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Intégrale Janvier-Avril 1942 DIPLOMATIE

 
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Aoû 24, 2012 11:11    Sujet du message: Intégrale Janvier-Avril 1942 DIPLOMATIE Répondre en citant

Février 1942
Le fil du rasoir

22 février
Entremets franco-suisse à la sauce aigre-douce
Berne
– L’ambassadeur de France, Raymond Brugère, est « appelé » – non « convoqué », la nuance est d’importance – au Département Politique où le titulaire du portefeuille, le conseiller fédéral Marcel Pilet-Golaz, lui « présente » – et non lui « remet », autre nuance – une « note verbale » (c’est à dire, en langue diplomatique, un document écrit) d’une brièveté cinglante, flétrissant « les violations répétées de la neutralité de la Suisse dont se sont rendu coupables plusieurs services français, tant officiels qu’officieux. » Le texte précise, menaçant : « La Confédération, attachée à la permanence de ses bonnes relations avec la France depuis le traité de Paix perpétuelle de 1516, regretterait profondément d’avoir à tirer les conséquences des atteintes portées à ses doits et prérogatives d’État souverain. »
Verbalement, avec une courtoisie obligée qui dissimule moins son agacement qu’elle ne le met en exergue, Pilet-Golaz indique à Brugère que le Conseil fédéral s’est ému d’un rapport de la Bupo, chargée des tâches de contre-espionnage, qui faisait état de la présence sur le territoire helvétique de deux – d’au moins deux – réseaux de renseignement français et d’une filière d’évasion. « Ce que, dit-il, ne nous pouvons, ni ne voulons, tolérer. Notre neutralité l’interdit. »
Le diplomate français, gardant le calme qui sied à sa fonction et sachant, par ailleurs, ce que parler veut dire, s’abstient de faire remarquer à Pilet-Golaz qu’au Palais fédéral, on n’a pas craint, à l’occasion, de prendre avec les exigences de la neutralité quelques libertés au profit de l’Axe, dont les Alliés se sont émus. Il préfère nier les faits reprochés à la France avec des trémolos (peut-être excessifs) dans la voix, et il ajoute : « Je suis sûr, monsieur le conseiller fédéral, que mon gouvernement, auquel cette note sera communiquée sur l’heure, en rejettera les assertions que je juge pour ma part sans fondement. Permettez-moi de former l’espoir, cependant, que ce… cette péripétie… ne nuira pas de manière durable aux rapports de votre pays avec le mien. »
On en reste là et on se quitte avec froideur.
Cloisonnement oblige, Raymond Brugère ignore tout de l’organisation montée par le BCRAM en Suisse – alors que le colonel Masson, lui, et pour cause, la connaît presque sur le bout du doigt. S’il sait, d’autre part, que les consulats de Zurich et de Genève ont eu, et ont encore, à traiter régulièrement les dossiers des « évadés spontanés », on lui a caché que la DGPI a créé des dispositifs de recueil de « ses » évadés – des « portes d’entrée » à Bâle, Schaffhouse, Saint-Gall, Coire et Lugano, et deux « portes de sortie » à Genève et la Chaux-de-Fonds. À quoi s’ajoute l’équipe des « accompagnateurs », soit une huitaine de Suisses francophiles (dont un ancien capitaine au 1er REC, réformé pour blessures reçues au Maroc en 1933-1934, et deux anciens sergents du RMLE de 14-1Cool, qui escortent les évadés en territoire helvétique, de l’entrée à la sortie, afin de leur épargner toute anicroche ou faux pas. Ils sont ensuite pris en charge, de l’autre côté de la frontière, par l’une des filières du “métro” [voir les sections “La grande évasion”].


28 février
Toutes les vérités…
Alger – Dans sa chronique hebdomadaire sur Radio Sottens, captée par le service des Écoutes d’Havas libre, René Payot souligne que la colère de Marcel Pilet-Golaz, exprimée le 22 février, a été quelque peu bridée par ses collègues du Conseil fédéral. Le responsable du Département politique, selon Payot, a été contraint de renoncer à convoquer Raymond Brugère comme un sous-fifre et à lui remettre un véritable ultimatum fulminant une menace de rupture des relations diplomatiques.
Les autres conseillers fédéraux, peut-être plus réalistes que le titulaire du Département politique, ont considéré que le représentant de la France devait continuer d’être traité avec la courtoisie de tradition, révèle René Payot. Ils ont estimé que la fermeté de ton suffirait à indiquer à Alger l’intensité de l’agacement de Berne, sans qu’il soit besoin d’y adjoindre une bravade, inutile au mieux et pernicieuse au pire : la Suisse aurait plus à perdre qu’à gagner à se priver de relations normales avec le gouvernement d’Alger, qui dispose d’une large palette de possibilités de rétorsion, aussi délicate que soit sa situation.
À la suite de la diffusion de cette chronique, les rapports personnels de Pilet-Golaz et de Payot, pourtant romands tous les deux et d’opinions également conservatrices, vont entrer pour un certain temps dans une phase de tension…
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Aoû 24, 2012 11:13    Sujet du message: Répondre en citant

Mars 1942
11 – Diplomatie
¡ Que viva Mexico !

13 mars
Délicatesse germanique
Approches du port de Fort-de-France (Martinique), 23h30 –
Deux torpilles tirées par l’U-564 frappent le pétrolier mexicain Potrero del Llano (6 132 t.), dont la qualité de neutre était pourtant signalée par de vives lumières. Le navire se casse en deux et sombre rapidement. Le lendemain, les secours envoyés de Fort-de-France retrouveront environ la moitié de l’équipage, dont l’officier en second.
« Depuis 1940, le Mexique, qui reconnaissait toujours le gouvernement républicain espagnol, avait soutenu les Alliés et notamment la France, dont le courage dans l’adversité faisait l’admiration de beaucoup. Mais ce soutien s’était essentiellement manifesté par la signature d’accords prévoyant le ravitaillement à crédit des Antilles françaises en nourriture et en pétrole. L’Allemagne et l’Italie (celle-ci par l’intermédiaire des nombreux descendants d’immigrés italiens au Mexique) avaient continué à courtiser le président Avila Camacho et le puissant Parti Communiste mexicain était resté discret, comme Moscou le lui demandait, pour ne pas perturber la bonne entente germano-soviétique.
Néanmoins, après Pearl Harbor, le Mexique avait rompu ses relations diplomatiques avec le Japon et en avait fait autant avec l’Allemagne et l’Italie lorsque ces pays avaient déclaré la guerre aux Etats-Unis. C’est pourquoi le Mexique dut passer par l’intermédiaire de la Suède pour demander à l’Allemagne des explications et une indemnité pour le torpillage du Potrero del Llano.
Il faut reconnaître que le gouvernement mexicain ne s’en était pas tenu à une rupture diplomatique. Il possédait des indices montrant que l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne entretenaient sur son territoire de nombreux agents et y avaient introduit des équipes de saboteurs. Avec le concours de formations mexicaines d’extrême-droite et peut-être l’appui de la flotte japonaise, ces agents devaient prendre le contrôle de la ville d’Acapulco et lancer des attaques contre les usines d’aviation de la région de San Diego. Craignant qu’une telle action ne déclenche une invasion américaine et ne transforme le Mexique tout entier en champ de bataille, le président Camacho avait autorisé des agents américains à venir former les équipes mexicaines de contre-espionnage et aider à assurer la sécurité des côtes du pays contre de possibles incursions. De fait, des interventions préventives du contre-espionnage américano-mexicain tuèrent dans l’œuf plusieurs tentatives de sabotage, dirigées notamment contre les exploitations pétrolières.
Par ailleurs, un nombre inconnu de Mexicains, en particulier parmi ceux ayant des parents aux Etats-Unis, traversèrent la frontière pour s’engager dans les forces armées américaines. Combien le payèrent de leur vie, nous l’ignorons. Ceux qui le souhaitaient reçurent automatiquement le titre de citoyen américain mais, après la guerre, beaucoup retournèrent vivre au Mexique malgré leur nouvelle citoyenneté. » (d’après Antonina Hamilton, Mexico en la Segunda Guerra Mundial, Universidad Latina de Miami ed., 1981)


18 mars
Susceptibilité nippone
Tokyo –
Les ambassadeurs du Portugal , de Suède et de Suisse remettent en commun une note verbale au ministère des Affaires Etrangères.
Leurs pays respectifs ont été mandatés par les Alliés pour exiger que les prisonniers militaires et les internés civils américains, britanniques, français et néerlandais soient traités conformément aux conventions de Genève par les forces armées impériales. Ils réclament que les camps puissent être visités par les délégués du CICR. Surtout, ils s’alarment des rumeurs faisant état des mauvais traitements que les Japonais infligeraient aux détenus, en particulier aux soldats américains capturés aux Philippines et aux Britanniques (civils et militaires) capturés à Hong-Kong.
En dépit du secret ordonné par le gouvernement Tojo et imposé par une Kempetai aux méthodes expéditives, on commence à savoir que les conditions de vie dans les camps sont particulièrement abominables, même en ce qui concerne les femmes et les enfants. Les cas de torture seraient monnaie courante, et fréquentes les exécutions – au sabre – sans jugement.
L’inquiétude de Washington, de Londres et d’Alger est d’autant plus justifiée que ces informations semblent, hélas, corroborées par ce que l’on pu apprendre, au fil des années, sur les crimes et exactions commis par les Japonais en Chine. Par ailleurs, outre le faible nombre de prisonniers nippons (moins de deux mille au total), la menace de représailles serait sans effet, puisqu’aux termes du bushido, les prisonniers, déshonorés par essence, sont tenus pour morts.
D’ailleurs, le directeur Europe du ministère japonais, qui avait été chargé de recevoir les trois ambassadeurs, rejette la note verbale sans même vouloir la recevoir (contrairement à tous les usages) et lance : « Vous êtes, Messieurs, à votre corps défendant, les porte-parole d’une insulte à notre Empereur. Le Japon n’oubliera pas ceux qui l’ont insulté. »


22 mars
Fierté mexicaine
Au large des Keys de Floride, 03h00
– L’Allemagne ne s’est pas donné la peine de répliquer par la voie diplomatique aux demandes du Mexique après le torpillage du Potrero del Llano. En pratique, la seule réponse vient de l’U-106, qui torpille un nouveau pétrolier mexicain, le Faja de Oro, en route pour Miami.
Dans l’après-midi du même jour, le Mexique déclare la guerre aux trois puissances de l’Axe.
« Le rôle proprement militaire des forces armées mexicaines fut minime, mais l’entrée en guerre du Mexique interdit définitivement aux sous-marins et aux corsaires de l’Axe de considérer les ports mexicains comme de possibles escales.
Par ailleurs, le pétrole mexicain irrigua en abondance la machine de guerre américaine (sans craindre le torpillage des pétroliers), tandis que des millions de travailleurs agricoles mexicains remplaçaient dans les champs les hommes qui se trouvaient au front et les femmes qui travaillaient en usine. Les liens économiques tissés entre les deux nations pendant près de quatre ans de guerre devaient être très durables, qu’il s’agisse de travailleurs immigrés, d’échanges commerciaux ou de coopération pour la sécurité commune.
Néanmoins, la participation du Mexique à une guerre mondiale entre grandes puissances industrielles ne fut pas appréciée d’emblée par toute la population. D’abord réticent, le PC bascula d’un coup dans le camp de la guerre au côté des Alliés dès le début de l’opération Barbarossa, mi-mai. La plus forte opposition vint du Mouvement Synarchique (Sinarquista), organisation catholique en principe culturelle étroitement liée à la Phalange espagnole. En 1940, la Synarchie comptait cinq cent mille membres. Un bon nombre d’entre eux, qui faisaient partie des “Chemises d’Or”, le service d’ordre de l’organisation, avaient reçu un entraînement paramilitaire. La Synarchie était soutenue dans son opposition à la guerre par la communauté d’origine italienne.
La réaction de la droite mexicaine fut si violente que quatre jours après la déclaration de guerre, le président Camacho dut réunir pour une démonstration d’unité nationale au balcon du palais présidentiel tous les anciens présidents vivants du Mexique. Cette démonstration permit non seulement de calmer le débat dans le pays, mais encore de convaincre les Etats-Unis que le Mexique était prêt à assumer ses responsabilités dans la guerre. C’est ainsi que le Mexique évita une intervention américaine sur son territoire en septembre 1942. En effet, à la suite du raid japonais sur Panama, le gouvernement américain s’aperçut avec horreur que la Synarchie avait établi une sorte de colonie dotée d’un port dans la baie de Magdalena, sur la côte de Basse Californie. La crainte de voir les Japonais utiliser ces installations pour y installer une base sous-marine faillit conduire l’US Army à intervenir ; par bonheur, les lieux purent être sécurisés par les forces mexicaines. » (d’après Antonina Hamilton, Mexico en la Segunda Guerra Mundial, Universidad Latina de Miami ed., 1981)
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Aoû 24, 2012 11:16    Sujet du message: Répondre en citant

Avril 1942
11 – Diplomatie
Nations Unies

1er avril
Politique étrangère : quel type de commandement allié ?
Alger
– Lors du Conseil des ministres hebdomadaire, le Président du Conseil, Paul Reynaud, annonce la participation de la France à la conférence des puissances alliées qui doit se tenir à partir du 8 avril à Washington. Organisée par le gouvernement américain, qui la réclamait pratiquement depuis l’attaque de Pearl Harbor, la conférence doit notamment décider quel type de commandement militaire allié doit s’exercer sur les différents théâtres d’opérations.
Le même Conseil des Ministres décide de mobiliser toutes les capacités de transport disponibles en Afrique du Nord pour accélérer l’envoi de renforts dans le Péloponnèse.


3 avril
La route de Washington
Alger
– Paul Reynaud, Charles de Gaulle et Roland de Margerie partent pour Washington. Cependant, avant de se rendre dans la capitale fédérale, ils doivent rencontrer Winston Churchill et le chef d’état-major impérial à la Jamaïque.


5 avril
Alliés et rivaux
Washington D.C.
– En préambule à la conférence interalliée qui doit s’ouvrir trois jours plus tard, les manœuvres diplomatiques engagées depuis plusieurs mois prennent de l’ampleur : à quelques heures d’intervalles, le général Wladyslaw Sikorski, Premier ministre et commandant en chef des forces armées polonaises, puis Hubert Pierlot, Premier ministre belge, arrivent aux Etats-Unis pour des rencontres relativement discrètes avec le Secrétaire d’Etat américain.
Alors que les gouvernements britanniques et français n’envisagent la conférence qu’à trois, Sikorski comme Pierlot veulent profiter de l’occasion pour rappeler la part que prennent leurs pays à la lutte commune et exiger d’être traités comme des partenaires de premier plan – l’état-major franco-britannique ne les a pas jusqu’alors associés à ses décisions…
Certes, l’organisation de la conférence interalliée a été entourée du plus grand secret, mais il semble que Sikorski comme Pierlot aient été opportunément informés par des indiscrétions venues de représentants de la diplomatie américaine, trop heureuse de battre en brèche l’image trop idéale des gouvernements français et britanniques à la tête d’un front uni des nations européennes contre le fascisme. Ces manœuvres sont à rapprocher de celles de l’ambassadeur John Winant auprès de Churchill, rappelant les intérêts communs des nations anglo-saxonnes et le danger d’une France hégémonique en Europe continentale après-guerre… Décidément, l’alliance est un combat permanent !


6 avril
Escale à la Jamaïque
Kingston (Jamaïque)
– Avant de participer à la conférence interalliée à Washington, les gouvernements français et britanniques se réunissent pour tenter de présenter face aux Américains des positions semblables. Dans l’après-midi, des représentants du gouvernement néerlandais se joignent à eux.
Toute la journée, Winston Churchill s’efforce de convaincre Reynaud et De Gaulle qu’il faut utiliser les troupes américaines qui arrivent maintenant par convois entiers en Afrique du Nord pour lancer une nouvelle offensive en Grèce ou pour envoyer des troupes en Birmanie et à Sumatra. « Bientôt, ajoute le Premier Ministre, les troupes japonaises vont se ruer à l’assaut de Singapour. Je sais que lord Gort et ses hommes se défendront jusqu’à l’extrême limite de leurs forces, mais nous ne pouvons espérer qu’ils tiennent très longtemps. Et dès la chute de Singapour, la flotte japonaise sera libre de se lancer dans l’Océan Indien, pour frapper Ceylan ou la côte ouest de l’Australie. Il nous faut envoyer un groupe naval puissant dans cette région pour s’opposer à ces raids. »
C’est De Gaulle qui exprime la position de la délégation française.
– Monsieur le Premier ministre, nous comprenons vos préoccupations et toutes nos pensées vont vers lord Gort et ses hommes. Mais la France ne pense pas qu’il soit possible, ni même stratégiquement souhaitable, de lancer dans l’immédiat une offensive en Grèce dépassant le cadre du Péloponnèse. Nous sommes d’accord avec l’Angleterre pour agir dès que suffisamment de troupes américaines seront disponibles, mais une attaque sur le sol même de l’un de nos ennemis, en Italie, nous rapportera à coup sûr des bénéfices bien supérieurs à une accentuation de notre effort sur le sol grec.
Mais Churchill ne lâche pas prise facilement.
– Et l’Océan Indien ? La Royal Navy est prête à envoyer à Colombo et à Fremantle des forces importantes : le croiseur de bataille Renown, deux porte-avions d’escadre, le croiseur lourd Shropshire et leur escorte. Que peut faire la Marine Nationale ? Le Dunkerque et le Strasbourg iront-ils au combat avec le Renown, l’Indomitable et l’Illustrious ?
Comme De Gaulle l’écrirait dans ses Mémoires de Guerre (tome 2, L’Union), « J’étais sensible à la tristesse et à l’angoisse que je percevais dans la voix du Premier ministre chaque fois qu’il évoquait le sort du courageux Lord Gort et des défenseurs de Singapour. Mais il était à ce moment impossible d’envoyer dans l’Océan Indien nos deux cuirassés rapides sans couverture aéronavale suffisante, d’autant plus qu’ils avaient grand besoin d’une remise en état générale et d’une modernisation de certains de leurs équipements. Au reste, du point de vue stratégique, cette guerre devait être gagnée d’abord en Europe. Pour cela, non seulement l’offensive contre l’Italie devait rester au premier rang de nos projets, mais encore il fallait prévoir l’envoi de troupes américaines en Grande-Bretagne pour y préparer une offensive vers la partie nord de la France. En effet, c’était sur notre sol, je n’en doutais pas, qu’il faudrait encore une fois affronter et vaincre l’ennemi commun. »
Le Dunkerque, puis le Strasbourg, doivent effectivement être envoyés aux Etats-Unis pour remise en état générale, installation d’un radar et amélioration de la DCA (l’implantation de cinq affûts quadruples et six doubles de 40 mm est prévue). Cependant, les Français proposent de soulager la Royal Navy en Méditerranée en y remplaçant les deux cuirassés rapides par le groupe du Richelieu – la présence de ce dernier à Scapa Flow devient en effet superflue, en raison des dommages subis par le Tirpitz, le Scharnhorst et le Gneisenau et de l’entrée en service prochaine de nouveaux cuirassés britanniques, à commencer par le Duke of York.
De son côté, la délégation hollandaise rappelle qu’il est capital de stabiliser la situation autour de l’Australie. Singapour sera inévitablement perdue, Sumatra paraît condamnée, mais une fois les positions alliées consolidées en Australie, des actions offensives limitées dans la région de la Nouvelle-Guinée ou de l’Indonésie pourraient déséquilibrer l’ennemi.


8 avril
Les Américains ne veulent pas se disperser
Washington D.C.
– Le président Franklin D. Roosevelt ouvre une Conférence Interalliée capitale. La délégation américaine présente d’abord ses vues sur la structure commune de commandement alliée qui doit diriger une guerre se déroulant sur plusieurs théâtres d’opérations, très éloignés les uns des autres. Les Américains recommandent une concentration des forces pour conduire l’offensive principale à partir de la Grande-Bretagne en Europe Occidentale. Le général Marshall reconnaît sans doute l’importance du théâtre méditerranéen, notamment pour venir à bout de l’Italie, mais, au grand chagrin de Churchill, il conteste ouvertement que les opérations en Grèce puissent représenter autre chose qu’une diversion stratégique.


10 avril
Les Etats-Unis s’imposent – le Mexique et le Brésil arrivent
Washington D.C.
– Après deux jours de vifs débats, qui ont vu les Anglais et les Français faire front commun contre des revendications américaines qu’ils jugent démesurées par rapport aux nombre d’unités de l’US Army déployées en Europe, la Conférence Interalliée parvient à un accord. Tous les participants admettent qu’il faut créer un Etat-Major Allié Combiné qui orientera l’effort de guerre allié au niveau mondial, conseillera les gouvernements alliés sur la conduite de la guerre et assurera la mise en œuvre de la stratégie qu’ils auront définie. Cet Etat-Major Combiné, créé par extension au commandement américain de l’état-major interallié franco-britannique, regroupera les chefs d’état-major des armées de terre, de mer et de l’air des trois alliés majeurs. Il siègera à Washington. Comme il n’est pas concevable que les chefs d’état-major français et britanniques soient en permanence éloignés de leurs gouvernements respectifs, ils seront représentés par des Délégués Permanents.
A leur grande déception, les autres alliés ne sont pas plus représentés que dans l’état-major interallié franco-britannique : à la proposition américaine d’associer les Belges ou les Néerlandais, les Français ont répondu en proposant d’intégrer les Chinois… et la discussion s’est arrêtée là !
La conduite de la guerre sur chaque théâtre d’opérations est, quant à elle, organisée sur le modèle mis en œuvre depuis six mois en Méditerranée Orientale, sous la responsabilité d’un commandant suprême allié par théâtre d’opérations.
Le gouvernement américain accepte la création d’un Commandement Suprême Allié en Extrême-Orient, dont la compétence doit s’étendre de l’Inde à l’Australie. Ce Commandement sera confié à un officier général britannique, avec des délégués hollandais, français et américain. Autant que possible, les forces américaines doivent rester sous commandement local américain et ne pas être intégrées dans des groupements alliés.
Les Etats-Unis se réservent le Commandement Suprême Allié dans le reste de la zone Pacifique (le cas des îles Salomon n’est pas tranché à ce moment).
Pour 1942, le gouvernement américain accepte de soutenir une offensive majeure sur le théâtre d’opérations de Méditerranée Occidentale et Centrale « à la fin de l’été ou au début de l’automne », sous commandement opérationnel français. Par la suite, l’accent doit être mis sur une offensive dans la partie nord de l’Europe, avec un débarquement en France ou en Belgique, à l’automne 1943 ou au printemps 1944.
………
Par ailleurs, les Alliés « accueillent avec une très grande satisfaction la participation fraternelle du Brésil et du Mexique au combat mondial de la liberté contre l’oppression. » Le Brésil et le Mexique ont en effet déclaré la guerre depuis quelques semaines aux trois Puissances de l’Axe. L’intégration de leurs forces armées dans les opérations doit se faire sous commandement américain et la plus grande partie de leur équipement doit (bien entendu) venir de l’industrie américaine. Tous les participants ont pris bonne note de la volonté officiellement exprimée par le gouvernement brésilien d’envoyer des troupes sur le théâtre d’opérations méditerranéen, et du souhait mexicain de participer aux opérations dans le Pacifique, en particulier dans le cadre de la défense des Philippines.


14 avril
La déclaration des Nations-Unies
Washington D.C.
– En épilogue de la conférence alliée de Washington, les Alliés rendent publique la Déclaration des Nations Unies, signée par 28 pays :
« Les gouvernements signataires de la présente déclaration […] :
Convaincus que la victoire totale sur leurs ennemis est essentielle pour défendre leur existence, leur liberté, leur indépendance, la liberté religieuse et pour préserver les droits humains et la justice dans leur propre pays comme dans les autres pays, et engagés dans un combat commun contre les forces brutales et sauvages qui cherchent à subjuguer le monde,
Déclarent :
(1) Chaque gouvernement s’engage à employer toutes ses ressources militaires et économiques contre les membres du pacte tripartite avec lesquels il est en guerre ;
(2) Chaque gouvernement s’engage à coopérer avec les autres signataires, et à ne pas signer de paix ou d’armistice séparée avec ses ennemis […] »


16 avril
I like Ike !
Washington D.C.
– En application des décisions du 10 avril, le général Dwight D. Eisenhower est nommé commandant des forces américaines en Méditerranée.


28 avril
Diplomatie et stratégie
Alger
– L’état-major de la Défense nationale commence à préparer les prochaines opérations en Méditerranée orientale et centrale conçues pour, à terme, éliminer l’Italie. Conformément aux engagements pris au début du mois à Kingston et à Washington pour s’assurer du soutien des alliés européens, les projets vont inclure l’engagement en première ligne de forces armées des alliés européens : Grecs, Yougoslaves mais aussi Polonais, Belges et Tchécoslovaques devraient avoir l’occasion de montrer leurs drapeaux et cocardes…
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Tyler



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MessagePosté le: Mar Aoû 28, 2012 08:35    Sujet du message: Répondre en citant

On pourrait adjoindre à tout ça ce qui a été fait dans la discussion Diplomatie située sur le forum en 1942-Le Pacifique ( l'échange d'ambassadeurs, le futur ambassadeur en Chine,etc...)?
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Aoû 28, 2012 08:49    Sujet du message: Répondre en citant

Tyler a écrit:
On pourrait adjoindre à tout ça ce qui a été fait dans la discussion Diplomatie située sur le forum en 1942-Le Pacifique ( l'échange d'ambassadeurs, le futur ambassadeur en Chine,etc...)?


N'hésite pas à m'envoyer des compléments précis pour un (des) textes donnés - note de bien respecter les dates.
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Casus Frankie

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Tyler



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MessagePosté le: Mar Aoû 28, 2012 09:00    Sujet du message: Répondre en citant

Je vais reprendre tout ce qui avait été écrit et validé à l'époque et l'inclure dans la chronologie de cette intégrale. je t'enverrai ça sur ta boite perso
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Ven Aoû 31, 2012 21:27    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir Franck

Citation:
Les ambassadeurs du Portugal, de Suède


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Alain
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