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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Sam Avr 04, 2020 15:46    Sujet du message: Répondre en citant

gaullien a écrit:
pourquoi dans la version FTL les occidentaux soutiennent le shah au lieux de faire ce qu'ils ont fait dans la version OTL ?


Par "occidentaux" il faut entendre OTL les USA et le Royaume-uni, hors avec l'affaiblissement post-guerre mondiale et le retrait au début des années 70 de toutes les positions "à l'est de Suez", Londres n'a en réalité plus les moyens d'agir en Iran. Et les USA ont fait avec le Shah comme avec Moubarak le Pharaon au moment du printemps arabe, à savoir être pris par surprise, attendre de voir comment les choses tournent avant de lâcher leur ancien allié quand il est évident qu'il est démonétisé. En FTL les choses sont différentes en ceci que Londres n'est pas affaibli de manière catastrophique, et que le retrait des positions "à l'est de Suez" ne devrait pas se produire, conservant par la des moyens d'actions. Et ceci sont combinés à ceux des français qui ont leur propres intérêts et leurs bases dans la région. L'histoire des émissaires franco-britanniques qui proposent au Shah d'abdiquer en échange d'un soutien sans failles à son fils et héritier/successeur, tout en faisant disparaître Khomeyni est une adaptation d'OTL. Un envoyé français missionné par VGE est vraiment allé à Téhéran tenter de convaincre le vieux satrape de faire disparaître l'ayatollah en échange d'une abdication. Lequel religieux encombrant avait dans son entourage en France un agent de la DGSE chargé "d’assaisonner" de manière fatale le thé du barbu sur ordre. Ordre qui n'est jamais venu, contrairement en FTL ou l'action est franco-britannique est parvient à convaincre le monarque. Et le vieux barbu est proprement empoisonné, empêchant la révolution islamique d'avoir lieu avec toutes les conséquences ultérieures (guerre iran/irak, guerres du golfes, poussé de l'islam radical encouragé par les états de la région, ......) qui sont fortement amoindries voir annulées. Quand à l'Oncle Sam, aussi inattentif et malavisé FTL qu'OTL, il perd l'Iran mais au profit des européens qui ont fait la preuve qu'ils pouvaient "se mouiller" pour leurs alliés contrairement aux américains qui n'ont pas bougé pour soutenir le régime iranien.
_________________
"Au jeu des trônes, il n'y a que des vainqueurs et des morts, il n'y a pas de demi-terme". La Reine Cersei.
"Les gens se disent en genéral affamé de vérité, mais ils la trouvent rarement à leur goût lorsqu'on la leur sert". Tyrion Lannister.
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gaullien



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MessagePosté le: Dim Avr 05, 2020 17:10    Sujet du message: Répondre en citant

Capitaine caverne a écrit:
avec l'affaiblissement post-guerre mondiale et le retrait au début des années 70 de toutes les positions "à l'est de Suez", Londres n'a en réalité plus les moyens d'agir en Iran.


Londre n'a pas été si impuissant que cella pour agir en Iran :

"Les principales radios occidentales qui émettent des programmes à destination de l’Iran – la Voix de l’Amérique, la Voix d’Israël (cette dernière avec plus de prudence), et surtout la BBC – renchérissent, devenant des instruments de propagande et de désinformation contre le régime impérial. « La BBC, écrira le shah, se livre dans ses émissions en langue persane, dès le début 1978, à de violentes attaques contre mon régime. Comme si un mystérieux chef d’orchestre avait donné le feu vert à cette offensive. » En fait, la BBC, très écoutée dans le pays, était devenue, dès le début de 1977, la voix de la révolution iranienne Dans ses documentaires aussi comme Le Dernier Shah d’Iran, elle répand l’idée de la West toxification (l’intoxication occidentale) et promeut toutes les critiques comme celle de l’ayatollah Zanjani : « Le shah a un devoir de protéger et de répandre le chi’isme. Imaginez à présent ce qui arrive quand le protecteur de la tradition adopte le style de vie dont chaque élément offense cette culture. Les gens pouvaient voir ces choses. Ils n’osaient pas parler mais ils osaient penser. » "


"Khomeyni diffuse des cassettes incendiaires où le shah est dénoncé comme « un agent juif, un serpent américain dont la tête doit être écrasée avec une pierre ». La distribution et l’audience de ces cassettes – limitées, certes, mais amplifiées par la BBC qui les retransmet en langue persane"

"Devant les agressions systématiques de la BBC, il charge le Grand Maître du Protocole, Amir Aslan Afshar, de convoquer l’ambassadeur de Grande-Bretagne et de lui faire part, à titre personnel, de son émoi et de son étonnement devant la véhémence déployée par son pays. L’ambassadeur a beau jeu de lui répondre que la BBC est un organisme libre sur lequel le gouvernement de Sa Gracieuse Majesté n’a aucune prise, mais qu’il transmettra ses remarques. Quelques jours plus tard, il appelle Afshar pour lui dire que la veille, la BBC (service intérieur) a interviewé les dirigeants de l’IRA : « Vous voyez, même les terroristes peuvent s’exprimer contre le gouvernement dans notre télévision. Comment pourrions-nous intervenir pour modérer les critiques contre l’Iran ? » La demande officieuse d’Afshar ne concernait que les émissions radio en persan du BBC World Service, soumises comme partout à un droit de regard, sinon de contrôle, des autorités, et non le BBC Home Service. La mauvaise foi étant évidente, le shah, avec un sourire triste, n’insiste pas."
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Lun Avr 06, 2020 15:53    Sujet du message: Répondre en citant

En fait, je ne pensais pas à la propagande quand je parlais de moyens d'actions, mais plus d’éléments matériels concrets. Agents de renseignements, relais locaux, mallettes de cash, réserves d'armes, troupes régulières,......Et fin des années 70 OTL, sur ce plan la c'est la dèche pour Londres. Ce qui lui reste ne lui permet plus d'être un acteur majeur en Iran, contrairement à Washington qui fera toutefois preuve d'un net manque de lucidité sur le sujet.
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Mar Juin 16, 2020 15:02    Sujet du message: Répondre en citant

Voici les liens vers ce qui sera les différentes parties de mon œuvre! Comme çà, vous n'aurez pas à trop chercher si vous voulez lire quelque chose de précis.

Correspond au lien vers la page qui rassemble les différentes parties de mon travail préparatoire.
http://www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=805&postdays=0&postorder=asc&start=2490

Correspond au lien vers la page de couverture.
http://www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.phpt=2705&postdays=0&postorder=asc&start=0

Correspond au lien vers la page du sommaire et de l'avant-propos.
http://www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=15

Correspond au lien vers la page de l'introduction.
http://www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=30

Correspond au lien vers la page de la partie
http://www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=45
I) Des naissances difficiles dans une Europe convalescente (1946-1956), avec les sous-parties
..1) La CEE, une héritière de la CECA.

..2) De la seconde guerre mondiale à la rupture de la grande alliance.

..3) La CED, un enfant naturel de la guerre civile chinoise.


http://www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=60
Correspond au lien vers la sous-partie
..4) Un premier âge chaotique et mouvementé.
, et la première moitié de la
..5) La crise du canal de suez en 1956, entre fin d'une époque et renouveau (1ère partie)

http://www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=75
.
Correspond au lien vers la sous-partie
..5)La crise du canal de suez en 1956, entre fin d'une époque et renouveau (2ème partie)


http://www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=90
II). Des premiers pas compliqués sur la scène internationale (1956-1962).
..1. Une construction politico-économique qui progresse.

http://www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=120
Correspond au lien vers la sous partie
..2. Une CED qui se transforme et s'adapte.
..3. Dans un climat de tensions croissantes.

http://www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=135
Correspond au lien vers la sous partie
..4. Un activisme européen croissant dans les ex-empires coloniaux.
.5. La crise des missiles Turcs, une épreuve de vérité euro-américaine.

http://www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=165
Correspond au lien vers la sous partie
III) Les approfondissements institutionnels et les innovations des années 60 (1963-1969).
..1. La fusion des exécutifs européen.

http://www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=195
Correspond au lien vers la sous partie
..2. La crise de la Politique Agricole Commune.
..3. La question des armements de la CED.
..4. L'affaire du Biaffra et la guerre des six jours.(La guerre du Biafra)

http://www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=210
Correspond au lien vers la sous partie
..4. L'affaire du Biaffra et la guerre des six jours.(La guerre des six jours)

http://www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=225
Correspond au lien vers la partie
IV). La crise de croissance des années 1970 (1970-1979).
..1). De nouveaux élargissements pour les communautés européennes.
..2). Une démocratisation des parlements européens.

http://www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=240
Correspond au lien vers les sous parties
..3). Les réponses aux difficultés économiques des années 70.
..4) . L'affirmation identitaire et territoriale de la CED.
..5). Action en zone grises, la guerre du Ramadan et le cas Iranien.

www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=255
Correspond au lien vers la grande partie V
V). Affirmation et prise de conscience d'une communauté (1980-1984).
..1). L'acte unique européen, la grande mise à jour institutionnelle.
..2). La CED devient un acteur politique majeur grâce au dossier israélien.
..3). La guerre des malouines et le retour des européens dans le concert des grandes puissances. (1ère partie)

www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=270
www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=285
Correspond à la deuxième partie de
..3). La guerre des malouines et le retour des européens dans le concert des grandes puissances. (2nde partie)

www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=300
Correspond au lien vers la grande partie VI
VI. Le Grand réveil des européens (1984-1993).
..1) Vers l'Espace Schengen et l'Union Européenne.
..2) La grande réforme de la CED du tournant de la guerre froide .

www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=315
..3) L'affaire libyenne entre punition et coercition.
..4) Vers la fin du conflit israélo-palestinien.

www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=345
VII. La montée en puissance des communautés européennes (1993-2005).
1)L'Union Européenne après les Accords de Schengen, approfondissements et évolutions.
2) Vers l'Euro, la monnaie unique européenne.
3) Un second Traité de Rome un demi-siècle après le Premier.

www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=2705&postdays=0&postorder=asc&start=375
4) L'après guerre froide de la CED entre réformes et élargissements.
5) La CED gendarme de l'Afrique et les évènements rwandais.


6) Les paix israélo-palestiniennes et israélo-arabes.

VIII. Des tensions croissantes entre UE et CED (2006-2015).

IX. Vers la fusion entre communautés (2016-2024)

X. Depuis l'unification européenne (2024-2034).
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Dernière édition par Capitaine caverne le Sam Aoû 22, 2020 08:10; édité 2 fois
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lbouveron44



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MessagePosté le: Jeu Juin 18, 2020 01:25    Sujet du message: Répondre en citant

Ah super !
@casus pas moyen de faire une édition en PDF sur le site, en annexe ?
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Mar Juin 23, 2020 18:38    Sujet du message: Répondre en citant

lbouveron44 a écrit:
Ah super !
@casus pas moyen de faire une édition en PDF sur le site, en annexe ?


J'aimerais bien, mais ça n'est pas vraiment dans les tuyaux pour l'instant!
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Jeu Juin 25, 2020 17:50    Sujet du message: Répondre en citant

4) L'après guerre froide de la CED entre réformes et élargissements (la suite).
Le 17 Janvier 1996 eut lieu un évènement qui ne figura pas dans les médias, mais n'en n'était pas moins lourd de conséquences pour l'avenir des européens. L'UE et CED actaient le désaccord profond qui les séparaient quand à la réponse à apporter au système américain ECHELON. De fait, l'existence du système était déjà connue des gouvernements européens mais ceux-ci pensaient qu'il était entièrement tourné vers le bloc de l'est et non orienté vers eux. Les gouvernements se posaient d'autant moins de questions qu'ils bénéficiaient d'un accès assez large au système pour leurs propres besoins. Ayant découverts que le système d'interception américain était loin d'être inoffensif pour les européens et leurs intérêts, les gouvernements s'étaient divisés et n'étaient pas parvenus à mettre au point une réponse commune. De fait, l'UE décida de se contenter de mettre au point une directive permettant aux autorités de ses états membres d'effectuer des écoutes sur tout le territoire de l'Union tant que ces écoutes respectent la législation en vigueur. La CED décida pour sa part de mettre sur pied son propre système d'interception des transmissions électroniques, indépendant de celui des USA et strictement réservé au seul usage des européens (1). Il fut d'autant plus facile de détourner l'attention des citoyens européens que dès le mois suivant débuta la "grande rué de 1996", avec les premières d'une série de demandes d'adhésion à la CED. Le 15 Février alors qu'ils étaient réunis en sommet à Visegràd en Hongrie, la Pologne, la Hongrie, la République Tchèque et la Slovaquie décident de faire une demande commune d'adhésion à la fois à la CED et à l'Union Européenne, afin d'augmenter les chances que leur candidature soit acceptée par Bruxelles et Londres. Leur idée était de bénéficier de la prospérité de l'UE et de la sécurité de la CED. Ce fut la formation du groupe dit de Visegrad. Si en Europe on se félicitait de la chose, Moscou protesta vigoureusement dans les jours qui suivirent car si l'adhésion à l'Union Européenne était bien vue, ce n'est pas le cas de celle à la CED. Il s'agissait pour l'URSS d'une violation des accord américano-soviétiques de la fin de la guerre froide qui prescrivaient que les anciens pays de l'est ne pourraient adhérer à la CED que si les pays européens membres de l'OTAN y entraient tous d'abord (2). Le 16 Avril, la Norvège déposa à son tour une demande d'adhésion à la CED. Pour cet état scandinave très atlantiste, il s'agissait de faire preuve de pragmatisme et de rejoindre une organisation de sécurité collective ayant fait ses preuves face à une Otan en perte de vitesse avec le retrait des forces de combats américaines d'Europe. Hors la Norvège se sentait très exposé face à l'URSS dont le territoire n'est à quelques dizaines de kilomètres du sien à son extrémité septentrionale. Le 4 Mai, la Grèce demandait à son tour de pouvoir adhérer à la CED, officiellement pour renforcer son ancrage européen en entrant dans la Communauté après être devenu membre de l'UE. Officieusement pour s'assurer que son puissant et encombrant voisin turc avec lequel elle entretenait des relations compliqués, resterait tranquille en dépit de l'hostilité latente qui existait entre les deux pays. Mois d'une semaine plus tard, le 10 Mai, d'autres candidats se firent connaitre .Réunis en sommet à Vilnius en Lituanie, les représentants de l'Albanie, la Bulgarie, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie et la Yougoslavie décidèrent d'imiter la démarche du Groupe de Visegrad et de déposer une demande conjointe d'adhésion à la CED et à l'UE. Ce fut la formation du groupe dit de Vilnius. Comme pour la Pologne, la Hongrie, la République Tchèque et la Slovaquie, l'URSS protesta fortement. Si l'entrée dans l'UE était accepté en tant que facteur de paix et de prospérité, donc de stabilité, ce n'est pas le cas de l'entrée dans la CED qui était vue comme un geste hostile envers Moscou dont l'hostilité s'accrut sensiblement.
Craignant un emballement au conséquences potentiellement difficilement calculables, les dirigeant européens se décidèrent à régir. Le 26 Juin, désireux d'éviter des candidatures trop nombreuses pour que la CED ait les capacités humaines, techniques et financières d'absorber les nouveaux adhérents, le Haut-commissaire fit savoir avec l'accord des états membres et du parlement communautaire que désormais toute nouvelle candidature ne serait admissible que si les précédents demandeurs officiellement agrées soient eux-mêmes devenus membres. Pour nombre d'états européens, ce fut une sévère douche froide, mais à Londres et dans les capitales de la CED ce fut un réel soulagement. La menace d'une facture insurmontable et de problèmes politiques graves avec Moscou commençait à s'éloigne doucement. Heureusement pour eux, les allemands avaient été les premiers à se lancer et virent leur initiative récompensé. Le 2 Mars 1996, à l'occasion d'un sommet de la CED à Porto, la Communauté Européenne de Défense avait fait savoir qu'après six mois de réflexion, la demande de l'Allemagne d'adhérer à la communauté était accepté. Il s'agissait en effet d'une opportunité unique pour la CED d'accroitre de manière sensible sa force avec l'adhésion d'un seul nouveau membre tout en espérant que cela inciterait d'autres pays européens membres de l'Otan à faire une demande d'adhésion. A cette occasion, les chefs d'état et de gouvernements avaient donné leur accord pour satisfaire une vieille demande des militaires de la CED, à savoir la création de nouveaux commandements régionaux pour gérer les opérations des forces communautaires dans certaines régions du monde. L'année se termina par une annonce qui fit date, avec le 4 Décembre, lors du Sommet européen de Saint-Malo réunissant les chefs d'états et de gouvernement de la CED, et traitant des politiques étrangères et de défense européennes, les premiers ministres britanniques et français exprimèrent le souhait devant leurs collègues d'une autonomisation stratégique complète de la Communauté Européenne de Défense vis-à-vis des USA. Dans la déclaration commune présenté à la fin du sommet, il fut toutefois rappelé l'importance du rôle et de la place de l'OTAN, et notamment le fait que les actions entreprises par la CED en toute autonomie ne sauraient engager la responsabilité de l'Alliance Atlantique (3).
Toutefois, pour l'heure les rapports transatlantiques s'amélioraient avec une évolution institutionnelle attendue de longue date par leseuropéens. Le 29 Mai 1997 eut lieu la signature du Traité de Sintra au Portugal entre l'OTAN d'une part et la CED d'autre part, créant le Conseil de Partenariat Euro-Atlantique (CPEA). Appelé Euro-Atlantic Partnership Council (EAPC) en anglais, il s'agissait sur le principe d'un forum bilatéral ou européens membres de la Communauté Européenne de Défense et les autres états membres de l'OTAN discuteraient des questions politiques, militaires et sécuritaires d'intérêts communes et mettraient aux points les politiques et programmes jugés nécessaires pour y répondre. Dans les faits, il s'agissait de la traduction concrète de la demande des européens d'une plus grande autonomie vis à vis de l'OTAN en général et des USA en particulier. Le CPEA/EAPC était le résultat d'un compromis entres les plus radicaux des européens favorables à une autonomie complète, les européens atlantistes partisans d'un lien fort avec les USA et les USA eux-mêmes. Le résultat fut un rééquilibrage dans les rapports euro-américains avec l'émergence d'un véritable pilier européen fort au sein de l'OTAN au côté du pilier américain. Les européens étaient désormais reconnus comme autonomes et traité sur un pied d'égalité par les américains, même si dans les texte la CED restait officiellement subordonné à l'OTAN (4). La question des rapports avec l'URSS s'améliora aussi dès lors qu'un arrangement fut trouvé avec Moscou. Les 8 & 9 Juillet, lors du Sommet de la CED de Madrid, trois pays furent officiellement invités à intégrer la Communauté Européenne de Défense après que leur candidature ait été acceptée. Il s'agissait de l'Allemagne, de la Grèce et de la Norvège à qui il restait nécessaire de faire ratifier la chose par voie référendaire d'ici la fin de l'année. Le principe du refus d'adhésions rapides et massives des ex-pays du bloc de l'est fut maintenu, en échange de la signature d'un accord de défense multilatéral incluant tous les pays candidats à l'adhésion à la CED. De même, aucune troupe de la CED ne serait positionné sur le sol des pays candidats tant que ceux-ci n'auraient pas adhéré formellement, en échange ceux-ci pourraient moderniser de manière accéléré leurs forces avec le meilleur des technologies d'armements occidentales. Le président soviétique Gorbatchev présent en tant qu'invité marqua son approbation et proposa la mise en place d'une instance de dialogue bilatérale URSS/CED. Si le sommet se déroula globalement bien, de nombreux membres reconnurent s'inquiéter du cout du futur élargissement, tandis que les PECO protestaient devant ce qu'il considéraient comme une mise en danger de leurs pays tout en maintenant leurs candidatures. Le 16 Novembre, eut lieu le référendum tant attendu de manière simultané dans les trois pays concernés, les peuples allemands, grecs et norvégiens votant en faveur de l'adhésion à la CED de leurs états. Les taux de participation furent d'environ 54% avec un vote favorable à plus de 85% en moyenne. Les militaires de la Communauté Européenne de Défense avaient vu auparavant aboutir une de leur vieilles revendications avec le 1er Octobre 1997, l'activation du troisième commandement régional des forces de la CED, le MECOM ou Middle-East Command dont le siège était localisé à Bander-Abbas en Iran (5). Le MECOM venaitt après l'EUCOM ( ou EUropean COMmand à Mons en Belgique) et l'AFRICOM (ou AFRIcan COMmand à Djibouti). Il avait pour fonction de gérer l'ensemble des opérations de la CED au Moyen-Orient de l'Egypte à l'Afghanistan et de la Turquie au Yémen. Il avait sous sa responsabilité les bases de Bander-Abbas en Iran, Mascate au Sultanat d'Oman, Al-Dhafra aux Emirats-Arabes-Unis, Ali Al Salem au Koweit et Tripoli au Liban.
L'année 1998 fut assez calme pour la Communauté avec seulement deux évènements significatifs, le 12 Mars 1998 la signature du Traité de Berlin dans la capitale allemande entre la CED et les trois états ayants signifiés leur volonté d'adhérer à la Communauté Européenne de Défense. Le traité signifiait l'adhésion de l'Allemagne, de la Grèce et de la Norvège à la communauté et devait entrer en vigueur au premier janvier de l'année suivante. La question de l'attitude à adopter vis à vis des PECO anciennement communistes fut tranché quelques mois plus tard, le 11 Septembre 1998. Lors du sommet de la CED d'Oslo, la Communauté Européenne de Défense proposa aux ex-pays du bloc communiste de bâtir un partenariat spécifique afin de garantir leur sécurité en attendant qu'ils puissent adhérer à la CED. Une proposition similaire fut faite pour les états qui se voulaient neutres pendant la guerre froide et qui voulaient le rester, mais avec des garanties plus solides que les précédentes. L'année 1999 commença avec une nouvelle attendue. Le 1er Janvier la CED intégra officiellement trois nouveaux membres, avec l'entrée dans la communauté de l'Allemagne, de la Grèce et de la Norvège. La CED des sept devenait la CED des dix. La question des futurs élargissements fut abordé le 12 Mars lors du sommet de la CED de Düsseldorf. A cette occasion les états membres firent savoir que l'intégration des derniers candidats ayant eu lieu, de nouvelles candidatures pouvaient êtres déposés et que seraient déclarés prioritaires celles venant des états européens membres de l'OTAN. Celles venant des PECO ne le seraient pas mais resteraient prisent en compte et placés en attente. La CED renouvela son offre d'un partenariat spécifique avec les anciens pays du bloc communiste qu'il s'agissait de rassurer. Les rapports avec l'URSS restaient une question sensible dans un monde en pleine évolution depuis la fin de la guerre froide, et le 3 Avril, le Commissaire de la CED aux relations extérieures fit savoir dans un communiqué officiel que la CED proposait officiellement à l'URSS d'adhérer à l'OTAN et/ou à la CED. Il s'agissait pour les européens de commencer à rapprocher soviétiques et occidentaux afin de contrer la formidable montée en puissance des états asiatiques, République de Chine et Union Indienne en tête. Bien que Moscou déclarera prendre acte de la proposition européenne dans la semaine, elle restera de fait sans réponse pendant plus d'un an. Quelques semaines plus tard, les 24 & 25 Avril, lors du sommet OTAN/CED de Washington, la décision fut prise de renforcer les politiques menées par les deux organisations. Le Conseil de Partenariat Euro-Atlantique et le Dialogue Méditerranéen virent les moyens qui leurs étaient consacrés augmenter. Ainsi que d'en créer une commune, le Plan d'Action pour l'Intégration (PAI). Le PAI définissait les critères et le calendrier d'adhésion à l'OTAN et/ou la CED des pays candidats et concernait l'ensemble des pays qui n'étaient pas membres de l'une ou l'autre des deux organisations et qui voudraient adhérer. La mesure visait particulièrement les ex-pays du bloc communiste toujours en quête de garanties de sécurité. Les états traditionnellement neutres obtinrent les garanties minimales qu'ils souhaitaient avec le 9 Mai 1999 la signature en Finlande du Traité d'Helsinki entre la CED d'une part et Chypre, la Finlande et la Suède d'autre part. Le traité instituait un Partenariat Européen pour la Paix (PEP) ou European Partnership for Peace (EPP) en Anglais. Le partenariat avait pour objectifs d'assurer la sécurité des états neutres pendant la guerre froide et qui entendaient le rester. Concrètement, il s'agissait d'établir des relations avec les gouvernements des états concernés et de leur fournir une aide en matière de planification politique et militaire. Ainsi qu'avec leur forces armés en les aidant à travers des programmes en matière d'entrainement, de formation, des exercices et d'acquisition de matériel (6). Le 1er Décembre, alors que les autres états européens ne s'y attendaient pas, l'Irlande et la Suisse signaient leur adhésion au Partenariat Européen pour la Paix (PEP), estimant que le programme répondait à leurs besoins tout en rassurant les grandes puissances qu'étaient les USA et l'URSS. Le même jour, le versant CED du Plan d'Action pour l'Intégration entre officiellement en vigueur et les candidats à l'adhésion devaient désormais remplir cinq critères. D'abord la volonté de régler ses différents internationaux, ethniques ou territoriaux par des moyens pacifiques conjointement à la reconnaissance de la suprématie de la loi et des droits humains, ainsi qu'au contrôle démocratique des forces armées. Ensuite d'avoir la capacité de contribuer aux missions de sécurité et de défense de l'organisation. Mais aussi d'allouer suffisamment de ressources aux forces armées pour qu'elles soient capables de remplir les obligations dues à leur adhésion. Puis d'assurer aux mieux la sécurité des informations et sites sensibles, et enfin de modifier la législation nationale pour la rendre compatible avec celle de la Communauté. Les militaires de la communauté continuèrent en 1999 à voir la matérialisation des promesses qui leur avaient été faite avec la création d'un nouveau commandement. Le 1er Novembre eut lieu l'activation de l'AMERICOM, le quatrième commandement régional des forces de la CED. Son siège si situait à Belmopan au Bélize et son autorité s'étendait de la Terre de Feu au Groenland. Il gérait l'ensemble des opérations des forces armées communautaires sur cette très vaste région et s'appuyait sur les bases de Belmopan au Bélize, Port-Staley aux Malouines, Paramaribo au Surinam, Nassau aux Bahamas et Langlade à Saint-Pierre et Miquelon (territoire français d'outre-mer).


(1) Signant ainsi l'acte de naissance du système Ulysse de renseignement électronique européen, opérationnel dès 1999 pour ses capacités initiales.
(2)Washington, davantage préoccupé par la situation en Asie, fera mine d'ignorer la plainte des soviétiques et laissera les européens gérer le problème.
(3) C'est la date la plus couramment admise par les historiens européens pour marquer le début du délitement des relations euro-américaines qui devait aboutir à une rupture une génération plus tard.
(4) Le fonctionnement du conseil ne fut jamais facile tout au long de son histoire, les USA interférant constamment par alliés interposés.
(5) La combinaison de l'influence européenne en Iran et la perception par ceux-ci que Téhéran était un allié plus fiable que les capitales arabes avait aboutit au choix d'une localisation iranienne.
(6) Mais aussi de planification et de réponse aux catastrophes naturelles, de la résolution des problèmes scientifiques et environnementaux, de la professionnalisation des forces de sécurité/défense, ....

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MessagePosté le: Dim Juil 12, 2020 16:23    Sujet du message: Répondre en citant

4) L'après guerre froide de la CED entre réformes et élargissements (la suite).
Le 10 Février 2000 l'Autriche adhéra à son tour au Partenariat Européen pour la Paix, suivi le 26 Avril par Malte. Adhérant à son tour au Partenariat Européen pour la Paix qui comptait désormais sept membres et rassemblait tous les pays européens neutres pendant la guerre froide et qui espéraient le rester grâce au Partenariat. Moscou protesta tout de même, car y voyant une manœuvre préalable à une future adhésion de plein droit à la CED. Ce qui posait d'évident soucis aux PECO, tous anciens vassaux forcés de l'empire soviétique. Hors le 3 Mars avait eut lieu le début des discussions entre la CED, le Groupe de Vilnius et le Groupe de Visegrad afin de mettre au point des accords politiques qui offriraient aux PECO un minimum de garanties de sécurité intérieure et extérieure sans pour autant adhérer à la Communauté. En évitant de froisser Moscou au passage ce qui s'avéra impossible au final. Afin de tenter d'amadouer les soviétiques, les européens renouvelèrent leur offre d'adhésion de l'URSS à l'OTAN et/ou à la CED en leur garantissant qu'ils y seraient traités comme les autres membres sans préjudice du passif commun dut à la guerre froide. Hélas, Moscou avait un autre point de vu sur la question, et le 2 Avril au cour d'une conférence de presse télévisé sur la première chaine publique soviétique, le Président Gorbatchev répondit à la proposition européenne par la négative. En effet, selon le chef de l'état soviétique, "Les grandes puissances ne rejoignaient pas les coalitions, elles créaient les coalitions. L'Union Soviétique se considérait elle-même comme une grande puissance et ne voyait pas de véritable intérêt à la proposition européenne. Néanmoins, l'URSS n'excluait pas de faire acte de candidature pour une adhésion à long terme lorsqu'un niveau suffisant de confiance mutuelle se serait établit entre l'est et l'ouest de l'Europe." Afin de ne pas rester sur un échec, Gorbatchev profita de l'occasion pour faire une contre-proposition d'établir un forum de discussion bilatéral entre européens et soviétiques. Il fallut quelques mois aux européens pour formuler leur réponse et le 16 Octobre à l'occasion du sommet de la CED de Thessalonique, les européens firent savoir aux soviétiques qu'ils acceptaient le principe de la création d'un forum de discussion bilatéral. Et ce afin d'établir un dialogue politique de haut-niveau permettant d'améliorer les relations entre les deux entités. De fait, l'acceptation européenne de la proposition soviétique permit de commencer les négociations moins de deux semaines plus tard (1).
Toutes ces actions avaient eux des conséquences sur le monde économique avec le 10 Juillet 2000 la création du groupe européen d'aéronautique et de défense EADS (pour European Aeronautic Defense and Space company) par la fusion entre DaimlerChrysler Aerospace AG, Aérospatiale-Matra et Construcciones Aeronauticas SA. Le capital fut répartit entre les sociétés d'origines, les états français et espagnol et le marché libre pour un tiers. Des accords complexes entres actionnaires prévoyaient les dispositions relatives à la composition du conseil d'administration, les droits spécifiques de l'état français en ce qui concernait certaines décisions stratégiques, la mise en place d'une co-présidence franco-allemande et la répartition des présidence/vice-présidence des filiales et fonctions du groupe. EADS étant un holding, plusieurs nouvelles sociétés furent crées pour encadrer ses activités. Airbus qui regroupait l'ensembles des activités d'aéronautique civile, Astrium qui regroupait l'ensemble des activités aérospatiales et MBDA qui regroupait l'ensemble des activités de missilière/munitions. Les trois ,sociétés sont codétenues avec Finmeccanica et BAE, l'action valant 18,10Euro. Les Franco-britanniques, axe historique de la construction européenne en profitèrent pour acter l'étape suivante de leur rapprochement stratégique. Le 2 Novembre eut lieu la signature du Traité Franco-britannique de Londres, appelé aussi Accords de Lancaster House, par le Premier Ministre britannique Neil Kinnock et le Premier Ministre français Edouard Balladur. Le traité était la manifestation de la grande proximité entre Londres et Paris depuis plus d'un demi-siècle, et visait à établir des coopérations renforcés en matière de défense et d'armements. Le texte était séparé en plusieurs parties qui concernaient autant de domaines différents. La première concernait l'organisation de la R&D en matière d'armes nucléaires, à savoir qu'à l'avenir les bombes atomiques de Paris et Londres seraient conçues en communs. Il était ainsi prévu un Penney/Jolliot-Curie Nuclear Research Center basé au Royaume-Uni et un Laser Simulation Test Laboratory en France. En plus un site unique de production de matière fissile serait construit en Grande-Bretagne tandis qu'un site de démantèlement/retraitement serait bâtit en France. De même, les éléments mécaniques des bombes seraient conçus et fabriqués conjointement. La seconde partie concernait les vecteurs nucléaires qui seraient conçus et fabriqués ensemble par Paris et Londres à l'avenir. Les prochaines générations de SNLE et de MMSBS crées en Europe seraient Franco-britanniques, ainsi que la prochaine génération de Bombardiers Stratégiques avec leurs missiles Air-sol à longue porté. Si les sous-marins resteraient fabriqués de manière "nationale" pour des raisons d'infrastructures, les futurs bombardiers seront assemblés en Grande-Bretagne, tandis que l'ensemble des missiles (tant Air-sol que Mer-sol) le seraient en France. La troisième partie concernait les armements conventionnels maritimes, qu'il était aussi prévu de concevoir conjointement. Ainsi les prochaines générations de porte-avions, de destroyers, de frégates et de sous-marins nucléaires d'attaques français et britanniques seraient conçues ensemble par Paris et Londres. Il était même prévue de créer un croiseur antiaérien ensemble.
A l'issue de la conférence de presse d'après signature, si l'identité des grands gagnants était évidente, la principale victime du Traité s'avéra être l'idée d'une politique étrangère et de sécurité de l'UE. En effet, les deux chefs de gouvernements déclarèrent qu'à leurs yeux, la seule politique étrangère et de défense européenne existante était celle de la Communauté Européenne de Défense, allié aux coopérations entre états. Dans le texte si ce n'est encore dans les faits, hormis pour la mallette et le bouton rouge, l'arsenal nucléaire de la France et du Royaume-Uni venait de devenir Franco-britannique.
En 2001, le processus d'élargissement poursuivit son cour avec le 6 Mars 2001, l'Albanie, la Bulgarie et la Yougoslavie présentant une demande commune d'adhésion à la Communauté Européenne de Défense, espérant ainsi augmenter leurs chances de voir leur démarche aboutir. Leurs motivations ne sont toutefois pas les mêmes. Pour la Yougoslavie, il s'agissait surtout d'assurer définitivement la stabilité de sa vie politique intérieure qui avait mis une décennie à se remettre de la chute du régime communiste, ainsi que d'échapper définitivement à l'influence Soviétique due à la présence de la minorité nationale serbe. Pour l'Albanie, il s'agissait de s'acheter une assurance-vie vis à vis de son grand voisin yougoslave dont l'attitude s'est avéré menaçante tout au long de la guerre froide avec la tentation récurrente des communistes de déstabiliser Tirana pour y placer un régime satellite. La Bulgarie, elle, cherchait seulement à garder à bonne distance l'encombrant voisin Turc dont le voisinage était traditionnellement difficile. Deux mois plus tard, le 7 Mai c'était au tour de l'Italie de déposer une demande d'adhésion à la CED. Très atlantiste, le Royaume agissait principalement par crainte de se retrouver marginalisée en Europe avec le déclin relatif de l'OTAN et le départ des forces de combat de son protecteur traditionnel américain. Le mois suivant, les 6 & 7 Juin, les chefs d'états de l'Arménie, de la Géorgie et de la Moldavie réunis en sommet à Tbilissi, décidèrent d'imiter les démarches des groupes de Visegrad et Vilnius et de demander l'adhésion de leurs états à l'UE et à la CED. Moscou ne protestera pas cette fois mais demandera à Londres (CED) et Bruxelles (UE) quelle réponse celles-ci comptaient apporter aux demandes de ce qui sera bientôt appelé le groupe de Tbilissi. Après l'été, le 4 Septembre, il y eut de nouveaux candidats avec l'Islande et le Danemark qui déposèrent conjointement mais séparément une demande d'adhésion à la CED. Dans le cas islandais, il 'agissait de retrouver un protecteur efficace après le départ des forces américaines qui assuraient la défense de l'île depuis la seconde guerre mondiale, tandis que pour les danois il s'agissait du résultat d'une campagne de lobbying effectué par Londres (CED) depuis plusieurs années. Les militaires de la Communauté eurent droit à leur propre élargissement avec le 1er Aout 2001, l'activation de l'INDOCOM (pour INDian Ocean COMmand), le cinquième commandement régional de la CED, basée à Diego-Suarez (Madagascar) et ayant autorité sur l'ensemble de l'Océan indien et des espaces adjacents. L'INDOCOM étendait sen emprise sur les bases de Diego-Suarez (Madagascar), Perth (Australie), Trincomalee (Sri Lanka), Moroni (Comores Françaises), Gwadar (Union Indienne) et Diego-Garcia (Territoire britannique de l'Océan indien) en partage avec les USA.
Dans le monde de l'industrie de défense, la création de EADS avait poussé les britanniques, jusque-là réticents (2) à joindre leur champion national au groupe européen. Le 10 Octobre fut annoncé la fusion entre le groupe européen d'aéronautique et de défense EADS et son homologue britannique BAE Systems. Les activités du groupe britannique furent réparties à travers le groupe européen, une société spécifique nommé Cassidian Defense étant crée pour regrouper les activités relatives à l'armement. Sur le plan de la politique entre états, les Accords de Lancaster House eurent une suite immédiate le 2 Mai 2001.
Six mois après la signature des accords de Lancaster House, les premiers ministres britannique Kinnock et Français Balladur se retrouvèrent pour signer la naissance du Plan d'Equipement Franco-Britannique (PEFB) ou French-British Equipement Plan (FBEP) au Quai D'Orsay. Celui-ci était la matérialisation de la décision prise de concevoir et fabriquer en commun une partie substantielle de leurs équipements militaires. Le plan s'articulait en deux volets, l'un relatif aux armes nucléaires et leurs vecteurs, l'autre relatif aux navires de guerre "conventionnels".
Le Premier volet concerne les vecteurs des futures armes nucléaires Franco-britannique. En premier lieu viennent les huit sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de Classe Cordite devant jauger 15000 tonnes et emporter seize missiles balistiques, mais qui étaient en queue de classement dans l'ordre des priorités car Paris et Londres disposaient déjà de SNLE neufs ou quasi-neuf dans leurs flottes à ce moment-là. Le missile balistique devant remplacer les Trident et M45, mais qui n'avait pas encore de nom, était par contre placé en tête de liste. Venaient ensuite les cent-cinquante bombardiers supersonique Dragon devant emporter plusieurs dizaines de tonnes de bombes conventionnelles ou bien une dizaine de missiles nucléaires à moyenne porté avec une rayant d'action de 7000 kilomètres. Si le bombardier n'occupait que la troisième place, son missile était par contre devant dans la liste des programmes juste derrière celui du missile balistique.
Le Second volet comprenait quatre porte-avions de la Classe Alliance, des porte-avions lourds avec catapulte et brins d'arrêts mut par une propulsion conventionnelle devant jauger environ 70000 tonnes et embarquer entre 60 et 70 aéronefs. Suivirent huit navires d'assaut amphibies polyvalent avec radier continu de Classe Europe devant jauger plus de 40000 tonnes et pouvant emporter 2000 hommes (avec tout leur matériel) ainsi qu'environ une quarantaine d'aéronefs (hélicoptères principalement). Puis il y avait huit Croiseurs Polyvalents de Classe Forteresse devant jauger environ 25000 tonnes à vocation principalement antiaérienne, mais devant aussi être capable de frappes antinavires et contre la terre. Il y avait aussi vingt-quatre Destroyers polyvalents de Classe Scipion devant jauger jusqu'à 10000 tonnes et autant de Frégate polyvalente de Classe Alma devant jauger 6000 tonnes. Les douze sous-marins nucléaires d'attaque de Classe Barracuda devant jauger plus de 5000 tonnes étaient également prévus (3).
En 2002, le processus d'élargissement se poursuivit avec le 3 Mars 2002 à l'occasion du sommet de la CED d'Amsterdam, le Haut Commissaire Silva qui fit savoir qu'après réflexion, les état-membres avaient décidé d'accepter les candidatures de six pays. L'Albanie, la Bulgarie, le Danemark, l'Italie, l'Islande et la Yougoslavie allaient pourvoir ouvrir des négociations avec la Communauté Européenne de Défense d'ici quelques semaines avec une perspective d'adhésion pour dans les deux ans. De plus, le public fut informé que les discussions entre CED et URSS avançaient plus vite que prévu et qu'on pouvait s'attendre à la signature d'accord sous deux ou trois mois. Et dès le 2 Avril débutèrent des négociations d'adhésions entre la CED et les six pays dont la candidature avait été accepté. Les relations euro-soviétiques continuèrent à s'améliorer avec le 28 Mai 2002 lors du sommet de la CED de Berlin, le public et les médias qui purent assister à la signature du Traité de Berlin par le Haut-commissaire Hannibal Cavalco Silva et le Président Soviétique Boris Eltsine instituant le Conseil CED-URSS. Le Conseil CED-URSS, bientôt appelé Conseil Euro-Soviétique, était conçu comme un outil diplomatique officiel de résolutions des problèmes de sécurité et de mise au point de projets communs basé sur le consensus, ainsi que sur un dialogue, des décisions et des actions communes. Ce qui incluait la lutte contre le terrorisme, la coopération militaire (4), et la coopération pour régler les problèmes dans les territoires d'intérêts communs (5). Ce qui explique le manque d'enthousiasme des européens les 21 & 22 Novembre. Lors du sommet de Prague du Partenariat Euro-Atlantique entre OTAN et CED, le Président des USA William Clinton fit une proposition étonnante qui consistait à bâtir un bouclier anti-missile devant protéger le territoire européen des missiles balistiques possédés par des états qualifiés de "voyous". Même si aucun pays n'était nommément cité, tout le monde pensa à l'URSS, la Chine ou l'Inde, des puissances en pleine ascension et qui tendaient à devenir des rivales des USA. Le projet n'en n'était qu'au stade des études faisabilités mais il devait compléter à terme le projet de bouclier antimissile destiné à protéger le territoire de l'Amérique de nord. Il fut accepté, mais jugé tellement peu crédible que même Moscou ne devait pas réagir. Le président Clinton tenta aussi d'inciter les européens à intégrer plus rapidement les PECO à l'OTAN et/ou la CED. Les européens acceptèrent de se pencher sur la question, mais ils finiront par s'y opposer car ils ne voulaient pas compromettre les bonnes relations naissantes entre eux et les soviétiques. Pour Washington, ces deux initiatives étaient destinées à relancer une organisation de plus en plus négligé par les européens, l'OTAN, qui était vue comme un outil d'influence en perte de vitesse des USA. En interne, un problème qui se posait avec de plus en plus d'acuité fut abordé les 4 & 5 Août 2002. A l'occasion du sommet de la CED de Porto, le Haut-Commissaire Silva aborde le sujet des problèmes dus à l'intégration des derniers membres et qui ne feraient que s'amplifier dans les années suivantes si le mouvement d'élargissement se poursuivait. Si la question linguistique n'est pas vraiment prioritaire (cours d'anglais et de français pour tout le monde), celles du financement de l'expansion et de la modernisation des forces armées ainsi que de la gestion d'un parc de matériel de plus en plus disparate s'imposaient durement. En effet, le budget de la CED (1% du PIB des états membres) bien que très important n'était guère extensible à court terme du fait des dépenses d'équipements déjà engagés, or si la CED voulait que l'effort de modernisation se poursuive à un rythme acceptable il allait bien falloir l'augmenter. Quand au parc de matériel, il rassemblait celui de la CED d'avant le dernier élargissement et celui venu des derniers arrivés ( avec par exemple 4 modèles de tank, 5 modèles de destroyers et 6 de chasseurs différents), il devenait de plus en plus compliqué et coûteux à gérer. Si tout le monde était d'accord pour dire que la situation ne pouvait pas durer sous peine d'une grave perte de cohérence de l'outil militaire et d'un endettement de la Communauté, les chefs de gouvernements renâclaient à augmenter le budget. Toutefois, au terme de deux jours de discussions parfois tendues, un compromis fut trouvé. A savoir qu'une hausse du budget de la CED était accepté, basé sur une élévation des contributions des états jusqu'à 1,5% du PIB étalé sur 10 ans. Afin de diminuer le coût global de l'expansion et de la modernisation des forces communautaires, il fut accordé à celles-ci de pouvoir vendre sur le marché de l'occasion le matériel sortit de service, assortie de l'obligation de créer des unités spécifiques regroupant le matériel (et les hommes qui les utilisaient) venant des derniers arrivés en fonction de leur origine afin de diminuer le coût humain et matériel de la gestion d'un parc devenant disparate. Ce qui fut rapidement appliqué dès le 10 Octobre les services du Haut-commissariat de la CED faisant savoir dans un communiqué de presse que les forces armées communautaires venaient de créer la première unité militaire doté de matériels d'origine extra-communautaire, en l'occurrence il s'agit d'une brigade blindée "allemande" doté de chars léopard 2 provenant certes d'Allemagne mais aussi de Grèce et de Norvège. Dans les semaines qui suivirent, le phénomène serait étendu aux forces aériennes et navales, et on assistera au fil des ans à la naissance d'unités "américaines", "britanniques", "françaises" et "russes"(pour ne pas avoir à dire "soviétiques"). Ce qui permit de faciliter le déroulement de la première opération militaire majeure de la CED du XXIème siècle lancé le 15 Mars lors du sommet de la CED à Tolède. La CED avait décidé de lancer une opération d'interdiction maritime destiné à la lutte anti-terroriste nommé "Active Response". Dirigé depuis le QG de la zone sud de l'EUCOM à Tarente, l'ensemble des forces mobilisés comprenait six frégates, un destroyer, deux navires de soutien logistique ainsi qu'un escadron d'Awacs, totalisant environ 2000 hommes.




(1) Ce qui fit soupçonner dès cette époque que le Triumvirat avait accepté l'idée très vite et manœuvré ensuite pour convaincre les autres états.
(2)Par crainte de compromettre la position avantageuse acquise par BAE sur le marché américain, le plus important pour la société britannique.
(3) Pour des raisons aussi bien économiques que techniques ou politiques le plan ne fut jamais véritablement appliqué mais n'en n'orientât pas moins l'évolution techno-industrielle des industries de défense européennes de manière irréversible.
(4)Via des exercices et des entrainements communs.
(5)Moyen-Orient et Afrique essentiellement, mais pas que.
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MessagePosté le: Jeu Juil 23, 2020 17:55    Sujet du message: Répondre en citant

4) L'après guerre froide de la CED entre réformes et élargissements (la suite et fin).
En 2003, le processus d'élargissement se poursuivit avec le 8 Mars 2003, l'achèvement des négociations d'adhésion des six pays candidats à une entrée dans la CED. L'Albanie, la Bulgarie, le Danemark, l'Islande, l'Italie et la Yougoslavie pouvaient maintenant se concentrer sur la signature du traité d'adhésion et leur future entrée dans la Communauté Européenne de Défense. Qui eut lieu le 10 Octobre avec la signature à Venise du Traité de Venise entre la CED et les six pays candidats qui faisait d'eux des membres de la Communauté à part entière. Les militaires avaient vu au début du même mois l'achèvement d'un de leurs projets majeurs avec le 1er Octobre l'activation de l'EUPACOM (pour EUropean PAcific COMmand), le sixième et dernier commandement régional de la CED basé à Kokopo-Rabaul (Papouasie Nouvelle-Guinée) et ayant autorité sur l'ensemble de l'Océan Pacifique. Il avait à cette époque autorité sur les bases de Nouméa (Nouvelle-Calédonie et dépendances), Papeete (Polynésie française), Victoria (Canada), Beppu (Japon), Subic Bay (Philippines), Cam Rah (Vietnam), Tutong (Brunei) et Changi (Singapour). sur le plan opérationnel, le 15 Septembre, l'Opération "Active Response" fut modifié après une décision de la CED. L'opération fut prolongée et vit son champ d'action étendue avec l'inclusion dans les missions de l'escorte de navires non-militaires qui transitaient par le détroit de Gibraltar. L'objectifs étant de maintenir le niveau sécurité de la région et d'assurer un transit paisible des navires marchands. Bien reçue par les gouvernements régionaux et les milieux économiques, l'extension des prérogatives de l'opération fut à nouveau accentué avec le 29 Décembre le début des actions d'arraisonnement des navires suspects afin d'améliorer l'efficacité antiterroriste de l'opération navale. De plus, un groupe de quatre sous-marins rejoignaient les effectifs engagés, mais la CED s'était couverte juridiquement et toutes les actions seraient menés en conformité avec les règles du droit international.
Le 2 Avril 2004 entrait en vigueur du Traité de Venise, la CED des dix devenait la CED des Seize. L'année fut marqué par une activité militaire relativement importante avec le 11 Février, la CED qui décidait de lancer l'Opération "Daguet" visant à apporter une contribution à l'amélioration du climat sécuritaire en Arabie Saoudite en apportant un soutien logistique aux forces saoudiennes et une aide à la formation des personnels de sécurité. Les effectifs engagés ne comptaient aucune troupe de combat (1), mais essentiellement des spécialistes et des instructeurs au nombre de 3000 environ. Le 11 aout, s'était le tour du lancement de l'opération "Desert Shield" afin de soutenir l'effort des troupes des états européens engagés au Yémen. Il s'agissait de décharger les forces de combats de certaines missions à caractère civilo-militaire visant à étendre l'autorité du gouvernement de Sanaa et à faciliter la reconstruction du pays. Les 4500 hommes engagés disposaient d'une protection adapté à la lutte antiguérilla mais étaient eux-mêmes essentiellement des spécialistes issue du génie, des transmissions et des forces de soutien interarmées. Et le 5 Octobre, afin de rassurer les Pays baltes, lesquels étaient dépourvus de forces aériennes digne de ce nom, la CED lança l'Opération "Baltic Air Security". Elle consistait à assurer la sécurité de l'espace aérien des états baltes en positionnant dans les dits états des escadrons d'avions de chasse qui y seraient chargés de la police de l'air par rotation tous les trois mois. Ceci permettait de donner au pays baltes des assurances en matière de sécurité sans irriter Moscou puisque les unités européennes étaient la à titre provisoire (2). Sur le plan diplomatique, eut lieu les 28 & 29 Juin 2004, lors d'un sommet de la CED à Rome, la signature des Accords de Rome entre la CED et de nombreux pays du Moyen-Orient (Algérie, Bahrein, Egypte, Emirats Arabes Unis, Iran, Israel, Jordanie, Koweit, Maroc, Mauritanie, Palestine, Qatar, Tunisie, Turquie). Les accords étaient censés permettre de bâtir des bonnes relations entre les deux rives de la Méditerranée, d'établir une meilleure compréhension commune et des liens de confiance à travers la région, de promouvoir la sécurité et la stabilité régionale, et de clarifier les politiques et objectifs de la Communauté Européenne de Défense. De manière concrète étaient prévus des actions pour; la lutte contre la prolifération des Armes de Destruction Massive (ou ADM), la lutte antiterroriste, des entrainements et des formations communes, la participation aux exercices de la CED, la promotion de l'interopérabilité militaire, la préparation et la planification de la lutte contre les catastrophes naturelles et pour la sécurité civile, une aide à l'apprentissage en matières de reformes militaires et les relations civilo-militaires, et la coopération en matière de sécurités des frontières pour lutter contre les trafics (contrebande, drogue, armes, êtres humains principalement). Ai niveau techno-industriel, la réorganisation des inudstries européennes se poursuivait avec le 10 Novembre, la création du groupe européen de hautes technologies Technodyne par la fusion entre Unidata, Compagnie Internationale pour l'Informatique, Siemens, Philips et Bull. Le Capital était réparti entre les sociétés d'origine, les états français, néerlandais, allemand et le marché libre. Comme pour EADS, des accords complexes régissaient la composition du conseil d'administration, les droits des états, les prises de décisions, la mise en place d'une coprésidence tripartite franco-néerlando-allemande, la répartition des présidences/vice-présidences des filiales et fonctions du groupe. Technodyne étant un holding, plusieurs sociétés nouvelles furent crées pour encadrer les activités en les regroupant par familles. Unidata Software pour les logiciels et l'informatique, Babbage & King Computers pour l'électronique et les ordinateurs, ainsi que Skynet Global pour les systèmes de communication et les services. Les trois sociétés sont codétenues avec Thales et EADS.
La montée en puissance des européens ne pouvait laisser sans réaction les USA et du 5 au 21 Février 2005 le Président américain William Clinton entama une grande tournée diplomatique à travers toute l'Europe pour relancer l'OTAN et créer un nouveau partenariat transatlantique. Lequel permettrait de préserver l'influence étasunienne en Europe. Même s'il fut bien accueillit à chaque fois, et que de beaux discours furent prononcés, la mission se solda malgré tout par un échec. En effet les européens s'étaient engagés dans une montée en puissance de la CED depuis une décennie et ceux de l'ouest n'avaient aucune envie de contribuer à enrayer le déclin d'une organisation considéré au mieux comme redondante et au pire comme rivale. Les européens de l'est s'étaient montrés sensiblement plus intéressés, mais ils étaient trop faibles pour perturber l'accord euro-soviétique qui leur imposaient des délais importants pour espérer entrer dans la CED et/ou l'OTAN. Pour calmer leurs angoisses sans trop froisser Moscou, il fallait agir et le 5 Octobre, lors du sommet de la CED de Reykjavik, fut annoncé une mesure présenté comme devant permettre de rassurer les états anciennement membres de l'URSS et n'ayant pas encore put adhérer à la Communauté Européenne de Défense. L'Opération "Baltic Air Security" de police aérienne des états baltes fut modifié et devient "Baltic Territory Security" avec des moyens renforcés. L'opération fut subdivisé en trois volets terrestres (Baltic Land Security), maritimes (Baltic Sea Security) et aériens (Baltic Air Security). Le premier volet était doté de l'équivalent d'un bataillon renforcé, le second d'une division de frégates et le Troisième d'un escadron d'avions de chasse dernier cri. L'ensemble des troupes se montant à environ 2000 hommes, dont les effectifs servaient de manière tournante tous les trois mois. Si les Baltes appréciaient le changement d'échelle de "Baltic Air Security", les soviétiques protestèrent car d'après Moscou il s'agissait d'une violation de l'esprit des accords Est-ouest ayant mis fin à la guerre froide. Londres (CED) rétorqua que les européens respectaient parfaitement les accords car la présence des différent corps de troupes constitutifs de la "Force Baltic" était provisoire et qu'elle de durait pas plus que le temps règlementairement impartit(3).
Du coté des élargissements, le 2 Avril 2005, un an après que la CED se soit élargit à seize membres, le Haut-Commissariat fit savoir que de nouvelles candidatures pour une adhésion pouvaient être déposés. Etaient déclarés prioritaires les candidatures venant des pays anciennement membres du Pacte de Varsovie. Si de Bucarest à Varsovie les gouvernements et les peuples se réjouirent, dans les pays ayant fait partie de l'URSS (états baltes, états caucasiens et Moldavie) les grincements de dents furent nombreux en dépit des assurances de la CED qu'une réponse adapté à leur situation serait trouvée. La dynamique s'enclencha rapidement et le 9 Mai la République Tchèque et la Slovaquie déposèrent une demande officielle conjointe pour adhérer à la CED, suivit le 24 Juin par la Pologne qui déposa à son tour une demande d'adhésion à la CED tout en prévenant que d'autres pays s'apprêtaient faire de même. Et de fait, le 16 Septembre , la Hongrie dépose aussi une candidature pour une adhésion à la CED, suivie le même jour mais de manière complètement séparé par la Roumanie. Dans le domaine économique, la concentration des industries se poursuivit avec le 1 Décembre la fusion entre le groupe européen de Hautes Technologies Technodyne et son homologue français Thalès. Les activités du groupe français furent répartis entre les différentes entités constitutives du groupe européen, une société spécifique nommé Talos Dynamics étant crée pour regrouper les activités liés à la défense et à l'armement. Dans le domaine symbolique, avait eut lieu un important évènement le 28 Juin 2005. Dans le cadre des célébrations du bicentenaire de la bataille de Trafalgar avait lieu la plus grande revue navale des temps modernes dans le Solent, le détroit qui sépare l'ile de Wight du sud de l'Angleterre. En présence de la Reine Elizabeth et de l'ensemble des élites politiques européennes, Commission européenne et haut-commissariat de la CED incluses placés sur le HMS Endurance (un patrouilleur antarctique). Quatorze porte-aéronefs, navires capitaux du monde contemporain venus de toute la planète ouvrirent la revue. Les spectateurs peuvent voir défiler successivement le Charles De Gaulle (France)(4), l'Illustrious (Royaume-Uni), le Principe de Asturias (Espagne), le Giuseppe Garibaldi (Italie), le Saipan (USA), le Sao Paulo (Brésil), le Liaoning (Chine), le Chakri Naruebet (Thaïlande), l'Izumo (Japon), le Viraat (Inde), le Botany Bay (Australie), l'Admiral Kuztnesov (URSS), le Dokdo (Corée) et le Edward Teach (CED). Vinrent ensuite près de 200 navires venant de 40 pays, tous survivants du 19ème et du 20ème siècle, se déplaçant à voile, à vapeur ou au mazout et qui mirent plusieurs heures à défiler. La revue se termina avec le passage de trois grands anciens, ultimes survivants des marines à voile du 18ème siècle, le HMS Victory (1765), l'ENS Duguay-Trouin (1795) (5) et l'USS Constitution (1797).



(1) Officiellement du moins, les forces spéciales communautaires s'étant vues décorés de manière "inexpliqué" quelques années plus tard.
(2) Même si elles se relayaient régulièrement pour obtenir le même effet qu'une présence permanente.
(3) Organisé de manière telle que les effets soient les mêmes que ceux d'une présence permanente.
(4) A ceux qui s'étonnèrent de voir un navire français à la célébration d'une des plus grandes défaites de l'histoire navale française, et infligé par les britannique de surcroit, le premier ministre Seguin répondit "qu'il s'agissait la d'une vieille querelle historique passée de mode depuis longtemps. Et surtout depuis le rapprochement issu de la seconde guerre mondiale et la naissance de la CED.
(5) Prit à Trafalgar, le Dugay-Trouin fut restitué aux français par les anglais en 1945. Mais les cout de remise en état furent tels que Paris renonça finalement à procéder aux opérations, ce qui poussa la jeune CED en quête de légitimité à racheter la quasi épave pour son compte.
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"Au jeu des trônes, il n'y a que des vainqueurs et des morts, il n'y a pas de demi-terme". La Reine Cersei.
"Les gens se disent en genéral affamé de vérité, mais ils la trouvent rarement à leur goût lorsqu'on la leur sert". Tyrion Lannister.


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le roi louis



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MessagePosté le: Ven Juil 24, 2020 03:34    Sujet du message: Répondre en citant

Je vais être casse bonbon sur un détail appellation Twisted Evil mais bon ça me permet d’étaler ma science comme ma confiture. Wink

Alors l'appellation Polynésie est une division géographique de l’Océanie; pour rappelle il y en a trois: Micronésie, Mélanésie et Polynésie, chacune regroupe plusieurs plusieurs îles ou archipels, divisés entre plusieurs nations.
Il y a donc des parties de la Polynésie qui ne sont pas française comme par exemple les Tonga ou Pitcairn.
La Polynésie française est elle même divisée en plusieurs archipels, comme les Tuamotou par exemple C'est pourquoi on précise la "Polynésie française" et qu'à l'inverse il n'y a pas besoin de préciser la "Nouvelle Calédonie française" car c'est un seul archipel (qui fait d’ailleurs parti de la Mélanésie) qui est entièrement sous un même drapeau. Ce serai comme dire La Rochelle (île de Ré française) ou Ajaccio (Corse française). Quoique pour la Corse... Rolling Eyes

Si tu veux faire un peu plus "langage administratif local" tu peux glisser un "Nouvelle Calédonie et dépendances" (sous ce terme on regroupe tous les îlots et récifs inhabités qui dépendent administrativement de Nouméa et qui agrandissent la zone maritime de l'archipel soit les récifs d'Entrecastreau ou les îles Chesterfild)
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Dim Juil 26, 2020 13:44    Sujet du message: Répondre en citant

le roi louis a écrit:

Si tu veux faire un peu plus "langage administratif local" tu peux glisser un "Nouvelle Calédonie et dépendances" (sous ce terme on regroupe tous les îlots et récifs inhabités qui dépendent administrativement de Nouméa et qui agrandissent la zone maritime de l'archipel soit les récifs d'Entrecastreau ou les îles Chesterfild)


C'est corrigé dans le sens que tu as recommandé!
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Mar Aoû 04, 2020 15:28    Sujet du message: Répondre en citant

5) La CED gendarme de l'Afrique et les évènements rwandais.
Au début des années 1990, la CED en charge de la défense des intérêts européens n'avait pas fait parler la poudre que sur le continent africain. Au point de passer pour le Gendarme en charge du maintien de l'ordre, du Tchad au Congo-Léopoldville en passant par le Libéria ou le Nigéria, le tout en s'appuyant sur les réseaux politico-militaires baptisés "Francafrique" et "Britanniafrica". Mais si l'action de la Communauté était apprécié des régimes politiques en place, elle était généralement mal vue par les populations qui y voyaient une action néocoloniale. Une action devait toutefois changer la vision des choses des africains, l'intervention au Rwanda de 1994. Elle intervint dans le contexte troublé de la fin de la guerre froide, ou les forces mises sous cloche précédemment furent libérés avec vigueur, semant un désordre général à travers toute l'Afrique, mais qui donnèrent lieu dans la région des grands lacs à une crise d'une gravité exceptionnelle. Tout commença le 6 Avril 1994 avec la mort des présidents Rwandais et Burundais Juvénal Habyarimana et Cyprien Ntaryamira lors du crash de leur avion qui s'apprêtait à se poser à Kigali, capitale du Rwanda. L'avion avait été abattu par un missile tiré à proximité immédiate du Camp Kanombé, une caserne des forces armées rwandaises situé non loin de l'aéroport (1). Le président rwandais rentrait d'un sommet régional à Dar-es-salam en Tanzanie ou il s'était engagé à mettre en place les institutions prévues par les accord D'Arusha (2)qui devaient mettre un terme à la guerre civile qui déchire le pays depuis trois ans et demi. Une mission de l'ONU, la MINUAR était chargé de s'assurer que les accords sont respectés. Le conflit opposait l'état rwandais (3)et le Front Patriotique Rwandais (4). En dépit de l'arrivée rapide des secours sur place, ceux-ci ne purent que constater qu'il n'y avait eu aucun survivant parmi les passagers et membres d'équipages.
Le jour suivant la mort des deux président, le 7 Avril, des escadrons de la mort issus des Forces Armées Rwandaises frappèrent aux portes des maisons de Kigali avec des listes de noms de personnalités Tutsies et Hutues modérés à assassiner et qui moururent en grand nombre. Le premier ministre rwandais en exercice, Madame Agathe Uwilingiyimana, fut assassinée en tentant de gagner le siège de la radio nationale ou elle comptait s'exprimer afin de lancer un appel au calme. Avec elle meurent dix casques bleus belges de l'ONU chargés de l'escorter, qui succombèrent après plusieurs heures de combats sans que cinq autres de leurs camarades ayant réussi à rejoindre leur base ne puissent convaincre leurs supérieurs de lancer une mission de secours (5). Dans tout le pays des barrages routiers, tant urbains que ruraux, sont dressés permettant aux milices qui les contrôlaient de vérifier les papiers d'identités des gens, les Tutsis étant systématiquement tués. Dans la nuit, le FPR passa à l'offensive et traverse la frontière de l'Ouganda ou il était basé. Le 8 Avril, un gouvernement provisoire constitué des partisans du "Hutu Power"(6), regroupant les personnalités les plus radicales du paysage politique rwandais pris le pouvoir. Les états européens lancèrent l'Opération Amaryllis et évacuèrent leur ressortissants, tandis que de nombreux Tutsis vinrent se réfugier dans des centres de regroupements (hôpitaux, écoles, églises, stades de football,...) ou ils pensaient à tort trouver un abri et furent massacrés dans la semaine qui suivit. Le 10 Avril, pendant que la nouvelle des tueries de masse en cour aux Rwanda se répandait dans le monde entier, les membres de la CED se réunirent en urgence à Londres à la demande du Haut-commissaire Giscard D'Estaing pour faire le point sur la situation. Un mélange de stupeur, d'incompréhension et de honte était visible sur les visages, car les multiples avertissements de massacres en préparation parvenus depuis des années aux gouvernements européens à travers de multiples canaux (7) venaient de se confirmer et étaient devenus réels. Au terme de plusieurs heures de débats, VGE obtint de pouvoir mettre en état d'alerte maximum le Commandement africain des forces de la CED en général et les bases du Congo-Léopoldville en particulier. Il ne parvint toutefois pas à obtenir qu'une intervention militaire ait lieu au Rwanda pour mettre un termes aux massacres. L'ONU se divisa sur les mesures à prendre, tandis que les insuffisances de la MINUAR ( 8 ) éclataient au grand jour. Les tueries continuèrent avec déjà plusieurs dizaines de milliers de morts. Le 14 Avril, huit jours après le début des évènements, le gouvernement belge, bien que secoué par la mort d'une dizaine de ses soldats dans une mission qu'il pensait sans risques majeurs, décida non seulement de ne pas retirer son contingent de la MINUAR, mais même de le doubler en urgence et d'envoyer tout le matériel lourd qui faisait défaut jusque-là aussi vite que possible. Après une série d'entretien téléphoniques avec ses alliés, Bruxelles obtint de ses partenaires de la CED qu'ils complétèrent son action et envoient des renforts au contingent de casques bleus. Un pont aérien se mit en place afin de procéder aussi vite que possible à la montée en puissance du dispositif onusien. Grace au retour du terrain, Bruxelles avait été convaincu qu'on ne pouvais décemment abandonner à leur sort funeste les milliers de civils s'étant réfugiés auprès des bases de l'ONU. Lesquelles bases devaient être ravitaillés par hélicoptères depuis la base de la CED à Goma, car elles étaient assiégés par les militaires rwandais et les miliciens hutus. L'ONU échoua à obtenir un cessez-le feu entre les FAR et le FPR et déclara les Accords d'Arusha en danger de mort.
Une semaine plus tard, le 21 Avril, l'ONU, après avoir acté le décès De Facto des Accords d'Arusha, pris la décision de renforcer le contingent de la MINUAR et de le passer à 11000 hommes dotés de tout le matériel nécessaire à travers le vote de la résolution 912. Dans les faits l'ONU venait surtout d'entériner la décision unilatérale des états européens membres de la CED de renforcer la mission onusienne avec leurs contingents nationaux même si tout usage de la force autre que défensif restait exclut à ce stade. Le 24 Avril, alors que le contingent de la MINUAR atteignait enfin 5500 hommes grâce aux envois de troupes depuis l'Europe, l'ONU se décida enfin à qualifier les évènements en cour de génocide. Les Capacités de l'ONU a protéger la population s'étaient sensiblement accrues mais restaient très insuffisantes en raison de l'extension à tout le Rwanda des massacres. De 30 à 40000 Tutsis qui vivaient au milieu des casques bleus commencèrent à être évacués vers le Congo-Léopoldville ou la Tanzanie. Le soir, après une nouvelle réunion de la CED à Londres, les chefs d'états et de gouvernements décidèrent enfin de lancer une opération au Rwanda visant à mettre un terme aux tueries et à ramener l'ordre au pays des milles collines (6). Déjà passablement ébranlés par les évènements des quinze derniers jours, les politiques de la CED s'étaient décidé à passer à l'action autant pour mettre un coup d'arrêt au génocide, que pour faire taire leur sentiment de culpabilité devant leur aveuglement de la période précédente. Qui plus est, le gouvernement congolais du Président Laurent-Désiré Kabila voyant arriver un flot sans cesse croissant de réfugiés depuis le Rwanda, n'avait pas réussi à fermer sa frontière orientale et demandait avec une insistance croissante que la CED lui vienne en aide pour essayer d'enrayer le phénomène. Au 30 Avril, l'ONU demanda officiellement un impossible cessez-le-feu entre FAR et FPR, et se refusait à faire plus qu'une action diplomatique ou humanitaire, tout en refusant de nommer directement les responsables des tueries ou les faits eux-mêmes. Les Nations-Unies persistaient à ne pas parler de génocide alors que le nombre de victimes atteignait les 200000 morts (7). Le 2 Mai, grâce à l'insistance du représentant français, soutenu par le britannique, le Conseil de sécurité de l'ONU votait un embargo sur les ventes d'armes à destination du Rwanda. Sur le terrain cela contribua involontairement à faire pencher la balance des forces en faveur du FPR dans le cadre de la guerre civile rwandaise. En effet, les FAR perdirent leurs approvisionnements extérieurs, tandis que le FPR maintint les siens passant par l'Ouganda grâce à la bienveillante cécité du gouvernement de Kampala. Le 17 Mai, un rapport du secrétariat-général des Nations-Unies évaluant à 350000 victimes le nombre de tutsis massacrés depuis le 6 Avril dénonça officiellement le génocide en cour au Rwanda et dénonçait les personnalités impliqués dans la préparation et l'exécution de celui-ci. Les nombreuses défaillances de l'ONU et de la MINUAR étaient également mises en lumière. En conséquence, le conseil de sécurité étendit le mandat de la MINUAR dans l'espace (tout le Rwanda), le temps (jusqu'au 31 Décembre 1994) et les missions (défense active des sites de rassemblement de réfugiés). De plus, l'ONU autorisait le lancement d'une action militaire par la CED ( 8 ) pour mettre un terme aux tueries et ramener l'ordre dans le pays.
Le 23 Mai 1994, la veille de l'Opération de la CED visant à mettre un terme au génocide en cour au Rwanda et nommé "Opération Turquoise", la CED termina la concentration de son dispositif. Les effectifs regroupés pour l'occasion atteignaient 30000 hommes, dont les deux tiers pour les forces terrestres. La composante terrestre de Turquoise était commandé par le Lieutenant-général belge Francis Briquemont qui avait sous ses ordres quatre brigades, une brigade mécanisé venu d'Europe, une Ad-hoc rassemblé avec des contingents de la CED de toute l'Afrique et deux autres brigades du même genre rassemblés grâce à des troupes françaises et britanniques venus de toute la Françafrique et de la Britanniafrica. La Composante aérienne de Turquoise rassemblait plus de 200 aéronefs regroupés de la même façon et placé sous les commandement du Lieutenant-général britannique Sir Michael Rose. C'est le Général Français Philippe Morillon qui commanda l'ensemble des forces de Turquoise. Au 24 Mai, le premier jour, un bombardement aérien effectué juste avant l'aube et ayant duré moins de 20 minutes détruisit au sol la faible aviation militaire rwandaise et la couverture radar du territoire permettant à la CED d'obtenir le contrôle du ciel. A l'aube, après une heure de bombardements aéroterrestres intensifs sur des objectifs situés de l'autre coté de la frontière, les éléments de pointes des troupes de la CED entrèrent au Rwanda au niveau du poste frontière de Goma au Congo en ne rencontrant qu'une faible résistance. Au soir toutefois les forces européennes n'avaient avancé que d'une trentaine de kilomètres. Certes, les miliciens génocidaires n'opposaient qu'une faible résistance, mais les FAR se livraient à des attaques de harcèlement à chaque fois qu'elles le pouvaient et leurs positions devaient être réduites l'une après l'autre. La capture de nombreux prisonniers hutus en uniformes ou pas obligeait à prélever des effectifs pour assurer leur garde et leur convoiement vers l'arrière au Congo. De plus, de nombreux tutsis fuyant les massacres venaient se refugier auprès des militaires européens dès qu'ils les apercevaient et il fallait bien organiser leur survie, l'ensemble contribuant à ralentir le rythme des opérations. Le 1er Juin, devant l'avancé conjointe du FPR et des forces de la CED, coordonné par les services spéciaux européens et appuyés par l'aviation européenne, un million et demi de Hutus se mirent à fuir vers l'ouest par crainte des représailles. Le 8 Juin eut lieu la prise de Kigali par les forces de la CED après quinze jours d'offensives partis de la frontière avec le Congo-Léopoldville. Les massacres avaient été stoppés sur leur parcours au fur et à mesure qu'elles prenaient le contrôle du territoire rwandais. Le 15 Juin, alors que les FAR et les milices qui les soutiennent étaient en pleine déroute, les USA annoncèrent qu'ils fermaient l'ambassade du Rwanda aux Etats-Unis, qu'ils expulsaient immédiatement son personnel et qu'ils gelaient tout les avoirs publics et privés rwandais présent sur le sol américain. Au soir, un vote du Conseil de Sécurité de l'ONU ayant lieu à l'initiative des USA votait la suspension du siège du Rwanda aux Nations-Unies et dans toutes les organisations onusiennes affiliés. Le 18 Juin, le Front Patriotique Rwandais entrait dans Kigali, la capitale du Rwanda avec à sa tête son chef Paul Kagamé, celui-ci revendiquant aussitôt la stricte application des accords d'Arusha. Le 21 Juin avait lieu la fin du génocide rwandais et des opérations de combats ce la CED au Rwanda avec l'achèvement de la prise de contrôle du territoire par les forces européennes (9).
Le 2 Juillet 1994, le FPR de Paul Kagamé avait achevé de se déployer sur tout le territoire Rwandais et devenait De Facto le nouveau maitre du pays. A Kigali, le Général Roméo Dallaire, commandant de la MINUAR, démissionnait de ses fonctions et rentrait le soir-même dans son pays. L'officier général canadien n'avais pas supporté de subir pendant plus de trois semaines les reproches ouverts adressés par ses collègues de la CED en général et ceux des belges en particulier. Son manque de réactivité lors de l'éclatement de la crise et son inaction devant la menace mortelle pesant sur les para-commandos escortant la défunte première ministre (10) lui avait couté sa crédibilité auprès des européens qui ne se privaient pas de le lui faire savoir (11). Le 3 Juillet, les hommes de la force Turquoise et de la MINUAR firent le bilan des opérations. En deux mois de génocide, environ 500000 tutsis étaient mort assassinés et un million de hutus rwandais craignant les représailles du FPR avaient traversé la frontière avec le Congo-Léopoldville. Les membres des anciennes FAR et autres milices avaient été désarmés lors du passage de la frontière et regroupés dans des camps de prisonniers improvisés autour de Goma, les dirigeants du gouvernement génocidaire (tant civils que militaires) arrêtés et détenus sur la base de Goma (plus tard à Léopoldville). Les réfugiés hutus s'entassaient dans des camps à travers tout le Kivu ou ils étaient soumis à la double menace des anciens génocidaires ayant échappés à la vigilance des troupes de la CED (12), et des attaques des éléments les plus radicaux du FPR qui lançaient des actions à travers la frontière rwandaise. Le 4 Juillet, le FPR prononça un cessez-le-feu unilatéral, ce qui permit de proclamer le retour au calme sur tout le territoire rwandais mais aussi d'obtenir la reddition des éléments des FAR et milices associés n'ayant pas réussi à fuir le pays. Ayant constaté que des membres du FPR traversaient la frontière pour s'en prendre aux camps de réfugiés Hutus, le Général Morillon rencontra Paul Kagamé et lui demanda poliment mais avec fermeté, de reprendre en main ses hommes afin que cesse les attaques. Les anciens génocidaires ayant été désarmés et se trouvant sous bonne garde, les réfugiés ne représentaient plus une menace. Et que la CED interviendrait pour faire cesser les attaque si elles devaient continuer. Soucieux de légitimité et de crédibilité (et de la sécurité de son nouveau pouvoir) en tant que nouveau dirigeant De Facto du Rwanda, Kagamé donnera les ordres nécessaires dans la soirée, même si il faudra plus d'une semaine pour que s'arrête les attaques transfrontalières. Le 5 Juillet se mit en place un gouvernement provisoire d'Union Nationale prévu pour diriger le pays pendant cinq ans. Pasteur Bizimangu, un Hutu modéré rallié au FPR, devint président. Paul Kagamé (le vrai détenteur du pouvoir), commandant l'armée du FPR, devint vice-président. Faustin Twagiramungu, qui avait survécu au génocide, devint premier ministre conformément aux Accords d'Arusha. Le 6 Septembre, les forces de la CED entamèrent leur retrait du Congo-Léopoldville, les forces aériennes entament avant les unités venus de la Francafrique. Suivraient quelques semaines plus tard, les forces venus de la Britaniafrica, mais la prise de contrôle des camps de réfugiés par des éléments du régime génocidaire, poussa la CED a attendre avant de retirer sa brigade provisoire et la brigade mécanisé et à préparer la reprise des camps de réfugiés conjointement avec l'armée congolaise (13).

Lorsqu'à la fin de l'année vint le temps de faire le bilan des évènements rwandais, celui-ci fut très contrasté. Sur le plan militaire, le succès était total et ne soulevait qu'un intérêt poli chez les décideurs européens tant le rapport de force avait été déséquilibré. Entre le corps expéditionnaire européen d'un coté et les FAR alliés aux milices de l'autre, il y avait un gouffre abyssal tel qu'une comparaison avait peut d'intérêt. Le problème vint surtout des aspects politiques, lorsqu'on en vint à en parler. La CED avait été lente à réagir au massacres autant parce qu'il n'y avait aucun lien entre le Rwanda et la communauté que parce que les état-membres avaient semblés paralysés. Plus grave, le gouvernement français avait ralenti le processus décisionnel en intrigant en coulisses, officiellement en raison de l'absence de lien avec Kigali, mais plus surement parce que le gouvernement rwandais était vu à Paris comme "pro-français" et membre de la fameuse "francafrique". Paris, qui avait équipé et entrainé les FAR avant les évènements avait même été à deux doigts de lancer une opération visant à soutenir le régime contre le FPR et à exfiltrer les personnalités du gouvernement rwandais (14). De manière habituelle, c'était les eurocrates londoniens qui avaient sauvé l'honneur en agissant en faveur d'une intervention dont au moins un état membre ne voulait pas. Mais comme dans cette délicate période d'après guerre froide ou les rapports de force étaient en train de changer, il était dangereux pour les eurocrates de questionner le lien qui les unissait avec leurs états, il n'y eu pas de vrai débat. Après quelques formules creuse et pleines de bons sentiment, on se contentât de ne plus aborder le sujet en public pour régler les problèmes en coulisses, suivant en cela les traditions politiques européennes.

(1) Si officiellement l'attentat fut attribué aux extrémistes Hutus, des rumeurs persistantes pointent en direction du FPR.
(2) Signés au mois d'Aout 1993.
(3) Essentiellement hutu, l'ethnie majoritaire du pays.
(4) Essentiellement Tutsi, l'ethnie minoritaire du pays.
(5) Ce qui valut au chef du contingent belge de passer en court-martiale à son retour au pays et d'être chassé de l'armée belge pour "Lâcheté face à l'ennemi".
(6) Surnom à la fois de l'idéologie raciste et suprémaciste en vigueur et du mouvement politique qui le portait.
(7) Diplomates, militaires, milieux d'affaires, humanitaires, services secrets et mêmes touristes.
( 8 ) Effectifs trop faibles, matériels insuffisants en qualité et quantité, conditions d'engagements trop restrictives, ambitions exagérés.
(6) Surnom traditionnel du Rwanda.
(7) Selon une estimation des services de renseignements de la CED.
( 8 ) La Communauté Européenne de Défense pouvait agir sans autorisation onusienne, mais dans un contexte post-guerre froide il s'agissait de se couvrir politiquement dans une affaire devenue ultra-sensible.
(9) Alliés au FPR, dont la coopération fut très efficace tout le long des opérations mais continuellement empreinte de tensions.
(10) Et ses enfants, qui accompagnaient leur mère ce jour la et que l'on oublie généralement de mentionner.
(11) Devant le scandale du à son attitude, le Général Dallaire fut arrêté par la police militaire de son pays dès la descente de l'avion avant d'être mis en accusation pour "lâcheté devant l'ennemi". La cour martiale prévue n'eu jamais lieu, le général choisissant de démissionner quelques semaines avant son ouverture.
(12) Et qui voulaient les recruter de force pour continuer le combat.
(13) Ce qui se fit en trois semaines au mois d'Octobre, lors de la "bataille du Kivu", qui se solda par la capture ou l'anéantissement de ce qui restait des FAR et des milices associés.
(14) Ce qui est encore aujourd'hui nié par le gouvernement français.
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"Au jeu des trônes, il n'y a que des vainqueurs et des morts, il n'y a pas de demi-terme". La Reine Cersei.
"Les gens se disent en genéral affamé de vérité, mais ils la trouvent rarement à leur goût lorsqu'on la leur sert". Tyrion Lannister.


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le roi louis



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MessagePosté le: Mar Aoû 04, 2020 20:52    Sujet du message: Répondre en citant

Je pense qu'il manque deux mots ici

la CED en charge de la défense des intérêts européens n'avait pas fait parler la poudre que sur le continent africain.
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Colonel Gaunt



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MessagePosté le: Mer Aoû 05, 2020 17:21    Sujet du message: Répondre en citant

Est-ce pour autant la mort de l'OTAN ?
Je m'explique, au cours de ces 70 ans, beaucoup de pays ont profité du bouclier de l'OTAN pour ne pas engager des dépenses militaires. Je pense notamment à l'Allemagne. Certes on va me rétorquer que la mentalité allemande au sortir de la guerre n'est pas au développement d'une grosse armée allemande, ainsi que de pas effrayer les voisins immédiat comme la France.

Il n’empêche à notre époque moderne, l'Allemagne dépense aux alentours d'1.2 à 1.5 de son PIB alors que la France tourne autour des 2 à 2.5%
Mais la même chose se vérifie aujourd'hui avec les pays de l'Est, comme la Pologne, la Hongrie, qui sont de farouches partisans de l'OTAN. Car qui dit militaire étranger, dit aussi pas d'investissement dans le budget de la Défense.

Et on le voit avec les critiques de Trump, qui en plus décide de punir l'Allemagne en déplaçant les militaires en Pologne, enlevant des retombés économiques pour les allemands et facilitant la réélection de son allié polonais.

Dans le cadre de la FTL, l'adhésion de la CED veut dire payer, payer des équipements, former des soldats etc... Alors que les USA, marginalisés politiquement peuvent en faire un cheval de Troie idéal pour se maintenir sur le continent, assurer la défense de tel ou tel pays par des bases militaires, lequel pays n'aura pas besoin d'engager des proportions importantes de son PIB.
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MessagePosté le: Mer Aoû 05, 2020 18:25    Sujet du message: Répondre en citant

Colonel Gaunt a écrit:

Il n’empêche à notre époque moderne, l'Allemagne dépense aux alentours d'1.2 à 1.5 de son PIB alors que la France tourne autour des 2 à 2.5%
Mais la même chose se vérifie aujourd'hui avec les pays de l'Est, comme la Pologne, la Hongrie, qui sont de farouches partisans de l'OTAN. Car qui dit militaire étranger, dit aussi pas d'investissement dans le budget de la Défense.


Attention a ne pas gober trop facilement la doxa trumpienne, qui est simpliste et de mauvaise foi. Les membres européens de l'OTAN, ainsi que le Canada, ont historiquement maintenu des budgets militaires très conséquents jusqu'à la fin de la Guerre Froide, et entretenu des forces militaires nombreuses et de bon niveau (selon par les standards de l'OTAN). Avec l'effondrement de l'URSS, l'OTAN s'est trouvée en flottement, et les budgets militaires ont fondu en Europe, selon le principe du dividende de la paix, alors pleinement partagé par les Etats-Unis.

Dans un deuxième temps, les Etats-Unis se sont lancés dans des conflits hors d'Europe (Guerre du Golfe, Afghanistan, Irak) en y mouillant autant que leur diplomatie y parvenait leurs alliés européens, et étendant de facto le cadre de la zone d'intervention de l'OTAN très loin de son cadre d'origine. Les Etats-Unis sont revenus progressivement en quelques années à un niveau de dépenses militaires correspondant à leurs ambitions géostratégiques planétaires, et ont commencé à s'indigner que les budgets européens ne suivent pas la même courbe ascendante. Cette nouvelle approche a commencé déjà sous Obama, mais c'est évidemment Trump qui a saisi la balle au bond.

Les membres européens de l'OTAN n'ont pour la plupart que très peu de raisons de souhaiter maintenir des dépenses militaires correspondant à une projection de forces hors d'Europe, a l'exception de la France et dans une certaine mesure du Royaume-Uni.

Il est cependant exact et incontestable que la contribution de chacun des pays européens à la défense commune doit désormais être supérieur à ce qu'il a été depuis 20 ans, principalement pour faire face à la menace indéniable que represente la Russie, dont ils partagent avec les Etats-Unis la responsabilité d'avoir manqué l'occasion historique que constituent les années Eltsine de d'arrimer solidement au bloc occidental. Le retard pris par les Européens pour revenir a des enveloppes budgétaires appropriées est un problème, qui malheureusement ne se règle pas d'un trait de plume.

Il ne s'agit pas, comme semble le croire Trump, de signer un chèque pour se mettre en ordre de cotisation. Les depenses de defense ne s'improvisent pas, ce sont des programmes d'investissement à long terme, de politiques de recrutement, et aussi, bien sur, de présenter la chose à des opinions publiques qui préféreraient certainement voir ces budgets affectés a des dépenses plus immédiatement bénéficiaires au bien être social. Les efforts ont ete entrepris, mais il faudra du temps.
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