Fantasque Time Line Index du Forum Fantasque Time Line
1940 - La France continue la guerre
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   Liste des MembresListe des Membres   Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs   S'enregistrerS'enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Juin 1943 sur le Front Russe
Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivante
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1943 - Le front russe
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 9271
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mer Aoû 08, 2018 18:19    Sujet du message: Répondre en citant

Imberator a écrit:
Précisément, tel que présentés dans le texte on dirait bien que ces unités sont effectivement indépendantes. Si ce n'est pas le cas, peut-être faudrait-il le mentionner.


De mon point de vue, il y a une distinction purement administrative (les unités de blindés lourds sont en fait indépendantes, quelle que soit leur étiquette) et une distinction d'effectifs : un Abteilung est plus gros qu'un bataillon.

Mais si on me dit qu'il n'y a AUCUNE différence, alors effectivement, mieux vaut unifier et tout appeler Abteilung.
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Capitaine caverne



Inscrit le: 11 Avr 2009
Messages: 3169
Localisation: Tours

MessagePosté le: Mer Aoû 08, 2018 18:24    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Un Abteilung (je parle sous le contrôle des spécialistes, qu'ils n'hésitent pas à me corriger) est un "détachement" en général plus gros qu'un bataillon.
Un bataillon s'inscrit (au moins en théorie) dans un régiment, un Abteilung est indépendant.
J'ai bon ?



En fait, le mot "Abteilung" a plusieurs sens. Il sert à la fois à désigner un bataillon au sens traditionnel du terme, mais aussi un détachement venant d'une unité militaire plus grande pouvant aller jusqu'à la taille d'une armée. Le tout est de faire attention au contexte.
_________________
"Au jeu des trônes, il n'y a que des vainqueurs et des morts, il n'y a pas de demi-terme". La Reine Cersei.
"Les gens se disent en genéral affamé de vérité, mais ils la trouvent rarement à leur goût lorsqu'on la leur sert". Tyrion Lannister.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
ChtiJef



Inscrit le: 04 Mai 2014
Messages: 208
Localisation: Du côté de Clochemerle

MessagePosté le: Mer Aoû 08, 2018 18:50    Sujet du message: Répondre en citant

ciders a écrit:
Des liens très utiles, merci ! Very Happy

Servus (phonétique), comme on dit en Alsace Laughing Laughing Laughing
_________________
Il vaut mieux prendre ses désirs pour des réalités que prendre son slip pour une tasse à café (P. Dac)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
le poireau



Inscrit le: 15 Déc 2015
Messages: 708
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mer Aoû 08, 2018 19:05    Sujet du message: Répondre en citant

Capitaine caverne a écrit:
Casus Frankie a écrit:
Un Abteilung (je parle sous le contrôle des spécialistes, qu'ils n'hésitent pas à me corriger) est un "détachement" en général plus gros qu'un bataillon.
Un bataillon s'inscrit (au moins en théorie) dans un régiment, un Abteilung est indépendant.
J'ai bon ?



En fait, le mot "Abteilung" a plusieurs sens. Il sert à la fois à désigner un bataillon au sens traditionnel du terme, mais aussi un détachement venant d'une unité militaire plus grande pouvant aller jusqu'à la taille d'une armée. Le tout est de faire attention au contexte.


C'est en effet le cas : abteilung peut tout à fait qualifier à la fois un bataillon (indépendant ou pas) et un détachement autonome de pratiquement n'importe quelle taille (on parle ainsi de regiment-abteilung, de Korps-abteilung et même d'armee-abteilung !).

Comme le dit capitaine Caverne, tout est fonction du contexte !
_________________
“Il n'y a que deux puissances au monde, le sabre et l'esprit : à la longue, le sabre est toujours vaincu par l'esprit” (Napoléon)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 9271
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mer Aoû 08, 2018 19:39    Sujet du message: Répondre en citant

BON. Un bataillon EST bien un bataillon, un Abteilung peut être n'importe quoi (mais sans doute plus souvent un truc entre le bataillon et le régiment).

DONC Ciders : les "bataillons" en question sont-ils bien des bataillons ?
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
ciders



Inscrit le: 16 Sep 2016
Messages: 480
Localisation: Chargé de sacs de T-34/76

MessagePosté le: Mer Aoû 08, 2018 20:49    Sujet du message: Répondre en citant

Oui. Les deux seuls bataillons blindés du secteur sont le 505è de chars lourds et le 655è de chasseurs de chars lourds. Les unités opérant sur Sturmgeschutz sont désignées StuG Abt.
_________________
- C’est magnifique...
- Oh oui. « Ouh ! », « Ah ! » Ça commence toujours comme ça. Et puis après il y a des « sauve qui peut », et puis il y a des hurlements...

The Lost World, Eddie Carr et Ian Malcolm.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web de l'utilisateur
Capu Rossu



Inscrit le: 22 Oct 2011
Messages: 1386
Localisation: Mittlemeerküstenfront

MessagePosté le: Mer Aoû 08, 2018 21:20    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir,

Abteilung

Si on reste au contexte régiment d'infanterie, un Abteilung est l'équivalent d notre bataillon.

Si on passe au régiment d'artillerie, on emploie parfois le terme d'Abteilung comme synonyme du gruppe.

Dans les autre contextes, le mot Abteilung désigne une unité de taille variable en dehors des échelons hiérarchiques traditionnels. Il est principalement employé pour des unités de chars utilisées de façon indépendante et n'appartenant pas au cadre hiérarchique des panzer regiment.

@+
Alain
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Imberator



Inscrit le: 20 Mai 2014
Messages: 2107
Localisation: Régions tribales au sud-ouest de Nîmes.

MessagePosté le: Jeu Aoû 09, 2018 05:30    Sujet du message: Répondre en citant

ciders a écrit:
Oui. Les deux seuls bataillons blindés du secteur sont le 505è de chars lourds et le 655è de chasseurs de chars lourds.

Précisément ce sont ces deux unités dont j'indiquais qu'elles sont désignées comme Btn et nom comme Abt.

Après c'est comme vous le sentez.
_________________
Point ne feras de machine à l'esprit de l'homme semblable !
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
DMZ



Inscrit le: 03 Nov 2015
Messages: 431
Localisation: France

MessagePosté le: Jeu Aoû 09, 2018 22:25    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
[b]Opération Dvina-Niémen
Contre la 18. Armee
– Le général Lasch n’est pas assez narcissique pour se croire capable d’annihiler une armée ennemie toute entière (même de taille réduite, comme les armées soviétiques) avec son unique division d’infanterie. Il ne se fixe qu’un objectif : gêner suffisamment la 1ère Armée pour donner le temps à la 61. ID de se fortifier sur l’estuaire de la Salacea, tout en N'encaissant pas trop de pertes pour pouvoir lui aussi se rétablir un peu plus au sud.

_________________
"Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte." "Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort." Giuseppe Garibaldi
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 9271
Localisation: Paris

MessagePosté le: Sam Aoû 11, 2018 11:14    Sujet du message: Répondre en citant

Merci DMZ !
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 9271
Localisation: Paris

MessagePosté le: Sam Aoû 11, 2018 11:23    Sujet du message: Répondre en citant

Désolé pour l'entr'acte…


6 juin
Bataille du détroit d’Irbe
Golfe de Riga
– Au lever du jour, comme prévu, la flotte de débarquement soviétique se présente devant les plages de la côte est de la Courlande. Les destroyers de classe Novik sont les premiers à débarquer les hommes de la 6e Brigade, afin de pouvoir ensuite soutenir ces troupes par leurs tirs. Puis ce sont les destroyers d’escorte et les escorteurs ASM de classe BO, tandis que les chars amphibies T-40 sont mis à l’eau.
Sur la côte, la résistance est faible : la plupart des troupes allemandes occupant le secteur ont été dirigées vers l’est de la Lettonie pour arrêter l’avance soviétique. Grâce à la couverture aérienne assurée par les Yak-9 et les La-5, la Luftwaffe est tenue en respect tandis que les Il-2 harcèlent les quelques défenseurs repérés.
A la mi-journée, les destroyers d’escorte, les escorteurs ASM de classe BO et les caboteurs se regroupent pour se diriger vers Saaremaa, où ils doivent commencer à embarquer les troupes de la 3e Brigade d’Infanterie de Marine.
Dans la soirée, le commandement soviétique, ravi, constate que tout se déroule comme prévu : une brigade d’infanterie de marine a été débarquée sans subir de pertes notables. Dès le lendemain, elle recevra en renfort la moitié d’une autre brigade et une compagnie de T-34… si tout se déroule selon les plans bien sûr. La nuit tombe, mais la flotte veille dans le détroit d’Irbe pour s’opposer à toute réaction navale allemande.
Les hydravions de reconnaissance n’ont rien repéré, et pour cause : l’escadre de Kummetz, dès réception du premier message du Nürnberg annonçant la présence de plusieurs grands bâtiments soviétiques, a mis le cap au nord-nord-ouest. Filant à 25 nœuds, elle s’est glissée le long de la rive ouest de l’île suédoise de Gotland, violant les eaux territoriales suédoises, avant de se rabattre vers l’est à 20 nœuds. Pendant ce temps, les hydravions soviétiques ont concentré leurs recherches plus au sud. Les Suédois, eux, ont repéré les croiseurs allemands – ils protesteront d’ailleurs le lendemain à Berlin. Le passage des croiseurs sera même signalé à Moscou, par des voies détournées, mais bien trop tard…

Opération Dvina-Niémen
Contre la 18. Armee
– La ligne Salacgrīva-Vidsmeži-Pāle est assaillie par la 1ère Armée soviétique. La partie occidentale de cette ligne s’appuie sur un estuaire qui s’élargit peu à peu, jusqu’à atteindre 180 mètres près de la mer, cependant que plus en amont la Salacea est souvent large de trente à quarante mètres. Naturellement, les Allemands en retraite se sont attachés à faire sauter tous les ponts et à miner les gués. La partie orientale présente le triptyque habituel des débuts de l’opération : forêts, marais, relais forestiers. Le seul axe carrossable digne de ce nom est la route littorale qui passe par Salacgrīva. C’est là que le 12e Corps Blindé doit franchir la rivière. C’est aussi là que la 61. ID entend opposer la plus vive résistance.
Kourkine use de sa supériorité numérique pour presser le dispositif adverse sur toute sa longueur et en repérer les points faibles. Il pense en trouver un au niveau de l’ancien pont de Vecsalaca, à quatre kilomètres à l’est de Salacgrīva, mais la zone est trop bien défendue et le génie ne peut pas travailler dans des conditions suffisamment sûres. Il faut appeler l’aviation, mobiliser des éléments de la 4e Division d’Artillerie pour desserrer l’étau. Les pontonniers sont aidés par la nature : une petite île isolée dans le cours de la rivière leur fait gagner du temps et de la longueur de pontage. Un premier pont de vingt mètres est jeté, suivi d’une partie d’un second pont, de soixante mètres cette fois. Gunther Krappe sent le danger et ordonne à tout ce qu’il reste d’artillerie à Salacgrīva de viser le pont tandis que les tubes soviétiques tentent de la faire taire. Plus à l’est, la 217. ID résiste bien mais Lasch n’a pas suffisamment de moyens pour retenir plus de quelques heures supplémentaires des assaillants beaucoup plus nombreux.
De son côté, le 12e Corps Blindé lance des pelotons à la recherche de franchissements improvisés (celui celui entrepris par Kravchenko durant la bataille de Gomel), mais en vain. Les T-34 se contentent de tirer sur les positions de la rive opposée.
Abandonnant Mazsalaca et la 291. ID à l’une de ses divisions épaulée par un régiment d’obusiers de 122 mm et un bataillon de BM-13/16, Gusev pousse ses trois autres unités de part et d’autre du lac Burtnieku en direction de Wolmar [Valmiera]. La ville même n’est défendue que par des éléments de la 96. ID et par la 1. Luftwaffen FeldDivision, tout juste arrivée en camions de Riga. Cette nouvelle venue explique peut-être pourquoi les rares avions de la LuftFlotte I se manifestent aussi souvent contre les troupes de Gusev, les empêchant d’avancer aussi vite que prévu. Vecate et Oleri tombent au passage des colonnes soviétiques, dont les hommes sont montés sur tous les véhicules disponibles, du char T-50 au camion allemand de prise en passant par des bicyclettes ou des carrioles hippomobiles.
Les avions soviétiques qui protégeaient la 4e Armée la veille ont été envoyés ailleurs. Au nord-est de Valga, Krutikov a appelé à l’aide. Très étirée et faisant face à de nouvelles attaques, sa 7e Armée encaisse de plus en plus de pertes, et l’ancien instructeur de l’Académie militaire de l’état-major général n’a pas envie de revivre ce qu’ont vécu en Finlande les troupes soviétiques tombant dans des embuscades dévastatrices le long des axes de communication. L’appui aérien tant espéré permet de diminuer la pression sur ses flancs. Les divisions trop avancées sont rappelées vers l’arrière, où l’on creuse des retranchements. Krutikov obtient également l’aide de ses supérieurs. Activé par Popov, Timochenko contacte la Stavka : la 7e Armée ne peut pas aller plus loin sans une aide extérieure, elle doit s’arrêter pour ne pas subir une déroute – elle a de toute façon atteint ses objectifs. Staline maugrée en l’apprenant, mais accepte après avoir consulté les cartes et obtenu confirmation du lancement de la deuxième phase de Dvina-Niémen.
………
Contre la 16. Armee – La liquidation du saillant de Rositten [Rezekne] se poursuit. Au nord, la 122. ID et des éléments de la 3. Panzergrenadier tiennent de Welonen [Viļāni] jusqu’à Bērzgale. Au sud, la 123. ID est parvenue in extremis à évacuer ses dernières positions près du lac de Raznas et s’est redéployée en partie sur la rive nord du lac autour des hameaux qui forment aujourd’hui le village de Čornajas, le reste fonçant sécuriser le gros village de Malta (sur la route de Dünaburg). Côté soviétique, au nord, le 13e Corps Blindé (moins les éléments engagés la veille) fonce vers Stirniene tandis que la 34e Armée accentue sa pression contre les divisions allemandes. Au sud, le 14e Corps Blindé est en retard (il a perdu du temps à soutenir la progression de la 39e Armée) et s’est regroupé au sud du lac de Raznas autour de Dorotpole. à dix kilomètres au sud-est de Malta, tandis que l’armée de Zygin se prépare à en finir avec la 123. ID.
………
Riga – L’état-major du HeeresGruppe Nord ne chôme pas. Il y a d’abord la réponse de l’OKH à l’appel de von Küchler la veille. Halder critique la dispersion des moyens, arguant qu’à vouloir éteindre trop d’incendies on finit par ne plus avoir assez de lances… mais il accepte le plan. Il en profite pour confirmer le transfert de Biélorussie de deux bataillons supplémentaires de Sturmgeschutzen (185. et 226. StuG Abt).
Les officiers d’état-major doivent aussi répondre à un Hans Krebs courroucé, exigeant qu’on lui rende intactes les unités en cours de transfert. Mais le pire ne tarde pas à survenir quand tombe la nouvelle d’un débarquement de « troupes non identifiées » en Courlande.
Après que le malheureux messager eut été accablé d’injures par von Küchler (et qu’un nouveau message de la Kriegsmarine ait remplacé le terme « non identifiées » par « soviétiques »), il faut se rendre à l’évidence. Des Soviétiques ont repris pied en Courlande, à un peu plus de cent de kilomètres de Riga… et nettement moins de Ventspils. Or, il ne reste plus grand chose pour les contrer, à l’exception du 505. Btn de chars lourds et de la 18. Luftwaffen FeldDivision… dont la formation n’est même pas encore terminée. On renforcera le tout en ramassant des permissionnaires, des policiers lettons et des bataillons de réserve, plus tous les malheureux militaires de passage dans la capitale lettone et qui ont le malheur de tomber sur des Feldgendarmes, de plus mauvaise humeur encore qu’à l’habitude.
La fin de la journée s’annonce déjà pénible qu’une dernière sonnerie se fait entendre. Une ultime mauvaise nouvelle ? Hélas oui. Raccrochant rageusement, von Küchler se retourne vers ses cartes. Les 27e et 42e Armées soviétiques, que personne n’attendait plus, se sont réveillées, enfonçant au passage les positions des SS lettons et de la 121. ID.

Bataille du détroit d’Irbe
Golfe de Riga, 22h15
– L’escadre soviétique “peigne” à 18 nœuds les eaux du détroit d’Irbe. Les destroyers Storojevoy, Slavnyi et Spokoinyi ont quelques nautiques d’avance sur le groupe principal. Les trois croiseurs en ligne de file – Gorky, Kirov, Petropavlovsk – sont précédés par les autres destroyers type 7/7U, Skoryi, Smertlivyi et Silnyi, et suivis par les type-30, Surovoj, Otverjdyonnyj, Odaryonnyi et Svirepoj.
L’escadre allemande, également disposée en ligne de file, est emmenée par les destroyers de la 7e Flottille – Z-32, Z-33, Z-37 – suivis par le Seydlitz (qui porte la marque de Kummetz), le Lützow et l’Admiral Scheer, la 3e Flottille de Destroyers fermant la marche – Z-6 Theodor-Riedel, Z-23, Z-26.
Par la suite, les historiens discuteront des responsabilités : les radars d’origine britannique installés sur les croiseurs soviétiques étaient-ils si dépassés ou les opérateurs si inexpérimentés ? Quoi qu’il en soit, à 22h18, ils n’ont rien détecté quand Kummetz est averti que ses détecteurs de radar ont repéré plusieurs émissions. Se doutant, grâce au rapport du Nürnberg, que c’est l’ennemi qu’il recherche, il fait mettre en route ses propres radars quelques instants, le temps de repérer la flotte soviétique – dix bâtiments marchant à 18-20 nœuds au cap 195, par bâbord avant. Les trois premiers destroyers passent inaperçus, sans doute parce que les radars allemands sont très vite coupés.
L’amiral allemand fait monter à 25 nœuds et prendre le cap 185, pour se rapprocher progressivement de l’ennemi tout en remontant sa formation. La nuit est belle, le temps peu nuageux, mais la lune est à peine visible (elle était nouvelle le 2).
22h34 – Les Soviétiques sont prêts à une confrontation – c’est d’ailleurs pour cela que Rall a fait précéder le gros de sa force par trois destroyers. Mais les Allemands arrivent sur eux de l’ouest-nord-ouest, alors qu’ils les attendent du sud. Un veilleur du Kirov signale enfin des lames d’étrave sur tribord… Hélas, il est beaucoup trop tard.
22h36 – Dès que les veilleurs de ses navires ont repéré leurs adversaires, Kummetz donne l’ordre d’ouvrir le feu. A cinq mille mètres, malgré l’obscurité, les canonniers allemands démontrent la qualité de leur entraînement… et des optiques de leurs télémètres. Les croiseurs soviétiques sont tous les trois touchés avant d’avoir pu régler leur tir.
Le plus malheureux est sûrement le Petropavlovsk. D’abord, après sa deuxième salve, il encaisse un obus du Scheer, qui allume un violent incendie près de sa cheminée. Puis, à sa troisième salve, le canon gauche de la tourelle A se fend ! La faute à une faiblesse de l’acier que les constructeurs allemands avaient détectée, mais soigneusement camouflée. A la sixième salve, le même accident frappe le canon gauche de la tourelle C. A ce moment, le croiseur a reçu deux autres obus de 280 et sa vitesse est tombée à 15 nœuds. Avec seulement deux tourelles de 203 intactes (les deux autres tirent encore, mais d’un seul canon, et leur pointage est incertain), le navire n’est bientôt plus qu’une cible d’exercice pour le Panzerschiff.
Devant l’ex-Lützow, le Kirov fait de son mieux contre l’actuel Lützow (et ex-Deutschland). Il parvient à toucher son adversaire de plusieurs obus de 180, mais ceux-ci ne font que des dommages superficiels – du moins le suppose-t-on à ce moment : ils n’ont pas percé le blindage du “croiseur cuirassé”, mais ils ont détruit plusieurs pièces anti-aériennes et le poste de commandement de la DCA. Si les obus de 280 qui frappent le croiseur soviétique ne sont pas plus nombreux, ils font beaucoup plus de dégâts.
Le Soviétique qui s’en tire le mieux est le Maksim Gorky, en tête de file. L’échange avec le Seydlitz semble même tourner à son avantage quand un obus de 180 frappe l’Allemand tout près de la passerelle. Kummetz est touché, le commandant du croiseur est tué et dans le chaos qui s’ensuit, le Seydlitz quitte la ligne de bataille – il paraît mal en point, alors qu’il n’a été que légèrement atteint.
Pendant ce temps, les destroyers ne restent pas inactifs. Les quatre bâtiments en queue de la formation soviétique prennent l’offensive pour couvrir le Petropavlovsk en perdition, mais l’Admiral Scheer reporte son tir sur eux et, soutenu par les canons des destroyers de la 3e Flottille, mitraille les assaillants. L’Odaryonnyi est gravement atteint ; il coulera en fin de nuit. L’Otverjdyonnyj est plus légèrement endommagé, il s’en sortira. Mais les Surovoj et Svirepoj s’obstinent et lancent leurs torpilles d’assez près – hélas, ce n’est pas le Scheer qui est touché, mais le Z-26 ! Foudroyé, ce dernier coule en quelques instants.
A l’avant, les Skoryi, Smertlivyi et Silnyi ont eux aussi attaqué, mais ils se sont fait contrecharger par les destroyers de la 7e Flottille. Touché par une pluie d’obus de 15 cm, le Silnyi flambe et les deux autres se replient.
A ce moment, une violente explosion illumine brièvement le champ de bataille – c’est le Kirov. On suppose qu’un obus de 280 a percé son blindage et a atteint une soute à munitions (celle de la tourelle B, selon les observations de l’épave effectuées près d’un demi-siècle plus tard). Le croiseur sombre en moins de cinq minutes. Cet événement spectaculaire semble ajouter encore à la férocité de la lutte.
Au sud-ouest de la bataille, les Slavnyi, Storojevoy et Spokoinyi ont fait demi-tour et ont marché au canon, après quelques minutes d’hésitation passées à se demander où était l’ennemi, et de quel type de bâtiments il s’agissait. Le premier navire qu’ils aperçoivent ressemble beaucoup au Petropavlovsk – et pour cause, c’est son jumeau, le Seydlitz. Incertains, les Soviétiques retiennent leurs torpilles. Tant mieux : voici le Lützow, incontestablement germanique.
Le Panzerschiff a changé de cible : le Kirov éliminé, il a reporté son tir sur le Maksim Gorky et obtenu plusieurs coups au but. C’est alors que surgit le Spokoinyi, qui a pris un peu d’avance sur ses équipiers. L’artillerie secondaire du Lützow se déchaîne et châtie durement l’insolent, réduit en quelques instants à l’état d’épave en flammes – mais les Slavnyi et Storojevoy en profitent pour ajuster leur lancer. Quelques minutes plus tard, alors que, racontera un officier du Suvoroj, le lieutenant Fedor Isakievitch Halkine, « la bataille ne ressemblait plus à rien d’autre qu’à un massacre à la baïonnette au fond d’une tranchée », deux torpilles frappent le Lützow à l’arrière et une troisième explose dans son sillage.
Etrangement, la bataille s’apaise soudain. « Ce fut comme un baisser de rideau, décrira le lieutenant Halkine. Soudain, tous les acteurs sont rentrés en coulisses. » Tous ceux qui étaient encore debout, en tout cas !
Le Maksim Gorky s’éloigne vers le nord-nord-ouest, rejoint peu à peu par les sept destroyers soviétiques survivants. Youri F. Rall, qui a été blessé, tente ainsi d’attirer l’ennemi à l’écart des transports qui doivent transporter les renforts d’infanterie de Saaremaa en Courlande.
Peine inutile : sur le Seydlitz, Kummetz, blessé lui aussi, fait ses comptes. Il n’a perdu qu’un destroyer, mais si son croiseur lourd n’est que légèrement touché, le Lützow est en grand danger. Sa survie n’est pas menacée dans l’immédiat, mais hélices et gouvernail sont très gravement endommagés. Il est fort peu probable qu’il puisse rentrer au port par ses propres moyens. Heureusement, la flotte de croiseurs russes est anéantie (le Petropavlovsk est achevé à la torpille par le Z-6 et Kummetz semble avoir considéré, au vu des flammes qui le ravageaient, que le Gorky était perdu). De plus, il a coulé trois grands destroyers ennemis en échange d’un seul des siens. Ce n’est pas un vieux dreadnought qui permettra aux Rouges de contrôler la Baltique. Bref, les ordres du Führer ont été obéis. Le Seydlitz et l’Admiral Scheer vont pouvoir partir pour la Norvège. Pourquoi mettre ce beau succès en danger en allant chasser quelques transports de troupes dans les eaux minées du golfe de Riga ? Laissant les Z-6 et Z-23 tenter de remorquer le Panzerschiff jusqu’à l’arrivée de remorqueurs professionnels, Kummetz met le cap à l’ouest avec le Seydlitz, l’Admiral Scheer et les trois autres destroyers.

(la suite demain)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Capu Rossu



Inscrit le: 22 Oct 2011
Messages: 1386
Localisation: Mittlemeerküstenfront

MessagePosté le: Sam Aoû 11, 2018 12:49    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

Citation:
(celui celui entrepris par Kravchenko durant la bataille de Gomel)


Bizarre, ce double "celui" Think

@+
Alain
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 9271
Localisation: Paris

MessagePosté le: Sam Aoû 11, 2018 12:55    Sujet du message: Répondre en citant

Capu Rossu a écrit:
Bizarre, ce double "celui" Think


C'est en fait "comme celui".

Merci.
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Archibald



Inscrit le: 04 Aoû 2007
Messages: 1979

MessagePosté le: Sam Aoû 11, 2018 17:05    Sujet du message: Répondre en citant

Ils ont eu de la chance de pas tomber sur le Kirov actuel (croiseur de bataille nucléaire de 25 000 tonnes armés jusqu'au dents), il en aurait fait qu'une bouchée...
_________________
Surely you can't be serious !
I'm serious, and don't call me Shirley.

Conservatoire de l'Air et de l'Espace d'Aquitaine
http://www.caea.info/index.php?lang=fr
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Wardog1



Inscrit le: 29 Aoû 2015
Messages: 326
Localisation: Puy de Dome,France

MessagePosté le: Sam Aoû 11, 2018 22:04    Sujet du message: Répondre en citant

Le kirov actuel est une sacré bestiole!Un de mes navire favoris avec la classe iowa!
_________________
Ne soyez pas trop sévère avec vos enfants, car c'est un peu de votre faute s'ils son c**

Citation facebook
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1943 - Le front russe Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivante
Page 4 sur 6

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com