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Julius, pilote de guerre - par Etienne
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Etienne



Inscrit le: 18 Juil 2016
Messages: 1147
Localisation: Faches Thumesnil (59)

MessagePosté le: Lun Juin 25, 2018 21:43    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Vous connaissez le meme ... THERE IS NO GIRL ON THE INTERNET ! Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing

Sauf en images... Evil or Very Mad
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Dieu est une femme. La preuve : On dit toujours qu’il vaut mieux voir le Bon Dieu que ses seins.
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houps



Inscrit le: 01 Mai 2017
Messages: 366

MessagePosté le: Lun Juin 25, 2018 22:31    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
"PS - Auteur… ou autrice, si vous préférez, mais pas auteure, merci."

Nous réclamons à cors et à cris...
bref, autrice, on crie... Arrow
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Timeo danaos et dona ferentes
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Imberator



Inscrit le: 20 Mai 2014
Messages: 2121
Localisation: Régions tribales au sud-ouest de Nîmes.

MessagePosté le: Mar Juin 26, 2018 05:21    Sujet du message: Répondre en citant

Etienne a écrit:
Imberator a écrit:
Mais c'est peut-être, plus simplement, que nos débats, à notre insu bien trop masculins, leurs paressent stériles et puérils.
Lapsus lingue?

Pris la main dans le sac !!!

Ça m'apprendra, non mais...
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Point ne feras de machine à l'esprit de l'homme semblable !
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Etienne



Inscrit le: 18 Juil 2016
Messages: 1147
Localisation: Faches Thumesnil (59)

MessagePosté le: Sam Sep 08, 2018 16:04    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

Boudiou, rien de plus depuis juin? j'ai bien dormi...

Pour la suite, j'aurais besoin de savoir quelle est l'unité de chasse de la Luftwaffe en Italie, côté Monaco…

Si quelqu'un (Pat?) a ça, merci d'avance. Je m'incline devant votre grandeur
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DMZ



Inscrit le: 03 Nov 2015
Messages: 455
Localisation: France

MessagePosté le: Sam Sep 08, 2018 16:29    Sujet du message: Répondre en citant

Le retour ! Le retour !

Bonjour, sire Etienne, il fait grand beau ce jour et vos admirateurs vous souhaitent un bon réveil.
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"Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte." "Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort." Giuseppe Garibaldi
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patzekiller



Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 3102
Localisation: I'am back

MessagePosté le: Sam Sep 08, 2018 17:52    Sujet du message: Répondre en citant

plutôt la JG77, mais à partir d'avril 44 tu peux rajouter ponctuellement des éléments du JG27
tu dois pouvoir aussi trouver les jabo des SG1 et 2, et vu qu'on parle de la frontière des me 109 ou des G55 de la RSI
_________________
www.strategikon.info
www.frogofwar.org
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Etienne



Inscrit le: 18 Juil 2016
Messages: 1147
Localisation: Faches Thumesnil (59)

MessagePosté le: Sam Sep 08, 2018 18:00    Sujet du message: Répondre en citant

Merci!
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Pendjari



Inscrit le: 06 Juin 2018
Messages: 78
Localisation: Nantes

MessagePosté le: Jeu Sep 13, 2018 12:36    Sujet du message: Répondre en citant

Il s'est rendormi ?

JULIUS JULIUS JULIUS !!!! Razz
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"J'ai glissé Chef !"
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Etienne



Inscrit le: 18 Juil 2016
Messages: 1147
Localisation: Faches Thumesnil (59)

MessagePosté le: Jeu Sep 13, 2018 12:47    Sujet du message: Répondre en citant

Tous les jours, je me rendors. Laughing

Mais j'ai aussi le Transportation Plan à œuvrer, sans parler d'autres choses... Wink
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Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


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Messages: 9352
Localisation: Paris

MessagePosté le: Sam Oct 20, 2018 19:37    Sujet du message: Répondre en citant

Certains l'avaient réclamé… Wink

25 mars, Solenzara
– Après une journée de repos et festivités bien mérités, nous nous retrouvons dans le bureau du Patron.
– Bon les enfants, c’est bien joli vos vacances à la montagne, mais avec tout ça, les essais des Dewoitine sont achevés, maintenant…
– Ah mince… Même les évaluations opérationnelles ?
– Oui… Enfin presque, nous n’avons jamais pu engager une mission de combat. Faut dire qu’avec seulement deux avions, ce ne serait pas très prudent. Dewoitine doit nous envoyer des exemplaires de pré-série, on pourra parachever à ce moment-là.
– Et si tu nous envoyais chez Max avec des mécanos ? Avec Popeye, on peut faire une paire qui se rattacherait à une patrouille, ça permettrait de tester en conditions sans attendre les fabrications.
– Ouais, parce que rester ici à essayer des bombardiers, c’est pas une récompense pour ce qu’on a subi…
– Bande d’arsouilles ! Bon, je vais poser la question à l’état-major…
– C’est toujours Pierre qui est en charge pour notre section ?
– Oui, heureusement.
– Alors ça va, on peut préparer nos sacs !
– Pas si vite, nom de Dieu ! Y a une flopée de spécialistes qui arrivent dès aujourd’hui pour voir le Messer, va falloir répondre à leurs questions !
– Combien de temps ?
– Une dizaine de jours, à mon avis, j’ignore ce qu’ils veulent en faire.
– Zut ! Bon, ça nous laissera le temps de reprendre les zincs en mains, je me sens un peu rouillé…

3 avril, 17h04, Cuers-Pierrefeu – Bariolé d’un camouflage fatigué s’écaillant par endroits, un DC-3 aux cocardes tricolores fait son approche sur la piste varoise, survolé à bonne distance par deux monoplaces dont la silhouette rappelle vaguement des souvenirs aux anciens de la 4e EC, toujours stationnée dans le même secteur.
Après l’atterrissage du bimoteur, les deux chasseurs font leur approche, aile dans aile. Contrairement au Douglas, leur peinture brille… par son absence ! Hormis les marquages et le dessus du capot devant le pilote, tout est entièrement métallique. Au sol, les présents peuvent enfin déchiffrer les codes pendant la présentation au dégagement : GEO en noir devant la cocarde de fuselage, et derrière celle-ci un 14 et un 2 jaune aux liserés noirs. Deux noms circulent rapidement dans les bouches, “Jules” et “Dewoitine”, avant que l’olivier et la pierre peints sur le deuxième appareil identifient Popeye pour les habitués.
Parking. Les deux avions sont vite entourés de curieux de tout poil, commentant les détails de nos engins. Averti, le patron de l’escadre, le lieutenant-colonel Vinçotte, Max pour les intimes, doit se frayer un chemin parmi les uniformes, tenues de vol ou bleus de travail. Pas du tout protocolaire, il me presse les mains à ma descente d’avion, visiblement ravi de nous retrouver.
– Salut Jules ! Tu viens nous livrer de nouveaux zincs ?
– Pas tout à fait, mon colonel. On vient achever les essais par des missions de combat réel.
– Au fait, pas de tonneau en arrivant ? Tu perds tes habitudes ?
– Pas vu l’ombre d’une croix gammée, que veux-tu ?
– Ça, les temps changent. On a de moins en moins de contacts avec la Luftwaffe…
– Alors ça veut dire qu’il faudra aller les chercher chez eux. Donc que tu me fournisses des équipiers !
– Pourquoi pas ? Les gars en ont un peu marre de l’appui-sol, et le secteur est calme. Mais on devrait bouger sous peu pour permettre aux autres de souffler un peu et nous de suivre le front, enfin !
Popeye s’approche de nous, rigolard.
– Dites Max, votre fourrier est bien équipé ?
– Bien sûr, Pop. Tu as oublié ton équipement ?
– Ah non, mais on a dû passer par Marseille, et Jules a récupéré une ficelle de plus !
– Aaaah, mais ça se fête, ça mon petit Julot ! Comment as-tu fait, encore ?
Saleté de Popeye, il se venge de n’avoir reçu qu’une banane à sa croix ! Devant un public tout ouïe, je dois donc raconter notre escapade dans la cité phocéenne…
………
Hier soir, Rozanoff vient me voir au mess et m’explique que nous devons modifier un peu notre plan de vol pour passer par Marseille, nous sommes convoqués à l’état-major et… à la présidence du Conseil ! Il dit n’avoir pas plus de précisions sur le motif de ces visites, ce dont je doute, vu son sourire narquois. Par contre, il nous signale que nous pourrions avoir une possibilité de démonstration de nos zincs dans le ciel marseillais, ce sera à confirmer par le contrôle. Tiens, c’est nouveau, ça ? Paraît que c’est pour gonfler le moral des troupes et des civils en exhibant nos avions bien Français, Monsieur ! Va falloir marquer le jour d’une pierre blanche, ou alors il va neiger sur la Canebière et le Vieux Port…
Donc ce matin, décollage en paire vers 7h30, au lever du soleil. Les quelques 370 km sont tranquillement parcourus en trois quarts d’heure. “Bonne Mère”, le contrôle de Marignane, nous confirme la possibilité d’une démonstration à 8h30 au-dessus du Vieux Port, et nous ne nous faisons pas prier outre mesure !
Premier passage à 500 m, histoire de ne pas effrayer le monde au sol en montrant bien nos cocardes. Un large cercle au-dessus de la vieille cité pour reprendre au large et arriver à fond les manettes sur le Vieux Port à 100 m, dans l’axe de la Canebière. Montée en chandelle devant l’Hôtel de ville, nous gardons la puissance pour boucler la boucle, aile dans aile. Nous poursuivons les évolutions ainsi, comme soudés l’un à l’autre, parfois l’un derrière l’autre. A chaque passage près du sol, on aperçoit de plus en plus de gens qui sortent des immeubles, et des véhicules immobiles, leurs passagers descendus. La Gloire, quoi.
Après avoir montré toutes nos possibilités acrobatiques, nous allons nous poser quinze minutes plus tard à Marignane. À peine avons-nous parqué nos avions que deux voitures garnies de fanions s’approchent. De l’une sort Pierre Mathis, tout souriant. De l’autre, des inconnus, costar-cravate, qui semblent tout surpris qu’aussitôt après notre salut presque réglementaire, Pierre nous serre la main en nous tapotant l’épaule. D’un autre côté, les civils étaient déjà surpris de le voir stopper sa voiture pour contempler nos avions en évolution ! Après les présentations d’usage, notre général nous demande si nous avons nos tenues de sortie.
– Euh, Pierre, nous devions aller à l’état-major : notre tenue de vol suffit, non ?
– Malin va, c’est moi qui représente l’état-major, et nous allons à la Présidence. Kostia ne t’a pas prévenu ?
– Si, mais je pensais qu’on se changerait à l’état-major…
– Ne pense pas, dans ce genre de situation ! Vos tenues sont dans vos sacs ?
– Oui, bien sûr…
– Alors prenez-les et direction le mess, vous vous y changez fissa !
Aussitôt dit, aussitôt fait, accompagnés des civils éberlués, sauf que nos tenues sont légèrement froissées. Mathis appelle un planton pour les repasser illico, pendant que l’on enfile le reste. Spectacle que nous deux en chemise et caleçon dans le mess, attendant nos effets, sous le regard goguenard des autres pilotes et des civils… Heureusement, le gusse est habitué de ce genre de situation et nous ne perdons pas trop de temps pour nous engloutir aussitôt dans les voitures, qui démarrent en trombe. C’est bien connu, le Président du Conseil n’attend pas !
De Marseille, je n’ai connu que le port en 40, quand nous avions embarqué pour l’Afrique. Aussi suis-je complètement perdu dans le dédale des rues, ce qui n’a aucune importance puisque je ne conduis pas. Mais nom d’un chien, j’aurais aimé avoir le temps de visiter, ce qui ne sera pas le cas d’après Pierre. Arrêt devant une grande bâtisse, des plantons viennent nous ouvrir les portes, et nous en suivons rapidement d’autres qui nous mènent à l’intérieur. Un huissier ouvre les battants d’une énorme porte à notre arrivée, et nous pénétrons dans le bureau du Général, une pièce immense. Le Président du Conseil, en uniforme, discute avec d’autres militaires et quelques personnes en civil devant une grande carte épinglée au mur, il se retourne à notre entrée. Nous saluons.
– Repos, Messieurs. Je ne vous attendais pas de sitôt, Houbois, mais à cette célérité et à votre tenue, j’imagine que je peux féliciter le général Mathis… ?
– Euh… Certes, mon Général !
– Parfait, j’aime votre franchise ! Je vous avouerais que j’étais quelque peu sceptique quant au succès de cette entreprise, mais vous vous en êtes remarquablement sortis, j’oserais dire comme à votre habitude, Houbois. Et vous aussi, capitaine Peille, votre attitude a été parfaite à ce que j’ai pu lire. J’ai d’ailleurs pu voir dans votre démonstration acrobatique que vous faisiez la paire, si j’ose dire.
– Merci, mon Général ! [en chœur]
– J’ajoute que je veux vous remercier, au nom de la France, pour cet apport technologique qui ne peut que nous rendre une certaine avance dans ce domaine, si j’en juge par les appels empressés de nos chers alliés à ce sujet.
– Merci, mon Général ! [en chœur]
– Capitaine Peille, votre dernier avancement est trop récent pour que l’Amirauté en accepte un autre de suite, mais elle ne peut me refuser le privilège et le plaisir de vous nommer Chevalier de la Légion d’Honneur.
– Merci, mon Général !
– Capitaine Houbois, Non seulement l’État-Major Général Air ne s’oppose pas à un avancement malgré votre jeune âge, mais il est même fortement recommandé, à la fois par votre général de hiérarchie ci-présent et par le Deuxième Bureau, également présent ! [Ah, c’est donc ça, les civils !] En vertu de quoi, je vous nomme Commandant à compter de ce jour.
– Merci, mon Général !
– Général Mathis, j’imagine que l’on confiera certainement un commandement digne de ce nom à notre jeune héros ?
– S’il le demande, il n’y aura aucun problème, mon Général, mais il semblerait que sa tâche actuelle soit tout à fait au goût de notre as…
– Diable ! Vous confirmez, Houbois ?
– Certainement, mon Général. Outre le plaisir de dompter de nouvelles et puissantes machines, il y a également celui de travailler en partenariat avec les constructeurs, ce qui me forme pour l’après-guerre…
– Vous y pensez déjà ?
– J’ai toujours eu la certitude que nous allions vaincre, mon Général, mais je suis sûr à présent que cela ne prendra plus trop de temps.
– Commander des hommes ne vous tente pas ?
– Cela peut vous surprendre, mon Général, mais je suis plutôt individualiste, et cela me gênerait de donner des ordres à des collègues plus âgés et plus expérimentés que moi…
– Plus expérimentés ? C’est à voir ! Vu votre palmarès…
– Il contient aussi une bonne dose de chance, mon Général. Surtout celle de souvent trouver un ennemi devant mes canons.
– Quoiqu’il en soit, mon Général, le cap… pardon, le Commandant Houbois aura certainement d’autres pilotes sous ses ordres lorsqu’il fera ses évaluations opérationnelles face à l’ennemi, ce qui est prévu pour les jours qui viennent avec les nouveaux Dewoitine.
– Bien sûr, bien sûr… Ah, je vois qu’une collation nous est servie. Venez, Messieurs, et vous Houbois, si vous pouviez me donner quelques détails sur cette surprenante opération…
C’est ainsi que, devant un parterre de personnalités, je fus obligé de raconter les dessous autrichiens de nos exploits, tout en picorant un buffet fort apprécié. Quand nous revînmes au mess de Marignane pour récupérer nos sacs et combinaisons de vol, une nouvelle série de tenues m’attendait, avec quatre ficelles partout ! Ne manquait que celles des effets de vol.

6 avril, Cuers-Pierrefeu – Dans l’après-midi, petite balade pour voir les changements depuis notre dernier passage. Bien sûr, c’est la frontière, ou plutôt le front avec la RSI qui nous intéresse. Nous mettons donc cap à l’est, vers Nice. Par radio, Pop me demande si nous pouvons passer par son village, dans les hauteurs de Nice. Je lui réponds qu’il sera difficile d’y prendre un café, je le vois secouer la tête devant ma bêtise. En riant, je lui confirme la possibilité d’une virée, mais il faudra qu’il fasse le guide, je ne connais pas suffisamment le coin. Il prend donc la direction de la patrouille lorsque nous arrivons au-dessus de Nice, et tout en descendant, nous remontons la vallée du Paillon, un petit fleuve qui se déverse dans la Méditerranée à hauteur de la ville.
J’ai toujours une inquiétude lorsque nous baissons d’altitude, c’est que les artilleurs de DCA de notre propre camp ne reconnaissent pas nos avions, d’autant plus qu’ils sont nouveaux pour eux. Heureusement, leur aspect métallique les fait identifier rapidement comme des “amis”, les Boches n’utilisent pas cette méthode.
Lorsque le val du Paillon se divise en deux, nous obliquons sur la droite pour remonter un troisième vallon, plus petit, et nous arrivons rapidement le long d’un village accoté à la montagne, au bord d’une falaise, raide sans être trop verticale. Ce doit être Peille, car Pop amorce une chandelle et vire tout autour de la bourgade pour revenir au ras par la falaise. Une grande bâtisse rectangulaire se dresse au bord du précipice, sûrement le château, néanmoins pas trop féodal. Attiré par le bruit de nos moteurs, une personne apparaît à un balcon. Pop bat rapidement des ailes avant de remonter pour un nouveau passage au ras du bâtiment, d’où la personne fait des signes, peut-être son père. Chandelle à nouveau, mais il accomplit un tonneau à facettes en grimpant, nous sommes partis pour une exhibition. Je le suis, et nous entamons un petit programme au-dessus du val et parfois du village, où les gens sortent des maisons observer ce qui se passe.
Mais alors que nous remontons plein est après une boucle, j’aperçois des points noirs au loin. Je presse immédiatement le bouton radio : « Popeye de César, 4 suspects à onze heures ! » Et je rétablis mon avion dans une attitude plus tranquille, suivi de Pop qui resserre sur moi par réflexe. Nous mettons les gaz et grimpons en appuyant à droite pour placer le soleil derrière nous et face aux arrivants qui ne peuvent être qu’ennemis, rien n’est prévu dans ce secteur. Après, Italiens de la RSI ou Allemands ?
Nous restons aile dans aile, Pop me demande si nous restons ainsi pour le combat ou si nous partons chacun de notre côté, ils ne sont “que” quatre. Ma réponse est rapide : « Négatif, on reste groupés, il y en a 4 autres derrière ! » De fait, quatre points noirs surgissent au loin de l’arrière d’un nuage, deux patrouilles se protégeant mutuellement, ou l’une faisant office d’appât pour l’autre ?
Vu notre mouvement pour se placer au mieux, la première patrouille se divise en deux paires : L’une monte directement vers nous, l’autre poursuivant sa route, afin de nous prendre en pinces. Sauf que je signale à Pop que nous allons passer au travers pour aller s’occuper des suivants, qui s’attendent plutôt à ce que nous engagions les premiers pour nous tomber dessus. Grossier, le piège, mais efficace si on ne fait pas attention ou si on ne détecte pas la seconde fournée.
Vouloir grimper, c’est bien pour avoir l’avantage de l’altitude, mais l’un en face de l’autre, il faut savoir un moment stopper si on ne veut pas présenter une taille trop importante, donc nous rétablissons à un moment pour offrir le moins de surface à l’ennemi. Croisement rapide, plus de 1 000 km/h combinés, on ne voit pas grand-chose, juste le fait que ce sont des Bf 109G, au nez blanc, donc mes anciens adversaires de Grèce du JG 27 ! Un moment, je me demande combien j’ai déjà pu en rencontrer… Bref appui sur le bouton des armes, juste au cas où, et nous poursuivons notre route vers le second quatuor. Je dis à Pop de surveiller l’autre paire, tout en regardant ce que fait celle que nous avons croisée. Ils ont viré à gauche, mais l’un d’eux fume un peu, il a dû être touché, mais par qui ?
Je préviens Pop par radio de la suite à venir : après le croisement, montée en chandelle et Immelmann, nous gardons donc notre attitude pour prendre de la vitesse et de l’énergie cinétique. Je sens parfaitement mon avion, j’ai l’impression de faire corps avec lui, que nous ne faisons plus qu’un, qu’il est le prolongement de mes membres. Ça va saigner. En face, ils se divisent aussi en deux paires, mais il n’y a guère de temps pour qu’ils puissent amorcer réellement une manœuvre. Pop fait donc face à une paire, tandis que je prends l’autre. Derrière, les autres essayent de nous coller, mais ils ne suivent pas notre rythme, loin de là. Leur virage leur a coûté trop de temps.
Bref tir en croisant. Pendant que nous grimpons à la verticale, les deux paires virent à l’horizontale, une à gauche, l’autre à droite, ne s’attendant pas à notre évolution à cette altitude. Tout en bouclant l’immelmann, je remarque que la paire de droite vire moins serré, bonus pour la suite. Pour le moment, Pop me suit au même niveau avec synchronisme, et nous tombons côte à côte sur la paire qui essayait de nous rattraper. Tir de dessus et face avec un bon angle, les deux Messer se disloquent simultanément sous nos obus, de quoi choquer les autres assaillants. Je bascule sur le dos en virant, Pop me collant en suivant mes ordres, pour croiser la paire de gauche qui nous revient dessus. Ça va, nous sommes dans l’intérieur de leur virage. Pas le temps d’asséner un tir, cependant, ça va trop vite. Je poursuis le virage afin d’arriver sur l’autre paire, la lente. J’encadre bientôt le leader à 40° de déflexion. Brève rafale de toutes les armes, les ailes du Boche se replient sous l’impact. Pas le temps de voir si Pop s’occupe de l’ailier à la traîne, je poursuis mon virage serré, à la limite du voile noir, avant d’apercevoir les deux autres sui reviennent en face, mais plus large. Je peux desserrer mon virage, j’ai le temps de viser l’ailier qui se prend une rafale en pleine face. Je continue mon 360 pour un autre tour. L’ailier “lent” se présente bientôt en trois quarts arrière devant mon nez, je n’ai qu’à m’orienter vers lui, et presser la détente comme à l’exercice. Son empennage vole en éclats et il bascule en vrille. Je veux poursuivre mon virage, mais des traçantes m’encadrent, venant de dix heures. Je rétablis, pour voir le coupable, sûrement le gusse de la toute première paire qui est venu s’immiscer dans le combat. Tant pis pour lui : chandelle et immelmann, je lui tombe sur le dos pendant qu’il vire et ne lui laisse aucune chance, ma rafale plombe son moteur et une aile. Exit.
Je calme le jeu en prenant une position plus académique, afin de voir où en est Pop et le dernier Boche. Ils sont en plein dogfight comme disent les Britons, un vrai combat de chiens ! L’Allemand tente de s’évader à la verticale, mais Pop lui colle aux basques, lui décochant des coups. Brutalement, le Teuton coupe les gaz et bascule son appareil qui part en vrille. Il rétablit plus bas et entame un virage horizontal, pendant que Pop pique après avoir également basculé, mais sans vrille. Je lui dis de partir à droite, ce qu’il fait aussitôt. Le Schleu doit rugir de plaisir en le voyant partir devant lui, et il fonce, oubliant de surveiller ses arrières. Où j’arrive, bien entendu. Tir bien ajusté de trois-quarts arrière, les obus labourent son aile gauche, le moteur et son empennage. Je vois la tête du gars surpris se tourner vers moi, mais il a vite compris, bascule sur le dos et évacue son avion après avoir largué la verrière.
C’est fini. Je reforme sur Pop, et nous faisons un large cercle autour des lieux du combat. Quatre corolles de parachute dans le ciel, nous passons auprès d’eux. Un des pilotes nous fait un salut militaire, auquel je réponds sans toutefois savoir s’il l’a vu, puis nous repartons à l’ouest. Nouveau passage au-dessus de Peille ; dans les rues, les gens font des signes et applaudissent. Ils auront de quoi raconter pour leurs vieux jours… Ils ne seront pas les seuls : Le combat s’étant déroulé à bonne altitude dans un ciel clair, les traînées de condensation, tirs, explosions et parachutes ont eu de nombreux témoins, jusque Nice et Monaco d’un côté, en Italie de l’autre, avec bien sûr des réactions différentes. Si côté français, on se réjouit avec admiration, côté italien, on se pose la question de la qualité des “protecteurs” germaniques…
Toujours est-il qu’avant d’apprendre ces diverses considérations par la presse, nous devons nous poser à Cuers. Je laisse Pop se poser en premier après avoir bouclé son tonneau, vu le temps que prendra mon approche. De fait, avec six tonneaux, j’avale toute la piste, et mon dégagement ressemble à un tour de piste d’avion de tourisme ! C’est un Max Vinçotte hilare qui s’approche de mon avion au parc.
– Sept victoires à vous deux ! Où êtes-vous allés pour les trouver, en Italie ?
– Même pas, ils sont venus nous chercher du côté de chez Pop, à Peille. On a probablement dû franchir le front pendant la bataille, mais guère plus.
– Des Italiens ?
– Non, des Boches. De vieilles connaissances, le JG 27.
– Tiens donc, ils sont nouveaux dans le secteur. Combien ?
– Huit.
– Ah, c’est bien, vous en avez laissé filer un intact pour raconter aux autres…
– Pas tout à fait intact, il fumait un peu, mais on ne sait pas de qui ça vient.
– Bande d’arsouilles ! Y en a ici qui pleureraient pour inscrire un endommagé à leur tableau, et vous, vous en fichez…
– C’est pas ça, mais on sait vraiment pas qui a pu le toucher.
– Mouais…
En attendant, preuve est faite que les Dewoitine D.55x sont excellents, cela mettra du baume au cœur de monsieur Émile !
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ChtiJef



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MessagePosté le: Sam Oct 20, 2018 20:30    Sujet du message: Répondre en citant

Eh beh… L'était temps !

D'accord pour se remettre de ses émotions messerschmittesques, aux côtés de Dame Thétis, mais tout de même, faut bien que notre Jules reprenne du service, nom de Zeus !!
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Il vaut mieux prendre ses désirs pour des réalités que prendre son slip pour une tasse à café (P. Dac)
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houps



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Messages: 366

MessagePosté le: Sam Oct 20, 2018 22:28    Sujet du message: Répondre en citant

Allez, Etienne, tout porte à croire que c'est un effet de l'enthousiasme ... Very Happy

"Arrêt devant une grande bâtisse, des plantons viennent nous ouvrir les portes, et nous en suivons rapidement d’autres qui nous mènent à l’intérieur. Un huissier ouvre les battants d’une énorme porte à notre arrivée, et nous pénétrons dans le bureau du Général, une pièce immense. "[/b]
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Archibald



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MessagePosté le: Dim Oct 21, 2018 07:22    Sujet du message: Répondre en citant

toujours sympa de retrouver Julius et pour son retour, bam, six victoires, il pète le feu de Dieu (enfin, de Zeus)
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Surely you can't be serious !
I'm serious, and don't call me Shirley.

Conservatoire de l'Air et de l'Espace d'Aquitaine
http://www.caea.info/index.php?lang=fr
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Etienne



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MessagePosté le: Dim Oct 21, 2018 09:55    Sujet du message: Répondre en citant

houps a écrit:
Allez, Etienne, tout porte à croire que c'est un effet de l'enthousiasme ... Very Happy

"Arrêt devant une grande bâtisse, des plantons viennent nous ouvrir les portes, et nous en suivons rapidement d’autres qui nous mènent à l’intérieur. Un huissier ouvre les battants d’une énorme porte à notre arrivée, et nous pénétrons dans le bureau du Général, une pièce immense. "[/b]


Inattention, plutôt. Embarassed Pour les autos, on peut parler de portières à la place.
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Capu Rossu



Inscrit le: 22 Oct 2011
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Localisation: Mittlemeerküstenfront

MessagePosté le: Dim Oct 21, 2018 14:46    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

Citation:
Saleté de Popeye, il se venge de n’avoir reçu qu’une banane à sa croix !


Et le ruban rouge de la Légion d'Honneur, il compte pour des prunes ?

Bon, ce n'est plus une saga mais un vrai étal de marché Smile Arrow

@+
Alain
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