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Texte intégral Asie-Pacifique Novembre 42
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Oct 13, 2013 08:54    Sujet du message: Texte intégral Asie-Pacifique Novembre 42 Répondre en citant

Novembre 1942
2 – La guerre du Pacifique
Batailles d’usure

1er novembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– L’attaque américaine commence, comme prévu, aux premières lueurs du jour, par un bombardement des positions japonaises connues de la ligne dite de la Matanikau. Peu après le début du bombardement, les hommes du 6e Régiment (le plus frais des cinq régiments de Marines qui se trouvent à ce moment sur l’île) entament un vaste mouvement tournant par le massif du Mont Austen, dans le secteur de Gifu. Le massif en question, dont la toponymie est aussi imprécise que celle des cours d’eau de l’île, est en fait une succession de collines et de ravins. Dès que l’altitude s’élève un peu, ces reliefs sont couverts, non plus de jungle, mais d’herbes kunai si hautes que deux patrouilles ennemies peuvent se croiser sans se voir à quelques dizaines de mètres de distance.
A l’échelle de Guadalcanal s’installe une lente guerre de mouvement. Les unités américaines progressent, se heurtent à de petits détachements japonais, subissent des pertes, repoussent ou éliminent le détachement qui les ralentit, repartent prudemment…
Les pertes sont importantes de part et d'autre. Les Américains comptent de nombreux blessés, souvent atteints aux jambes, ce qui semble confirmer la rumeur qui affirme que les Japonais sont de moins en moins capables de lever leurs fusils. De fait, si les Marines ont beaucoup de malades, les Japonais en ont bien plus encore, en raison de l’effondrement progressif de leur logistique et du manque de médicaments antipaludéens. Leurs positions sont de plus en plus souvent tenues par des hommes positionnés là où ils sont pour l’unique raison qu’ils sont incapables d’aller plus loin.

Truk – Pendant que d’importants travaux de fortifications sont en cours à la base de Rabaul, les discussions tactiques vont bon train à l’état-major de la Marine Impériale dans le Pacifique Sud-Ouest. Pour les amiraux japonais, les divisions de quatre croiseurs sont désormais inadaptées aux opérations de nuit. Elles semblent pouvoir être avantageusement remplacées par des divisions de deux croiseurs lourds, plus maniables et accompagnées d’un escadron ou d’une division de destroyers, pour une plus grande puissance de torpillage (1). La 6e Division (les quatre croiseurs de Goto) a déjà été dissoute, après la destruction d’un de ses navires (le Kinugasa) et les dommages infligés à deux autres (Aoba et Kako). La 7e Division (commandée par Kurita jusqu’au 20 juin et par Nishimura depuis) est coupée en deux : Goto (encore mal remis de ses blessures du 9 août : il a notamment un bras en écharpe) prend le commandement d’une nouvelle 6e Division, avec les CA Mogami et Mikuma ; Nishimura conserve une 7e Division à présent composée des CA Kumano et Suzuya (tous quatre sont de clase Mogami, avec 10 x 8 pouces et 12 tubes lance-torpilles).
En dehors de ces quatre bâtiments, la flotte japonaise compte dix autres croiseurs lourds classiques : les Atago, Chokai et Takao (classe Takao, 10 x 8 pouces, 8 tubes lance-torpilles), les Ashigara, Haguro, Myoko et Nachi (classe Myoko, 10 x 8 pouces, 8 tubes lance-torpilles) et les Aoba, Furutaka et Kako (classe Aoba, 6 x 8 pouces, 8 tubes lance-torpilles). Il faut y ajouter les Tone et Chikuma, en cours de conversion en navires polyvalents, croiseurs lourds anti-aériens porte-hydravions (ils porteront alors 4 x 8 pouces, 16 x 5 pouces DP, 12 tubes lance-torpilles et 5 hydravions, plus un équipement radar de pointe – pour les Japonais). Tous ces navires ont des tubes lance-torpilles pour Longues Lances et tous emportent une recharge de torpilles.
Le total – seize croiseurs lourds – est certes impressionnant, mais le premier navire de renfort de ce type n’est prévu que pour mars 1944…

La guerre sino-japonaise
Des bombes sur le Soleil Levant
Chungking (Tchoung-king)
– Avant de quitter la capitale du KMT, Wendell Willkie ouvre une grande réunion d’état-major interalliée, à laquelle Madame Tchang participe en tant que ministre de l’aviation chinoise (tandis que son mari en est ostensiblement absent).
L’US Navy demande à la ROCAF et à la CATF d’envoyer les B-17 nouvellement arrivés en Chine effectuer un raid sur les chantiers navals japonais pour y surprendre les grands bâtiments de l’IJN qui s’y trouvent en cale sèche. Cette requête provoque le premier débat sérieux faisant intervenir les décideurs chinois dans la planification de l’offensive de bombardement stratégique prévue contre le Japon.
Opposés à la proposition des marins, les responsables de l’USAAF défendent vigoureusement leur point de vue : il faut chercher à obtenir le meilleur “rapport qualité-prix” des futurs bombardements, autrement dit les plus grandes destructions pour chaque dollar dépensé en bombes (« Best bang for buck »). Il s’agit, expliquent les aviateurs, de savoir ce qui est à la fois important et vulnérable dans la machine de guerre japonaise. Leur réponse (comme toujours) est la suivante : les usines aéronautiques, de moteurs d’abord, de cellules ensuite ! Les Japonais ont en effet construit des usines très centralisées, donc d’une très grande surface au sol. Comme ces usines sont (pour le moment) peu ou pas défendues, ce sont des cibles faciles dont l’atteinte pourrait avoir des effets très importants. En revanche, les chantiers navals sont bien défendus, les navires en cale sèche sont des cibles difficiles à atteindre et une réussite occasionnelle n’aurait que des effets limités. De plus, si la destruction d’une usine de moteurs d’avions serait positive pour l’ensemble des services et des nations alliées (US Navy et USAAF, Etats-Unis, Chine, Grande-Bretagne, Australie, France), celle d’un navire n’intéresserait vraiment que l’US Navy…
Mme Tchang intervient alors (comme elle l’avait fait en 1939 après la destruction de la première ROCAF et son remplacement par un corps expéditionnaire soviétique) pour reconnaître que, si elle est politiquement responsable des B-17 chinois, elle ne peut prétendre en exercer le contrôle opérationnel. Comme le général Hutton devait l’observer sans fard dans ses souvenirs de guerre, « Mme Tchang ne devait pas être dans son assiette ce jour-là, car elle n’était pas femme à accepter facilement de céder le moindre contrôle sur quoi que ce fût ! » Cependant, elle fait observer qu’au niveau stratégique, la Chine doit avoir son mot à dire pour le choix des objectifs ! Or, les avions japonais frappent sans pitié les populations chinoises depuis de longues années et frapper leurs usines lui semble une bonne idée.
Les participants à la réunion finissent par s’accorder sur un projet d’attaque des usines aéronautiques japonaises. Il est même prévu de passer à des bombardements de nuit utilisant des bombes incendiaires lorsque la défense aérienne japonaise se sera renforcée (le compte-rendu officiel de la réunion précise que cette décision est prise à l’instigation de Mme Tchang, alors que la suggestion est en réalité venue d’un officier chinois). Ces attaques nocturnes devront viser des zones abritant de nombreux sous-traitants de l’industrie aéronautique, qui sont aussi des zones très peuplées, ce qui n’échappe pas à Mme Tchang. « En lançant beaucoup de bombes incendiaires sur ces secteurs, observe-t-elle, de nombreux Japonais pourraient bien brûler vifs dans leurs lits ! » Une lettre de Chennault rapporte que tous les Occidentaux présents sont frappés de stupeur par l’expression extatique qui se peint à ce moment sur son visage.


2 novembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– La bataille dite de Gifu se poursuit. Les Marines grimpent le matin, se battent, mais sont obligés de ralentir voire de s’arrêter l’après-midi, non tant à cause des Japonais que du fait de la chaleur et du manque d’eau. Miséricorde du ciel, les pluies intermittentes qui tombent tous les après-midis ou presque aident les deux camps à reconstituer leurs réserves d’eau.

Truk – Le grand cargo Onoe Maru, endommagé le 22 octobre devant Rabaul et partiellement réparé, est sur le point d’entrer dans le lagon où il doit achever sa remise en état quand il est torpillé par le sous-marin américain Flying Fish. Cette fois, le transport n’en réchappe pas, mais le Flying Fish, repéré par un avion de patrouille, est coulé par les escorteurs japonais après quatre heures de chasse.

La guerre sino-japonaise
Tchang touche les dividendes
Chungking (Tchoung-king)
– A peine Willkie parti, Tchang Kai-chek prononce un grand discours radiodiffusé vantant les réformes politiques et les accords signés ou en passe de l’être avec les Occidentaux sur la restitution des concessions. Grâce aux nombreux récepteurs installés par les Américains dans les principales villes contrôlées par le KMT, une partie importante de la population chinoise est ainsi informée ; la crédibilité de Tchang en est fortement accrue.


3 novembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– La bataille de Gifu se prolonge. Les deux camps s’obstinent et les obus de Pistol Pete continuent de perturber les opérations d’Henderson Field. La précision du tir japonais est très médiocre, mais l’aérodrome est tellement surchargé d’appareils en tous genres que le harcèlement cause de réels dommages.
De leur côté, l’artillerie américaine est souvent réduite à tirer un peu au hasard sur des concentrations supposées. Bien plus efficaces sont les tirs d’interdiction visant les pistes connues, qui aggravent considérablement l’état déjà catastrophique du ravitaillement des premières lignes japonaises.

Ironbottom Sound – Iishi, sur la G-352 et accompagné des G-1 et G-3, est surpris par les PT-39, PT-45 et PT-60 alors qu’il piste quelques bateaux de la RNZN. Les vedettes américaines ont profité de grains de pluie pour approcher sans être vues ; elles mitraillent les G-1 et G-3, qui ont plusieurs morts et blessés, mais elles sont repoussées par l’intensité du tir de la G-352.
Effarés par les calibres utilisés par les Japonais, les commandants américains en parlent au commandant de la base de Tulagi, un Australien. Celui-ci envoie un appel urgent à Sydney, réclamant des canonnières Fairmile D (familièrement surnommés “Dogboats”). Bien qu’ayant ses propres problèmes dans les eaux birmanes, la Royal Navy répond rapidement et décide d’envoyer dans les Salomon toutes les canonnières à vapeur disponibles. Cette classe s’est montrée trop fragile pour la Mer du Nord, mais s’est très bien comportée lors de l’opération Pedestal, dont deux sont revenues. Leur taille, leur tenue à la mer et leur rayon d’action en font des bateaux bien adaptés aux grands espaces du Pacifique, pourvu qu’elles soient utilisées comme des torpilleurs (à la mode des années 1890) plutôt que comme des vedettes lance-torpilles des années 1940. La construction de cette classe est donc poursuivie. Ces canonnières se voient cependant ajouter quelques plaques de blindage léger, qui réduisent légèrement leur vitesse mais les rendent moins vulnérables.
L’envoi de ces vedettes s’ajoute aux autres efforts des Britanniques pour renforcer la marine australienne : après le transfert à la RAN du croiseur léger Jamaica, rebaptisé Brisbane, les deux vieux croiseurs légers Danae et Dragon ont été envoyés à Port Moresby pour appuyer les opérations prévues pour reprendre Milne Bay.

Note
1- Un escadron se compose d’une division de destroyers (trois ou quatre en général) et d’un croiseur léger.
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patzekiller



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MessagePosté le: Dim Oct 13, 2013 09:26    Sujet du message: Répondre en citant

pendant qu'on y est...
face aux bombardement chinois, l'armee va perdre la face, un peu comme la marine l'avait fait l'année précédente avec le raid doolitle/surcouf
la priorité en 43 va donc etre conquérir les bases de ces bombardiers en chine CQFD il va rester bien peu de troupes pour la birmanie ou l'Indochine.
quand on connait la suite (birmanie et DBP, sans parler de Guadalcanal) les troupe des indes néerlandaises risquent de se sentir bien seules...
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Wil the Coyote



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MessagePosté le: Dim Oct 13, 2013 12:51    Sujet du message: Répondre en citant

Sacré navire les canonnières Fairmile D...Ishi va devoir faire attention....
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Finen



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MessagePosté le: Dim Oct 13, 2013 17:36    Sujet du message: Re: Texte intégral Asie-Pacifique Novembre 42 Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Celui-ci envoie un appel urgent à Sydney, réclamant des canonnières Fairmile D (familièrement surnommés “Dogboats”). Bien qu’ayant ses propres problèmes dans les eaux birmanes, la Royal Navy répond rapidement et décide d’envoyer dans les Salomon toutes les canonnières à vapeur disponibles


Ces deux phrases laissent penser que les Fairmile sont des bateaux à vapeur or elles sont propulsés par 4 moteurs essence totalisant 5000 CV:
pour info et rappel du site: http://lemairesoft.sytes.net:1944/pages/page.aspx?univid=119807

Donc soit il y a d'autres canonnières qui peuvent être citées en note, soit il faut supprimer la mention "à vapeur".

Par ailleurs, il est agréable de se plonger dans le contexte asiatique si mal connu de la plupart des gens et ce à tous points de vue.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Oct 13, 2013 17:44    Sujet du message: Répondre en citant

@ Finen : tu as raison, le texte est trompeur - en réalité, la demande porte sur des Fairmile D et la réponse c'est, à la place, l'envoi des MTB à vapeur. Je corrige.
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MessagePosté le: Lun Oct 14, 2013 04:47    Sujet du message: Répondre en citant

Les 9 unités de Steam Gun Boat (SGB) de la RN sont parmi les petits navires côtiers les plus intéressants jamais construits, et avec un look d’enfer en plus, ce qui ne gâte rien. Avec deux turbines à vapeur développant 8.000cv, on devait facilement se prendre pour le maitre du monde, à la barre d’un tel vaisseau. Il s’agissait d’unités optimisées ‘Canon’ surtout destinées à engager les unités adverses afin de permettre à leurs cousines MTB de mener à bien leurs attaques à la torpille.

Il parait que l’une d’entre elles existe toujours et est une propriété privée amarrée sur un plan d’eau en Angleterre.

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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Oct 14, 2013 08:44    Sujet du message: Répondre en citant

Si mes comptes sont bons, il devrait arriver 5 SGB dans le SOPAC fin décembre. Avis aux amateurs : leurs aventures attendent un rédacteur !
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Oct 14, 2013 08:58    Sujet du message: Répondre en citant

4 novembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Milne Bay
– Arrivée de douze LVT américains neufs d’un nouveau modèle, venus de Nouvelle-Zélande avec leurs équipages, composés de volontaires des US Marines. Ils commencent immédiatement à s’exercer avec l’artillerie et les transports d’infanterie Mk X, pour perfectionner leur technique et s’habituer à leur rôle de transport d’artillerie.

Région de Buna – La 21e Brigade commence à se mettre en route vers Soputa à partir de ses positions avancées à Popondetta. Les Japonais ont endommagé la piste de Popondetta, mais elle a étépartiellement réparée : de petits avions (comme des Tiger Moth) peuvent s’y poser et des avions de transport peuvent y parachuter du ravitaillement, ce qui a été très utile pour préparer l’offensive.
Le Brigadier Potts dispose de trois bataillons, les 2/14e, 2/16e et 2/27e. Le 2/27e doit mener l’attaque, couvert par le 2/14e sur son flanc sud. En pointe, le 2/27e avance rapidement, débordant les positions japonaises à Hihonda, à moins de deux kilomètres de Soputa. Ce n’est qu’à moins de 800 mètres du bourg que les Australiens se heurtent à des lignes de défenses solides, très bien camouflées. Ces positions sont défendues par des nids de mitrailleuses dont les feux croisés impénétrables infligent de lourdes pertes à la compagnie de tête.
A ce moment, Potts a la surprise d’apprendre que les Japonais contre-attaquent avec l’aide de blindés, car on ignorait qu’il y en avait dans le secteur. Ce sont une dizaine de chars légers Ha-Go débarqués par l’Okinoshima Maru. Mais le pire est qu’ils sont soutenus par l’artillerie. L’attaque est brutalement brisée et le 2/27e est obligé de se replier de 500 mètres. Mais c’est au tour des contre-attaquants d’être surpris, car l’infanterie australienne laisse passer les chars pour pouvoir s’en prendre aux fantassins qui suivent.
C’est alors que les Japonais apprennent que d’autres Australiens les ont pris à revers. C’est le 2/14e, qui a traversé deux petits cours d’eau, Hihonda Creek et Middle Creek, puis a passé la Girua, franchi 1 500 mètres de marais et repassé la Girua pour apparaître sur l’arrière des positions japonaises, coupant la piste Jumbora-Soputa-Ango. Les premiers éléments du 2/14e sont arrêtés à moins de 250 mètres de la dernière voie de retraite japonaise, la piste Soputa-Sanananda. Dans la confusion, le commandant en chef des troupes de la région de Buna, le général Horii, est tué. Son état-major réagit malgré tout très vite et rappelle les blindés pour bloquer l’attaque du 2/14e et permettre aux 450 défenseurs d’évacuer Soputa et de se replier de cinq kilomètres, jusqu’aux positions préparées à la “tête de piste” de Killerton.

Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Au soir du quatrième jour de la bataille de Gifu, les Marines ont perdu près de quatre cents hommes (moins de cent morts, mais deux cents blessés et au moins cent coups de chaleur et insolations). Les Japonais ont une centaine de tués et de blessés graves. En échange, les Américains ont gagné du terrain, mètre par mètre, sur l’aile droite japonaise.
………
Ironbottom Sound – Dans la nuit, les deux croiseurs lourds de Goto, accompagné du Jintsu et des destroyers de Tanaka, bombardent les positions alliées. Les MTB américaines tentent d’attaquer Goto, mais sont repoussées. Le sous-marin de garde dans la baie ne parvient pas à repérer les Japonais, car la visibilité est très médiocre.
Pendant ce temps, un petit convoi de péniches atteint la base japonaise de Lambi Bay. Grâce à l’utilisation d’un grand nombre de petits navires prenant le relais des cargos pour la dernière étape, le système logistique japonais est au point, mais s’il peut à peu près ravitailler les garnisons des Salomon en nourriture et en munitions pour les armes légères et l’artillerie de campagne, il ne peut rien apporter de plus lourd et il reste très consommateur de mazout.
De leur côté, entre deux convois importants, les Alliés continuent de faire la navette entre Nouméa et Guadalcanal avec des destroyers convertis ou des croiseurs légers.


5 novembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Buna
– La perte de Soputa est un désastre tactique pour les Japonais. Le général Horii avait prévu de défendre la zone délimitée par Jumbora au nord-ouest, Soputa au centre et le triangle Arigo-Siremi-Dobodura au sud-est, grâce aux pistes qui les relient et devaient permettre à ses chars de se porter sur les points menacés. La prise de Soputa a détruit cet édifice. Les Japonais doivent maintenant se reposer sur les embarcations livrées par l’Okinoshima Maru, qui peuvent, sous la protection des avions venus de Lae, assurer les communications entre Gona, Buna et Dobodura le long de la côte.
Mais alors que les Japonais, sachant que toute une division est en train de franchir les montagnes, s’attendent à une attaque sur un large front, les plans de Vasey sont tout autres. N’ayant ni artillerie, ni blindés et l’aviation ennemie dominant le ciel, il ne peut prétendre utiliser un marteau-pilon et a décidé de tenter un coup de poignard. Chaque composante de la 7e Division AIF a un rôle à jouer. La 21e Brigade (Potts – 2/14e, 2/16e et 2/27e) a pour objectif de percer au centre des positions japonaises et de s’emparer de Sanananda. La 25e Brigade (Eather – 2/25e, 2/31e, 2/33e et 2/1er Pionnier) doit ensuite s’emparer de Buna et la 18e Brigade (Wootten – 2/9e, 2/10e et 2/12e) doit enfin prendre Gona.
Pendant ce temps, la 30e Brigade, c’est à dire ce qui reste de la 39e AMF et de la 49e AMF, doit tenir Kokoda, former les unités qui traversent les monts Owen Stanley et protéger l’aérodrome. En effet, Kokoda est quotidiennement la cible de raids de Ki-48 (Lily) escortés de Ki-43 (Oscar) : il faut camoufler et disperser à l’écart des pistes les dépôts, l’hôpital et la zone administrative de la garnison.
Enfin, la 14e Brigade reste à Port Moresby pour protéger la zone.

Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Dans la matinée, les Américains atteignent la crête dite du Galloping Horse, cinq à six km au sud de Pointe Cruz, et découvrent qu’elle est défendue par une ligne de petits bunkers. Ces positions sont fort bien situées, mais leur camouflage est loin d’être parfait, puisque les herbes ont dû être fauchées pour dégager des champs de tir. Les éliminer sera difficile, mais au moins sait-on où se trouve l’adversaire !
Les premières reconnaissances montrent que la ligne de défense japonaise est très forte de front, mais qu’elle semble s'arrêter à la limite des crêtes.
………
Ironbottom Sound – Un hydravion Swordfish de reconnaissance observe les activités japonaises à Lambi Bay. Il est chassé par une violente DCA, mais la base japonaise a été repérée.
De son côté, Iishi voit avec joie arriver des renforts: la vedette lance-torpilles G-354, les vedettes lance-torpilles légères G-10 et G-11 et la canonnière H-15. Elles s’ajoutent aux G-1, G-3, G-352 et G-353, qui ont toutes plus ou moins souffert les semaines précédentes.

Pacifique Central
Tarawa
– Quatre G4M guidés par un H8K attaquent un cargo de 7 660 GRT au nord-est des Fidji. Touché par cinq bombes, le transport coule, non sans avoir abattu l’un des G4M.

Campagne d’Indochine
Saigon
– Tout ne va pas pour le mieux en Indochine. C’est la conclusion de la rencontre organisée à la représentation japonaise entre M. Kuriyama, son secrétaire général, l’ambassadeur Yoshizawa et le général Tyo.
Le principal problème est posé par les Hautes Terres, ce qui comprend pratiquement tout le nord du Laos, le nord-ouest du Tonkin et la chaîne annamite : la région est aux mains des Français et de leurs alliés indochinois, qui menacent Vinh, Tham-Hoo et même Hanoï.
Une vaste zone autour d’Attopeu (Laos), Komtum, Kon Plong, Mai Ke et Pleiku (Vietnam), est plus ou moins contrôlée par les communistes vietnamiens. Les garnisons côtières de Quang Ngai jusqu’à Qui Nhon sont isolées et ne peuvent plus être ravitaillée que par air ou par mer. Les routes et les voies ferrées sont impraticables, sabotées ou trop dangereuses du fait des embuscades.
Dans la région de Saigon, la situation n’est pas non plus sous contrôle. La région de la pointe Ke Ga ainsi que les villes de Phan Thiet et Bien Hoa sont en pratique aux mains des communistes. Au nord-ouest de Saigon, à cheval sur la frontière du Cambodge, la région de Syay Rleng est aussi une base des communistes.
Après la prise de Saigon, les Japonais ont fait de gros efforts pour pacifier le delta. Au bout de neuf mois de guérilla, le delta proprement dit est conquis, mais trois régiments des forces régulières – levés en hâte lors de la bataille de Saigon – se sont retranchés dans la pointe de Ca Mau. Ils tiennent un front qui s’étend depuis la ville de Rach Glia jusqu’à Ca Mau. Leur résistance ne s’explique pas tant par leurs canons de campagne de 75 et leurs quelques 47 mm antichars que par les souterrains qu’ils ont creusés dans l’argile latéritique. En séchant, celle-ci devient dure comme la pierre. Le système de tunnels comprend des dépôts, des ateliers, des dortoirs et des hôpitaux. En dépit de condition d’hygiène très précaires, les tunnels, solides et très bien camouflés, sont à peu près inexpugnables. Les entrées sont si étroites qu’il faut y pénétrer un par un et que tout assaillant, arrivant ainsi au compte-gouttes, tombe dans des pièges ou des embuscades.
Les défenseurs sont ravitaillés, certes plus mal que bien, par un réseau complexe qui descend le Mékong, avec la complicité de quelques fonctionnaires thaïlandais installés au Cambodge et l’aide des communistes qui quadrillent la région au nord de Saigon.


6 novembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Buna
« Après Soputa, le lieutenant-général Hitoshi Imamura, commandant l’armée de la Huitième région, commença à avoir quelques doutes quant à l’idée même de tenir ce secteur. En effet, il n’avait tout simplement pas assez de troupes pour suffire à toutes les tâches qui lui incombaient. L’Armée Impériale commençait à être exagérément étirée dans tout le Pacifique, alors même que l’accroissement graduel des capacités militaires chinoises commençait à limiter ses possibilités d’action. Imamura avait cependant un atout, sa puissance aérienne, avec des appareils modernes et un réseau de bases de bonne qualité.
Les quelques centaines d’hommes récemment arrivés avaient renforcé le 144e Régiment (colonel Yazawa), qui en avait bien besoin. En plus de ce régiment, les forces japonaises dans le secteur de Buna-Gona-Sanananda comprenaient le 41e Régiment et quelques petites unités indépendantes (dont la dizaine de chars amenés par l’Okinoshima Maru). L’ensemble était commandé par le colonel Yokoyama, qui avait remplacé le général Horii après la mort de celui-ci. Au total, il y avait là 7 500 hommes – bien peu pour une région si vaste. »
(C. Mathieu, L’Armée Impériale japonaise dans la Seconde Guerre Mondiale)
En face, la situation des Australiens n’est guère plus enviable. Peu de ravitaillement, pas assez d’artillerie et pas de chars. Transporter l’artillerie par voie de terre à travers les Owen Stanley est carrément impossible. Du coup, ses propres mortiers sont le seul appui que puisse espérer l’infanterie. Car le soutien aérien ne peut lui être garanti, les aviations de l’Armée et de la Marine japonaises dominant le ciel.
Dans ce domaine, l’aide des Alliés est encore très réduite. Les Britanniques font déjà de leur mieux. Les Français ont envoyé des bombardiers en piqué, mais ils ne peuvent faire plus. C’est évidemment du côté de l’USAAF que les Australiens se tournent, mais les Américains consacrent l’essentiel de leur effort à l’Europe et, dans le Pacifique, la Nouvelle-Guinée se trouve au bout d’une très longue chaîne stratégique dont tous les maillons demandent à être renforcés, à commencer par l’Australie elle-même. Les unités de l’USAAF qui parviennent à se déployer dans la région (pour la plupart dans le Queensland) doivent passer par Port Moresby pour intervenir. C’est une escale dangereuse, car elle est fréquemment la cible de raids japonais et le ravitaillement en essence des grands B-17 les rend très vulnérables. En résumé, la RAAF est pour l’essentiel livrée à elle-même.
Dans ces conditions, face à des maîtres des tactiques défensives, sachant construire et utiliser des fortifications de campagne, les Australiens sont obligés d’être inventifs. C’est ainsi qu’il est décidé de démonter des canons de 25 livres et de les envoyer par avion jusqu’à Popondetta. Aucune attaque ne sera possible sans ces armes. Afin de les transporter, le choix se porte sur les derniers Handley-Page Harrow, pour la robustesse de leur construction et leur aile haute. Pourtant, ces vieilles machines peuvent à peine emporter les segments les plus lourds des canons ! Pour éviter les mauvaises rencontres, elles arriveront au crépuscule et s’enfuiront à l’aube ; entretemps, les infatigables Lodestar hollandais apporteront munitions et servants, tous les avions repartant chargés de blessés et de malades. Les 25 livres arriveront ainsi à dix ou douze kilomètres de leur cible, distance qu’ils devront parcourir grâce aux bras de l’infanterie. Ce transfert est organisé de façon très primitive – par exemple, la piste est éclairée par des feux de branchages entourés de talus de terre.

Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– L’assaut de la ligne de défense japonaise commence. Le manque de cartes précises rend l’appui d’artillerie très aléatoire, mais les Marines entament méthodiquement l’élimination des bunkers de la crête du Cheval au Galop. Ils commencent par le sud et remontent le long de la ligne.
La manœuvre, largement facilitée par le fait que les bunkers, creusés dans la pente même, sont souvent aveugles de flanc, consiste le plus souvent – après un difficile apprentissage… – à remonter sur la crête, à y laisser un groupe pour éviter toute surprise et à attaquer le bunker par l’arrière. Un groupe équipé d’un ou deux BAR couvre les issues pendant que deux ou trois hommes rampent vers les accès pour lancer des grenades ou des charges de démolition. Les défenseurs tentent souvent de repousser les attaquants par une pluie de grenades, mais un nombre surprenant d’entre elles n’explosent pas. Les tirs de mortier de 50 mm sont de moins en moins denses, essentiellement par manque de munitions.


7 novembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Lae
– L’aviation de l’Armée Impériale dans la région est en pleine réorganisation. Au 12e Hikodan (1er et 11e Sentais de chasse), équipé d’une centaine de Ki-43 Hayabusa (Oscar), s’est ajouté le 5e Sentai, équipé d’une vingtaine de chasseurs lourds Ki-45 Toryu (Nick) et de quelques Ki-46 (Dinah) de reconnaissance (Dokoritsu Hiko Chutai).
Les Ki-43 sont en cours de remplacement par les Ki-44 Shoki (Tojo), dont les premiers exemplaires sont arrivés à Rabaul en septembre. Ce nouveau chasseur est bien plus rapide que le Hayabusa, mais il est moins maniable, au point que les Japonais vont décider, après les premiers combats, de confier les nouveaux avions à des pilotes peu expérimentés, car les habitués du Ki-43 ont du mal à profiter de ses points forts et cherchent au contraire encore le combat tournoyant. Huit appareils sont arrivés à Rabaul en septembre pour évaluer l’adaptation au climat tropical et les premiers éléments du 14e Hikodan (68e et 78e Sentais) les ont suivis en octobre. Début novembre, le Ki-44 a commencé à être déployé à Lae.

Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Les Marines poursuivent l’attaque des bunkers de la crête de Galloping Horse. Eux ne galopent pas, loin de là, puisque leurs assauts s’arrêtent toujours à la mi-journée, faute d’eau à boire. Et la nuit, les Japonais ripostent par l’envoi de petites équipes qui s’infiltrent dans les lignes américaines, coupent les lignes téléphoniques et perturbent le ravitaillement des éléments avancés des Marines.

Truk – Arrivée des six premiers G3M3 équipés de radars opérationnels, qui doivent aller opérer de Rabaul. Ces appareils du 850e Hikotai sont accompagnés par deux L3Y2 apportant des mécaniciens et des techniciens radar et trois radars Lichtenstein, les premiers envoyés hors du Japon. Ces radars doivent équiper trois des huit J1N de chasse de nuit basés à Truk (et déjà dotés d’armes tirant en oblique de type Shrage Musik), mais l’adaptation de l’électronique et l’entraînement des équipages se révèleront impossibles en raison du manque de matériel et de personnel qualifié ; techniciens au sol et équipages devront être renvoyés à Tokyo pour y être formés au laboratoire de recherche de l’Université de Physique.
De fait, les équipages des six G3M3 ont été formés au Japon (douze autres appareils du 850e Hikotai sont à l’entraînement, mais l’unité ne sera pas au complet avant avril 1943). Leur radar est un Type H-6, fabriqué au Japon avec le concours des Allemands de Gemma et Telefunken. Le résultat est un appareillage de bonne qualité pour l’époque, mais dont l’efficacité souffre gravement du manque de personnel qualifié en électronique dans l’aviation de la Marine comme de l’Armée Impériale. Les conseillers envoyés par la Luftwaffe au début de 1942 s’en sont d’abord étonnés, estimant ces appareils faciles à entretenir, mais il est vite apparu que ce que les Allemands considèrent comme des personnels simplement compétents en radio-électronique est rarissime dans les forces japonaises en 1942.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Oct 15, 2013 15:11    Sujet du message: Répondre en citant

8 novembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Port Moresby
– Le port est attaqué tous les deux ou trois jours par une douzaine de bombardiers accompagnés de nombreux chasseurs. Qu’il s’agisse d’appareils de l’Armée ou de la Marine japonaise, ces raids cherchent à user les forces de chasse de la RAAF. Cependant, la DCA locale (redoutable, surtout pour l’époque) oblige les Japonais à bombarder à haute altitude, donc avec peu de précision, et le tonnage de bombes déversé n’est pas tel qu’il menace gravement le fonctionnement du port ou de l’aérodrome, même si ces bombardements font de réels dégâts. Comme l’expliquera par la suite l’Air Vice-Marshall Goble : « Pour nous, c’était un choix. Nous aurions pu utiliser toutes nos forces pour défendre plus efficacement Port Moresby et laisser Milne Bay et la Papouasie se débrouiller, mais nous avons préféré accepter des pertes au sol et apporter un certain appui aux offensives de l’Armée – malheureusement, nous n’aurions pas pu faire les deux. »

Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– L’attaque du 6e Rgt de Marines est suspendue sur l’ordre du général DeCarre, commandant la 2e Division USMC. Les hommes sont épuisés et au bout d’une semaine de combats, les progrès ont été très limités.
Cependant, côté Japonais, l’heure n’est pas aux réjouissances. Dysenterie et malaria font plus de victimes que les balles américaines. Le général Kawagushi est informé que les trois quarts de ses hommes ont l’une ou l’autre de ces maladies – ou les deux. Dans ces conditions, ils peuvent se défendre, accrochés à leurs postes de tir, mais attaquer est inimaginable.
Bien entendu, les morts de maladie seront étiquetés « morts au combat » pour des raisons d’honneur et d’indemnisation des familles (d’autant plus qu’un mort au combat est automatiquement promu au grade supérieur), mais cela ne résout pas les problèmes des survivants.
Parmi ces problèmes, le fait que l’aviation alliée rend coup pour coup à “Pistol Pete”. Pendant que les Wildcat défendent Henderson Field contre les raids plus ou moins quotidiens des Betty venus de Rabaul, les Dauntless se jettent sur tout ce qui flotte dans le Slot et les P-39 ou P-400, venus en voisins, patrouillent à basse altitude au-dessus de la zone tenue par les Japonais, mitraillant tout ce qui bouge…
« Chaque jour, la Cactus Air Force (appellation absolument pas officielle) perdait des avions sous les obus ou sous les bombes, ou en combat aérien, mais chaque jour, elle recevait en moyenne cinq avions de renfort. Et le solde, presque tous les jours, était positif… Seule l’activité de “Pistol Pete” risquait de mettre en danger ce bilan, d’où l’offensive lancée par les Marines dans l’intérieur des terres.
Hélas, les renforts étaient tous américains. Nos braves H-87 s’étaient épuisés à la tâche. Les Américains, ravis de notre performance, avaient proposé à notre petite phalange de lui fournir des Wildcat, « sans rien dire au GQG », et nous avions accompli un certain nombre de missions sur ces appareils piratés. Mais aujourd’hui l’ordre tombait d’en haut : les personnels français étaient repliés sur Nouméa pour rééquipement.
Quand Henderson Field disparut sous les ailes du Dakota qui nous emportait, mon compteur personnel était arrêté à 27 victoires. »
(Yvon Lagadec, op. cit.)
………
Iles Salomon – Les G3M3 du 850e Hikotai équipés de radars commencent à patrouiller de nuit autour de Guadalcanal, repérant les allées et venues d’un certain nombre de navires alliés. Cependant, le petit nombre d’appareils disponibles implique qu’il va falloir du temps aux Japonais pour se faire une idée précise de ce trafic.
Au crépuscule, quatre Whitley de la RAAF bombardent Lambi Bay, provoquant plusieurs violentes explosions secondaires. Les bombardiers s’échappent sans pertes.

La guerre sino-japonaise
La nouvelle armée chinoise
Chongqing (Tchoung-king)
– Le général Chen Cheng est officiellement nommé commandant en chef des forces alliées en Chine. Cette décision est applaudie tant par le général Wavell, en Inde, que par le général Wedemeyer. Roosevelt et Churchill envoient leurs félicitations à Tchang Kai-chek pour cette décision, promettant un appui accru pour les opérations offensives prévues vers la mi-1943.
Le général Hsueh Yueh, le vainqueur de Changsha, se voit proposer le choix entre la retraite et l’intégration de toutes ses forces (dont la moitié sont des troupes de seigneurs de la guerre) dans l’Armée Nationale Révolutionnaire, lui-même étant nommé commandant de la Zone de Guerre de Chine du Sud. « Le Kuo-Min-Tang estime que le temps des seigneurs de la guerre est passé, lui explique Chen. Il a donc été décidé d’offrir à tous les hommes qui, comme vous, ont montré leurs qualités de chef militaire, les meilleures places au commandement de l’ANR, pourvu bien sûr qu’ils comprennent les valeurs de la Chine que nous construisons. » Yueh n’est pas seulement un général habile, c’est aussi un patriote chinois : après une réflexion bienséante de quelques jours, il accepte. « J’ai vu ce que nos forces pouvaient faire, avec l’aide de votre matériel, dira-t-il plus tard à Wedemeyer (dont la 41e DI-US et ses unités d’appui poursuivent, par petits paquets, leur voyage des Etats-Unis en Chine et leur concentration près de Chongqing). Je pense que, pour la première fois depuis deux siècles, nous pouvons mettre la Chine à l’abri des invasions. »
Pendant ce temps, l’ANR continue de réduire ses effectifs et d’améliorer ses capacités combatives selon ce que le général Chen appelle la stratégie du bambou. « Nous améliorons d’abord la qualité de nos réserves centrales, explique-t-il à Wedemeyer, et seulement ensuite celles de nos forces sur le front. Ainsi, quand les Japonais regardent à leurs pieds, ils peuvent voir que la forêt de bambous pousse lentement, mais même en levant la tête, ils ne peuvent s’apercevoir que les bambous poussant sur une crête éloignée croissent bien plus vite. »
La plus puissante unité de l’ANR, la fleur de ses réserves centrales, est la fameuse 200e Division Blindée. Fin 1942, elle compte 170 véhicules blindés, dont 84 chars dignes de ce nom, plus un régiment d’infanterie mécanisée, un régiment de cavalerie, un d’artillerie et un du génie (2). Chen a même prévu, avec quelque optimisme, la formation de trois autres divisions blindées, les 201e, 202e et 203e – quoique la plupart de leurs véhicules n’existent encore que sur le papier et que les autres soient des engins fatigués de provenances variées.
Parmi les changements engagés par Chen, le principal est le plus élémentaire : chaque soldat possède une arme individuelle, des chaussures (en général, des sandales en caoutchouc de pneu) ainsi qu’un uniforme très simple et un paquetage minimal (en dehors de l’arme, le tout est le plus souvent fabriqué en Inde).
« Autre changement élémentaire mais capital : celui de l’intendance, chargée de répartir entre les unités le matériel occidental. L’intendance de la nouvelle ANR devait être principalement composée par des Chinois “de l’étranger”, venus notamment de l’Empire Britannique, et par des employés du Service des Douanes Chinoises (Chinese Customs Service) (3) – c’était une exigence anglaise, exprimée avec diplomatie et acceptée avec… une certaine hypocrisie. La corruption dans le système fut ainsi réduite à de faibles proportions. Hélas, cette réduction devait s’entendre selon les standards chinois de l’époque… Le ver était dans le fruit depuis bien trop longtemps pour un traitement rapide et radical de la maladie. Néanmoins, les réformes ainsi entreprises permettraient au Kuo-Min-Tang d’apparaître, à la fin de la guerre, comme le seul représentant sérieux de la Chine. Cette apparence masquait une situation quelque peu différente, mais jusqu’à la fin des hostilités contre le Japon, les exigences de la défense contre de l’Armée Impériale et la pression exercée par les Occidentaux allaient concourir à maintenir l’illusion. » (D’après Jack Bailey, Canberra University Press : Birth of Modern China, 1996)
Quoi qu’il en soit, à la fin de 1942, la puissance de l’ANR sera nettement supérieure à ce qu’elle était un an plus tôt.

Trois hommes dans un QG
Ambassade de France, Chongqing
– C’est à une heure fort matinale qu’arrive dans la capitale de Chang Kai-Chek un camion poussiéreux qui ressemble à tous les GMC qui parcourent inlassablement la Route de Birmanie. Il se gare devant le bâtiment qui fait office d’ambassade française depuis le mois dernier, au grand étonnement de la sentinelle en poste, qui ne s’attendait pas, un dimanche et si tôt, au moindre mouvement devant ce morceau de France en terre de Chine. Mais ce qui descend de l’arrière du camion va couper le souffle de la sentinelle, qui rectifie la position et se fige dans un présentez-armes nerveux : un général, un vrai, avec trois étoiles ! Le général de division Charles Mast arrive dans la capitale provisoire chinoise pour prendre son poste de conseiller du chef d’état-major général des forces armées chinoises, le général Chen Cheng. C’est le dernier arrivé d’un triumvirat allié destiné à soutenir la réforme de l’armée chinoise et dont la mise en place a été décidée mi-septembre.
Dès le 30 septembre est arrivé à Chongqing le Major-General William C. Crane. Il vient de l’état-major du Southern Defense Command (organisme de l’US Army chargé de la défense des côtes des états du Golfe du Mexique), mais ce n’est pas à cette fonction, somme toute secondaire, qu’il doit sa place (et sa toute neuve promotion). De fait, Crane a été attaché militaire au Japon entre 1933 et 1937, et cette expérience le qualifie particulièrement, a-t-on pensé à Washington, pour aider la Chine à lutter contre le Soleil Levant.
Un autre ancien attaché militaire au Japon est arrivé à Chongqing en octobre. Le Major-General G.T. Wards, officier d’état-major au QG du général Wavell, a été en poste au Japon de 1937 à 1941 (d’abord comme assistant de l’attaché militaire puis comme attaché militaire en titre, son prédécesseur ayant affiché des opinions un peu trop pro-japonaises). Wards sera le numéro 2 de Crane dans la hiérarchie des conseillers alliés auprès de Cheng.
Le général de division Charles Mast (promu lui aussi à l’occasion de son affectation, juste après Wards) connaît déjà Crane, puisqu’il a comme lui été attaché militaire au Japon, de 1932 à 1937. Il n’était encore que brigadier lors de la funeste campagne du printemps 40, qui vit sa capture par l’ennemi. Evadé en compagnie du général Juin en avril 1942, il a occupé, après un débriefing et des congés bien mérités, un poste subalterne au GQG à Alger. Il s’est vite senti à l’étroit et s’est porté volontaire dès qu’il a appris la nomination prochaine de conseillers militaires alliés auprès de l’état-major chinois. Le Général a donné son feu vert, d’accord avec Noguès, qui a estimé que ce serait une bonne expérience pour Mast avant d’occuper, peut-être, des fonctions plus actives en Asie du Sud-Est.
Mast n’est évidemment pas venu seul. Outre une petite dizaine de traducteurs, secrétaires et gardes (certains remplissant parfois les trois rôles), son compagnon de route le plus notable est le lieutenant-colonel Raoul Salan. Depuis la fin de la campagne d’Afrique Orientale, en 1941, il végétait au poste de chef du renseignement à l’état-major du commandement supérieur en AOF. Une situation intolérable pour l’ancien ministre de tutelle de Salan, Georges Mandel, poids lourd du cabinet Reynaud, qui a fortement suggéré à Blum (aux Affaires étrangères) et à De Gaulle (à la Guerre) que Salan ferait un attaché militaire parfait à l’ambassade de France en Chine. Le Général a grogné – pour une raison qui échappe à Mandel, il n’a pas l’air d’apprécier Salan. Mais Mandel l’a convaincu en soulignant que la Chine, c’était vraiment très loin…
Le poste d’attaché militaire à Chongqing, a expliqué Mandel à Salan, doit être vu comme un paravent pour collaborer étroitement avec Mast, tout en nouant avec les décideurs chinois des liens comme ceux qui ont été noués avec les Ethiopiens. « La France ne peut peser très lourd, pour l’instant, dans cette région du monde. Mais en attendant que l’Allemagne soit vaincue, toutes les informations sur les forces en présence doivent être recueillies dès maintenant, à la fois en Chine, où nous avons encore des intérêts… et en Indochine, bien sûr ! » a précisé l’ancien ministre aux Colonies.
Le voyage qui s’achève aujourd’hui a été homérique. Après un parcours en avion semé de nombreuses escales, la petite troupe s’est trouvée bloquée à Chandernagor, dix jours plus tôt. Alors que l’avion faisait son point fixe avant de décoller, l’un des moteurs a été détruit par une explosion évidemment criminelle. L’avion étant au sol, ce sabotage maladroit n’avait pas eu d’autre conséquence que de rendre l’appareil inutilisable. Le temps pour Salan et les gendarmes locaux de démêler un complot mené par une poignée d’hurluberlus doriotistes et les militaires français prenaient le train pour Imphal, les Anglais ayant bizarrement été incapables de fournir un avion convenable en temps utile. D’Imphal, toute l’équipe a pris la route pour Chongqing à bord d’un camion GMC inconfortable, mais fiable. « J’ai vu pire lors de mon évasion » a commenté Mast, philosophe. Le camion n’est arrivé à destination qu’au matin du jour même de la nomination du général Chen Cheng comme commandant en chef des forces alliées en Chine, le même général qu’il est censé conseiller.
C’est donc fraîchement et surtout rapidement rasé, dans un uniforme épousseté en hâte, que le général Charles Mast se rend à la cérémonie officielle.


9 novembre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Port Moresby
– Neuf Ki-44 du 1er Sentai menés par le capitaine Gosuke Ohta escortent trois Ki-21 sur Port Moresby. Ils sont interceptés par 10 Hurricane IIc du Sqn 77. Bien positionnés par l’opérateur radar au sol, les Hurricane abattent les trois bombardiers, mais sont contre-attaqués par les Shoki, furieux d’avoir vu les Ki-21 se faire détruire avant de pouvoir esquisser un geste. Consternés, les pilotes des Hurricane découvrent qu’ils ne peuvent s’échapper en piquant, comme ils en ont l’habitude contre les Ki-43, et que ce nouveau chasseur japonais est bien mieux armé (quatre 12,7 mm au lieu de deux) et qu’il est plus résistant (il possède un blindage, très inhabituel à l’époque sur les chasseurs japonais). Trois Australiens sont abattus contre un seul Japonais, qui s’écrase sur les hauts-fonds au nord du port. Trois autres Hurricane, criblés de balles, sont inutilisables, et deux Ki-44, endommagés, vont se poser à Wau. En dépit de la perte des bombardiers, les Japonais sont ravis, car la supériorité de leur nouveau chasseur sur le Hurricane est apparue très nette.

Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Si l’attaque des Marines par l’intérieur a cessé, il est évident, pour les Japonais, que ce n’est que provisoire. Le front a maintenant la forme d’une équerre, avec une branche nord-sud entre la mer et le massif du Mont Austen, et une branche est-ouest, dans les collines. Pour tenir la branche est-ouest, les Japonais ont engagé le gros de leurs réserves.
Plus grave, leurs quelques unités du génie n’ont aucun moyen pour ouvrir une piste vers leurs positions les plus avancées, et ils n’ont de toute façon que peu ou pas de véhicules. De ce fait, près de la moitié des hommes valides sont utilisés pour transporter les munitions et le ravitaillement qui arrive plus ou moins irrégulièrement par mer. Quant aux malades, ils commencent à faire des paris morbides sur l’espérance de vie des plus atteints, selon les symptômes. Ne peut plus tenir debout : trois semaines. Fait ses besoins sur lui : une semaine. Délire : deux jours.
………
Ironbottom Sound – Un convoi de sept péniches atteint Tassafaronga sans incident, couvert par les vedettes d’Iishi. Cependant, celui-ci est mécontent : pendant qu’il joue les escorteurs, il ne peut plus attaquer le trafic allié…
Au même moment, la vedette PT-48, en patrouille solitaire, attaque un convoi japonais de trois petits transports et torpille un chalutier de 350 GRT, qui explose avec une boule de feu qui aurait honoré un croiseur (il était chargé d’obus de mortier). Les deux patrouilleurs d’escorte, des Cha, ripostent, mais sans succès. Un peu plus tard, un hydravion Swordfish endommage à la bombe un second transport, mais ce dernier parvient à accoster à Lambi Bay avec l’autre survivant et 500 tonnes de ravitaillement sont déchargées.
Cependant, dans la matinée, les Dauntless d’Henderson Field retrouvent et coulent les deux caboteurs.

La guerre sino-japonaise
Le premier bombardement stratégique du Japon
Nagoya
– A la grande consternation de l’état-major japonais, seize B-17F (huit de la ROCAF et huit de la CATF) venant de Chungking effectuent une audacieuse attaque en plein jour sur Nagoya. Ces machines ont été spécialement modifiées pour emporter jusqu’à 4 000 lb de bombes (3 000 seulement lors de ce raid) et un gros réservoir supplémentaire fixé sous chaque aile, entre le moteur interne et le fuselage. Les avions ont fait escale la veille au soir sur un terrain de fortune au sud de Nanchang, à près de 2 000 km de leur objectif – l’extrême limite avec cette charge de bombes. Ils ont décollé bien avant l’aube et ont largué leurs réservoirs supplémentaires une fois le carburant qu’ils contenaient épuisé.
A Nagoya, ils doivent attaquer les usines aéronautiques Akashi (moteurs et cellules), qui représentent la totalité de la production japonaise de moteurs Ha-40. La formation a suivi un trajet trompeur et n’a pas été identifiée comme ennemie par le système de défense aérienne des îles nippones, encore squelettique, avant d’être parvenue sur l’objectif. Attaquant par beau temps et sans la moindre opposition, les avions effectuent un bombardement à haute altitude parfait – il est vrai qu’il est difficile de rater la cible, qui occupe une surface très étendue. Légèrement construits, les bâtiments souffrent beaucoup du souffle des explosions ; du fait de la surprise, personne ne s’est mis à l’abri et les pertes humaines sont nombreuses. Si les machines-outils sont moins atteintes que l’état de dévastation des bâtiments peut le laisser supposer, les dommages sont sévères et les lignes de production du Ha-40 très endommagées : 50% des ateliers sont détruits et 30% endommagés. La fabrication du moteur Ha-40 sera totalement interrompue pendant deux mois.
Les chasseurs Ki-43 décollant de Nagoya sont incapables de rattraper les B-17, qui volent trop haut pour eux.
L’honneur de la chasse de l’Armée va être sauvé par des Ki-61 Hien (Tony), dont les premiers exemplaires sont opérationnels depuis septembre. Ce nouveau chasseur a d’abord souffert du manque de fiabilité de son moteur Ha-40 (dérivé du Daimler-Benz DB-601 et premier moteur en ligne à équiper un avion de combat japonais produit en série), mais au début de 1942, l’assistance d’ingénieurs allemands pour le contrôle qualité dans les usines et la modification de certains composants a permis de résoudre la plupart des problèmes. L’avion n’a pas été débarrassé de tous ses défauts – sa pompe à injection reste peu fiable et impose un entretien minutieux et très régulier – mais il a été mis en service. Son armement relativement lourd (quatre 12,7 mm au lieu de deux pour le Ki-43 (4)) en fait aussi un meilleur appareil de défense du Nippon contre les bombardiers américains.
Au-dessus de Kitakyushu, les Hien rattrapent les B-17 ; l’un de ceux-ci est endommagé et les intercepteurs, s’acharnant sur lui, réussissent à l’abattre près de Sasebo. Tous les membres de l’équipage sont tués. Mais à ce moment, un nouveau choc attend les Japonais, peut-être plus violent que celui des bombes : l’équipage de l’appareil abattu, qui appartient à la ROCAF, est entièrement composé de Chinois ! Les papiers trouvés sur les morts révèlent que ces hommes sont récemment rentrés en Chine après un entraînement suivi aux Etats-Unis et en Inde ; ce vol était leur première mission offensive.
Dans la nuit, quatre autres B-17 reviennent bombarder l’usine, en se guidant sur les lueurs des incendies. En l’absence de chasseurs de nuit dans la région, ils n’ont aucune perte.
Les Américains congratulent publiquement leurs alliés chinois, mais en privé, ils sont moins ravis. Beaucoup estiment que cette attaque est prématurée. Ils soupçonnent que Madame Tchang est pour beaucoup dans l’organisation de ce coup d’audace et de propagande, qui lui rapporte de juteux dividendes politiques. Il est d’ailleurs probable que la redoutable Madame Tchang n’est cette fois qu’une couverture pour le Généralissime. Cependant, l’impact sur le moral chinois est assurément très positif et l’état-major américain se fait une raison.
A Tokyo, l’état-major japonais est épouvanté. Il réalise qu’en concentrant la production des moteurs d’avion dans quelques usines géantes, il a rendu son outil de production très vulnérable à ce type de bombardement. Mais il n’y peut plus grand-chose, sinon lancer en hâte un programme de construction de murs anti-souffle et espérer qu’il n’y aura pas d’autre raid.
La principale usine de Ha-40 ainsi dévastée, des cellules sans moteur de Ki-61 Hien vont vite s’accumuler dans les dépôts de l’aviation de l’Armée Impériale. C’est un sérieux revers pour l’IJAAF, qui espérait bien faire rapidement de cette machine son nouveau chasseur standard. Il semble que le raid ait coûté l’équivalent de quatre mois de production.
« Pour relancer celle-ci, l’Armée dut même corriger une de ses erreurs. En effet, beaucoup d’ouvriers de chez Akashi avaient été mobilisés. Il fallut bien admettre qu’ils étaient plus utiles à Nagoya qu’en Chine et ces hommes furent rappelés à l’usine. Cependant, plutôt que de les démobiliser, l’Armée Impériale prit la décision étrange (pour un Occidental du moins) de les remettre à leur poste de travail en uniforme, ce qui n’alla pas sans créer des tensions entre les ouvriers.
Les effets des dégâts subis par l’usine Akashi auraient été encore pires si les Allemands n’avaient pas envoyé au Japon au début de 1942 des machines-outils permettant de monter une ligne de production de moteurs DB-601F. Celle-ci, installée près de Nagano, compensa en partie le déficit en Ha-40 à partir du début de 1943. Le DB-601 s’avéra si satisfaisant que Kawasaki décida d’interrompre le développement du moteur Ha-140, qui s’annonçait mal parti. Néanmoins, les DB-601F, rebaptisés par Kawasaki Ha-40F, ne furent jamais aussi fiables que les moteurs fabriqués en Allemagne – la “dilution” de la force de travail qualifiée et la détérioration progressive des contrôles qualité se traduisirent par une durée de vie des Ha-40F inférieure de 30 % à celle des DB-601F.
Par ailleurs, le Ha-40F était trop lourd pour remplacer le Ha-40 dans le Ki-61 tel qu’il était. Les ingénieurs de Kawasaki furent donc conduits à poursuivre les travaux entrepris dans la perspective de l’utilisation du Ha-140 pour renforcer la cellule de l’appareil, qui fut dénommé Ki-61-II. »
(D’après C. Mathieu, L’Armée Impériale japonaise dans la Seconde Guerre Mondiale)


Notes
2- 1er (Hu Hsien-chun) et 2e Régiments Blindés (chacun à 18 chars Valentine et 24 chars Stuart) ; 598e Régiment d’Infanterie Mécanisée (sur camions escortés de 12 chars légers Mk VIc) ; 200e Compagnie antichar indépendante (12 Mk VId à canon de 2 livres en tourelle ouverte) ; 200e Régiment de Reconnaissance (32 Mk VIc) ; 200e bataillon de patrouille routière (32 automitrailleuses Marmon-Herrington) ; 200e Régiment du Génie (Li Shu-cheng) ; 200e Régiment d’Artillerie à 24 canons de 75 mm américains (Chu Mo-chin) ; 200e Régiment de Cavalerie (350 cavaliers).
3- Le CCS, créé en 1854 par les consuls étrangers de Shanghai, était en grande partie dirigé par des étrangers (dont son directeur en 1942, l’Anglais Sir Frederick Maze), mais travaillait directement pour le gouvernement chinois. Il faisait preuve d’une honnêteté devenue à l’époque rarissime dans les services officiels du pays.
4- La version suivante, mise en service en 1943, sera équipée de deux 12,7 et de deux canons allemands de 20 mm, dont plusieurs centaines ont été importés par le dernier train Berlin-Mandchoukouo en avril 1942.
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Jubilé



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MessagePosté le: Mar Oct 15, 2013 17:06    Sujet du message: Répondre en citant

Le KI-100 va t'il aussi naitre en FTL ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Kawasaki_Ki-100
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MessagePosté le: Mar Oct 15, 2013 17:39    Sujet du message: Répondre en citant

Une coquille ?
Citation:
les exigences de la défense contre de l’Armée Impériale

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En principe (moi) ...
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MessagePosté le: Mar Oct 15, 2013 18:33    Sujet du message: Répondre en citant

@ Jubilé : c'est très possible.

@ Loïc : oui bien sûr, le "de" est en trop.
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MessagePosté le: Mer Oct 16, 2013 07:12    Sujet du message: Répondre en citant

Jubilé a écrit:
Le KI-100 va t'il aussi naitre en FTL ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Kawasaki_Ki-100


Qu'en est-il du Raiden? Est-il possible de hater sa mise au point pour repondre a la menace des raids venu de Chine?
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Oct 16, 2013 07:33    Sujet du message: Répondre en citant

Contre les B-17, il existe d'autres chasseurs (le Raiden doit sa petite célébrité à ses performances face aux B-29).
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MessagePosté le: Mer Oct 16, 2013 11:29    Sujet du message: Répondre en citant

Les G3M3 arrivent le 7 novembre à Truk, et sont notés comme commençant leur patrouilles dans le secteur de Guadalcanal dès le 8.

C'est certainement un délai trop court.
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Olivier
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