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Intégrale "France et Europe Occupées" Octobre 1942

 
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Casus Frankie
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Localisation: Paris

MessagePosté le: Lun Mai 27, 2013 17:57    Sujet du message: Intégrale "France et Europe Occupées" Octobre 1942 Répondre en citant

Et voici Octobre, avec un chapitre qui devrait faire plaisir à pfcd !

Octobre 1942
8 – En France et en Europe occupées
Les Lavalistes veulent une prison modèle

7 octobre
Evasions et dissensions
Le Puy-en-Velay (Haute-Loire)
– Soixante-dix-neuf prisonniers politiques (plus deux “droits communs”) s’évadent de la prison du Puy-en-Velay, attaquée par un groupe de maquisards. L’opération a été montée avec l’aide des services secrets britanniques et français par l’état-major de la Résistance, à l’instigation des Francs-Tireurs et Partisans, bras armé du PC clandestin – les FTP brûlent de démontrer leur valeur depuis qu’ils sont officiellement entrés en guerre au mois de mai. L’évasion a été facilitée par de nombreuses complicités parmi les gardiens de la prison.
Malheureusement, à la suite de dissensions entre trotskistes et “orthodoxes”, parmi les prisonniers comme parmi les maquisards, 30 détenus seront repris et douze abattus dans les jours qui suivent. Selon Pierre Broué et Raymond Vacheron (Meurtres au maquis, 1997), une bonne partie des morts étaient des trotskistes dénoncés par leurs adversaires politiques.


9 octobre
Un maire agent double
Le Puy-en-Velay
– Le maire de la ville, Eugène-Gaston Pébelier, est un ancien du PSF qui s’est rallié avec empressement au Nouveau PSF. C’est pourtant cet actif sympathisant de la politique de Laval qui est arrêté par la Gestapo. Motif : deux évadés de l’avant-veille ont été découverts, par un coup de malchance, dans le grenier de sa maison !
Après la guerre, on découvrira dans sa correspondance que, très choqué par les événements de septembre et l’emprisonnement de La Rocque, il avait décidé de feindre le ralliement. Informé du projet d’évasion, il avait prévenu la Kommandantur locale juste un peu trop tard pour que le renseignement soit utile… Puis, il avait recueilli deux fugitifs. Après des aveux brutalement arrachés, la Gestapo le remet aux mains de ses compatriotes du SONEF qui l’expédient aussitôt à Eysses.


10 octobre
Massacres en Bosnie
Herzégovine
– Opération “Alfa”. Après cinq jours de combat, les Italiens (4 000 hommes de la 59e Division d’Infanterie de Montagne Cagliari, soutenus par 5 000 Tchetniks) reprennent la ville de Prozor aux Partisans. Les Tchetniks massacrent plusieurs centaines de civils, croates (catholiques) et musulmans.


11 octobre
Une prison vraiment Collabo
Paris
– Jacques Doriot, ministre de l’Intérieur et de la Reconstruction Nationale, informé en détails des événements du Puy-en-Velay, demande le remplacement de la quasi-totalité du personnel de la prison d’Eysses par « de vrais patriotes ». Laval approuve et Brinon (titulaire du portefeuille de la Justice) lui donne aussitôt satisfaction.
Au bout de quelques semaines, au gré de mutations successives, 90 % environ du personnel de la prison d’Eysses va être remplacé. « C’est à peine si les femmes de ménage ne doivent pas avoir leur carte du PPF pour continuer à laver le sol ! » écrit M. Lasalle, le directeur, quelques jours avant son propre remplacement par Joseph Schivo. Ancien militaire de carrière, officier dans la Légion Etrangère jusqu’en 1926, puis huissier jusqu’en 1937, Schivo est devenu le patron du SONEF pour les Bouches-du-Rhône dès la fin de 1940. Sa nomination est en apparence une bonne manière de Doriot à Darnand, mais Doriot estime qu’avec Schivo comme directeur, s’il doit y avoir des problèmes dans cette prison hautement sensible, ce ne sera pas vraiment sa faute !
Et problèmes il y aura. Certes, parmi les nouveaux gardiens figurent plusieurs membres du PPF et quelques-uns du NPSF… mais une partie de ces derniers sont en réalité des agents du Réseau Klan ! De plus, bon nombre d’ex-gardiens « pas assez patriotes » ayant perdu leur emploi ne demanderont pas mieux que de raconter leur vie dans les cafés environnants et de décrire en détails la prison devant des oreilles attentives…


12 octobre
Un enquêteur de l’ombre
Plaine de la Crau
– Le sous-lieutenant René Puget, jouant d’audace, pose son Lysander de la 642e ECGRE au milieu de la plaine de la Crau, sans souci de la base d’Istres qu’occupe la Luftwaffe, à moins de vingt kilomètres, ni de son radar Würzburg D installé depuis quelques semaines sur un socle de béton.
Puget, engagé dans l’Armée de l’Air en 1937, volait jusqu’en juillet 1940 sur un Bloch 210 de bombardement de nuit et il est familier des longs vols nocturnes. A peine éclairé par la lune dans son deuxième quartier, il a fait tout le trajet à basse altitude. Aux approches du rivage de la Camargue, il est carrément descendu au ras des vagues. S’orientant sur le grand Rhône et les vestiges du pont suspendu d’Arles, que les Allemands n’ont que partiellement réparé après les combats de l’été 40, il a réussi à trouver le terrain, un pré caillouteux à l’herbe rare balisé par quatre lampes très discrètes, sur lequel il s’est posé sans faire plus de bruit qu’une chauve-souris.
À peine l’appareil s’est-il arrêté qu’en descend le lieutenant Déodat du Puy-Montbrun, chaleureusement accueilli par deux membres du groupe Taupe et deux résistants de Marseille. Elève à Saumur au printemps 1940, promu sous-lieutenant sur le champ de bataille (capturé fin juin, il s’est évadé le lendemain et a repris le combat aussitôt), le jeune officier vient de recevoir son deuxième galon. Du cadre B de la DGPI, il est affecté, pour ordre, au 5e Hussards. Le capitaine André Achiary, policier dans le civil et en charge de la sécurité de la DGPI (officiellement, il n’est responsable que de la liaison avec le ministère de l’Intérieur), l’a choisi pour enquêter sur le désastre de la Coulombière.
Le Lysander de Puget, tous volets sortis, décolle trois minutes plus tard, sans encombre, face au mistral. À moins de cent mètres, il met le cap au 180 et s’enfuit à tire-d’aile.
Le comité d’accueil entraîne Puy-Montbrun vers un agachon de braconniers – une hutte de roseaux, où sont cachés des vélos. Ils y passeront le reste de la nuit, dans le froid mal atténué par un thermos de café à l’orge grillé, et s’en iront à l’aube chacun de son côté, comme des ouvriers agricoles partant aux champs.


18 octobre
Les mains sales de la Collaboration
Oran
– Le stade Calo, repaire du CDJ d’Oran, quadruple vainqueur de la coupe d’Afrique du Nord de football, a servi pendant le Grand Déménagement de base de transit pour les hommes débarquant de Métropole. Depuis, les bureaux et vestiaires ont été transformés par la mairie en appartements pour faire face à la crise du logement. C’est l’un de ces locaux discrets que louent, sous le nom de Monsieur et Madame Laurier, Violette Morris et son compagnon, dotés d’excellents faux papiers. Dans le pittoresque quartier Derb, leur installation va passer inaperçue. Et Vigouroux va pouvoir montrer son savoir-faire avec un poste émetteur qui ressemble comme un frère à celui qu’ont avec eux Cavailhé et Lahcen.


19 octobre
Valmy pourchasse les renégats
Angle des rues de Vanves et Pernety, Paris XIVe
– Un membre de Valmy répondant au nom de code “Abbeville” guette le passage d’un traître au PCF.
Dans cette période charnière correspondant au début de l’engagement du PC clandestin dans la lutte armée, liquider les renégats est primordial et cette tâche ne peut être confiée qu’à des hommes en qui la Commission des cadres a toute confiance. La première mission réussie du détachement Valmy a enchanté Duclos et Dubois (responsable de la Commission depuis l’arrestation d’Arthur Dallidet au début de l’été). Le groupe mené par “Cerbère” va tenter de confirmer que le Parti peut bel et bien compter sur lui en exécutant un ordre venant de Duclos lui-même : tuer Fernand Soupé.
Rien moins qu’ancien membre du Comité central et de la Commission des cadres, Soupé (maire de Montreuil de 1935 à 1939) a démissionné du PC en 1939, ne comprenant pas, comme beaucoup, la signature du Pacte germano-soviétique. En 1941, il a rejoint le PPF de Doriot. Depuis, il travaille à temps plein au siège du Parti et il propage la parole du Chef en arpentant les meetings et en signant des articles. En juillet, il a cosigné la lettre ouverte de Gitton. Néanmoins, il n’a pas pris de disposition particulière après l’assassinat de ce dernier, le 1er août. Du coup, “Abbeville” n’a aucun mal à loger une balle dans le dos de Soupé au moment où celui-ci rentre chez lui, rue de Vanves, et le tireur s’enfuit sans être inquiété… Mais cette fois, la chance va être du côté de la cible : la blessure n’est pas mortelle.


20 octobre
Des avions – et des sacrifices – pour la Résistance
Tlemcen
– Réclamée depuis plusieurs mois par Henri Guillaumet, chef de la 642e ECGRE, l’attribution d’une paire de PBY-5A Catalina à l’escadrille est enfin chose faite. Elle doit permettre d’augmenter la capacité de l’express. L’avion, en extrapolant les données des rapports d’utilisation opérationnelle transmis par l’US Navy à la France et à la Grande-Bretagne, est considéré comme capable de transporter à l’aller comme au retour quatre à six passagers, à destination (ou en provenance) d’un point quelconque des rivages méditerranéens de la Métropole. Ils y seront déposés (ou embarqués) à l’aide d’un dinghy pneumatique, après (ou avant) un vol dans des conditions de – relatif – confort et de fiabilité très supérieures à celles qu’offre le Lysander. Le tout à condition, bien sûr, que les passagers en question échappent aux patrouilles mises en place par les Allemands le long des côtes.
………
Le premier Catalina, baptisé El Cóndor, peint en bleu-noir mat et piloté par Guillaumet lui-même, doit décoller de Tlemcen vers 14h00 et rejoindre Alger Maison-Blanche pour une longue escale technique (complément des pleins, repos puis dîner de l’équipage et ultimes retouches du plan de vol) avant de s’envoler cap au nord peu avant 23h00. L’objet de la mission du patron de la 642e est de s’assurer de la possibilité pratique d’amerrir et de décoller tous feux éteints, à la seule lumière de la pleine lune et sans attirer l’attention, après un vol au ras des vagues afin de passer sous les radars. La plage des Salins d’Hyères a été choisie pour l’expérience en raison, d’une part, de la chaîne de Funkmessgeräte (1) protégeant les atterrages de Toulon et d’autre part de l’existence dans la région – au cas où… – du maquis et des organisations de Résistance issus de la Marine nationale et des Troupes coloniales. En outre, les plus proches unités d’occupation dans le secteur (2) ne devraient pas être trop gênantes : ce sont les huit timoniers, âgés ou inaptes au service à la mer, de l’équipage du sémaphore de Porquerolles (naturellement tourné vers le large, non vers la côte) et les quinze veilleurs de la Kriegsmarine qui se relaient jour et nuit sur le site de la batterie de 340 du cap Cépet, à Saint-Mandrier, de l’autre côté de la presqu’île de Giens (les tubes, dûment pétardés en 1940, ont été transportés chez Krupp, dans la Ruhr, et fondus dans les règles de l’art pour « forger l’acier victorieux »). Le Catalina doit être accompagné, à toutes fins utiles, par un Hudson piloté par le sous-lieutenant Puget et le sergent-chef Loux.
………
Mais au départ de Tlemcen, alors que le PBY El Cóndor atteint la vitesse de décollage, il quitte la piste et s’écrase. Henri Guillaumet est tué. Deux autres membres de l’équipage (3), l’adjudant mécanicien Félicien Guernier, un Normand de Pont-l’Évêque, et le sergent radio Jan Luszeski, lensois de parents polonais naturalisés en 1938, trouvent également la mort. Seul survit, indemne à part des brûlures légères et un poignet cassé, le copilote (et adjoint de Guillaumet), le capitaine Jean Dabry (4), navigateur de Jean Mermoz en 1930 pour la première traversée de l’Atlantique Sud.
Selon les témoignages visuels, corroborés par les constatations des techniciens, l’avion de Guillaumet a perdu l’aileron de sa voilure droite – par suite d’une paille dans l’acier de l’un des axes de ses charnières, découvrira-t-on le surlendemain – au moment même où la roue de la jambe avant du train venait de se soulever. Déséquilibré, il s’est incliné brutalement sur la droite, l’aile a touché le sol et l’avion a percuté à près de 100 nœuds le sable de la bordure de piste, avant de basculer sur le dos, de se désintégrer partiellement et de prendre feu.
Jean Dabry, le dernier à avoir parlé à Guillaumet, racontera que son chef et ami était resté très marqué par la mort de Marcel Reine en Indochine, l’année précédente : « Depuis que Marcel est parti, disait-il souvent, j’ai l’impression de faire du rab… »
………
Malgré cet accident, la 642e finira par aligner deux Catalina, à côté de quatre Lysander et de deux Hudson. Il faut y ajouter six appareils d’essai et de servitude : un quadrimoteur Farman 222 converti en transport à toutes fins (y compris, parfois, des parachutages sur la Corse), un Amiot 143 (remotorisé avec des Hispano-Suiza 12Y récupérés sur des MS-406 hors d’âge) et un Caudron Goéland pour les liaisons, un Mureaux 117 réservé aux expériences sur les méthodes de navigation de nuit (et sur les moyens de brouiller les radars ennemis ou d’y échapper – domaine ultra-secret), le Dewoitine 500 (désarmé) qu’Henri Guillaumet utilisait comme avion personnel et dont son successeur héritera naturellement, enfin un autogire Lioré et Olivier C-301, prêté par l’Aéronavale, que les mécaniciens ne sortent de son hangar qu’exceptionnellement, pour des envols de brève durée.

Mauvaises manières entre Grecs
Etolie (Grèce)
– Vers la fin de la nuit, sous un violent orage, des maquisards de l’ELAS (communiste) prennent par surprise leurs collègues de l’EDES (royaliste). Aris Velouchiotis, kapetanios de l’ELAS, s’était déjà plaint plusieurs fois que les parachutages anglais ne profitaient qu’à l’EDES et que ses hommes n’en recevaient que les miettes. Il a décidé de se servir, et sans permission de quiconque ! Encerclés, mis en joue, les “Edessis”, ébahis, se laissent désarmer et dépouiller de leur stock, y compris les chaussures neuves. Les “Elassis” repartent à cheval avec leur butin, en vrais “klephtes” (hors-la-loi).
Quand Napoleon Zervas, chef militaire de l’EDES, apprend la chose le lendemain, il est furieux et menace de monter une expédition punitive contre « les bandits de l’ELAS ». Komninos Pyromaglou, chef civil de l’EDES, et Xan Fielding, représentant britannique du SOE, l’en dissuadent à grand-peine.


25 octobre
Deux exécutions
Alès (Gard)
– Lazare et Lucien Poujols, 26 et 23 ans, deux frères originaires d’Olonzac (Hérault), tombent morts sur le parvis de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste à la sortie de la grand-messe. Ils ont été abattus par deux rafales de 7,65 tirées par le PM MAS-38 du passager d’un side Gnome & Rhône du type Dragons Portés (dont tous les exemplaires survivants sont censés être utilisés par la Wehrmacht comme prises de guerre, en dehors de ceux concédés à la Garde du NEF). Le tir a été très précis : il n’y a pas un blessé parmi la foule des fidèles qui sortaient au même moment de Saint-Jean-Baptiste.
Sans professions ni moyens d’existence connus, les Poujols menaient grand train dans les cafés de la place Saint-Jean et les maisons closes des quais. Ils n’étaient arrivés que depuis deux semaines dans la sous-préfecture du Gard et avaient présenté à la gendarmerie des certificats de démobilisation établis en novembre 1940 par le centre liquidateur du 107e BCA (5).
En début de soirée, la rédaction alésienne du Petit Méridional reçoit un communiqué signé du « Général commandant la Zone Sud de la Résistance », qu’authentifient des cachets d’apparence officielle. Ce texte affirme que les deux Poujols ont été condamnés à mort le 10 octobre par le Tribunal militaire d’Alger (6) pour les chefs d’intelligence avec l’ennemi et de trahison. Il ne précise pas que les deux frères, infiltrés dans le maquis du Minervois et au demeurant authentiquement natifs de la région, appartenaient au SONEF de Marseille. C’est sur la base des renseignements qu’ils avaient fournis aux Occupants que l’opération de la Coulombière, organisée par le groupe Choucas au profit du BCRAM et de la DGPI, avait échoué dans le sang, et que tant de patriotes – dont le lieutenant-colonel Costes – avaient été tués ou arrêtés. Depuis cet épisode, les Poujols étaient venus s’installer à Alès, où ils étaient censés se cacher, mais ils avaient préféré se faire escorter de quelques gros bras – la sortie de la messe était sans doute le moment où ils étaient le plus vulnérables, en même temps que le mieux choisi pour donner le plus d’éclat possible à l’exécution, même si certains bons catholiques pourront s’en offusquer. « Que les traîtres se persuadent, affirme le communiqué, que la Justice de la France qui se bat saura les poursuivre où qu’ils se cachent, et jusqu’au bout du monde s’il le faut. »
Bien entendu, le journal ne publiera pas le communiqué – ce qui ne l’empêchera pas d’être diffusé sous forme de tracts répandus nuitamment par avion et repris par la presse clandestine.
En revanche, le lundi, les lecteurs du Petit Méridional pourront lire ces lignes :
A Alès, les terroristes tirent dans la foule !
Hier, dimanche 25 octobre, le sang français a coulé devant la cathédrale Saint Jean-Baptiste. Alors que les fidèles de Monseigneur Girbeau se dispersaient sur la place après la grand-messe, deux bandits ont ouvert le feu à l’arme automatique. Ils se sont enfuis en motocyclette ; les forces de l'ordre sont encore à leur recherche. Tout renseignement permettant la capture des tueurs [...]
Ce triste événement ne surprendra guère même les moins éclairés d’entre nous. Les mensonges derrière lesquels tente encore de se dissimuler le pacte entre les Juifs d’Alger et les Bolcheviques de Moscou ne peuvent plus tromper personne. Rien d’étonnant à les voir s'attaquer, enfin à visage découvert, aux racines même de notre civilisation et de notre culture. [...]
Parmi les victimes, on déplore notamment Lazare et Lucien Poujols, tous deux membres du SONEF. Ces admirables patriotes ont fait le sacrifice suprême, en s’interposant entre les assassins et la foule ; s’ils ont payé leur dévouement de leur vie, ils ont permis d’éviter le pire à tous les innocents présents ce jour-là. M. Joseph Darnand a rendu un vibrant hommage au courage des deux jeunes gens. Gageons que les habitants d’Alès, profondément choqués par ce lâche attentat, auront pour ceux qui sont tombés à leur service une pensée émue lorsqu’ils iront dimanche prochain fleurir les tombes de leurs chers disparus.


Complexités grecques
Thessalie (Grèce)
– Un petit groupe d’hommes, baissant la tête, pénètre dans une grotte. Une lampe à pétrole, des couvertures, des bottes de paille et quelques caisses forment un mobilier sommaire.
– Je suis désolé de ne pas être allé vous chercher jusque sur le terrain. Les nouvelles consignes de sécurité d’Alger, vous savez : interdiction d’exposer un cadre de maquis dans une mission trop repérable. Installez-vous, je réchauffe le café.
Le commandant Van Effenterre s’occupe lui-même de la cafetière, malgré son bras amputé, tout en jaugeant de l’œil son interlocuteur. Il l’a déjà vu à l’entraînement : Benjamin Tagger, « Français juif russe libanais né en Ouzbékistan » comme il s’est présenté une fois. Jeune, droit, silencieux, avec des yeux en amande de type oriental.
– Comment s’est passé l’atterrissage ? Avec la météo de ces derniers jours, je n’étais pas trop rassuré pour vous.
– Le pilote a fait du très bon travail. Le vent d’est a nettoyé les nuages, le terrain était un peu lourd, mais le coucou a pu se poser et repartir sans casse. Les “andartes” (7) étaient fous de joie en déchargeant les conteneurs d’armes. Apparemment, votre groupe a un très bon moral.
– Ils ont hâte d’agir. Nous n’attendions plus que votre arrivée pour fixer les objectifs. Les Italiens ne sont pas trop gênants en ce moment : avec les orages des derniers jours, les inondations leur causent presque autant d’embarras qu’à nous. La plaine du Pinios a l’air de vouloir redevenir le lac préhistorique qu’elle était. Mais…
– Vous allez me dire qu’il y a un souci plus grave.
– En effet. Le professeur Picard a dû vous communiquer mes derniers rapports. Notre mouvement, l’AAA, “Combat-Renouveau-Indépendance”, se développe à toute vitesse. Le colonel Sarafis est à Mitropoli, au sud, et je vais le rejoindre demain. Il est né à Trikala, et il a beaucoup de parents et amis dans la région. Des volontaires commencent même à arriver d’Athènes. Les autres mouvements…
– C’est assez compliqué, paraît-il ?
– C’est le moins qu’on puisse dire. L’EDES, “Ligue nationale républicaine grecque”, est le mouvement le plus important en Epire. Il est républicain et socialiste à la base, mais armé et financé par les Anglais ; il a été obligé de faire allégeance au roi de Grèce, ce qui déplaît à beaucoup de ses membres. A côté, il y a l’ELAS, “Armée de Libération Nationale Grecque”. Elle est réputée communiste, mais à ce que j’ai vu, il n’y a peut-être pas un communiste sur dix parmi ses membres : la plupart sont simplement des patriotes grecs. J’ai appris que les maquis de Thessalie orientale, vers les monts Olympe, Pélion et Ossa… Je sais, c’est très mythologique, vous finirez par vous y habituer…J’ai appris que ces maquis dépendaient de l’ELAS. Ensuite, dans les monts du Pinde, vous rencontrez un autre groupe de l’ELAS : celui d’Aris Velouchiotis. Très dur, très combatif. Et c’est là que les choses se gâtent.
– Pourquoi ?
– L’EDES est bien approvisionnée par les Anglais, et Aris réclame sa part de matériel, ce qui est juste : ses andartes sont très actifs, ils harcèlent les Italiens et n’hésitent pas à attaquer les Allemands de la garnison d’Andirrion quand ils les rencontrent. Mais l’EDES ne leur cède que ses fonds de stock, parfois de vieilles armes dans un état douteux. Il y a quelques jours, les hommes de l’ELAS ont décidé de se servir eux-mêmes et ont dévalisé un arsenal de l’EDES. Il n’y a pas eu de morts, mais si on ne fait rien, les fusils vont partir tout seuls.
– Surtout les Sten. Je sais ce que donne une Sten avec un soldat un peu nerveux. Eh bien, dès que vous m’aurez présenté à l’AAA, nous verrons ce que nous pouvons faire.
– Si vous permettez, il va bientôt faire jour et j’aimerais vous montrer quelque chose avant de partir.

Les deux Français ressortent, échangent le mot de passe avec les sentinelles – le capitaine Tagger apprécie la stricte surveillance du camp – et grimpent quelques centaines de mètres par un raidillon jusqu’à une terrasse rocheuse. « Rhododaktylos Eos », l’Aurore aux doigts de rose, s’éveille comme aux temps antiques et illumine un fabuleux paysage de pitons rocheux, comme des tours naturelles surmontées de petites chapelles et de monastères. Les Météores.

Union sacrée (?) albanaise
Albanie
– Rapport du major (depuis quelques jours) “Billy” MacLean à la section Balkans du SOE, basée à Héraklion (extrait).
"Le 15 octobre à Mukjë (nord de Tirana), le colonel Kupi a annoncé la constitution du Mouvement de libération nationale (Lëvizja Nacionale Çlirimtare, pardonnez l’orthographe) regroupant toutes les forces de résistance du nord du pays, y compris les communistes, créant ainsi une alliance royalisto-bolchevique des plus originales. La Brigade Rouge de Mehmet Shehu a été chargée de conduire des embuscades à l’est d’Elbasan. Je crois que Kupi se méfie du zèle de ses nouveaux alliés et préfère les envoyer à la périphérie de son territoire."


27 octobre
Un échec pour le PCF
Paris
– Contrairement à Marcel Gitton, Fernand Soupé se remet assez bien de la blessure reçue huit jours plus tôt. Et voilà que c’est le Parti communiste clandestin qui est frappé, avec l’arrestation de Robert Dubois, responsable de la commission des cadres du PC ! Dubois sera remplacé par Pierre Brossard, mais pour Duclos, qui a fait une priorité de l’élimination de Soupé – un de ses anciens proches – l’échec de “Valmy” est dur à avaler. Son chef, Marius Bourbon (“Bordeaux”) va devoir se faire pardonner.


28 octobre
HHhH
Prague
– Comme chaque année depuis 1939, la fête nationale tchécoslovaque donne lieu à des manifestations, apparition de drapeaux sur les monuments et inscriptions vengeresses sur les murs, y compris le V qui ici signifie “vysvobození”, délivrance. Et comme chaque année, la Gestapo fait une ample (et parfois sanglante) moisson de supposés résistants, sans bien réussir à tarir l’ardeur de ceux qui lui ont échappé. Cette année, ses rafles ont principalement visé les sympathisants communistes, jusqu’alors plus ou moins épargnés. D’ailleurs, depuis le déclenchement de Barbarossa, le nouveau Reichsprotektor, Reinhard Heydrich, fait preuve d’un grand zèle contre la racaille rouge, qui n’avait que trop proliféré depuis la signature du Pacte germano-soviétique et à laquelle il a déjà porté de nombreux coups ! Son efficacité est telle qu’Hitler envisage de l’envoyer en France « mettre un peu d’ordre » (d’autant que, là aussi, les communistes sont passés à l’action contre les Occupants).
Très occupés à interroger tous les suspects arrêtés, les gestapistes ignorent l’activité d’un petit groupe connaissant bien les règles de la clandestinité, notamment la discrétion et le cloisonnement. L’opération Obez’jana (Singe) est en route. Une précision : Obez’jana n’est pas un mot tchèque, mais russe…

29 octobre
Union sacrée (?) grecque
Monts du Pinde (Grèce centrale)
– Si les Italiens y songeaient, ils auraient un beau coup de filet à faire près du petit village de Mavrolithari… à supposer que leurs hommes arrivent jusque là vivants. D’une part, le colonel Zervas et le professeur Pyromaglou, de l’EDES, le capitaine Alexander (Xan) Fielding, conseiller anglais de l’EDES, plus un autre officier anglais, le colonel Eddie Myers. D’autre part, le kapetanios Aris Velouchiotis et le docteur Karagiorgis, chefs des deux principaux maquis de l’ELAS communiste. Enfin, le colonel Sarafis, chef du troisième mouvement de résistance, l’AAA, et ses officiers de liaison français Henri Van Effenterre et Benjamin Tagger. Tous ont décidé de se réunir pour vider les conflits qui empoisonnent la résistance grecque.
« Je ne redoutais guère une incursion des Italiens : les hommes d’Aris et ceux de Zervas faisaient bonne garde. Mais je craignais beaucoup plus de voir l’hostilité éclater entre les uns et les autres. L’EDES et l’ELAS avaient accumulé les différends depuis quelques mois. Zervas tempêtait et vociférait, mais je sentais que le plus redoutable des deux était Aris. Si aucun ne tempérait ses exigences, ce serait un bain de sang. L’AAA ne devait à aucun prix être entraînée dans un affrontement entre résistants.
Mon expérience de chef scout m’a appris que pour apaiser une querelle, le mieux est de faire appel aux sentiments élevés. Je rappelai alors tout le mal qu’avait fait aux Grecs la discorde d’Agamemnon et d’Achille et (dans un raccourci audacieux) tous les malheurs qui leur étaient venus des dissensions depuis l’indépendance. Sarafis, le vieux Nestor de cette assemblée, me soutenait. Myers comprenait très peu le grec, mais son collègue Fielding lui traduisait au fur et à mesure, et je sentais qu’il avait une idée derrière la tête.
“Messieurs, dis-je, si nous n’avons pas assez d’armes pour tout le monde, il me semble que le colonel Myers pourrait nous en faire venir en abondance, pourvu que nous nous entendions pour une action commune.” J’avais deviné juste : Zervas-Agamemnon et Aris-Achille, plus raisonnables que leurs antécesseurs, se réconcilièrent aussitôt pour se tourner vers Myers. Celui-ci, une sorte d’ascète à longue barbe, s’exprima dans une sorte d’extase : il était officier du Génie et semblait engagé dans une guerre personnelle contre les voies de communication du IIIe Reich. Son grand projet était de faire sauter le viaduc de Gorgopotamos, un des plus longs de Grèce, chaînon essentiel de la voie ferrée de Salonique à Athènes. Aris, qui connaissait bien la région, parla aussitôt des dispositions à prendre. Myers allait commander le nécessaire pour la pleine lune suivante : pas moins de trois cents kilos d’explosifs et un commando de saboteurs entraînés. Parmi les assistants, seul le colonel Sarafis ne semblait pas partager l’enthousiasme général, et je me demandai pourquoi. » (Henri Van Effenterre, Le Nœud d’Hercule, 1967)



Notes
1 Installations radar.
2 En dehors de l’ex BAN d’Hyères-Palyvestre, dont l’activité est très réduite en raison de sa vulnérabilité.
3 Qui ne comptait que quatre hommes. À la 642e, le copilote du Catalina devait remplir la fonction de navigateur et l’avion, dépourvu d’armement, se passait de mitrailleurs.
4 Nés respectivement en 1902 et en 1901, Guillaumet et Dabry ignoraient avec superbe les limites d’âge du personnel navigant (tout comme Saint-Exupéry, né en 1900). En ce qui les concernait, leurs supérieurs et les médecins les oubliaient aussi : on avait trop besoin d’eux.
5 Ironie de l’Histoire : le 107e BCA, de série B, formait, avec les 87e et 93e BCA, la 45e Demi-brigade de Chasseurs alpins, l’une des unités de la 64e DIA, que commandait le général de Saint-Vincent durant la bataille des Alpes.
6 Affirmation fausse… L’exécution ne sera “régularisée” qu’après la guerre, avec un bon nombre d’autres.
7 Maquisards grecs.


Dernière édition par Casus Frankie le Mar Mai 28, 2013 07:55; édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun Mai 27, 2013 22:38    Sujet du message: Répondre en citant

bonsoir,

une question :

Pourquoi remplacer les moteurs GR 14 M en etoile par des moteurs en ligne ( moins puissants mais il est vrai plus aerodynamique..)

c'est se compliquer la vie pour un pareil tagazou.
( entre autre ,rien que remplacer le radiateur de refroidissement retractable du MS 406 par un fixe et fiable va etre ...interressant....)

tant qu'a changer les moteurs, il serait plus simple de mettre des moteurs US en etoile ( des PW Hornet ou des Wright Cyclone ) bien plus fiables et plus facile à entretenir que des Hispano en ligne fatigués.

d'ailleurs il faudrait par la meme occasion remplacer ces memes GR du F 222 qui doivent avaler autant d' huile que d'essence à chaque vol....
Pour un vol sur la Corse, avoir des PW, devrait etre plus comfortable pour l'equipage.....
à moins bien sur qu'il y est encore des stocks de GR en AFN (et dans ce cas la conversion est une perte de temps inutile pour les 2 zincs.

amicalement
yvan
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Fantasque



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MessagePosté le: Lun Mai 27, 2013 23:10    Sujet du message: Répondre en citant

Le Catalina amphibie (capable de décoller d'une piste) date de 1944. En 1942 ce sont tous des hydravions purs il me semble.

F
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zipang1



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MessagePosté le: Lun Mai 27, 2013 23:21    Sujet du message: resistance Répondre en citant

mon père a fait partie de la résistance, mais au bas de l'échelle
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raven 03



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MessagePosté le: Lun Mai 27, 2013 23:22    Sujet du message: Répondre en citant

Pour F ,
OTL ,le 1ier XPBY5A ( A pour amphibie) a volé en novembre 1939, premier contrat pour l'US Navy , en decembre 1939 . Les autres pays ont suivi.
1iere livraisons en octobre 1941 ( 167 avions livrés entre octobre 41 et mars 42) !!!!!

amicalement
yvan
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Mai 27, 2013 23:26    Sujet du message: Répondre en citant

PBY 5A : Même Fantasque peut avoir un trou de mémoire !

(Message perso : je pense que tu travailles trop en ce moment Wink

Raven : Merci pour tes remarques. C'est bien pour ça que je reposte tout - nous avons à présent assez de lecteurs-contrôleurs pour avoir l'oeil à tout (j'espère !).
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pcfd



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MessagePosté le: Mar Mai 28, 2013 00:33    Sujet du message: Répondre en citant

Merci pour ces récits,qui m'ont fait grand plaisir , puis je me permettre une humble remarque?Il me semble que Ouargla est dans le sud algérien,à peu près à la même kattitude que Hassi Messaoud mais une petite centaine de kilomètre à l'ouest.
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MessagePosté le: Mar Mai 28, 2013 07:59    Sujet du message: Répondre en citant

Désolé et merci, pcfd - confusion regrettable. Dans le genre "bled discret mais pas trop loin de tout quand même" (dans les années 40), Tlemcen (Algérie) ira très bien.
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patrikev



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MessagePosté le: Mar Mai 28, 2013 23:52    Sujet du message: Répondre en citant

Tlemcen n'est-il pas trop proche du Maroc espagnol, nid d'espions notoire? J'aurais bien proposé l'accident d'avion à Colomb-Béchar (en hommage à Leclerc), mais c'est un peu trop loin de tout. Sinon, Tiaret (dans le sud mais pas trop, accessible par chemin de fer, base aérienne garantie en 1951) ne serait pas mal. Pour le détail, OTL, le sous-préfet Luizet a été le premier responsable français d'Algérie à proclamer la reprise de la guerre contre les nazis en novembre 1942.
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- Votre plan comporte un inconvénient majeur.
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MessagePosté le: Mer Mai 29, 2013 00:09    Sujet du message: Répondre en citant

La certitude d'un aérodrome (même en 51) me fait préférer Tiaret.
Merci !
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Bouhours Bernard



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MessagePosté le: Sam Juin 01, 2013 21:54    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir. Je voudrai rappeler certaines choses: tout d'abord, le pacte germano-soviétique n'était pas une alliance impliquant la politique intérieure des deux pays, ce n'était qu'une façon de reculer la guerre, chacun étant bien conscient que la bataille allait s'engager mais suffisament tard pour que Hitler aie les mains libres à l'ouest, suffisament tard pour que Staline puisse refaire une armée efficace, sachant que les autres pays lui laisseront le gros à acomplir (ce qui amènera au nombre de morts que l'on sait). Donc, en aucune façon les Allemands, et leurs amis (ne pas négliger) ne vont laisser tranquille les communistes dans leurs possessions. En France, la chasse débutera à l'été 1940, avec l'appui de la police française qui ouvrira ses fichiers (constitués sous Daladier) à la gestapo, qui est arrivée discrètement dans les fourgons de la wehrmach. Le PCF, aprés l'interdiction de 1939, se reconstituait clandestinement lorsqu'arrive l'invasion. Tout est à refaire, à la suite de l'exode: il faut reconstituer l'appareil confédéral, dans les différentes zones, pendant que des militants de base se préocupent de faire les premiers pas de propagande, la recherche d'armes, de munitions, et d'explosifs (je passe sur les faux-pas de Tréand, et de quelques articles de L'Huma. clandestine se serait trop long). N'oublions pas les difficultés de déplacement interzones. Une fois l'appareil reconstitué, les premiers attentats interviennent en avril 1941. La propagande sera très tôt orientée vers le combat contre les allemands et Vichy. Fin 1940, une estimation anglaise donnera le PCF comme seul parti français organisé dans la Résistance. FTL, je pense qu'il en sera de même: les dossiers seront certainement "oubliés" par les policiers rue des Saussaies, et les militants ne feront sûrement pas parti des premiers évacués du GD. Ce qui induira une répression aussi féroce qu'OTL. Ceci est valable pour tous les pays envahis par l'Allemagne, ne pas oublier que les républicains espagnols enrolés dans l'armée française comme travailleurs réquisitionnés, fait prisonniers en 40, on été démobilisés par les Allemands, avec la bénédiction de Pétain, et libérés...à Mathausen d'où bien peu sont revenus.Tout comme OTL, l'organisation paramilitaire communiste débutera par l'OS, qui deviendra, sous l'impulsion de Tillion et du CC les FTPF qui s'ouvrent à toutes les couleurs politiques (là, nous ne sommes pas en Espagne, et les règlements de compte, s'il doivent avoir lieu, ne se font pas pendant, et sous couvert de la Résistance). L'avantage de l'ouverture est, de mon point de vue, double: d'abord un grand nombre de militants qui permettent de gonfler plus ou moins artificiellement l'importance du PCF, en outre un effet modérateur à la libération pour les rèlements de compte. D'après ce que j'ai compris, le PCF avait, OTL,un organisme d'espionnage qui fonctionnait en direction de l'URSS, et pouvait servir, épisodiquement, à d'autres. Voilà, en gros ce que j'ai pu réunir à propos des communistes pendant la guerre, un dernier détail: ce sont eux qui ont organisé la résistance et la solidarité dans les camps de concentration, et en ont fait bénéficier tout le monde (Marcel Dassault en portait témoignage)
Une question: nous avons parlé du déménagement des écoles militaires, mais quid des grandes écoles, et des facultés?
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Anaxagore



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MessagePosté le: Sam Juin 01, 2013 23:14    Sujet du message: Répondre en citant

Les grandes écoles et les facultés sont évacués. Polytechnique se retrouve à Oran.
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Mer Mar 01, 2017 22:30    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir,

Est-ce que quelqu'un a prévenu, avec moultes ménagements, Lagadec et Marianne Sullivan de la mort de leur ami Guillaumet ?

@+
Alain
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Mar 02, 2017 02:30    Sujet du message: Répondre en citant

La guerre, grand malheur…
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