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Décembre 1943 – Asie-Pacifique
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Fév 12, 2017 11:42    Sujet du message: Décembre 1943 – Asie-Pacifique Répondre en citant

Pendant que la suite de Dragon est sur le feu, il serait dommage de ne pas vous fournir ce chapitre qui est prêt (même si des éléments peuvent encore venir s'y ajouter). Il est dû aux plumes de Patzekiller, Anaxagore et Tyler.


1er décembre
Campagne de Birmanie et Malaisie
Batailles aériennes
Front birman
– Les P-40 du 80FG ont décollé de nuit et ont rejoint au-dessus de la mer les Bristol Beaumont des Sqn 45, 84 et 3 BVAS. Ils survolent l’archipel des Mergui une heure après le lever du soleil et vont attaquer l’aérodrome situé au nord-est de la ville. Les patrouilles de Tojo se heurtent aux chasseurs de l’escorte et abattent deux P-40 en échange d’un Ki-44, mais aucun bimoteur n’est perdu – cependant, les dégâts au sol sont modérés.
L’action ne s’arrête pas là : compte tenu de l’éloignement de l’objectif, les aviateurs alliés ont dû choisir une route de retour directe, au-dessus des terres, en dépit de l’emport de réservoirs supplémentaires par les chasseurs. Cela signifie que le raid devra passer au niveau de Tavoy. Aussi a-t-il été décidé que les Spitfire des Sqn 17, 67 et 113 lanceraient un Circus au sud-ouest de la ville pour dégager la route des appareils alliés rentrant à leurs bases. Les 50e et 64e Sentai ont décollé en force et cet engagement se solde par la perte de cinq Spitfire (dont trois pilotes seront récupérés) contre deux Tojo et deux Oscar.

Saigon Tan-Son-Nhut, 09h00 – Les sirènes d’alerte retentissent, mais il est déjà trop tard pour que la chasse puisse intervenir. Habitués à ce que les bombardiers alliés arrivent de Chine, les Japonais ont positionné leurs chasseurs loin au nord, mais c’est du sud-ouest que les B-24 des 436th et 492nd BS arrivent. Basés aux Andaman, ils ont décollé de nuit et coupé à travers la Thaïlande au-dessus de l’isthme de Kra pour aller bombarder cette base arrière des Ki-21 du 14e Sentai qui opèrent au-dessus de la Birmanie. La surprise est totale et les pertes sont lourdes : piste endommagées, un stock d’essence incendié, plusieurs hangars démoli et huit bombardiers japonais détruits. Les Américains repartent sans perte et ne seront même pas inquiétés sur le chemin du retour.

Campagne d’Indochine
Fin d’une brouille passagère
Vientiane, 15h00
– Un navire battant pavillon thaïlandais accoste sur la berge du Mékong. Quelques messieurs au physique asiatique, mais vêtus de complets européens noirs très stricts et portant de volumineuses mallettes en débarquent. Ils sont attendus et tout de suite conduits à l’hôtel de ville pour y rencontrer les ex-autorités thaïlandaises de la capitale, ainsi que leurs successeurs laotiens.
Il suffit de deux heures de discussion pour parvenir à la signature d’un accord provisoire. La première conséquence de cette signature est la libération des soldats capturés la veille, qui sont immédiatement renvoyés de l’autre côté du Mékong. Au contraire, les policiers thaïlandais sont invités à rester ! En effet, la ville est en proie depuis la veille à un joyeux chaos et des soldats Lao Issaras ont été surpris à piller des boutiques. Il est temps de remettre de l’ordre ! Les ex-Résistants devenus depuis la veille “l’armée régulière du roi Sisavang Vong” doivent obéir aux lois du royaume. Et pour faire respecter celles-ci, le mieux est de s’en remettre à des professionnels, seraient-ils les ennemis de la veille.


2 décembre
Campagne d’Indochine
Naissance d’un jour férié
Luang-Prabang (capitale religieuse du Laos)
– Depuis deux jours, les influents prêtres de la ville s’occupent plus de politique que de religion. Il faut dire qu’ils ont fort à faire : ils servent d’intermédiaire entre le général Phin Shoonhavan, commandant en chef des forces thaïlandaises au Laos, et le général de brigade Bourreau, qui commande les troupes franco-laotiennes. Il a fallu toute l’habileté de ces saints hommes pour concilier les deux officiers.
L’accord butait sur le mot « guerre ». En effet, les Thaïlandais refusent l’utilisation de ce mot. La Thaïlande n’était pas en guerre contre le Laos, elle ne l’a pas non plus envahi. Du point de vue thaï, tous les événements des deux années écoulés étaient « une opération de police intérieure ». Malgré son expérience de la région, Bourdeau s’est mis en colère, mais son partenaire, le prince Souphanouvong, est resté pragmatique. Pour lui, peu importait ce qui était écrit sur la feuille qu’ils devaient signer, l’important était qu’elle permette aux Franco-Indochinois de consacrer toute leur énergie à combattre le véritable ennemi – les Japonais. Si pour y parvenir, s'il fallait aider les Thaïlandais à sauver la face, c’était un bien faible prix à payer.
Finalement, l’accord a été trouvé et les unités françaises et Lao Issaras font leur entrée en ville en début d’après-midi. Des photographes de plusieurs agences de presse ont précédé les troupes et prennent des clichés du défilé de la victoire. Au cœur de la ville, la garnison thaïlandaise présente les armes. Les deux généraux signent le cessez-le-feu. Les couleurs thaïlandaises qui flottaient au côté de celles du Laos sont amenées et remplacées par le drapeau français.
Contrairement à d’autres pays belligérants d’Asie, le Laos ne fête pas la capitulation du Japon. Mais le 2 décembre est férié…
………
« L’Asie se joue des règles du conflit telles que les Occidentaux les définissent. La fin de la guerre franco-thaïlandaise le démontre très bien. En dépit des légendes officialisées au Laos comme en Thaïlande, ces deux pays ont étroitement collaboré pour mettre fin au conflit. Et ils y ont été aidés par les deux autres protagonistes, la France et le Japon.
Regardons les faits.
A deux reprises, le général Bourdeau a tenté de prendre Vientiane. Son but était de libérer Luang-Prabang, mais cette cité aux innombrables temples ne pouvait être prise de force sans la ravager, ce qui aurait très gravement offensé les Laotiens. Commandant, entre autres, un régiment et des auxiliaires de ce pays, Bourdeau ne pouvait l’ignorer. D’où sa stratégie indirecte : pour prendre le fruit, couper la branche. C’est à dire prendre Vientiane pour couper les communications entre Luang-Prabang et la Thaïlande.
Mais les Thaïlandais avaient concentré des effectifs importants à Vientiane. La ville était couverte depuis la rive thaïlandaise du Mékong par des pièces de 105 mm (le plus gros calibre déployé au cours des opérations en Indochine). De plus, les Japonais possédaient dans le sud du Laos une importante force d’occupation, appuyée en particulier par la puissante base Hayabusa. Quand une partie de la 56e D.I. japonaise fut déployée dans la région pour le contrer, la situation devint intenable pour le général Bourdeau, forcé d’enchaîner coups de main et retraites.
Tout changea lorsque la Thaïlande, de plus en plus souvent bombardée par les alliés anglo-américains et voyant le Japon perdre progressivement pied en Birmanie, décida de “s’auto-neutraliser”. Mais le Laos compliquait la situation. Impossible de se retirer sans perdre la face. Pourtant, il le fallait ! Car ce que craignait le plus le gouvernement thaïlandais, c’était de voir, quelques années plus tard, une assemblée internationale intervenir et légiférer en sa défaveur sur les frontières du Laos.
C’est là qu’intervint le prince Souphanouvong, chef du Pathet Lao. Par l’intermédiaire d’amis bien placés, il proposa aux Thaïlandais un plan très simple en trois étapes.
La première était de convaincre les Japonais de retirer leur 56e D.I. du Laos. Ce qui ne posa aucune difficulté ! Les Japonais eux-mêmes ne demandaient qu’à partir. Ils n’avaient aucune envie de continuer à se battre au Laos alors que le Vietnam, bien plus important du point de vue stratégique, était à feu et à sang. Les Lao Issaras cessèrent donc d’attaquer les Japonais et les Thaïlandais. Considérant que le calme était revenu, Bangkok remercia le Japon de son assistance. Les Japonais s’empressèrent alors de ramener leurs troupes « victorieuses » en Cochinchine.
Deuxième étape : le gros de la garnison de Vientiane devait quitter la ville. Il fallait lui trouver une bonne raison, ce fut l’interception d’un grand convoi de pâte de pavot en principe destiné à la Résistance laotienne. De quoi produire beaucoup d’opium, autant dire beaucoup d’argent… Le gouvernement siamois put donc proclamer devant le pays qu’il avait remporté une grande victoire, tout en s’adjugeant un joli prix de consolation. En outre, la manœuvre permettait au principal chef du Peuple des Montagnes de se débarrasser élégamment d’un de ses principaux jeunes rivaux.
Troisième étape : le gros de la garnison de Vientiane s’étant éloigné, l’aviation ayant reçu l’ordre de ne pas intervenir sur la rive laotienne du Mékong et l’artillerie ayant été redéployée quelque temps plus tôt, il était assez facile pour les Lao Issaras de s’emparer de la ville au prix d’un assaut symbolique.
A cet égard, la nomination du major Bhirombhakdi à la tête de la garnison était un acte de politique intérieure thaïlandaise. Il appartenait à une famille influente, mais dont la réputation avait été souillée par son comportement contre les Anglais en Birmanie (il semble qu’il ait refusé de se faire tuer – avec bon nombre de ses hommes – pour obéir à un ordre du commandement japonais). Sa mort au cours de la bataille devait permettre de laver la honte attachée à son nom. Pour compenser cette forme d’exécution, une partie de l’opium saisi fut versée à sa veuve.
Pour revenir à Vientiane, le fait que ce soit les Laotiens qui reprennent la ville évitait aussi aux Thaïlandais de perdre la face devant les Français, ceux-là même qui avaient imposé le tracé litigieux de la frontière entre le Laos et la Thaïlande. Le prince Souphanouvong alla même jusqu’à soutenir la revendication de la Thaïlande pour que les mots « guerre » et « invasion » ne figurent pas dans l’accord de paix. Celui-ci n’évoqua finalement qu’un « grave incident frontalier » au terme duquel « une force de police » avait « assuré le contrôle » de la capitale, « en l’absence du roi »… puisque Sisavang Vong s’était exilé à Dien-Bien-Phu. »

Extrait de Guerre et Paix en Asie du Sud-Est, par Pascal N’Guyen-Minh (1990) ; édition révisée et complétée par Célian Cogitore (2010).


3 décembre
Campagne de Birmanie et Malaisie
Batailles aériennes
Front birman
– Pendant que la RAF fait son office au-dessus du front, les P-40 à tête de mort des 88th, 89th et 90th FS passent la journée en mission Rhubarb au sud de Mergui, attaquant camions et dépôts le long de cette artère qui remonte vers le nord pour ravitailler les divisions japonaises. Des accrochages aériens causent une perte de chaque côté. Récupéré par une équipe Fauconneau, le pilote américain sera évacué par le Surcouf à la fin du mois.

Campagne d’Indochine
Fin de carrière
Base Epervier, Dien-Bien-Phu
– Le général Martin reçoit un envoyé du gouvernement d’Alger. Un officier d’état-major venu lui remettre une lettre qui lui est adressée directement par le Chef d’Etat-Major des Armées. Ce dernier l’informe de son remplacement à la tête des forces françaises d’Indochine. La raison invoquée est la limite d’âge. Après tout, il aurait dû être envoyé à la retraite près d’un an plus tôt. Mais malgré les félicitations pour « le travail accompli dans les conditions les plus difficiles » et, en filigrane, les promesses de décorations et même d’une étoile supplémentaire, Martin sait bien que l’âge n’est qu’un prétexte. En fait, il paye la double défaite de l’insurrection d’Hanoi (qu’il n’a ni voulue ni ordonnée) et de la bataille de la route de Hà-Giang (qui n’aurait pas tourné de la sorte si une partie des moyens prévus pour appuyer l’offensive n’avaient été détournés pour soutenir Hanoi). Ces échecs ont été claironnés par la presse. Même le New York Times en a longuement parlé (sans trop de tristesse d’ailleurs).
Il serait d’ailleurs plus juste de dire qu’Hanoi et Hà-Giang ont été les gouttes d’eau qui ont fait déborder le vase. Le véritable reproche qui lui est constamment fait depuis des mois, c’est d’avoir cédé à Hô Chi-Minh lorsque ce dernier s’est mis à rechercher de nouvelles sources d’approvisionnement en armes et en munitions. Les partisans de l’Indochine Française (il y en a encore) et certains de ceux de l’Union Française (avec une emphase sur “Française”) ne lui pardonnent pas d’avoir cédé au Vietminh. En fait, à Alger, les Vietminh sont toujours tenus en piètre estime par une partie du personnel politique. On les considère comme des marionnettes de Moscou et l’alliance avec eux est vue avec méfiance (au mieux). Ces gens-là auraient bien aimé qu’il réussisse à les tenir en laisse… sauf que s’y efforcer n’aurait été ni réaliste, ni très adroit.
Martin pose la lettre et remercie l’officier qui la lui a remise.
Dans le fond, il n’éprouve aucune amertume. Il sera très heureux d’aller assister de plus près, fût-ce en spectateur, à la Libération de la France et de laisser cette guerre affreuse à quelqu’un d’autre. Avant l’invasion japonaise, jamais il ne lui serait venu à l’esprit, même après avoir vécu les combats de 14-18, que la guerre puisse devenir à ce point barbare. L’horreur le dispute au ridicule dans ce conflit où la vie humaine a si peu de valeur. Que quelqu’un de plus jeune continue cette lutte si haineuse, si dure, si épuisante.
Le général reprend la lettre pour relire le nom de son remplaçant.
Charles Mast ! Ce n’est pas un inconnu. Il s’est évadé d’Allemagne, tout de même. Un brevet de hardiesse et d’indépendance d’esprit, deux qualités qui lui seront fort utiles ! Depuis un an, il est conseiller militaire auprès du généralissime Tchang Kai-check. Il a aussi été attaché militaire à Tokyo, avant la guerre. Bref, l’homme doit avoir des contacts utiles dans cette région. Tant mieux pour lui !


4 décembre
Campagne de Birmanie et Malaisie
Batailles aériennes
Front birman
– La routine : les Spitfire des Sqn 17, 113 et 136 sont en mission Rhubarb entre Tavoy et Yé pendant que Hurricane et Blenheim bombardent plusieurs secteurs du front. Aucune perte n’est à signaler.
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Etienne



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MessagePosté le: Dim Fév 12, 2017 11:58    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
et le général de brigade Bourreau, qui commande les troupes franco-laotiennes. Il a fallu toute l’habileté de ces saints hommes pour concilier les deux officiers.
L’accord butait sur le mot « guerre ». En effet, les Thaïlandais refusent l’utilisation de ce mot. La Thaïlande n’était pas en guerre contre le Laos, elle ne l’a pas non plus envahi. Du point de vue thaï, tous les événements des deux années écoulés étaient « une opération de police intérieure ». Malgré son expérience de la région, Bourdeau


Bourreau Bourdeau? Laughing
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Anaxagore



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MessagePosté le: Dim Fév 12, 2017 11:59    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
et le général de brigade Bourreau, qui commande les troupes franco-laotiennes. Il a fallu toute l’habileté de ces saints hommes pour concilier les deux officiers.
L’accord butait sur le mot « guerre ». En effet, les Thaïlandais refusent l’utilisation de ce mot. La Thaïlande n’était pas en guerre contre le Laos, elle ne l’a pas non plus envahi. Du point de vue thaï, tous les événements des deux années écoulés étaient « une opération de police intérieure ». Malgré son expérience de la région, Bourdeau s’est mis en colère, mais son partenaire, le prince Souphanouvong, est resté pragmatique. Pour lui, peu import


Bourreau ou Bourdeau ?
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Anaxagore



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MessagePosté le: Dim Fév 12, 2017 12:00    Sujet du message: Répondre en citant

Laughing
même réflexion au même instant.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Fév 12, 2017 12:01    Sujet du message: Répondre en citant

Est-il besoin de préciser que c'est une coquille ?
(due d'ailleurs au système d'édition, qui a préféré Bourreau à Bourdeau - elle ne figure pas dans le texte word d'origine !)
Merci de l'avoir signalée.
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Casus Frankie

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Merlock



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MessagePosté le: Dim Fév 12, 2017 12:55    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Est-il besoin de préciser que c'est une coquille ?


Ça arrive à tout le monde, même (surtout ?) aux Bourreau de travail...
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Dim Fév 12, 2017 14:03    Sujet du message: Répondre en citant

Merlock a écrit:
Casus Frankie a écrit:
Est-il besoin de préciser que c'est une coquille ?


Ça arrive à tout le monde, même (surtout ?) aux Bourreau de travail...


Je confirme! Quand on rédige beaucoup de texte, on a tendance à manquer de concentration et a laisser passer des fautes de toutes sortes. Quand je relis mon texte, je suis souvent atterré de voir le nombre d'erreurs d'orthographe ou de grammaire que j'ai pu commettre à longueur de paragraphes!
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Fév 13, 2017 17:16    Sujet du message: Répondre en citant

5 décembre
Campagne de Birmanie et Malaisie
Batailles aériennes
Opération Stoker, 08h00
– Le radar de Kampong Ulu détecte l’arrivée des B-24 des 436e et 492e BS et les appareils du 1er Sentai décollent pour affronter l’ennemi, mais le raid est escorté par les P-38 des 449e et 459e FS. Dans la mêlée, les P-38J qui ont maintenant presque entièrement rééquipé le 449e s’en tirent plus qu’honorablement en abattant trois Oscar, dont un pour le lieutenant Hampton Boggs, qui devient ainsi un as. Les B-24 repartent sans pertes. Les dégâts au sol sont modérés en dehors de l’incendie d’un important réservoir d’essence.

Front birman – La journée se passe comme la précédente, si ce n’est que ce sont les P-40N du 80e FG qui sont en mission Rhubarb entre Tavoy et Yé, le long de la côte. Bien que désavantagés par l’emport de réservoirs supplémentaires, les Américains réussissent à abattre un Ki-43 sans perte.

Campagne d’Indochine
Problème de chemins de fer
Hanoi
– Un groupe d’ingénieurs militaires entre dans le bureau du général Andou Rikichi. Sous les sourires de rigueur, ils sont d’humeur sombre. Le général leur avait réclamé une étude sur la réparation de la gare de Hanoi et des voies. Leur rapport n’est pas franchement optimiste. Enlever les gravats ou poser de nouveaux rails n’est pas le plus compliqué. Mais tout le système d’aiguillage est détruit. Il n’existe plus de pièces disponibles en Indochine. La seule solution avait déjà été proposée à la veille du soulèvement de la ville : comme le chemin de fer du sud-est de la Chine est de construction française, il existe probablement là-bas des réserves de matériel ferroviaire.
Peu désireux de demander l’aide à un officier du même rang que lui et de risquer, ce faisant, de perdre la face pour n’avoir pas été capable de se débrouiller seul, le général Rikishi demande s’il n’existe pas une autre solution. « Si, deux, répond un ingénieur épuisé. Le plus simple serait de commander tout le matériel nécessaire au Japon. Mais, même s’il était possible de trouver à ce matériel une place sur l’un des cargos allant du Japon à Haiphong, il risquerait d’y avoir des problèmes de compatibilité avec les tronçons de chemin de fer encore opérationnels. La deuxième solution éviterait ces problèmes : à Paris, le gouvernement français serait sûrement ravi de nous envoyer de quoi réparer tout le réseau indochinois. Mais je crois avoir compris que les navires français sont actuellement très occupés à rapatrier dans leur Métropole de nombreux citoyens qui avaient quitté le territoire il y a trois ans, et qui n’ont pas l’air d’accord avec… les gens de Paris. »
La répartie empreinte d’humour noir passe mal auprès de Rikishi, qui souffre de maux d’estomac depuis plusieurs mois. D’après certaines mauvaises langues vietnamiennes, la douleur qu’éprouve Rikishi remonte lentement vers la gorge, à mesure que la date de son inévitable pendaison se rapproche.


6 décembre
Campagne de Birmanie et Malaisie
Météo
Front birman
– Un temps médiocre réduit considérablement les activités aériennes des deux côtés.

La guerre sino-japonaise
Un Blitz avorté
Chongqing
– En représailles à la récente offensive chinoise dans la moyenne vallée du Yangzi, l’état-major japonais en Chine décide de reprendre les bombardements de terreur qui avaient détruit une bonne partie de la capitale provisoire du régime nationaliste entre 1939 et 1941. La mission est confiée à la 1ère Hiko-shidan de la 5e Armée Aérienne. Une formation de 32 Ki-67 Hiryu (Peggy) décolle donc de Wuhan en fin de nuit, afin d’arriver au-dessus de Chongqing à l’aube, soleil dans le dos. Les bombardiers sont escortés par 16 Ki-43 Hayabusa (Oscar) et 11 Ki-44 Shoki (Tojo). Les pilotes connaissent bien l’itinéraire, qui ne présente aucune difficulté : il suffit de suivre le Yangzi jusqu’au moment où la rivière Jialing se mêle à lui, et la cible se trouve juste au confluent.
Seulement, beaucoup de choses ont changé en deux ans. La première est que, grâce au travail du Club OB-1, les Chinois savent désormais détecter le départ d’un raid aérien par le “bruit” du paramétrage des radios japonaises. La deuxième est la présence d’un radar à Chongqing – un ustensile démodé, mais qui permet de suivre l’avancée des appareils ennemis. Enfin et surtout, la ROCAF a été rééquipée avec du matériel américain (relativement) récent, et dans ce secteur sensible, ses unités sont soutenues par des P-51 de la 14e Air Force.
Alors qu’ils sont encore à une centaine de kilomètres de leur objectif, les aviateurs japonais sont interceptés par 29 Warhawk chinois. C’est une erreur de la défense : les Américains prévoyaient, en cas de raid japonais, d’attaquer les premiers pour s’occuper de l’escorte, mais les terrains de la ROCAF ont été prévenus les premiers et les aviateurs chinois n’ont pas voulu attendre ! Les chasseurs japonais s’interposent et une mêlée confuse s’ensuit, dans laquelle les Japonais montrent que leurs pilotes et surtout le Ki-44 se comparent favorablement aux P-40N montés par des Chinois.
C’est alors que 24 Mustang américains, profitant de la situation, fondent sur les bombardiers sans défense. Les chasseurs d’escorte tentent désespérément de décrocher pour secourir les Ki-67, mais ne peuvent éviter un véritable massacre… Les Hiryu survivants renoncent et, après avoir largué leurs bombes au hasard, rebroussent chemin avec les restes de leur escorte. Quinze bombardiers ont été détruits, plus un qui s’écrasera au retour près de la ville de Puqi, site de la célèbre bataille de la Falaise Rouge sous l’ère des Trois Royaumes. Sept Ki-43 et trois Ki-44 ont été abattus, en échange de dix P-40 et deux P-51.
Cette hécatombe est une douche froide pour l’état-major japonais en Chine. Il apparaît clairement que vouloir à toute force reprendre les raids de bombardement comme si le rapport de force n’avait pas évolué en leur défaveur imposerait de sacrifier un trop grand nombre d’avions… et d’équipages, alors qu’il devient de plus en plus difficile de se voir accorder des renforts par la Métropole. Pour les besoins de la propagande, on fera du raid un si brillant succès qu’il n’est pas utile de le renouveler, et en catimini, on reportera sine die tout nouveau projet d’attaquer par les airs la capitale provisoire chinoise.


7 décembre
Campagne de Birmanie et Malaisie
Batailles aériennes
Front birman
– Tout le long de la ligne de front, Hurricane, Blenheim et Beaumont passent la journée à bombarder les dépôts et l’artillerie ennemis, couverts par les chasseurs des Sqn 17, 67 et 136. Les Japonais ripostent de la même façon. Les Warhawk des Burma Banshee, eux, passent la journée en mission Rhubarb entre Yé et Tavoy, tandis que les Spitfire du Sqn 113 doivent repousser au-dessus de Rangoon un raid de Sally venus de Malaisie en faisant un détour au-dessus de la mer.
Bref, en Birmanie, rien de nouveau ! Deux événements viennent cependant compléter les rapports de ce jour anniversaire de l’entrée en guerre des Etats Unis. Le premier est d’ordre administratif : à l’image de ce qui se fait en Europe, tous les moyens aériens d’appui de ce théâtre sont regroupés sous un seul commandement allié : la 3rd Tactical Air Force. Le second est l’arrivée à Rangoon d’un deuxième squadron de Beaufighter, diurne celui-ci : le Sqn 27, sur Beaufighter VI F.

Campagne d’Indochine
Anniversaire
Hanoi
– Ambiance de kermesse (un peu forcée) dans la ville en ruines à l’occasion du deuxième anniversaire de l’entrée en guerre du Japon. L’empereur Cuong De se fend d’un discours sur l’excellence des relations nippo-vietnamienne, qu’il conclut ainsi : « Les difficultés présentes ne sont que l’œuvre d’une poignée de fauteurs de troubles. La grande majorité des Vietnamiens louent leurs bienfaiteurs et ne soucient que d’entretenir avec les Japonais des relations amicales conformes aux traditions de nos deux peuples. » Cuong De s’empresse ensuite de rendre visite à l’exposition de plusieurs peintres vietnamiens qui viennent de rentrer d’un voyage au Japon, où il leur a été enseigné les techniques propres aux artistes du Soleil Levant.
De son côté, l’ambassadeur Yoshizawa réaffirme l’invincibilité de l’Empire dans un discours qui célèbre la victoire remportée par les Japonais contre « les colonisateurs blancs » à Hà-Giang, mais aussi les innombrables triomphes obtenus sur mer, dans les airs et dans toutes les îles du Pacifique contre « les ennemis sans scrupules qui voudraient tenter de reprendre pied en Indochine pour lui imposer à nouveau leur joug ».

La guerre sino-japonaise
Opération Bailu – Préliminaires : diplomatie et poésie
Chongqing
– Comme convenu le 26 novembre, les commandants des forces alliées en Chine se réunissent au quartier général chinois pour poser les bases de l’offensive de début 44 dans le sud du pays. Outre Tchang Kai-chek (flanqué comme à chaque fois en de telles occasions par son épouse Meiling) et les généraux Chen Cheng et Zhu Jiaren, sont présents les généraux Wedemeyer et Wards pour les Etats-Unis, le général Crane pour la Grande-Bretagne et le général Charles Mast, qui représente la France. Celui-ci ne peut s’empêcher de ressentir un pincement au cœur, car c’est la dernière réunion à laquelle il va participer en Chine. Il a en effet appris quelques jours plus tôt qu’Alger l’avait désigné pour remplacer le général Maurice Martin en tant que commandant des forces franco-vietnamiennes en Indochine. A ce titre, il a reçu une étoile supplémentaire (à titre provisoire, bien sûr, état de guerre oblige).
Dans ses Mémoires rebelles, Mast écrira : « Depuis l’arrivée de ce télégramme, je me demandais qui me succèderait pour faire entendre une voix française auprès de Tchang Kai-chek. Ce fut le matin même de la réunion que j’obtins la réponse : le général Georges Catroux en personne, sorti pour l’occasion de la deuxième section ! Je l’avais rencontré à Alger peu après mon évasion. Une maigreur aristocratique, un style de seigneur espagnol, intarissable sur la littérature du Grand Siècle… Je l’avais senti plus à l’aise dans une embuscade de montagne – ou, à la rigueur, dans un salon mondain – que dans une cour de caserne. Dans une partie du monde où la face compte plus que tout, Alger (et bientôt Paris de nouveau, me disais-je en pensant aux combats qui faisaient rage à ce moment même pour la libération de la Métropole) n’aurait pu faire un meilleur choix que ce général à cinq étoiles. En tant que gouverneur de l’Indochine en 1940, il avait su tenir tête à l’ultimatum japonais exigeant l’interruption des livraisons d’armes françaises à la Chine. Je savais qu’il y avait gagné auprès des Chinois la réputation d’un homme qui ne se laisse pas intimider, prêt à encourir la colère des Japonais pour tenir les engagements de son pays envers un allié. Depuis, il avait démontré ses qualités de négociateur à Beyrouth, dans le Proche-Orient compliqué. Son âge et son grade, qui feraient de lui le plus vieux et le plus gradé des conseillers occidentaux de Tchang Kai-chek, joueraient également en sa faveur dans une civilisation qui prend très au sérieux le respect dû aux ainés. »
Après avoir porté un toast à l’officier français, les participants à la réunion entrent dans le vif du sujet. Chen détaille la stratégie que Wedemeyer et lui ont ébauchée après la fin de l’opération Zhulin : une offensive sur trois axes dont l’objectif principal sera la libération de la basse vallée de la Rivière des Perles au début du printemps 1944, ce qui rendrait à la Chine le contrôle d’un port de mer pour la première fois depuis la chute de Canton en 1938. Ainsi le matériel qui, pour l’instant, ne peut être que péniblement – ou pas du tout – acheminé par la Route de Birmanie pourrait être directement livré à quai. Les conditions logistiques seront alors remplies pour permettre en septembre 1944 une attaque de grande envergure soutenue par d’importantes forces américaines.
Le choix des généraux en charge de l’opération n’est pas une mince affaire. Tchang continue obstinément de refuser de confier de nouvelles responsabilités à Xue Yue, pourtant le choix le plus évident, car il se méfie encore de lui comme d’un rival potentiel. Le Généralissime a décidément du mal à perdre la vieille habitude qui consiste à privilégier sa légitimité personnelle par rapport aux nécessités militaires ! Chen, roué, propose alors le général Li Zongren, un ancien seigneur de la guerre rallié aux Nationalistes, qui a prouvé sa valeur lors de la bataille de Tai’erzhuang en 1938 : première victoire chinoise de la guerre contre le Japon, celle-ci avait vu Li attirer trois divisions japonaises dans un piège et les encercler. Depuis un certain temps, Tchang était réticent à faire appel à Li, préférant lui offrir des fonctions honorifiques sans réelles responsabilités. Cependant, placé devant le choix entre Li et Xue, le Généralissime n’a plus d’objection à redonner à Li un rôle actif. Par contre, n’étant pas avare de madrerie lui non plus, il impose en échange à Chen que l’une des trois Armées déployées soit la 52e, commandée par Guan Linzheng dit “Poing de Fer”, qu’une vieille inimitié oppose au chef d’état-major de Tchang. Diviser pour régner, toujours…
Les deux autres Armées seront la 1ère et la 5e.
– La 1ère Armée du général Sun Du, expose Tchang à ses hôtes, est actuellement en cours de reconstitution après avoir été durement éprouvée, vous ne l’ignorez pas, par les combats de l’opération Zhulin. Sun n’a pas démérité et il aura ainsi l’occasion de prendre sa revanche. Pour remplacer la 78e Division, qui a été décimée, je lui attribue la 88e, que nous tenions en réserve stratégique. Le général Crane m’a confirmé (l’intéressé hoche la tête en signe d’approbation) que la 5e Armée n’est plus utile sur le front de Birmanie, qui a été beaucoup raccourci ces derniers mois, les Thaïlandais ayant enfin compris où était leur intérêt (sourires dans l'assistance) ! Elle va donc être rapatriée en vue d’un redéploiement courant janvier. Je la renforcerai au passage de la 38e Division du général Sun Liren, dont la pugnacité est bien connue (cette fois, tous les participants approuvent). Bien entendu, la 200e Division Blindée du général Zheng Dongguo sera de la partie, ce qui rend d’autant plus nécessaire son rééquipement avec le nouveau matériel promis par nos amis américains (regard en coin vers Wedemeyer, qui reste de marbre). Pour ne pas dégarnir le dispositif défensif de la 30e Armée, puisque c’est de lui que dépend notre sécurité stratégique au nord du futur théâtre d’opérations, je vais lui envoyer en échange la 36e Division du général Ma Zhongying.
Le reste de la réunion aborde divers aspects préliminaires, laissant les détails à de futures rencontres. Elle s’achève sur le choix du nom à donner à l’opération. Song Meiling propose “Bailu”, c’est à dire “Rosée Blanche”, en référence à un poème de Li Bai :
« Tard dans la nuit, les marches de jade perlent d’une rosée blanche
Qui traverse la fine soie de ses bas.
Baissant le rideau de cristal finement ciselé,
Elle contemple la lune d’automne. »

Galanterie ou amour de la poésie ? Tous les participants approuvent chaleureusement.


8 décembre
Campagne de Birmanie et Malaisie
Front birman
– L’objectif allié du jour est à nouveau le radar de Tavoy. Cette fois, les Warhawk des Burma Banshee (80e FG) ont pour rôle d’attirer la chasse japonaise au nord-ouest de la ville, mais seul le 50e Sentai va aller à la rencontre des Américains : rendu prudent par les multiples feintes de leurs adversaires, le commandement nippon conserve une partie de ses effectifs pour faire face à une autre menace.
Avec raison : les Beaumont des Sqn 45, 84 et 3 BVAS, escortés par les Spitfire des Sqn 17, 67 et 113 se glissent derrière les P-40. Les Anglais font donc face au 64e Sentai, mais celui-ci est positionné trop à l’est pour intervenir avant le bombardement. Le raid est une réussite : le radar est une fois de plus mis hors service pour plusieurs jours. Les pertes sont de deux P-40, deux Spitfire et un Beaumont contre deux Shoki et trois Hayabusa.

Campagne d’Indochine
Après un échec de Giap
Mong-tseu (Chine)
– Ce qui reste du 108e Régiment vietnamien et les survivants du bataillon du 1er Régiment Etranger de Parachutistes qui l’accompagnent arrivent enfin à Mong-steu après un long périple dans les montagnes de la frontière sino-vietnamienne. Comme une route à peu près correcte relie la petite ville de Chine nationaliste à Dien-Bien-Phu, c’est la fin du calvaire pour des soldats épuisés et affamés. Les blessés ont dû être transportés à dos d’homme, beaucoup n’ont pas supporté le voyage.


9 décembre
Campagne de Birmanie et Malaisie
Iles Andaman
– Cet après-midi, les P-38 de la 10e Air Force basés dans l’archipel patrouillent entre Sabang et Banda Aceh, où sont basés des Ki-43 du 24e Sentai. Les rapides bimoteurs abattent trois Oscar sans perte – le Ki-43 est bel et bien dépassé.
Si les chasseurs américains ont été libres de mener ce genre de mission, c’est qu’ils n’avaient pas de bombardiers lourds à escorter. Ces derniers sont partis pour Mandalay, d’où ils participeront avec le reste du 7e BG à un raid sur Hanoi.

Campagne d’Indochine
Au Laos libéré
Luang-Prabang (Laos)
– Le roi Sisavang Vong fait une entrée triomphale dans sa capitale. Son peuple l’acclame et les prêtres viennent s’incliner devant lui.
Dans la journée, le prince Souphanouvong est confirmé comme Premier ministre de son oncle. La première décision du nouvel homme fort du Laos est de dissoudre les Lao-Issaras. Sa décision ne fait qu’entériner un état de fait. Depuis que les envahisseurs nippo-thaïlandais ont quitté leur pays, les guérilleros désertent en masse pour regagner leurs champs et leurs villages.
Le général Bourdeau fait face au même problème. Cependant, les hommes du 10e RIC sont considérés comme des soldats français et les choses sont donc beaucoup plus ennuyeuses. Heureusement, il reste un noyau d’anciens, qui s’étaient engagés avant l’invasion japonaise et qui n’ont pas l’intention de retourner à leur charrue avant d’arriver à Tokyo. Le prince et Premier ministre écoute le général vitupérer, puis lui fait remarquer qu’essayer de retenir les hommes qui voudraient partir serait pire qu’inutile. Le mieux est de laisser s’en aller ceux qui le désirent, à partir du moment où ils n’emportent pas leurs armes. Des hommes désireux de continuer le combat, il y en a, affirme Souphanouvong, en revanche, on manque de fusils et de munitions. Bourdeau soupire. Il aura accepté des choses impensables pour continuer cette guerre dans ce pays perdu.


10 décembre
Campagne de Birmanie et Malaisie
Batailles aériennes
Front birman
– La RAF est occupée à faire la chasse aux dépôts et aux positions d’artillerie, cette fois avec la participation des Bristol Beaufighter du Sqn 27.
Près de Rangoon, les terrains alloués à la 10e Air Force voient l’arrivée de deux unités sur B-25G/H, les 490e et 491e Bomber Squadrons. Le 490e BS a déjà opéré quelques mois plus tôt sur ce théâtre.
Dans la nuit, les Japonais bombardent Moulmein, mais le raid ne fera que des dégâts minimes.

Campagne d’Indochine
Bombardement stratégique
Haiphong
– La nuit s’enfle d’un bruit de moteurs qui grandit. Pour avoir souvent entendu arriver des bombardiers, les habitants ne sont pas surpris, mais cette fois, le son est trop fort. Alors que les sirènes hurlent et que les gens se précipitent vers les abris, les bombes commencent à chuter. Elles tomberont pendant une bonne partie de la nuit. Trois vagues de bombardiers assaillent le grand port. D’abord, les Halifax du Sqn 624. Puis les Wellington du 1st Sqn BVAS. Enfin, les Wellington du Sqn 215.

Campagne de Nouvelle-Guinée
Campagne de Salamaua-Lae
De notre envoyé spécial…
– Le dernier numéro du Kalgoorlie Miner titre fièrement : « L’exploit d’un bataillon australien – D’Hopoi Mission à Finschafen ». L’article célèbre la rapidité de l’avance des unités australiennes dans le nord de la Nouvelle-Guinée.
« (…) A partir de ce début en demi-teinte [le débarquement à Lae] allait commencer une des marches les plus remarquables de la campagne de Nouvelle-Guinée, une marche qui devait mener le bataillon jusqu’aux défenses sud de Finschafen seulement deux heures après la prise de la ville. En dix jours [à partir d’Hopoi Station], la division [la 9e DI du général Wooten] allait parcourir 50 miles de mauvaise piste côtière, livrer une petite bataille et occuper plusieurs fortes positions défensives sur la côte et dans les terres, abandonnées par les Japonais devant l’avance australienne.
Tel Moïse apercevant la Terre Promise, ils arrivèrent sur la plage (…), juste à temps pour faire signe et souhaiter la bienvenue aux patrouilles de la 7e Division qui étaient arrivées à Finschafen et avaient atteint la rive nord. La première résistance japonaise ne fut rencontrée que sur la Mongi, une rivière à 22 miles de leur point de départ. Sur la rive sud, des patrouilles de reconnaissance furent repoussées avec quelques pertes lors d’un engagement dans l’après-midi et, le matin suivant, la force traversa la rivière pour s’attaquer aux défenses principales, que l’on savait exister sur la rive nord.
Ils trouvèrent les positions de défense, mais pas l’ennemi. De fortes positions bordaient la rive nord et l’on voyait des signes d’une évacuation hâtive. Deux mitrailleuses lourdes avaient été laissées là en cadeau, ainsi qu’une bonne quantité de munitions et de matériel. La force japonaise s’était apparemment installée là quinze jours plus tôt et avait déserté les défenses principales sans avoir tiré un coup de feu. Des traces de roues montraient que les affûts des mitrailleuses avaient été montés sur des charrettes à bras pour mettre les pièces en position. »

………
La campagne de Salamaua-Lae vient de se terminer après cent trente-six jours d’un vrai calvaire. Mais la campagne de Nouvelle-Guinée continue, comme en témoigne le reste de la page du Kalgoorlie Miner.
Le communiqué du QG du général Blamey rapporte le bombardement aérien de trois localités du secteur nord-ouest de la Nouvelle-Guinée : Kokas, Ira et Manokwari – celle-ci bombardée de nuit avec des bombes incendiaires. Plus à l’est, les bombardiers australiens et américains ont frappé le poste de ravitaillement japonais de Gasmata, qu’ils ont incendié. Les installations de Garove Island ont été bombardées et mitraillés ; le débarcadère et les bâtiments ont été endommagés. La route de Bogradjim a reçu 39 tonnes de bombes qui ont gravement endommagé la principale voie de communication ennemie. L'aviation australienne a également frappé la côte entre Fortification Point et Gogol River, touchant en particulier les villages de Sio et de Sador, tenus par les Japonais, incendiant pas moins de huit barges.
À Kavieng, un croiseur léger japonais aurait été touché par un B-24. Enfin, dans les Salomon, les Australiens ont bombardé Bougainville, coulant une barge de transport japonaise.


(En remerciant les auteurs déjà cités et Hendryk, pour la partie chinoise.)
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loic
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MessagePosté le: Mar Fév 14, 2017 08:40    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Le communiqué du QG du général Blamey rapporte le bombardement aérien de trois localités du secteur nord-ouest de la Nouvelle-Guinée : Kokas, Ira et Manokwari – celle-ci bombardée de nuit avec des bombes incendiaires.

3 fois un mot de la famille de "bombe" dans la même phrase, on peut sans doute remanier.
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En principe (moi) ...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Fév 14, 2017 09:46    Sujet du message: Répondre en citant

C'est vrai…

que des avions ont attaqué trois localités du secteur nord-ouest de la Nouvelle-Guinée : Kokas, Ira et Manokwari – celle-ci bombardée de nuit avec des projectiles incendiaires
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Archibald



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MessagePosté le: Mar Fév 14, 2017 12:54    Sujet du message: Répondre en citant

3 fois bomb- dans la meme phrase voilà qui aurait plu à Bomber Harris ou à Curtis LeMay :p
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"Au fond, comme chef de l'État, deux choses lui avaient manqué : qu'il fût un chef ; qu'il y eût un État" (De Gaulle à propos d'Albert Lebrun, 1944).
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Fév 14, 2017 14:11    Sujet du message: Répondre en citant

11 décembre
Campagne de Birmanie et Malaisie
Labourage
Front birman
– Le front est plutôt calme. L’événement notable de la journée se déroule à la nuit tombée avec un raid nocturne des Halifax du Sqn 624 et des Wellington des Sqn 215 et 1 BVAS contre le terrain de Kampong Ulu. Les hangars ne sont pas touchés, mais au départ des Anglais, la piste ressemble à un champ de labour que les Japonais mettront plus de 24 heures à aplanir.

Campagne d’Indochine
Bombardement stratégique
Haiphong
– Les habitants sont stupéfaits des dégâts infligés à leur ville. La douane et les docks à l’angle du boulevard Bonnal et la Rue de Marseille ont durement souffert. Les appontements sur le Cua-Cam ont été gravement touchés. La gare a aussi reçu plusieurs projectiles. D’autres ont explosé sur la savonnerie. La caserne de la milice, au sud-ouest a également été atteinte.


12 décembre
Campagne de Birmanie et Malaisie
Redéploiement terrestre et actions aériennes
Front birman
– Le dernier régiment d’infanterie de la 9e Division japonaise quitte la région de Yé pour aller s’installer bien plus au sud, entre Mergui et la frontière thaï. Il ne reste plus dans la plaine que le régiment d’artillerie de cette unité. La ligne de front est maintenant tenue par la 12e Division dans la plaine et par la 71e dans les collines à l’est. Toutes deux ont reçu des renforts significatifs. Moins favorisée, la 55e Division, très durement étrillée lors de Tiger et réduite à un peu moins de 50 % de ses effectifs, est toujours stationnée près de Tavoy. La 1ère Division de l’Armée Nationale Indienne est encore déployée sur le littoral, mais de plus en plus au nord, au fur et à mesure que la 9e Division nipponne descend vers le sud.
Dans les airs, les Spitfire de la 3e TAF rééditent l’opération du 1er décembre : ils sortent en force pour attirer la chasse de Tavoy le plus au nord possible pendant que toute la famille Bristol – Beaumont, Blenheim et Beaufighter – passent la journée en missions Rhubarb. La feinte a peu de succès, mais les 11e et 77e Sentai ont fort à faire toute la journée, entre leurs propres patrouilles de combat, les escortes aux bombardiers de l’aviation de front et l’aide à apporter aux 50e et 64e Sentai au nord – du coup, les raids anglais rencontrent peu d’opposition. Un Blenheim est perdu et un autre endommagé, ainsi qu’un Beaumont, tandis que les Beaufighter du Sqn 27 se comportent très bien : leur puissance de feu leur permet d’abattre un Hayabusa et un Shoki qui ont fait l’erreur de les confondre avec des Blenheim.
A Kampong Ulu, le 1er Sentai passe une très mauvaise journée. En effet, sa base n’est pas pleinement opérationnelle après le bombardement de la nuit précédente quand surviennent les B-25 des 490e et 491e BS, escortés par les P-40 à tête de mort du 80e FG, qui opèrent à la limite de leur rayon d’action, même avec réservoirs supplémentaires. Un Warhawk sera d’ailleurs perdu en mer, mais le pilote récupéré.

Iles Andaman – La base de Dilgipur voit le retour des B-24 des 436e et 492e BS après leur raid aller-retour sur Hanoi.

Campagne d’Indochine
Bombardement stratégique
Haiphong
– Alors que la journée du 11 s’est écoulée en réparations, vers 01h00 le 12, les sirènes font à nouveau entendre leur mugissement sinistre. Les canons anti-aériens commencent à tonner, leurs projectiles éclatent dans un ciel balayé par des projecteurs. Cette fois, ce sont tous les bombardiers lourds de la 10e AF (9e, 436e, 492e, 493e BS). Contrairement à leurs habitudes, ils effectuent un raid de nuit, ce qui n’améliore pas leur précision, bien qu’ils tentent de viser les incendies allumés par les Britanniques la nuit précédente…
A nouveau l’enfer s’abat sur la ville. Hélas, si les bombardiers visent le port et les positions japonaises, leurs bombes vont souvent exploser ailleurs ; des maisons s’effondrent et des incendies s’étendent. Les pompiers font ce qu’ils peuvent, mais le chaos rend vains leurs efforts. Il faut évacuer les sinistrés, soigner les blessés, s’occuper d’enfants hurlants qui ont perdu leurs parents et de parents fous de douleur qui ont perdu leurs enfants…


13 décembre
Campagne d’Indochine
Bombardement stratégique
Haiphong
– Les destructions sont énormes, comme si les avions alliés avaient voulu mettre Haiphong à égalité avec la capitale sur le plan des ruines. Les bureaux des Chargeurs Réunis, les docks de la Chambre de Commerce, la Cotonnière, les ateliers Denis et Cie, les docks Brifleu, Faud et Cie sont sévèrement endommagés.
Il y a plus de 500 morts et près de 750 blessés. Ce raid aérien restera le plus meurtrier de toute la guerre en Indochine.
La presse collaborationniste pro-japonaise ne peut que fustiger « l’agresseur brutal qui frappe stupidement de pauvres gens sans défense ». Mais la population grince des dents – les réfugiés de Hanoi sont nombreux et les massacres qui ont suivi l’insurrection sont gravés au fer rouge dans toutes les mémoires. Le peuple vietnamien ne maudit pas les bombardiers ; tous répètent que les bombes qui ont touché leurs maisons étaient destinées aux Japonais et regrettent seulement qu’elles aient manqué leurs cibles. De plus, survenant quelques jours seulement après la célébration du deuxième anniversaire du début de la guerre, l’attaque frappe particulièrement les imaginations. On y voit le signe certain de la chute prochaine de l’ennemi.


14 décembre
Campagne de Birmanie et Malaisie
Actions aériennes
Iles Andaman
– Sitôt revenus du nord, les B-24 américains enchaînent avec un raid contre la garnison de Sabang. Les Ki-43 du 24e Sentai tentent une interception, mais ils sont maintenus efficacement à distance par les P-38 des 449e et 459e FS et perdent même un appareil.
La nuit suivante, des Ki-21 tentent de s’en prendre à Port Blair, mais sans succès.

La guerre sino-japonaise
Les tribulations d’un Anglais en Chine
Lanzhou
– L’expédition archéologique de Joseph Needham arrive à Lanzhou, chef-lieu de la province du Gansu, à peu près à mi-chemin de son objectif. Le bouillonnant biochimiste britannique, accompagné de son chauffeur Guang Wei, de son secrétaire Huang Xingzong et de Liao Hongying, une jeune étudiante sur laquelle il a des vues, décide de marquer une pause après trois semaines d’un voyage émaillé de multiples incidents mécaniques, lesquels l’ont fait maudire le camion de seconde main que lui a refilé l’intendance de l’antenne de la RAF à Chongqing.
Alors que toute la petite équipe prend ses quartiers dans l’un des rares hôtels corrects de la ville, un diplomate de Sa Gracieuse Majesté se présente : Derek Bryan, en poste dans ce coin reculé de la Chine, n’a pas grand-chose à faire de ses journées et propose de se joindre à Needham pour le reste du trajet vers Dunhuang. Celui-ci s’en mordra les doigts, car Bryan et Mlle Liao ne vont pas tarder à nouer une idylle qui aboutira, quelques mois plus tard, à un mariage en bonne et due forme.


15 décembre
Campagne de Birmanie et Malaisie
Actions aériennes
Front birman
– Les B-25 de la 10e Air Force passent la journée en mission Rhubarb entre Tavoy et Mergui, escortés par les P-40N des Burma Banshee. Ce secteur est trop éloigné pour les Spitfire, et la version allégée du P-40N, dotée d’un réservoir supplémentaire, se montre bien utile.
La version en question est quand même un peu trop allégée pour certains, que lancer un moteur à la manivelle n’enthousiasme pas. C’est pourquoi les mécanos américains n’hésitent plus, à l’image des Français, à tenter toutes sortes de bricolages. C’est ainsi que le P-40 Lulubelle a reçu un démarreur électrique de Cadillac ; comme il s’en est fort bien trouvé, les autres pilotes vont faire la chasse à ce genre de démarreur pour leurs appareils.


16 décembre
Campagne de Birmanie et Malaisie
Actions aériennes
Front birman
– Les Alliés ont décidé de mettre la chasse japonaise sous pression. Aussi, tous les squadrons de Spitfire, les P-40 du 80e FG, mais également les P-38 des 449e et 459e FS, venus spécialement des Andaman, accomplissent une vaste mission Circus au nord de Tavoy. Pendant ce temps, les Blenheim, Beaumont et Beaufighter sont en Rhubarb le long de la route côtière entre Yé et Tavoy. Le bilan de la journée est de 8 appareils perdus côté allié contre 10 côté japonais. Le capitaine Harrell, du 89e FS, descend deux Oscar – à ce jour, tous les pilotes du 80e FG ont au moins une victoire.
………
Dans le camp japonais, l’événement marquant est l’arrivée, loin au sud, à Kampong Ulu, du 103e Sentai. L’envoi d’une grande unité supplémentaire en Malaisie est une suite de la conférence de Tokyo : il s’agit de montrer aux peuples asiatiques que le Japon est prêt à de grands efforts pour les défendre. Cependant, pour former les trois chutai qui composent ce nouveau sentai, on a fait appel à des ressources variées, pour ne pas dire qu’on a raclé les fonds de tiroirs.
Le 1er Chutai est composé à partir de l’ex 37e Compagnie d’entrainement. Anciennement basée à Formose, ses pilotes sont un mélange de vétérans revenant après une blessure, d’instructeurs et de quelques novices. Mais quel que soit leur niveau, ils ont en main le redoutable Kawasaki Ki-61 Hien (Tony).
Le 2e Chutai est l’ex 1er Chutai du 21e Sentai, détaché en Thaïlande quelques mois plus tôt, au moment où Bangkok était la cible de raids américains. Il est doté de Kawasaki Ki-45 Toryu (Nick) – ces chasseurs lourds sont efficaces en appui au sol et pour attaquer les bombardiers… à condition qu’il n’y ait pas en face de monoplaces de chasse. Parmi les pilotes de ce chutai figure un vétéran, le sergent Isamu Kashiide, déjà titulaire de quatre victoires sur ce type d’appareil.
Enfin, le 3e Chutai est l’ex 3e Chutai du 54e Sentai, basé au nord du Japon et dont on avait parlé pour renforcer les Philippines. Il vole pour l’instant sur Ki-43 II et compte dans ses rangs un as, le lieutenant Sugimoto.
Bien que formé de bric et de broc, le 103e Sentai n’en représente pas moins un renfort bienvenu.

Campagne d’Indochine
Premier sang
Près du mont Nui Ba Dinh, sur la route de Kompong Thom (Cambodge) à Saigon
– Bao Qoc est un jeune homme de 16 ans, fier de se battre dans les rangs du Vietminh. Certes, depuis qu’il les a rejoints, il n’a pas vu beaucoup de combats, mais il a appris à dormir en marchant, à crier des slogans et à s’abriter des attaques aériennes. Tout ce qui est nécessaire pour un bon militant du Vietnam libre (des Japonais) et indépendant (des Français).
Aujourd’hui, il est en patrouille de reconnaissance vers la frontière cambodgienne sous le commandement du lieutenant Ba Hiêp. Par chance pour Bao Qoc et ses équipiers, le lieutenant est consciencieux et il ordonne fréquemment à sa petite troupe de s’arrêter, le temps de contrôler le terrain à la jumelle. C’est ainsi qu’il repère l’ennemi – une patrouille japonaise comme la leur – bien avant d’être vu.
La première embuscade vécue par Bao Qoc ne laissera pas de souvenir clair dans son esprit. Il se rappellera juste de tirs furieux mais brefs et de l’odeur de la poudre. Les Japonais tombent tous en quelques secondes, sans avoir pu tirer plus de quelques coups de feu. Officier expérimenté, le lieutenant fait traîner les cadavres à couvert et effacer les traces de sang sur la piste, puis il redéploie ses hommes à l’abri. Les fusillades ont le don d’attirer du monde.
Tendu, Bao Qoc fouille du regard l’imposant spectacle de cette gorge escarpée que longe une route creusée à flanc de montagne. Une rivière rapide coule au fond du gouffre. On entend le bruit du courant, mais on ne voit rien, tant est dense la végétation qui s’accroche au moindre espace.
Après une demi-heure d’attente, un nouveau groupe de soldats japonais houspillés par un sous-officier nerveux se présente sur la route. Cette seconde embuscade est tout aussi rapide que la première. Au commandement, les Vietnamiens ouvrent le feu et leurs fusils font naître des fleurs écarlates sur les poitrines ennemies. C’est alors que Bao Qoc tue pour la première fois. Un soldat japonais, son fusil brandi et qui se rue vers lui en tirant. Les réflexes acquis par l’entraînement jouent, le jeune homme sent son arme ruer contre son épaule et l’homme, l’ennemi, celui d’en face… Il roule au sol en hurlant, les mains refermées sur son ventre. Pendant des jours, Bao Qoc entendra ce cri dans ses rêves. Parfois, il criera lui aussi. Et chaque fois, il se réveillera en sueur.
Le lieutenant donne l’ordre de jeter les cadavres dans le ravin après avoir récupéré leurs armes et leurs munitions. Ensuite, la patrouille prend le chemin du retour, aussi vite que possible, mais par une voie différente de l’aller. Ba Hiêp est inquiet. Des tirs de mitrailleuses et des explosions commencent à se faire entendre, mais les bruits sont assourdis et renvoyés par le relief – difficile de dire d’où ils viennent, et de quelle distance.
Un bruit de moteur fait lever les têtes. Des avions passent au-dessus de la patrouille dans un rugissement. Les cocardes sous les ailes sont bleues et blanches. Des Alliés.
Une heure plus tard, deux monomoteurs passent dans l’autre sens. L’un traîne une légère écharpe grise, avant de vomir soudain une fumée noire et épaisse. Son pilote saute en parachute et disparaît derrière les montagnes, son équipier cerclant quelques instants au-dessus de lui. L’avion abandonné explose contre un pic et quelques débris enflammés rebondissent jusque dans la rivière.
En fin d’après-midi, la patrouille atteint un village attaqué par une troupe japonaise. Les hommes de Ba Hiêp prennent l’ennemi à revers. Leur FM prend en enfilade des soldats alignés le long d’un mur, puis Bao Qoc et ses camarades se jettent à l’assaut baïonnette au canon. On s’entretue pour une case avant de passer à la suivante, puis d’échanger des tirs avec les Japonais en retraite.
Des dizaines de morts jonchent le sol, des blessés appellent à l’aide, mais les Vietnamiens exultent. Oui, ce doit être une victoire, pense Bao Qoc, c’est à ça que cela ressemble. Il se sent étrangement heureux et surtout vivant – car il est vivant, vivant ! Il n’a même pas été blessé.
Le soir, les Vietnamiens apprennent que les soldats japonais tués dans la journée appartenaient à la 56e D.I. Venant du Cambodge, elle est de retour en Cochinchine et se dirige vers Saigon.
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MessagePosté le: Mar Fév 14, 2017 16:27    Sujet du message: Répondre en citant

Alger devrait avoir son mot à dire sur le sort infligé à Haiphong, non ?
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En principe (moi) ...
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MessagePosté le: Mar Fév 14, 2017 18:40    Sujet du message: Répondre en citant

Le problème est que les Américains ne le font pas exprès…
De plus, sur place, les Franco-Viets viennent de se faire taper sur le doigts par les Japonais et qu'ils ne sont pas mécontents que le principale source de ravitaillement ennemie soit démolie. Même en tenant compte de dégâts collatéraux.

J'ajouteraient une protestation d'Alger, tu as raison - mais en plus, Alger / Marseille a de quoi s'occuper de l'autre côté du monde en ce moment…
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MessagePosté le: Mer Fév 15, 2017 10:42    Sujet du message: Répondre en citant

17 décembre
Campagne de Birmanie et Malaisie
Repli programmé
Front birman
– Les vols de reconnaissance du jour annoncent que certaines positions d’artillerie encore occupées la veille sur le front sont vides. En effet, le 9e Régiment d’Artillerie a quitté le front dans la nuit pour rejoindre le reste de la 9e Division autour de Mergui et dans l’estuaire de la rivière Kra Buri, au sud de Kampong Ulu.
L’état-major anglais l’ignore évidemment, mais son homologue japonais ne se fait pas d’illusion sur la suite des événements en Birmanie. La partie de ce pays encore occupée n’est qu’un glacis, c’est la Malaisie qu’il faut préserver. C’est pourquoi Tokyo a décidé de renvoyer la 9e Division en Malaisie dans les jours qui viennent.
C’est par mer que devra se faire l’évacuation, car le gouvernement thaïlandais refuse, au nom de la non-belligérance, de laisser transiter par son territoire autre chose que du ravitaillement, censé « promouvoir la paix ». Certes, il a autorisé sans difficulté le passage vers le nord des unités de l’Armée Nationale Indienne, mais il a considéré qu’il s’agissait de malheureux exilés indiens cherchant à se rapprocher de leur pays natal. Ce qui vaut bien, après tout, les touristes belges qui ont traversé le nord du pays quelques temps plus tôt…
Après quelques récriminations, les Japonais ont obtenu d’évacuer par la Thaïlande une grande partie des effectifs de la 9e Division, censés être des blessés ou des malades. Le reste s’en ira par bateau, avec le matériel lourd qui, de toute façon, aurait été difficile à transporter par voie de terre.

Campagne d’Indochine
Un pont à défendre
Près du mont Nui-Ba-Dinh, sur la route de Kompong Thom (Cambodge) à Saigon
– Encore une fois, Bao Qoc marche sur une route de montagne. Le lourd fusil pèse à son épaule et son dos supporte difficilement le poids du sac qui l’écrase. La gorge et la langue gonflées, il rêve d’eau. Cascade… Ruisseau… Source… Il a une gourde à sa ceinture. Mais c’est tout ce qu’il peut espérer pour la journée. S’il boit tout maintenant…
Un bruit de moteur le tire de son obsession. Des avions survolent la longue colonne d’hommes en arme, de coolies surchargés et de petits chevaux poilus. Pas d’affolement, ce sont des amis…
Puis c’est une canonnade, qui grandit. La route contourne une crête. De l’autre côté, des explosions ravagent les pentes de la montagne. Tonnerre, fumée noire, craquement des troncs brisés qui dégringolent vers l’abîme dans une pluie de rocailles. Des officiers crient « Maolen, maolen ! » (Vite ! Vite !). Alors les hommes courent, espérant qu’un coup chanceux (pour qui ?) ne les enverra pas se réincarner alors que l’état de leur karma est incertain.
Épuisé, Bao Qoc se laisse tomber à terre derrière un parapet de sacs de sable. Il a atteint une sorte de point d’appui fortifié dominé par deux bunkers en troncs d’arbre. Après la pluie d’obus de l’artillerie japonaise, tout semble si calme, si… Un moteur d’avion réveille soudain les servants des mitrailleuses de DCA. le nouveau venu n’était pas un ami. Terrifié, le jeune Vietnamien voit l’appareil plonger et redresser. Un objet noir se détache de son ventre et tomba en sifflant. Bao Qoc se jette à l’abri des sacs de sable, mais l’explosion le soulève du sol avant de le relâcher. Stupéfait, il se redresse. La bombe a explosé juste devant l’un des bunkers, creusant un cratère fumant et laissant le fortin de guingois !
………
Une nouvelle fois, Ba Hiêp désigne Bao Qoc pour l’accompagner en patrouille. Il faut aller reconnaître un village abandonné pour voir si l’ennemi s’en est emparé. En chemin, curieusement, les tirs se font rares. En dehors de quelques coups de canon intermittents, la violence n’est plus que dans le ciel. Mais là, elle déborde ! Appareils japonais et alliés jouent à un mortel jeu de cache-cache entre les pics, se pourchassant, s’esquivant, grimpant se réfugier dans les nuages ou tombant brutalement dans le déchaînement des traçantes.
C’est tendu comme un arc que Bao Qoc suit ses compagnons. Le premier de la colonne s’effondre alors qu’il atteint les premières maisons du village désert. Il faut un instant pour que le jeune homme comprenne que le claquement qui a précédé sa chute était un tir de fusil. Les Vietminh courent se mettre à l’abri tandis que les tirs strient l’air et que les balles piaulent en ricochant sur les rochers.
Bao Qoc s’abrite derrière une paillotte et cherche lentement à en faire le tour. Un tir frappe le coin du mur dès qu’il jette un coup d’œil de l’autre côté. Le cœur battant à tout rompre, il recule à l’abri. Lentement, il contourne le bâtiment par l’autre côté et se glisse dans l’espace entre cette case et la suivante. Autour de lui, des échanges de tirs éclatent par intermittence. Japonais et Vietnamiens se cachent entre les baraques ou dans les buissons. Le souffle court, Bao Qoc regarde dans la direction où il pense que se trouve le Japonais qui lui a tiré dessus. Là, un uniforme moutarde sort justement de l’ombre d’un arbre pour se glisser vers un grenier sur pilotis ! Bao Qoc tire deux fois. Touché, le Japonais s’effondre.
A ce moment, attirée par la fusillade, une autre unité vietnamienne entre dans le village. Débordés, les Nippons se replient.
………
Avançant plus vite que les Japonais, les Vietnamiens s’emparent du pont à l’ombre du Nui-Ba-Dinh. A cet endroit, la route descend en lacets multiples avant d’enjamber la rivière coulant au fond d’une gorge abrupte. Puis elle remonte, toujours en lacets. Les Vietnamiens s’installent sur la rive sud et attendent. Pas très longtemps. Lorsque l’avant-garde de l’Armée Impériale s’approche, l’enfer se déchaîne. Mortiers, mitrailleuses, FM balaient les premiers Japonais. Ceux-ci se déploient et commencent à mettre en batterie une demi-douzaine de canons de 75. En face, les Vietminh n’avaient pas d’artillerie. Mais ils ont un poste de radio.
Trois B-25J à nez plein surgissent de l’est en suivant la combe. Leurs armes expédient des tonnes de plomb sur la route, côté japonais. C’était comme si un volcan s’ouvrait. Des arbres volent en éclats, hachés par la mitraille. Les servants des canons s’effondrent sur leurs pièces. Dans une explosion orange, des pierres arrachées à la pente roulent en contrebas, semant la mort parmi les lacets inférieurs de la route. Deux avions japonais surgissent, trop tard, au moment où les B-25 s’éloignent, ils tiraillent en vain, mais l’un d’eux frôle un bombardier dont le pilote perd le contrôle et va s’écraser sur un pic.
L’artillerie japonaise prend le temps de se disperser et de se retrancher avant de commencer à bombarder la rive sud. Mais l’attaque lancée au crépuscule se solde par un échec sanglant.

La guerre sino-japonaise
Cinq étoiles françaises pour Tchang
Chongqing
– Un DC-3 aux cocardes françaises émerge des nuages bas au-dessus des eaux boueuses du Yangzi et se pose sur l’unique piste du terrain d’aviation de Shanhuba, installé sur un îlot sablonneux à proximité immédiate de la capitale provisoire chinoise. Dès qu’il s’est immobilisé, le petit contingent français local forme une haie d’honneur et, tandis que les passagers descendent, un orchestre militaire chinois entonne une Marseillaise tout à fait passable. Le général Georges Catroux, qui vient prendre ses nouvelles fonctions auprès de Tchang Kai-chek, est l’officier étranger le plus haut gradé jamais reçu en Chine libre depuis le début de la guerre, et son prestige l’a devancé. Pour le recevoir comme il se doit, son prédécesseur Charles Mast est bien sûr présent – il partira le surlendemain par le même avion qui vient de convoyer Catroux – mais aussi Jean Escarra, l’ambassadeur, le colonel Salan, attaché militaire de l’ambassade (il vient d’être nommé à son grade), l’état-major interallié en Chine au grand complet, soit les généraux Chen, Zhu, Wedemeyer, Wards et Crane, et surtout le Généralissime Tchang en personne. Celui-ci considère en effet que la France combattante lui rend hommage en nommant comme représentant un général à cinq étoiles – mieux encore : celui-là même qui avait bravé le Japon en maintenant ouverte aux importations d’armes la ligne stratégique Hanoi-Kunming en 1940. Les caméras des services de propagande chinois et un parterre de journalistes sont là pour couvrir l’événement, qui sera abondamment commenté par la presse des pays alliés.
Catroux n’est pas moins satisfait de sa nomination à Chongqing. Il avait considéré comme une sanction déguisée son remplacement par l’amiral Decoux comme gouverneur de l’Indochine en février 1941, et le voilà maintenant de retour en Extrême-Orient par la grande porte. Entre Tchang et lui, le courant passe dès les présentations malgré la nécessité du recours aux interprètes. Les deux hommes ont d’ailleurs une ressemblance physique qui n’échappe à personne : même taille, même sécheresse de la silhouette – on les devine l’un comme l’autre tout en os et en tendons, même raideur du port… Ils partagent jusqu’à la même fine moustache !
Arrivés au quartier général français, la fameuse “Bastille”, Catroux et Mast vont s’enfermer dans le bureau de ce dernier pour un long entretien.


18 décembre
Campagne de Birmanie et Malaisie
Actions aériennes
Opération Stoker
– Les B-24 et les P-38 basés aux Andaman s’en prennent aujourd’hui à l’aérodrome de Banda Aceh, au nord de Sumatra. Quelques hangars et appareils sont détruits, sans perte pour les attaquants.

Campagne d’Indochine
Tenir
Près du mont Nui-Ba-Dinh, sur la route de Kompong Thom à Saigon
– Bao Qoc passe une nuit agitée et très courte. Avant l’aube, le lieutenant Ba Hiêp réveille ses hommes. Une fusillade fait rage dans le village à quelques kilomètres. Les Japonais ont surgis derrière le dispositif ! On ignore par où il sont passés. A nouveau, Bao Qoc marche… Au lever du soleil, ils atteignent le village où ils se sont battus la veille. Il est occupé par des Vietnamiens l’occupaient. Beaucoup sont blessés et à l’écart, des corps sont allongés sous des couvertures poissées d’écarlate. L’officier commandant la défense montra d’autres corps – des Japonais. Ils ont attaqué par surprise en fin de nuit, mais ils ont été repoussés.
Les hommes de Ba Hiêp se déploient et ne tardent pas à trouver un sentier, un raidillon de terre plutôt, qui grimpe vers les montagnes. Un grand nombre de pieds chaussés des godillots de l’armée japonaise ont écrasé l’herbe et imprimé leurs marques dans la terre.
Le lieutenant Ba Hiêp envoya un messager prévenir le major Diem, puis prend la tête de ses hommes pour lancer une contre-attaque. A mi-pente, les Vietnamiens sont pris à partis. Les pertes sont vite lourdes. Les Japonais ont un FM et profitent de leur position dominante pour laisser tomber leurs grenades à coup sûr, semant la mort chez leurs adversaires. Ba Hiêp ordonne d’utiliser des lance-grenades pour essayer de déloger l’ennemi, mais malgré quelques tirs bien ajustés, les Japonais s’accrochent. Ba Hiêp commande la retraite pour couper court au massacre. Au bas du pic, il déploie les survivants de sa troupe autour du raidillon, derrière de gros rochers.
Une heure plus tard, les Nippons repartent à l’attaque. Ils ont reçu des renforts et sont en nombre, mais la résistance des Vietnamiens les surprend. L’attaque est repoussée de justesse, même si les Vietminh en payent le prix. Sur les hauteurs, les Japonais massent alors de nouvelles forces. Mais des moteurs d’avion se font entendre. Des chasseurs-bombardiers qui tournaient en rond depuis un moment, cherchant à repérer leurs cibles dans la brume et la jungle – enfin le soleil monte et le sommet du pic émerge des brumes, couvert de silhouettes bien reconnaissables ! Les avions se ruent à l’assaut, c’est un carnage.
Après ce nouvel échec, le colonel commandant le 146e Régiment de la 56e Division décide de jeter l’éponge. Percer dans ce secteur du Nui-Ba-Dinh lui coûterait bien trop cher. Il préfère suivre le Mékong, même si cela oblige ses hommes à un détour de plus d’une semaine de marche.

La guerre sino-japonaise
Carnet mondain
Chongqing
– Le petit monde de la communauté diplomatique internationale dans la capitale provisoire chinoise est convié au mariage de l’un de ses membres. C’est en effet aujourd’hui que Robert Van Gulik, premier secrétaire de la légation néerlandaise, convole en justes noces avec sa jeune fiancée Shui Shifang. Dans l’assemblée sont aussi présents les nombreux contacts que le diplomate a noués parmi les érudits chinois de la ville, et même quelques chefs de sociétés secrètes, Van Gulik ayant ses entrées dans plusieurs “associations de bienfaisance” locales. Ses deux camarades du Club OB-1, Paul Linebarger et Arnold Spielberg, n’auraient bien sûr raté l’événement pour rien au monde.


19 décembre
Campagne de Birmanie et Malaisie
Actions aériennes
Front birman
– Après un long vol en longeant la frontière thaï le plus bas possible pour passer sous d’éventuels radars, B-25 et P-40 de la 10e Air Force basés à Rangoon s’en prennent aux installations japonaises de Mergui. La réaction de la chasse japonaise est modérée (un Warhawk perdu et un B-25 endommagé), car une fois de plus, les Spitfire des Sqn 17, 113 et 136 font le spectacle et attirent la chasse nipponne au nord-est de Tavoy. Dans ce secteur, deux Anglais sont perdus contre deux Hayabusa et un Shoki.

Campagne d’Indochine
Relève
Base Epervier, Dien-Bien-Phu
– Le DC-3 portant les cocardes françaises vient de s’immobiliser au bout de l’une des pistes de la base Épervier. L’homme qui en descend le premier, le visage maigre et sec, porte l’uniforme de l’Armée française. Dès les premières notes de la Marseillaise, il s’immobilise et porte la main à son képi, orné des étoiles de général de division. Puis il reprend sa marche d’un pas raide. Une section de légionnaires présente les armes. Même à distance, il est visible que le général tique en voyant les tenues qui servent d’uniforme aux soldats – mais s’il regrette, il ne s’offusque pas. L’avion arrive de Chine et l’homme a l’habitude des soldats du KMT qui souvent marchent pieds nus et n’ont parfois qu’un fusil pour deux (quoique, de plus en plus souvent, trois fusils pour quatre ou même quatre pour cinq). Il salue une nouvelle fois avant de continuer sa route, suivi à distance par un petit groupe d’officiers subalternes.
L’arrivant salue une troisième fois cette fois en réponse au général Maurice Martin.
– Général Mast, lance celui-ci, nous sommes heureux de vous voir parmi nous. J’espère que vous avez fait bon voyage.
– Les Japonais ne se sont pas montrés, c’était donc un bon voyage.
– Ils se montrent assez rarement à présent. Ils n’ont plus beaucoup d’avions dans la région. Permettez-moi de vous présenter Monsieur le Haut-Commissaire Jean Sainteny, qui représente ici l’autorité de la République.
Sainteny s’avance en tendant la main. Le général la saisit franchement.
– Ravi de vous rencontrer, Monsieur le Haut-Commissaire.
– Moi de même, général. Nous serons amenés à collaborer souvent.

Martin continue les présentations : « Monsieur Hô Chi-Minh, président du Liên Viêt » (le Front National Uni du Vietnam a officiellement remplacé le Vietminh depuis quelques mois, même si le terme Vietminh reste communément utilisé).
– Enchanté, Monsieur Hô. J’espère que nous ferons du bon travail ensemble.
– Moi aussi, général. Il faudra que vous m’accordiez rapidement un rendez-vous, j’ai de nombreux sujets à discuter avec vous.
– Je n’y manquerai pas.

Martin se tourne vers d’autres hommes, tous en uniforme : « Laissez-moi à présent vous présenter certains de vos subordonnés. D’abord, le chef d’état-major pour l’Indochine, le général de brigade Alessandri. »
Ce dernier salue avant de tendre la main en réponse à la main tendue de Charles Mast, qui s’adresse à lui avec cordialité : « Enchanté de vous rencontrer, général ».
– Moi de même, mon général.
– Voici le commandant des Forces aériennes d’Indochine, le colonel Devèze.

Nouveaux saluts, nouvelle poignée de main.
– Le général de division Cazin dirige la Division du Tonkin, mais se trouve actuellement à Lao Kai pour réorganiser nos forces. Le général de brigade Bourdeau est au Laos, lui aussi occupé par la réorganisation des forces alliées sur place. Et le… colonel Giap, de l’APL [Armée Populaire de Libération – du Vietnam] se trouve encore en Chine, mais il devrait être de retour dans quelques jours.
– Très bien, Messieurs. Je n’ai pas l’intention de vous imposer un long discours. J’ai suivi avec attention les événements de la région. J’ai constaté que les hommes placés sous votre commandement se sont splendidement battus et qu’ils ont infligé à l’ennemi plusieurs défaites retentissantes. Certes, je sais aussi que la fortune de guerre ne nous a pas toujours favorisés. J’espère que nous pourrons coopérer harmonieusement pour limiter les conséquences de tels accidents, chasser les Japonais et ramener la paix en Indochine. C’est notre seul objectif. Je compte sur vous.

Le général Martin se racle la gorge et fait un signe d’invite : « Cher ami, je vais vous conduire à votre bureau. Je le connais bien, je l’ai occupé pendant un an. Trop chaud l’été, trop humide tout le temps. J’espère qu’il vous conviendra ! »


20 décembre
Campagne de Birmanie et Malaisie
Bataille des Mergui
– A l’aube, un F5A en mission de reconnaissance photo au-dessus de Mergui a la surprise de constater que quatre destroyers sont amarrés dans le port là où la veille il n’y avait rien. Plusieurs gros transports sont aussi repérés 300 km plus au sud, dans l’estuaire du Kra Buri qui forme la frontière avec la Thaïlande. Aucun doute, une opération importante est en route. Le message est vite transmis à Bombay, où l’on ordonne de couler ces navires !
Mais l’Eastern Fleet est bien trop loin pour intervenir à temps : une escadre rapide venant de Trincomalee, formée de croiseurs légers et de destroyers, ne pourrait être sur place avant cinq ou six jours (du moins en conservant assez de mazout pour rentrer). De toute façon, le commandement naval est loin d’être sûr que le jeu en vaille la chandelle – les Japonais ont encore dans le secteur des forces aériennes anti-navires assez puissantes pour être dissuasives. Cependant, les croiseurs légers Fiji et Gloucester, ainsi que quatre destroyers, appareillent de Trincomalee en fin de soirée, tandis que les destroyers Echo, Escapade, Fame et Faulknor, qui se trouvent à Port Blair après avoir escorté un convoi, se mettent en route.
On hésite moins à demander aux sous-marins Tally-Ho et Trident, qui patrouillent dans le détroit de Sumatra, d’aller se poster sur le trajet supposé des Japonais.
Pour le moment, l’aviation seule est en mesure d’intervenir – il va falloir suspendre les opérations aériennes en cours.
Côté japonais, les opérations d’embarquement de la 9e Division ont commencé. Les navires qui ont accosté à Mergui dans la nuit sont les destroyers Ayanami, Sagiri, Shikinami et Yugiri. Ils embarquent un bataillon et repartent peu après 10h00. Plus au sud, le petit port de Kaw Thaung, sur le Kra Buri, est également l’objet d’une activité frénétique : on est en train d’embarquer du matériel, notamment de l’artillerie légère, sur les cargos Hokuroku Maru et Nishiro Maru, couverts par le croiseur léger Naka et les destroyers d’escorte Asagao et Wakatake. Un autre embarquement est en cours du port jumeau de Ramong, sur la berge thaïlandaise du fleuve, grâce à des barges acheminées discrètement par les Japonais et à d’autres, prêtées par les Thaïlandais. L’argumentaire des diplomates thaïlandais est déjà prêt : seuls des blessés et du matériel non militaire sont embarqués du sol du royaume sur les cargos Ikutagawa Maru et Saigon Maru, pour des raisons humanitaires – et si jamais les Alliés avaient le mauvais goût de prétendre que les blessés en question ont l’air très en forme, on leur rappellerait le viol de l’espace aérien thaï par les bombardiers allant frapper l’Indochine à partir de Birmanie ou des Andaman.
A Rangoon, c’est l’affolement. La journée est déjà bien avancée lorsque les nouveaux objectifs sont désignés. Les Beaufighter torpilleurs des Andaman sont déjà loin au sud, en train d’écumer la côte de Sumatra, et seuls les B-25 sont disponibles. Dans l’après-midi, ils lancent un raid sous la protection de P-40 du 80e FG et de P-38 venus des Andaman, pendant que la RAF poursuit son action autour de Tavoy pour occuper la chasse japonaise. Cependant, ce raid est un échec : les B-25 qui s’attaquent aux destroyers qui font route au sud sont équipés de bombes de 500 livres sans stabilisateurs pour essayer de toucher les navires en skip bombing, mais l’archipel des Mergui, véritable labyrinthe, ne permet pas d’attaquer dans les azimuts les plus favorables. Seules deux bombes inquiètent sérieusement les capitaines des navires : la première rebondit dix mètres sur l’arrière du Sagiri et la seconde saute par-dessus l’Ayanami. Les mitraillages des P-38 font cependant quelques morts sur les petits bâtiments.

Opération Stoker – En l’absence des Lightning qui assurent habituellement leur escorte, les 436e et 492e BS travaillent aujourd’hui avec les Spitfire VIII du Sqn 152. Ceux-ci ont été équipés de réservoirs supplémentaires et s’arrêteront au retour sur l’île Car Nicobar pour refaire le plein. Finalement, les B-24 bombardent Sabang sans être interceptés et aucune perte alliée n’est à déplorer.
En revanche, la nuit suivante, un raid de Ki-21 “Sally” venu de Malaisie incendie plusieurs docks à Port Blair.
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