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Texte intégral Asie-Pacifique Décembre 42
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Casus Frankie
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Localisation: Paris

MessagePosté le: Mer Déc 25, 2013 10:57    Sujet du message: Texte intégral Asie-Pacifique Décembre 42 Répondre en citant

D'abord, Bon Noël !
Ensuite : il manque encore quelques "Notes Chrono" à l'Intégrale Asie-Pacifique de Novembre (elles arriveront d'ici l'Epiphanie…).
Pour Décembre, il manque aussi toute la partie "Pacifique Sud-Ouest" (elle est en cours, prévue d'ici fin Janvier, avec l'aide de Parménion).
Mais voici tout de même le reste de la partie "Asie-Pacifique", histoire de nous rapprocher du point final de 1942.
Je rappelle que l'essentiel des épisodes de Nouvelle-Guinée sont dus à Mark Bailey.
Et puis il y a de l'inédit dans cette partie, notamment pour la Chine, gérée à présent de main de maître par Hendryk.
Vou reconnaîtrez aussi les apports d'Anaxagore (l'Indochine), de Patzekiller (l'opération Fauconneau)… J'en oublie sûrement.
Bonne lecture !



1er décembre
Campagne d’Indochine
Saigon
– Nouvelle entrevue entre Kuriyama, Yoshizawa et le général Tyo. Les difficultés qu’ils rencontrent pour contrôler la région paraissent intolérables aux Japonais, qui ont besoin du riz indochinois pour nourrir leur pays. La réunion aboutit à la création du Comité Céréales d’Indochine. Chargé de contrôler l’ensemble de la production du riz, ce Comité reçoit l’exclusivité de toutes les transactions sur le riz ; il privilégiera bien sûr l’exportation. Une partie sera tout de même revendue à la population locale, par l’intermédiaire de marchands chinois… qui devront payer ce privilège directement à MM. Kuriyama, Yoshizawa et Tyo, l’argent allant – comme de bien entendu – directement dans le porte-monnaie de ces trois personnages. Enfin, une partie du riz sera utilisée pour remercier d’autres membres de l’administration d’occupation ou des collaborateurs indochinois.
Pour la population d’Indochine, le 1er décembre 1942 marque le début de la tristement célèbre Guerre du Riz.


(2 décembre)


3 décembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Buna
– Les trois brigades de l’AIF ont véritablement mis le siège devant les trois ports occupés par les Japonais sur la côte nord-est de la Nouvelle-Guinée, forçant les troupes qui les occupent à se recroqueviller dans leurs fortifications.
………
Le “siège de la côte nord” : les forces en présence
7e Division AIF (général Vasey)
Gona – 18e Brigade (Wootten) : 2/9e, 2/10e et 2/12e bataillons
Sanananda – 21e Brigade (Potts) : 2/14e, 2/16e et 2/27e bataillons
Buna – 25e Brigade Group (Eather) : 2/25e, 2/31e, 2/33e, 3e Bataillon et 2/1er Pionniers
………
Eléments de l’Armée de la 8e Région (lieutenant-général Hitoshi Imamura)
– Gona
1er Bataillon du 41e Régiment (major Miyamoto Kikumatsu)
Unité Uchida (900 hommes : blessés sortis de l’hôpital et un petit nombre de recrues)
Unité Mori (700 hommes : nouvelles recrues)
Unité Nakamura (500 hommes des volontaires de Takasago)
– Sanananda nord-ouest (secteur de Wye Point)
3e Bataillon du 41e Régiment
Unité de Cavalerie des Mers du Sud
– Sanananda (secteur central)
QG de la Force des Mers du Sud – Le colonel Yamamoto Hiroshi, en charge des fortifications à la 17e Armée, assume le commandement de l’ensemble des unités, pour organiser au mieux la défense.
Unité Murase (800 hommes : nouvelles recrues)
15e Régiment du Génie (400 hommes)
1er Bataillon du 55e Régiment d’Artillerie de Montagne
2e et 3e compagnies du 47e Bataillon d’Artillerie AA de campagne (Lt-Col. Fuchiyama Sadahide)
Unité médicale des Mers du Sud (hôpital de campagne)
– Sanananda sud-est (secteur de Giruwa)
1er, 2e et 3e Bataillons du 144e Régiment (Lt-Col. Tsukamoto Hatsuo)
– Buna
QG et 2e Bataillon du 41e Régiment (colonel Yazawa)
38e Régiment d’Artillerie de Campagne (Lt-Col. Shiiki Kazuo)
1ère Cie du 47e Bataillon d’Artillerie AA de campagne
Unité Yasuda, de la Marine Impériale (capitaine Yasuda Yoshitatsu – 800 hommes, péniches, bâtiments légers et détachement portuaire)



4 décembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Salomon Orientales
– Le croiseur lourd Louisville et les destroyers Murphy et McCalla, endommagés en novembre, quittent Tulagi avec une petite escorte. Mais celle-ci ne dissuade pas le capitaine Minoru Yokota, de l’I-26, qui vient d’arriver sur sa zone de patrouille. Il tente de torpiller le Louisville, le rate, mais c’est le pauvre Murphy qui est achevé par une torpille qui ne lui était pas destinée…
Plus heureux, ses deux compagnons gagneront sans encombre Pearl Harbor. Le McCalla sera de nouveau opérationnel en avril, le Louisville en septembre.


5 décembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Buna
– Le terrain improvisé à Soputa est aussi amélioré que possible, mais l’aviation japonaise, venant principalement de Lae, mais aussi de Rabaul, ne cesse de l’attaquer. Ces bombardements ralentissent le ravitaillement et le renforcement de la 7e Division AIF, d’autant plus qu’en l’absence de DCA digne de ce nom et bien sûr de chasse alliée, les rares pertes japonaises sont dues à quelques accidents. Le camouflage est la seule protection des Australiens. Il s’avère que le chasseur lourd Kawasaki Ki-45 Toryu (Nick) est bien plus dangereux en attaque au sol que son aîné le bombardier léger Ki-48 Sokei (Lily) (lui aussi produit par Kawasaki). Du coup, les seuls avions de transport capables de passer sont quelques Harrow ou Lodestar qui se posent de nuit.
Le ravitaillement australien continue de passer principalement par la piste de Kokoda, ce qui signifie que son débit est minime par rapport aux besoins.
La situation est cependant quelque peu améliorée grâce à un individu étrange qui se présente aux soldats australiens et leur adresse la parole en français ! Il ignore l’anglais et, jusqu’à ce qu’on puisse trouver un Australien francophone, c’est un Papou qui doit faire l’interprète, car l’homme parle fort bien les langues locales. Il s’agit d’un missionnaire catholique, le Père André Dupeyrat, qui est en Nouvelle-Guinée depuis dix ans et qui a eu le temps de tracer à travers la jungle une piste de ravitaillement qui ne figure sur aucune carte afin de faciliter la construction de plusieurs petites églises dans la région… et qui va aussi faciliter le ravitaillement australien.


6 décembre
La guerre sino-japonaise
Des soldats invisibles
Chongqing
– La Swastika Rouge, malgré son nom peu rassurant pour un Occidental, est en réalité une organisation caritative chinoise fondée en 1922 sur le modèle de la Croix Rouge internationale : la swastika (dextrogyre notamment) n’est-elle pas, en Asie, symbole de bonheur et de paix ? Impliquée dans des opérations humanitaires sur le sol chinois aux côtés de sa grande sœur suisse, elle tente avec des moyens souvent dérisoires de subvenir aux besoins médicaux de millions de réfugiés de guerre.
Aujourd’hui, elle présente un rapport préoccupant aux autorités de Chongqing : dans les régions traversées par les troupes japonaises en retraite à la suite de la campagne du Zhejiang-Jiangxi, les dispensaires de campagne voient affluer depuis quelques jours un nombre anormalement élevé de personnes atteintes de dysenterie, du typhus, du choléra et même de la peste. Si les deux premières maladies sont devenues endémiques en Chine depuis le début de la guerre, la subite augmentation des cas, coïncidant avec l’apparition des deux autres épidémies, laisse peu de doutes : les Japonais ont certainement semé derrière eux des agents pathogènes. Des précédents suspects avaient déjà été relevés depuis un an ou deux, mais cette fois-ci le crime est patent. La conclusion s’impose : face aux revers que leur infligent les Chinois, les Japonais ont décidé de recourir à l’arme bactériologique. Or les infrastructures médicales chinoises, embryonnaires et sous-équipées, ne sont pas en mesure d’endiguer efficacement des épidémies, surtout provoquées. Une nouvelle page du livre noir des crimes de guerre japonais vient de s’ouvrir.


7 décembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Buna
– La 25e Brigade s’engage au coucher du soleil dans le “Triangle”, les défenses situées au delà du marais à l’ouest de Buna. Il s’agit de positions échelonnées sur les quinze cents mètres séparant la rivière Gerua et Buna. Le 2/33e Bataillon, suivant les pistes tracées dans l’herbe kunai, détruit un avant-poste japonais, mais une centaine de mètres plus loin, son avance est bloquée par des tirs très violents venant de plusieurs bunkers si bien camouflés qu’ils sont invisibles. Les reconnaissances continuent jusqu’à minuit, mais l’infanterie est incapable d’enlever la position. C’est le début de la bataille du Triangle.


8 décembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Buna – Bataille du Triangle

Le Brigadier Eather lance le 3e Bataillon qui, soutenu par le 2/1er Pionniers, fait un crochet à l’ouest du 2/33e. Le bataillon pénètre dans une zone dénommée la Cocoteraie (Coconut Grove), à 500 mètres environ à l’ouest du Triangle, sur la rive est de la Gerua. Il se heurte à une vive résistance et les combats sont sauvages, mais à cet endroit, les retranchements japonais sont inachevés et de petits groupes d’hommes peuvent s’infiltrer entre les points fortifiés, quoiqu’ils subissent des pertes sérieuses. Avant le lever du jour, ils parviennent à démolir plusieurs bunkers.

Milne Bay – Depuis environ un mois, la région est relativement calme. Les Japonais manquaient d’hommes et les Alliés manquaient de matériel. Mais si les Japonais n’ont guère reçu de renforts (ils ont perdu beaucoup de monde), petit à petit, Australiens et Américains ont fini par rassembler de quoi repasser à l’attaque…


9 décembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Buna – Bataille du Triangle

Les attaques des hommes d’Eather ont du mal à progresser au milieu des défenses du Triangle et de Coconut Grove. Eather sait que le secteur est crucial pour la défense japonaise – et que les Japonais le savent aussi. En effet, si les Japonais peuvent transporter par mer renforts et ravitaillement entre les trois enclaves, cela leur est encore plus facile par voie de terre, et les Australiens n’ont pas encore pu couper les pistes côtières.

Milne Bay – La reconquête
« Le plan allié, élaboré par le général Savige, n’était pas très compliqué. Les véhicules amphibies transporteraient la 10e Brigade (Caulfield East) et une forte artillerie sur plus de douze kilomètres par la rivière Gumini et les marais au sud de la Maiwara, puis au delà de cette rivière pour couper la route Gurney-Baraga. Deux batteries complètes de 25 livres seraient déployées au sec sur les berges sud de la Gumini, sur une pente douce descendant du flanc nord de la chaîne des Pini. Elles seraient ainsi installées à six kilomètres au plus de la route, mais séparées de celle-ci (donc de l’ennemi) par deux rivières et un marais – et couvertes, de plus, par le 24e bataillon, qui protègerait aussi leur voie de ravitaillement.
Des éléments des 37e et 52e bataillons seraient alors poussés au milieu des positions du 127e Bataillon japonais dispersées entre la Maiwara et la Gumini. Une fois la route coupée par l’artillerie, la 4e Brigade (Melbourne) et le 126e Régiment US lanceraient leur attaque contre les principales positions japonaises à l’ouest de Baraga. On espérait que les Japonais devraient battre en retraite au delà du village de Waigani vers le cours du Flying Fox, permettant aux Alliés de reprendre la piste 2 de l’aérodrome de Gurney, qui était inachevée.
Ce plan ne devait pas – bien entendu – se dérouler comme prévu. »
(D’après B. Marcus, Les Forces armées australiennes dans la Seconde Guerre Mondiale)
Les opérations commencent le 9 après le coucher du soleil. Les seize Mk X confirment vite leur extrême utilité : équipés de protections légères, l’un d’eux peut remorquer en toute sécurité cinq radeaux sur patins dans l’eau ou sur un sol marécageux. De plus, des villageois locaux ont construit un grand nombre de canoës, qui ont été assemblés deux par deux pour faire des catamarans capables d’emporter plus de 400 kg de ravitaillement chacun. Ainsi, la 10e Brigade descend la Gumini et, à 02h00 le 10, l’artillerie est déployée et les troupes ont pénétré dans les marais.

La guerre sino-japonaise
Front chinois : la stratégie japonaise évolue
Nankin (Nanjing)
– Le général Shunroku Hata, commandant en chef des forces japonaises en Chine, tire un bilan amer des six derniers mois. La campagne du Zhejiang-Jiangxi, qui aurait dû ouvrir à ses armées les portes de la Chine intérieure où les Nationalistes se sont réfugiés, s’est soldée par une humiliante et coûteuse défaite qui interdit pour longtemps de nouvelles opérations dans cette partie du pays, sans parler des agents pathogènes répandus à dessein derrière elles par ses troupes. Or le Quartier général lui demande vertement des comptes, à présent que les Américains – et, plus mortifiant encore, les Chinois eux-mêmes ! – ont l’audace d’envoyer leurs bombardiers effectuer des raids contre le territoire japonais.
Pour restaurer son honneur malmené et reprendre l’initiative stratégique, Hata ne voit qu’une solution : une opération offensive dans le Shaanxi contre les bases aériennes avancées des Yankees, dans la zone contrôlée par les Chinois communistes. Détail qui n’est pas à négliger : un puits de pétrole est en opération dans la région depuis 1934, sur le site de Yanchang près de la rive droite du Fleuve Jaune (1). Certes, sa production est modeste, mais les besoins en carburant de l’Armée Impériale se font de plus en plus criants, et quelques tonnes supplémentaires de pétrole par jour seront toujours bonnes à prendre.


10 décembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Buna – Bataille du Triangle

Les hommes d’Eather continuent à grignoter du terrain dans Coconut Grove – mais il a fallu renoncer à attaquer le Triangle, trop bien fortifié. Les attaques sont menées essentiellement de nuit, car cela réduit nettement les pertes, la nuit empêchant l’aviation japonaise de venir en aide aux défenseurs.

Milne Bay – La reconquête
Vers minuit, une intense activité de patrouilles révèle aux Japonais qu’il se passe quelque chose sur le terrain marécageux au sud de la Maiwara, mais ils ignorent ce que c’est !
01h00 – Les Alliés déclenchent leur principal bombardement d’artillerie contre les positions ennemies à l’ouest de Baraga. Les Japonais en concluent alors que l’activité signalée dans les marécages est une diversion.
04h00 – Seize Mk X, chargés d’hommes et remorquant chacun trois radeaux sur patins chargés de munitions et d’équipements de base, traversent la Maiwara à environ cinq km (par la route) à l’est de Baraga, face à une opposition dispersée. Le gros du 37e Bataillon (Sale) est en place avant que les Japonais puissent réagir de façon significative.
05h30 – La première réponse japonaise notable est une colonne de six camions d’infanterie escortés par quatre chars légers HA-GO, venant de Baraga. Ils tombent dans une embuscade en passant à gué le Flying Fox – l’un des deux antichars de 2 livres du 37e Bataillon, déployé là et bien protégé, détruit sans difficulté trois des HA-GO et le gros de la colonne est anéanti. Puis les éléments embusqués se replient.
06h20 – Quinze cents mètres plus loin, une nouvelle colonne est écrasée par une embuscade tendue par une compagnie du 37e. Arrive alors le gros du 66e Bataillon japonais, la réserve de la 22e Brigade mixte. Ce bataillon se déploie immédiatement pour attaquer la compagnie qui lui fait face, mais il se retrouve sous le feu soutenu des deux batteries de 25 livres déployées dans la nuit. L’artillerie inflige de lourdes pertes aux Japonais et désorganise leur attaque. Celle-ci n’en est pas moins menée avec acharnement, mais ne peut déloger la compagnie australienne, bien retranchée et rapidement renforcée par des éléments du 52e Bataillon (Dandenong), tandis que des hommes du 24e Bataillon (Surrey Hills), postés sur la rive sud de la rivière, mitraillent les Japonais qu’ils prennent en enfilade.
………
Pendant ce temps, le 126e Régiment US et la 4e Brigade australienne ont attaqué de front les deux autres bataillons de la 22e Brigade japonaise autour de Baraga. Les Japonais ne cèdent pas, mais le major-général Yokeyana se trouve devant un dilemme. Il ne peut espérer de renforts, son quatrième bataillon est engagé et en mauvaise posture face à des forces supérieures coupant sa voie de ravitaillement vers Baraga – et il n’a pas d’autres réserves.
09h00 – Yokeyana admet que sa position est intenable. Il ordonne alors aux 66e, 70e et 71e bataillons, ainsi qu’à ce qui reste de ses blindés, de se replier de Baraga à Waigani, puis de passer au nord de la piste Gurney 2, de traverser le Flying Fox et de se joindre aux forces qui tentent de constituer une ligne de résistance sur un autre cours d’eau, le Kalobi.
Apparemment raisonnable, ce repli est catastrophique. En quittant leurs positions, les Japonais sont hachés par l’artillerie, puis poursuivis par le 126e RI-US et la 4e Brigade, avec leurs quatre chars Valentine.
12h00 – La plupart des survivants des trois bataillons japonais sont poursuivis vers le nord le long de la piste Baraga-Wedau par les Américains, tandis que la 4e Brigade fait la jonction avec l’aile nord de la 10e.
13h00 – Comprenant ce qui s’est passé, Yokeyana retire ses forces jusqu’au Kalobi Creek, à moins de 1 500 mètres de Gurney. Il masse 4 000 hommes le long du ruisseau et parvient à arrêter l’avance alliée.
17h00 – Yokeyana est informé par des éléments du 127e Bataillon, en pleine retraite, que sa position a été tournée par les marais ! Les Australiens (des éléments de la 10e Brigade) ont passé le Kalobi en force au sud de la ligne de résistance et se sont emparés des dépôts situés à Gaba Gabuna Bay. Ils sont à moins de deux kilomètres de la Mission Ladava, loin sur les arrières japonais. Toute la 22e Brigade doit décrocher ou être anéantie.


11 décembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Buna – Bataille du Triangle

Dans la nuit du 11 au 12, une violente attaque sur le bord ouest de Coconut Grove porte le 3e Bataillon à moins de 100 mètres de la passerelle qui enjambe le bras côté lagon d’Entrance Creek – le cours d’eau dans l’embouchure duquel la Marine Impériale à établi sa base pour le secteur de Buna. Les Australiens sont alors la cible d’un tir d’artillerie légère continu, dense et précis venant de la mer, et ils doivent reculer d’une centaine de mètres. Une heure plus tard, de l’artillerie terrestre prend le relais.

Milne Bay – La reconquête
Dans la nuit du 10 au 11, l’inévitable retraite des Japonais vers Gili Gili devient presque une déroute, à mesure que les unités perdent leur cohésion en marchant dans la nuit. Ce que les hommes ne peuvent porter doit être abandonné et, dans la journée qui suit, les Australiens mettent la main sur une grande quantité de ravitaillement et de matériel. Mais ils s’emparent surtout de toutes les pistes de l’aérodrome de Gurney. Les avions qui utilisaient celui-ci se sont enfuis au lever du soleil.
Plus au nord, le 126e RI-US pourchasse une partie des Japonais jusqu’à la côte nord de Milne Bay. Là, les Japonais se dirigent vers Taupota, à l’est, toujours poursuivis par des Américains aussi épuisés qu’eux.
Yokeyana sait que Turnbull ne peut être tenu bien longtemps et que Milne Bay même est sans valeur en dehors de son aérodrome. Il demande donc à Rabaul de lui envoyer des bateaux pour embarquer ses hommes à Taupota, dans la baie d’Awapa, et les conduire à l’île Goodenough. De son côté, il organise une ligne de résistance sur Wehuria Creek, devant Turnbull. Durant la nuit, les Japonais cheminent sur la piste de Taupota, pendant que toutes leurs petites embarcations de la baie déménagent le ravitaillement et les munitions et font le tour d’East Cape pour aller les entreposer à Goodenough. Cela fait, les bateaux déchargés filent sur Awapa pour embarquer les troupes qui s’y trouvent.


12 décembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Buna – Bataille du Triangle

Il s’avère que les tirs qui ont fait la veille reculer le 3e Bataillon venaient de quatre péniches armées de l’Armée Impériale et d’un chasseur de sous-marin de classe Cha-13 converti en canonnière. Le bateau porte un canon de 4,7 pouces court à la place de ses grenades ASM, en plus de son canon de 3 pouces normal. Devant l’importance de l’appui d’artillerie navale ennemi, Eather décide de modifier l’axe de son attaque.

Milne Bay – La reconquête
Les Japonais sont en pleine retraite mais les Alliés doivent marquer une pause, car ils sont épuisés et soumis à de nombreuses attaques aériennes venant de Lae et de Rabaul. De plus, leurs lignes de ravitaillement commencent à s’étirer.
Le 126e RI-US est ainsi stoppé à Wapaie par la résistance japonaise, mais surtout par le manque de munitions et de nourriture. Cependant, les Américains signalent que de petits bâtiments japonais, après avoir bombardé leurs positions, sont en train d’évacuer les troupes japonaises.
Du côté de l’AMF, l’avance est arrêtée sur le cours de la Gama, juste à l’est de Rabi. Les Australiens sont très occupés à nettoyer le terrain de nombreux tireurs isolés et de petits groupes de Japonais qui se sont retrouvés coupés du gros de leurs troupes. Quoi qu’il en soit, ils ont repris Milne Bay !


13 décembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Buna – Bataille du Triangle

Pendant qu’une compagnie du 3e Bataillon d’Eather se retranche sur les positions durement gagnées dans Coconut Grove, une autre passe la Girua. A l’ouest de ce cours d’eau, les positions japonaises sont peu nombreuses et improvisées. Les Japonais ne tiennent pas le secteur en force.

Milne Bay – La reconquête
Les Alliés reprennent une avance précautionneuse face aux survivants des forces japonaises, après avoir pris un peu de repos et s’être ravitaillés. Comme d’habitude, les Japonais résistent avec acharnement pour retarder l’avance alliée, aidés par un raid aérien venu de Lae en fin de matinée, au moment où les nuages se dissipent.
Cependant, l’évacuation japonaise bat son plein, facilitée par l’absence d’aviation alliée.


14 décembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Buna – Bataille du Triangle

Dans la nuit du 13 au 14, le 3e Bataillon s’empare du village de Siwori, sur la rive ouest de la Girua. La résistance ennemie est faible à moyenne. Cette petite victoire est un vrai succès, car la prise de Siwori coupe la liaison par voie de terre entre Buna et Sanananda (donc Gona).

Milne Bay – La reconquête
D’énergiques attaques alliées forcent les arrière-gardes japonaises à reculer, tandis que de petites embarcations alliées et des bateaux capturés transportent troupes fraîches et ravitaillement à travers Milne Bay jusqu’à Watunou. Il s’avère qu’il n’y a plus de Japonais dans ce secteur : ils se sont repliés vers l’est. L’AMF les poursuit avec précautions, pour éviter les embuscades.


15 décembre
Campagne d’Indochine
Saigon
– Le secrétaire Kuriyama, l’ambassadeur Yoshizawa et le général Tyo achèvent de se répartir l’exploitation de l’Indochine. Un communiqué vis-à-vis de la presse locale soulignera que la réunion s’est déroulée dans une atmosphère de grande politesse et qu’elle a abouti à des décisions permettant de libérer définitivement l’Indochine du colonialisme. Du moins, de celui des Blancs…


16 décembre
Campagne d’Indochine
Laos
Les sentinelles japonaises qui scrutaient l’obscurité de la nuit aux limites du petit poste, mal protégées de la pluie par l’imperméable standard, n’espéraient qu’une chose : la relève. Lorsque des coups de feu retentirent, elles s’entre-regardèrent, indécises. Déjà des hommes s’éveillaient et des lumières s’allumaient sous les tentes. Ayant à peine pris le temps de mettre ses bottes, le lieutenant Matsuada surgit tête nue sous la pluie. Il tenait un lance-fusée et tira un projectile éclairant. Dans les rafales, le lumignon au bout de son parachute ne révéla d’abord que les montagnes découpées en ombre chinoise. « Là, lieutenant ! » L’homme armait son FM M96 mais l’officier posa la main sur le canon : « Ne tire pas, ils sont des nôtres ». Un petit groupe d’hommes en uniformes japonais tentait d’atteindre le poste en tiraillant vers la jungle obscure, d’où venait une fusillade nourrie. « Ils n’arriveront jamais jusqu’à nous, lieutenant. »
La remarque troubla l’officier japonais. Il avait au départ une trentaine d’hommes, mais la jungle, les guets-apens avaient fait fondre ses effectifs à une vitesse alarmante. Ce fait emporta sa décision. Il ne pouvait pas laisser mourir ce qui lui apparaissait à présent comme des renforts. « En avant ! » Couvert par les FM des miradors, il s’élança avec une douzaine d’hommes. Deux ou trois tombèrent face à l’ennemi invisible, mais les soldats attaqués purent décrocher et regagner le poste avec l’équipe du lieutenant – à l’abri des rouleaux de barbelés, des sacs de sable et des FM, ils ne craignaient pas grand-chose.
Le lieutenant mourut déchiqueté par une rafale qui faucha simultanément plusieurs de ses hommes derrières les sacs de sables. Ceux qui se trouvaient sur les miradors ne survécurent que quelques instants supplémentaires. En contrebas, des Vietnamiens sortirent des sous-bois et se précipitèrent vers le poste, où ils arrivèrent juste à temps pour aider à éliminer les derniers soldats japonais. Leur chef se mit au garde-à-vous devant le plus grand des assaillants vêtus d’uniformes nippons : « Mon lieutenant, permission de parler librement. » « Allez-y, Bui » répondit le lieutenant Delayen, « Cet uniforme est beaucoup trop petit, mon lieutenant. S’ils n’avaient pas eu de la pluie dans les yeux, même de nuit ils ne s’y seraient pas trompés. »

(Le Guerrier des Rizières, par Pascal N’Guyen-Minh, J’ai Lu éd., 1973)


17 décembre
La guerre sino-japonaise
Nouveau raid sur le Japon
Nagoya
– Les usines Mitsubishi sont à nouveau la cible d’un raid conjoint de la CATF et de la ROCAF, regroupant 28 B-17 (soit tous ceux qui sont encore opérationnels en Chine). Les bombardiers mettent de nombreux coups au but – les immenses usines sont une cible facile – mais si les bâtiments souffrent beaucoup, les murs anti-souffle hâtivement érigés les semaines précédentes protègent efficacement la plupart des machines-outils, comme lors du raid du 27 novembre. Cette fois, ce sont dix-neuf Ki-61 décollent de Nagoya pour intercepter les B-17, qu’ils rattrapent sur le chemin du retour : quatre sont abattus et deux autres, endommagés, ne rentreront à leur base que pour être rayés de l’inventaire.
………
Nankin – Ce nouveau raid renforce la détermination du général Hata, ulcéré, de venir à bout une fois pour toute de la menace que constitue la présence américaine dans le réduit communiste du Shaanxi. Il l’ignore, mais ce raid était de toute façon le dernier que la CATF avait les moyens logistiques d’organiser : les faibles réserves de bombes, carburant et pièces détachées que les Américains avaient pu acheminer jusqu’à Yan’an ne permettront plus que des opérations limitées contre des cibles plus proches, dans le Mandchoukouo et en Chine occupée, jusqu’à un hypothétique futur ravitaillement.


(18 décembre)


19 décembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Milne Bay
– Eichelberger and Savige constatent que l’Armée Impériale est en train d’évacuer la région aussi vite que possible et qu’ils ne peuvent pas faire grand chose pour l’en empêcher. Leurs troupes, épuisées, sont à présent loin de leurs dépôts et ont plus que distendu leurs lignes de communication ; quoique les dépôts de ravitaillement japonais capturés soient très utiles, ils ne contiennent pas de munitions adaptées aux armes alliées !
Mais le pire est l’incapacité de lutter efficacement contre la puissance aérienne japonaise. En effet, l’aviation ennemie concentre ses efforts dans la région sur Milne Bay pour protéger l’évacuation, et elle se montre très efficace dans cette tâche. Depuis qu’ils ont coulé un gros transport le 18 novembre, les Beaufort ont été chassés du ciel de Papouasie orientale et les avions alliés ne peuvent opérer au-dessus de Milne Bay de jour sans s’exposer à de lourdes pertes.

Campagne d’Indochine
Saigon
– En dépit de la guerre, les Japonais maintiennent la foire-exposition annuelle, dans le but d’en faire une vitrine de la Sphère de Coprospérité asiatique. L’exposition connaîtra un vif succès, avec plus d’un million d’entrées en deux mois. Le Pavillon des Jeux sera l’attraction la plus visitée.


20 décembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Buna
– Une sorte de trêve s’installe. Les deux camps sont fatigués et la 7e Division a consommé une bien trop grande partie de son ravitaillement. Pendant que vivres et munitions sont péniblement acheminés de Kokoda, Vasey réfléchit à la suite avec ses chefs de brigade, tirant les leçons des attaques d’Eather contre le Triangle et Coconut Grove.
S’il faut bien reconnaître que les Japonais ont la maîtrise de l’air et qu’ils peuvent transférer assez facilement hommes et matériel par la mer, cela ne doit pas décourager de faire quelque chose. Mais il est évident que les positions japonaises sont imprenables à moins d’accepter des pertes du niveau de celles de l’Autre Guerre… ou d’utiliser des chars ! Hélas, les chars les plus proches sont à Port Moresby et il est impossible d’en faire venir par voie de terre – ni par avion ! Et par mer ? Cap Sudest est le premier point de la côte nord, en venant de la côte sud, où un char puisse être débarqué, puis rouler jusqu’à Buna le long de la côte sans être bloqué par un fleuve infranchissable. Mais même après la reprise de Milne Bay et même à 30 nœuds, un destroyer ne peut aller de la côte sud jusqu’à Cap Sudest, y débarquer un char et revenir sans trop de risque en une nuit.
Vasey a sur les bras, selon son expression, « un Gallipoli inversé » et il n’y a rien qu’il puisse faire, sauf à se procurer au moins trois chars. C’est ce qu’il signale à Port Moresby.

Campagne d'Indonésie
Raid sur Tarakan
– Les échecs répétés des sous-mariniers américains, dus notamment à la mauvaise qualité de leurs torpilles, ont conduit leur état-major à voir d’un bon œil l’organisation d’opérations spéciales très inhabituelles, tandis que l’amélioration de leurs “outils de travail” habituels progresse malgré les réticences de certains.
Après avoir attaqué Makin, en août, les sous-marins alliés mènent ainsi en décembre un raid massif en Indonésie, au cœur des positions conquises par l’Empire japonais, contre la raffinerie de Tarakan (voir appendice 1).

Campagne d’Indochine
Hanoi
– Le consul général Ogawa donne une grande fête pour célébrer le départ pour le Japon des premiers étudiants vietnamiens allant poursuivre leur étude à Tokyo.


(21 décembre)


22 décembre
La guerre sino-japonaise
Un homme à abattre
Chongqing
– Dai Li est selon toutes les apparences un inoffensif fonctionnaire chinois : après tout, son titre officiel n’est-il pas directeur du Bureau des enquêtes et des statistiques ? Mais derrière cet intitulé innocent se cache en réalité la police secrète du régime nationaliste, en particulier le Département des travaux spéciaux, chargé de la liquidation des ennemis politiques. Dai Li, que l’on surnomme le Himmler chinois (bien qu’il ne soit pas dans le même camp !), a sous ses ordres près de 70 000 hommes (et femmes) : agents de renseignement, espions, commandos, tortionnaires et assassins professionnels. Aujourd’hui, c’est à un groupe de ces derniers qu’il confie une mission de la plus haute importance : abattre Wang Jingwei, dirigeant du régime fantoche pro-japonais installé dans Nankin occupé.
Wang est une cible difficile, et pour cause : à deux reprises déjà, en 1938 et 1939, des agents nationalistes ont attenté à sa vie. Depuis, il vit dans une paranoïa permanente… et parfaitement justifiée. Chang et lui furent autrefois compagnons d’armes avant de devenir chefs de factions rivales du Parti nationaliste et, finalement, ennemis mortels : s’il y a un homme au monde dont Chang désire plus ardemment la mort que Mao Zedong, c’est bien Wang Jingwei ! Cette fois-ci, plutôt qu’une opération commando, désormais impossible du fait de la protection dont Wang s’entoure, il s’agira d’infiltrer son entourage. Plan de longue haleine et qui ne portera ses fruits, s’il n’est pas éventé, que dans plusieurs mois.


(23 décembre)


(24 décembre)


25 décembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Milne Bay – La reconquête

Les troupes australiennes qui arrivent à la base des petits navires italiens de Milne Bay, aux îles Killerton, font une intéressante découverte. Il n’y a plus aucune barge ou péniche, en dehors de quelques embarcations plus ou moins gravement avariées, mais il y a un navire porte-barges. A peu de distance du rivage se trouve l’épave de l’Okinoshima Maru 2, dont le pont est à fleur d’eau. Il apparaît que le navire (fabriqué sur le modèle du porte-hydravions Nisshin), touché par une torpille, a réussi à atteindre la base (où il devait livrer ses barges) avant de couler en eau peu profonde. C’était le « gros transport militaire » torpillé par le Squadron 100 le 28 novembre.


26 décembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Buna
– La division de Vasey entame une série d’épuisantes attaques de nuit. Il s’agit de prendre et de tenir la zone entre le village de Tarakena et Coconut Grove, pour couper Buna de Sanananda, et la zone entre Waitutu Point et Wye point, pour couper Gona de Sanananda.


27 décembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Milne Bay
– Aux îles Killerton, l’épave de l’Okinoshima Maru 2 est examinée par des plongeurs. Travaillant principalement de nuit, ils constatent que le navire est posé sur un fond de sable très ferme et pourrait facilement être renfloué – le principal obstacle étant la maîtrise de l’air japonaise ! Une description de l’épave est transmise à la RAN, qui décide de la renflouer dès que possible.


28 décembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Buna
– Les secteurs séparant Buna et Sanananda d’une part, Gona et Sanananda d’autre part, n’étaient pas tenus fortement, et leur contrôle est rapidement chose faite pour les Australiens. Le problème principal continue d’être l’aviation japonaise et les petits bâtiments gréés en canonnières de la Marine Impériale, qui se montrent très dangereux pour l’infanterie à découvert. Cela n’empêche pas des patrouilles australiennes de parcourir les pistes côtières et de s’assurer qu’il ne reste aucun Japonais dans le secteur.
Par ailleurs, Vasey continue d’espérer que des chars puissent lui être envoyés sur de petits bâtiments suivant la côte de nuit et se camouflant de jour.


(29 décembre)


30 décembre
Campagne de Birmanie
Opération Fauconneau / Falconet
Ile d’Elphinstone, face à la côte sud-est de la Birmanie
Rapport mensuel du colonel d’Astier de la Vigerie.
Installations – Toutes les reconnaissances jusqu’à une journée de mer au nord et au sud de Mergui sont terminées. En annexe du présent rapport, vous trouverez les derniers relevés de profondeurs côtières et de champs de mines, ainsi qu’une liste détaillée des sites (fluviaux notamment) repérés pour de nouvelles opérations d’insertion.
Contacts – Les exactions japonaises semblent continuer. Certains de nos éclaireurs ont été approchés par leur famille ou par des proches pour cacher des marchandises afin de les soustraire aux pillages. Dans plusieurs cas, des villageois qui commençaient sans doute à se douter que nos hommes n’étaient pas de simples pêcheurs ont carrément proposé de l’opium en échange d’armes. Nous attendons des instructions spécifiques avant de leur donner satisfaction. Une livraison d’armes et de matériel serait en tout cas la bienvenue.
Activités japonaises – L’ordre de bataille naval ennemi s’est singulièrement réduit avec le départ du torpilleur, bien qu’il comprenne à présent une bonne demi-douzaine de vedettes. Le dragueur de mines ne sort qu’occasionnellement. Il n’y a eu ce mois-ci aucune descente à terre près de nos îles.


Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Buna
– Les hommes de Vasey ont atteint le cap Nelson, à plus de 80 km de Buna. En chemin, ils ont repéré sur la côte de nombreuses cachettes pour d’éventuelles barges. Hélas, Port Moresby signale à ce moment qu’ils ont fait des essais de transport de char avec les seules barges ou péniches disponibles – des embarcations japonaises – et que ces barges ont immédiatement coulé. Ce plan semble lui aussi futile.
C’est alors qu’un jeune capitaine de la toute neuve 2e Armoured Division australienne se présente au QG de Vasey. C’est un vétéran de Jitra et il a un plan rusé. Vasey l’écoute, regarde la carte, secoue la tête puis déclare au capitaine : « Vous êtes un triple idiot, mais vous êtes mon genre de triple idiot ! » avant de lui confier six hommes très expérimentés. Dès le lendemain, ils se mettront en route vers l’est, à pied.


31 décembre
La guerre sino-japonaise
Un Généralissime satisfait
Chongqing
– Pendant que son épouse courtise les Américains (chose qu’elle fait décidément de manière un peu trop enthousiaste à son goût), Tchang Kai-chek tire le bilan des événements survenus depuis janvier et peut, pour la première fois en cinq ans de guerre, s’offrir le luxe d’un optimisme prudent.
Bien sûr il a fallu, sous la pression des Alliés, renoncer aux habitudes lucratives du détournement de l’aide étrangère et de la spéculation financière, au prix de la bonne entente avec son beau-frère par alliance H.H. Kung. Il a fallu, également, renoncer à un système de commandement militaire exclusivement centré sur sa personne, pour le remplacer par une structure plus régulière (au moins sur le papier) et par la délégation d’une partie de ses responsabilités au nouveau chef d’état-major Chen Cheng. Enfin, il a fallu mettre fin à des pratiques héritées de la période des Seigneurs de la guerre qui simplifiaient bien les choses, comme la mobilisation forcée des paysans et le ravitaillement des armées par la confiscation. Le Généralissime (il n’a quand même pas abandonné son titre) soupire : chaque fois qu’il essaye d’échapper aux pressions américaines en invoquant l’occupation japonaise, ses interlocuteurs répondent : « Regardez les Français, leur situation est pire et ils ne font pas pour autant n’importe quoi ! »
Enfin, il n’a pas perdu au change : c’est désormais un flux modeste mais ininterrompu de matériel neuf ou presque neuf qui lui parvient via la route de Birmanie et son armée est progressivement en train de retrouver le niveau qu’elle avait en 1937, quand il pouvait compter sur du matériel et des conseillers militaires allemands, avant la grande saignée de la Bataille de Shanghai dans laquelle il avait englouti d’un seul coup toutes ses meilleures forces. La différence commence à se faire sentir, et l’issue de la campagne du Zhejiang-Jiangxi le conforte dans l’idée qu’il a pris la bonne décision, même si c’était à contrecœur ; d’ailleurs il ne se prive pas d’exploiter cette victoire pour sa gloire personnelle.
Mieux encore, si possible : l’année écoulée l’a aussi renforcé contre son autre ennemi, le Communiste ! Non seulement il a assis son autorité dans le Xinjiang où les Soviétiques avaient les coudées franches depuis trop longtemps, mais le développement de milices locales idéologiquement fiables grâce aux soldats démobilisés permet la sécurisation des zones rurales menacées de subversion, et l’implantation de bases aériennes américaines en zone communiste va tôt ou tard pousser les Japonais à réagir pour y faire le ménage. En résumé, la guerre contre le Japon jouera enfin au bénéfice des Nationalistes et non des Communistes, il ne sera que temps.


Notes
1- L’exploitation artisanale du puits de Yanchang remonte à 1905, ce qui en fait le premier gisement de pétrole exploité en Chine. Quelques mois après la laborieuse modernisation de l’installation en 1934, celle-ci est passée sous le contrôle des forces communistes. Elle constitue l’une des principales industries du réduit de Yan’an.


Dernière édition par Casus Frankie le Mer Déc 25, 2013 21:56; édité 1 fois
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MessagePosté le: Mer Déc 25, 2013 11:25    Sujet du message: Répondre en citant

Et puis, je me fais le plaisir de rééditer la version définitive (je pense !) de cet épisode dont Patzekiller a été maître d'œuvre.

Appendice 1
Pas besoin de torpilles pour couler une raffinerie
Extraits de La guerre sous-marine dans le Pacifique, par Patrick Decourt (France-Empire éd., Paris, 1998).

Les états d’âme des sous-mariniers US
En septembre 1942, le COMSUBPAC de l’US Navy avait quelque raison de jalouser les succès des submersibles français, anglais et même hollandais. Alors que, par exemple, le Français Sidi Ferruch s’était vu surnommé « le tueur de porte avions », les sous-marins américains allaient parfois jusqu’à tirer tout leur stock de torpilles Mk 14 sur un cargo à l’arrêt sans qu’aucune n’explose ! C’est pourquoi les commandants des sous-marins firent parvenir à Nimitz un mémo où ils réclamaient presque littéralement la tête des ingénieurs du BuOrd (Bureau of Ordnance : département des munitions).
Rappelons que la Mk 14 était une arme récente. Elle avait des maladies de jeunesse, mais les ingénieurs américains avaient réussi l’exploit peu courant de réunir dans une seule torpille tous les défauts potentiels, en partie pour avoir voulu trop bien faire.
Toucher une cible avec une torpille suppose de ne pas lancer celle-ci trop profondément, mais il existe des avantages indéniables à faire passer la torpille à la plus grande profondeur possible : elle souffre moins de l’effet perturbateur des vagues, la traînée de bulles apparaît plus loin derrière sa véritable position et surtout elle peut passer sous les protections anti-torpille (bulbes, compartimentages…) des plus lourds navires. Mais le plus efficace des coups est de réussir à faire exploser la torpille, non sur le flanc du navire, mais juste sous la coque, ce qui envoie toute l’énergie dégagé droit dans la quille et brise littéralement la colonne vertébrale de n’importe quel bâtiment. Pour cela, les Américains avaient conçu un dispositif techniquement très en avance : un détonateur magnétique. Un tel détonateur réagit à la présence d’une masse importante de métaux ferreux, ou plus exactement à la perturbation que provoque cette masse (un navire par exemple !) sur le champ magnétique local. Cette perturbation comprend une composante verticale et une composante horizontale en fonction de la position par rapport au nord magnétique. Malheureusement, le détonateur Mk 6 avait été conçu pour réagir aux perturbations horizontales du champ magnétique, qui sont plus facilement détectables au pôle magnétique, alors que la guerre du Pacifique se déroulait principalement bien loin de là, sous l’équateur. Remarquons à la décharge des ingénieurs américains que Britanniques et Allemands se heurtèrent à des difficultés du même ordre. Reste que le Mk 6 des torpilles opérationnelles souffrait à la fois d’un mauvais réglage de la sensibilité par rapport aux prototypes et aux torpilles d’essai à la suite de tests approximatifs, d’instruments de mesure de la profondeur mal adaptés, d’un contrôle de qualité défaillant et d’une compréhension fragmentaire des phénomènes hydrostatiques. Ces faiblesses furent détectée dès les tests de la Frenchman’s Bay, en mai 1942, mais ne furent pas corrigées avant l’intervention personnelle de l’amiral King, à l’automne.
En attendant, les commandants de sous-marins se mirent à désactiver leurs merveilleux détonateurs magnétiques et réglèrent la profondeur à l’ancienne, pour que leurs torpilles frappent le flanc de leurs cibles et explosent grâce à leur détonateur mécanique. Mais malgré un détonateur magnétique désactivé et une profondeur correcte, les torpilles s’entêtèrent à ne pas fonctionner ou plutôt à toucher leur cible sans exploser. Le malheureux commandant du SS Wahoo est resté célèbre pour avoir vu quatre de ses torpilles atteindre sans exploser les flancs d’un pétrolier poussif. Bien qu’écumant de rage, il garda juste assez de sang-froid pour conserver sa dernière torpille en vue d’examen.
La source du problème fut cette fois rapide à détecter : le détonateur mécanique de la rapide Mk 14 était une copie parfaite de celui de l’ancienne et lente Mk.4. L’écart de vitesse entre 33,5 et 46,3 nœuds doublait presque la puissance du choc, ce qui écrasait littéralement les guides métalliques du percuteur à l’impact et l’empêchait de remplir sa tâche. C’est pourquoi la torpille fonctionnait mieux (si elle touchait) lorsque le sous-marin tirait dans de mauvaises conditions de visée, car elle subissait un choc moins violent lorsque l’angle de tir, donc l’angle d’impact, s’éloignait de 90°.
Aiguillonnés par les succès de leurs alliés, les sous-mariniers américains allaient finir par retrouver des “instruments de travail” corrects à partir de fin décembre 1942, mais auparavant, ils allèrent chercher un soutien moral du côté de ce que nous nommons aujourd’hui les opérations spéciales.

Sous-marins et commandos
La réussite parfaite (sur le plan tactique du moins) de l’opération de Makin, en août, avait donné des idées à beaucoup, de même que les coups d’audace des Japonais contre Panama et les ports de la côte nord-est des Etats-Unis.
Le raid devait initialement viser les voies de communication japonaises dans l’isthme de Kra pour soulager Singapour et même (en faisant diversion) les îles Salomon, mais la résistance alliée à l’extrémité de la péninsule malaise s’effondra fin septembre. L’état-major néerlandais proposa alors l’idée d’un raid sur le terminal pétrolier de Palembang, au sud-est de Sumatra. La neutralisation espérée du terminal pétrolier devait forcer les Japonais à accentuer l’utilisation d’autres terminaux, notamment Kuching, permettant de concentrer les sous-marins alliés dans ces zones. De plus, si l’idée de soulager Singapour avait disparu avec la chute de la forteresse, une attaque contre Sumatra permettrait peut-être de soutenir et de ravitailler plus facilement les maquis de Java et pourrait faire craindre aux Japonais une offensive de plus grande ampleur menée à partir des bases alliées de l’Océan Indien. Mais l’opération fut finalement rejetée en raison de la situation de Palembang, trop loin à l’intérieur des terres.
L’idée fut cependant retenue pour être adaptée à un double raid contre les raffineries de Tarakan (sur l’île du même nom de la côte est de Bornéo) et de Bandjarmasin (sur la côte sud-est de Bornéo, à l’embouchure du fleuve Barito), associé à une campagne sous-marine en mer des Célèbes.
La plus grosse opération spéciale alliée de ce type, finalement baptisée opération Banana , eut effectivement des répercussions notables sur le cours de la guerre du Pacifique.
Pour les planificateurs alliés, il n’y avait pas pléthore d’effectifs. Le commandement fut évidemment américain, l’US Navy apportant la majorité des unités, mais il fallut monter de toutes pièces des commandos ayant chacune leur spécificité et leur mission. Si les raiders américains de l’opération de Makin étaient tout désignés et fournirent le gros des troupes, les Français, ne voulant pas être en reste, formèrent un commando Marine qui devait se charger de l’aérodrome japonais, ce qui entraîna par la suite la naissance de deux traditions dans l’histoire des “cocoyes”. Toutes les unités furent évidemment accompagnées par des Hollandais connaissant le terrain, officiers de l’Armée des Indes Néerlandaises (dont certains étaient dans le civil des ingénieurs de la Royal Dutch Shell) et sous-officiers indigènes ; ces hommes devaient rester sur place une fois les troupes repliées afin de mener des missions de renseignement et animer les réseaux de résistance locaux.
Sur le plan naval, le cœur du dispositif était américano-français, avec les Narwhal, Nautilus et Surcouf pour Tarakan et l’Argonaut pour Bandjarmasin. Le Diamant fut chargé de miner l’embouchure du Barito. Les Hollandais fournirent leur seul sous-marin opérationnel à ce moment, l’O-23, qui devait servir de pilote dans le delta du Barito.
A ces unités s’ajoutèrent des submersibles britanniques et américains chargés de profiter de la confusion en Mer des Célèbes et en mer de Chine Méridionale, ainsi que le Casabianca, qui devait faire partie des patrouilles établies au nord de Bornéo, avant de monter vers l’Indochine débarquer des agents et des armes pour les maquis indochinois. C’est le chef mécanicien du “Casa” qui mit au point, pour les moteurs hors-bord des embarcations des commandos, un échappement que l’on n’entendait pas à 50 mètres.
Sur place, le manque de motivation des forces locales pour défendre la puissance colonisatrice lors du débarquement japonais avait laissé craindre le pire. Certains rapports au moment de l’installation des Japonais avaient même laissé entendre que les autochtones avaient dénoncé, voire massacré eux-mêmes, quelques Européens réfugiés dans la jungle. Heureusement pour les Alliés, les Japonais s’étaient rapidement aliéné la population. Violences diverses, travail forcé, réquisitions et parfois viols étaient le quotidien des habitants. Les premières victimes furent les commerçants d’origine chinoise, qui créèrent rapidement un véritable réseau de guetteurs qui les prévenaient du moindre déplacement des garnisons japonaises.
En revanche, le Bunkentai du Kempetai, section locale du contre-espionnage japonais, se montrait très actif, récompensant par exemple le moindre renseignement portant sur les quelques Hollandais qui avaient réussi à prendre le maquis lors de l’invasion.
………
Mi-novembre, le sous-marin USS Bass déposa à Bali une mission mi-OSS mi-hollandaise avec une radio à longue portée. Sa tâche principale fut de déterminer avec exactitude l’emplacement des champs de mines protégeant les passes permettant de passer de l’Océan Indien dans la Mer de Java, grâce à l’aide de quelques pêcheurs qui avaient observé la pose des mines et le marquage du chenal et dont quelques collègues avaient payé au prix fort une erreur à ce sujet. Ils soulignèrent le manque d’entretien de ce champ de mines et le départ de presque tous les patrouilleurs.
………
Nous ne nous étendrons pas sur le déroulement des opérations terrestres, qui ont fait l’objet de plusieurs livres dans trois langues. Insistons sur le fait que, malgré toute sa préparation, cette opération ne fut finalement un succès que parce que les Japonais n’avaient jamais envisagé une action de ce type aussi loin au cœur de leurs conquêtes.

Banana 1 contre Tarakan
Le 20 décembre, jour J, les Narwhal, Nautilus et Surcouf débarquèrent sur l’île de Tarakan cent vingt Raiders et soixante commandos Marine entraînés au sabotage et à l’infiltration. Une équipe transportant des “mines flottantes” fabriquées à partir de plastic, d’un détonateur à retardement et d’un flotteur devait mettre hors d’état d’un coup à l’heure H tout le réseau de pipe-lines et de chargement du terminal. Une autre devait attaquer la raffinerie et faire exploser le vapocraqueur. Enfin, les Français devaient s’en prendre à l’aérodrome ou plutôt aux appareils de patrouille maritime, car il était certain qu’une fois donné le coup de pied dans la ruche, les frelons marqués de l’Ino Maru s’élanceraient, furieux : ces appareils étaient la principale menace pour les submersibles. Les sous-marins devaient bombarder les installations côtières trente minutes après les premières explosions, pour aider les équipes à se retirer vers leurs sites de recueil.
La faible garnison de Tarakan (environ un millier d’hommes) n’avait pour tâche que d’aider à l’exploitation des puits et à l’entretien de l’aérodrome et surtout de maintenir la pression sur la population pour empêcher les activités de guérilla et les sabotages – certes pas de s’opposer à une attaque menée par des soldats d’élite dotés de mortiers et de mitrailleuses. Ses forces étaient dispersées en faibles postes de garde souvent privés de radios ou même de téléphone et répartis le long des oléoducs et des têtes de puits. Quant à l’aérodrome, sur lequel le black-out était tout relatif, les appareils étaient groupés près des quelques hangars pour faciliter leur surveillance, leur maintenance et leur ravitaillement.
Comme il était à craindre, les assaillants furent découverts avant l’heure H, mais les Japonais ne purent en tirer parti. Le groupe d’attaque des oléoducs tomba sur plusieurs postes de garde. Si trois tombèrent presque sans bruit, le quatrième eut le temps de tirer une fusée éclairante qui provoqua l’envoi de trois camions chargés de fantassins qui pensaient se lancer à la poursuite de saboteurs et tombèrent dans une embuscade qui les cloua au sol. Pendant ce temps, le commando Marine attaquant l’aérodrome ouvrait le feu de ses mortiers sur les appareils aimablement rangés aile dans aile, sur les dépôts de carburant et de munitions et sur les hangars. Paradoxalement, ce fut l’équipe infiltrée le plus en profondeur, celle de la raffinerie, qui réussit le mieux sa mission puisqu’elle ne fut détectée qu’au moment de son rembarquement (le vapocraqueur avait alors sauté depuis longtemps) ; elle subit alors ses seules pertes : trois morts et quelques blessés. Les obus des quatre 6 pouces et des deux 203 mm des sous-marins ne firent qu’ajouter à la confusion et aux destructions.

Banana 2 contre Bandjarmasin
L’opération au sud fut plus complexe à mettre en œuvre, alors qu’il ne s’agissait que d’une diversion destinée à donner aux Japonais l’impression qu’aucune de leurs installations pétrolières n’était à l’abri. La région était gouvernée par des responsables de la Marine Impériale, dont l’approche vis-à-vis de la population était plus “diplomatique” que celle de l’Armée. Les Alliés purent cependant disposer de renseignements sur les défenses côtières, l’hydrobase et les champs de mines. Le terminal et les installations de raffinage se trouvaient à une vingtaine de kilomètres dans les terres, aux abords de la ville, déjà assez importante à cette époque. Il aurait fallu que l’Argonaut s’engage dans l’estuaire du Barito pour bombarder efficacement et recueillir les équipes. L’O-23, envoyé en éclaireur, s’aperçut vite que ce serait impossible sans être repéré ou sans s’échouer.
Le commando fut donc déposé par l’Argonaut à l’est du delta du Barito la veille du jour J. Il devait remonter la rive opposée au terminal et bombarder celui-ci avec trois mortiers de 81. Les hommes du commando devaient ensuite rester sur place pour soutenir l’embryon de résistance locale. L’Argonaut devait se contenter de bombarder les positions côtières et l’hydrobase à l’ouest du delta, pour faire diversion.
Le Diamant était chargé de poser un champ de mines à l’embouchure du fleuve sur le trajet des pétroliers.
Lorsque l’information sur le bombardement de l’hydrobase finit par remonter jusqu’à l’état-major local, celui-ci l’interpréta comme une action des maquis locaux et envoya des renforts par voie terrestre. Quelques minutes après, des obus de mortier se mirent à tomber sur les raffineries, semant consternation et affolement bien que leur effet matériel fût limité.

Terminal coulé !
Le bilan de la nuit fut largement positif.
A Tarakan, l’aérodrome fut à peu près neutralisé, éliminant ainsi la menace aérienne immédiate sur les sous-marins, qui purent se replier avec la majeure partie des commandos. La raffinerie fut mise hors service pour plus d’un an. A la fin de la guerre, sa production n’avait toujours pas retrouvé son niveau de novembre 1942. Le terminal fut paralysé pendant plus de deux mois et par la suite, les Japonais furent obligés d’y envoyer des pétroliers charger du brut qu’ils transportaient ensuite pour raffinage à Kuching ou Palembang (ou parfois au Japon), immobilisant ainsi un précieux potentiel. En tout, les commandos n’avaient eu qu’une soixantaine de morts et blessés.
Le résultat des bombardements de la région de Bandjarmasin fut bien plus modeste du point de vue matériel, mais notable du point de vue psychologique. Il conduisit par exemple les Japonais à durcir leur comportement vis-à-vis de la population, coupable de n’avoir dénoncé ni le commando ayant attaqué la raffinerie… ni celui supposé responsable du bombardement de l’hydrobase !
Cependant, c’est dans cette région que les Alliés subirent leur perte principale – l’Argonaut heurta une mine alors qu’il naviguait en surface. Gravement endommagé, il dut être sabordé. Cependant, après avoir recueilli son équipage, le Diamant et l’O-23 réussirent à regagner leur base.
Dans les escarmouches navales qui suivirent en Mer de Chine Méridionale, Mer de Java et Mer des Célèbes, alors que les Japonais dispersaient leurs escorteurs à la recherche de croiseurs fantômes, les sous-marins alliés et les mines du Diamant coulèrent cinq cargos (dont un adjugé au Casabianca), deux pétroliers (dont un, en cours de chargement à Bandjarmasin au moment de Banana 2, sauta sur une mine du Diamant) et un escorteur, forçant l’IJN à puiser dans ses réserves pour renforcer les escortes ASM dans ce secteur.
Néanmoins, après la perte de l’Argonaut et le retour du Surcouf au port pour de nouveaux réaménagements jusqu’en juillet 1943, ce type d’opération amphibie fut délaissé.
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loic
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MessagePosté le: Mer Déc 25, 2013 12:33    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
25 décembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Milne Bay – La reconquête
Les troupes australiennes qui arrivent à la base des petits navires italiens de Milne Bay

italiens ???
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En principe (moi) ...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Déc 25, 2013 13:44    Sujet du message: Répondre en citant

loic a écrit:
italiens ???


Heu non, bien sûr, japonais. Excès de champagne hier soir, je pense. Embarassed
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Archibald



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MessagePosté le: Mer Déc 25, 2013 14:33    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
La Swastika Rouge, malgré son nom peu rassurant pour un Occidental, est en réalité une organisation caritative chinoise fondée en 1922 sur le modèle de la Croix Rouge internationale : la swastika (dextrogyre notamment) n’est-elle pas, en Asie, symbole de bonheur et de paix ?


On en apprend tout les jours avec la FTL... c'est comme l'aviation finlandaise. Non, la croix gammée sur fond bleu, ça n'en fait pas des alliés de la Luftwaffe. Ca date de 1918 et du comte Suédois Von Rosen (parrain de la toute jeune force aérienne)... dont c'était l'emblême personnel !
Un Hurricane avec une croix gammée, y a qu'en Finlande qu'on voit ça...
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"Au fond, comme chef de l'État, deux choses lui avaient manqué : qu'il fût un chef ; qu'il y eût un État" (De Gaulle à propos d'Albert Lebrun, 1944).
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"La Meuse, ça ne m'intéresse pas" Gamelin à Corap, mars 1940.
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MessagePosté le: Mer Déc 25, 2013 20:48    Sujet du message: Répondre en citant

juste quelques détails concernant cette version finale du raid sur Tarakan Very Happy

j'imagine que la date du 20 décembre va etre intègrée à la chrono principale

ce serait bien qu'il y ait une phrase qui fasse le lien avec la suite et donne la filiation :
commando d'infanterie de marine du pacifique, recruté eventuellement parmi un bataillon d'infanterie de marine du pacifique, et qui donnera plus tard un regiment d'infanterie de marine du pacifique (à 2 bataillons Crying or Very sad )

bref qu'il y ait l'acronyme BIMP qui traine qq part Wink

comme chef, je propose broche, comme otl
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MessagePosté le: Mer Déc 25, 2013 22:02    Sujet du message: Répondre en citant

Pour l'accroche au 20 décembre, c'est déjà fait, lis avec plus d'attention le post précédent Wink
Pour le BIMP, OK, j'ajoute.
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GAULLISTE 54



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MessagePosté le: Jeu Déc 26, 2013 01:34    Sujet du message: Répondre en citant

Archibald a écrit:
Citation:
La Swastika Rouge, malgré son nom peu rassurant pour un Occidental, est en réalité une organisation caritative chinoise fondée en 1922 sur le modèle de la Croix Rouge internationale : la swastika (dextrogyre notamment) n’est-elle pas, en Asie, symbole de bonheur et de paix ?


On en apprend tout les jours avec la FTL... c'est comme l'aviation finlandaise. Non, la croix gammée sur fond bleu, ça n'en fait pas des alliés de la Luftwaffe. Ca date de 1918 et du comte Suédois Von Rosen (parrain de la toute jeune force aérienne)... dont c'était l'emblême personnel !
Un Hurricane avec une croix gammée, y a qu'en Finlande qu'on voit ça...


La sœur de sa femme est également connue pour avoir trompé son mari avec un certain ancien as de l'armée de l'air allemande de la Première Guerre Mondiale dénommé Hermann Goering qui l'épousera en 1923 !

Comme quoi l'Histoire est plein de détails assez cocasses !
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Toute ma vie je me suis fait une certaine idée de la France !
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sting01



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MessagePosté le: Jeu Déc 26, 2013 05:25    Sujet du message: Répondre en citant

Archibald a écrit:
Citation:
La Swastika Rouge, malgré son nom peu rassurant pour un Occidental, est en réalité une organisation caritative chinoise fondée en 1922 sur le modèle de la Croix Rouge internationale : la swastika (dextrogyre notamment) n’est-elle pas, en Asie, symbole de bonheur et de paix ?


On en apprend tout les jours avec la FTL... c'est comme l'aviation finlandaise. Non, la croix gammée sur fond bleu, ça n'en fait pas des alliés de la Luftwaffe. Ca date de 1918 et du comte Suédois Von Rosen (parrain de la toute jeune force aérienne)... dont c'était l'emblême personnel !
Un Hurricane avec une croix gammée, y a qu'en Finlande qu'on voit ça...


Un petite confirmation, alors qu'il est choquant de voir des croix gammes partout en thailande, il faut en verifier l'orientation, car cela est un symbole boudhiste multimilleniaire (qui en fait fut importe de Chine, et non pas de l'Inde) qui a une signification positive (extremement positive). L'autre (qui tourne de droite a gauche) etant bien une creation originale du petit brun a la moustache, et aucune relation n'existe entre les deux dans la religion boudhiste.
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c'est pas fait pour les francois.

Anscarides je suis ne,
heritier de la Comte je serai.
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patzekiller



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MessagePosté le: Jeu Déc 26, 2013 07:58    Sujet du message: Répondre en citant

je devais pas etre frais quand j'ai lu tout ça Laughing
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Anaxagore



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MessagePosté le: Jeu Déc 26, 2013 09:50    Sujet du message: Répondre en citant

On trouve des svastikas en Europe dès l'antiquité sur des frises grecques, et sur des vases en bronze celte, des décors de phalère, des fourreaux d'épées etc...
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Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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Tyler



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MessagePosté le: Jeu Déc 26, 2013 16:55    Sujet du message: Répondre en citant

Très intéressants ces inédits chinois de la part d'Hendryk!
Tuer Wang Jingwei... C'est basé sur de l'OTL ou une conséquence FTL du renforcement du KMT en fin 42 qui peut envisager sereinement de règler quelques comptes ?
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Ven Déc 27, 2013 09:31    Sujet du message: Répondre en citant

Si Tchang veut faire assasiner son ancien rival, il ferait mieux de ne pas trainer! Wang Jingwei n'a pas une excellente santé, et il part se faire soigner au japon au printemps 1944 pour y mourrir quelques mois plus tard! Et je doute qu'on puisse l'atteindre une fois sur l'archipel.!
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"Au jeu des trônes, il n'y a que des vainqueurs et des morts, il n'y a pas de demi-terme". La Reine Cersei.
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Merlock



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MessagePosté le: Ven Déc 27, 2013 19:24    Sujet du message: Répondre en citant

sting01 a écrit:
L'autre (qui tourne de droite a gauche) etant bien une creation originale du petit brun a la moustache, et aucune relation n'existe entre les deux dans la religion boudhiste.

Certes, mais certains allumés en on trouvé pour nous, des relations: si tu veux te marrer un coup fait une recherche avec "Hitler", "bataillon tibétain" et "SS", et tu en liras d'énormes... Rasta
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chasseur de Vincennes



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MessagePosté le: Ven Déc 27, 2013 20:47    Sujet du message: Répondre en citant

Bonne et heureuse année à tous

"cocoys" est le surnom des Fusiliers commandos de l'Air uniquement. Donc dans le contexte du passage, où l'auteur désigne (si j'ai bien compris les "deux traditions") les commandos de la marine et ceux de l'armée de terre, il vaut mieux ne pas l'utiliser.

Une source OTL pour les opérations de renseignement et de destruction dans cette zone: War by stealth - Australians and the Allied Intelligence bureau 1942 -1945
Alan Powell Melbourne University Press
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