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Indochine 1944
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Hardric62



Inscrit le: 20 Avr 2019
Messages: 64
Localisation: Dijon

MessagePosté le: Jeu Aoû 27, 2020 17:06    Sujet du message: Répondre en citant

C'est l'heure de la relecture:

Anaxagore a écrit:
8 décembre 1944
Sur une route du Tonkin

C'était une foule qui avançait en colonne. Ils seraient la droite de l'étroite piste. Des hommes et des femmes entre douze et soixante-douze ans. Maigres, la poitrine et les joues creusés, ils avançaient avec une sorte d'énergie indomptable, un courage silencieux. Chacun d'eux marchait à côté d'un vieux vélo surchargé de caisses de munitions et de jerrycans d'essence qu'il tenait par le guidon.
Combien étaient-ils ? Trois cent ? Quatre cent ?
Sur cette piste cela faisait déjà beaucoup, mais il y avait d'autres pistes, d'autres colonnes. Et sur les cours d'eaux qui rayonnaient dans tout le Tonkin, des sampangs lourdement chargés allaient et venaient avec une inlassable énergie.
Ces petites embarcations des fleuves et des littoraux constituaient souvent le seul bien et même l'habitation de ceux qui les utilisaient. Des familles entières du grand-père à sa petite fille de trois ans y vivaient dans le plus grand dénuement.
Pourtant, certains sampangs avaient commencé à transporter des munitions pour le Vietminh dans les premières semaines qui avaient suivis l'invasion japonaise. Les propriétaires savaient qu'ils risquaient de tout perdre... y compris leurs vies, mais il en fallait plus pour arrêter des Vietnamiens.
Les nomades des fleuves et les coolies formaient une population misérable, vivant chichement et en travaillant durement pour acquérir le peu qu'ils recevaient. Aussi, ils étaient sensibles aux arguments du Vietminh: chasser l'envahisseur pour créer une société plus juste où il n'y aurait plus d'exploités ni d'oppresseurs.
Lorsque l'on parlait du Vietminh, on pensait d'abord aux guérilleros des jungles et des marais. Mais qu'avaient-ils faits pour libérer leur pays? Peu de choses et à quel prix ! Chaque garnison qu'ils avaient éliminée avait été vengée par des représailles sanglantes sur la population locale.
Les rares régiments réguliers du Vietminh, démunis d'armes lourdes n'avaient jamais réussis à remporter de batailles sans l'aide de l'artillerie et l'aviation des Français.
C'était cette population peu éduquée que l'on voyait sur les routes et les rivières du Tokin qui constituaient la véritable force du Vietminh.
Par centaines de milliers, par millions, ils avaient rejoint le soulèvement contre l'occupant japonais. Ils avaient écoutés et regardés ce que faisaient les soldats ennemis pour le rapporter aux commissaires politiques du Vietminh. Ils avaient saboté les routes et couper les fils du téléphone. Pour ce courage de chaque instant, ils avaient été affamés, volés, battus... et souvent exécutés.
Sans eux, surtout, le ravitaillement des différents maquis Vieminh aurait été impossible. Ce fleuve humain avait transporté des munitions dans tout le Vietnam. Lorsqu'il avait fallu défendre la cuvette de Dien Bien Phu, ils avaient démontré qu'il n'était pas impossible de hisser des pièces d'artillerie au sommet des collines boisées. Lors de l'opération Granite, ils avaient dégagé une piste d'atterrissage dans une zone "contrôlée" par les Japonais sans que ces derniers ne s'en aperçoivent.
Une fois encore, ils accomplissaient une mission impossible. Ce fleuve humain, avec des moyens dérisoire, armé uniquement du nombre et de l'obstination ravitaillait à présent Nan Cam.
Les avions anglais, merveille de la technologie de l'époque, volaient grâce à l'essence portée par cette inépuisable noria de pies nus et de visages creusés par la fatigue.


A ce train-là, il ne restera plus de Japs en 1945... Oui, j'ai vu la date de l'extrait. Ça ne change pas mon opinion.
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DMZ



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Messages: 1491
Localisation: France

MessagePosté le: Jeu Aoû 27, 2020 18:10    Sujet du message: Répondre en citant

Anaxagore a écrit:
C'était une foule qui avançait en colonne. Ils seraient la droite de l'étroite piste.

Il serait mieux vu qu'elle (la foule) serrasse la droite de la piste.
_________________
"Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte." "Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort." Giuseppe Garibaldi
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Anaxagore



Inscrit le: 02 Aoû 2010
Messages: 7583

MessagePosté le: Ven Aoû 28, 2020 14:40    Sujet du message: Répondre en citant

Hardric62 a écrit:

A ce train-là, il ne restera plus de Japs en 1945... Oui, j'ai vu la date de l'extrait. Ça ne change pas mon opinion.


Les Japonais ont perdu l'Indochine quant ils l'ont envahi avec aussi peu de moyens et avec une telle violence.

__________

11 décembre 1944
Saigon, Cholon, chantier naval près du "pont en Y"

Les chantiers navals de Cholon furent saisis par les Japonais après leur conquête de la ville. Devenus une possession de la firme Nishiman et donc sur le territoire japonais, ils ont bénéficié de l'extra-territorialité et de la protection de la Kempe Tai (la gendarmerie nippone) pour servir à l'entrainement de recrues notamment puisées parmi les jeunes adeptes du caodaïsme et destinées aux différentes milices collaborationnistes.
On a aussi construit des navires... un peu, parce que les Japonais avaient mieux à faire !
À la libération de la "capitale du sud", les chantiers accueillaient deux navires en cours de construction. Ils s'agissaient des jonques d'assez gros tonnage et prévues pour assurer le cabotage côtier. La paire de navires avait une grande capacité de transports
Oubliées pendant plusieurs mois du fait des troubles ayant suivi le terme de l'offensive du Têt, les deux jonques avaient enfin été achevées et sortaient à présent du port avec le drapeau jaune à trois bandes rouges du Vietnam flottant en haut du mât.
Les navires avaient reçu une motorisation primitive, un "semi-diesel à point chaud " pour l'un, un Bolinder à un seul cylindre pour l'autre. Des moteurs à 25 ou 45 cv qui ne tournaient pas au pétrole d'ailleurs mais... à l'huile de poisson!
Comme les sampans leurs cousins de plus petite taille, et les milliers de coolies, ils seront surtout utilisés dans le transport de munitions et d'essence.
_________________
Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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