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Indochine 1943
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Anaxagore



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MessagePosté le: Ven Aoû 03, 2012 12:57    Sujet du message: Indochine 1943 Répondre en citant

Je suis prêt à me lancer dans la rédaction de nouveaux épisodes des mésaventures des Japonais en Indochine (ou l'art de mettre le dois entre l'arbre et l'écorce... ou les français et les indochinois).

Pour commencer, j’aimerais vos avis éclairés sur un certain nombre d’évènements OTL :

- Juin 1943, des prêtres bouddhiste japonais débarquent en Indochine pour "favoriser l'unification des sectes bouddhistes dans les divers pays de la Grande Asie Orientale". La véritable raison de ce déploiement de force religieuse est en fait de prendre le contrôle des "écoles des pagodes" les seuls établissement d'enseignement réellement fréquentés en Indochine, cela pour dominer la population.

- En Juillet 1943 OTL a lieu un incident diplomatique entre Français et Japonais. Le général (à la retraite) Matsui en voyage privé en Indochine fait de violentes déclarations anti-françaises.
En FTL, de telles déclarations ne peuvent évidemment provoquer d'aggravation des relations diplomatiques (les deux pays sont déjà en guerre). Toutefois, Matsui sera condamné pour crime de guerre en 1947 (OTL) et c'est un des membres du Dragon Noir, une association secrète ultra-nationaliste. Je pense que son passage en Indochine pourrait voir les derniers français (NEF) encore ménagés filer rejoindre les autres français dans les camps et le régime de ces dits camps connaître une nette aggravation.

- Troisième point 1943 est en OTL le début des arrestations illégales de français en Indochine. C'est sans intérêt en FTL. Mais en étudiant ce chapitre, j'ai découvert qu'en OTL le futur Lieutenant-colonel Pouyade, qui sera commandant de Normandie-Niemen, était en service en Indochine jusqu'en 1943 et qu'il a fuit le pays pour échapper à l'arrestation japonaise. Il y aurait sans doute matière à une adaptation FTL.

- En 1943 OTL, le gouvernement provisoire d'Alger installe une agence en Chine nationaliste pour gérer la résistance de l'Indochine. Son chef sera Le capitaine de Corvette Meynier, il aura pour base la ville de Kouang-Si (dans le Si-Kiang).

- Les Américains installent également leurs propres services de renseignement, en particulier le A.G.A.S ( Air Group Aid Service) chargé de retrouver, cacher et exfiltré les aviateurs abattus au-dessus de l'Indochine et de les ramener en Chine.

- C'est fin 1943 qu'en OTL les Alliés commencent à Bombarder sérieusement l'Indochine. les bombardements d'Hanoï les 10 et 12 décembre feront 500 morts et 732 blessés. En FTL, ces bombardements pourraient sans doute être dangereux plus vite dangereux.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Aoû 03, 2012 13:09    Sujet du message: Répondre en citant

Tout ça me semble excellent.
N'oublie pas que les Franco-Viets sont toujours solidement installés à Dien-Bien-Phu.

Merci à Hendryk de bien vouloir vérifier la translittération des noms chinois... Wink
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Casus Frankie

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sting01



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MessagePosté le: Sam Aoû 04, 2012 02:40    Sujet du message: Répondre en citant

Question :

QUel fut la date de prise de poste de l'infame Major Paty ?

Lui meme et ses sbires auront ils une action en Indochine; alors que Ho Chi Minh s'est ouvertement range avec les Francais?

Quid de l'action sournoise, pernicieuse et debile de l'OSS en Indo durant la periode?

Peut on envisager un match WBA categorie lourd entre a ma droite Pierre Mesmer (50-3-1) et a ma gauche Major Paty (54-1-0), match permettant de laver l'honneur francais?

Pour ceux non famillies avec cette anecdote, Mesmer est arrete par des vietmins, qui le detiennent; alors que son cohequipier est lui arrete par des nationalistes (non communistes) entaines par des membres de l'OSS. Ces derniers executent sur ordres directes de Paty le cohequipier de Messmer.

10 ans ou 15 ans plus tard , MEsmer en sa qualite de Ministre de la defense se rend aux States, et trombe par hasard (?!?) sur le Major Paty qui travaille dans un bureau au Pentagone ... Ali a Kinshasha n'aurait pas fait mieux si l'on peut croire les legendes.
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patzekiller



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MessagePosté le: Sam Aoû 04, 2012 07:37    Sujet du message: Re: Indochine 1943 Répondre en citant

Anaxagore a écrit:
Je suis prêt à me lancer dans la rédaction de nouveaux épisodes des mésaventures des Japonais en Indochine (ou l'art de mettre le dois entre l'arbre et l'écorce... ou les français et les indochinois).

Pour commencer, j’aimerais vos avis éclairés sur un certain nombre d’évènements OTL :

- Juin 1943, des prêtres bouddhiste japonais débarquent en Indochine pour "favoriser l'unification des sectes bouddhistes dans les divers pays de la Grande Asie Orientale". La véritable raison de ce déploiement de force religieuse est en fait de prendre le contrôle des "écoles des pagodes" les seuls établissement d'enseignement réellement fréquentés en Indochine, cela pour dominer la population.

- En Juillet 1943 OTL a lieu un incident diplomatique entre Français et Japonais. Le général (à la retraite) Matsui en voyage privé en Indochine fait de violentes déclarations anti-françaises.
En FTL, de telles déclarations ne peuvent évidemment provoquer d'aggravation des relations diplomatiques (les deux pays sont déjà en guerre). Toutefois, Matsui sera condamné pour crime de guerre en 1947 (OTL) et c'est un des membres du Dragon Noir, une association secrète ultra-nationaliste. Je pense que son passage en Indochine pourrait voir les derniers français (NEF) encore ménagés filer rejoindre les autres français dans les camps et le régime de ces dits camps connaître une nette aggravation.

- Troisième point 1943 est en OTL le début des arrestations illégales de français en Indochine. C'est sans intérêt en FTL. Mais en étudiant ce chapitre, j'ai découvert qu'en OTL le futur Lieutenant-colonel Pouyade, qui sera commandant de Normandie-Niemen, était en service en Indochine jusqu'en 1943 et qu'il a fuit le pays pour échapper à l'arrestation japonaise. Il y aurait sans doute matière à une adaptation FTL.

- En 1943 OTL, le gouvernement provisoire d'Alger installe une agence en Chine nationaliste pour gérer la résistance de l'Indochine. Son chef sera Le capitaine de Corvette Meynier, il aura pour base la ville de Kouang-Si (dans le Si-Kiang).

- Les Américains installent également leurs propres services de renseignement, en particulier le A.G.A.S ( Air Group Aid Service) chargé de retrouver, cacher et exfiltré les aviateurs abattus au-dessus de l'Indochine et de les ramener en Chine.

- C'est fin 1943 qu'en OTL les Alliés commencent à Bombarder sérieusement l'Indochine. les bombardements d'Hanoï les 10 et 12 décembre feront 500 morts et 732 blessés. En FTL, ces bombardements pourraient sans doute être dangereux plus vite dangereux.



mes avis à deux balles Laughing

juin 43 : idem, les rares ecoles occidentales encore en fonction seront desertée encore un peu plus vite.

jullet 43 : ftl on est dans une logique de conquete militaire, les jap sont solidement installés sur le terrain, ce general aura il alors la motivation de venir en vacance en indo. quant au NEF, leur presence doit etre symbolique voire demonstrative quant aux humiliations que l'on peut faire à un occidental ; bref il arrivent officiellement pour collaborer et les jap vont en profiter pour leur enfoncer le katana dans le c... jusqu'à la garde, ils faudra qu'ils soient salement motivés pour rester en poste jusqu'en 45 (y'a peu etre la possibilité d'en faire des agents à terme (?)
si il y a transposition de ce genre d'incident, cela pourrait etre beaucoup plus grave (execution?) et directement contre ces fonctionnaires du NEF

pouyade a du se replier sur DBP

pour le centre politique , les autorités, je pense, ouvriraient un consulat tout simplement, l'aspect militaire étant centré sur DBP avec qq bases logistiques arrieres chargées de tenir une route ouverte

concernant l'AGAP, la composante indochinoise serait plutot confiée aux farnçais et aux viet minh puisqu'il sont déjà sur le terrain. ce qui nous donne des elements de reflexion sur le paty

soit il est ailleurs, soit il est là et finira par se faire prendre la main dans le sac (hors de sa juridiction), les français protesteront alors donnant une dimension diplomatique aux incidents, si le meurtre est transposé, ce serait en chine avec des français hors de leur juridiction. du moins c'est comme ça que je perçois les choses.

je suis d'accord sur la vision des choses pour les bombardements.
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patrikev



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MessagePosté le: Sam Aoû 04, 2012 08:55    Sujet du message: Répondre en citant

La province chinoise de Si-Kang (pas Si-Kiang) n'existe plus aujourd'hui, elle a été partagée entre le Tibet et le Sichuan. Mais elle était au débouché de la route de Birmanie et elle peut très bien abriter une représentation française FTL. A l'époque, les forces chinoises ne contrôlaient que les villes et la route principale, les montagnes étaient tenues par des hors-la-loi tibétains. De quoi mettre de l'animation dans les convois.
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- Votre plan comporte un inconvénient majeur.
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Anaxagore



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MessagePosté le: Sam Aoû 04, 2012 09:39    Sujet du message: Répondre en citant

La translittération du chinois (et de toutes les langues asiatiques) n'est pas et de loin ma compétence première. Mr. Green

J'ai une question (encore) :

Quels sont les effectifs Japonais dans les villes frontières avec la Chine début 43 ? Il me faudrait également le nom des unités et si possible des officiers généraux en charge du secteur. Avis aux spécialistes.
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Anaxagore



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MessagePosté le: Mer Aoû 08, 2012 21:49    Sujet du message: Répondre en citant

Le Mékong au sud de Luang Prabang, 28 janvier 1943
Une vieille barcasse à moteur avançait poussivement sur le Mékong. Des soldats et des officiers, vaincus par la chaleur se tenaient appuyés contre le bastingage. Outre la grande barque, deux larges radeaux recouverts d’une toiture de nattes avançaient à sa suite. Ils étaient poussés par des paysans laotiens réquisitionnés, mais les passagers portaient l’uniforme kaki-marron, les casquettes à couvre-nuques orné d’une étoile jaune et les bandes molletières qui les identifiaient comme des soldats japonais. Deux pirogues chargées de mortiers complétaient la petite escadre.
Cela faisait deux jours que la patrouille fluviale avançait sans difficulté menée par la main experte des pêcheurs qui savaient éviter sans à coups les bancs de sable. Et les soldats japonais se sentaient presque en vacances. Le fleuve est immense, couleur de boue, parfois large de quatre cent mètres et dominé par une forêt humide d’un vert éclatant. Les rares clairières sont occupées par des villages qui lancent des débarcadères à l’assaut de l’eau et se couvrent d’une foule inextricable. On rencontre aussi des exploitations forestières où des éléphants s’occupent du débardage du précieux bois de teck.
Entre de brefs arrêts pour contrôler et fouiller, les soldats retrouvaient la solitude du fleuve, et les moustiques. Cela faisait déjà trois jours qu’ils fouillaient les villages laotiens et siamois pour débusquer les « terroristes » et les sbires des « colonialistes » qui voulaient « couper la population de l’Asie de ce Japon qu’elle soutient de tout son cœur ». La propagande n’était pas la dernière motivation de cette patrouille.
Il s’agissait d’une compagnie entière commandée par le commandant Nakajima. Celui-ci et le capitaine Fujimori se sont installés dans le canot de neuf tonneaux avec les hommes du lieutenant Fujishima. Le reste de la compagnie, dirigée par le capitaine Yasuda, les pelotons des lieutenants Kakuta et Kishiro, suivaient dans les autres embarcations.
Ce fut à ce moment que les choses changèrent.
Encore une fois, sans se presser, les soldats se déployèrent sur la berge. Juste pour eux une occasion de se dérouiller les jambes. Il ne pleuvait pas- pour changer- et les soldats avaient laissé leurs imperméables dans les radeaux. Ils arboraient juste la chemise d’été et le boudin de toile qui servaient de paquetage d’assaut. Les officiers, reconnaissables à leurs bottes et leurs katanas, ne portaient que des pistolets dans des étuis de ceinture. Les soldats avaient pour la plupart le fusil modèle 99 en 7,7mm. Certains cependant avaient le fusil mitrailleur modèle 96 en calibre 6,5mmm, ils portaient aussi un porte-chargeur avec deux magasins de 30 balles.
Pendant qu’une partie des soldats trainaient les villageois sur la place centrale, les autres enfonçaient les portes, vidaient les cases à la recherche de chose précieuses ou de documents compromettants… ou pour piller.
Le commandant Nakajima, le capitaine Fujimori et le lieutenant Fujishima firent face aux villageois silencieux, enfants presque nus, femmes en sarongs brodé et aux cheveux noirs coiffés en bandeaux, vieillards… très peu d’hommes adultes. Ils étaient aux champs et s’étaient dispersés dans la forêt dès l’arrivée des Japonais.
Le commandant moustachu commença à glapir un texte incompréhensible en marchant de long en large, frappant ses bottes du bout de son katana. Un collabo laotien qui voyageait avec les japonais commença à traduire. Cela aurait pu être comique ces beuglements qui par la magie de la traduction se transformaient « en requête amicale des amis du Grand Japon » mais les fusils braqués par les soldats étaient chargés. Cependant, ils n’entendirent jamais la fin du discours. Un coup de feu claqua et le collabo des Japonais s’effondra d’un seul coup alors que sur son front apparaissait un œil écarlate.
Le peloton du capitaine Kakuta se déploya dans les sous-bois sans retrouver de trace du tireur. Même sans traducteur, le commandant Nakajima sut se faire comprendre. Menaçant de couper en morceau tous les habitants, il réussit à leur faire indiquer la berge sud du Mékong.
Les Japonais rembarquent et se dirigent vers le village. Ils sont à peine en vue que les premiers tirs sifflent à leurs oreilles. Les treize fusils-mitrailleurs de la compagnie ouvrent le feu et noient complètement l’attaque ennemie. Rapidement, la riposte décroit et s’éteint.
Menés par les coups de sifflets de leurs officiers, les soldats descendent à terre à toute vitesse. Les cases percées comme des écumoires sont à l’abandon. En fouillant quelques cases, ils trouvent des chargeurs vides de fusils français.

Le Mékong au sud de Luang Prabang, 29 janvier 1943
Un avion de reconnaissance ki 51 "Sonia" cercla au-dessus du Mékong avant de lâcher un container à message. Le pilote avait visé le centre du village dévasté et un soldat couru le ramener au commandant. Les renseignements communiqués étaient clairs. Tous les villages de la région étaient sous le contrôle de rebelles laotiens. On les estimait à quatre cent hommes, tous armés de fusils, plus quatre à six fusils-mitrailleurs et deux mortiers de 81 mm.

Le Mékong au sud de Luang Prabang, 30 janvier 1943
La petite flottille des Japonais atteint la rive au nord du village de Ban Pak Phan et commence immédiatement à progresser vers le village rebelle. A 11h 30, le débarquement est terminé, seuls les tireurs de trois fusils mitrailleurs sont restés à bord des embarcations. Les hommes se déploient en deux formations échelonnées. Bien leur en prend car les veilleurs ennemis les ont repérés. L’embuscade est toutefois découverte avant de se refermer sur les Japonais.
L’essentiel du feu des Laotiens vient d’une pagode où sont retranchés trois fusils mitrailleurs. Leurs tireurs tuent trois Japonais et blessent légèrement le lieutenant Kishiro. Le capitaine Yasuda essaye de déborder les lignes ennemies mais se retrouve bientôt embourbé dans un marais. Les Laotiens les prennent à parti à ce moment là. Un adjudant est blessé mortellement (il mourra quelques heures plus tard) et un soldat s’effondre. Les servant des deux mortiers « de genoux » on riposté tant qu’ils le pouvaient aux Laotiens, mais leur dotation d’obus est presque épuisée. Les autres soldats tirent aussi leurs dernières cartouches.
Enragé, le commandant Nakajima est sur le point d’ordonner une charge banzaï lorsqu’une détonation secoue la pagode où les meilleurs combattants ennemis se sont retranchés. Deux soldats ont réussi à franchir la haie de bambou en creusant la terre humide et à atteindre le temple. Ils ont jetés chacun une grenade à main.
Cet exploit prive les Laotiens de tout courage. Se repliant en tiroir avec leurs blessés, ils réussissent à contenir les Japonais à court de munitions.

Le Mékong au sud de Luang Prabang, 31 janvier 1943
Les Japonais se sont retranchés dans le village à l’abandon après avoir enterré leurs morts de la veille. Ils ont également creusés une fosse commune pour les cinq ennemis décédés qu’ils ont trouvé. Mais l'adversaire à probablement eut d'autres pertes. Les flaques de sang ici et là montrent qu'ils ont eu des blessés et dans cette jungle les infections ne pardonnent pas. Par radio, la veille, le commandant Nakajima avait demandé un parachutage de munitions. La vue de l’avion planant dans le ciel lui remonte le moral. Le KI-54 fit deux tours dans le ciel puis largua deux gros containers au bout de leurs parachutes.

Le Mékong au sud de Luang Prabang, 2 février 1943
Les Japonais continuent leurs routes et sont avertis par radio de l’arrivée d’une aide. Une vedette siamoise remonte le fleuve. Un officier en uniforme impeccable salut le commandant Nakajima et lui signale que l’armée du Laos a réussit à capturer et désarmer une partie des troupes ennemies. Le reste a continué sa route sur le fleuve en un long convoi de pirogues. Comme ils se dissimulent à l’abri de la végétation fluviale, impossible de savoir où ils se trouvent.

Le Mékong non loin de Vientiane, 5 février 1943
Les chasseurs se transforment soudain en proie. Alors que les embarcations japonaises descendaient le courant à mi distance des deux rives, une explosion soulève soudain une gerbe d’eau. Un autre obus de mortier les rate d’une dizaine de mètres.
Sans perdre son calme, le commandant Nakajima ordonne que l’on gagne la rive au plus vite. Les officiers ont tous sortis leurs jumelles et c’est le capitaine Fujimori qui tend soudain le doigt. Il a repéré un navire caché le long de la rive.
Les Japonais se mettent aussitôt à tirer et les balles sifflent en tout sens hachant la végétation qui dissimule une vedette française, le Georges-Huneau. L’embarcation a été militarisée et embarque sur le pont avant une mitrailleuse américaine de .50. Son tir dévastateur s’en prend à un des radeaux. Quatre hommes boulent et tombent à l’eau qui se colore d’écarlate. Les pêcheurs terrifiés par le tir sautent à leur tour, abandonnant les perches. Certains soldats se précipitent pour ramer à mains nues tandis que les autres continuent à tirer. Sur la berge, les mouvements se multiplient. Des hommes cachés parmi les arbres tirent et des fusils mitrailleurs rejoignent la mitrailleuse.
A l’abri derrière le plat-bord du canot à moteur, les hommes de têtes s’en sortent un peu mieux. Les trois fusils mitrailleurs du bord crachent de courtes giclées de balles qui se concentrent autour de la vedette, s’efforçant de faire taire la mitrailleuse.
Une nouvelle fois, les mortiers dissimulés sur la berge soulèvent des colonnes d’écume vers le ciel. Un des projectiles est tombé en plein sur la deuxième pirogue. La frêle embarcation se brise en mille morceaux.
Il ne reste qu’une dizaine de mètres à parcourir. Menés par le capitaine Yasuda et les lieutenants Kakuta et Kishiro, les Japonais se jettent à l’eau. En cette saison, le Mékong est bas, et même au milieu du fleuve l'eau ne dépassait pas la taille. Ici, près de la rie, les hommes avaient de l'eau a mi mollet. Voyant arriver sur les Nippons, les Laotiens décrochent non sans les ralentir de rafales de fusils mitrailleurs.
L’engagement a duré moins de dix minutes mais a été sanglant. Les Japonais ont eu 16 morts et la moitié des survivants sont blessés. La moitié de leur équipement a sombré en même temps que la pirogue.
Par contre, ils ont saisis huit fusils auprès des hommes morts qui les tenaient, trois fusils mitrailleurs abandonné ainsi que ce transportait le Georges-Huneau. C'est-à-dire la mitrailleuse, beaucoup de munitions, dont des obus de mortiers de 81 mm et du matériel médical.

Même jour, Saigon:
L’ambassadeur du Japon, monsieur Yoshizawa, monsieur Kuriyama secrétaire général de la représentation japonaise et le général Tyo se réunissent une nouvelle fois. Les trois hommes se concertent pour essayer de trouver des réponses au mauvais état économique de l’Indochine.
Leurs constats sont très pessimistes. Les destructions occasionnées par la conquête n’ont pas pu être réparés du fait des troubles qui continuent à sévir. Les « terroristes » et les « rebelles favorables aux colonialistes » ne se contentent pas de gêner ou de retarder les réparations, ils multiplient les sabotages les plus divers.
Le secrétaire de l’ambassadeur soulève une feuille de papier et salut ses ainés avant d’expliquer que l’Indochine fournit pour treize milliards de yens de moins qu’en 1939. Les détails sont encore plus accablants. Les Cimenteries Portland, qui emploient 5000 personnes à Haiphong (Tonkin) ne produisent même plus le dixième de ce qui sortait avant guerre. La compagnie cotonnière de Nam Dinh ne fournit plus que le tiers du coton cardé avant l’invasion. Les mines de charbon de Hongay produisent si peu que le manque de combustible oblige les centrales thermiques à brûler de la paille de riz et de maïs.
L’agroalimentaire n’est pas épargné. La production de riz a été perdue à 60% en Cochinchine. Les usines de traitement du latex ont été détruites par les « terroristes » qui font également régner l’insécurité dans les plantations d’Hevéas. Seul le Cambodge, pays resté relativement paisible, a produit assez de caoutchouc. Du fait de la carence, les stocks de produits traités sont sur le point d’être taris.
Le point le plus négatif du bilan est peut-être à chercher dans les communications. Le tiers des routes d’Indochine est impraticable pour les camions. Les voies ferrées ont été aussi sévèrement endommagées. La ligne Saigon-Hanoi n’est plus assurée entre Dong Hoi et Da Nang. Les deux tiers des jonques de transports ont été coulées ou sévèrement endommagées. Dans les ports de Saigon et d’Haiphong, les combats ont détruits plus de la moitié des engins de levages et des quais.
Les seuls résultats positifs ont été enregistrés à Saigon. Les soldats Japonais font tourner le commerce. La vente de poivre, de café et de maïs génère des bénéfices mais ils sont monopolisés par le Centre d’Approvisionnement de l’armée et l’administration japonaise de l’Indochine n’en touche pas un yen.


12 Février 1943, Cochinchine, Opération Tenzu
Les Japonais lancent une immense opération de ratissage le long du tronçon de la Route Coloniale 1 qui relie Pnomh Penh et Saigon. Cette action fait suite à l’explosion d’une mine au passage d’un convoi militaire. Un camion a explosé, tuant de nombreux soldats.
Des les premières heures de jour, les soldats de la *** division d’infanterie avancent dans les rizières enveloppées de brouillard où pataugent les buffles. Il est déjà près de midi quand les soldats déployés en éventail approchent Tran Bang, à cinquante kilomètre au nord-ouest de Saigon. La rizière laisse place à une plaine sèche inondée de soleil. Bon nombre des soldats sont de jeunes recrues venues directement de Corée. Ils sont peu motivés et pas encore habitué au climat. Le petit bidon métallique qui est leur seul provision d’eau s’use vite et, malgré les casquettes à protège-nuque, l’insolation guette. La superbe ordonnance du matin n’est plus qu’un souvenir. Si les vétérans de Chine et de la campagne de conquête gardent leurs positions, les jeunes recrues trainent à plus trois cent mètres derrière.
A l’horizon, les soldats fourbus peuvent voir des pointillés qui se détachent sur le bleu céruléen du ciel. D’autres Japonais referment la nasse. Soudain des impacts font gicler le sable autour des fantassins de la *** division. Les vétérans se laissent tomber au sol, s’abritant derrière le maigre relief. Les officiers aboient des ordres et désignent des fuyards qui quittent les cases. Les FM type 96 tirent de courtes rafales. Les Viêts ne ripostent plus. Menés par leurs officiers katana dans une main, pistolet « Nambu » dans l’autre, les Japonais se referment de tout côté sur Tran Bang. Maisons par maison, les soldats enfoncent les portes à coup de crosse et fouillent. Mais ils ne trouvent rien. Toutes les cases sont vides.
Les ordres et les contre-ordres se croisent à la radio. A Saigon, les officiers d’états-majors piquent des petits drapeaux sur des cartes et se disputent pour savoir où trouver l’ennemi. Insensiblement, le soleil bascule à l’ouest. Bon nombre de recrues se son contentés de se jeter sur l’eau des puits et de s’effondrer à l’ombre. Les officiers ont laissés faire comprenant qu’ils ne pouvaient avoir le dernier mot sur la soif. Heureusement, une partie des effectifs est habitué aux rigueurs de la guerre. Ces hommes sont en nombre suffisant pour établir un périmètre autour de la ville. La nuit s’installe au milieu des croassements de milliers de grenouilles et de crapauds buffles installés dans les rizières proches. De temps à autre des coups de feu se font entendre.

13 Février 1943, Cochinchine, Opération Tenzu (2ème jour)
Une vingtaine de recrues trop éprouvé par la chaleur, la marche ou la soif sont laissés à Tran Bang. Au cours de la nuit, l’état-major s’est décidé à une stratégie et la *** se retrouve à fouiller la plaine des Joncs, au nord de Mytho. Les hommes s’enfoncent dans la boue jusqu’au mollet, la chaleur est étouffante. Le matériel lourd est transporté par camions sur des routes surélevées régulièrement jalonnées de postes de gardes. Au cours de leur avance pénible, les Coréens traversent des villages entourés de haies de bambous croisés et durcis au feu. Des bunkers défendent leurs abords. Pourtant, les officiers réussissent à tenir les hommes. Il faut dire qu’ils s’attendent à affronter sept bataillons d’infanterie du Vietminh avec leurs batteries d’artilleries, du génie et même des véhicules.

14 Février 1943, Cochinchine, Opération Tenzu (3ème jour)
En milieu d’après-midi, le troisième bataillon se heurte à des bo doi sur la Vaico Occidentale. Les Viets ne prolongent pas le combat et se replient vers le nord sans se douter que d’autres Japonais ont pris position sur la Route Coloniale 13. La division est ralentie par une rivière boueuse le soir et la traverse par un vieux bac complètement pourri. La nuit se passe sans incident en dépit de tirs de canon au nord-est.

15 Février 1943, Cochinchine, Opération Tenzu (4ème jour)
Le jour commença avec des KI-10 cerclant dans le ciel. Les vieux biplans disparus sur les théâtres principaux de la guerre du Pacifique était encore en service en Indochine. Un après l’autre, ils piquaient vers le sol, et ledéchirement sinistre de leurs deux mitrailleuses de 7,7 mm déchirait l’air. Plus tard dans la journée, les soldats coréens atteignirent les lieux où les sinistres avions avaient exercé la volonté de l’Empire du Soleil Levant. Les ajoncs étaient hachés et de nombreux corps reposaient dans la boue. C’étaient des hommes jeunes en pantalons de toiles et vareuses, ils portaient des casques de métal plats. Aucun n’avait d’armes. Malgré les tirs des avions, leurs camarades les avaient récupérés, de même que les cartouchières. Les Coréens ne s’apitoient pas longtemps sur le sort de leurs ennemis. Soudains des petits geysers apparaissent dans la boue. Des hommes roulent dans la fange et s’agitent encore quelques instants avant de s’immobiliser à jamais.
Les tirs viennent d’un village. On se déploie dans les rizières. On rampe dans la boue pour installer un poste de FM, mettre en batterie les petits mortiers si facile à transporter. Puis la riposte s’organise tandis que les radios communiquent leur position et signalent l’existence d’un point de résistance. L’artillerie à l’arrière (un bataillon de douze canons de 75) commença une préparation d’artillerie. Les paillotes s’envolaient littéralement ou se désintégraient dans l’ouragan d’acier. On suspendit le tir. Tandis que les tireurs aux FM se positionnaient sur les diguettes les officiers montaient à l’assaut à la tête de leurs hommes.
Le village était rasé et les hommes s’avancèrent dans un nouveau charnier. Ils ne capturèrent que deux hommes encore vivants qui furent conduits au P.C. à Saigon.

16 Février 1943, Cochinchine, Opération Tenzu (5ème jour)
La *** Division a à présent quitté la plaine des Joncs et fouille le périmètre entre les deux rivières Vaicos. C’est une mission Piller-Brûler-Tuer. Chaque hameau est investi. Les habitants, hommes, femmes, enfants sont massacrés. Seules les femmes les plus jeunes et les plus belles sont épargnées. Comme tout ce qui a de la valeur, l’armée les revendra. Les paillotes sont ensuite détruites grâce aux lance-flammes type 93 dont sont munis certains hommes.

17 Février 1943, Cochinchine, Opération Tenzu (6ème jour)
L’initiative des combats passe aux mains du Vietminh. En pleine nuit, un poste de garde installé dans une pagode abandonnée au milieu des rizières au nord de Thu-can-mot (sur la Rivière de Saigon) est attaqué. La petite garnison japonaise se défend au milieu d’explosions de grenades. Les servants des mitrailleuses type 99 entassent des caisses aux entrées de leur cantonnement pour y positionner leurs armes. Tandis que le seul mortier du fortin commence un tir alterné d’obus éclairant et explosif, les soldats se dispersent dans des positions de combat improvisées.
Le premier assaut des Vietminhs est furieux. Les soldats sont armés de mitraillettes Thompson et de sabre d’abattis particulièrement affutés. Les grenades et les rafales ne touchent pas les soldats nippons bien retranchés. Toutefois, les éclats font quelques blessés légers. Les Viêts ne peuvent toutefois pas mettre à profit le flottement des défenseurs. Car les courtes rafales des mitrailleuses légères fauchent tous les imprudents qui s’avancent trop près des retranchements. Vers trois heures du matin, l’assaut est suspendu. Le silence, à peine interrompu par les gémissements des blessés abandonné sur le glacis et quelques coups de feu épars, dure jusqu’à quatre heures.
La seconde attaque est précédée de tirs de bouteilles de cocktails Molotov dont la formule tient de quelques légionnaires de la base Epervier, vétérans de la guerre d’Espagne (dans le camp républicain, bien sûr). Le toit de la pagode s’embrase comme une torche. Gêné par la fumée et la chaleur, les Japonais savent qu’ils ne pourront résister bien longtemps. Sous les ordres du lieutenant dirigeant le petit poste, les soldats chargent baïonnette au canon. Les Viêts sont d’abord bousculés, mais le nombre se met à jouer pour eux. C’est un combat d’un autre âge qui se déroule à la clarté dantesque de l’incendie. On s’étripe avec toutes sortes d’objets tranchants et contondants. Lorsque l’aube se lève, les Vietnamiens ont déjà décampés. Les 28 hommes de la garnison sont tous morts.

18 Février 1943, Cochinchine, Opération Tenzu (dernier jour)
Les troupes viêts qui la veille encore apparaissaient sporadiquement ont disparu dans la nature. Les patrouilles envoyées à la recherche du groupe qui a attaqué le poste de Thu-can-mot se referment sur le néant. Tandis que les officiers généraux se décident à publier un rapport vantant leur conduite de l’opération et la « sécurisation » de la zone au nord-ouest de Saigon, les chefs des différentes troupes engagées font grises-mines. Près de la moitié des hommes de la division coréennes, embarqués depuis Séoul en plein hiver, sont mûrs pour un séjour prolongé à l’hôpital. Au cours de la semaine passé dans la boue et en vêtements humides, certains ont pris froid. D'autres ont souffert de la chaleur de jour. Les herbes coupantes leur ont entaillés les mains, et dans cet environnement la moindre plaie non soignée s’infecte. Sans compter que les cachets de quinine distribués aux soldats ont fondus tandis qu’ils rampaient dans la boue. L’eau bue dans ces marais étant impropre à la consommation nombres d'entre sont à présent malades. Les moustiques ont également participé à l'hécatombe, inoculant la fièvre à de nombreux Coréens.


21 février 1943, delta du Fleuve rouge au sud est d’Hanoï
Entre Nam Dinh et Hanoï, le fleuve rouge est dominé par des falaises de calcaires et, au loin, les hauteurs du Phu No Quan. La région vivait d’un intense trafic fluvial, constamment surveillé par des patrouilleurs et des canots automoteurs de la marine japonaise.
Le paysage était une immense rizière quadrillée de diguettes et de villages. Les paysans en chapeau de paille conique, portant de lourdes charges trimaient sans cesse. Lorsque le hasard les mettaient en présence des soldats japonais, ils saluaient très humblement… l’occupant exigeait un tel comportement. On racontait qu’un officier avait décapité un paysan qui faisait preuve « d’arrogance ».
Au cours des trois derniers mois, la « guerre du riz » avait permis de résorber l’intense guérilla auquel l’Empire du Soleil Levant avait fait face dans le delta du Fleuve Rouge. Les soldats étaient venus dans chaque village prendre les enfants pour qu’ils aillent chercher les bœufs qui servaient aux travaux d’araire. C’était très malin et doublement. Les bœufs de rizière avaient l’habitude d’obéir aux enfants qui les conduisaient. Avec les enfants au milieu des soldats ennemis, les Vietminh n’osaient pas attaquer pour reprendre les bœufs. Les enfants étaient ensuite renvoyés à leurs villages.
Privés de la force des bœufs, les paysans devaient travailler encore plus durement pour produire le riz nécessaire à leur alimentation et qui était en grande partie réquisitionné par l’occupant. Les bras qui manquaient pour nourrir sa famille manquaient encore plus pour combattre les Nippons.
Dans les secteurs où la guérilla subsistait, les Japonais étaient venus prendre tous les hommes adultes et les déporter dans des camps de travail. Les femmes, les enfants et les vieillards restaient seuls dans les villages, peinant durement à la tâche. Ce qui restait de la guérilla se contentait de saboter les routes sur digue en les coupant de multiples tranchées. Ce qui donnait l’occasion aux Japonais de faire travailler leurs prisonniers à la reconstruction des dégâts. Un officier faisait alors un petit discours pour expliquer que le Grand Japon était contraint par leur propre méchanceté à agir de la sorte. Si les gens du village dénonçaient les étrangers qui commettaient les méfais, leurs hommes seraient délivrés. Ces allocutions n’obtenait cependant pas les résultats escomptés… pour la bonne raison que les « étrangers saboteurs » n’étaient autres que les femmes des villages. Le Vietminh – organisation communiste- prônait l’égalité des sexes… les Japonais profondément machiste étaient tout simplement incapables de considérer les femmes comme des adversaires. Ces opérations permirent cependant de capturer un responsable régional du Vietminh. Torturé, il finit par avouer que L’oncle Hô avait envoyé son « neveu favori » Phạm Văn Đồng redresser la situation dans le secteur. Ce dernier, patriote et ami d’Hô Chi Minh depuis l’époque de son exil à Canton, était aussi un ancien élève de l'Académie militaire de Whampoa qu’avait dirigé Tchang Kaï-chek. Anticolonialiste convaincu, il avait passé sept ans au bagne de Poulo Condor. Phạm Văn Đồng était aussi un des fondateurs de l’Armée Populaire Vietnamienne. Pour secouer l’inertie de la région, Phạm Văn Đồng avait décidé de frapper fort, en sabotant une route en plein jour. Il fallait montrer, disait-il, que les Vietnamiens étaient chez eux, qu’ils avaient le soutient de la population et pouvaient agir où et quand ils le voulaient. C’était aux Japonais de se déplacer dans la crainte d’une embuscade et non à la population de vivre dans la peur.
Les Japonais décidèrent de tendre une embuscade pour capturer Phạm Văn Đồng vivant (si possible) mais même mort, le neveu préféré de l’oncle Hô ferait un joli trophée. Une compagnie d’élite fut positionnée auprès de la route qui reliait les villages de Do Lé et Van Diem où l’homme était supposé conduire lui-même le sabotage. Par mesure de prudence, on tint à la garnison de la ville proche dans l’ignorance des événements car le Vietminh avait envoyé des espions sur place pour prévenir tout mouvement qui aurait menacé l’opération.
L’embuscade fut tendue, les soldats se placèrent loin de la route pour éviter de se faire repérer. Des Vietnamiens arrivèrent par petit groupe, à vélos pour la plupart. Et se positionnèrent sur la route. Ils tirèrent des pelles et des pioches des fagots de bambous jetés en travers de leurs selles. L’officier responsable de l’opération posa ses jumelles et se tourna vers son radio. Il était sur le point de donner l’ordre d’action qu’un vrombissement le fit se retourner. Une tankette type 94 avançait aussi vite qu’elle le pouvait. Visiblement la garnison locale avait réagi plus vite que tous l’avaient craint… craint, y compris par les Japonais en embuscade qui devaient soudain agir alors qu’ils n’avaient pas encore bouclé le secteur.
Les Viêts ne paniquèrent pas à la vue de la tankette. Ils savaient que la garnison voisine avait quelques blindés légers et avaient prévus le coup. Un des hommes mit en batterie un fusil anti-tank Boys. L’arme anglaise, abandonnée sur le front européen à cause de sa trop faible pénétration, n’était pas démodée en Asie où les chars Japonais paraissaient risibles comparés à ceux Occidentaux. De plus la type 94 était vulnérable à une simple mitrailleuse. Les balles W Mk 1 tirées au coup par coup frappèrent le blindé avec précision. La tourelle d’abord, neutralisant le commandant et servant de la mitrailleuse, le poste de pilotage pour arrêter le véhicule qui se mit à zigzaguer et versa dans la rizière. A ce moment, l’ordre de replis fut donné aux Viêts, Phạm Văn Đồng pouvait d’ailleurs vois les Japonais qui sortaient de leurs cachettes pour se rabattre vers eux.
Quelques courageux firent feu, mais il s n’avaient que quelques pistolets et de vieux fusils. Mais la plupart, Phạm Văn Đồng compris, se ruèrent sur leurs vélos. Une femme mis un genoux à terre, ajusta posément l’officier qui dirigeait la manœuvre et courba l’index… La balle fit exploser la tête de l'officier comme une pastèque trop mûre, dans la chaleur des rizières la plupart des Japonais avaient abandonné le casque Tetsu-Bo.
Ralentis par la boue des rizières, les japonais ne pouvaient faire la course avec des vélos qui roulaient sur une route. L’opération de Phạm Văn Đồng venait de s’achever par un succès bien plus éclatant qu’un simple sabotage… Il venait de ridiculiser l’armée japonaise en tuant un officier devant toute sa troupe sans que nul ne puisse rien faire. Lui-même n’avait pas perdu un homme… enfin homme… la plupart des courageux résistants étaient des femmes à commencer par le tireur qui avait fait ainsi beau carton.
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Dernière édition par Anaxagore le Mer Aoû 22, 2012 19:19; édité 13 fois
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Mer Aoû 08, 2012 22:23    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir Anaxagore,

Citation:
Cela faisait deux jours que la patrouille fluviale avançait sans difficulté menée par la main experte des pêcheurs qui savaient éviter sans à coups les bancs de sable. Et les soldats japonais se sentaient presque en vacance.


Citation:
Ils sont à peine en vue que les premiers tirs sifflent à leurs oreilles
.

Citation:
A 11h 30, le débarquement est terminé, seuls les tireurs de trois fusils mitrailleurs sont restés à bord des embarcations.


@+
Alain
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loic
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MessagePosté le: Mer Aoû 08, 2012 22:33    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Et les soldats japonais se sentaient presque en vacances.

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patzekiller



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MessagePosté le: Jeu Aoû 09, 2012 07:34    Sujet du message: Répondre en citant

je remarque que l'on n'a plus beaucoup de textes sur les activités aeriennes depuis DBP, la base est sensée pourtant acceuillir au moins des appareils français.... ou toutes les missions partent vers la chine?
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sting01



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MessagePosté le: Jeu Aoû 09, 2012 08:33    Sujet du message: Répondre en citant

Fevrier pres de Vientiane, le Mekong est bas, traversable a pied (on en avait jusqu'a la chevile, premier ilet ou les thais sous les ordres de 'big jaws' et les laotiens se sont battus dans annees 70, puis on en avait jusqu'au genou pour la moitiee laotienne). Donc les embuscades doivent etre relativement simple a installes, voir meme tout simplement des pieges rustiques.

Un petit detail qui pourrait etre croustillant : le Mekong pres de Vientiane a un poisson appele NAJA, c'est gigantesque (certains font plus de 20m de long) ayant uen forme similaire aux anguilles.

Pour les amateurs de John le Carre, le restaurant a Nong Kwai est toujours ouvert, et permets de gouter ce poisson (qui a un gout de veau).
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Anaxagore



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MessagePosté le: Jeu Aoû 09, 2012 09:30    Sujet du message: Répondre en citant

patzekiller a écrit:
je remarque que l'on n'a plus beaucoup de textes sur les activités aeriennes depuis DBP, la base est sensée pourtant acceuillir au moins des appareils français.... ou toutes les missions partent vers la chine?


C'est tout simplement que je n'y connais rien en avion... et en plus je ne sais même pas ce qui reste comme appareils aux Français.

@ Sting : je vais modifier le texte.
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patzekiller



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MessagePosté le: Jeu Aoû 09, 2012 11:51    Sujet du message: Répondre en citant

en tout cas, on sait que les tigre volant ont combattu en indo ftl, et il semble meme me souvenir que le gouvernement français avait fait parvenir qq H81 ou 87, je ne sait plus, il doit toujours y avoir qq survivant là bas, qui doivent plutot etre integrés à l'ombrelle US dans la region...
debut 43, ces appareils doivent etre à bout de potentiel mais pour 44 on pourrait imaginer que DBP serve de base à un "air commando" à la française
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raven 03



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MessagePosté le: Jeu Aoû 09, 2012 11:57    Sujet du message: Répondre en citant

bonjour
j'aime le texte.

un detail aero:
la rivalité armée /marine etant ce qu'elle est au Japon.
(meme si elle n'est pas aussi exacerbée en FTL) ...plutot qu'un Aichi E13A ( hydro exclusivement Marine) j'aurais choisi un Ki 36 "Ida" ou un ki 51 "Sonia" qui sont des monomoteurs de reco/appui. surtout aussi loin dans les terres.
d'ailleurs je ne sais meme pas si les radios etaient compatibles ( plages de frequences et les quartz..mais j'en doute serieusement.. Laughing

amicalement
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Anaxagore



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MessagePosté le: Jeu Aoû 09, 2012 14:34    Sujet du message: Répondre en citant

Comme dit un peu plus haut... je n'y connais rien en matière d'avion. Lorsque j'ouvre la bouche c'est pour dire des c*nneries. Mr. Green Merci de la correction.
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