule actuelle décidément trop exposée et décide de disperser ses membres. Wolf Franczok (Luna) rentre donc du Paraguay à Buenos-Aires afin de centraliser les données, laissant Hartmuth (Guapo) seul au Paraguay. Lange (Jansen) part quant à lui vers le Chili “Sargo” espère ainsi gagner en efficacité, mais aussi en discrétion. Puis il retourne cultiver ses contacts dans l’Armée argentine…


3 juin 1943
Un poste à prendre
Camp militaire de Campo de Mayo, Buenos-Aires
– Le général Pedro Pablo Ramírez (à ne pas confondre avec le colonel Ramírez… son fils) est venu rendre visite à son collègue le général Arturo Rawson, chef du camp de cavalerie tout proche de la capitale. Celui-ci est membre du Parti national démocrate conservateur, un catholique traditionnaliste dans la plus pure tradition de l’aristocratie argentine. Autant dire que face à un libéral comme son visiteur, et même si ce dernier lui donne du « cher ami », il reste sur la réserve et que l’entretien se déroule dans une ambiance franchement… fausse.
Toutefois, il devient vite évident que Ramírez est venu annoncer les derniers remaniements décidés par le président Castillo – et surtout s’en plaindre. En vérité, le buté politicien qui se trouve à la tête de l’Etat a exigé sa démission après le conseil ministériel du 18 mai dernier ! Cela sous prétexte d’obscures négociations que le général aurait menées pour devenir candidat à la Présidence sous l’étiquette “Union démocratique” : une alliance qui aurait regroupé tout à la fois l’Union civique radicale, le Parti socialiste, le Parti progressiste démocratique… voire même le Parti communiste, mais Ramírez évite de s’attarder trop longuement sur ce dernier point.
D’un air entendu, l’ex-ministre considère Rawson et lance brusquement : « Je crois que la corruption de ce gouvernement et son exploitation éhontée des richesses argentines pour le bénéfice de puissances étrangères qui nous ont de tout temps été hostiles doit cesser immédiatement. Nous avons tous deux à cœur, j’en suis sûr, de défendre notre pauvre nation des menées des capitalistes et de leurs valets. Mais… que puis-je faire dans ma position actuelle ? J’ai bien considéré la voie politique classique – comme je vous l’ai dit, “on” m’a proposé de diriger un groupe d’opposition, l’Union démocratique. Mais le Parlement est si conservateur ! Il faudrait donc s’en passer, pour son propre bien. Et je ne doute pas, général Rawson, que vous soyez d’accord avec moi. Je n’ignore rien de vos échanges avec vos amis à l’hôtel Jousten le 25 mai dernier – évidemment, je vous ai couverts ! Dans un premier temps, j’avais envisagé de venir vous voir aujourd’hui avec le représentant d’un groupe somme toute compatible avec vos idéaux, le Groupe des Officiers Unis. Malheureusement, le colonel Edelmiro Julián Farrell, l’un de ses chefs, qui devait m’accompagner pour cette visite, est absent pour des raisons personnelles. Il était censé m’envoyer son adjoint, le colonel Perón… mais impossible de contacter cet homme ! Bref… Ces gens ne m’en voudront pas de parler en leur nom. Avez-vous envisagé une carrière en politique, général ? Pour une candidature à la Présidence qui pourrait être déclarée… dès demain ? »
Le général Rawson considère d’un œil neuf son interlocuteur, puis se carre confortablement dans son fauteuil, les mains croisées devant lui… L’idée de voir un parvenu comme Robustiano Patrón Costas accéder à la fonction suprême ne lui a jamais plu. Bien que conservateur, cet aristocrate de province et médiocre sucrier a transformé sa province de Salta en un état quasi-féodal entièrement consacré à enrichir les Anglais… et sa propre personne. Nul doute que, s’il arrive au pouvoir, ce sera par une fraude massive (ce qui est admissible) et pour neutraliser une fois pour toutes l’influence de l’Armée sur l’Etat (ce qui l’est beaucoup moins). Avec un sourire de hyène, il propose d’étudier immédiatement la question.

Ambassade du Reich, Buenos-Aires – A la nuit tombée, les fonctionnaires du Reich ne s’arrêtent pas pour siroter un Fernet-Branca dans la douceur de l’automne austral – ce qui était pourtant l’habitude de certains dans cette affectation somme toute peu exposée. Passant d’un bureau à un autre, une foule de dossiers et d’archives finissent tous dans la cheminée ! Car un message urgent est arrivé ce matin de la Wilhelmstraße : un coup d’état est probable pour demain ! Dans l’incertitude quant à la politique du futur gouvernement, et compte tenu de la correspondance fournie échangée ces quatre dernières années entre l’ambassade et Berlin, il parait inutile de prendre le moindre risque. Ce manège, rigoureusement confiné à l’intérieur du bâtiment, passe inaperçu des policiers en faction.


4 juin 1943
Un putsch dans les règles de l’art
Camp militaire de Campo de Mayo, Buenos-Aires
– Dès l’aube, une agitation inhabituelle parcourt le camp militaire. Le général Rawson harangue ses hommes, pestant contre la corruption du président Castillo et le pillage de l’Argentine. A ces côtés, le colonel Elbio Anaya, qui commande l’infanterie de la garnison, ne cache pas sa satisfaction et son accord avec les propos de Rawson. Ce grand humaniste, responsable de la répression sanglante des grèves ouvrières de Patagonie en 1921, est très à son aise dans cet exercice musclé.
Peu après, 8 000 hommes en armes quittent Campo de Mayo et se dirigent vers le palais présidentiel, encadrés par des officiers de confiance comme le colonel Fortunato Giovannoni, le lieutenant-colonel Tomás A. Ducó (12) et le colonel Ramírez. Ce dernier, en particulier, est tout sourire. Et pour cause, c’est bien sûr le fils du général Ramírez qui avait rendu visite à Rawson la veille !
Le président Ramón Castillo ne devrait pas être surpris par cette action militaire, somme toute prévisible dans le contexte actuel. D’ailleurs, ce rusé politicien a déjà déjoué et fait avorter un grand nombre de conspirations, comme celle montée par le syndicaliste radical Emilio Ravignani, ou celle combinée par le radical Ernesto Sanmartino et (déjà !) le général Arturo Rawson ! Toutefois, improvisé en quelques heures (13), le putsch prend à peu près tout le monde de court – c’est sûrement une conséquence de l’absence de civils dans le mouvement, ces hommes politiques sont si bavards !
Mais surprise ne veut pas dire absence de réaction. En arrivant à l’Ecole des officiers de Marine du quartier de Núñez, les insurgés tombent sur des forces loyalistes commandées par quelques élèves officiers exaltés. Il faut donner l’assaut – il en coûtera une trentaine de morts et presque cent blessés. Comme le roi Zog sous d’autres cieux, le président Castillo profite du temps gagné pour abandonner la Casa Rosada (la maison rose – le palais présidentiel) et embarquer sur le chalutier Drummond avec quelques fidèles. Le bateau se dirige vers l’Uruguay, tandis que les troupes rebelles envahissent le palais déserté sous le soleil de midi.
Déserté ? Pas tout à fait : une délégation constituée des généraux Ramírez et Juan Pistarini et du colonel Farrell reçoit le général Rawson et ses hommes dans une ambiance feutrée. Le double jeu du général Ramírez est déjà évident, mais ses deux complices ne s’opposeront pas davantage aux putschistes ! Farrellest l’un des dirigeants du Groupe des Officiers Unis, même s’il ne le revendique pas ; de surcroît, il a servi durant deux ans dans un régiment alpin italien, et ne cache pas ses sympathies fascistes. Quant à Pistarini, c’est un proche de Justo, ancien ministre des Travaux Publics sous son gouvernement (14) et un complice de longue date des entrepreneurs allemands et de leurs maîtres. Autant dire que Rawson est accueilli en ami au palais présidentiel, et que l’intéressé se sent très vite chez lui.
La nouvelle de la « mise sous protection de la nation » est annoncée en tout début d’après-midi à la radio et lors d’une conférence de presse. Elle recueille l’assentiment général, avec un enthousiasme plus ou moins vif et plus ou moins sincère. Seuls les responsables du Parti communiste font grise mine – mais leur avis ne compte évidemment pas. Suprême ironie, les ambassades britannique et américaine accueillent le gouvernement issu du putsch avec compréhension et même satisfaction, se félicitant du « courage » des mutins. L’ambassadeur anglais Sir David Kelly parlera même de « cris de satisfaction ». Pour tous, il paraît évident que la Junte sera plus malléable que le précédent gouvernement, et ce quelle que soit son orientation politique exacte.
Dans ces conditions, on voit mal comme Ramón Antonio Castillo Barrionuevo aurait eu la moindre chance de revenir au pouvoir. De fait, aucun pays ne se proposera d’accueillir le vieux roublard, qui retraversera finalement le Rio de la Plata quelques semaines plus tard. Arrêté, il sera relâché par le nouveau gouvernement après un mois de détention – l’individu n’était plus jugé dangereux. Il mourra en octobre 1944, dans la misère : sur son compte en banque, il ne restait que 47 pesos et 25 cents. Ses proches durent donc se cotiser pour enterrer un homme qui avait pourtant été l’un des plus riches du pays.
Dans sa cachette, indifférent au sort de l’ancien président, Sargo observe avec satisfaction le chaos qui s’est installé sur la scène politique argentine. Tout ce cinéma pourrait bien perturber les approvisionnements alliés, et l’Allemand pense – peut-être à juste titre – qu’Anglais et Américains se font une fausse image des nouveaux maîtres du pays…


5 juin 1943
La discorde chez les putschistes
Buenos-Aires
– A présent bien installé dans le bureau présidentiel de la Casa Rosada, le général “président de facto” Rawson prépare la liste des ministres de son futur cabinet. Mais même si l’officier pétri de certitudes ne s’en rend pas encore compte, ses choix risquent très vite de lui poser des… difficultés. En effet, bien qu’il ait été le bras armé du renversement de la Concordancia, Rawson est surtout un traditionnaliste. Pour lui, selon l’expression fameuse, « il faut que tout change pour que rien ne change ». D’ailleurs, son groupe des « généraux de Jousten » était presque exclusivement composé d’obligés de Castillo, tels que les généraux Diego Isidro Mason et Sabá Sueyro et le contre-amiral Benito Sueyro (frère du précédent).
Dans l’après-midi, le fameux Ernesto Sammartino de l’UCR, qui avait déjà tant comploté pour l’éviction de l’ancien président, se présente sur convocation à la Casa Rosada et pour donner son avis sur la composition du cabinet. Peut-être ce rusé homme de l’ombre pourrait-il inviter Rawson à… aménager quelque peu ses nominations, afin de ménager ses alliés de circonstances ? Mais il n’en aura jamais l’occasion – pour une raison inconnue et étrangement opportune, les gardes du palais négligent de prévenir le général-président de l’arrivée de Sammartino, qui repart comme il est venu.
En fin de journée, Rawson dévoile donc son futur gouvernement à ses “amis” insurgés. Il est très marqué à droite, et fait la part belle aux proches de l’ancien régime : on y trouve le général Domingo Martínez, l’historien nationaliste José María Rosa et le vieil Horacio Calderón, un conservateur bon teint, ancien ministre de l’Agriculture du président Victorino de la Plaza en 1916 ! La liste ne déchaine pas l’enthousiasme. Le général Pedro Pablo Ramírez et les quatre colonels l’accueillent avec force toussotements et raclements de gorge. Finalement, Ramírez annonce qu’il refuse catégoriquement de soutenir ce gouvernement. Toutefois, Rawson s’entête et reste inflexible, agrippé à ses positions comme Belgrano au Campichuelo ! Les putschistes se séparent dans une atmosphère lourde de menaces…


6 juin 1943
Tour de vis
Buenos-Aires
– La nuit est passée dans le palais présidentiel sans qu’Arturo Rawson ne daigne amender son gouvernement. Arc-bouté sur ses principes, le général-président prépare ses nominations prévues pour le lendemain, en affectant de mépriser ses anciens complices. Lesquels enchainent les visites discrètes auprès des responsables des divers mouvements politiques, dont les radicaux de l’Union démocratique. Grand bien leur fasse !
Pendant ce temps, Rawson donne un nouveau de tour de vis social : sous d’obscurs prétextes, il fait arrêter les directeurs de la Fédération des Travailleurs de l’Industrie de la Viande, avant de déporter les intéressés en Terre de Feu sans aucun procès. Les locaux du mouvement syndical sont fermés et son secrétaire général, José Peter, envoyé en prison sans passer par la case Jugement. Il y restera seize semaines – il faut croire que son mouvement corporatiste de défense des travailleurs gênait ce secteur vital de l’économie argentine. Voilà qui augure bien de la suite, semble penser (discrètement) tout un chacun près du Rio de la Plata…


7 juin 1943
C’est finalement le général Ramírez qui sera président…
Buenos-Aires
– Arturo Rawson n’a pas bougé de la Casa Rosada depuis maintenant 48 heures. Il prévoit de convoquer le Parlement avant la fin de la semaine pour sa prestation de serment. Après, il faudra bien déclarer la guerre à l’Allemagne, pour complaire aux Alliés… C’est un détail : quelle influence cela pourrait-il avoir sur l’avenir du pays ? Mais pour l’instant, le plus urgent pour Rawson est de consolider son pouvoir en convoquant les principaux responsables politiques, une démarche sage mais un peu tardive.
En effet, dans son bureau encombré de dossiers et papiers divers, ce n’est pas Ernesto Sammartino qui se présente, mais bien le colonel Elbio Anaya ! Sans faire mine de lever la tête de ses papiers, le Président de facto s’enquiert avec une froideur affichée des raisons de la présence de cet importun – qui ne peut être qu’un représentant du Groupe des Officiers Unis ! Mais il l’entend répondre d’un air faussement attristé : « Général Rawson, je crains qu’il n’y ait un malentendu. Je suis navré de vous apprendre que le général Pedro Pablo Ramírez vient d’être déclaré président de l’Argentine par les partis politiques rassemblés en Congrès. Souhaitez-vous que je fasse porter vos affaires à Campo de Mayo ? »
Arturo Rawson relève la tête, pour tomber sur un visage souriant. L’homme ne plaisante pas ! Il est venu avec une escouade de militaires, prêts à offrir cordialement leurs bras pour faciliter le déménagement… Sans un mot, mais en étouffant de rage, le général insiste pour signer une lettre de démission, puis rassemble ses effets personnels. Dans un geste de défi quelque peu dérisoire, il refuse l’escorte militaire proposée et rentre en ses quartiers dans une unique jeep militaire. Certains diront même qu’il a tenu à la conduire lui-même ! Sur le perron, Anaya le regarde partir. Une bonne chose de faite ! (15)
La junte se débarrassera rapidement d’Arturo Rawson en le nommant ambassadeur au Brésil – une gageure et un cadeau empoisonné, au vu des relations tendues entre les deux pays, sous l’ombre pesante du géant américain. Par la suite, le général-président déchu se fera de nouveau remarquer en appuyant les tentatives de renversement du gouvernement en 1945 et 1951 – pour cela, il sera plusieurs fois traduit devant divers tribunaux militaires, qui le condamneront à de courtes peines d’emprisonnement. Amère et insignifiant, il écrira un ouvrage historique intitulé Argentina y Bolivia en el épico de la emancipación avant de mourir d’une crise cardiaque en 1952 à Buenos Aires.
………
Sitôt Rawson parti, le général Pedro Pablo Ramírez, dûment élu président, se met à l’œuvre. Sa connaissance fine des rouages politiques, acquise pendant son ministère sous Castillo, lui a sûrement été fort utile… L’homme forme immédiatement son cabinet, composé presque exclusivement de militaires et au sein duquel on retrouve quelques noms connus – y compris de Rawson :
Vice-président : général Sabá Sueyro,
Ministre de l’Economie et des Finances publiques : Jorge Santamarina,
Ministre de l’Intérieur : colonel Alberto Gilbert,
Ministre des Affaires étrangères : contre-amiral Segundo Storni,
Ministre de la Justice et de l’Instruction Publique : colonel Elbio Anaya,
Ministre de la Marine: contre-amiral Benito Sueyro,
Ministre des Finances : Jorge Santamarina,
Ministre de la Guerre : général Edelmiro J. Farrell,
Ministre de l’Agriculture : général Diego I. Mason,
Ministre des Travaux publics : vice-amiral Ismael Galindez.
De fait, la seule personnalité civile est Jorge Santamarina, l’héritier de Joaquín Ramón Santamarina Cesáreo Manuel – un authentique et légendaire self-made man ayant débarqué à 16 ans dans Buenos-Aires pour faire fortune dans l’élevage de bovins et la vente de charrettes. Son descendant peut paraitre moins aventureux – outre sa fonction de chef de l’entreprise familiale, c’est l’un des principaux membres du Conseil de Réglementation des Grains. Une certaine vision du changement, donc…
Détail important, aucun membre notoire du Groupe des Officiers Unis n’a été désigné. Mais Ramírez n’a pas oublié ses plus proches fidèles : il a nommé le colonel Enrique González chef du secrétariat privé de la Présidence et le colonel Emilio Ramírez, soit son propre fils, chef de la police de Buenos-Aires ! Enfin, on remarquera que Farrell a été promu général de brigade.
Deux autres personnalités font leur entrée en politique. Juan D. Perón est nommé assistant et chef de cabinet d’Edelmiro Farrell, le ministre de la Guerre. Le colonel demandera très vite à s’occuper aussi, officieusement, du département du Travail – un domaine pour ainsi dire en friche… Enfin, l’homme a sûrement ses raisons ! Quant au général Juan Pistarini, il récolte le titre de commandant du Campo de Mayo en remplacement de Rawson – dans ce domaine comme dans bien d’autres, mieux vaut prévenir que guérir.
Passé les congratulations d’usage, chacun s’accorde sur la nécessité de poursuivre le travail engagé par Arturo Rawson en réprimant les groupes politiques déviants et en limitant les libertés individuelles – enfin, encore plus qu’elles ne le sont déjà. Les jours qui suivront, les arrestations se multiplieront, frappant notamment les membres du Parti communiste, voués à être déportés en Patagonie. Les dirigeants “collectivistes” qui pourront y échapper fuiront en Uruguay ou bien passeront dans la clandestinité.


Notes
12- Pour l’anecdote, Ducó est aussi président du club sportif CA Huracán.
13- L’historien José Romero évoquera longuement une « manœuvre de sauvetage d’un groupe influencé par les nazis ».
14- A ce titre, il est responsable du premier projet d’aéroport international situé en périphérie de Buenos-Aires.
15- Rawson est le second président d’Argentine ayant eu le mandat le plus court – trois jours. Le record reste toutefois détenu par Frederico Pinedo, en 2015 – lequel ne resta au pouvoir que 12 heures ! Mais dans des conditions très différentes…
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Oct 12, 2018 09:30    Sujet du message: Répondre en citant

J'ose espérer que certains auront repéré l'inspiration du titre du 7 juin… Wink
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requesens



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MessagePosté le: Ven Oct 12, 2018 10:58    Sujet du message: Répondre en citant

Hendryk a écrit:
demolitiondan a écrit:

et Mafalda) fait état d'un lamentable gaspillage d'opportunités, par rapport à ce qu'il aurait pu devenir avec des élites à peu près compétentes.


En 1914 l'Argentine faisait partie des 10 premières économies mondiales, en 2017 elle est 21 eme en terme de PNB.

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Hendryk



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MessagePosté le: Ven Oct 12, 2018 11:34    Sujet du message: Répondre en citant

Il y a des pays dont on se demande pourquoi ils s'embarrassent d'une armée, vu que tout ce qu'elle sait faire, c'est renverser le régime civil.
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loic
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MessagePosté le: Ven Oct 12, 2018 11:47    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
J'ose espérer que certains auront repéré l'inspiration du titre du 7 juin… Wink

Ah oui, je viens de réaliser, bravo !
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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JPBWEB



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MessagePosté le: Ven Oct 12, 2018 12:18    Sujet du message: Répondre en citant

Hendryk a écrit:
Il y a des pays dont on se demande pourquoi ils s'embarrassent d'une armée, vu que tout ce qu'elle sait faire, c'est renverser le régime civil.


Selon les époques, il y a pas mal de pays dans lesquels l'armée est moins un instrument de politique extérieure et plus un acteur de politique intérieure. Ca a même été le cas de la France à certains moments de son histoire.

Pour le cas de l’Argentine, les occasions ont été rares pour ses forces armées de faire ce pour quoi elles existent, mais lors de la guerre de 1982, la marine et l’aviation ont fait plutôt bonne impression, militairement parlant, et ont donné du fil à retordre aux Britanniques. L’armée de terre a fait nettement moins bonne figure, mais c’était notamment parce que son contingent dans les Falklands était composé d’appelés et non de professionnels. Globalement, la campagne n’a pas été une promenade de santé pour les Britanniques, malgré leur professionnalisme, leur très nette supériorité matérielle et l’appui discret mais déterminant des Etats-Unis.

En Argentine comme ailleurs, c’est surtout sur le plan politique que les militaires se ridiculisent chaque fois qu’ils prennent le pouvoir. La plupart du temps, ils finissent par rendre le pouvoir aux civils simplement parce qu’ils ne savent plus quoi faire pour se sortir de l’ornière dans laquelle leur incompétence les a englués.
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Alias



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MessagePosté le: Ven Oct 12, 2018 12:40    Sujet du message: Répondre en citant

Hendryk a écrit:
Il y a des pays dont on se demande pourquoi ils s'embarrassent d'une armée, vu que tout ce qu'elle sait faire, c'est renverser le régime civil.


C'est ce qu'a compris le Costa Rica, qui a aboli la sienne après un énième coup d'état.
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Archibald



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MessagePosté le: Ven Oct 12, 2018 13:24    Sujet du message: Répondre en citant

Alias a écrit:
Hendryk a écrit:
Il y a des pays dont on se demande pourquoi ils s'embarrassent d'une armée, vu que tout ce qu'elle sait faire, c'est renverser le régime civil.


C'est ce qu'a compris le Costa Rica, qui a aboli la sienne après un énième coup d'état.


Voilà qui est radical mais pour le moins efficace. Encore qu'ils pourraient bien avoir besoin de forces armées (et même très, très bien armées) pour faire le ménage sur certaines de leurs iles - je pense a Isla Sorna et Isla Nublar (les connaisseurs apprécieront - un indice, chez vous: eeeeeek !!!)

Citation:
Ah oui, je viens de réaliser, bravo !


Pas moi !
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requesens



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MessagePosté le: Ven Oct 12, 2018 13:39    Sujet du message: Répondre en citant

[quote="JPBWEB"]
Hendryk a écrit:


En Argentine comme ailleurs, c’est surtout sur le plan politique que les militaires se ridiculisent chaque fois qu’ils prennent le pouvoir. La plupart du temps, ils finissent par rendre le pouvoir aux civils simplement parce qu’ils ne savent plus quoi faire pour se sortir de l’ornière dans laquelle leur incompétence les a englués.


Le problème est que les civils ne font pas beaucoup mieux!. Depuis le retour de la démocratie :
Carlos Menem : 10 ans au pouvoir, condamné à de la prison ferme pour corruption
Suivi par E. Duhalde : sous son mandat, le pays fait virtuellement faillite. Les avoirs bancaires sont gelés ( " corralito") et le pays ne rembourse plus ses dettes.
Suivi de N. Kirchner : renegocie les dettes internationales mais decéde d'une crise cardiaque , il est remplacé par ...sa femme Cristina. Pour paraphaser ( modestement ) Audiard, c'est curieux chez les argentins, ce besoin d'avoir un couple au pouvoir ( Juan et Eva Perron )
Cristina Kirchner: actuellement poursuivie par la justice pour corruption. D'après la presse le patrimoine familial aurait été multiplié depuis l'accesion des époux au pouvoir !.
Le problème de fond du pays et malheureusement de bien d'autres est que les élites au pouvoir accaparent les richesses du pays au détriment du plus grand nombre. Un éonimiste américain parle " d'élites cannibales".
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Oct 12, 2018 14:14    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Ce serait spectaculaire de voir leurs deux Dreadnoughts Rivadavia et Moreno participer aux débarquements en Provence et en Normandie. C’étaient des cuirassés construits et modernises aux Etats-Unis, comparables à leurs contemporains New York et Texas de l’US Navy. Mais il est vrai que leurs rivaux et adversaires putatifs de la marine brésilienne Minas Geraes et São Paulo n’ont pas non plus participé aux opérations militaires, bien que le Brésil ait rejoint les Alliés.


Bof, tant d'efforts pour deux cuirassés qui font surtout de la réprésentation face à leurs homologues. OTL (et FTL) les alliés ont refusés l'entrée en guerre de l'Argentine. D'ailleurs, les brésiliens nous ont acheté le Foch essentiellement pour contrer le 25 de Mayo. Mais évidemment merci du compliment Cool

Citation:
Il y a des pays dont on se demande pourquoi ils s'embarrassent d'une armée, vu que tout ce qu'elle sait faire, c'est renverser le régime civil.


Ils sont eux-même très occupés à se trahir entre eux à l'évidence. Laughing

Citation:
Casus Frankie a écrit:
J'ose espérer que certains auront repéré l'inspiration du titre du 7 juin… Wink

Ah oui, je viens de réaliser, bravo !


Je confesse aussi ma perplexité. Même si cette formulation ne m'est pas inconnue.

Citation:
Voilà qui est radical mais pour le moins efficace. Encore qu'ils pourraient bien avoir besoin de forces armées (et même très, très bien armées) pour faire le ménage sur certaines de leurs iles - je pense a Isla Sorna et Isla Nublar (les connaisseurs apprécieront - un indice, chez vous: eeeeeek !!!)


Ne parlerait-on pas de carcasses d'animaux reptiliens et 'aberrants' nettoyées au lance-flamme ? Rolling Eyes

Citation:
Le problème de fond du pays et malheureusement de bien d'autres est que les élites au pouvoir accaparent les richesses du pays au détriment du plus grand nombre. Un éonimiste américain parle " d'élites cannibales".


Certes ... mais au vu de la politique des USA en Argentine, ca leur va bien de donner des lecons tiens ! Very Happy
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Oct 12, 2018 14:28    Sujet du message: Répondre en citant

Archibald a écrit:
Citation:
Ah oui, je viens de réaliser, bravo !


Pas moi !


Bon, deux indices…

C’est finalement le général Ramírez qui sera président…

Dans l'inspiration, ça ne se passe pas à Buenos-Aires mais à Santiago du Chili (la porte à côté, vu d'ici). Et il ne s'agit pas d'un général…
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