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Constructions navales japonaises

 
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Casus Frankie
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Messages: 9368
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MessagePosté le: Jeu Jan 26, 2017 16:19    Sujet du message: Constructions navales japonaises Répondre en citant

Ce texte de Jon-Jon reflète le fait que les constructions navales japonaises ont été fortement bousculées par l'évolution du conflit, FTL comme OTL, mais de manière quelque peu différente.
En revanche, les constructions navales américaines ont peu bougé.
Nous avons il y a déjà quelque temps exposé la stratégie US, la stratégie japonaise est en cours d'écriture… depuis un certain temps
Wink


Victoires, déboires et dilemmes
Les constructions de la Marine Impériale japonaise, 1942 - 1943


Aucun plan de bataille, dit-on, ne survit au premier contact avec l’ennemi. C’est nettement moins vrai pour les grands plans industriels, en particulier dans le domaine maritime. Ils ont tendance à se dérouler avec la force irrésistible de l’inertie, quels que soient les changements de la fortune des armes, ne laissant à leurs initiateurs d’autre choix que de les poursuivre ou de les interrompre, mais non de les modifier. La première raison de ce phénomène est le temps nécessaire à la construction des grandes unités navales et, a fortiori, à l’exécution d’un vaste programme. Le fameux plan Z allemand prévoyait ainsi (entre autres !) que la Kriegsmarine disposerait de 300 U-boots dès l’ouverture des hostilités… à condition que celle-ci survienne en 1946 ! Les autres explications sont les capacités économiques et industrielles des belligérants et la souplesse de leurs institutions, souvent insuffisantes pour leur permettre de tenir compte correctement des leçons du début de la guerre.
Pour les plans de constructions navales de la Marine Impériale japonaise, la période charnière de la Deuxième Guerre Mondiale va de l’automne 1942 à l’été 1943. Malgré les grandes victoires remportées, les pertes subies et les capacités industrielles du pays imposaient en effet de modifier les grandioses programmes adoptés en 1939 et (surtout) en 1941. Au terme de discussions byzantines, on devait aboutir à des projets bâtards… Mais était-il possible de faire autrement ?


Les programmes de construction adoptés avant-guerre
Au 7 décembre 1941, deux grands programmes de construction étaient en cours de réalisation : le programme de 1939 (ou 4e Programme de Renforcement de l’Armement Naval) et le programme “d’urgence de guerre” de septembre 1941 (ou 6e PRAN). S’y ajoutait un petit programme adopté en octobre 1940, qui prévoyait quelques escorteurs, sous-marins et navires auxiliaires.

Le programme de 1939
Les débats ayant entourés l’adoption du 4e PRAN sont mal connus. Dans la version finalement adoptée, les choix faits apparaissent comme des prolongements de ceux du programme de 1937, les navires prévus étant pour la plupart des mêmes types que ceux commandés trois ans plus tôt.
– 2 cuirassés de classe Yamato ;
– 1 porte-avions de classe Taiho (nouvelle classe) ;
– 4 croiseurs légers de classe Nagano ;
– 2 croiseurs légers de classe Oyodo ;
– 3 destroyers de classe Kagero ;
– 14 destroyers de classe Yugumo améliorée ;
– 6 destroyers anti-aériens de classe Akizuki (nouvelle classe) ;
– 1 destroyer de type expérimental, le Shimakaze ;
– 36 grands sous-marins océaniques (types I-9, I-15, et I-176) ;
– 26 sous-marins moyens (types I-11, I-26, et I-76) ;
– Diverses classes de navires auxiliaires, dragueurs de mines, etc.

Les programmes de 1941
Le terme de démesure prend tout son sens à l’examen des projets de constructions navales discutés en mai 1941. Le 5e PRAN prévoyait alors non seulement une cinquième unité de classe Yamato, mais aussi deux “super-Yamato” portant des pièces de 510 mm ! S’y ajoutaient deux croiseurs de batailles armés de 9 x 310 mm, trois porte-avions, 32 grands destroyers et de nombreuses unités secondaires ou auxiliaires, pour un total de 159 navires. Les premières mises sur cales étaient prévues pour 1942 et le complètement du programme pour neuf ans plus tard, soit 1950.
Ce monstrueux programme fut remplacé dès juillet 1941 par le 6e PRAN, ou programme de 1941, formellement activé en septembre. Les priorités de construction furent revues, les avions, porte-avions et sous-marins recevant une forte priorité tandis que celle des cuirassés et des grands croiseurs diminuait. En conséquence, ce programme n’incluait plus, entre autres changements, les cuirassés et croiseurs de bataille envisagés en mai, se limitant aux unités suivantes :
– 1 porte-avions de type Hiryu amélioré (l’Unryu) ;
– 2 croiseurs lourds de classe Ibuki (elle-même dérivée de la classe Mogami) ;
– 16 destroyers de classe Yugumo améliorée ;
– 10 destroyers AA de classe Akizuki ;
– 12 grands sous-marins océaniques (types I-16, I-40 et S-49B) ;
– 21 sous-marins moyens (types Ro-35 et Ro-100) ;
– 30 escorteurs de classe Etorofu ;
– De nombreuses petites unités (mouilleurs ou dragueurs de mines, vedettes lance-torpilles, etc.).

Au premier jour de la guerre
Le 7 décembre 41, toutes les grandes unités prévues par le programme 1939 étaient en construction, à l’exception du quatrième croiseur léger de classe Nagano (dont la construction devant commencer en 1942) et du Niyodo (second de la classe Oyodo), annulé en novembre.
Aucun des navires du programme 1941, adopté seulement trois mois plus tôt, n’étaient évidemment déjà mis sur cales, bien que le début de la construction des deux Ibuki ait été planifié pour le printemps 1942.


Du 7 décembre 1941 à la mi-1943 : l’adaptation
De Pearl Harbor à Guadalcanal

Première grande rencontre aéronavale de la guerre dans le Pacifique, la bataille de Mer de Chine Méridionale (30-31 décembre 1941) fut une grande victoire stratégique pour le Japon. Cette première « bataille décisive » vit l’anéantissement de la Force Z et aurait dû, selon le point de vue nippon, contraindre les Anglo-Français à jeter l’éponge. Mais tactiquement, avec trois cuirassés perdus et trois endommagés, elle se rapprochait d’une victoire à la Pyrrhus. La nécessité de remporter (au moins) une autre « bataille décisive » contre l’adversaire principal (les Etats-Unis) devrait inciter fortement l’état-major à combler les trous creusés dans la ligne de bataille japonaise (ou à tenter de les combler). D’autant plus que ces trous devaient continuer à se creuser lors de la campagne des Iles Salomon, avec la perte du cuirassé Nagato fin août 1942. Par ailleurs, les pertes subies au cours de la bataille de Mer de Chine Méridionale l’avaient été principalement au cours d’un affrontement de surface conforme à la doctrine japonaise.
Autre point d’importance, les pertes en porte-avions subies dans le même temps étaient, par rapport aux forces de l’arme aéronavale, moindres que celles de la ligne de bataille : deux grands porte-avions, les Zuikaku et Kaga, et trois légers, les Shoho, Ryujo et Hiyo – mais ces derniers étaient considérés comme “consommables” par l’état-major de la Marine Impériale. De plus, les Zuikaku et Shoho avaient été coulés par un sous-marin (le MN Sidi Ferruch dans les deux cas) et non par l’aviation adverse.
Ces différents facteurs devaient conditionner les ajustements du programme de construction navale décidés par l’état-major de la Marine Impériale.

Les cuirassés : une dernière folie
Le remplacement nombre pour nombre des cuirassés perdus en Mer de Chine était évidemment impossible à court ou même à moyen terme. Seuls renforts possibles, les troisième et quatrième unités de la classe Yamato (cuirassés n°110 et n°111) avaient été mises sur cales en mai et novembre 1940. Mais elles n’étaient pas attendues avant 1945, et des doutes avaient donc émergé à l’ouverture des hostilités sur l’opportunité de poursuivre la construction de ces navires, qui consommait de précieuses ressources et occupait deux formes de construction qui auraient pu accommoder chacune deux porte-avions en même temps.
Mais ces doutes durent s’exprimer plus discrètement après la bataille de la Mer de Chine Méridionale. Cependant, si les tenants de la doctrine officielle voyaient dans cette bataille la preuve du besoin de cuirassés (sur)puissants, les novateurs, eux, y trouvaient la démonstration de la supériorité des porte-avions. Pour que personne ne perde la face, un compromis fut élaboré : le cuirassé n°110, qui devait devenir le Shinano, serait achevé comme prévu, recevant même une priorité élevée. La construction du cuirassé n°111 fut par contre interrompue. Le navire (alors à 30 % d’achèvement) fut démoli sur cale à partir de mars 1942.
Début septembre 1942, les partisans des porte-avions proposèrent une conversion du Shinano en porte-avions pour compenser les pertes subies dans les Iles Salomon. A nouveau, les débats furent (selon les normes japonaises) orageux. Mais le navire était alors à 55 % d’achèvement et son lancement était programmé pour la fin de l’année, tandis que deux des tourelles principales et sept des pièces de 463 mm étaient bien avancées. De plus, les deux grands porte-avions en cours de construction (les Taiho et Unryu) seraient opérationnels bien avant qu’une telle conversion puisse être achevée. La construction du cuirassé se poursuivit donc.
A l’été 1943, la bascule des priorités des grandes unités de surface vers les porte-avions et les escorteurs ASM devait toutefois entraîner un ralentissement du chantier du Shinano, la mise en service n’en restant pas moins officiellement prévue pour l’été 1944.
Quant aux sous-marins, le problème principal (mais non le seul !) était celui de leur doctrine d’emploi, qui se révélait inadaptée aux possibilités techniques des submersibles japonais (voir appendice). [L'appendice sur les sous-marins est en cours d'écriture !]

Les porte-avions : trop peu, trop tard
Le Taiho, porte-avions d’un type nouveau, avec un pont d’envol et un hangar blindés et une étrave fermée, fut mis sur cale à l’été 1941. Cette tentative de copier les porte-avions protégés britanniques aboutissait toutefois à une forte augmentation du déplacement (plus de 37 000 tonnes à pleine charge, pour seulement une cinquantaine d’appareils embarqués), incompatible avec la production rapide d’autres unités. Le programme de 1941 préféra donc un concept plus léger et plus traditionnel, dérivé de la classe Hiryu. Un seul navire, l'Unryu, était prévu.
A l’ouverture des hostilités, seuls deux grands porte-avions en tout et pour tout étaient donc en construction ou prévus. Si les pertes limitées du début de la guerre (un seul porte-avions léger) ne remirent pas en cause ce programme étrangement optimiste, les grandes batailles aéronavales livrées en 1942 en mer de Corail et autour de Guadalcanal, avec la perte de deux grands porte-avions et de deux porte-avions légers, constituèrent un électrochoc pour la Marine Impériale. Yamamoto devait noter dans ses mémoires que « si, par impossible, la perte du Kaga s’était accompagnée de celle des Akagi et Soryu, tous deux endommagés, nous aurions perdu en une seule bataille plus de la moitié de notre force de porte-avions lourds. La Marine Impériale n’aurait alors pas eu d’autre choix que d’interrompre la construction de toute autre grande unité que des porte-avions, voire de recourir à des conversions imparfaites. Mais les faiblesses américaines nous avaient mis à l’abri d’un tel désastre en 1942 ».
L’état-major n’en ordonna pas moins la construction de deux porte-avions d’escadre, du modèle le moins gourmand en ressources et le plus rapide à construire – donc de classe Unryu. La conversion des ravitailleurs d’hydravions Chitose et Nisshin et du croiseur Kurama en porte-avions légers fut aussi décidée, ainsi que celle de trois navires marchands en porte-avions d’escorte (portant à cinq le nombre de ces navires).
Au printemps 1943, la Marine Impériale se décida à passer commande de ses ultimes ponts-plats (deux autres navires de classe Unryu). Il était bien trop tard – mais une décision plus précoce n’aurait sans doute pas changé grand-chose.

Classe Taiho
Le Taiho, mis sur cale en juillet 1941 et lancé en avril 1943, resterait le seul de sa classe. Sa mise en service devait intervenir en avril 1944.

Classe Unryu
Cette classe comprend au total cinq unités.
- Unryu : mis sur cales le 1er août 1942, lancé en septembre 1943, il devait entrer en service en août 1944 ;
- Amagi : mis sur cale en décembre 1942, lancé en novembre 1943, il devait entrer en service en novembre 44 ;
- Katsuragi : mis sur cale en décembre 1942, lancé en décembre 43, mis en service en décembre 1944. Ce navire réutilisait la moitié de la machinerie du Kurama.
- Kasagi : mis sur cale en avril 1943, lancement prévu en avril 1944.
- Aso : construction commencée en juin 1943, lancement prévu en juin 1944.

Porte-avions légers
Il fut décidé de convertir le CA Kurama en porte-avions léger au printemps 1943. Il devait être capable de donner 28 nœuds et d’embarquer 40 appareils. Le rôle prévu était d’assurer l’éclairage de la Flotte Combinée ou de fournir une couverture aérienne à une escadre indépendante. Lancé en juillet 1943, le navire devait être achevé en mai 1944.
Les ravitailleurs d’hydravions Chitose et Nisshin furent tous deux convertis. La conversion du premier fut achevée dès septembre 1943 tandis que celle du second, décidée en même temps que celle du Kurama, devait s’achever en avril 1944.

Porte-avions d’escorte
La conversion de deux transports de troupes et du paquebot allemand Scharnhorst en porte-avions d’escorte fut décidée à l’automne 1942. Ces navires devinrent les Chuyo (en service à partir d’avril 1943), Kaiyo (novembre 1943) et Shinyo (novembre 1943). Tous trois n’avaient qu’une vitesse limitée, environ 23 nœuds, et les deux premiers ne possédaient même pas de brins d’arrêt (comme les Taiyo et Unyo). Ils furent donc surtout employés comme transports d’avions, avec une mission secondaire de couverture ASM des convois Japon – Formose – Bornéo.

Les croiseurs : un luxe inabordable
Les programmes de 1939 et de 1941 ne prévoyaient que peu de nouveaux croiseurs lourds. Le remplacement des tourelles triples de 155 mm (6,2 pouces) par des tourelles doubles de 203 mm (8 pouces) sur les Mogami, Mikuma, Kumano et Suyuza à partir de 1939 devait renforcer à peu de frais le contingent de navires de ce type.
La construction de deux unités de la classe Ibuki fut donc jugée suffisante.
L’effectif de croiseurs légers se trouvant amputé par la montée en grade de la classe Mogami, la construction de six bâtiments (quatre de classe Agano et deux de classe Oyodo) fut prévue.

Classe Ibuki
Ces deux croiseurs lourds furent mis sur cales respectivement en avril et juin 1942 et lancés un an plus tard (mai et juillet 1943). Toutefois, à cette période, la marine japonaise ne disposait plus que d’un seul porte-avions léger assez rapide pour accompagner une escadre (le Zuiho). Décision fut donc prise, malgré les pertes subies, de convertir en CVL le moins avancé des deux croiseurs (le Kurama). Ce choix permettait en outre de récupérer la moitié de la machinerie du navire pour équiper le porte-avions Katsuragi.
Seul l’Ibuki fut donc achevé selon les plans prévus. Donnant 35 nœuds et armé de 5 tourelles doubles de 8 pouces et 4 affûts lance-torpille quadruples de 24 pouces, il fut mis en service fin février 1944.

Classe Agano
Trois de ces croiseurs légers (Agano, Noshiro et Yahagi) furent mis sur cale comme prévu entre juin 1940 et novembre 1941 mais avec une priorité faible : leur durée de construction devait approcher celle de l’Ibuki, pourtant nettement plus gros. Ils n’entrèrent donc en service qu’en novembre 1942, juillet 43 et janvier 1944.
Le Sakawa, dernier de la classe, aurait dû être mis en chantier en novembre 1942, dans la forme de construction libérée par le lancement du Yahagi. La priorité donnée à la construction d’autres navires entraîna toutefois son annulation.

Classe Oyodo
Plus gros que les Agano (11 400 tonnes à pleine charge, soit presque autant que l’Ibuki), cette classe de croiseurs légers devait comprendre deux unités, mais seul l’Oyodo fut achevé comme prévu. Le second (le Niyodo) fut annulé pour libérer des matériaux dès novembre 1941.
La construction de nouveaux croiseurs, lourds ou légers, était devenu pour la Marine Impériale un luxe qu’elle ne pouvait plus s’offrir.

Les destroyers : toujours plus grands ?
Les programmes de construction de 1939 et 1941 ont poursuivi la tendance à l’agrandissement des destroyers japonais commencée dès le début des années 30. Cependant, le “super-destroyer” prototype Shimakaze ne devait pas avoir de descendance, essentiellement du fait de ses chaudières expérimentales à haute pression, trop difficiles à produire en série.
Si le programme de 1939 fut exécuté comme prévu en ce qui concerne les destroyers, les circonstances devaient se charger d’empêcher la réalisation complète de celui de 1941. La campagne des Salomon, faite d’engagements nocturnes dans des eaux resserrées, convenait à merveille aux grands destroyers japonais et à leurs torpilles “Longues Lances”. Mais l’Amirauté japonaise reconnut rapidement que les chances de répéter ce genre de bataille dans les eaux ouvertes du Pacifique étaient faibles.
L’armement anti-surface des escorteurs devenait donc secondaire pour la bataille décisive. Il fallait des destroyers plus orientés vers la lutte ASM (destroyers d’escorte classe Matsu) et anti-aérienne (classe Akizuki).

Classe Yugumo
Sur les 31 unités des programmes de 1939 et 1941 combinés (soustraction faite des deux leurres destinés à masquer le déplacement réel du Shinano), 19 furent mises sur cale avant août 1943. Seuls trois de ces bâtiments n’étaient pas encore en service à la fin de l’année.
Le solde, soit 12 unités, fut annulé à l’été 1943 pour faire place à plus de destroyers d’escorte de classe Matsu.

Classe Akizuki
Des 16 unités prévues par les programmes de 1939 et 1941, dix avaient ont été mises sur cales et six étaient entrées en service avant la fin de 1943. Trois devaient encore être mises sur cales en 1944 et 1945 (dont deux inachevées à la capitulation).
Les trois dernières unités prévues furent annulées en août 43.

Classe Shimakaze
La production en masse de ce destroyer expérimental ayant été annulée dès avant Pearl Harbor, le Shimakaze (mis en service en mai 1943) devait rester le seul de son espèce.


Après l’été 1943 : les expédients
Il est significatif qu’après les porte-avions Aso (avril 1943) et Kasagi (juin), le Japon n’ait rien mis en chantier de plus gros que des destroyers. En août 1943, il fut même décidé de remplacer les gros destroyers de premier rang par les classes Matsu puis Tachibana. Et ce, près de deux ans avant la capitulation finale !
Certes, la flotte combinée comptait encore à ce moment quatre grand porte-avions (plus quatre en construction) et sept cuirassés (plus un en construction – la perte du Mutsu en septembre ne pouvait évidemment être prévue). De plus, il est certain que l’état-major nippon sous-estimait la montée en puissance de l’US Navy, ni la fin de la campagne des îles Salomon (au printemps 1943) ni celle des Aléoutiennes n’ayant mobilisé l’aéronavale américaine. Quant à la force retrouvée de l’Eastern Fleet, constatée lors de la bataille des Andaman (avril 1943), elle ne semble avoir suscité que peu d’émoi, les flottes européennes étant sous-estimées et le contrôle de la barrière malaise garantissant (en théorie) qu’elles ne pourraient passer de l’Océan Indien au Pacifique.
Las, la Marine Impériale n’avait pas pris en compte la menace sous-marine alliée et surtout américaine, les sous-marins de l’US Navy devenant efficaces à partir de la fin de 1942. Le tonnage marchand perdu devait doubler entre 1942 et 1943, passant de 750 000 à 1 500 000 tonnes, avant de doubler une seconde fois en 1944 ! L’US Navy réussissait ainsi ce que la Kriegsmarine n’était jamais parvenue à faire face à la Royal Navy : paralyser l’industrie de son adversaire. Cette paralysie ne devait évidemment être complète que dans les dernier mois de la guerre, mais l’influence de la guerre sous-marine fut sensible dès le printemps 1943. La réponse, décidée à l’été 1943, fut de donner priorité à la construction d’escorteurs au détriment de toutes les autres classes de navires, marquant le passage de la phase d’adaptation à la phase des expédients.

Les destroyers : un virage à 180°
Les destroyers devaient devenir plus nombreux et plus économiques à construire car les besoins en escorteurs de convoi augmentaient exponentiellement. Ce furent les classes Matsu puis Tachibana, des destroyers d’escorte de seulement 1 600 tonnes, optimisés pour une construction modulaire.

Classe Matsu et Tachibana
Les deux premiers destroyers de ces classes furent mis sur cale en août et septembre 1943 (bien que ces navires aient été prévus dès le programme de construction d’urgence de septembre 1942). En tout, quatre seulement furent mis sur cales avant la fin de 1943. Les premières entrées en service opérationnel devaient intervenir à partir d’avril 1944, à la cadence d’une à deux unités par mois.

Les escorteurs légers : une réponse tardive
Contrairement à une idée reçue, la marine japonaise ne niait pas le besoin d’escorteurs, mais plutôt celui de grands convois. Les programmes de 1939 et 1941 prévoyaient ainsi près de 60 unités d’escorte, pour moitié des chasseurs de sous-marins classe CH-13 et pour moitié des escorteurs de classe Etorofu.
Ces unités avaient toutefois une priorité relativement faible. Si la Marine Impériale finit par faire construire un nombre de navires proche de celui prévu, ce fut à la suite de plusieurs commandes successives. Conséquence : une dispersion des escorteurs en nombreuses sous-classes et une entrée en service tardive. Entretemps, la marine dut se reposer sur quelques vieux destroyers déclassés (classes Momi et Minekaze), sur un petit nombre d’escorteurs spécialisés à peine plus récents et, pour l’escorte côtière, sur des chalutiers ASM.
Au cours de l’année 1942, deux facteurs contribuèrent à la réalisation par les Japonais que leur nombre d’escorteurs était insuffisant. Le premier fut les succès remportés par les sous-marins anglais et français, non seulement contre les navires de guerre mais aussi, et dès le début, contre les navires marchands. Nous ne rappellerons pas ici les difficultés rencontrées par les sous-marins américains, qui ne se résorbèrent que début 1943. Le second facteur fut l’opération Banana : il était intolérable que des sous-marins ennemis soient parvenus jusqu’au cœur de la grande Sphère de Coprospérité Asiatique ! La trentaine de petites unités (en majorité renflouées et/ou capturées) qui assuraient les missions d’escorte et de couverture des ports dans les Indes Néerlandaises avaient été bien incapables de les en empêcher.

Chasseurs de sous-marins des classes CH-13 et CH-28
Les besoins en navires de ce type furent révisés à la hausse, passant de 30 à 60 après l’opération Banana. Leur production suivit les cadences suivantes :
- 14 unités réceptionnées en 1941 ;
- 13 en 1942 ;
- 13 en 1943 ;
- 8 unités en 1944.
Le solde, soit 28 unités, fut annulé à l’été 1943 et remplacé par des escorteurs plus petits et plus simples à produire.

Escorteurs de classe Etorofu (incluant les sous-classes Mikura et Ukuru)
Au total, une cinquantaine de ces navires furent commandés au cours de la guerre, en partie pour remplacer les 28 CH-13 et CH-28 annulés à l’été 1943. Mais ces unités furent livrées très (trop) tardivement :
- 15 unités en 1943 ;
- 21 en 1944 ;
- 14 en 1945.


Conclusion
Ce tableau des choix fait par le Japon en matière de construction navale au cours de la Seconde Guerre Mondiale montre une évolution en trois phases, de la démesure d’avant-guerre à l’adaptation pendant celle-ci, avant le recours à des expédients imposés par les circonstances. Certains auteurs distinguent même une quatrième phase, dites « du suicide », commençant en août 1944 avec la première commande massive de Kaiten.
La principale leçon de cette évolution est toutefois que la rigidité des programmes japonais, souvent mise en avant, avait moins à voir avec la mentalité nippone qu’avec les contraintes industrielles auxquelles le pays était soumis. Sur toute la guerre, les nouvelles constructions navales n’ont représenté que 550 000 tonnes. A peine 17 % de la production américaine…
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Jeu Jan 26, 2017 16:51    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

Citation:
Classe Unryu
Cette classe comprend au total cinq unités.
- Unryu : mis sur cale le 1er août 1942, lancé en septembre 1943, il devait entrer en service en août 1944 ;
- Amagi : mis sur cale en décembre 1942, lancé en novembre 1943, il devait entrer en service en novembre 44 ;
- Katsuragi : mis sur cale en décembre 1942, lancé en décembre 43, mis en service en décembre 1944. Ce navire réutilisait la moitié de la machinerie du Kurama.
- Kasagi : mis sur cale en avril 1943, lancement prévu en avril 1944.
- Aso : construction commencée en juin 1943, lancement prévu en juin 1944.


@+
Alain
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Flo-bert



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Messages: 49

MessagePosté le: Jeu Jan 26, 2017 16:58    Sujet du message: Re: Constructions navales japonaises Répondre en citant

Petite faute de frappe: à plusieurs reprises, il est fait mention de le la classe de croiseur Nagano et non pas Agano.
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Jon-Jon



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MessagePosté le: Jeu Jan 26, 2017 17:25    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
[L'appendice sur les sous-marins est en cours d'écriture !]


Casus, esclavagiste en chef de la FTL Razz

Blague à part, ce texte est une version "littéraire" de la co - production avec Loïc qui a été postée sur le forum à l'automne, enrichie des éléments discutés à ce moment là.

Merci à tous pour les commentaires, et à Casus pour la relecture.
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loic
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MessagePosté le: Jeu Jan 26, 2017 22:53    Sujet du message: Répondre en citant

en Mer de Corail
que dans les derniers mois de la guerre
En tout, quatre seulement furent mis sur cale
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Jan 27, 2017 00:03    Sujet du message: Répondre en citant

Merci pour les derniers.

Sur cale : je venais de corriger, grâce à Capu Rossu.

Mer de Corail : on s'est sûrement souvent trompés, mais "mer" ne prend pas de majuscule. Tiens, faut que je change aussi mer de Chine méridionale (je viens de réviser les majuscules en français Wink )
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Casus Frankie

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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Fév 04, 2017 14:15    Sujet du message: Répondre en citant

Comme promis, l'appendice sur les sous-marins !
Merci Jon-Jon !



Appendice
Les désarrois de la flotte sous-marine japonaise


Les principales évolutions du programme de construction des submersibles ont eu lieu avant même le début de la Guerre du Pacifique.

La situation avant la guerre
1937-1939 : la théorie à l’épreuve des faits

Les missions prévues pour les sous-marins dans la doctrine japonaise étaient la surveillance des flottes ennemies dans leurs ports, leur poursuite quand elles en sortaient, et la destruction par surprise d’un nombre important de vaisseaux ennemis avant la bataille décisive. Ces tâches nécessitaient un nombre important de “croiseurs sous-marins”. Ce furent les types J et KD, construits à la fin des années 20 et au début des années 30. Mais plusieurs exercices menés de 1937 à 1939 donnèrent des résultats inquiétants : ces unités auraient été incapables de suivre les flottes ennemies lors de leurs mouvements, et encore moins de les précéder pour les attaquer de manière concertée ! La doctrine n’étant pas – ne pouvant pas – être en cause, il fallait améliorer le matériel selon deux axes : la construction de sous-marins plus rapides en surface (dont le premier fut lancé en 1938) et celle de sous-marins chefs de flottille (mis en service à partir de 1939) pour résoudre les problèmes de coordination.
Une nouvelle série d’exercices, dans une zone s’étendant de la Micronésie à Honshu, eut lieu fin 1939 et début 1940. Malgré l’amélioration des performances des sous-marins, les résultats furent toujours aussi peu brillants… La Marine Impériale en tira deux leçons importantes. En premier lieu, la défense de la Micronésie devait être assurée par une combinaison de sous-marins côtiers basés sur place, d’hydravions à long rayon d’action, et d’avions d’attaque basés à terre. Ensuite, les opérations de poursuite, contact et annihilation des flottes de guerre ennemies n’étaient toujours pas réalisables, même avec le matériel récent.
La réponse fut d’une part la construction de petits sous-marins conventionnels destinés à la défense de la Micronésie (type KS, sous-marins RO de 525 tonnes, 18 unités), mais aussi celle d’un sous-marin expérimental (le n°71), très rapide sous l’eau, qui fut testé en 1940. D’autre part, presque tous les croiseurs sous-marins existants (types J1 et J2 ainsi que les plus anciens Kaidai, KD2, KD3, KD4, KD5), qui ne pouvaient pas dépasser 20 nœuds (en surface bien sûr), furent considérés comme dépassés et relégués à la mission, jugée secondaire et peu valorisante, d’attaque du trafic marchand ennemi.
Enfin, un nouveau programme de sous-marins rapides (en surface) et, pour coordonner les opérations de ces bâtiments, trois sous-marins chefs de flottille (type A1, 23,5 nœuds) furent mis en chantier. Les missions de reconnaissance seraient assurées par les types B1 (20 unités, 2 584 tonnes, 1 hydravion). Des bâtiments d’attaque (5 de type C1, 10 de type KD7 et 3 de type C2) seraient également utilisés dans ce rôle. Au total, le Japon allait disposer d’une force de 3 sous-marins de commandement, 20 de reconnaissance et 21 d’attaque (en comptant les 3 unités de type J3 non déclassées). Tous ces gros sous-marins pouvaient atteindre au moins 23 nœuds (en surface).

1940-1941 : la crise doctrinale devient patente
Les premières manœuvres conduites avec ce nouveau matériel, de février à avril 1941, mirent en évidence de nouvelles difficultés. Les sous-marins destinés à la surveillance des flottes ennemies étaient trop gros ! Proies faciles des patrouilles anti-sous-marines adverses, ils étaient obligés de rester à distance des ports à surveiller, ne voyant de ce fait plus rien… Cette fois, la réponse ne fut plus un nouveau programme de construction. La détection du passage des flottes ennemies fut confiée en partie au Renseignement Naval, en établissant de longues lignes de surveillance dans les eaux de la Micronésie à l’aide de bateaux de pêche et d’hydravions.
Les nouveaux croiseurs sous-marins souffraient du même défaut : trop gros, ils étaient trop repérables et, en plongée, ils étaient trop lents pour échapper, une fois détectés, aux forces ASM. Quant à la vitesse en surface, elle demeurait trop faible pour gagner une position d’attaque convenable. A la veille de la guerre du Pacifique, la crise doctrinale de la flotte sous-marine japonaise était donc patente, la mission assignée ne pouvant être remplie. Encore fallait-il admettre officiellement cet échec et trouver une solution de remplacement…

Le début de la guerre
1941-1942 : une inefficacité confirmée

Quand la guerre survint, les sombres prévisions des commandants les plus dynamiques du corps des sous-mariniers furent confirmées. Les opérations dans les eaux entourant Hawaï échouèrent complètement, aucune victoire ne venant contrebalancer les pertes subies.
En janvier, les sous-marins japonais eurent l’occasion d’effectuer exactement ce pour quoi ils étaient prévus : ils repérèrent et poursuivirent durant plusieurs jours le porte-avions Saratoga. Finalement, le I-6 (ironiquement, un vieux croiseur sous-marin de type J2 plafonnant à 20 nœuds) parvint à torpiller le porte-avions américain. L’honneur était sauf… mais le Renseignement ne tarda pas à établir que le porte-avions n’avait été qu’endommagé.
Un peu plu tôt, la destruction du vieux cuirassé HMS Malaya alors qu’il tentait de retourner à Singapour avait été largement fêtée. Mais elle ne pouvait dissimuler que la force sous-marine de la Marine Impériale avait échoué dans sa mission théorique de surveillance, poursuite et attaque des flottes ennemies avant les combats.

Eté 42 : les sous-mariniers sauvent la face… mais pas plus
Au mois d’août 42, plusieurs opérations redorèrent le blason de la flotte sous-marine : l’attaque du canal de Panama et celles de New York et Norfolk (missions Oni). Ces succès n’étaient toutefois que comme des coups d’éclat destinés à sauver la face et en aucun cas une alternative viable à la doctrine existante.
Auparavant, de vieux sous-marins RO, soutenus par des I tout aussi dépassés, avaient attaqué les lignes de ravitaillement alliées le long de la côte orientale de l’Australie, réduisant un peu le flux des renforts et du ravitaillement vers les deux fronts de cette région (Nouvelle-Guinée et Salomon). Le rendement de ces attaques était intéressant, mais pour l’état-major, cette action contre des transports en général de petite taille ne pouvait être qu’une mission secondaire.
Dans l’Océan Indien, une flottille de sous-marins modernes dirigée (en théorie) par un des nouveaux chefs de flottille de type A1 obtint également un bilan très correct – mais là encore, contre des transports en général de second ordre. De plus, l’utilisation du chef de flottille avait été un échec : la nécessité de communiquer par radio avec ses subordonnés rendait le A1 aisément détectable par l’ennemi, donc très vulnérable.

La seconde partie de la guerre
1943 : changement de cap

Au début de 1942, le raid réussi de l’US Navy en Micronésie démontra que les neuf sous-marins RO d’un type dépassé et les 18 RO modernes de type KS en construction ne suffiraient pas pour défendre les îles contre une attaque de grande envergure. Un projet de construction d’un grand nombre de sous-marins dit “de défense des îles” fut alors lancé. Le nombre de bâtiments était un facteur critique, impliquant des coûts unitaires réduit et des submersibles de petite taille. Le modèle de sous-marin recommandé, qui s’inspirait du n° 71, se caractérisait par des moyens d’écoute performants et une grande vitesse en plongée. La vitesse en surface était secondaire, la surveillance de l’ennemi étant dévolue aux moyens aériens. Les variantes allaient d’une simple copie du prototype n°71, avec 4 tubes de 533 mm (210 tonnes), jusqu’à un sous-marin doté de quatre recharges (320 tonnes).
En parallèle, il fut décidé de modifier 17 des 18 sous-marins KS en construction, notamment en remplaçant leurs moteurs électriques de 380 cv par des 600 cv. Les commandes de très grands sous-marins (2 000 tonnes et plus) optimisés pour la navigation en surface furent par contre réduites, et remplacées par celle d’un nombre plus important de bâtiments plus petits ayant de meilleures performances en plongée : les K6-A, B et C, dérivés du programme K6.
Mais dans ces conditions, il ne restait plus rien de la doctrine avec laquelle la force sous-marine japonaise avait commencé la guerre. Par quoi la remplacer ?

1943-1945 : des missions à redéfinir
La Marine Impériale, malgré des échanges avec la Kriegsmarine, refusa toujours avec acharnement de passer de façon systématique à la guerre du tonnage. Stratégiquement, son ennemi resta la flotte de guerre américaine, comme prévu dès 1938-1939. Mais les sous-marins qu’elle mit en œuvre pour ce faire en 1944-1945 étaient désormais tactiquement à l’opposé des concepts d’avant-guerre.
En 1943, de vieux mais très endurants croiseurs sous-marins allèrent attaquer les “lignes d’alimentation stratégiques”, par lesquelles hommes et matériels parvenaient en Australie et à Hawaï, se déployant dans les mers les plus éloignées, jusqu’au large du cap Horn, de l’Argentine et même du Brésil. Ces opérations ne durèrent toutefois qu’un an à peine.
En effet, les campagnes des Salomon et de Nouvelle-Guinée avaient été très coûteuses en transports pour le Japon. L’utilisation de destroyers pour convoyer hommes et munitions (le fameux “Tokyo Express”) ne constituait qu’un palliatif, coûtant lui même de précieux navires. Le massacre de la mer de Bismarck, fin mai 1943, avait été l’épisode le plus spectaculaire de cette hémorragie, mais non le seul, loin de là.
C’est pourquoi, à partir de l’hiver 1943, et surtout après), la Marine Impériale planifia la construction de sous-marins de transport D1 (inspirés d’un modèle allemand de la Première Guerre Mondiale) pour transporter hommes ou fret dans des zones où l’ennemi disposait de la supériorité aérienne. Le premier navire de cette classe fut l’I-361, dont la mise en service intervint en mai 1944. Mais dès le début de 1944, il avait fallu confier aux grands croiseurs sous-marins des missions de ravitaillement des garnisons japonaises isolées par l’avance alliée, abandonnant tout espoir de leur faire jouer un rôle quelconque avant ou pendant la « bataille décisive ».
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