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Texte intégral 1942 - Janvier-avril
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Juil 20, 2012 14:16    Sujet du message: Répondre en citant

Appendice 2
Rapport sur l’évolution de la situation

élaboré à l’intention du G.O.C. de la Région Militaire de Malaisie par les Etats-Majors des Services lors d’une réunion commune tenue à Simme Road
9 avril 1942, 20h00

Ce rapport est basé sur ceux des autorités civiles et militaires, dont la précision varie en fonction des circonstances et de la charge de travail pesant sur les équipes de terrain.

Présents
Contre-amiral Spooner (R.N.), Amiral Malaisie
Brigadier G.C. Eveleigh, Directeur délégué des Services du Matériel
Brigadier R.G. Moir, Transmissions
Brigadier T.K. Newbigging, Officier en chef de l’Administration
Brigadier I. Simpson, Commandant des Royal Engineers de Malaisie
Brigadier K.S. Torrance, Brigadier général, Etat-Major de la Région Militaire de Malaisie
Brigadier A.W.G. Wildey, Défense anti-aérienne de la Royal Artillery
Brigadier C.H. Stringer, Directeur délégué des Services de la Région Militaire de Malaisie
Brigadier C.D.K. Seaver, Directeur délégué des Services médicaux du IIIe Corps Indien
Squadron leader M.B. Bailey, Représentant du Bureau principal de la R.A.F. à Singapour

Royal Navy
Les réparations et le ravitaillement du petit nombre de bateaux civils et militaires restants se déroulent bien hors de Keppel Harbour. Sept petits vapeurs sont prêts à prendre la mer si une occasion se présente ou sur ordre.
Toutes les opérations de démolition en dehors des toutes dernières ont été menées à bien (notamment celle de l’épave du HMS Hermes). Celles qui restent doivent être effectuées sur instructions du commandement de l’Armée, puisque la base navale est à présent un élément tactique du champ de bataille.
Les réservoirs de mazout de la base sont préparés pour une destruction totale, comprenant celle des réservoirs de stockage eux-mêmes, des systèmes de pompage, des canalisations et des valves. Des charges explosives spéciales devront être utilisées pour enflammer le carburant et le mazout en feu se déversera dans le détroit de Johore, où le vent et les courants transformeront en un violent incendie liquide les eaux à l’est de la jetée, autour de l’extrémité nord de Pulau Ubin et dans l’embouchure du fleuve Johore, jusqu’à Kota Tinggi inclus. La quantité de carburant est si énorme que le feu devrait brûler pendant des semaines. La chaleur due à l’intensité de l’incendie provoquera des colonnes ou même un mur de fumée qui devrait s’élever à 2 000 pieds dans les airs, jusqu’à ce que cette fumée soit absorbée par les nuages de mousson ou dispersée vers l’est ou le nord-est. Une fois refroidies, des quantités de produits pétroliers non consumés retomberont sur le sol, en pluie ou même en blocs.

Artillerie
L’artillerie de campagne remplit actuellement en grande partie son rôle normal. Cependant, les Japonais utilisent apparemment des unités spécialisées de bombardiers en piqué. Comme l’ont montré les dernières actions en Malaisie, ces unités semblent être conservées pour faire pencher la balance à des moments décisifs en des points cruciaux du champ de bataille, pour emporter la décision. Leur cible principale est notre artillerie – principalement les unités de contre-batterie – et les retranchements les plus importants. Jusqu’ici, la seule réponse efficace est d’utiliser des pièces dispersées autour des positions de tir normales d’une batterie au combat et de tirer en brèves séries de coups rapides. Les seize unités de générateurs de fumée ont été d’une certaine utilité pour masquer les tirs de certaines batteries, ainsi que le fait de camoufler des canons dans des zones très soigneusement choisies, en donnant la priorité à la qualité de la cachette sur la portée et le champ de tir.
Destruction de batteries fixes dans le Secteur Ouest et dans le Secteur de la Jetée
La perte des batteries fixes dans les secteurs attaqués peut être attribuée au fait que ces batteries se sont découvertes en appuyant de façon soutenue les unités d’infanterie attaquées, permettant à l’artillerie ennemie de les repérer facilement, mais aussi au fait que la destruction par l’artillerie et l’aviation japonaises des filets de camouflages, des feuillages et des paravents en bois masquant nos canons les avait laissés à découvert, exposés aux attaques des bombardiers en piqué. De plus, les protections construites ces dernières semaines autour des nouveaux emplacements de batteries avec des sacs de sable, des planches, de la terre et du ciment avaient été très endommagées par le pilonnage subi par ces batteries. En effet, une seule des batteries détruites était permanente (celle de Pasir Laba).
Malgré tout, les emplacements des canons eux-mêmes sont de très petites cibles, et leur destruction par les bombardiers en piqué exige beaucoup d’adresse de la part des pilotes. Il faut aussi se souvenir qu’aucune de nos batteries n’a encore été atteinte par un coup direct de l’artillerie ennemie ou d’une attaque aérienne conventionnelle. Le travail continue pour améliorer la résistance des batteries aux near misses, grâce à l’ajout de plaques de blindage récupérées dans la base navale.

Transmissions
Pendant tous les combats en Malaisie et maintenant sur l’île de Singapour, nous avons souffert des médiocres performances de nos équipements de télécommunication sans fil. Par exemple, les radios de type 108 fournies aux bataillons pour les communications du QG avec ses compagnies de fusiliers sont censées avoir une portée normale garantie de 3 miles, mais elles ne sont fiables, par moments, que jusqu’à 150 yards. Seuls les modèles très puissants, avec leur très longues antennes rétractables, embarqués dans les camions de transmission des divisions alloués aux QG de brigade (et à d’autres unités selon disponibilité), ont régulièrement démontré une efficacité à peu près correcte.
Les vieux soldats, en particulier les vétérans des tranchées de la Première Guerre, sont maintenant très demandés, car des stocks d’équipement de cette époque ont été récupérés et sont en cours de livraison aux unités. Ce matériel ancien a prouvé sa fiabilité et son efficacité dans l’eau et la boue des Flandres et du nord de la France – Fullerphones, héliographes, lampes Lucas avec socles et batteries. Il en est de même de dispositifs du commerce destinés à l’utilisation dans les mines (comme les téléphones de mine de Western Electric).

Munitions
Dans les dernières vingt-quatre heures, plus de 5 000 tonnes de munitions ont été dépensées et au moins 250 tonnes perdues du fait de l’ennemi. Au fur et à mesure que davantage d’unités japonaises vont être déployées sur l’île de Singapour, il est à prévoir que dépenses et pertes vont croître en proportion, ce qui mettra certains types de pièces à court de munitions dans deux à trois semaines. En revanche, les stocks de munitions pour les armes navales servies par l’Armée dépassent à ce jour la vie opérationnelle de l’âme des canons.
Il ne semble pas que nous soyons menacés de pénurie de munitions pour les armes de 0.303, mais il faut craindre une telle pénurie pour les armes de 0.45 (pistolets, revolvers et mitraillettes Thomson) et pour les fusils antichars de 0.55. Les stocks d’obus pour les mortiers de 2 pouces sont adéquats, mais il faut s’attendre à des difficultés pour les mortiers de 3 pouces.
Cependant, on peut espérer une certaine amélioration de la situation, car nous continuons à découvrir des munitions dans les péniches et les entrepôts de Keppel Harbour. En effet, dans les dernières semaines où Singapour a pu recevoir des navires de transport, la priorité était de décharger ces navires le plus vite possible, et une grande partie des matériels et des approvisionnements ont été incorrectement répertoriés, étiquetés et rangés. Enfin, le déménagement des stocks de Karanji et de Nee Soon progresse ; leur proximité des combats en fait le point de délivrance de choix des munitions destinées aux unités sur le front.

Collaboration avec les Autorités Civiles
Nous fournissons actuellement 3 500 hommes à l’administration civile. De plus, 2 500 hommes sont employés à Keppel Harbour pour assurer la sécurité, trouver et déplacer les stocks de matériel, etc.
La fourniture d’électricité est problématique, à cause des attaques japonaises répétées contre la centrale Saint James. L’immeuble est en ruines, mais les chaudières et les turbines marchent encore. Les principales difficultés touchent les transformateurs et les zones de répartition et de distribution, où les équipes d’entretien n’arrêtent pas de réparer et de régler le système. Le plus gros point noir est le manque d’isolateurs en verre et céramique, qui sont relativement peu coûteux mais très vulnérables aux chocs et aux dommages causés par le souffle et doivent continuellement être remplacés. Pour maintenir la fourniture d’électricité, des centaines de nos hommes et de nombreux générateurs ont été placés à des points clés, comme des hôpitaux et des chambres froides pour la nourriture. En plus des générateurs militaires normaux et de ceux d’unités de la base navale, un quart des camions générateurs destinés aux projecteurs anti-aériens ont été prélevés sur la dotation des unités de DCA et mis à la disposition des services civils.

Services de Santé
Les ressources des services de santé sont pour l’instant à la hauteur du nombre de blessés. Cependant, si le rythme actuel des opérations se maintient, une sérieuse surcharge est à prévoir d’ici la fin du mois. Il y a aussi un risque de baisse de l’efficacité des services de santé si nos équipes médicales et leurs aides travaillent de façon prolongée au maximum de leurs possibilités sans prendre de repos.
Le système médical civil affronte déjà des problèmes majeurs en raison des attaques aériennes frappant la population. Depuis le mois de janvier, les pertes quotidiennes moyennes de la population civile du fait des bombardements sont de 20 morts et 60 blessés nécessitant une hospitalisation. Il est prévisible que ce chiffre augmentera de façon dramatique si la cité devait être la cible de violents tirs d’artillerie. Les conséquences ne sont pas allégées par les dommages infligés à l’infrastructure médicale civile et les pertes subies.
A l’heure actuelle, les pertes civiles quotidiennes n’augmentent pas malgré l’intensification des attaques aériennes, car de nombreux civils se sont réfugiés dans des habitations improvisées aux limites de la ville. Néanmoins, si les Japonais se rapprochent, ces gens reflueront vers la ville elle-même.
Si les Japonais n’autorisent pas l’utilisation de navires hôpitaux pour évacuer les malades et les blessés, nous aurons à faire face à une importante augmentation des blessés graves, absorbant des ressources médicales disproportionnées par rapport à nos possibilités et pouvant provoquer la désorganisation complète de nos services de santé. Bien entendu, les services civils s’effondreront aussi, car l’ennemi ne semble pas pour le moment tenter d’une façon quelconque d’épargner les civils.

Lignes de Communication et Travaux
Les problèmes normaux liés au séjour de troupes en zone civile ont virtuellement disparu, car les hommes ont bien trop à faire pour s’occuper d’autre chose que de leur mission. Le moral semble bon pour l’instant. Même dans les unités qui sont subi des pertes sévères, les problèmes de traînards et d’indiscipline à l’arrière du front sont relativement réduits.
Cependant, les bombardements créent des problèmes de circulation, de sécurité et de maintien de l’ordre légal en zone urbaine. Des compagnies de Police Militaire supplémentaires sont nécessaires pour le contrôle et la sécurité de la circulation et quelques bataillons d’infanterie pour assurer la sécurité intérieure et sur le terrain. Les zones de rassemblement permettant de mettre les civils à l’abri, de les loger et de les nourrir ont jusqu’ici bien joué leur rôle, mais il est douteux que cela suffise si les Japonais parviennent jusqu’à la ville.
Il est encore possible de compter sur les ouvriers civils dans la partie sud de l’île, mais ailleurs, on ne peut compter que sur des unités d’ouvriers enrégimentés pour travailler sous les obus et sous les bombes.

(signé)
Brigadier K.S. Torrance
Brigadier Général, Etat-Major de la Région Militaire de Malaisie
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Juil 20, 2012 14:18    Sujet du message: Répondre en citant

Appendice 3
Rapport sur la mission de l’Unité d’Exploration de la Flotte Combinée en Mer du Sud
Kuching, le 24 avril 1942 (document établi par l’état-major de l’Unité Spéciale)

Le 31 décembre 1941 dans la soirée, des ordres urgents furent reçus de la Flotte Combinée pour préparer et envoyer un navire convenablement équipé pour rechercher des documents et des systèmes techniques dans des épaves de vaisseaux ennemis après les victoires remportées par la Flotte dans les eaux méridionales. Il fut vite connu qu’il s’agissait d’un cuirassé anglais de classe King George V. La Flotte Combinée avait déjà choisi le mouilleur de mines moderne Yaeyama (1 380 t, 20 nœuds) pour cette tâche. Le chantier naval de Kure reçut la tâche de préparer le navire à appareiller dans les 36 heures. Le navire fut immédiatement mis en cale sèche pour rectifier tous les défauts éventuels. Ses canots normaux furent remplacés par des embarcations de transport de personnel du type emporté par les croiseurs et une grue de cinq tonnes (prélevée sur un bateau atelier pour hydravions en construction) fut ajoutée à la poupe. L’Ecole de Plongée reçut l’ordre de préparer six équipes de deux plongeurs qui iraient travailler avec les deux déjà installées à Kuching. Quatre plongeurs très expérimentés de la direction de l’Ecole se sont joints à eux. Une grande quantité de matériel a été embarquée, ainsi que des pièces détachées et du personnel de maintenance.
Le 1er janvier 1942, à nouveau sur ordre exprès de la 2e Flotte, les îles Tambelan furent occupées. Dans l’après-midi de cette journée, couverte par la force de l’amiral Kondo, la 3e Force d’Attaque Surprise du contre-amiral Hirose (DD Yamagumo, TB Chidori, Hatsukari, Manazuru, Tomozuru, deux dragueurs de mines, neuf chasseurs de sous-marins) débarqua des groupes d’infanterie de la Marine Impériale dans les îles Natuna, Selatan et Tambelan. Ces débarquements ne rencontrèrent pratiquement pas d’opposition.
Le 2 janvier, le Yaeyama put appareiller.
Le 15 janvier, le Yaeyama arriva en baie de Kuching.
Pendant ce temps, la 2e Flotte avait beaucoup fait. Une chaîne de postes de guet avait été établie, des hydravions montaient une garde constante contre les sous-marins ennemis et des avions de chasse surveillaient la région en permanence. Des champs de mines de couverture avaient été mouillés. Ils avaient été soigneusement positionnés pour qu’un sous-marin ne puisse tenter de torpiller le Yaeyama sans franchir auparavant un barrage de mines. Surtout, grâce à de nombreuses embarcations réquisitionnées sur place, le cuirassé ennemi avait été localisé avec précision, marqué par des bouées, surveillé, et un plan de l’épave avait été dressé. Il était évident que cette épave était d’une valeur incalculable, malgré le fait qu’elle fût couchée sur le côté et presque retournée.
Des chasseurs de sous-marins, des torpilleurs et divers petits bâtiments furent mis à la disposition de l’Unité d’Exploration pour apporter à Kuching le matériel et les documents récupérés.
Le 16 janvier, le Yaeyama arriva sur zone et les plongées commencèrent immédiatement. Dès ce moment, tous les objets récupérés furent au fur et à mesure envoyés à bord d’un torpilleur à Kuching.
L’exploration permit de récupérer de très nombreux documents. Un grand nombre de manuels sur le directeur de tir antiaérien “Type 285” furent ainsi découverts à l’avant. A l’arrière, les équipes de plongeurs récupérèrent plusieurs lourds meubles à quatre tiroirs. Ce fut une opération longue et compliquée, car ils durent être déboulonnés de la paroi, passés par une porte puis par une écoutille malgré la situation presque sens dessus dessous du navire, avant d’être remontés. L’un de ces meubles contenait des journaux de transmissions (surtout administratifs), mais l’autre devait contenir des livres secrets (“Classified Books”). Hélas, il s’avéra qu’il était vide ou presque, l’essentiel de son contenu ayant probablement été détruit d’une façon ou d’une autre lorsque le navire parut condamné (sans doute dès le début de la journée du 31 décembre).
Nous nous sommes aussi efforcés de récupérer tous les matériels ayant un rapport avec les radiodétecteurs et surtout les détecteurs eux-mêmes.
A l’arrière, sept autres meubles à quatre tiroirs furent récupérés dans les bureaux d’état-major. Eux aussi étaient presque vides. L’un des plongeurs les plus expérimentés réussit à pénétrer en fin de journée dans les quartiers de l’Amiral. Il en revint avec la nouvelle fascinante qu’un lourd coffre d’acier fermé et peint en rouge s’y trouvait. Il récupéra dans le bureau un grand nombre de papiers et de documents, y compris ce qui semble être le journal personnel de l’amiral Phillips. Il estima la masse du coffre à une tonne environ. Vu la situation du navire, il était impossible de remoner le coffre lui-même. Il fut décidé de forcer ce coffre, après nettoyage des bureaux d’état-major, avec des charges de 1 kg.
Le 20 janvier, les plongées continuèrent en dépit d’une mer formée et d’un temps venteux. Les plongeurs ne se laissèrent pas intimider par le danger (l’un d’eux eut une main écrasée), mais le Yaeyama mouilla deux crapauds d’amarrage supplémentaires. A l’arrière, dans les bureaux d’état-major, huit meubles à tiroirs furent récupérés, pour un total de 17. Ils avaient visiblement été vidés à la hâte, et il fut possible de récupérer quelques documents épars. Comme d’habitude, ce matériel fut immédiatement envoyé à Kuching par un torpilleur escorté.
Dans l’après-midi du 20, un avion ennemi survola le Yaeyama lors d’une éclaircie. Aucun message radio ne put être capté, mais l’avion s’en alla en direction de Singapour. Il fut impossible de l’intercepter. On décida de continuer à travailler dans la nuit, uniquement sur les bureaux de l’Amiral et de l’état-major, en utilisant les dispositifs d’éclairage déjà installés. Tous les plongeurs exigèrent de participer à cette très dangereuse activité. Il fut interdit à quatre d’entre eux d’y participer, pour permettre de poursuivre le travail le lendemain avec des hommes fatigués, mais non épuisés. Tous les plongeurs étaient en effet proches de l’épuisement quand cette nuit de travail commença. Ils tinrent néanmoins à faire leur travail, malgré le risque élevé, car la signification de ce qu’ils récupéraient leur avait été expliquée.
Le 21 janvier, peu après le lever du jour, le coffre rouge de l’Amiral fut forcé et son contenu récupéré. Deux plongeurs furent perdus, tous deux du fait d’erreurs élémentaires, provoquées par l’épuisement et le surcroît de travail. En fin de journée, le Yaeyama quitta le site pour les îles Tambelan.
Le volume des documents livrés à Kuching ne fut pas loin de déborder les équipes chargées de s’en occuper. Les meubles et coffrets furent immergés dans des bacs à circulation d’eau douce jusqu’à ce que tout le sel eût été rincé, ce qui fut vérifié par un test au nitrate d’argent. Sortis des bacs, meubles et tiroirs furent numérotés et ouverts. Les livres secrets et autres documents importants avaient très bien supporté l’immersion, car ils étaient fermés et empilés. Leurs pages furent précautionneusement tournées une à une, chacune étant photographiée au fur et à mesure par procédé Kodak. Une feuille de buvard, une de celluloïd et une autre feuille de buvard furent glissées entre chaque page pour éliminer le gros de l’humidité. Les buvards furent ensuite enlevés (non la feuille de celluloïd) pour être séchés et réutilisés, chaque page étant séchée séparément à l’air chaud par un marin. Ce travail prenait normalement 24 heures. Les journaux de transmission étaient les plus fragiles et avaient commencé à se désintégrer. Leurs pages ont dû être péniblement détachées les unes des autres et traitées individuellement. Il est regrettable que tous ces efforts n’aient presque rien rapporté d’intéressant, la plupart des documents secrets ayant évidemment été détruits, en application de consignes de sécurité dont nous avons d’ailleurs retrouvé un exemplaire !
Le contenu du coffre rouge fut traité de la même façon, mais il ne fut manipulé que par des officiers au-dessus du rang de lieutenant. On en fit aussi des copies photographiques. Cette fois, les documents récupérés se révélèrent de la plus extrême importance, et souvent parfaitement inattendus. Les originaux furent envoyés directement à l’amiral Yamamoto, transportés par deux officiers armés.
Le 22 janvier, le Yaeyama resta aux îles Tambelan pour reposer les plongeurs.
Le 23 janvier, le Yaeyama revint sur zone, avec des plongeurs reposés.
Du 24 au 27 janvier, le travail de récupération des documents reprit. De nombreux documents furent récupérés dans les bureaux de l’Amiral, dont ses documents personnels. Le 27, cette zone avait été nettoyée. A partir de ce moment, le travail continua à un rythme plus mesuré, de façon méticuleuse et systématique. Des ordres stricts furent reçus de l’amiral Yamamoto lui-même pour récompenser les plongeurs par des promotions au rang d’officier pour les sous-officiers, et par des grades supérieurs pour les officiers. L’amiral envoya à chacun des plongeurs une bouteille de saké de sa réserve personnelle, en reconnaissance pour les exploits accomplis, et affirma que le nom de chaque homme serait porté à la connaissance de Sa Majesté l’Empereur. Il envoya des instructions interdisant de risquer encore les vies des plongeurs, et demandant de dépouiller soigneusement le vaisseau amiral ennemi de tout le matériel accessible, ce qui fut fait.
Le 3 février, le premier plongeur put accéder au principal poste de transmissions. Ce poste était situé au cœur du vaisseau ; son accès, et plus encore son entrée, étaient très dangereux. Les innombrables cadavres pourrissant dans cette zone étaient un réel danger, attirant des hordes de poissons et posant aux plongeurs de véritables problèmes physiques et psychologiques dans l’obscurité des couloirs du vaisseau. Certains plongeurs n’ont pu supporter ces conditions de travail et la plupart ont attrapé de graves infections cutanées, car la moindre égratignure s’infectait, l’eau étant souillée par les chairs en décomposition. Les efforts pour pénétrer dans cette pièce furent dès lors abandonnés provisoirement, jusqu’à ce que les zones plus accessibles aient été vidées de tout élément intéressant.
Le 28 février, la récupération de la documentation de la plupart des salles de radiodétection était achevée, nous permettant de constater qu’une quantité surprenante de documents étaient disponibles en plusieurs exemplaires, mais leur exploitation, en l’absence des documents principaux, risque de s’avérer extrêmement difficile, sinon impossible.
Du 1er au 28 mars, alors que le travail continuait par ailleurs, un puits d’accès fut ouvert au-dessus du poste de transmissions principal. Dans les deux dernières semaines du mois, ce poste fut exploré et vidé. La plus grande partie du papier s’était détérioré, mais les machines de codage, les manuels d’utilisation de ces machines et un important volume d’archives furent récupérés, ainsi qu’un autre coffre rouge qui contenait un grand nombre de codes. Malheureusement, tous ces documents étaient imprimés avec une encre se diluant très facilement au moindre contact avec l’eau de mer, et ils étaient pratiquement illisibles, en dehors des pages de titre, nous laissant d’autant plus de regrets.
Du 29 mars au 22 avril, les opérations se poursuivirent. Finalement, le vaisseau ne renfermant plus guère de secrets, le Yaeyama retourna le 23 avril en baie de Kuching, où un camp de repos spécial luxueusement aménagé a été aménagé pour les plongeurs et leurs personnels de soutien. Ces équipes maintenant très expérimentées doivent en effet se reposer et leur équipement doit être entretenu, car leur intervention sera sous peu nécessaire à Singapour, dont la chute est prévue dans les prochains jours.
………
Note – Il est très heureux que les Britanniques aient conservé dans le bureau de l’Amiral une grande quantité de matériel qu’ils auraient dû détruire. Cela ne peut probablement s’expliquer que parce que l’amiral Phillips a été tué, que son état-major a été décimé et que personne n’a donné à temps l’ordre de détruire ses documents secrets. C’est une chance extraordinaire.
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mescal



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MessagePosté le: Ven Juil 20, 2012 15:42    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

quelques remarques et questions sur ce texte :

Citation:
18 avril
" Le bateau est rapidement coulé par les canons du croiseur lourd Nashville"

Le USS Nashville (CL-42), bien qu"il ait le même déplacement que les croiseurs lourds US est un croiseur léger (batterie principale de 6").

Citation:
"Le dernier bombarde le port de Nagoya, un objectif secondaire. Un seul navire japonais est atteint : le Ryuho – c’est l’ex-ravitailleur de sous-marins Taigei, tout juste converti en porte-avions léger. Assez sérieusement endommagé, il ne pourra être opérationnel que fin novembre."

Cela laisse entendre que le Ryuho est à Nagoya, alors qu'il est à l'arsenal de Yokosuka.
Les dégats sont relativement légers, le fait qu'il ne soit opérationnel qu'en novembre vient principalement du temps de conversion plus que de réparations.


Citation:
21 avril
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
"Thomas Kincaid"

-> Thomas Kinkaid

Citation de Yamamoto :
Citation:
"Une opération d’envergure pourrait donc attirer la flotte américaine dans une bataille où nous la détruirons. L’opération MO, l’attaque de Port Moresby, jouerait très probablement ce rôle, car la conquête de la Nouvelle-Guinée menacerait Nouméa et pourrait nous permettre à bref délai de couper les communications entre les Etats-Unis et l’Australie."

OTL, c'est le GQG (Nagano) de l'IJN qui pousse pour MO alors que Yamamoto y est opposé justement parce qu'il n'anticipe pas de possibilité de bataille décisive si loin au sud.
Pourquoi ce revirement de Yamamoto en FTL ?
Yamamoto toujours :
Citation:
"Une fois Midway entre nos mains et la flotte américaine anéantie, nous n’aurons plus qu’à occuper les Aléoutiennes pour compléter notre ceinture défensive."

Idem, le Yamamoto OTL se fait imposer l'occupation des Aléoutiennes par le GQG

Citation:
24 avril
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
"Elle est composée du porte-avions Junyo (24 A6M2, 15 D3A1, 10 B5N2)"

J'ai un double problème avec le groupe aérien : OTL le Junyo n'a pas un groupe aérien complet pour AL en juin (18 Zeros - dont 12 du 6th Kokutai - et 15 Vals). C'est symptomatique d'un rythme très lent de production d'avions embarqués (principalement pour les avions d'attaque). Je ne vois pas pourquoi ce serait différent FTL.
Par ailleurs, je ne suis a peu près certain qu'il ne peut pas opérer de B5N2. Le Junyo n'a apparemment jamais dépassé 23 noeuds en service actif, et le Kaga (27 noeuds) est connu pour avoir eu des soucis avec ses Kate en cas de faible vent.

Citation:
25 avril
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
"l’Hiryu (21 A6M2, 21 D3A1, 22 B5N2) et du Soryu (21 A6M2, 21 D3A1, 21 B5N2)"

Même remarque que pour le Junyo pour les groupes en sous-effectifs : au moment de Midway, chacun n'a que 54 avions à bord (18 de chaque type à un ou deux près)
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Olivier
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Juil 20, 2012 16:41    Sujet du message: Répondre en citant

OK pour les confusoins et coquilles (Nashville, Kinkaid, Yokosuka).

Pour le Junyo, j'ai plusieurs indications qu'il a bel et bien opéré des Kate.

En ce qui concerne les effectifs, j'espère que Fantasque pourra répondre, mais il s'agit d'une conséquence de "la France continue la guerre" : devant les réticences de la marine à entrer en guerre dans la situation FTL, Tojo lui offre différents avantages, dont une priorité accrue à la production d'avions - la courbe de production d'avions japonaise grimpe plus vite en FTL... pour atteindre plus tôt son maximum ! (c'est évoqué en 1941)

En ce qui concerne la stratégie, les circonstances ne sont pas les mêmes pour Yamamoto, la résistance alliée à l'ouest du théâtre "dévie" en quelque sorte le tableau. Priorité est donnée à l'isolement de l'Australie, son discours détaillé me semble l'expliquer.
A propos des Aléoutiennes, il s'agit simplement d'un ajout à la fin, "si tout va bien, on ira jusqu'au grand nord".
Je suis un peu flou, mais je pense que Fantasque pourra préciser encore.
_________________
Casus Frankie

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mescal



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MessagePosté le: Ven Juil 20, 2012 17:28    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:

Pour le Junyo, j'ai plusieurs indications qu'il a bel et bien opéré des Kate.


Il me semble que c'est des B6N Tenzan ("Jill" pour les Americains) qui composent son groupe aérien plus tard, mais ces derniers ont une motorisation beaucoup plus puissante que les Kate.
J'essaie de confirmer cela.

Citation:

En ce qui concerne la stratégie, les circonstances ne sont pas les mêmes pour Yamamoto, la résistance alliée à l'ouest du théâtre "dévie" en quelque sorte le tableau. Priorité est donnée à l'isolement de l'Australie, son discours détaillé me semble l'expliquer.


Oui, je comprends, mais c'est le cadre intellectuel dans lequel opère l'IJN en FTL qui me gêne un peu.
En deux mots, l'IJN en décembre 41 est caractérisée par un très fort conformisme intellectuel et une lourde "inertie analytique".
Et en FTL, ils se mettent a faire preuve de capacité d'adaptation étonnantes.
Dans une structure aussi rigide et hiérarchique que la société militariste japonaise de l'époque, je suis surpris qu'on fasse évoluer 40 ans de doctrine aussi vite et avec finalement relativement peu d'éléments nouveaux (jusqu'au 07/12/1941).

Je tacherai de faire un post un peu plus clair et complet dans un sujet à part pour ne pas "polluer" ce fil.
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Olivier
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Anaxagore



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MessagePosté le: Ven Juil 20, 2012 19:42    Sujet du message: Répondre en citant

Je suis d'accord avec mescal.
Le problème de la flotte japonaise est (au fond) le même que son armée. Elle est prisonnière des doctrines qui lui ont valu ses victoires à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle.
De plus, il y a un paramètre propre aux japonais, leur profond conformisme. Dans la société japonaise (surtout à cette époque) la morale et la conception des choses se fait par identification collective, celui qui sort du groupe est rejeté. Ce qui crée une doctrine rigide.
Yamato était un esprit fort et capable, qui s'était suffisamment illustré pour se permettre une pensée originale. Mais c'est une exception pas la thèse.
On peut arriver aux mêmes résultats mais en présentant la discussion entre un Yamato original et un groupe conformiste qui serait plus réaliste.
Il n'y a aucune raison pour qu'en FTL les Japonais soient moins rigides. Les raisons de ce comportement puise ses racines dans une mentalité qui s'explique par une histoire qui remonte sur des siècles.
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MessagePosté le: Ven Juil 20, 2012 20:03    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:

Pour le Junyo, j'ai plusieurs indications qu'il a bel et bien opéré des Kate.


Bon, je viens de vérifier, c'est dans Shattered Sword qu'il est mentionné que le Junyo "n'est pas considéré comme capable d'opérer des bombardier torpilleurs" (p46).

Cependant on trouve 7 Kate affectés au Junyo lors de la bataille de Santa Cruz. Au moins 5 de ceux-ci proviennent du Hiyo lorsque ce dernier subi son avarie de machine le 17/10/42 (The First Team and the Guadalcanal Campaign, p323).

Donc j'ai l'impression qu'on a un fonctionnement du type 'c'est pas supposer marcher à tous les coups, mais quand il n'y a pas d'autre solution on tente le coup'.
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MessagePosté le: Dim Juil 22, 2012 04:28    Sujet du message: Répondre en citant

Le QG britannique à Singapour était situé à Sime Road, et non Simme Road. OTL, Percival a abandonné le site pour revenir à Fort Canning lorsque les Japonais s'en sont approchés.
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MessagePosté le: Dim Juil 22, 2012 04:43    Sujet du message: Répondre en citant

Anaxagore a écrit:

Il n'y a aucune raison pour qu'en FTL les Japonais soient moins rigides. Les raisons de ce comportement puise ses racines dans une mentalité qui s'explique par une histoire qui remonte sur des siècles.


Le conformisme nippon n'ets pas un vain mot, mais il n'est pas synonyme de rigidité. Au contraire, la doctrine militaire japonaise, tant navale que terrestre, fait la part belle à l'initiative, à l'audace et à la réactivité. Il y a de nombreux exemples des grandes ressources d'improvisation de la part d'officiers généraux, comme par exemple le raid de l'amiral Mikawa qui a résulté en la désastreuse (pour les Américains) bataille de Savo. Et pendant toute la bataille des Salomons, son homologue Tanaka a fait des merveilles avec des bouts de ficelle.

Ce qui constitue la véritable malédiction de la pensée militaire japonaise, c'est le goût immodéré pour les plans hyper-complexes dont le ressort principal est la surprise et le but avoué d'attirer l'ennemi dans un piège. Il y a une délectation particulière à bluffer et confondre l'ennemi qui puise ses racines dans l'histoire du Japon médiéval. L'étonnante capacité des états-majors à coordonner des forces énormes à travers tout le Pacifique a été démontrée à plusieurs reprises, mais le ballet synchronisé de nombreuses Task-Forces était un art délicat qui impliquait que chaque exécutant se tienne scrupuleusement au scénario, d'autant plus que le silence radio était de mise, et surtout il fallait que l'ennemi se comporte exactement comme on l'attendait de lui. C'était donc moins une rigidité inhérente aux forces japonaises que l'attente excessive d'une rigidité de la part de l'ennemi, attente d'autant plus dangereuse que cet ennemi était souvent méprisé et sous-estimé.
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MessagePosté le: Dim Juil 22, 2012 05:13    Sujet du message: Répondre en citant

Kranji et non Karanji ?
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MessagePosté le: Jeu Juil 26, 2012 16:32    Sujet du message: Répondre en citant

Nous avons supposé que l'effort de guerre Japonais effectivement monterait plus tôt en puissance (après tout ils savent qu'ils devront affronter en plus la France FTL.....).

Oui, la véritable plaie des Japonais a été leur tendance à produire des plans trop complexes. C'est encore vrai aujourd'hui....

F
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MessagePosté le: Lun Aoû 06, 2012 20:33    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir Franck,

J'ai pas eu encore le temps de revoir attentivement les nouvelles moutures des intégrales mais dans celle du Pacifique il manque au 1er janvier ce paragraphe :

Citation:
Port-Saïd – Arrivée de la 2e Flottille de Sous-Marins d’Extrême-Orient, qui comprend les 1 500 tonnes Béveziers, Casabianca, Sfax et Sidi Ferruch, les 900 tonnes Aurore et La Créole et les mouilleurs de mines Diamant et Perle. La flottille doit ravitailler avant de traverser le canal de Suez.


Voulu ou pb de copier-coller ?

@+
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MessagePosté le: Lun Aoû 06, 2012 20:42    Sujet du message: Répondre en citant

Voulu !
Folc a mé-ti-cu-leu-se-ment (je suis admiratif) repris les aventures des sous-marins évoqués dans ces pages, et il apparaît que nous avions été un peu optimistes sur les délais. Ils ne sont à Port Saïd que le 6 janvier.
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MessagePosté le: Jeu Oct 04, 2012 00:21    Sujet du message: L'USAAF dans le Pacifique Répondre en citant

L’US Army Air Force face au Japon de mars à octobre 1942
Peu d’avions, beaucoup de missions


Au printemps 1942, les planificateurs de Washington devaient faire face à des choix difficiles dans l’affectation des forces aériennes américaines. Envoyer d’importants renforts dans le Pacifique Sud et en Chine imposait de sacrifier l’espoir d’une offensive aérienne rapide et puissante contre l’Allemagne, mais concentrer toutes les forces contre l’Allemagne signifiait que l’on acceptait le risque de perdre le Pacifique Sud, voire une partie de l’Australie et que l’on se désintéressait du sort de la Chine. Tout en faisant porter l’effort principal en Europe, il fallait donc accorder au Pacifique Sud juste assez de renforts pour le défendre efficacement et fournir à la Chine une aide au moins symbolique.

L’Air Force dans le Pacifique Sud
L’état-major général allié avait reconnu que l’Allemagne était l’ennemi le plus redoutable et que les forces devaient être réparties de façon correspondante. Mais l’Australie n’était pas incapable d’assurer sa propre défense, dans une certaine mesure au moins, grâce à ses troupes revenant du théâtre européen, tandis que les Britanniques lui fournissaient Hurricane, Wellington, et bientôt des Whitley et des Manchester, ainsi que deux divisions de troupes impériales. De plus, l’USAAF, un peu renforcée par les unités repliées des Philippines et des Indes Néerlandaises, était déjà présente en Australie et dans les îles entre l’Australie et Hawaii.
L’USAAF pouvait donc se contenter de renforcer les forces existantes sans affecter de nouvelles unités au théâtre Pacifique. L’idée de départ du général Brett (qui commandait les forces aériennes américaines en Australie) avait été d’opérer à partir de sept zones largement dispersées (Darwin, Townsville, Brisbane, Melbourne, Adélaïde, Perth et Sydney), mais la présence des forces alliées impliquait que ce plan pouvait et devait être aménagé. Par exemple, les installations de Brisbane étaient déjà entièrement occupées par la RAAF et la NEIAF. Le général Brett avait demandé à recevoir deux groupes de chasse de plus et trois groupes de transport, mais cette demande fut rejetée. La décision de maintenir sur place une force de six groupes de bombardement (deux légers, deux moyens et deux lourds) et trois groupes de chasse restait en vigueur, tandis que ces groupes recevaient la responsabilité de couvrir l’ensemble du Pacifique Sud-Ouest, en collaboration avec les Alliés – Australiens, Britanniques, Hollandais et même Français.

De pauvres aviateurs loin de chez eux…
Au 18 mars 1942, les effectifs aériens américains en Australie étaient pourtant bien maigres.
– Dans la chasse, ils s’élevaient à 92 P-40, 33 P-39 et 52 P-400 au sein des 8e, 35e et 49e Pursuit Groups, pour des effectifs nominaux de 80 avions par PG. Pire encore, seul le 49e comptait des pilotes ayant quelque expérience de la chasse : 13 en tout…
– La situation du bombardement était pire.
Le 7e Heavy Bombardment Group comptait 27 B-17 (dont 12 opérationnels) pour un effectif nominal de 35 et le moral des hommes était au plus bas. Le 43e Heavy Bombardment Group commença à arriver fin mars, mais le rythme prévu de deux B-17 par jour à partir du 20 ne fut jamais tenu. L’objectif de 80 B-17, plus 40 en réserve, pour le total des deux groupes de bombardement lourd ne fut jamais atteint en 1942, car les renforts dépassèrent à peine les pertes durant l’année.
Les 22e et 38e Medium Bombardment Groups n’étaient que des coquilles vides, avec une demi-douzaine d’avions opérationnels à eux deux. Néanmoins, dès le mois d’avril, le 22e allait recevoir 48 B-26 Marauder.
Les 3e et 27e Light Bombardment Groups avaient à eux deux 43 A-24, dont 27 opérationnels, pour un effectif nominal de 57. Ils furent complètement réorganisés et deux des Squadrons du 3e LBG convertis sur B-25.
– Par ailleurs, le 21st Troop Carrier Sqn, censé apporter son aide aux Lodestar de la NEIAF en Nouvelle-Guinée, fut au contraire déployé en Nouvelle-Calédonie pour participer au développement des installations en vue de l’opération Watchtower.
Si la situation des effectifs était désastreuse, celle de la logistique était catastrophique. Les squadrons de l’USAAF n’avaient presque pas d’équipes d’entretien en dehors de leurs échelons au sol organiques, et ceux-ci étaient bien au-dessous de la norme pour les Groupes évacués des Philippines. Ils n’avaient aucun support administratif. Si, sur ce plan, la RAAF pouvait les aider, l’appui technique et la disponibilité des pièces détachées étaient médiocres.

… harcelés par les problèmes d’intendance…
Les problèmes de commandement et de contrôle furent plus ou moins réglés à la fin du mois d’avril. Le général Blamey devint commandant de la Région Australie et le général Brett commandant de l’USAAF Expeditionary Force pour cette Région. Les discussions menées pour créer une force aérienne de théâtre unifiée, rassemblant les unités de la RAF, de la RAAF, de la NEIAF, de l’USAAF et de l’Armée de l’Air révélèrent des problèmes administratifs insolubles. Du point de vue opérationnel, l’Air Vice-Marshall Bostock (RAAF) et le général Brett assurèrent le commandement en équipe, et cet arrangement marcha de façon acceptable.
Mais cela ne suffit pas à régler les questions logistiques.
En Australie, l’USAAF devait faire face à une série de problèmes très gênants. En effet, elle n’était que l’élément “front” d’une force combattante, manquant d’une grande partie des éléments de soutien dont une telle force a besoin. La plupart de ces problèmes ne purent être corrigés qu’à la fin de 1942. Jusque là, l’USAAF n’avait pas d’autre choix que de se reposer sur la RAAF et même sur la NEIAF (qui développait des installations d’assemblage et un dépôt près de Brisbane) pour ses besoins élémentaires. Cela ne convenait à personne, introduisait des échelons intermédiaires superflus et nuisait aux capacités opérationnelles de tout le monde – cependant, chacun savait que ce n’était qu’une mesure intérimaire et les trois services firent preuve de la plus grande bonne volonté pour faire tourner la machine.
Finalement, Townsville devint la principale base américaine de la région. Le 35e Air Base Group fut le premier à s’y établir et cinq autres suivirent, un allant à Charters Towers, un à Sydney et un à Melbourne, où les machines venant d’arriver en caisses étaient assemblées et où les gros travaux d’entretien étaient effectués. Le dépôt permanent de ravitaillement et d’entretien établi à Townsville devint énorme, employant 6 000 personnes.
Mais tout cela prit du temps et l’USAAF dut faire de son mieux avec ce qu’elle avait pour soulager un peu la RAAF. En mai, les P-39 du 8e PG furent basés à Port Moresby et les P-40 du 49e PG à Darwin. Le même mois, les B-25 du 3e LBG et les B-26 du 22e MBG commencèrent à opérer en Nouvelle-Guinée, avant d’être transférés en Nouvelle-Calédonie pour appuyer les opérations dans les Salomon. De même, le 49e PG fut par la suite redéployé en Nouvelle-Calédonie pour en assurer la défense aérienne. Peu à peu, la défense des îles réparties entre l’Australie et Hawaii reçut une priorité élevée, car ces îles permettaient l’acheminement en vol de certains avions. Ainsi le 68 e Pursuit Sqn et ses 25 P-40E furent-ils envoyés aux Tonga, les 67 e et 70 e Pursuit Sqn aux Fidji, le 12 e à l’île Christmas etc.
L’établissement de ces garnisons provoqua un débat acharné au sein de l’USAAF, car il était contraire à tous ses principes de concentration des forces. On affirma que diluer ainsi les forces disponibles à travers le Pacifique garantissait d’être faible partout et fort nulle part, le tout à un coût inacceptable en ressources. C’était exact. Cependant, les forces du théâtre Pacifique dépendaient d’une structure stratégique très inhabituelle, une voie de ravitaillement linéaire sans aucune profondeur défensive. Il n’y avait pas d’autre choix que de tenter de la protéger sur toute sa longueur.

… mais combatifs
En dépit de tout, ce qu’il y avait d’avions ne cessa jamais les opérations contre les Japonais. Malgré un moral souvent défaillant, en raison des longues périodes passées dans des régions très reculées, à vivre dans des conditions très primitives, le courage et la combativité des pilotes ne furent jamais pris en défaut.
Au début, les missions organisées étaient surtout des reconnaissances ou de petits raids de bombardement effectués par des B-17, allant parfois jusqu’à Ambon ou Rabaul. Le 11 avril, les 10 B-25 disponibles, accompagnés de 3 B-17, volèrent de Darwin à Del Monte, aux Philippines, pour soutenir, si peu que ce fût, les hommes de MacArthur dans leur lutte.
Par la suite, il y eut des succès, comme ceux des P-40 basés à Darwin, qui firent payer cher à la Marine Impériale ses raids sur la cité, ou comme le raid sur Lae effectué le 16 mai par 14 B-25 de la NEIAF, quatre B-26 et deux B-17 de l’USAAF. Il y eut aussi des échecs. Les A-24 (version terrestre du SBD Dauntless), engagés en Nouvelle-Guinée et insuffisamment escortés, se firent décimer par les Japonais en avril-mai 1942. Pire peut-être, le 8e Sqn du 3e LBG perdit plus d’avions par accident que du fait des Japonais et ne totalisa que 29 sorties en combat ; fin mai, l’unité fut retirée à Charters Towers pour y recevoir des B-25. Cependant, la NEIAF recevant en priorité (selon la promesse du président Roosevelt) les B-25 qu’elle avait commandés (14 en juin et juillet), le 8e Sqn ne comptait toujours que trois avions en août !
A cette époque, Port-Moresby, mal protégé, n’était qu’une étape de ravitaillement pour les bombardiers qui partaient d’Australie et y revenaient. L’USAAF y avait basé une partie du 35e Pursuit Group. Cependant, ses P-39 et P-400 n’étaient pas des intercepteurs aussi efficaces que les Hurricane de la RAAF et subirent de lourdes pertes. En juin, quand le 35e PG fut remanié et alla recevoir des P-40 à Townsville, il avait perdu 29 P-39 et P-400 en combat, 8 sur atterrissage forcé et trois détruits au sol.
C’est surtout dans les missions de reconnaissance profondes que l’USAAF apporta un concours précieux, grâce à ses B-17. Ces derniers attaquèrent aussi Rabaul et Truk. Fin octobre 1942, ils avaient accompli 60 sorties.
Mais il faut souligner que, de mars à octobre 1942, le nombre réel d’avions de combat dont disposait le général Brett diminua au lieu d’augmenter : en raison de la guerre en Europe, les livraisons étaient moins nombreuses que les pertes.


L’Air Force en Chine
La Xe Air Force fut d’abord commandée par le général Brereton, puis par le général Naiden. Selon l’histoire de l’USAAF, en avril 1942, alors que Washington pensait que Brereton disposait d’un Pursuit Group et d’un Heavy Bombardment Group à effectifs nominaux, il ne commandait que 7 B-17 et 10 P-40, le reste des avions qui lui étaient assignés gisant le long des routes de transfert, en panne ou carrément transformés en épaves. De plus, les forces de Brereton n’étaient pas vraiment en Chine, mais en Inde.
Le principal point de rassemblement de la Xe AF était Karachi et le QG de Brereton était à New Delhi. En juin 1942, ce QG fut transféré à Chungking, mouvement rendu possible par le maintien de la Route de Birmanie. Cependant, il fallut deux Groupes de transport aérien pour relier Karachi à Chungking.
Les premières opérations offensives de la Xe AF furent des raids menés par de petits nombres de B-17 contre les quais de Bangkok et l’aérodrome de Victoria Point dans les nuits du 5 au 6 et du 6 au 7 mars. En avril, les raids se concentrèrent contre Victoria Point.

Principaux adversaires : l’Himalaya et Joseph Stilwell
Ce n’est qu’en juin que les premiers avions de la Xe AF commencèrent à s’installer sur les terrains chinois de la région de Chungking. Devant les difficultés rencontrées pour établir une liaison aérienne régulière, les officiers de Brereton avaient déjà compris que les plans initiaux étaient beaucoup trop optimistes sur ce point. De plus, pendant qu’il s’efforçait de résoudre ces problèmes logistiques, Brereton devait faire échec aux efforts du général Stilwell, désireux d’engager ses quelques B-17 dans des opérations d’appui tactique. Par bonheur pour Brereton, Tchang Kaï-Chek partageait à la fois sa piètre estime pour Stilwell et son désir de commencer au plus vite le bombardement des îles de la métropole japonaise. Néanmoins, jusqu’en juillet, devait noter Brereton, l’opération la plus massive menée par la Xe AF avait engagé exactement six appareils.
Les contrats de l’AVG expirèrent le 4 juillet et le général Chennault, nommé ce même jour à la tête de la China Air Task Force (CATF), installa lui aussi son QG à Chungking. En pratique, il commandait le bras armé de la Xe AF, pendant que Brereton retournait au QG de Delhi. Cette répartition des tâches était rendue nécessaire par l’énormité des difficultés. La Xe AF devait être ravitaillée à l’extrémité d’une ligne maritime de 19 000 km, suivie par un parcours mixte, fluvial et routier, s’achevant par la fameuse (et cauchemardesque) Route de Birmanie, ou par un parcours aérien des plus dangereux passant au-dessus de ce qui commençait à être connu comme “the Hump”, la Bosse : l’Himalaya soi-même. Karachi restait le principal dépôt aérien, car Rangoon était trop près des Japonais et de toutes façons déjà trop encombré.
Le 31 juillet, Brereton passait le relais au général Naiden. Il pouvait lui présenter l’ordre de bataille suivant :
Xe Air Force
7e Heavy Bombardment Group (effectif nominal, 35 avions). Converti en Composite Bombardment Group, doté de deux squadrons de B-17 et deux de B-25. Opérationnel en septembre 1942.
11e Medium Bombardment Group (effectif nominal, 57 avions). Doté de B-25. Opérationnel en septembre 1942.
51e Pursuit Group (effectif nominal, 80 avions). Doté de P-39. Opérationnel en octobre 1942.
23e Fighter Group (effectif nominal, 80 avions). Doté de P-40. Opérationnel en octobre 1942. Il s’agit en fait de l’ex-American Volunteer Group, qui opère depuis la fin de 1941 en étroite collaboration avec les forces aériennes françaises d’Indochine et dont les squadrons sont le plus souvent basés à Dien-Bien-Phu ou à Kunming (la ville chinoise la plus proche).
3e Air Depot Group.
1er Air Ferrying Group.
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